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Le char Leclerc et ses 57 tonnes va devenir plus puissant que jamais avec une nouvelle munition de 120 mm prévue pour perforer tout blindage adverse

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Une munition française pour une amélioration nécessaire du char Leclerc XLR. Le char Leclerc est un colosse de plus de 57 tonnes (dans ses dernières versions) que nous connaissons bien …

Le char Leclerc et ses 57 tonnes va devenir plus puissant que jamais avec une nouvelle munition de 120 mm prévu pour perforer tout blindage adverse

Une munition française pour une amélioration nécessaire du char Leclerc XLR.

Le char Leclerc est un colosse de plus de 57 tonnes (dans ses dernières versions) que nous connaissons bien en France pour le voir tous les ans lors du défilée du 14 juillet sur les Champs-Élysées.

Livré à plus de 800 exemplaires dans le monde, il constitue le fer de lance des unités blindés françaises et de plusieurs pays dans le monde. Malheureusement , c’est un colosse vieillissant dont la plateforme date du début des années 90.

Heureusement, la DGA et les industriels associés ne restent pas les bras croisés et une nouvelle mise à jour d’importance va arriver (outre la version XLR, voir plus bas) puisque qu’il va bénéficier d’une nouvelle munition flèche de 120 mm SHARD développée par KNDS . Une nécessité par les temps qui courent !

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Les munitions flèches de 120 mm au cœur de la puissance des chars modernes

Dans un combat de chars, tout se joue en quelques secondes. Le premier qui voit, le premier qui tire, le premier qui perce. Au centre de cette équation se trouve la munition flèche de 120 mm, bien plus déterminante que le blindage ou même que le moteur.
Une munition flèche, c’est une idée simple poussée à l’extrême. Au lieu d’exploser, elle perfore. Une tige très longue, très dense, propulsée à une vitesse vertigineuse, concentre son énergie sur une surface minuscule. L’effet est comparable à celui d’un poinçon lancé à plus de 1 500 mètres par seconde.

Trois paramètres gouvernent son efficacité :

  • la longueur de la flèche, qui conditionne la stabilité et la pénétration,
  • la vitesse initiale, directement liée à l’énergie cinétique à l’impact,
  • la précision du tir, qui dépend autant du projectile que du calculateur balistique du char.

Dans un monde où les blindages composites, réactifs et actifs se multiplient, chaque gain marginal compte. Quelques pourcents de pénétration supplémentaires peuvent faire la différence entre un char neutralisé et un char encore en capacité de tirer.

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SHARD, la réponse européenne à l’évolution des blindages

Face à cette montée en gamme des protections adverses, KNDS a développé SHARD, une nouvelle munition flèche de 120 mm pensée pour les conflits de haute intensité à venir. Présentée comme une munition de nouvelle génération, elle vise un objectif clair : restaurer l’avantage balistique des chars occidentaux.

SHARD se distingue d’abord par un choix : aucun uranium appauvri.

Le pénétrateur repose sur un alliage dense propriétaire, conçu pour offrir des performances comparables sans les contraintes politiques, réglementaires et environnementales associées à ce matériau.
Son design est allongé, optimisé pour résister aux contraintes mécaniques extrêmes au tir, avec une meilleure stabilité en vol. Résultat annoncé par l’industriel : +15 % de pénétration par rapport aux munitions précédentes, tout en réduisant l’usure du tube de 25 %.

Moins d’érosion, c’est plus de tirs possibles, moins de maintenance, et donc une disponibilité accrue des chars.

SHARD est compatible avec les canons lisses OTAN L44 et L55. En clair, elle peut être tirée sans modification lourde depuis les chars Leclerc, Leopard 2, Ariete ou M1 Abrams. Une munition unique, interopérable, immédiatement exploitable.

Derrière l’appel d’offres français

En décembre 2023, un appel d’offres publié sur la plateforme France Marchés a confirmé un tournant discret mais structurant. La France prépare le renouvellement de ses stocks de munitions flèches de 120 mm pour la période 2026–2032.
Les volumes annoncés parlent d’eux-mêmes : entre 2 400 et 6 600 obus, avec des premières livraisons dès 2026.

Ce marché ne répond pas seulement à un besoin technique. Il traduit une leçon tirée très directement de la guerre en Ukraine. Un char sans munitions adaptées devient un bunker immobile. Les stocks doivent être suffisants, modernes, et produits sur une chaîne maîtrisée.
La Direction générale de l’armement laisse volontairement une marge d’évolution. Le besoin porte sur des flèches perforantes à énergie cinétique, compatibles avec le Leclerc, tout en restant ouvertes à des améliorations futures. La souveraineté industrielle est clairement en toile de fond, dans un contexte de tensions sur les matières premières et de dépendances critiques révélées au grand jour.

Dans ce cadre, KNDS apparaît naturellement bien positionné avec SHARD, même si d’autres acteurs européens ou israéliens pourraient chercher à se placer.

Eurosatory 2024, le Leclerc entre transition et anticipation

Le salon Eurosatory 2024 a agi comme un révélateur. Le char Leclerc, dans sa version rénovée XLR, n’est pas un char en fin de vie. Il est un char de transition, appelé à rester en service bien au-delà de 2035, en attendant l’arrivée du MGCS autour de 2040.

