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  • Administrateur

Autre lieu qui vaut le détour et qui est entièrement gratuit à la visite, la batterie de Longue sur Mer, situé entre Port en Bessin et Arromanches.

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La batterie de Longues-sur-Mer (en allemand Marineküstenbatterie Longues-sur-Mer) est l'une des batteries de tir du mur de l'Atlantique, située sur la commune littorale de Longues-sur-Mer dans le Calvados. Le site comprenait 4 canons de marine de 150 mm de longue portée, chacun protégé par une casemate en béton armé, et différentes installations pour les servir et les défendre. Située dans la zone du débarquement allié en Normandie, entre les plages d'Omaha Beach et de Gold Beach, la batterie fut soumise à d'intenses bombardements aériens puis navals l'empêchant d'entrer pleinement en action le jour J et fut prise dès le lendemain par les troupes britanniques. Classée Monument historique, elle est dans un bon état de conservation. Le site est aménagé et est devenu un lieu de passage fréquenté lors des visites des sites du débarquement.

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Situation, construction et composition

Le MKB de Longues-sur-Mer (code WN 48) se tient au sommet d'une légère crête, à 450 mètres environ du rivage, à mi-chemin entre Port-en-Bessin à l'ouest et Arromanches à l'est et à huit kilomètres au nord de Bayeux.

Construite à partir de septembre 1943 pour la Kriegsmarine, elle est typique des batteries de défense côtière allemande, elle comprend 4 casemates type Regelbau M272 avec mur et plafond en béton armé de deux mètres d'épaisseur, installées 300 mètres en arrière du haut de la petite la falaise littorale. Chacune abrite une pièce de marine de 150 mm TK C/36(Torpedobootkanone - canon pour destroyers, construit par Škoda à Pilsen) sur affût à pivot central (Mittelpivotlafette - MPL) TL C/36 (Torpedolafette - affût pour destroyer, sorte de tourelle ouverte sur l'arrière). Ces canons de marine avaient une portée qui avoisinait les 20 000 mètres. À l'arrière de chacune des quatre salles de tir se trouvaient deux chambres à munitions, l'une contenant la poudre pour le tir, l'autre les obus.

Un poste de direction de tir (type Regelbau M262A) situé 300 mètres en avant des casemates, au bord de la falaise littorale, commandait leurs feux. Il était équipé du système de commande de tir alors le plus moderne parmi ceux des batteries de la côte normande. Électrique, il fournissait automatiquement les coordonnées de tir aux canons. Il comptait deux étages, un en hauteur pour l'observation et le calcul de la distance et l'autre plus enterré, pour le suivi des cibles.

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La protection de la batterie fut considérablement améliorée au printemps 1944, dans les efforts menés par le maréchal Rommel dès début 1944 pour renforcer le mur de l'Atlantique en Normandie mais tous les travaux n'étaient pas totalement achevés en juin 1944.

Outre les casemates, achevées elles en mai 1944, le site disposait d'une protection antiaérienne avec 3 emplacements équipés de Flaks de 20 mm et pour la défense terrestre, de divers petits bunkers et tobrouks ainsi que d'une ceinture de fils barbelés. Des tranchées de protection reliaient les différents installations, permettant une circulation même lorsque les batteries tiraient. Pour les combats de nuit, la batterie disposait d'un projecteur et d'un canon soviétique K390 de 122 mm, pris sur le front de l'Est, et chargé de faire des tirs d'illumination.

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Comme plusieurs autres batteries côtières de la Kriegsmarine situées loin des grands ports (elle dépendait alors du commandement maritime de Cherbourg) et pour harmoniser le commandement de la défense du secteur, elle passa sous le contrôle de l'armée fin 1943. À l'inverse des batteries côtières construites pour la Wehrmacht, la marine avait privilégié pour les siennes l'installation de canons fixes, non transportables et des bunkers plus fermés sur l'arrière (au contraire, par exemple, de la batterie de l'armée à la pointe du Hoc).

La batterie de Longues-sur-Mer comptait une garnison de 180 hommes. En plus, stationné non loin, un bataillon d'infanterie pouvait renforcer sa défense en cas d'attaque terrestre.

 

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Face au débarquement

La batterie de Longues-sur-Mer se situa pratiquement à la limite des secteurs de débarquement américain, à l'ouest, et anglo-canadien, à l'est. La portée des 4 canons permettait à la batterie de prendre sous ses feux Omaha Beach et Gold Beach ainsi que les bâtiments au large.

Comme les autres fortifications du mur de l'Atlantique, elle a subi des bombardements aériens alliés courant 1944 dont deux bombardements massifs la semaine précédant le débarquement. Ces deux raids aériens ne réduisirent pas la capacité des canons mais ils détruisirent le câblage électrique souterrain reliant le poste de tir aux casemates de tir ce qui allait obliger les Allemands, le jour du débarquement, à utiliser des signaux visuels beaucoup moins efficaces pour la direction de leurs tirs.

Au matin du 6 juin 1944, à h 30, le croiseur britannique HMS Ajax ouvre le feu sur la batterie sans causer de dégâts majeurs. Vers 6 heures, la batterie ouvre le feu sur le HMS Bulolo, navire de commandement allié pour le secteur de Gold Beach, l'obligeant à changer de position. Le HMS Ajax et le HMS Argonaut se rapprochent alors et reprennent leurs tirs contre la batterie allemande. Le feu cesse à h 45, 2 canons ont été mis hors service par tir direct dans l'embrasure de la casemate. Les deux navires ont tiré plus de 179 fois sur la batterie.

Les soldats allemands mettent à profit ce répit de la matinée pour remettre en fonctionnement et réparer ce qui peut l'être et ouvrent le feu en direction d'Omaha Beach. Ces tirs attirent l'attention du croiseur français Georges Leygues, alors en soutien au difficile débarquement américain sur cette plage qui met hors d'état de tir la batterie qui aura tiré 115 fois dans cette journée. Les servants allemands utiliseront également dans la journée le canon de 122 mm soviétique, pourtant peu protégé, pour tirer sur les plages de Gold et d'Omaha.

