Les États-Unis redéfinissent la guerre navale avec ce destroyer futuriste armé de missiles intercontinentaux à capacité conventionnelle : un saut technologique inégalé qui change la donne face à la Chine et la Russie.
Il devait révolutionner la guerre en mer, puis a failli devenir un gouffre inutile. Mais le USS Zumwalt renaît avec une mission inédite : tirer des missiles hypersoniques à très longue portée, capables de frapper n’importe quelle cible sur Terre. En intégrant les armes les plus rapides du monde, ce géant de 9 milliards d’euros devient le premier destroyer capable de frapper sans avertissement, sans ogive nucléaire.
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Une transformation stratégique sans précédent
Le Zumwalt, longtemps moqué pour son coût exorbitant, connaît une métamorphose radicale. Depuis 2023, ses imposants canons de 155 mm ont été retirés pour laisser place à 12 tubes verticaux destinés à accueillir le missile CPS hypersonique. Ce dernier, basé sur les technologies du programme LRHW de l’US Army, atteint une vitesse terminale de plus de Mach 5, soit plus de 6 000 km/h. Ce missile représente la première capacité mondiale à effectuer des frappes intercontinentales conventionnelles : une arme qui ne dépend pas d’une tête nucléaire, mais qui peut frapper à plus de 6 000 km.
Une portée qui change tout
Jusqu’ici, les frappes intercontinentales étaient synonymes d’engagement nucléaire. Le Zumwalt inaugure une ère où il est désormais possible de viser précisément des cibles à l’autre bout du monde sans déclencher l’apocalypse. Mais cette avancée soulève une question cruciale : un missile lancé à cette vitesse risque d’être confondu avec un projectile nucléaire. Washington devra probablement notifier Pékin et Moscou lors de chaque tir d’essai pour éviter un malentendu catastrophique.
Le plus cher de tous les navires de guerre
Avec un coût estimé à plus de 9 milliards d’euros par unité, le Zumwalt est le destroyer le plus cher jamais construit. À ce tarif, il rivalise avec les porte-avions géants de classe Nimitz. L’US Navy n’en a construit que trois, contre les 32 initialement prévus. Les raisons de cet échec initial ? Des problèmes techniques majeurs, notamment avec ses canons. Les munitions conçues pour eux coûtaient tellement cher (près de 800 000 € l’unité) que le système a été abandonné.

Pourquoi le missile CPS change la donne
Le missile Conventional Prompt Strike n’est pas un simple projectile. Il combine la propulsion d’un missile balistique à un planeur hypersonique HGV (Hypersonic Glide Vehicle), capable de manœuvrer à très haute vitesse en phase terminale. Cela rend son interception quasiment impossible. Contrairement à un missile de croisière classique, il ne vole pas en rase-mottes mais surgit depuis la haute atmosphère, à plus de 20 000 km/h selon certaines estimations, avant de plonger sur sa cible.

Face à la Chine, la Russie et la Corée du Nord
Les grandes puissances ne sont pas en reste. La Chine a testé à plusieurs reprises des missiles balistiques YJ-21 hypersoniques lancés depuis ses destroyers Type 055. La Corée du Nord aussi équipe ses navires de missiles à longue portée. Mais aucun de ces systèmes n’atteint la portée du CPS. Quant à la Russie, elle possède des missiles à portée intermédiaire comme le Zircon ou le Kinzhal, mais aucun destroyer russe ne peut frapper à l’échelle intercontinentale sans tête nucléaire.

Des risques, mais aussi des avantages tactiques
L’un des avantages majeurs du Zumwalt armé du CPS, c’est la flexibilité stratégique. Il peut frapper depuis des zones éloignées de toute base terrestre : idéal en cas de crise dans l’Atlantique Sud, l’Arctique ou le Pacifique. Cela permet aux États-Unis d’intervenir là où ils n’ont ni base ni allié à proximité. Et de le faire vite, avec une précision chirurgicale, sans envoyer d’avions ou exposer de troupes.
Un programme à l’avenir incertain
Même si la modernisation du Zumwalt impressionne, il reste à voir si le missile CPS entrera en service à grande échelle. Le programme est ralenti par les délais industriels et les contraintes budgétaires. De plus, le missile pourrait nécessiter des notifications diplomatiques à chaque lancement, réduisant sa surprise stratégique. Mais les essais en mer ont commencé. Et les États-Unis disposent désormais du premier destroyer de l’Histoire capable de frapper à l’échelle planétaire, sans bombe nucléaire.
| Élément | Donnée principale |
| Missile embarqué | CPS (Conventional Prompt Strike) |
| Portée estimée | +6 000 km |
| Vitesse terminale | Supérieure à Mach 5 |
| Coût du Zumwalt | 9 milliards € par unité |
| Pays dotés de missiles navals hypersoniques | Chine, Russie, Corée du Nord |
| Année de début des essais du Zumwalt modernisé | 2026 |
Source : Military Watch Magazine