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Ce scénario stratégique glace l’Europe : les États-Unis pourraient désactiver la flotte danoise de F-35 à distance en cas de crise au Groenland

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Said LARIBI

Said LARIBI

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Alors que les tensions montent autour du Groenland, les chasseurs F-35 danois pourraient devenir inutilisables en quelques clics depuis Washington. Le Groenland, stratégique et riche en ressources, aiguise les appétits …

Ce scénario stratégique glace l’Europe : les États-Unis pourraient désactiver la flotte danoise de F-35 à distance en cas de crise au Groenland

Alors que les tensions montent autour du Groenland, les chasseurs F-35 danois pourraient devenir inutilisables en quelques clics depuis Washington.

Le Groenland, stratégique et riche en ressources, aiguise les appétits américains depuis plusieurs années. Mais une éventuelle confrontation avec le Danemark poserait une question centrale : que valent les avions F-35 de Copenhague si les États-Unis décident de les « éteindre » à distance ? Voici comment la puissance logicielle américaine redessine les rapports de force en cas de conflit.

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Un terrain gelé mais chaudement disputé

Le Groenland, immense territoire de plus de 2,1 millions de km², abrite des bases américaines depuis la guerre froide. Mais les ambitions de Donald Trump en 2019 pour racheter l’île ont dévoilé un intérêt plus profond. Washington considère cette zone comme stratégique pour contrer la Russie et la Chine. Face à cela, le Danemark mise sur ses nouveaux F-35 pour afficher sa souveraineté. Mais cette dépendance pourrait bien se retourner contre lui.

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Un chasseur ultra-dépendant de son créateur

Le F-35 est un concentré de technologie, mais aussi un cheval de Troie numérique. Avec sa flotte entièrement composée de F-35A depuis janvier, le Danemark fait partie des rares pays totalement alignés sur cette plateforme. Pourtant, les opérations de ces avions passent obligatoirement par le réseau ODIN, géré depuis les États-Unis, qui centralise maintenance, logistique, et même missions.

Un interrupteur invisible mais très réel

Des experts comme Joachim Schranzhofer ou Justin Bronk confirment que les États-Unis peuvent, via ODIN ou les systèmes de planification de mission, neutraliser un F-35 à distance. Sans même utiliser un « kill switch », il suffit de suspendre les mises à jour ou bloquer les logiciels critiques. Résultat : les avions restent cloués au sol, incapables de voler. Une arme silencieuse, mais décisive.

F-35A de la Force aérienne royale danoise
F-35A de la Force aérienne royale danoise

Les seuls pays à l’abri

Aujourd’hui, seuls le Royaume-Uni et Israël disposent d’un accès partiel aux codes sources, leur permettant un usage plus autonome. Les autres opérateurs, comme le Danemark, restent totalement dépendants du bon vouloir de Lockheed Martin et du Pentagone. Une situation paradoxale pour un pays qui souhaite assurer seul la défense de ses intérêts dans l’Arctique.

Un dilemme pour Copenhague

Si les tensions devaient s’aggraver entre Washington et Copenhague, utiliser cette capacité de blocage mettrait les deux parties dans une posture extrêmement délicate. Pour les États-Unis, cela ruinerait la crédibilité du F-35 à l’international. Pour le Danemark, cela signifierait admettre que ses milliards d’euros investis dans sa flotte ne lui garantissent même pas une autonomie opérationnelle.

F-35A de l'US Air Force sur la base aérienne de Thulé au Groenland
F-35A de l’US Air Force sur la base aérienne de Thulé au Groenland

Le poids du logiciel dans les conflits modernes

Le cas danois illustre une réalité plus large : dans les guerres d’aujourd’hui, le code vaut autant que le canon. L’amérique, avec ODIN, détient un pouvoir invisible sur tous les opérateurs du F-35. En cas de brouille diplomatique, elle pourrait décider qui vole, et qui ne vole pas. Une stratégie efficace pour imposer ses intérêts sans tirer une seule balle.

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Un marché piégé pour l’Europe

Avec une Europe qui s’équipe massivement en F-35, cette vulnérabilité technologique devient un enjeu majeur. La France, avec son Rafale, fait figure d’exception. Mais pour les autres, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, la mainmise logicielle américaine soulève une question : peut-on vraiment parler de souveraineté militaire quand vos avions peuvent être désactivés à distance ?

Source : Military Watch Magazine

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