Le lendemain, le bataillon d'infanterie allemand de protection est rappelé sur Bayeux. Dans la matinée, la batterie subit un nouveau bombardement aérien de la RAF et elle est prise en fin de matinée par la compagnie C du 2e régiment du Devonshire sans difficultés face à des Allemands dont la volonté de continuer à se battre avait probablement été largement entamée par les bombardements, la mise hors de combat des canons et l'isolement du reste de l'armée allemande. Les 120 hommes qui restent de la garnison de 180 soldats se rendent

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Le poste de direction de tir de la batterie de Longues-sur-Mer, ainsi que les batteries avoisinantes ont servi de décor à l'une des scènes du film Le Jour le plus long, sorti en 1962.

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24 des 60 hectares du site (dont l'emplacement des batteries et du poste de tir) sont la propriété du Conservatoire du littoral.

Après avoir été inscrite en 1994, la batterie de Longues-sur-Mer a fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques le 25 octobre 2001.

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De nos jours, l'intérêt de cette batterie est dû au bon état de ses bunkers et au fait qu'elle conserve ses pièces de 150 mm d'origine. Le site est un des lieux de passage lors de la visite des sites du débarquement, fréquenté par 500 000 visiteurs par an.

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( Source : Wikipédia )

 

Adresse : 39 Rue de la Mer, 14400 Longues-sur-Mer
 
 
Horaires :
Ouvert 24 h/24
 
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Un site incroyable, attention l'hiver, le vent y est glacial.

 

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  • 2 years later...

C'est en effet un site extraordinaire. Je dirai même plus. Il faut absolument voir cette batterie. Il n'y en a pas d'autres dans cet état de conservation en Normandie.

A part un bunker partiellement détruit, les autres sont vraiment dans leur jus. Il est gratuit d'accès ce qui n'est pas si courant en Normandie, (bien qu'il y ait moyen, en se documentant un minimum au préalable, de voir une multitude de chose sans payer grâce à des associations par exemple). C'est bien entretenu. Il y a des tobrouks également à voir dans les champs (ils sont matérialisés sur le plan). Les canons ont été fabriqués par Skoda si je ne m'abuse. 

Les batteries de Longues sur Mer constituent une étape qui peut très bien s'intégrer dans une journée où l'on ferait La Pointe du Hoc, Omaha (avec WN 62 pour ceux qui connaissent son histoire), le cimetière US, et pourquoi pas, le cimetière allemand de La Cambe qui est très particulier dans l'austérité de son aménagement et où reposent 21 000 soldats qui eux aussi méritent (presque tous) un soupçon de recueillement et de respect. 

 

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  • Administrateur

Bonjour, 

je me rappelle avoir organisé une visite de la pointe du Hoc, des batteries de Longues et du cimetière d’Omaha beach pour des appelés du contingent venus d’autres régions de France. 
Dans ces lieux étonnants et émouvants, même les grandes gueules se sont tues. 

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Le 05/07/2021 à 17:54, berogeitabi a dit :

Bonjour, 

je me rappelle avoir organisé une visite de la pointe du Hoc, des batteries de Longues et du cimetière d’Omaha beach pour des appelés du contingent venus d’autres régions de France. 
Dans ces lieux étonnants et émouvants, même les grandes gueules se sont tues. 

Dans des lieux comme ceux-là on se tait et on réfléchit. Quand on lit les épitaphes sur les tombes anglaises ... mon Dieu, j'en chialais. En tant que père, de lire ces phrases écrites par des parents pour leurs fils de l'age des miens m'avait mit à genou. J'ai tenu à montrer ça à mes fils, soldats tous les deux à présent. Ils ont ressentis une grande émotion dans ces lieux. 

La chose qui m'a fait de la peine par contre, c'est de voir le monde qu'il y avait à Colleville ... on se croyait à Disneyland, un bouchon de 25 minutes pour sortir du parking. Mais dans d'autres cimetières comme celui de Cintheaux (canadien), pas un chat. Ces petits gars là aussi ont le droit qu'on se recueille sur leurs tombes.

C'est bien de montrer ça aux jeunes générations et de leur expliquer. Même si beaucoup sont étanches à ce genre de pédagogie, on arrive toujours à en sauver l'un ou l'autre. 

 

A Bayeux

Normandiejuil2016 (189).JPG

Normandiejuil2016 (196).JPG

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  • Administrateur

Je vous rejoins totalement dans votre commentaire. 👍
Pour ma part ce qui m’a profondément remué, ce sont les dates de décès indiquées sur les pierres tombales au cimetière de Colleville. 
Des gars de 18/19 ans tombés sur la plage le 6 juin 44. Ça m’a secoué. Vraiment. 
 

c’est aussi dans cet esprit de reconnaissance infinie envers ceux qui ont combattu que ce post suivant a été ouvert. A l’occasion vous pouvez bien sur le consulter et y contribuer. 
Monuments, stèles et pierres du souvenir (parfois oubliés

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Il y a 22 heures, berogeitabi a dit :

Je vous rejoins totalement dans votre commentaire. 👍
Pour ma part ce qui m’a profondément remué, ce sont les dates de décès indiquées sur les pierres tombales au cimetière de Colleville. 
Des gars de 18/19 ans tombés sur la plage le 6 juin 44. Ça m’a secoué. Vraiment. 
 

c’est aussi dans cet esprit de reconnaissance infinie envers ceux qui ont combattu que ce post suivant a été ouvert. A l’occasion vous pouvez bien sur le consulter et y contribuer. 
Monuments, stèles et pierres du souvenir (parfois oubliés

Je ne manquerai pas si j'en ai l'occasion d'alimenter ce sujet. Une belle initiative. 

Pour en finir avec l’âge de ces petits gars ... lorsque nous sommes allés à Ranville il y a deux ans, nous sommes tombés sur un monsieur qui s'occupait de l'entretien des tombes. C'était un vendredi. Il terminait sa semaine. Et s'est fait une joie, pour notre plus grand plaisir, de nous faire une petite visite de cet endroit en nous racontant beaucoup d'anecdotes. Pour finir, il nous a montré cette tombe en nous disant que le garçon avait menti sur son âge pour s'engager. Et qu'au moment de sa mort, il avait en réalité un an de moins que celui qui était inscrit sur sa plaque. 

