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Les aumoneries militaires.


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Les aumôneries militaires,

Voici un nouveau décret les concernant :

09.05.2017

Diplôme obligatoire pour les aumôniers militaires, hospitaliers et pénitentiaires

eclair001.pngLe "décret n° 2017-756 du 3 mai 2017 relatif aux aumôniers militaires, hospitaliers et pénitentiaires et à leur formation civile et civique" est paru au JO du 5 mai.

Il rend obligatoire, pour les aumôniers militaires, hospitaliers et pénitentiaires rémunérés et nouvellement recrutés, "l’obtention d’un diplôme après le suivi d’une formation civile et civique agréée, comprenant un enseignement sur les grandes valeurs de la République".

Ce souhait avait été émis dès 2015 par le ministère de l'Intérieur quant aux aumôniers des prisons. Le ministre annonçait alors une mise en place pour 2016 (lire ici : http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/09/22/l-obligation-de-diplome-pour-les-aumoniers-irrite-l-eglise_4766822_1653130.html un article du Monde).

Une possibilité d’obtenir le diplôme dans un délai de deux ans est laissée aux aumôniers. Ces dispositions ne sont applicables outre-mer que si le diplôme peut être obtenu à distance ou dans le ressort même du territoire.

Le texte de ce décret est à consulter ici : https://jo.toutelaloi.fr/eli/decret/2017/5/3/INTD1707222D/jo/texte Il entrera en vigueur le 1er octobre 2017

 

( Source : Ligne de Défense )

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Les statuts des aumôniers des Armées :

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2012/6/15/DEFD1221963A/jo/texte

 

LES AUMÔNIERS MILITAIRES, qu' est ce que c' est :

 

Les aumôniers militaires sont des représentants des divers cultes religieux au sein des forces armées.

Organisation

Les aumôneries des armées françaises sont régies par les lois du 8 juillet 1880 et du 9 décembre 1905 et par le décret du 1er juin 1964. Ces textes précisent le droit fondamental pour chaque militaire de pratiquer sa religion et les responsabilités du commandement en matière d'exercice des cultes. Le décret n° 2008-1524 du 30 décembre 2008 détermine le statut des aumôniers militaires.

Compte tenu de ses objectifs et de ses missions, chaque aumônerie présente une organisation adaptée à celle des armées.

  • L'aumônier-en-chef, placé auprès de l'état-major des armées, dirige l'aumônerie du culte concerné.
  • Il est assisté d'aumôniers-en-chef adjoints (un par armée : terre, air, mer et gendarmerie).
  • Dans chaque zone de défense, il est représenté par un aumônier de zone de défense1, placé auprès de l'officier général de zone de défense, qui coordonne l'action des aumôniers locaux, quelle que soit leur armée d'appartenance. Cet aumônier de zone de défense peut avoir un adjoint, placé auprès de l'officier général (terre, air, mer ou gendarmerie) pour chacune des armées présentes sur sa zone de défense.

Les aumôniers militaires sont répartis, par armée, en fonction des effectifs autorisés.

On compte quelque 200 aumôniers catholiques, 76 aumôniers protestants dont 3 femmes projetables en opérations, 30 israélites2 et 35 musulmans. Certains n’exercent cette fonction qu’à temps partiel. Au total, environ 400 aumôniers militaires, d’active ou de réserve, servent dans les armées en françaises dont 50 % à temps plein. Seize d’entre eux sont en permanence projetés en opérations extérieures3.

 

Cultes

Avant leur nomination par le ministère de la défense, les futurs aumôniers obtiennent des responsables français de leur culte les « pouvoirs religieux » attestant que les candidats sont considérés comme « ministres du culte » dans leurs religions respectives.

Il existe, au sein de l'armée française des aumôniers :

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Fourreau d'épaule du premier aumônier musulman de corps de troupe

En outre, depuis novembre 2006, un prêtre du patriarcat de Moscou est détaché 30 jours par an à la Légion étrangère, en raison d'un nombre important de militaires de confession orthodoxe au sein de cette arme.

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L' aumônier Orthodoxe de la Légion.

 

Statut des aumôniers

Auparavant engagés au titre de l'une des trois armées, de la gendarmerie nationale4 ou des services communs, les aumôniers militaires souscrivaient, depuis le décret du 16 mars 2005, un contrat au titre du service de santé des armées. Depuis le , les aumôniers sont rattachés au service du commissariat des armées.

Ils assurent le soutien religieux du personnel de la défense qui le souhaitent dans les lieux où les armées et formations rattachées exercent leurs missions.

