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300 km de portée, un seul navire : le destroyer chinois Type 055 Nanchang vient de tirer ses missiles HHQ-9 pour la première fois

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Said LARIBI

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Pékin a diffusé pour la première fois des images montrant un Type 055 tirant des missiles sol-air longue portée, une démonstration qui éclaire beaucoup mieux le vrai rôle de ces …

300 km de portée, un seul navire le destroyer chinois Type 055 Nanchang vient de tirer ses missiles HHQ-9 pour la première fois

Pékin a diffusé pour la première fois des images montrant un Type 055 tirant des missiles sol-air longue portée, une démonstration qui éclaire beaucoup mieux le vrai rôle de ces mastodontes dans la guerre navale moderne.

Depuis des années, les Type 055 fascinent par leur taille, leur allure et leur polyvalence. Mais jusque-là, une partie de leur pouvoir restait surtout théorique pour le grand public. Avec cette séquence de tir, la Chine ne montre pas seulement un navire en exercice : elle expose un maillon central de sa défense aérienne embarquée. Et cela compte, car un destroyer capable de protéger tout un groupe naval change directement l’équilibre des forces en mer.

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Une séquence qui dit beaucoup plus qu’elle n’en a l’air

Les images diffusées par les médias d’État chinois montrent le Type 055 Nanchang lançant des missiles HHQ-9 lors d’une mission de défense aérienne et antimissile menée en mars 2021. À première vue, cela ressemble à une démonstration militaire classique. En réalité, la portée politique et tactique est plus large. Pékin choisit de montrer, avec plusieurs années de recul, que ses plus gros destroyers savent tenir un rôle de bouclier pour eux-mêmes mais aussi pour les bâtiments qui les accompagnent. Ce n’est pas un simple détail technique. Dans une flotte moderne, le navire qui voit loin, réagit vite et coordonne la protection de l’ensemble devient souvent le centre nerveux du dispositif. La Chine veut donc imposer une idée simple : ses grands escorteurs sont désormais capables d’assumer une défense aérienne, une coordination navale et une couverture de zone de premier plan.

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Le HHQ-9 donne à ces navires une vraie allonge

Le missile mis en avant, le HHQ-9, est présenté comme capable d’intercepter des avions pilotés, des drones, mais aussi certaines menaces de type missile de croisière ou missile balistique. Sa portée est estimée à environ 300 km, ce qui donne à un Type 055 une capacité de contrôle théorique sur un volume aérien considérable. En simplifiant, cela signifie qu’un seul destroyer peut surveiller et défendre un espace très large autour de lui, bien au-delà de sa coque. L’intérêt d’une telle allonge est évident : plus un navire peut engager loin, plus il donne du temps au groupe naval qu’il protège. Ce temps supplémentaire vaut parfois plus que tout. En guerre navale, la première richesse reste souvent le délai entre la détection et l’impact. Le HHQ-9 fournit donc au Type 055 une profondeur défensive, une réaction rapide et un rayon d’action qui le rapprochent des meilleurs standards mondiaux.

Lancement du HHQ-9 depuis le destroyer de classe Type 055 Nanchang en 2021
Lancement du HHQ-9 depuis le destroyer de classe Type 055 Nanchang en 2021

Ces super destroyers sont pensés comme des gardes du corps de luxe

Le Type 055 n’a jamais été pensé comme un simple destroyer chargé d’escorter poliment d’autres navires. Il a été conçu pour devenir un pivot d’architecture navale. Sa mission consiste à protéger un groupe aéronaval, à intégrer un réseau de capteurs, à éloigner certaines menaces aériennes ou sous-marines et à participer à une défense multicouche. Dans cette logique, son système de lancement vertical ne sert pas seulement à tirer des missiles antiaériens. Il lui permet aussi d’emporter d’autres types d’armes selon la mission. Le navire devient alors un outil de guerre de zone, de protection navale et de domination tactique. Quand la Chine déploie un Type 055 auprès de ses grands bâtiments, elle ne montre pas seulement un escorteur. Elle montre un multiplicateur de puissance.