 

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  • Administrateur
Le 06/07/2021 à 19:27, Artaban a dit :

La chose qui m'a fait de la peine par contre, c'est de voir le monde qu'il y avait à Colleville ... on se croyait à Disneyland, un bouchon de 25 minutes pour sortir du parking.

J'y étais hier, il n'y avait pas foule du tout, mais ça va venir.

Pourquoi Colleville plus que les autres, je dirais pour ça "renommé" cet immense champs de croix.

Je suis allé également au cimetière militaire de Bayeux, plus petit, avec la route qui passe dedans mais les tombes sont toutes fleuris à l'inverse de Colleville.

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    • By Bouchon-Gras 49
      Il y a quelques dizaines de jours les cérémonies du 75eme anniversaire du débarquement de Normandie débutaient par une cérémonie devant la prison de Caen.


      J'avais déjà eu l'occasion de raconter ces événements, natif d'une petite commune du Calvados, mes parents avaient un ami, jeune frère d'un des fusiliers de la prison de Caen. Certaines rues portent le nom de résistant de la commune ayant disparus lors de ce drame, tel-que Jean Caby.
      CABY Jean, François, Noël
      Né le 8 décembre 1911 à Paris (IVe arr.), exécuté sommairement le 6 juin 1944 à Caen (Calvados) ; radio-électricien ; résistant du réseau SR Alliance.
      Jean Caby était le fils de Ludovic Raoul, garde républicain, âgé de 31 ans et de Émilie Jeanne Gabrielle Auvray, couturière, âgée de 27 ans. Il se maria le 3 juin 1935 à Villy-Bocage (Calvados) avec Marcelle Louise Victorine Marie dont il eut deux enfants.
      Radio amateur breveté, il exerçait la profession d’artisan radio-électricien.
      Il fut mobilisé dans les transmissions au 8e régiment du génie de Versailles, du 11 septembre 1939 au 12 août 1940 et obtint la Croix de guerre 1939-1945 et la Légion d’honneur.
      Il entra dans la Résistance en mars 1942 comme agent du réseau de renseignements militaires "Alliance", avec le pseudonyme "Émouchet" et le matricule "F 34". Compte tenu de sa spécialisation il devint dépanneur radio à Villers-Bocage (Calvados), où il s’occupa de la cellule locale avec 8 autres agents. Il travaillait en collaboration avec Robert Douin. Il était également spécialisé dans le relevé de plans.
      Il fut arrêté à son domicile le 17 mars 1944 par les auxiliaires français de la Gestapo et interné à la maison d’arrêt de Caen.
      Le jour du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et suite au bombardement de la gare de Caen, le chef du SD de Caen, Harald Heynz décida d’éliminer la plupart des prisonniers afin qu’ils ne soient pas libérés par les troupes alliées. Jean Caby fut sorti de sa cellule et conduit ainsi que 86 autres résistants dans une courette du chemin de ronde de la prison où il fut abattu d’une rafale dans la nuque. Les corps des victimes furent inhumés provisoirement dans une cour de la prison. Dès le lendemain 7 juin, les britanniques donnaient le premier assaut à la ville. Le 30 juin devant l’imminence de la prise de la ville, les allemands exhumèrent les corps pour les faire disparaître sans laisser de traces. Ceux-ci furent transportés en camion en un autre lieu à l’ouest de la ville, probablement dans des carrières de calcaire. Selon certains témoignages, ils auraient pu être emmenés près de Rouen, dans la forêt de La Londe, à l’entrée de laquelle une stèle "À la mémoire des victimes du nazisme dans la forêt de La Londe 1940-1944" a été érigée et incinérés dans une carrière en contrebas. Les corps n’ont donc pas été retrouvés pour être identifiés. Des bûcherons ont vu à cet endroit des camions et des soldats allemands, ainsi qu’une épaisse fumée. En même temps, il y avait une odeur de corps qui brûlent. Cela dura deux jours. S’agissait-il des fusillés de Caen ? Le mystère demeure.
      Jean Caby obtint la mention "Mort pour la France" le 15août 1946.
      Son nom figure sur le monument commémoratif des fusillés du 6 juin 1944, à Caen et sur le monument aux morts, à Villers-Bocage (Calvados).
      Une plaque apposée sur le mur d’entrée de la prison de Caen porte l’inscription suivante : « À la mémoire des prisonniers fusillés par les allemands le 6 juin 1944. L’oppresseur en les tuant a cru les faire mourir, il les a immortalisés ».   ( Source :  http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article195117  )  

      Exécutions à la prison de Caen
      Dès l'annonce des débarquements du Jour J en Normandie, le chef de la Gestapo décide d'exécuter tous les prisonniers alliés détenus à la prison de Caen. 87 d'entre eux seront fusillés dans la cour de la prison tout au long de la journée du 6 juin 1944. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.
      À partir de décembre 1943, la répression allemande en Normandie s'intensifie. En six mois, plus de 200 résistants sont arrêtés par la Gestapo, la police secrète allemande. En apprenant la nouvelle des débarquements alliés, le commandant allemand de la prison décide d'appliquer les consignes prévues en cas d'alerte. Il veut envoyer tous les prisonniers de la Gestapo en Allemagne afin d'éviter qu'ils ne tombent aux mains des Alliés. D'autres détenus, en attente d'être jugés par les tribunaux de la Wehrmacht, devront être déportés vers l'Allemagne ou libérés, selon la gravité des accusations qui pèsent contre eux. La Feldkommandantur (quartier général des autorités allemandes) confirme les ordres du commandant Hoffman ; mais la gare de Caen, bombardée par les Alliés, est totalement inutilisable, et les Allemands ne possèdent ni les camions ni le personnel nécessaire pour évacuer les prisonniers en toute sécurité.
      Il est environ huit heures du matin lorsque Harald Heyns, chef de la Gestapo de Caen, arrive à la prison et informe Hoffman que la décision a été prise d'exécuter immédiatement les prisonniers. Du matin à la tombée de la nuit, par groupes de six, 87 prisonniers sont exécutés dans les courettes de la prison. Le quartier des femmes ne sera pas épargné. Une vingtaine de détenus sont transférés à Fresnes. Les corps des fusillés sont enterrés dans la cour dans des tranchées creusées à la hâte et recouvertes de chaux. Fin juin 1944, les Allemands reviennent sur place, exhument les corps et les emmènent dans un lieu qui n'a depuis jamais été découvert.