Les aumôniers conseillent le commandement. Ils n'ont aucun pouvoir de donner des ordres, sauf dans l'exercice de leur fonction en ce qui concerne le personnel mis à leur disposition. Ils ne peuvent prononcer de punition.

Ils détiennent le grade unique d'aumônier militaire, sans correspondance avec la hiérarchie militaire générale mais ils sont assimilés à des officiers.

Ils peuvent en outre recevoir l'appellation d'aumônier militaire en chef, d'aumônier militaire en chef adjoint ou d'aumônier militaire régional, sur décision du ministre de la défense, en fonction des responsabilités exercées.

Sur le plan des préséances, les aumôniers en chef prennent place après les officiers généraux. Les autres aumôniers parmi les officiers supérieurs.

Aucune des prescriptions réglementaires en matière de marques extérieures de respect ne leur est, en principe, applicable. Néanmoins, ils doivent le salut aux officiers généraux. Ils l'échangent avec les autres militaires.

Ils relèvent conjointement :

- de l'aumônier militaire-en-chef de leur culte, pour ce qui concerne les questions relatives à leur culte ;

- de l'autorité militaire, pour ce qui concerne les modalités d'exercice de leurs missions au sein des formations de la défense.

Les aumôniers militaires bénéficient d'un avancement d'échelon de solde qui a lieu à l'ancienneté.

 

Grade et appellations

Les premiers insignes de fonction apparaissent dès 1853, pour les aumôniers catholiques de la flotte. Puis cette pratique s'étendra aux différentes armes et aux autres cultes5. Leur insigne de grade est, pour l'armée de terre, la gendarmerie nationale et les services communs (Service de santé des armées, par exemple), un rameau d'olivier stylisé, porté en barrette, or ou argent selon leur statut ou leur fonction, encadré ou non selon leur fonction, porté

  • avec l'insigne de l'aumônerie du culte concerné pour l'armée de terre (croix pour les aumôniers catholiques et protestants, tables de la loi pour les israélites, croissant pour les musulmans),
  • avec la grenade « bois de cerf » or surmontée de deux chevrons pour la gendarmerie nationale.

Les aumôniers de marine portent une ancre chargée de l'insigne de culte, ceux de l'armée de l'air(B.A.Z.) l'insigne de culte et l'épervier de cette armée.

Aumônier militaire-en-chef Aum chef cat prot.png Aum chef isr.png Aum chef mus.png
  armée de terre
services communs
marine nationale armée de l’air gendarmerie nationale
Aumônier militaire-en-chef adjoint Ter aumadj cath prot.gif Ter aumadj isr.gif

Ter aumadj mus.gif

Mar aumadj cath prot.gif Mar aumadj isr.gif Air aumadj cath prot.png Air aumadj isr.png Aum nat gend.svg
Aumônier militaire régional Ter aumreg cath prot.gif Ter aumreg isr.gif Ter aumreg mus.gif
Aumônier militaire Ter aum cath prot.gif Ter aum isr.gif

Ter aum mus.gif

Mar aum cath prot.gif Mar aum isr.gif Air aum cath prot.png Air aum isr.png Aum act gend.svg
Laïc - aumônier militaire
aumônerie catholique de l’armée de terre
Ter aum laic cath.gif
Aumônier militaire de réserve Ter aum reserv cath prot.gif Ter aum reserv isr.gif

Ter aum reserv mus.gif

Aum reserve gend.svg


Réglementairement, on appelle les aumôniers militaires « Monsieur (ou Madame) l'aumônier ».

Dans la pratique, les appellations varient selon les unités:

  • l'aumônier catholique, quand il est prêtre, est souvent appelé « Padre » (appellation à l'origine réservée aux aumôniers parachutistes mais qui s'est "démocratisée" par la suite) ou, plus communément « Mon Père »

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Aumônier Catholique.

  • les aumôniers embarqués de la Marine nationale reçoivent traditionnellement à bord le titre de « Monseigneur »

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Croix d' un aumônier de la Marine Nationale.

  • les élèves des lycées et classes préparatoires militaires qualifient, selon les lieux, leurs aumôniers de « Marab » (appellation propre au Prytanée National Militaire), « Bohut », « Babasse », etc.
  • les aumôniers protestants sont souvent appelés « Pasteur »

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Aumônier Protestant.

  • les aumôniers israélites « Monsieur le Rabbin »

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Aumôniers Israélites.

  • l'aumônerie musulmane étant de création récente, il ne semble pas que ses aumôniers aient actuellement reçu une appellation « de tradition ».

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Aumônier Musulman.

