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Disparition du général Maurice Faivre, figure de la guerre d'Algérie.


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  • Administrateur

Le 4 novembre 2020, disparaissait le général Maurice Faivre , officier Dragons-parachutistes en Algérie au début des années 1960, défenseur emblématique des Harkis, dont il s'est occupé après la cessation des combats, sauvant des dizaines de familles. Un héros oublié. 

 

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Il y a des histoires inconnues du grand public qui méritent d'être partagées. Celle de Maurice Faivre est l'une d'elles. Maurice nait le 19 mars 1926 à Morteau, dans le Doubs. Il est, entre 1947 et 1949, élève à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il va sortir Major de promotion de la promotion Rhin et Danube. À l'issue de sa formation, il décide de s'orienter vers la Cavalerie et la Légion étrangère. Mais l'État-major ne le voit pas comme ça et lui propose de rejoindre la branche des Renseignements militaires.
 
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Entre 1949 et 1950, Maurice suit les cours de l'École d'application de l'Arme blindée-Cavalerie installée à Saumur. Et le 20 août 1955, il est déployé pour la première fois en Algérie, basé à Constantine où il constate les conditions très difficiles des populations locales. À la tête d'un escadron d'appelés, le capitaine Faivre est chargé de la construction, en banlieue de Constantine, d'un village destiné à reloger les habitants des bidonvilles, puis à la construction de maisons pour les ouvriers agricoles de Guettar-el-Aiech.
 
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En 1958, il retourne à l'École d'application de l'Arme blindée-Cavalerie de Saumur. Il est alors retenu pour partir une seconde fois en Algérie, en 1960. Il doit notamment, à la tête de son escadron, protéger une région comprenant trois villages. Pour cette tâche, il s'adjoint une soixantaine de harkis. Une équipe médicale, menée par son épouse Monique, soigne gratuitement les populations, en soutien des forces armées. En octobre 1960, après l'assassinat d'un harki, il décide d'intensifier les relations entre eux et l'armée française. Ses hommes construisent de nouvelles infrastructures, dont une nouvelle école et une route. Maurice organise même un pèlerinage traditionnel au marabout de Taftis, en soutien à la population. L'officier, désormais commandant, est très lié aux habitants de l'oued Berd. Mais en octobre 1961, son régiment est dissous et rappelé : Maurice Faivre doit quitter l'Algérie dans les semaines qui suivirent pour rentrer en France.
 
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Il rejoint dans un premier temps l’École Supérieure de Guerre à Paris (1964 à 1966). Mais dans le même temps, il reçoit de nombreux appels de la préfecture de police de Paris : des harkis de l'oued Berd ont réussi à rentrer en France après les accords d'Évian de 1962 et l'indépendance algérienne, pour s'installer à Choisy-le-Roi. Ils vivent dans des conditions très difficiles et manquent de tout : l'officier décide, avec l'aide de ses officiers de l'époque, de les aider, achetant tout ce qu'il peut et se battant pour rapatrier les familles des harkis en France. Il est l'un des rares officiers a ignorer l'interdiction d'aide mise en place par le Ministre de l'intérieur de l'époque, Roger Frey, qui exigeait des forces armées le refus d'aide aux membres des armées supplétives dont la vie était pourtant directement menacée. Au total, Maurice aide une cinquantaine de familles et plusieurs centaines de personnes, qui déménagent pour s'installer à Dreux, en Eure-et-Loir.
 
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La carrière de l'officier continue en parallèle et n'est pas directement affectée par sa désobéissance. Il devient en 1966 officier parachutiste à Tarbes, devenant le chef du 13e régiment de dragons parachutistes, installé à Dieuze, en Moselle, quelques années plus tard. Cette unité était alors la meilleure de l'armée française dans la recherche du renseignement. En 1975, une fois terminé son temps de commandement au 13e RDP, il devient chef du Deuxième bureau à Baden, au IIe corps d’armée, quelques années avant de prendre sa retraite. Il deviendra par la suite écrivain, historien et politologue.
 
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Aujourd'hui encore, le nom de Maurice Faivre est sacré dans la ville de Dreux : il a permis que ces familles puissent s'installer et trouver une sécurité, chose impossible en Algérie d'alors. Ils pleurent, comme nous, la disparition de Maurice Faivre.
(Source : Passionmilitaria)
 

Distinctions

Croix de la Valeur militaire (1957)

Ordre national du Mérite

Commandeur de la Légion d'honneur (2016)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Faivre