      Vue intérieure de la prison de Caen. © Mémorial de Caen  

      Le 6 juin 1944, des prisonniers ont été fusillés dans l'une de ces courettes. © Mémorial de Caen   ( Source : Libération route Europe )   Annonce   Le mystère des fusillés de la prison de Caen relancé
      Depuis 73 ans, les historiens locaux recherchent les corps des 83 à 87 Normands fusillés le 6 juin 1944 à la prison de Caen par les Nazis. Révélation d'un témoignage resté de l'un des fossoyeurs de cette tragédie
      Publié le 2 Août 17 à 20:04 Jacques Pignot, l’ami et camarade de l’un des fossoyeurs de Louvigny (©emilesfouda/Liberté de Norma) « Où sont enterrés les fusillés de la prison de Caen ? Pour ne pas laisser des traces de Résistants derrière eux, ils ont été froidement abattus par les Nazis au moment du Débarquement des alliés en 1944. Ensevelis dans un premier temps dans une ou plusieurs fosses communes au cœur de la prison de Caen ». Exhumés dans un deuxième temps, le 29 juin précise Vanina Brière, chercheuse à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, les 70 à 80 résistants – selon l’actualisation des données par la Fondation et la Direction des Anciens Combattants – ont été « enterrés » ou « jetés » quelque part, à l’ouest de la ville, dans un endroit toujours recherché, jusqu’à ce jour ». Depuis peu, un homme a décidé de révéler ce qu’il croyait savoir de cette terrible histoire de guerre, que d’aucuns qualifient même de « crime de guerre ». Il s’agirait d’une double révélation de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… ».
      Le trajet a duré 15 à 20 minutes
      Louvigny domaine (©emilesfouda/Liberté de Normandie) Jacques Pignot, 70 ans, est cet homme. Ancien cheminot, plutôt mécanicien à la retraite, sur la ligne Cherbourg-Caen-Paris, il regardait la télévision chez lui quand un reportage sur les massacres nazis attire soudain sa mémoire. Ce Caennais se rappelle alors une histoire étonnante. Il affirme avoir recueilli les confidences d’un camarade cheminot, qui voulait « peut-être soulager sa conscience ». Cet ami, dénommé Eugène Viez, lui a raconté dans quelles conditions il aurait été réquisitionné par « les Occupants » (les Nazis) pour creuser à la hâte plusieurs tombes, qui pourraient bien être la dernière demeure des « fusillés de la prison de Caen ».
       
      Ce dont se souvient précisément Jacques Pignot est-il de nature à relancer la seule question qui vaille relative à la localisation des corps ? « Je travaillais en équipe avec mon camarade Eugène Viez à la SNCF. Un jour, il m’a dit, « il faut que je te parle ». C’était au moment du Débarquement allié, qui a eu lieu dans la nuit du 5 au 6 juin et s’est poursuivi pour les Caennais jusqu’aux 9 et 19 juillet dates de la libération de Caen rive gauche puis rive droite.
      Rafle au Trianon
      Eugène VIez raconte alors qu’avec de des jeunes hommes de son âge, « ils assistaient à une séance de cinéma au Trianon – une salle de cinéma qui se trouvait en face de l’Hôtel de Ville – sur l’emplacement actuel de l’ancienne Bibliothèque municipale de Caen. « C’était en début de soirée ». Tout d’un coup, ils ont vu arriver une troupe de soldats dans le cinéma. « Tout le monde dehors, mains sur la tête ! » ordonna un officier allemand. Les jeunes s’exécutent. En ordre et sous bonne garde, ils se dirigent vers la sortie de la salle conformément aux indications de l’officier.
      Dehors, deux camions attendaient. Moteurs ronflants. La vingtaine ? peut-être une trentaine – de jeunes caennais, des « garçons » d’une vingtaine d’années et quelques adultes en rang, devaient monter dans les véhicules militaires, les uns derrière les autres, « sans broncher ». L’embarquement terminé, bâches des camions rabattues, le convoi s’ébranle alors dans les rues de Caen vers une destination ignorée des jeunes raflés. « Ils ne voyaient rien », précise le narrateur. Tout ce qu’ils ont pu noter, c’est le temps mis pour arriver à destination. « Il faisait déjà nuit et le trajet a duré 15 à 20 minutes ».
      Autour d’un château d’eau ?
      Une fois descendus des camions, les soldats allemands leur ont indiqué un emplacement, autour d’une structure qui semblait être un château d’eau non loin d’une bâtisse évoquant une sorte de demeure de maître. Un manoir ? Un château ? Ses dépendances ? En tout état de cause il s’agissait a minima d’une grande propriété, un domaine en bordure d’une forêt imposante.
       