 

Insignes de fonction dans l'armée de terre et la gendarmerie

L'insigne métallique de fonction des aumôniers se porte sur la vareuse de la tenue de sortie ou sur la chemisette (T21; T22) au-dessus de la patte de poche de poitrine droite (ou au-dessus de la poche gauche en cas de port d'un autre insigne à droite, par exemple le brevet de parachutiste) Il est doré pour les aumôniers-en-chef, argenté pour les autres aumôniers.

Insigne spécialité aum catho.svg
Aumônier catholique
n° d'homologation : GS 78
Insigne spécialité aum prot.svg
Aumônier protestant
n° d'homologation : GS 79
Insigne spécialité aum isra.svg
Aumônier israélite
n° d'homologation : GS 80

Ailes de poitrine dans l'armée de l'air

Insigne aumonier air fr.svg
Aumônier catholique et aumônier protestant
Insigne aumonier israelite air fr.svg
Aumônier israélite

 

Droit international humanitaire

Les conventions de Genève énoncent que les aumôniers attachés aux forces armées, comme le personnel sanitaire exclusivement affecté à la recherche, à l'enlèvement, au transport ou au traitement des blessés et des malades ou à la prévention des maladies, le personnel exclusivement affecté à l'administration des formations et établissements sanitaires, sont respectés et protégés en toutes circonstances6.

Au cours d'un conflit armé, s'ils tombent au pouvoir de la partie adverse, ils ne sont retenus que dans la mesure où l'état sanitaire, les besoins spirituels et le nombre de prisonniers de guerre l'exigeront. Ils ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre7.

Pour justifier de leur état, les aumôniers militaires sont dotés d'une carte d'identité spéciale et d'un brassard, munis de l'emblème de la croix rouge8 sur fond blanc9.

Brassard neutralite.png
CIS 1.jpg
CIS 2.jpg
Brassard de neutralité Modèle français de carte d'identité sanitaire (extérieur) Modèle français de carte d'identité sanitaire (intérieur)

 

( Source : Wikipédia )

 

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Je vous propose un petit retour en arrière, afin de connaitre cette " spécialité " ou cette présence dans les Armées.