Cette transition impose une cohérence globale. Nouvelle conduite de tir, nouveaux capteurs, nouvelles munitions. Tout est lié. La DGA l’a confirmé : le marché de qualification étatique de SHARD doit être notifié courant 2025. Une fois qualifiée, la munition sera intégrée dans la nouvelle conduite de tir du Leclerc XLR, ouvrant la voie à des livraisons à la fin de la décennie.

À terme, l’ensemble de la gamme d’obus de guerre du Leclerc devra être renouvelée à l’horizon 2030. SHARD n’est donc pas un projet isolé, mais une brique centrale d’un ensemble cohérent, pensé dès le lancement de la rénovation du char.

Un char Leclerc XLR en exposition à l'Eurosatory de 2022
Un char Leclerc XLR en exposition à l’Eurosatory de 2022

Leclerc XLR, le char qui apprend à voir plus loin et tirer plus juste

Le programme Leclerc XLR est une rénovation à mi-vie (RMV) pensée comme un prolongateur de souffle, pas comme une renaissance complète. Le format est clair, 200 chars au maximum, modernisés au standard Scorpion, avec ce que cela implique de plus visible et de plus utile au quotidien : combat collaboratif, tourelleau télé-opéré pour traiter les menaces rapprochées sans sortir la tête, et surblindage plancher et flancs pour encaisser mines et charges improvisées. La contrepartie d’une RMV est tout aussi nette. Ce n’est pas un nouveau char, la plateforme ne change pas et aucune remotorisation n’est prévue, donc pas de gain de puissance ou de fraîcheur mécanique, et aucun système hard-kill n’est annoncé, malgré des obsolescences qui continuent de peser dans un champ de bataille où la menace antichar se densifie. L’ambition reste pragmatique : tenir jusqu’aux années 2030–2040, le temps de franchir le pont vers le MGCS, désormais repoussé au-delà de 2040.

Les 18 premiers exemplaires de série ont été livrés en janvier 2025 et la cadence est accélérée pour atteindre les 200 unités au début de la prochaine décennie. Cette montée en puissance n’efface pas une inquiétude bien identifiée : le risque d’un creux capacitaire entre 2027 et 2035, période où l’armée de Terre doit tenir avec une flotte modernisée, mais numériquement limitée, face à des menaces qui, elles, ne ralentissent pas.

C’est là que revient la question du “char de transition”, Leclerc Mk3 ou EMBT, dont les discussions doivent aboutir début 2026 pour éviter de se réveiller trop tard, au moment où la passerelle XLR commence à montrer ses limites.

Fiche technique char Leclerc XLR - infographie

Fiche technique du char XLR :

Catégorie Données clés
Type Char de bataille principal
Masse en ordre de combat ≈ 57 tonnes
Équipage 3 personnels (chef de char, tireur, pilote)
Armement principal Canon lisse CN120-26 de 120 mm
Munitions Obus flèches (F1, SHARD à terme), obus explosifs
Armement secondaire Mitrailleuse coaxiale 12,7 mm + tourelleau téléopéré T2B (7,62 mm)
Conduite de tir Nouvelle conduite de tir numérisée compatible munitions de nouvelle génération
Capteurs Viseurs optroniques jour / nuit chef et tireur (nouvelle génération à partir de 2028)
Protection Blindage composite modulaire, protection passive renforcée
Protection additionnelle Brouilleur anti-IED, systèmes de leurres
Surveillance rapprochée Tourelleau téléopéré pour traitement des menaces proches
Motorisation Diesel hyperbar V8X de 1 500 chevaux
Vitesse maximale ≈ 70 km/h sur route
Autonomie ≈ 550 km
Systèmes numériques Intégration complète SCORPION, combat collaboratif
Interopérabilité Normes OTAN, échange de données interarmes
Entrée en service XLR Livraisons progressives depuis 2023, montée en puissance jusqu’à 2030

 

Sources :

  • Ministère des Armées, « Char Leclerc XLR rénové »,
    fiche officielle présentant la modernisation du char Leclerc dans le cadre du programme SCORPION, ses évolutions technologiques, ses nouveaux systèmes embarqués et son rôle dans le combat de haute intensité.
  • France Marchés, « Acquisition de munitions flèches – 2026 »,
    avis d’appel d’offres public détaillant les besoins opérationnels de l’armée de Terre en munitions antichars à énergie cinétique, les volumes envisagés et le calendrier d’acquisition.
  • KNDS, « Munition de 120 mm SHARD »,
    documentation industrielle décrivant les caractéristiques techniques de la munition flèche de nouvelle génération, ses performances balistiques et son intégration avec les chars occidentaux de calibre 120 mm.
  • Forces Opérations, « Eurosatory 2024 : vers un nouvel obus flèche pour les Leclerc français »,
    article spécialisé analysant les évolutions capacitaires des munitions flèches françaises, les enjeux de pénétration face aux blindages modernes et les perspectives d’adaptation du Leclerc rénové.

 

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