      Les Allemands leur intiment alors l’ordre de creuser des trous… Des tombes en somme, disposées en demi-circulaire autour de ce château d’eau. Ils se sont vus mourir dans l’étape d’après… Angoissante manœuvre qui dura toute la nuit, jusqu’au petit matin. Combien de tombes creusées ? Combien de trous ? Jacques raconte mais ne s’en souvient plus ; si tant est qu’il ait eu cette information. Toujours est-il que, à un moment donné, les soldats allemands leur demandent de tout stopper et de s’en aller. « Allez-vous en ! Maintenant ! Allez ! ».
      Courir la peur au ventre, la rafale aux trousses
      Prison bombardée le 25 juillet 44 (©emilesfouda/Liberté de Normandie) Sans attendre, ils se sont mis à courir comme des lapins, la peur au ventre, en se disant « ils vont nous tirer dans le dos ». Il fallait s’enfuir. S’enfuir, pour aller où ? Ils l’ignoraient mais couraient toujours en attendant la fameuse rafale qui finalement ne viendra pas. Courir aussi vite que possible, en direction de la forêt s’ouvrant devant eux, jusqu’à disparaître complètement leur a sauvé la vie… Eugène Viez continue son récit à son ami et camarade Jacques. Il pensait avoir reconnu ce domaine, vu un pigeonnier et pas un château d’eau. Quelques années plus tard, il se souvenait avoir pensé retrouver à Louvigny la configuration du trajet effectué à la fin de la guerre. La mémoire du narrateur flanche sur ce point. Les dates ne sont pas précises. Certains détails lui échappent.
      Pendant plusieurs décennies, Eugène Viez et Jacques Pignault ont enfoui dans leur mémoire cette histoire tragique traitant de l’un des massacres perpétrés par les Nazis sur les populations civiles, résistants et autres otages. Viez a eu un fils qui se souvient de cette histoire racontée par son père. À une nuance près, Pignault parle de pigeonnier à la place d’un château d’eau qui ressort de la version du fils, Michel VIEZ, aujourd’hui retraité de l’industrie, Président de la Société de Chasse communale de Fleury-sur-Orne.
      Les vérifications opérées auprès du cadastre à la mairie de Louvigny indiquent qu’il s’agirait bien du château de Louvigny, qui disposait, à 15 ou 20 minutes de Caen, d’une imposante forêt domaniale. Le pigeonnier y figure bien.
      Louvigny : le pigeonnier confondu à un château, de nuit… (©emilesfouda/Liberté de Normandie) Il en est de même du nombre de fusillés. Vanina Brière, chercheuse à la Fondation de la Mémoire de la Déportation, estime que le nombre exact devrait se situer entre 70 et 80 personnes, si l’on retire les noms de nombreux déportés qui figuraient sur la liste des fusillés. Les historiens Jean Quellien et Yves Lecouturier partageraient les mêmes incertitudes sur le nombre final des « prisonniers assassinés » Qu’importe ! Le vrai débat est ailleurs.
       
      ( Source : Emile S. Fouda. Liberté/Normandie )
         
         
       
    • By Bouchon-Gras 49
      24.04.2019
      75e anniversaire du Jour-J: des Dakota, des paras et du bourbon au pays du Calvados

      Parmi les nombreux Dakota qui seront présents le 5 juin, en Normandie, on pourra voir un avion avec les marques Z8, baptisé "Tico Belle". Ce C-47 appartient au Valiant Air Command Museum (Floride).
      Il transportera une quinzaine d'anciens soldats américains, vétérans des conflits d'Afghanistan et d'Irak (photo ci-dessous Q-Concepts). Et ce petit groupe sautera sur le Cotentin, non seulement en tête de la quarantaine de C-47 annoncée, mais en compagnie d'un fût de Bourbon!

      Ces ex-militaires ont en effet créé l'American Freedom Distillery, à Saint-Petersburg en Floride, où ils produisent du Horse Soldier Bourbon.
      Ces  "veterans" ont décidé d'allier l'histoire du Jour-J, leur passé de militaires et leur goût pour les boissons fortes en sautant sur la Normandie, le 5 juin, dans le cadre du 75e anniversaire du Jour-J. Particularités de ce saut: Scott Neil (25 ans d'armée dont 17 de forces spéciales) et ses camarades seront largués du Z8 en compagnie d'un fût de bourbon (plein normalement, sauf s'il est vidé lors de l'étape britannique de l'avion).
      A noter un superbe compte Twitter baptisé "DaksOverNormandy" (voici l'adresse: @Daks_Normandy) et leur site web: www.daksovernormandy.com
      Daks over Normandy (Dakotas au-dessus de la Normandie) se tiendra à deux endroits: du 2 au 5 juin à l’aérodrome de Duxford au Royaume-Uni et du 5 au 9 juin à l’aéroport de Caen-Carpiquet dans le Calvados.
       
      ( Source : Ligne de Défense )
    • By Bouchon-Gras 49
      Lieux incontournable lors de la visite des terrains de combats du débarquement de Normandie, le pont Pégasus bridge sur l'Orme, au nord de Caen.

      Pegasus Bridge (pont Pégase) est le nom qu'a reçu, après les opérations du 6 juin 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, le pont de Bénouville en l'honneur des parachutistes britanniques dont le cheval ailé Pégase était l'emblème. Il est inauguré le 11 mars 1945. Il était situé sur le canal de Caen à la mer, en Normandie. Lors de l'opération Deadstick, élément de l'opération Tonga, le nom de code de la prise du pont était Euston .
       

       
      Sa prise de contrôle par un coup de main des commandos britanniques, arrivés de nuit par planeurs, est un des hauts-faits du débarquement de Normandie le Jour J.
       
      Histoire
            Il s'agit d'un pont basculant du type Scherzer. Initialement construit en 1935, l'original a été remplacé par un nouveau pont similaire mais plus long en 1994 (afin d'accroitre la largeur praticable du canal et de palier l'usure de l'original ; il est inauguré lors du cinquantième anniversaire du débarquement de Normandie). La longueur de la travée basculante est de 45,70 m. Le pont porte la route départementale D 514.
      L'ancien pont, qui avait déjà été rallongé et dont le plancher avait été retiré, reste visible au Musée de l'Aspeg Pegasus Bridge & Batterie de Merville situé entre le canal et l'Orne.

      Il doit ce surnom à un commando de la 6th Airborne Division (6e division aéroportée britannique) qui portait le nom et l'emblème du Pégase et qui était chargé de sa prise sous les ordres du major John Howard dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, dans la mesure où il représentait un objectif stratégique : détruit, il aurait isolé et privé de ravitaillement la division aéroportée britannique parachutée à l'est des plages du Débarquement ; resté aux mains des Allemands, il leur aurait permis de lancer une contre-attaque de chars d'assaut vers les plages. Avant l'opération, John Howard a entraîné ses hommes sur un terrain anglais à échelle réelle, avec des bandes blanches pour figurer l'Orne, le canal et plusieurs ponts.