HISTORIQUE DE L’AUMÔNERIE MILITAIRE EN FRANCE I/DES ORIGINES A 1952

En 313, l’empereur Constantin adopte officiellement le christianisme et met fin aux persécutions. On met alors en valeur le culte de militaires romains, morts martyrs pour avoir refusé d’adopter le culte Impérial, par fidélité à la foi nouvelle. Ces personnages sont restés célèbres, car ils sont souvent devenus et restés des « patrons d’armes ». Nous avons ainsi à Rome, saint Sébastien, patron des archers et saint Romain. En Suisse, saint Maurice, et la légion thébaine (qui refusa tout entière d’adorer l’empereur et fut décimée). En Syrie, saint Théodore; en Palestine, saint Georges; à Marseille, saint Victor, etc. Tous militaires romains, mais souvent d’origine orientale. Sous Constantin également, se met en place un rituel. Nous savons par l’historien Eusèbe, qu’avant et après la bataille, des prières étaient dites par des prêtres, s’adressant à Dieu: « De toi nous avons reçu nos victoires, Par toi nous avons vaincu les plus puissants ennemis. » L’édit de Carloman, frère de Pépin le Bref, en 743, interdit à tous clercs de porter armure, de combattre, de se rendre à l’ost (l’armée). Il met à part ceux qui, pour les besoins du service divin (messe et port des reliques), auront été choisis pour cela. (1) Apparaît ainsi l’existence de chapelains prêtres qui, sous la direction d’évêques, forment la première aumônerie militaire. Sous Charles le Chauve, des précisions sont données. Ce sont certains prêtres ou évêques spécialement choisis qui accompagnent l’armée. Leur rôle est de bénir les troupes, de les exhorter et de confesser les mourants. ils ne doivent pas porter d’armes. Pendant la bataille, ils prient pour ceux qui vont mourir et disent la messe. Tout ceci nous est connu par un texte, venant des pays de Loire et intitulé « Le faux capitulaire de Charles le Chauve », oeuvre d’un évêque en réalité. Sous Clotaire, saint Sulpice était titré « Abbas in castris », c’est-à-dire chapelain du camp militaire. La Chevalerie va codifier le rôle de la noblesse et lui conférer un caractère sacré. Elle aura besoin pour cela de chapelains et d’aumôniers qui accompagnent les chevaliers et les barons. Mais ils chevauchent des mules et sont vêtus de bure. L’Église essaye, également, par l’institution de la trêve de Dieu, de canaliser les abus des guerres, des pillages et des destructions. Elle Institue également le droit d’asile. En revanche, les croisades sont prêchées par des clercs, comme le pape Urbain V; emmenées par des clercs, comme la première d’entre elles, par le moine Pierre L’Hermite. Les croisades vont surtout favoriser un phénomène nouveau : la création d’ordres religieux militaires: les Templiers, en 1118; les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en 1120 (cet ordre subsiste, sous le nom d’ordre de Malte) ; les Chevaliers Teutoniques contre les slaves païens, en 1128; etc. Dans ces ordres, les chevaliers étaient des religieux profès et combattaient, mais ils étaient de simples frères. Leurs aumôniers étaient prêtres et ne combattaient pas. A la cour des Capétiens, on découvre l’existence d’un chapelain royal. C’était l’aumônier personnel du roi. Il était assisté d’un second, puis de tout un collège de clercs exemptés de l’autorité épiscopale locale. Les pouvoirs du chapelain royal s’étendent petit à petit à la maison du roi et à son armée. Il deviendra plus tard le grand aumônier de France, jouissant de privilèges particuliers et d’exemptions. A partir de la fin du XVIém siècle, avec les guerres d’Italie, on constate la présence d’aumôniers militaires permanents. François 1er crée officiellement des aumôniers de marins, tandis que Henri II par une ordonnance de 1555 prescrit que « chaque bande et régiment aient un prêtre et qu’il y ait un prédicateur à la bataille et un autre à l’avant-garde ». Le grand aumônier de France prend alors le titre d’évêque des Armées, il est assisté d’un premier aumônier, de huit aumôniers ordinaires et de simples chapelains. Des aumôniers sont désignés pour les régiments de Navarre, de Champagne, de Picardie, de Piémont. On assiste à une prise de conscience de la spécificité du milieu militaire, milieu nécessaire à la nation et dont la tâche est difficile. Les différents aumôniers essayent cependant de relever le niveau des mœurs des soldats. Les jésuites, ordre nouveau, usent pour cela de l’influence qu’ils possèdent sur les nobles, propriétaires des régiments. Jusqu’au règne de Louis XIV, l’aumônerie militaire ne possédait pas de « lieux ». Avec Vauban, chaque citadelle aura sa chapelle; certaines sont toujours consacrées, comme la chapelle de la citadelle de Lille. Le plus bel exemple est l’église de l’Hôtel des Invalides, dédiée à saint Louis, qui est devenue en 1986 la cathédrale du nouveau Diocèse aux Armées Françaises. Quand on construira l’Ecole militaire en 1752, on aménagera une chapelle fort élégante et toujours utilisée. La Révolution amène un bouleversement complet dans les rapports de l’Église et de l’Etat. Officiellement, les aumôniers militaires disparaissent. La constitution civile du clergé ne supprime pas les aumôniers, du moins au début, mais elle exige le serment des aumôniers militaires. Sous l’Empire, Napoléon 1er rétablit la charge de Grand Aumônier, au bénéfice de son oncle le cardinal Fesch, Primat des Gaules. On trouve les aumôniers militaires dans les écoles, les ports de guerre, les prisons militaires. Il y a également un aumônier aux Invalides. Le nombre global est difficile à estimer mais à la Restauration, on trouve des aumôniers en « demi-solde », classés avec les officiers de santé, et qui touchent une allocation de 900 F. par an, c’est-à-dire la solde de capitaine. La Restauration rétablit l’aumônerie militaire, en nommant un aumônier par Corps, avec rang et traitement de capitaine, et retraite après vingt ans de service, ce qui ressemble assez au statut des aumôniers actuels. Les aumôniers doivent alors veiller particulièrement à la sauvegarde des objets de culte, aux bibliothèques des régiments et à la surveillance des écoles d’enfants de troupe. L’aumônerie de la Marine est