Cette entreprise d’armement tchèque prépare un coup de tonnerre à la Bourse d’Amsterdam.
Installée en République tchèque, Czechoslovak Group (CSG) s’est hissée en quelques années parmi les acteurs qui comptent dans la défense européenne. L’entreprise prépare une introduction qui fait grand bruit dans le petit monde de l’armement.
Focus sur un futur géant européen qui ne cache plus ses ambitions !
Lire aussi :
- Czechoslovak Group vient de décrocher un contrat de presque un milliard d’euros
- C’est dans le sud-ouest de la France qu’un contrat historique vient d’être scellé pour produire jusqu’à 150 000 obus de 155 mm renforçant la souveraineté militaire tricolore
Czechoslovak Group, l’acteur d’Europe centrale qui monte
Czechoslovak Group est un conglomérat industriel et technologique basé à Prague, fondé en 2014 à partir de l’héritage d’Excalibur Army et aujourd’hui contrôlé par Michal Strnad, qui emploie plus de 10 000 personnes et fédère plus de 100 filiales en Europe, aux États-Unis et au-delà.
Actif principalement dans la défense et la sécurité, mais aussi l’automobile, l’aéronautique et le ferroviaire, le groupe couvre un spectre très large allant des véhicules blindés, de l’artillerie et des munitions aux radars, systèmes de surveillance, équipements aéronautiques et composants ferroviaires, avec des marques historiques comme Tatra, Fiocchi Munizioni ou encore des sites de production dont certains remontent au XIXᵉ siècle.
Le groupe investit fortement dans la recherche et développement, travaillant aussi bien sur des blindés automatisés, des radars capables de détecter des personnes à travers des obstacles, que sur des technologies à plus faible impact environnemental, comme la propulsion hydrogène, tout en affichant une stratégie assumée de croissance industrielle, d’internationalisation et de montée en puissance dans une Europe en plein réarmement.
Une empreinte américaine déjà bien réelle
La trajectoire du groupe dépasse largement l’Europe. CSG est aujourd’hui implantée aux États-Unis, à la suite du rachat de Kinetic Group.
Cette opération lui a permis de prendre le contrôle d’usines de munitions dans quatre États américains, un atout stratégique majeur dans un pays où la production locale conditionne l’accès aux marchés de défense. Produire sur place, sous normes américaines, change radicalement le statut du groupe.
CSG n’est désormais plus seulement un fournisseur européen exportateur mais un acteur industriel transatlantique.
Des chiffres qui font basculer le groupe dans une autre catégorie
Attendue courant de l’année, l’IPO (Initial Public Offering, l’introductrion en bourse) pourrait valoriser CSG entre 22 et 50 milliards d’euros selon plusieurs estimations concordantes.
Dans le même temps, le chiffre d’affaires prévu pour 2025 atteint 6 milliards d’euros. À ce niveau, CSG dépasse déjà MBDA ou KNDS, et talonne désormais Dassault Aviation.
Pour un groupe longtemps perçu comme régional, le changement d’échelle est net. CSG joue désormais dans la cour des industriels européens de premier rang.
Amsterdam, un choix financier et politique
Selon Reuters et Intellinews, la cotation envisagée se ferait sur Euronext Amsterdam.
Depuis quelques années, la ville offre une place financière internationale familière des dossiers industriels sensibles. Coter CSG à Amsterdam, c’est parler directement aux grands fonds, tout en évitant certaines limites de la place de Prague.
C’est aussi envoyer un signal clair. CSG ne se pense plus comme un acteur d’Europe centrale, mais comme un groupe européen à vocation mondiale.
Michel Strnad, une ambition désormais assumée publiquement
Derrière cette trajectoire se trouve une figure centrale. Michel Strnad, PDG de CSG, est aujourd’hui l’homme le plus riche de République tchèque et ne cache plus ses ambitions :
« J’ai pour ambition d’être l’un des deux plus grands groupes de défense en Europe. Je sais que c’est ambitieux, surtout comparé aux entreprises qui produisent des équipements pour la marine ou des avions de chasse, mais vu les progrès réalisés ces cinq dernières années, je pense que ce n’est pas irréaliste. »
Une IPO qui pourrait redessiner la hiérarchie européenne
Si l’introduction en Bourse se concrétise à ces niveaux de valorisation, CSG changerait durablement de statut. Accès à des capitaux importants, capacité renforcée de rachat, rôle accru de consolidateur dans un secteur encore fragmenté.
Dans une Europe qui redécouvre l’importance de produire massivement et durablement, CSG incarne une mutation silencieuse de l’industrie de défense. Moins de discours. Plus d’usines. Et désormais, des chiffres qui parlent aussi fort que les stratégies.
Principaux groupes européens en 2024
| Rang Europe | Groupe | Pays | CA Défense 2024 (Md€) | Rang mondial SIPRI* |
| 1 | BAE Systems | Royaume-Uni | 28,5 | 6 |
| 2 | Airbus (Défense & Espace) | Trans-européen | 12,8 | 12 |
| 3 | Leonardo | Italie | 12,1 | 13 |
| 4 | Thales | France | 10,2 | 16 |
| 5 | Rolls-Royce Defence | Royaume-Uni | 8,7 | 22 |
| 6 | Rheinmetall | Allemagne | 8,1 | 26 |
| 7 | MBDA | Trans-européen | 6,9 | 30 |
| 8 | Naval Group | France | 6,2 | 32 |
| 9 | Safran (défense) | France | 5,8 | 33 |
| 10 | Saab | Suède | 5,1 | 35 |
Ces chiffres correspondent aux derniers chiffres d’affaires connus en défense (2024), issus des rapports annuels et classements SIPRI actualisés.
*Rang dans le Top 100 des entreprises mondiales d’armement du SIPRI (ventes d’armes).
Sources :
- Reuters : https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/czech-defence-firm-csg-weighs-launch-amsterdam-ipo-soon-next-week-sources-say-2026-01-07/
- Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Czechoslovak_Group
- Intellinews : https://www.intellinews.com/weaponry-conglomerate-czechoslovak-group-moves-closer-to-ipo-419166/