      Les soldats sont transportés par trois planeurs Horsa (ce qui permet d'être silencieux et de gagner du temps lors de l'atterrissage, a contrario des parachutistes qui doivent se rassembler une fois au sol) et décollent d'Angleterre à 23h00 le 5 juin 1944. Jim Wallwork, pilote du premier planeur embarquant le major John Howard, réussit à se poser le 6 juin 1944 à 00h16 à 47 mètres du pont et sans se faire remarquer par les soldats allemands gardant le pont. Les deux autres planeurs suivent et se posent à proximité du premier respectivement à 00h17 et 00h18. Trois autres planeurs portaient un autre commando qui devait prendre le deuxième pont sur l'Orne. Chaque planeur transportait environ trente hommes. Pendant cette opération, Herbert Denham Brotheridge, fut le premier soldat allié mort au combat le jour J et quatorze furent blessés.
      Il s'agit des premiers soldats alliés du débarquement de Normandie à fouler le sol français.

      Le piper Bill Millin a participé à la prise du pont, armé de sa seule cornemuse écossaise, parmi les renforts débarqués à Sword Beach. Des soldats alliés auraient traversé le pont au son de son instrument peu après 12 h, le feu entre les soldats britanniques et allemands cessant, puis reprenant à son passage au son de Blue bonnets over the border4. Cet épisode, ainsi immortalisé par le film Le Jour le plus long, n'est pas réellement confirmé par Bill Millin qui aurait à peine eu le temps de commencer à jouer à la fin de la traversée. C'est le pont Euston 2 chevauchant l'Orne, deux cents mètres plus loin, qui aurait été franchi au son de sa cornemuse.

      Le café Gondrée, situé à 20 m du Pegasus Bridge où se trouvaient Thérèse et Georges Gondrée, est la première maison de France continentale à avoir été libérée. Ce café est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987 (puis 1993). La plaque commémorant l'authenticité de cet événement a été inaugurée en juin 1954. Cependant, l'historien Norbert Hugedé, affirme dans son ouvrage consacré à l'opération Deadstick que c'est la maison située en face et appartenant à Louis Picot qui a été contrôlée la première lors des combats. La maison Gondrée n'aurait ouvert ses portes aux soldats alliés qu'au petit matin du Jour J.

      L’ensemble du site Pegasus Bridge (pont et ses abords), à cheval sur les communes de Bénouville et Ranville a été inscrit en 1972 puis classé en 2010 en tant que site naturel classé. En 2006, 11 parcelles pour un total de 10,5 ha ont été affectées au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.
      Peu avant la mise en place du nouveau pont à bascule en 1994, des travaux ont été nécessaires pour l'entretien des berges du Canal de l'Orne. Un canon antichar, situé à proximité du pont et appartenant à l'ancien point d'appui allemand codé Widerstandsnest 13 (abrégé en Wn 13), a été déplacé d'une dizaine de mètres pour l'éloigner de la berge. Il n'est plus aujourd'hui à son emplacement initial.
       
      Musée

      En 1974, un bâtiment annexé au café fut le premier musée du Pegasus Bridge. Celui-ci est désormais remplacé par le Mémorial Pegasus. Inauguré le 4 juin 2000 par S.A.R. le Prince Charles d’Angleterre, ce musée a été réalisé en quelques mois sous l’égide du Comité du Débarquement présidé par l’Amiral Brac de La Perrière, et conformément à la volonté de Raymond Triboulet Président fondateur.

      Inauguration par le Prince Charles.
       
         
                                                                                                                                                                Mémorial de Pegasus Bridge
      Avenue du Major Howard 14860 Ranville
      Tél. 02.31.78.19.44.
      fax. 02.31.78.19.42.
      e-mail : memorial.pegasus@wanadoo.fr
       

      Visites
      Le mémorial Pegasus est ouvert tous les jours sauf en décembre et en janvier. Les visites guidées (en français ou en anglais) sont organisées sur réservation.
       
      Accès
      A cinq kilomètres d'Ouistreham, par la bretelle Ranville/Cabourg. 
                 









       
       
       
       
       

      Un petit moment d'émotion pour moi en voyant la cornemuse de Bill Millin, ayant eu la chance le rencontrer  à Caen.

      Bill Millin, connu sous le surnom de « Piper Bill », né le 14 juillet 1922 à Regina en Saskatchewan et mort le 17 août 2010 à Torquay, est un soldat britannique. Il était le joueur de cornemuse personnel de Lord Lovat, commandant de la 1ʳᵉ Brigade spéciale britannique le Jour J, lors du débarquement de Normandie.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Millin
       
    • By Bouchon-Gras 49
      La batterie de Merville est l'une des batteries côtières du mur de l'Atlantique, construite par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Située sur la commune de Merville dans le Calvados, à 2 km de la mer et orientée vers la baie de l'Orne, elle fut désignée par le haut Commandement allié comme l'un des objectifs prioritaires et vitaux du jour J. débarquement de Normandie. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, elle sera l'objet d'un inimaginable assaut et sa prise par 150 hommes du 9e bataillon des parachutistes britanniques (6th Airborne division) est l'un des exploits du jour J.
       