réorganisée en 1823, avec le rétablissement de l’École Navale. On dénombre à peu près 112 aumôniers en poste à la Restauration, avec une solde qui les assimile aux capitaines de deuxième classe. Sous Louis-philippe, la Grande Aumônerie, très légitimiste, disparaît ainsi que pratiquement les aumôniers de Corps. Il en subsiste surtout dans les garnisons, les hôpitaux et prisons militaires. Par contre, avec la conquête de l’Algérie, on voit des aumôniers sur le terrain, participant à la pacification et suivant les troupes au combat. Ils sont à la nouvelle origine de l’Eglise en Afrique du Nord des siècles après St Augustin et précèdent l’œuvre du cardinal Lavigerie. Mais l’Islam restera opposé au christianisme, y compris jusque par la violence. C’est encore le cas aujourd’hui. Napoléon III n’était ni hostile, ni favorable à l’aumônerie militaire. Durant la campagne de Crimée, des aumôniers, surtout des jésuites, suivent les troupes et meurent comme elles du typhus et du choléra. On rétablit la Grande Aumônerie, pour faire comme sous Napoléon 1er, mais l’Eglise en monde militaire prend de plus en plus une allure officielle. Les aumôniers sont nombreux à cette époque, mais sans grade ni rang: 300 aumôniers catholiques environ et, chose nouvelle, des aumôniers protestants. C’est aussi l’époque des « œuvres ». Les foyers du soldat, les confréries de Notre-Dame des Armées, les légions de prière se multiplient; soutenus, il faut bien le dire, par la tendance la plus légitimiste du monde militaire; les officiers sont souvent issus de la noblesse et attendent l’avènement du comte de Chambord. Sous la Troisième République, après de multiples débats à la Chambre, la gauche majoritaire envoie, le 15 juillet 1889, les clercs faire leur service militaire. Ce sera les « curés sac au dos ». Après l’affaire Dreyfus, la loi de finance de 1905 interrompt le recrutement des aumôniers militaires, mais sans revenir en fait sur le principe même de l’aumônerie, puisqu’elle garantit le libre exercice du culte dans les établissements publics aux frais de l’Etat. Dans la pratique, des aumôniers subsisteront jusqu’au conflit de 1914-1918 qui verra évoluer considérablement la situation des aumôniers militaires. De nombreux prêtres, pasteurs et rabbins sont appelés. Certains s’engageront pour la durée du conflit. Un nouveau type d’aumônier va naître, dont la figure Idéale pourrait être celle du Bienheureux Daniel Brottier, partageant la vie des hommes, accomplissant son ministère religieux dans l’assistance aux blessés, aux mourants, mais prêchant surtout d’exemple par le partage des difficultés et des angoisses de la vie des tranchées. Ce nouveau type d’aumônier marquera profondément non seulement l’Église de France, mais la nation tout entière, toutes opinions et convictions confondues. On peut dire sans exagérer que, grâce à la présence de ces prêtres, pasteurs ou rabbins, le malentendu entre les Eglises — et surtout l’Eglise catholique — et la nation, va se dissiper. Le Diocèse aux Armées actuel vit sur cette lancée. Sous saint Louis (XIII siècle) apparaissent les premiers signes de la présence de prêtres à bord de vaisseaux. François 1er en 1539, Institue la Grande Aumônerie de France. Mais on ne trouve point de trace d’aumôniers embarqués. Il faut attendre l’année 1619 pour que le roi nomme « un aumônier général des galères, avec les honneurs et droits dont jouissent les autres officiers de la marine ». Ce texte apparaît comme le premier portant nomination officielle d’un aumônier dans la marine. Le premier titulaire fut Saint Vincent de Paul. Sous Richelieu, une Importante flotte est construite et chacun des vaisseaux est pourvu d’au moins deux aumôniers. En fait, les fonctions de l’aumônier de marine ne seront véritablement définies que par l’ordonnance de 1689, promulguée par Colbert. Deux séminaires sont créés à Toulon et à Brest. La révolution de 1789 (loi du 1er mai 1791) supprime le “Grand Corps de la Marine” et chasse les aumôniers des vaisseaux. Avec le directoire, le calme revient, mais les aumôniers n’ont plus leur place officielle à bord et si, sous l’Empereur, les postes à terre sont pourvus en « hommes de Dieu », il n’en est pas de même sur les bâtiments. Il faudra attendre la Restauration pour retrouver les aumôniers embarqués (ordonnance du 8 janvier 1823). Peu à peu la situation s’améliore pour se dégrader à nouveau avec la Monarchie de Juillet (1830-1848). Seuls sont maintenus les postes d’aumôniers dans les ports. En décembre 1845, le Roi décide « qu’un aumônier serait embarqué â bord de certains bâtiments de la Flotte ». Durant le Second Empire, l’aumônerie de la marine s’organise et devient un véritable corps. Mais la défaite de 1870 entraîne le déclin de la marine et de son aumônerie. Ce déclin s’accentuera après les élections de 1878. Les républicains décléricalisent les grands corps de l’Etat et en premier lieu la marine. En 1907, c’est la suppression pure et simple du corps des aumôniers de la Flotte. Le statut et la fonction des aumôniers passent par une phase de transition entre les deux guerres. Le texte législatif de base organisant cette aumônerie date de 1880 et n’a pas été abrogé en 1905, lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En 1939, l’aumônerie militaire était inexistante. Lors de la déclaration de guerre, on ne pouvait compter que sur de rares aumôniers dans le sud du Maroc, sur la ligne Maginot et en Alsace-Lorraine, provinces concordataires. En 1945, le cardinal Suhard demande au père Jean Badré de réorganiser une aumônerie générale des armées de terre. L’aumônerie des troupes françaises en Allemagne restera autonome sous la responsabilité de Monseigneur Picard de la Vacquerie jusqu’en 1951, où elle sera rattachée à l’aumônerie générale. De même, Jusqu’en 1952, l’évêque de Fréjus demeure l’ordinaire de la marine. II/ DU VICARIAT AUX ARMEES AU DIOCESE AUX ARMEES Le décret de la congrégation consistoriale du 26 juillet 1952, érige canoniquement le Vicariat aux Armée. Il réunit les trois aumôneries Terre, Air, Mer, sous la seule autorité du cardinal Feltin, archevêque de Paris. Celui-ci est assisté par