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    • By Bouchon-Gras 49
      Nous apprenons la disparition de Robert Bayle. Cet officier de carrière va rejoindre l'armée dès 1950. Il sera déployé dans le Sahara, en Tunisie puis lors de la guerre d'Algérie, entre 1954 et 1962, soit la totalité de la guerre. Gravement blessé, il est rapatrié en France. Cet amoureux des peuples nord-africains et de l'Algérie française connait alors une seconde carrière administrative, avant de quitter l'armée. Robert avait 93 ans      Robert nait dans une famille de pieds noirs le 17 octobre 1927. Son père est alors administrateur en chef des Services Civils. En 1950, alors âgé de 23 ans, Robert décide de s'engager dans l'armée : il rejoint comme officier, après sa formation, le corps des Affaires militaires musulmanes. Ce corps d'officiers spécialisé, créé en 1938, vise à apporter des solutions aux problèmes particuliers rencontrés par l'armée au sein du monde musulman.   Robert est ainsi déployé pour la première fois dans le Sahara : il participe aux premiers combats dans le sud de la Tunisie dès 1952. Puis il est appelé en Algérie en 1954 : il va participer à l'intégralité du conflit franco-algérien, entre 1954 à 1962. Ainsi, entre 1959 et 1961, il est en charge de la création et du fonctionnement du Centre d'information de Kabylie à Dellys, une structure non officielle ayant pour objectif de former les futurs conseillers municipaux tout en cherchant à recruter certains membres du Front de libération nationale, le FLN, alors opposé à la France coloniale et luttant pour l'indépendance de l'Algérie.   Mais que faire de cet homme, partisan de l'Algérie française et anti-FLN ? La Sécurité Militaire ne désire pas qu'il revienne en France alors que la situation en Algérie est toujours tendue. À la suite du putsch des généraux, fin avril 1961, sa position devient précaire et sa fonction, au sein du Centre d'information, lui est retirée.   Début 1962, Robert est nommé chef du 2° bureau de la célèbre 27° Division d'infanterie Alpine, sous les ordres du général Alain Le Ray, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale. Mais cette nouvelle affectation place Roger Bayle sous le feu des projecteurs ennemis : il devient une cible pour le FLN, qui le condamné à mort à 3 reprises. Il est placé, par l'armée française, sur la liste des officiers en danger de mort, à rapatrier d'urgence. Il est même grièvement blessé au ventre lors d'un attentat à Ghardaia cette époque, attaque terroriste qui lui luisse une invalidité permanente.   Mais Robert possède des états de service exceptionnels et il est apprécié par sa hiérarchie : en octobre 1962, après son rapatriement en France, il est nommé, à Agde, comme sous-directeur de l'antenne du Groupement des Contrôles Radioélectriques, organisme placé directement sous l'autorité du Premier Ministre. Il crée une cellule d'écoute et de traduction des émissions arabes hostiles à la France, surveillant notamment Alger, Tunis, Pékin, Le Caire ou encore Moscou.   Mais son passé lui colle à la peau : en 1965, le Président de la République, Charles de Gaulle, se rend à Montpellier. Robert est alors éloigné par ses officiers supérieurs, qui ont peur qu'il invective De Gaulle s'il le croise ! Il est envoyé en congés forcés, à l'île Rousse, en Corse, par mesure de sécurité ! Cette histoire en est trop pour Robert, qui décide de démissionner en 1968.   Dans le civil, il devient agent d'assurances puis agent immobilier mais reste très engagé auprès des anciens combattants. Durant sa carrière militaire, il fut décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec 3 citations. En 1984, Il est nommé à titre militaire Chevalier de la Légion d'honneur. Le 27 septembre 2009, il est élevé au titre d'officier de la Légion d'honneur. Enfin, en 2013, il devient Administrateur National de l'association La légion d'Honneur des Décorés au péril de leur vie pour faits de guerre ou d'héroïsme civil. Il était particulièrement actif à Agde, où il sera regretté. (Source : herault-direct.fr - Passionmilitaria)
    • By Camille0711
      Bonjour a tous,
      dans ce message je m’adresse au personne qui ont déjà été a l’EFSOAA ou principalement ceux qui y sont ... alors voilà je sais que au mois de décembre l’école ferme et de ce fait nous avons 2 semaine de vacances ( j’ai appeler mon cirfa qui me l’a confirmé et selon eux se serait du 23 dec au 6 janv) mais du coup je voulais savoir si il nous donne le week-end qui précède le lundi 23 donc c’est a dire que nous serions en vacances a partir du vendredi 20 a 15h ! Ou alors ils vont nous faire rester jusqu’au dimanche soir ? (Car j’aimerais pouvoir prendre mes billet d’avions maintenant pour aller voir ma famille avant que les prix n’explosent)
      dans l’attente de votre réponse 
      cordialement Cam
    • By Ludo31400
      Bonsoir tout le monde 
      Voilà j'ai pour projet de m'engager dans notre prestigieuses Armée et j'ai pour but de devenir Chasseur Alpin et je voudrais savoir combien de temps il y'a entre ma première visite au Cirfa et mon incorporation au sein du régiment. ( je souhaite rentrer comme militaire du rang et faire mes 3mois classe)
      ainsi que le contenu de la formation chasseur aloin 
      je vous remerci ! 
    • By ComReserve2
      Wissembourg recrute !
      Wissembourg, le 5ème escadron et Unité Spécialisée de Réserve du 2ème régiment de Hussards, recrute !
      Vous êtes sportif, rustique et animé par l’envie de servir les armes de la France, la réserve opérationnelle est faite pour vous. Vous êtes prêt à vous entrainer 10 week-ends par an et consacrer 1 à 2 semaines supplémentaires à votre engagement, Wissembourg vous permettra d’être formé au combat élémentaire et acculturé au renseignement d’origine humaine. 
      Participez à la défense de la nation, envoyez curriculum vitae et lettre de motivation à recrut.reserve.terre.2rh@gmail.com
    • By Laurine13
      Bonjour,

      Comme dis dans ma présentation, j'aimerais devenir Pilote sur VBCI et si possible intégrer le Régiment de Marche du Tchad.

      J'ai plusieurs questions qui me taraude l'esprit.

      J'aimerais tout d'abord savoir si l'armée recrute beaucoup dans se domaine car d'après se que j'ai pu voir, il y a quasi jamais d'offre au poste de pilote.... Donc malheureusement, faut il attendre qu'un pilote meurs ou se réforme pour espérer avoir la place?

      Est-il possible de monter en grade tout en restant pilote?
       
      A quel moment commencons nous la formation de pilote et quel sont les centres en France?

      Enfin bref, j'aimerais beaucoup discuter avec des pilotes qui pourront m'éclairer sur ce métier

      Je vous remercie d'avance de l'attention que vous porterez à ce sujet
       
      Laurine.