      Dès 1969, l'idée de préserver cette batterie revient à Françoise Gondrée et au général Sir Richard Gale, ancien commandant de la 6e division aéroportée britannique, Fondateur, Président de l'Aspeg, Musée de Pegasus Bridge. En 1977, Françoise Gondrée fait racheter les terrains par le Conservatoire du Littoral en vue de restaurer la Batterie et l'idée d'avoir une antenne de l'Aspeg en Grande-Bretagne"Assault Airborne Normandy", le Général Michael Gray. est désigné par l'Aspeg pour assurer la coordination. Elle est d'ailleurs classée au titre des monuments historiques depuis le 25 octobre 2001.Sur près de 5 hectares, ce site-musée parfaitement authentique est ce qu'il était au matin du 6 juin, accueille chaque année près de 60 000 visiteurs qui veulent marcher dans la trace des héros. Depuis 2008, un Douglas C-47 Skytrain américain, le SNAFU Special (classé monument historique le 27 février 2014[réf. nécessaire]) un avion emblématique des troupes aéroportées est exposé sur site. Le musée est géré depuis trente ans par l'association franco-britannique de gestion du musée de la batterie de Merville qui compte à parité parmi ses administrateurs des représentants de l'AAN et du conseil municipal ainsi que les membres de l'association. Celle-ci est présidée depuis 1989 par Olivier PAZ qui a été distingué comme membre de l'Ordre de l'Empire Britannique en 2006

      Aujourd'hui, sur un site préservé de plusieurs hectares, l’association de la Batterie de Merville vous propose un parcours pédagogique, la visite de 4 bunkers aménagés en musée et la visite d'un Dakota, avion mythique ayant participé au débarquement en Normandie. Revivez la neutralisation de la batterie grâce à un son et lumières dans la casemate n°1, restée à son état d'origine à l'aube du 6 juin 44. Toutes les 20 minutes, sons, odeurs et lumières vous plongent dans la prise de la batterie de Merville.
       

      Tarifs
      Tarif de base - Adulte Plein tarif : 6,50€
      Tarif enfant : 3,50€ (6 à 14 ans)
      Tarif réduit
      Tarif groupe adulte
      Tarif groupe scolaire
      Tarif groupe autre
       

      Description
      La batterie de Merville était l'une des batteries côtières de tir longue portée disposées le long du littoral normand, plus ou moins en retrait de celui-ci. La batterie était constituée de quatre grosses casemates prévues pour abriter des canons longue portée de 150 mm (il se révélera qu'elles n'abritaient que des canons Škoda datant de la première guerre mondiale et d'un calibre de 100 mm). Batterie d'artillerie hippomobile au début 1941, elle doit se protéger des attaques aériennes à compter du printemps 42. L'organisation Todt, chargée de l'édification du mur de l'Atlantique, planifie la construction des casemates août 1942 (pour les casemates 1 et 2) et à mai 1944 (pour les casemates 3 et 4). Bien dissimulées du repérage aérien, celles-ci étaient prolongées par deux ailes en béton pour protéger l'embrasure des bombardements. Dans le même temps, furent construits soutes à munitions, abris, poste de commandement souterrain avec périscope et de multiples tranchées bétonnées1. L'ensemble était protégé par deux ceintures de barbelés hautes de 2 mètres et larges de 4 mètres et par un champ de mines. Il est à noter qu'il s'agissait d'une batterie « aveugle ». Ces cibles potentielles étaient connues sous des noms de code et les angles de visée et quantités de poudre préétablis. Un poste d'observation à Franceville sur le rivage relié à la batterie par téléphone permettait de préciser et de rectifier les tirs.

      Attaque aéroportée
      Menaçant le secteur de débarquement de Sword Beach et toujours opérationnelle en dépit de plusieurs raids aériens, il fut décidé de la neutraliser par un bombardement aérien intense suivi d'une opération aéroportée dans la nuit précédant le débarquement. Cette opération fut confiée au lieutenant-colonel Terence Otway, à la tête du 9e bataillon parachutiste de la 6e division aéroportée britannique. Mais le plan complexe élaboré par Otway ne se déroula pas du tout comme prévu.

      Le plan
      Un lourd bombardement aérien par une centaine de Lancaster et de Halifax de la Royal Air Force devait intervenir à 0 h 30, quelques heures avant l'opération aéroportée. Les bombardiers devaient essayer de détruire la position ou au moins d'infliger des dégâts considérables à ses défenses, facilitant ainsi l'action des troupes aéroportées. Quatre hommes devaient être parachutés avant ce bombardement non loin de la batterie puis une fois le bombardement effectué s'en approcher et nettoyer discrètement un passage au travers des barbelés et des mines.
      À 0 h 50, le gros du 9e bataillon parachutiste toucherait le sol et devait atteindre la batterie vers 4 h. Avec eux, se trouveraient des soldats du 591e escadron parachutiste des Royal Engineers, les troupes de génie britannique, et une pléthore d'équipements dont des dispositifs anti-mines, des torpilles Bangalore contre les barbelés et deux canons de la 4e batterie anti-tank aéroportée, qui seraient utilisés pour détruire les portes blindées d'accès aux casemates.
      À 4 h 30, l'escadron no 4 devait faire une attaque de diversion à la porte principale tandis que deux groupes de tireurs d'élite devaient faire feu sur les troupes ennemies occupant les différents emplacements de tir : canons, nids de mitrailleuses et tours antiaériennes. Ensuite trois planeurs Horsa transportant le gros de la compagnie A du bataillon et des troupes supplémentaires du génie devaient se poser à l'intérieur même de l'enceinte de la batterie et leurs troupes attaquer chacune des casemates à la mitraillette et au lance-flammes. Au même moment la compagnie C procèderait à l'assaut par les passages nettoyés dans les champs de mines, rapidement suivie par le reste de la compagnie A puis de la compagnie B.

      En cas d'échec ou si aucun signal du succès de l'opération aéroportée n'était reçu, le croiseur léger britannique HMS Arethusa croisant au large ouvrirait le feu sur la batterie à 5 h 30 précise.

