Capable de tirer jusqu’à 180 coups par minute et de suivre des cibles de façon autonome, ce nouveau canon naval offre aux bâtiments français un dernier rempart crédible face aux menaces asymétriques.
Face à la montée des attaques de drones bon marché et de petites embarcations suicides, la marine française mise sur une arme compacte, précise et réactive. Le système S40SA RAPIDFire, testé avec succès en janvier 2026, devient une pièce maîtresse des navires logistiques et patrouilleurs. Son intégration en série traduit une réponse opérationnelle à des menaces modernes que les missiles longue portée ne peuvent pas toujours contenir.
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Nouvelle norme validée
Le mois de janvier 2026 marque une étape stratégique importante pour la marine française. Le système RAPIDFire S40SA, déployé depuis 2023, vient de franchir une nouvelle marche avec la validation d’un nouveau logiciel embarqué, améliorant précision, réactivité et robustesse. Cette mise à jour répond aux retours terrain accumulés depuis les premiers tirs réalisés en mer, et annonce la généralisation du système sur plusieurs classes de navires français et européens.
Une arme taillée pour les menaces modernes
Au centre du système se trouve un canon de 40 mm à munitions télescopées, un choix technologique qui permet de réduire l’encombrement tout en conservant une puissance destructrice importante. Cette architecture compactée autorise une intégration sur des coques plus petites ou avec peu d’espace à bord, sans sacrifier la portée, qui atteint 4 km contre des cibles aériennes.
Capteur et tireur en une seule tourelle
Le RAPIDFire ne se contente pas d’être un simple canon. Il embarque ses propres capteurs et son calculateur de tir, ce qui lui confère une grande autonomie de détection et de réaction. Il peut être couplé au système de combat du navire, mais fonctionne aussi de façon décentralisée en mode auto-défense. Cette double capacité permet une réponse rapide sans mobiliser toutes les ressources informatiques du bord.

Des tirs précis, même en mer agitée
La tourelle est gyro-stabilisée, garantissant une précision constante, même lorsque le navire est en mouvement ou soumis à de fortes houles. Lors des essais récents, elle a démontré sa capacité à suivre des cibles rapides et à employer des munitions à explosion programmée, capables d’intercepter des drones ou des obus à courte distance avec un fort taux de succès.
Capacité de feu et munitions intelligentes
Le système dispose d’un magasin interne de 140 obus, ce qui autorise plusieurs dizaines d’interceptions sans rechargement. Une caractéristique décisive contre des attaques en essaim. Le développement de la munition A3B à détonation aérienne programmée renforcera encore l’efficacité contre les cibles mobiles, petites et peu visibles.
Une réponse adaptée aux navires de soutien
Les navires les plus exposés sont souvent ceux qui ne disposent pas de batteries missiles lourdes : ravitailleurs, patrouilleurs hauturiers, ou plateformes logistiques. Le RAPIDFire est pensé pour les protéger dans les zones contestées, leur offrant une chance de survivre à des attaques surprises. Le navire « Jacques Stosskopf » a reçu le système avant son dernier déploiement long.
Une ambition européenne assumée
Au-delà des unités françaises, la France envisage d’intégrer ce système sur les frégates grecques Kimon et les nouveaux OPV français. Le RAPIDFire s’inscrit ainsi dans une stratégie de standardisation européenne autour d’une arme compacte, autonome, et évolutive par simple mise à jour logicielle ou changement de munition.
Source : DGA