Aptitude médicale armée française : SIGYCOP, critères et inaptitudes en 2026

Tout ce qu’il faut savoir sur le SIGYCOP en 2026.

Vous rêvez de servir votre pays sous l’uniforme ? La motivation et les compétences sont essentielles, mais un autre critère joue un rôle déterminant dans votre recrutement : l’aptitude médicale. Bien loin d’être une simple formalité administrative, cette étape constitue souvent le véritable point de bascule entre un projet militaire et sa concrétisation.

En 2026, les règles évoluent pour mieux s’adapter à la diversité des métiers proposés par les armées. Certaines portes s’ouvrent là où elles étaient auparavois fermées, notamment pour la réserve et les postes techniques. Mais les exigences restent élevées pour les fonctions opérationnelles. Voici tout ce que vous devez comprendre pour aborder sereinement votre visite médicale d’engagement.

Pourquoi l’aptitude médicale est si importante dans l’armée

Contrairement à beaucoup d’autres professions, le métier de militaire expose à des contraintes physiques et psychologiques extrêmes. Projections à l’étranger, missions de longue durée, environnements hostiles, stress permanent : le corps et l’esprit sont mis à rude épreuve.

La sélection médicale ne cherche pas à juger si vous êtes « en bonne santé » au sens habituel du terme. Elle vise à évaluer si votre état physique et mental est compatible avec les missions que vous serez amené à accomplir. Trois objectifs guident cette démarche :

  • Protéger votre propre sécurité dans des situations parfois extrêmes
  • Garantir la sécurité de vos camarades et la réussite des opérations
  • S’assurer que vous pourrez tenir sur la durée sans risque pour votre santé

Autrement dit, il ne s’agit pas d’écarter arbitrairement des candidats, mais de prévenir des situations qui pourraient mettre des vies en danger.

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Le SIGYCOP expliqué simplement : votre passeport médical pour l’armée

Le SIGYCOP est l’outil utilisé par tous les médecins militaires pour évaluer votre aptitude. C’est un profil de santé standardisé qui examine sept grandes fonctions de votre organisme. Chaque lettre correspond à un domaine précis :

S pour membres supérieurs : vos épaules, bras, mains sont-ils suffisamment mobiles et forts pour porter un équipement, manipuler du matériel ?

I pour membres inférieurs : hanches, genoux, chevilles, pieds… Pourrez-vous marcher des heures avec un sac de 20 kg, courir, sauter ?

G pour état général : cœur, poumons, métabolisme, poids, maladies chroniques. C’est votre capacité globale à encaisser l’effort et la fatigue.

Y pour vision : acuité visuelle, besoin de correction, champ de vision. Un critère majeur selon les spécialités.

C pour vision des couleurs : la perception chromatique peut être essentielle pour certaines fonctions techniques ou de combat.

O pour audition : capacité à entendre les ordres, à percevoir les dangers, à maintenir l’équilibre.

P pour psychisme : stabilité émotionnelle, résistance au stress, absence de troubles mentaux. C’est souvent le critère le plus décisif.

Chaque domaine reçoit une note de 1 (excellent) à 6 (inapte définitif). Un seul 6 suffit à vous rendre inapte pour toute carrière militaire. Et même sans atteindre ce niveau, un coefficient élevé en P (psychisme) peut bloquer votre engagement, quelle que soit votre condition physique par ailleurs.

Comment se passe concrètement la visite médicale d’engagement

La visite médicale n’a rien d’un simple check-up. Elle est réalisée par un médecin militaire formé spécifiquement pour évaluer l’aptitude opérationnelle. Attendez-vous à un examen complet et rigoureux qui comprend plusieurs étapes :

D’abord, un entretien approfondi sur vos antécédents médicaux, vos éventuels traitements, vos hospitalisations passées. La transparence est cruciale à ce moment-là.

Ensuite, un examen clinique de la tête aux pieds : auscultation cardiaque et pulmonaire, palpation abdominale, vérification de la mobilité articulaire, examen de la peau…

Puis des examens complémentaires ciblés : tests visuels et auditifs, analyse d’urine, parfois électrocardiogramme selon votre profil.

Une évaluation psychologique pour mesurer votre stabilité émotionnelle, votre motivation réelle et votre capacité à gérer la pression.

Enfin, des tests physiques standardisés pour mesurer votre endurance, votre force, votre coordination.

À l’issue de cet examen, trois verdicts sont possibles : apte sans restriction, apte avec restrictions (pas de saut en parachute, pas de plongée, pas de projection à l’étranger…), inapte temporaire avec possibilité de réévaluation, ou inapte définitif pour certains emplois ou pour toute carrière militaire.

Les principales causes d’inaptitude à connaître

Certaines situations reviennent régulièrement lors des visites médicales et mènent à une inaptitude, temporaire ou définitive. Les connaître permet de mieux se préparer et parfois d’anticiper des soins.

Le poids et la condition physique posent souvent problème. Un IMC supérieur à 30 kg/m² est généralement incompatible avec les métiers de combat. À l’inverse, un sous-poids sévère inquiète également les médecins sur votre capacité à tenir physiquement.

Les problèmes locomoteurs sont très scrutés : scoliose importante, instabilités chroniques du genou ou de la cheville, séquelles de fractures mal consolidées. Ces pathologies peuvent compromettre votre mobilité en terrain difficile.

La vision et l’audition font l’objet d’une attention particulière. Une myopie très élevée, des troubles sévères de la vision des couleurs ou des pertes auditives significatives peuvent limiter vos options de carrière.