      L'opération
      À cause d'erreurs de navigation (confusion entre le cours de l'Orne et celui de la Dives), d'un ciel bas, du nuage de poussière dégagé par le bombardement intense sur la Batterie et de pathfinders lâchés dans une mauvaise direction et qui furent incapables de marquer la zone de largage, les parachutistes du 9e bataillon se trouvèrent dispersés jusqu'à 16 km de la zone. Le lieutenant-colonel Otway attendit au point de rendez-vous mais vers 2 h 50 seuls 150 des 600 hommes étaient arrivés. Aucun des jeeps, canons anti-chars, mortiers, détecteurs de mines, personnel médical, sapeurs ou personnes responsables de la liaison navale n'était arrivé. Comme l'a dit lui-même Otway, « nous n'avions presque rien... Si ce n'est un sacré groupe d'hommes ! »
      Le temps pressant, Otway se résolut en dépit du pessimisme ambiant à attaquer avec les troupes dont il disposait. Quand le 9e bataillon arriva sur la batterie, il trouva le groupe de reconnaissance de 4 hommes qui avait, lui, réussi sa mission, ayant étudié les positions allemandes et nettoyé quatre passages à travers le champ de mines. Le bombardement de la RAF avait complètement raté sa cible, les avions lâchant leurs bombes trop au sud, n'avait infligé que peu de dégâts à la batterie et à ses défenses mais avait manqué de tuer le groupe de reconnaissance.
      Vers 4 h 30, le bataillon fut réorganisé en 4 groupes d'assaut, menés par le major Parry et comprenant les compagnies A et C, qui allaient opérer en passant par deux des chemins ouverts à travers le champ de mines. Alors qu'ils se regroupaient, ils furent repérés et 6 mitrailleuses allemandes ouvrirent le feu sur le flanc du bataillon. Un petit groupe de parachutistes mené par le sergent Knight engagea alors trois des mitrailleuses près de la porte principale, chargeant leurs servants allemands à la baïonnette et à la grenade, tandis que la seule mitrailleuse disponible, une Vickers, engageait le feu sur l'autre flanc. Knight mena alors son groupe aux abords de la porte principale, improvisant une diversion en attaquant et tirant avec tout ce dont il disposait, ce qui focalisa momentanément l'attention et la riposte des Allemands.
      Pendant ce temps, deux des planeurs d'assaut approchaient de la batterie, le troisième avait rompu son attache au-dessus de l'Angleterre. Ils devaient être guidés depuis le sol par des balises Eureka mais aucune d'elles n'ayant pu être récupérée lors du parachutage, les pilotes devraient donc atterrir à vue. Mais celle-ci était réduite par les nuages et la fumée due au bombardement. L'un des planeurs confondit le village de Gonneville, bombardé par la RAF et en feu, à 3 km de leur objectif, avec celui de Merville. À la vue des flammes, le pilote pensa que la cible avait été détruite et atterrit bien au-delà. Le second trouva la batterie mais alors qu'il faisait son approche finale, il fut ciblé et tiré par un canon antiaérien de 20 mm, blessant quatre des hommes à l'intérieur et détournant le planeur de sa course qui alla se poser très brutalement 700 mètres au-delà. Le planeur était à l'état d'épave et plusieurs hommes furent blessés dans l'accident. Cependant ils débarquèrent à temps pour repérer et attaquer par surprise des Allemands qui se dirigeaient vers la batterie.
      Alors que les planeurs s'approchaient, Otway donna l'ordre d'attaquer en hurlant « Get in, Get in », injonction reprise par les parachutistes. Il n'y avait pas de torpilles Bangalore pour ouvrir les barbelés et les premiers hommes se jetèrent dessus et ainsi de suite jusqu'à former des ponts humains sur lesquels les suivants coururent pour pénétrer dans la batterie. Les groupes d'assaut chargèrent. Dans l'obscurité, les passages marqués dans le champ de mines n'étaient pas clairement visibles et certains hommes s'en écartèrent et marchèrent sur des mines. Trois canons allemands firent feu sur les groupes d'assaut mais ils furent engagés par les mitrailleurs du bataillon et les tireurs d'élite. Au milieu du feu ennemi et de l'explosion des mines, les parachutistes tiraient à la mitraillette à la volée et lançaient des grenades sur tous les points fortifiés qu'ils rencontraient tout en chargeant vers les casemates. Au départ prise par surprise, la garnison allemande se reprit rapidement, en premier lieu en tirant des fusées éclairantes dans le ciel pour illuminer la zone, puis en menant un bombardement d'artillerie au-delà de la ceinture de barbelés et même en organisant un tir d'une batterie allemande de Cabourg vers le champ de mines.

      Otway ordonna à ses réserves de s'occuper des derniers canons allemands qui tiraient sur les groupes d'assaut, qui commençaient alors à forcer les casemates et engageaient un combat au corps à corps avec leurs défenseurs. Les canons devaient initialement être détruits avec des explosifs spéciaux, mais ceux-ci n'avaient pu être récupérés lors du parachutage. Ils furent donc mis hors d'usage un par un en utilisant les bombes Gammon anti-chars que chaque parachutiste avait avec lui. Le combat commença à diminuer d'intensité au fur et à mesure que la garnison allemande faiblissait et à 5 h 00 il était terminé. Partout à l'intérieur et autour de la batterie se trouvaient allongés des morts et des blessés des deux camps. La garnison allemande comprenait environ 50 hommes mais à la fin du combat, six soldats seulement étaient encore en état de combattre, une trentaine blessés, et le reste morts. Sur les 150 parachutistes britanniques ayant mené l'assaut, 65 furent tués ou blessés.
      La destruction des canons, même s'il ne s'agissait que de 100 mm à la menace moindre que les calibres de 150 mm attendus, permit néanmoins de sauver de nombreuses vies sur les plages. L'assaut sur la batterie de Merville, par une petite force aéroportée mal équipée, restera l'un des exploits du jour J et l'un des faits de gloire du régiment parachutiste britannique.
      Dans les 48 heures qui suivront, les Allemands seront de retour dans la batterie et deux canons engageront le feu contre les plages. Mais pendant les heures critiques des premières heures du débarquement, la batterie de Merville aura été réduite au silence.

      ( Source : Wikipédia )
       
      Je vous recommande ce lieu, qui mêle, lieux de commémoration, de souvenirs et d'Histoire.
      Le son et lumière dans un blockhaus est impressionnant, à éviter pour les petits enfants, les personnes fragiles et claustrophobes.
      Le film ne rend pas aussi bien que la réalité, le bruit des bombardement et des tirs sont costaud, puis la fumé envahi l'espace, le tout avec les ordres en allemand.


      Quand au Dakota, qui si vous tombez le bon jour, vous aurez comme moi peut être la chance de pouvoir monter à bord.