trois aumôniers-chefs (l’équivalent de vicaires généraux) pour les trois armées. Par ce décret, préparé par M. Bernard Tricot et le père Maurice Hiret, le ministre Pierre Mesmer réorganise l’aumônerie dans le cadre des armées. Monseigneur Badré devient, en 1964, évêque auxiliaire chargé des armées auprès du cardinal Feltin. La guerre d’Indochine Durant la guerre d’Indochine, 300 aumôniers se succédèrent en Indochine, avec une présence moyenne de 60 prêtres. Quatorze ne revinrent pas. Le père Jeanson est directeur de l’aumônerie de l’armée de terre jusqu’en 1951, date où il fut assassiné. Pour saisir ce qu’étaient l’esprit et l’action des aumôniers durant cette guerre, on pourra lire le témoignage du père Jeandie: Soutane noire et béret rouge (Ed. de la Pensée moderne, 1957). Cet aumônier des troupes aéroportées y rapporte notamment ce que fut la présence des aumôniers au service des blessés. « De manière générale, la guerre d’Indochine fut pour les aumôniers militaires une expérience très forte qui les rapprocha beaucoup des troupes. Le tour des événements devenait mauvais en Indochine pour les troupes françaises. Parmi les assiégés de Dien Bien Phu, il y avait quatre prêtres. L’aumônerie fit alors tout son possible pour améliorer le sort des prisonniers, avec hélas bien peu de résultats ». (p. 110) La guerre d’Algérie Les aumôniers, comme l’ensemble des Français, vont progressivement prendre conscience qu’ils sont confrontés à une « autre guerre » que la guerre d’Indochine. Le rappel du contingent, la dimension politique du conflit et l’épreuve morale que va traverser l’armée les atteignent dans leur conscience personnelle comme dans l’accomplissement de leur ministère sacerdotal. De 1954 à 1962, l’aumônerie est de plus en plus présente en Algérie. En 1958, le père de L’Espinay est nommé aumônier en chef en Algérie. « L’aumônerie a connu durant la guerre d’Algérie des moments très difficiles. Il a fallu nous laisser ébranler dans nos certitudes… Nous avons essayé de vivre ce drame en restant proches de tous, soldats d’active comme appelés… Cette guerre a évidemment conduit l’aumônerie à s’occuper de plus en plus des appelés… Nous étions très attentifs à la difficulté que vivaient les séminaristes. » (même livre que pour la guerre d’Indochine) Dès 1954, François Mauriac, dans L’Express, dénonce l’usage de la torture. Les interventions des intellectuels français comme Camus et des chrétiens comme le général de Bollardière ouvrent un débat qui révèle la division des consciences sur la torture, les agressions, les exécutions sommaires. Les aumôniers sont eux aussi sollicités pour témoigner des positions de l’Eglise par eux qui, sur le terrain, sont confrontés à des choix et à des conflits de devoir. Comme dans toute situation conflictuelle, leurs positions ne sont pas toujours unanimes. L’aumônerie publie le 17 février 1959 un texte connu sous le nom de « Document vert » qui rappelle les exigences de la foi et introduit une réflexion pour en comprendre le bien fondé à partir de situations concrètes. Les prises de position de l’aumônerie sont reprises par deux documents officiels: - lettre du cardinal Feltin aux prêtres du Vicariat aux Armées, du 7 mars 1960. - lettre du cardinal Feltin aux militaires servant en Algérie, du 24 octobre 1960. Le cardinal y rappelle en ces termes la doctrine de l’Église: La torture « ne sera jamais admissible pour une conscience chrétienne. Dans ce domaine, même pour protéger, des vies humaines immédiatement menacées, l’absolu de la loi de Dieu est supérieur â ce devoir, même capital. Le maintien, même difficile, même héroïque, des valeurs chrétiennes et divines a finalement plus d’efficacité que la recherche probable du résultat immédiat ». Monseigneur Badré dira : « Cette lettre, que nous avons donc appliquée et expérimentée avant de la rédiger, fut véritablement la charte de notre action. » Cependant de nombreux aumôniers militaires seront davantage en accord avec la hiérarchie militaire, qu’avec le cardinal Feltin. Ainsi, le Père Delarue, grande figure des aumôniers paras, dénoncera ces propos comme ceux d’un homme qui parle de « Paris » et qui n’a aucune conscience des attentats quotidiens commis par le F.L.N. Pour mettre une note d’humour le Général de Gaule dira « Qu’a donc ce petit prélat, je lui paye bien sa solde, non ! »… L’aumônerie militaire connaîtra des dissensions à l’heure difficile du putsch des généraux à Alger, certains aumôniers suivront les troupes dans la rébellion, le plus souvent ceux qui avaient déjà servi en Indochine, et qui, comme les militaires français avaient le cœur serré de devoir abandonner des populations fidèles à la France, et qui, comme en Indochine seraient sauvagement assassinées par les « libérateurs ». Ces aumôniers seront révoqués, cependant les tribunaux militaires et la prison leur seront épargnés. François Mitterrand, rétablira les officiers « félons » dans leurs droits et grades y compris le droit à la pension militaire, cet agnostique élevé chez les maristes tiendra à faire le même geste en faveur des aumôniers militaires. En 1967, la direction du Vicariat aux Armées dont la responsabilité n’est plus assurée par l’archevêque de Paris. Celle-ci est confiée à Monseigneur Badré qui devient le premier Vicaire aux Armées Françaises. Cette responsabilité sera par la suite, à l’exeption d’un intérim (1969-1970) assuré par le père Marcel Thorel, confiée à un évêque : Monseigneur Vanel en 1970, Monseigneur Fihey en 1983. La constitution apostolique « Spirituali militum curœ » de Jean-Paul II du 21 avrIl 1986 transforme le Vicariat aux Armées en Ordinariat aux Armées, à dater du 21 juillet 1986. Les dénominations de Diocèse aux Armées, d’évêques aux Armées sont alors adoptées. Monseigneur Fihey sera donc le premier évêque aux armées jusqu’en 1989, date à laquelle Monseigneur Dubost lui succédera, actuellement depuis 1998, Monseigneur Patrick Le Gall, préside aux destinées de cette Eglise Particulière originale. sources essentielles de ce premier chapitre : L’aumônerie militaire française de Xavier Boniface – cerf Soutane noire et bérets rouges – Père Jandie.