Les pathologies chroniques comme les maladies cardiaques, respiratoires, le diabète mal équilibré, l’épilepsie ou les insuffisances organiques sont généralement incompatibles avec une carrière militaire active.

Le psychisme reste le domaine le plus délicat. Des antécédents de dépression sévère, de troubles anxieux majeurs, d’addictions ou de tentatives de suicide sont pris très au sérieux. La capacité à gérer le stress, l’isolement et la pression opérationnelle est fondamentale dans ce métier.

Une aptitude différente selon les métiers militaires

Voici une réalité souvent méconnue des candidats : on ne parle pas d’une aptitude unique pour « l’armée », mais d’aptitudes spécifiques à chaque métier. Vous pouvez très bien être apte à servir dans l’administration ou la cyberdéfense tout en étant inapte pour l’infanterie ou les forces spéciales.

Les forces spéciales et les parachutistes exigent un profil médical quasi parfait. Les pilotes font face à des critères extrêmement stricts, notamment sur la vision. Les sous-mariniers et l’infanterie demandent également une excellente condition physique et mentale.

En revanche, les postes en logistique, cyberdéfense ou administration acceptent des profils médicaux plus variés. Les exigences sont adaptées aux contraintes réelles du métier.

Comprendre cette nuance vous permet de construire un projet cohérent avec votre état de santé, plutôt que de vous heurter à un refus difficile à vivre.

Armée d’active ou réserve : des critères qui évoluent

Depuis 2024, une évolution majeure est en cours, particulièrement pour la réserve opérationnelle. L’armée d’active maintient des critères stricts car les missions impliquent des projections en opérations extérieures, une disponibilité permanente et des contraintes physiques élevées.

Mais pour la réserve, une approche beaucoup plus souple se développe. Désormais, l’aptitude est évaluée en fonction de l’emploi précis que vous occuperez. Si vous postulez pour un poste technique, en cyberdéfense, en santé, en ingénierie ou en soutien, des pathologies chroniques stabilisées peuvent être compatibles avec votre engagement.

Cette ouverture a permis d’élargir considérablement le vivier de compétences et d’offrir une seconde chance à des profils motivés qui auraient été écartés dans le cadre de l’armée d’active.

Comment maximiser vos chances lors de la visite médicale

Les médecins des armées donnent trois conseils systématiques aux candidats qui veulent mettre toutes les chances de leur côté.

Préparez soigneusement votre dossier médical. Rassemblez tous vos comptes rendus d’hospitalisation, vos examens récents, vos ordonnances en cours, vos certificats médicaux. Plus votre dossier est complet, plus le médecin pourra évaluer précisément votre situation.

Soyez totalement transparent. Cacher une pathologie ou minimiser un problème de santé se retournera inévitablement contre vous. Les médecins militaires sont formés pour détecter les incohérences. Et si un problème non signalé apparaît plus tard, les conséquences peuvent être bien plus graves qu’une simple inaptitude : résiliation de contrat, poursuites pour dissimulation…

Comprenez la différence entre inaptitude temporaire et définitive. Une inaptitude temporaire n’est pas une fin en soi. Après des soins, une rééducation, une stabilisation de votre état, une nouvelle évaluation peut aboutir à une aptitude. Restez en contact avec le centre de recrutement et suivez les recommandations médicales à la lettre.

Questions fréquentes sur l’aptitude médicale militaire

Le SIGYCOP reste-t-il le même toute la carrière ?

Non, votre profil médical peut évoluer. Il est réévalué régulièrement au cours de votre carrière militaire. Une blessure, une maladie ou au contraire une amélioration de votre condition physique peuvent modifier votre SIGYCOP et donc vos possibilités d’affectation.

Un tatouage peut-il me rendre inapte ?

Ce n’est pas un critère médical à proprement parler, mais certains tatouages visibles ou portant des messages extrémistes, racistes ou violents peuvent bloquer votre recrutement pour des raisons de déontologie et d’image de l’institution.

Puis-je contester une décision d’inaptitude ?

Une demande de réexamen est possible dans certains cas, mais elle reste strictement encadrée. Il faut généralement apporter de nouveaux éléments médicaux ou prouver qu’une erreur d’appréciation a été commise.

Porter des lunettes est-il éliminatoire ?

Non, dans la majorité des métiers militaires, le port de lunettes ou de lentilles est parfaitement accepté. En revanche, certaines spécialités très spécifiques (pilotes, forces spéciales…) exigent une vision quasi parfaite même sans correction.

Le stress et l’anxiété m’empêchent-ils de servir ?

Tout dépend de l’intensité, de la fréquence, des antécédents et de votre capacité d’adaptation. Un stress ponctuel ou une anxiété légère ne sont pas rédhibitoires. En revanche, des troubles anxieux sévères, des crises de panique récurrentes ou des antécédents psychiatriques lourds posent problème.

En conclusion : l’aptitude médicale, un filtre exigeant mais évolutif

L’aptitude médicale militaire n’est ni arbitraire ni figée dans le marbre. Elle repose sur un équilibre délicat entre les exigences opérationnelles, la sécurité collective et une adaptation progressive aux nouveaux métiers qui émergent dans les armées.

Comprendre le fonctionnement du SIGYCOP, préparer votre visite avec sérieux et choisir un projet cohérent avec votre profil de santé sont les trois clés pour transformer une motivation sincère en engagement durable. N’oubliez jamais que servir dans l’armée est un privilège exigeant, mais que de nombreuses portes restent ouvertes si vous savez identifier celle qui vous correspond vraiment.