L’armée américaine vient de frapper fort : en choisissant le système Iron Fist d’Elbit pour protéger ses blindés Bradley, elle envoie un message clair sur sa stratégie face aux nouvelles menaces. Porté par un contrat de 228 millions d’euros, ce choix marque un tournant dans la modernisation des véhicules blindés face aux missiles, drones et munitions rôdeuses.
Face à des menaces de plus en plus sophistiquées sur les champs de bataille modernes, les blindés classiques n’ont plus le luxe d’attendre l’impact. Le Bradley, pilier de l’infanterie mécanisée américaine depuis la guerre froide, se voit offrir une seconde jeunesse grâce à l’intégration d’un bouclier actif israélien capable d’intercepter roquettes et missiles. Derrière cet accord majeur, c’est une transformation silencieuse mais décisive de la doctrine américaine qui se dessine.
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Un partenariat stratégique entre deux industriels majeurs
La collaboration entre General Dynamics et Elbit Systems ne date pas d’hier, mais ce contrat de 228 millions d’euros représente une avancée concrète vers une adoption à grande échelle. Elbit fournira le système Iron Fist, un bouclier actif à réaction ultra-rapide, destiné à équiper les blindés Bradley. L’annonce officielle, datée du 26 janvier 2026, confirme les fuites apparues dès septembre 2025 sur la sélection de General Dynamics Ordnance and Tactical Systems (GD-OTS) comme maître d’œuvre. L’attribution à Elbit consacre des années de tests, d’intégrations et de normalisation.
Une réponse technologique aux nouvelles menaces
Le système Iron Fist a été conçu pour contrer une large gamme de menaces : roquettes RPG, missiles guidés antichars, drones d’attaque ou encore munitions rôdeuses. Ce système de protection active repose sur un double capteur radar et électro-optique, capable de détecter et neutraliser une menace en quelques millisecondes. Avec une empreinte compacte et un poids réduit, il s’adapte aux plateformes comme le Bradley sans en compromettre l’équilibre ou la mobilité. Une performance saluée par les ingénieurs américains qui craignaient de pénaliser les véhicules en ajoutant un dispositif actif.
Une couverture complète, même en milieu urbain
Iron Fist ne se limite pas aux conflits ouverts. Il offre une protection à 360° dans des environnements denses comme les zones urbaines, où les attaques peuvent venir de tous côtés, y compris du haut. Ce point est devenu crucial à mesure que les drones et projectiles plongeants se multiplient. Grâce à une gestion fine de la consommation énergétique et une intégration optimisée, le système fonctionne aussi bien dans le désert que dans une ville en ruine, où chaque angle mort peut être fatal.
Des conflits récents comme terrain d’apprentissage
Les enseignements tirés des guerres en Ukraine ou au Moyen-Orient ont accéléré les projets américains. Les images de chars détruits par des missiles portatifs ou des drones bon marché ont souligné une réalité brutale : même les blindés lourds peuvent être vulnérables. Avec l’ajout d’un système réactif, le Bradley peut s’approcher plus près de la ligne de front et appuyer l’infanterie sans devenir une cible facile. Ce gain en autonomie tactique rebat les cartes dans les engagements modernes.
Un calendrier maîtrisé et sans rupture opérationnelle
Le contrat prévoit une exécution sur trois ans, avec une montée en puissance progressive. L’objectif est d’équiper les Bradley au fur et à mesure de leurs cycles de maintenance et d’amélioration continue, sans perturber les déploiements actuels. Ce choix de production étalée permet aussi d’intégrer les dernières retouches techniques validées lors des phases de test. L’armée américaine mise ici sur un équilibre entre innovation, disponibilité et sobriété budgétaire.
Dates clés du projet Iron Fist sur les Bradley
| Événement | Date |
| Sélection de GD-OTS comme intégrateur | 29 septembre 2025 |
| Attribution du contrat à Elbit | 26 janvier 2026 |
| Début des livraisons prévues | Fin 2026 |
| Fin de la phase de déploiement | Début 2029 |
Un pari sur la continuité du Bradley
Si certains considèrent le Bradley comme un véhicule dépassé, ce contrat prouve qu’il reste un acteur central des forces mécanisées. L’ajout d’un système comme Iron Fist prolonge sa durée de vie utile tout en maintenant sa compatibilité avec les doctrines actuelles. Ce choix peut aussi être vu comme une solution transitoire en attendant l’arrivée du futur blindé polyvalent (OMFV), dont les délais et spécifications restent incertains.
Une décision pragmatique, mais lourde de symboles
Le choix de l’armée américaine reflète une volonté de résilience et de réactivité : plutôt que d’attendre un véhicule du futur, elle renforce ses atouts actuels. La collaboration avec Israël n’est pas anodine : elle marque une convergence stratégique dans la lutte contre les menaces hybrides.En misant sur un système éprouvé, immédiatement disponible, et parfaitement intégré à son architecture existante, le Pentagone opte pour une efficacité de terrain plutôt qu’une fuite technologique en avant.
Source : Elbit Systems