 

( Source : Histoire et Littérature de l' Europe du Nord Ouest )

 

Lors du premier conflit mondiale, les aumôniers partagent le sort de Poilus, ils sont sur le terrain, dans la tranchée. Ils soulagent les âmes et donne les derniers sacrements. Ils sont également là pour aider, secourir les blessés.

LES PRÊTRES et AUMÔNIERS MILITAIRES - GUERRE 14 / 18

Il y avait, durant cette guerre 1914-1918, chez tous les belligérants, des aumôniers dans les armées. Ils devaient accompagner, réconforter et apporter aux soldats un soutien moral et spirituel. Durant la guerre bon nombre de soldats retrouveront une foi élémentaire. 

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A la mobilisation française de 1914 une centaine de prêtres rejoindront les formations sanitaires (affectés dans les groupes de brancardiers de division et de corps d'armée) mais à coté il y aura 25 000 ecclésiastiques mobilisés qui seront affectés au service de santé mais aussi dans les unités combattantes.

Il y aura les aumôniers reconnus par la hiérarchie militaire, et il y aura les aumôniers mobilisés et bénévoles dans leur fonction.

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Le rôle principal des ecclésiastiques (pour la plupart catholiques) est de secourir les blessés sur le terrain, les amener aux abris, prodiguer des soins, faire le métier de prêtre (bénédictions, sacrements...), assister les mourants. I

lls ont un rôle de confident, de confesseur. Ils exaltent bien souvent le patriotisme, le civisme du combattant, l'obligation d'accomplir son devoir, le préparant au sacrifice suprême. Certains accompagnent même les vagues d'assaut.

Une circulaire du 28 mars 1918 définit la nature et le partage des missions : un titulaire se trouve affecté aux ambulances et aux services, deux-trois volontaires visitent les corps de troupe. 

Dans un corps d'armée, deux titulaires se consacrent aux formations sanitaires et aux éléments non endivisionnés. Les bénévoles, non reconnus par le ministère, ne font l'objet d'aucun commentaire mais ils assureront leur fonction appuyés par les officiers du régiment. 