Le vrai avantage vient aussi des capteurs et des liaisons de données

Un missile longue portée n’est jamais meilleur que les yeux et les cerveaux qui l’accompagnent. La force du Type 055 repose aussi sur ses capteurs puissants et sur ses liaisons de données avancées, qui lui permettent de travailler avec des informations venues du bord ou d’autres plateformes. Cela change tout. Un navire qui peut recevoir des données extérieures, affiner une trajectoire en vol et guider un missile sur une cible éloignée devient bien plus redoutable qu’un bâtiment isolé. C’est cette logique réseau qui donne au Type 055 une part importante de sa valeur réelle. Le navire ne vaut pas seulement par ses missiles, mais par sa capacité à les intégrer dans une bulle de détection, un combat en réseau et une réponse coordonnée sur un théâtre maritime dense.

Lancements du missile sol-air à longue portée HHQ-9 (à gauche) et du missile de croisière antinavire YJ-18 depuis le système de lancement vertical multirôle de classe 055 chinois
Lancements du missile sol-air à longue portée HHQ-9 (à gauche) et du missile de croisière antinavire YJ-18 depuis le système de lancement vertical multirôle de classe 055 chinois

Le HHQ-9C montre que la Chine continue déjà d’aller plus loin

La démonstration ne s’arrête pas à la version de base du HHQ-9. En septembre 2025, la marine chinoise a aussi dévoilé le HHQ-9C, présenté localement comme plus précis, plus réactif et de plus longue portée. Même si tous les détails restent difficiles à vérifier de manière indépendante, le signal est important. Il indique que Pékin ne se repose pas sur le simple prestige du Type 055. La marine chinoise continue d’améliorer les munitions qui donnent sa valeur au navire. Dans le domaine naval, un destroyer n’est jamais figé. Il dépend de la qualité de ses missiles, de ses logiciels, de ses capteurs et de leur évolution. En avançant sur cette nouvelle munition, la Chine cherche à consolider une combinaison entre missile longue portée, réactivité accrue et modernisation continue de son bouclier embarqué.

La fin d’un premier cycle industriel semble se dessiner

La publication de ces images intervient alors que les deux derniers navires d’un deuxième lot, l’Anqing et le Dongguan, ont été confirmés en service plus tôt en mars. Certains observateurs y voient le signe que la première grande phase du programme Type 055 touche à sa fin. Il n’existe pas, pour l’instant, d’indications fortes sur une nouvelle vague de construction immédiate. Cela ne veut pas dire que la Chine s’arrête. Cela signifie plutôt qu’elle a atteint un seuil déjà très élevé avec la flotte actuelle. Voici les données les plus utiles à retenir :

Élément clé Donnée
Missile mis en avant HHQ-9
Portée estimée 300 km
Surface aérienne théorique couverte Plus de 280 000 km²
Exercice montré Mars 2021
Nouveau missile révélé HHQ-9C
Derniers navires confirmés en service Anqing et Dongguan

Ce tableau aide à comprendre que le Type 055 ne repose pas sur un seul tir spectaculaire, mais sur un ensemble cohérent de plateforme lourde, de munitions évolutives et de logique de flotte.

Missiles HHQ-9C
Missiles HHQ-9C

Jusqu’où le Type 055 peut-il rivaliser avec les meilleures marines

Le Type 055 est souvent présenté comme l’un des navires de surface au plus fort potentiel de combat actuellement en service. Ses rivaux les plus souvent cités sont certains grands destroyers sud-coréens ou les grands croiseurs russes modernisés. Il faut toutefois garder une nuance importante. Sur la défense antimissile balistique la plus spécialisée, les navires américains et japonais équipés d’Aegis avec des missiles comme les SM-3 et SM-6 gardent encore des atouts très spécifiques. Autrement dit, le Type 055 impressionne par sa polyvalence, sa masse et son intégration, mais il n’écrase pas tout sur tous les segments. Cela n’enlève rien à l’essentiel : pour la Chine, disposer de plusieurs super destroyers capables de défendre un groupe naval à grande distance change déjà profondément le rapport de forces régional.

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Pékin veut surtout montrer qu’elle maîtrise désormais la guerre navale moderne

Derrière ces images, le message chinois dépasse largement le missile lui-même. Pékin veut prouver que sa marine n’est plus seulement une flotte nombreuse en expansion. Elle veut apparaître comme une marine capable de coordonner des couches de défense, de protéger des bâtiments majeurs et d’opérer loin avec davantage de confiance. En montrant le Nanchang en action, la Chine envoie un signal à ses voisins, à ses rivaux et à ses propres équipages. Elle dit que ses grands navires ne sont plus des promesses de chantier naval, mais des outils intégrés à une stratégie de présence et de puissance. Dans une Asie maritime de plus en plus tendue, cette démonstration n’a rien d’anodin.

Source : Military Watch Magazine

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