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La France va mobiliser une armée de 12 500 militaires dans son plus important exercice depuis plus de 30 ans avec ORION 26

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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ORION 2026 : quand la France s’entraîne pour la guerre qu’elle espère ne jamais vivre Certains exercices militaires sont de simples entraînements de routine, d’autres sont des messages adressés au …

La France va mobiliser cette 12 500 militaires dans le plus important exercice militaire depuis plus de 30 ans avec ORION 26

ORION 2026 : quand la France s’entraîne pour la guerre qu’elle espère ne jamais vivre

Certains exercices militaires sont de simples entraînements de routine, d’autres sont des messages adressés au monde entier. ORION 2026 n’est ni l’un ni l’autre, c’est un rendez-vous brutal avec la réalité : la France se prépare sérieusement à un conflit qu’elle n’a pas connu depuis des décennies.

Présenté le 22 janvier 2026 au ministère des Armées, cet exercice géant marque un tournant. Pour la première fois depuis longtemps, l’armée française ne s’entraîne plus seulement à intervenir rapidement quelque part dans le monde, elle va réapprendre à encaisser des coups, à tenir dans la durée, à coordonner toute la nation en temps de crise majeure.

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Le vice-amiral Xavier Royer de Véricourt n’a pas fait dans la langue de bois, pour lui les adversaires de l’Europe ont changé de méthode. Ils ne déclenchent plus de guerre ouverte du jour au lendemain mais usent, testent et brouillent les pistes avec des cyberattaques à répétition, de la manipulation d’information, des  interférences électromagnétiques ou des démonstrations de force. La guerre moderne est une guerre hybride qui ne ressemble à rien de ce qu’on a connu.

Face à cette nouvelle donne, ORION 2026 pose une question : est-ce que la France est vraiment prête pour un conflit total, qui ne se limite pas au champ de bataille traditionnel ? Un conflit où l’espace, le cyberespace, l’information et la logistique comptent autant que les chars et les avions de chasse ?

L’objectif n’est pas de faire peur aux Français mais d’être crédible aux yeux de ceux qui pourraient nous mettre à l’épreuve.

L’armée française déploie un blindé de 17 tonnes capable de brouiller les drones, intercepter les missiles et maintenir le commandement en zone hostile

Calendrier d’ORION 26

Orion 26 s’étendra du 8 février au 30 avril 2026 sur trois à quatre phases principales, selon les sources officielles du ministère des Armées :

Phase Période Objectifs Actions et moyens engagés
Phase préliminaire (O.1) Jusqu’à fin janvier 2026 Préparer la campagne en coalition et la montée en puissance nationale Planification opérationnelle conduite par le CECIA, intégration des milieux terre, mer, air, cyber et espace, préparation des états-majors à une entrée en premier
Phase 1 – Entrée en premier 8 février – 1er mars 2026 Ouvrir un théâtre d’opérations contesté depuis la façade atlantique Opérations amphibies près de Vannes (9e BIMa), opérations aéroportées autour de Coëtquidan (11e BP), 25 navires dont le Charles-de-Gaulle, 140 aéronefs, 1 200 drones
Phase 2 – Intermédiaire Mars 2026 Tester la résilience nationale et la coordination civilo-militaire Flux logistiques OTAN, gestion de crise, intégration cyber et spatiale, coordination interministérielle sur une quinzaine de départements (Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Morbihan…)
Phases 3 et 4 – OTAN et haute intensité 7 – 30 avril 2026 Conduire des combats de haute intensité sous commandement OTAN (article 5) Déploiement de la 2e division blindée en Champagne, engagement de quatre brigades interarmes (2e BB, 9e BIMa, 11e BP, 4e BAC), synchronisation multi-domaines face à l’adversaire fictif « Mercure »
Cadre général Février – avril 2026 Éprouver l’interopérabilité alliée dans un scénario européen contesté Exercice inspiré d’ORION 23, impliquant jusqu’à 24 nations alliées et 12 500 militaires français et partenaires

 

Des moyens impressionnants pour une ambition à la hauteur

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. ORION 2026 mobilise :

  • Le groupe aéronaval au complet, cette force de frappe mobile qui fait la fierté de la Marine française.
  • Trois brigades terrestres, soit plusieurs milliers de soldats entraînés pour le combat de haute intensité.
  • Près de 25 grands bâtiments de combat, des frégates aux sous-marins et le porte-avions Charles de Gaulle.
  • 140 aéronefs, de tous types, du chasseur de supériorité aérienne à l’hélicoptère d’attaque.
  • Environ 1 200 drones, parce que la guerre moderne se joue aussi dans le ciel avec des machines sans pilote.
  • Et jusqu’à 12 500 militaires engagés simultanément au plus fort de l’exercice (le plus important exercice militaire en France depuis la fin de la Guerre Froide).

La réserve opérationnelle sera également pleinement intégrée, apportant des compétences civiles précieuses.

L’exercice s’étend sur près de 15 départements, en métropole comme en outre-mer. Cette dispersion géographique permet aux forces de s’entraîner en conditions réelles, avec leurs vrais matériels, leurs vraies contraintes logistiques, et parfois sous le regard des populations locales.

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Quand toute la France entre en mode crise

L’une des nouveautés d’ORION 2026 se passera loin des terrains d’entraînement militaires puisque pendant toute la durée de l’exercice, un war game interministériel mobilisera le pays entier : préfectures, ministères, autorités civiles et commandements territoriaux (notamment en Guyane). L’idée est simple : vérifier que la France sait gérer une crise majeure sur son propre territoire pendant que ses soldats combattent ailleurs.

Continuité de l’État, protection des infrastructures critiques, coordination entre civils et militaires, gestion de la communication en temps de crise. ORION 2026 ne testera pas seulement l’armée. Il testera la résilience du pays dans son ensemble.

Source : Ministère des armées et des anciens combattants

Image : Le Charles de Gaulle (qui participera à ORION 26) à quai à Toulon.

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