De manière générale, dans chaque division,  un aumônier titulaire assure un service religieux dans chaque régiment. Un prêtre soldat, aumônier bénévole se trouve dans chaque bataillon aidés par deux confrères volontaires.

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les aumôniers officiels relèvent de l'autorité administrative du médecin-chef. 

Sur le plan canonique ils relèvent de l'évêque de leur diocèse.

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En juin 1918, ministres du culte titulaires et aumôniers volontaires sont au nombre de 500, soit un ecclésiastique pour 4000 à 5000 hommes. Il y a un pasteur pour 20 000 soldats et un rabbin pour 40 000 soldats.

( Source : Les Voyageurs du Temps )

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Le gros des effectifs de religieux présents sur le front était catholique. Comme la législation le prévoyait, il comprenait des aumôniers et des combattants. Depuis une loi de 1889, séminaristes, étudiants protestants en théologie et futurs rabbins n’étaient plus exemptés du service militaire et, après l’avoir effectué, étaient mobilisables en cas de guerre comme infirmiers ou brancardiers.

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Entre 800 et 1000 aumôniers catholiques

L’historien Xavier Boniface (2) estime qu’il y a eu, durant toute la guerre, entre 800 et 1 000 aumôniers catholiques et environ 30 000 combattants qui étaient prêtres (19 000), séminaristes (4 000), religieux ou novices (7 000). En revanche, le nombre des religieuses qui ont servi dans les hôpitaux à l’arrière ne peut pas être vraiment établi. Quant aux pasteurs et rabbins, ils auraient été respectivement 68 et 23 aumôniers.

Les troupes musulmanes (tirailleurs africains et maghrébins) ne bénéficiaient pas d’imams et la fonction rituelle pour les tués y était remplie sur la base de l’initiative individuelle.

Les chiffres étaient importants pour un pays marqué par plusieurs années d’anticléricalisme et par la législation de séparation de l’Église et de l’État qui, de 1901 à 1905, s’était traduite notamment par l’expulsion des congrégations à l’étranger.

L’union sacrée

« La présence des prêtres et religieux catholiques dans la Grande Guerre a symbolisé ce qu’on appelait à l’époque ‘‘l’union sacrée’’, c’est-à-dire la réconciliation entre l’Église et la République laïque, souligne Xavier Boniface. Les membres du clergé et les congréganistes se sont mobilisés dès le début de la guerre, les seconds revenant en France pour répondre à l’appel aux armes, qui s’imposait à eux. Le sens du sacrifice des uns et des autres leur a vite conféré une légitimité auprès de la troupe. »

Par une loi votée en 1905, la République avait mis tous les citoyens mâles à égalité devant l’obligation militaire en cas de conflit en étendant la mobilisation comme combattants aux hommes de religion, qui étaient jusque-là exclusivement destinés au service de santé.

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Avant 1914, les autorités avaient aussi envisagé que, par temps de guerre, les soldats puissent avoir besoin d’un soutien spirituel : elles avaient prévu près de 200 postes d’aumôniers dits « titulaires ».

« Face à la mort, de nombreux poilus retrouvent la dimension religieuse et la foi »

En août 1914, une centaine de ces postes étaient occupés par des prêtres catholiques, les autres par des pasteurs et rabbins. « Mais bien vite, précise Xavier Boniface, il est aussi fait appel à des aumôniers volontaires compte tenu de l’ampleur de la mobilisation et de l’installation de la guerre dans la durée. » Les aumôniers militaires ne portaient pas, alors, l’uniforme (les catholiques étaient en soutane, les protestants et juifs en costume civil). Les titulaires recevaient une solde équivalant à celle d’un capitaine et les volontaires, recrutés d’abord sur la base du bénévolat, ont fini par recevoir une indemnité journalière.

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« Face à la mort, de nombreux poilus retrouvent la dimension religieuse et la foi dans les tranchées », explique Mgr Ravel. L’aumônier militaire est à la fois celui à qui on se confesse ou on se confie et celui qui administre les sacrements. Il est d’autant plus estimé que, faisant le plus souvent partie des infirmiers ou brancardiers, il accompagne les unités lors des assauts.

Non armés et amenés à intervenir à découvert, les aumôniers payèrent un lourd tribut. Tout comme les soldats qui étaient prêtres, pasteurs ou rabbins, ils se sont souvent signalés par leur courage. On ne compte pas ceux qui furent décorés. Ils furent nombreux (autour de 14 %) à mourir sous le feu de l’ennemi.

Ils furent nombreux à mourir sous le feu de l’ennemi

Trois d’entre eux ont marqué les mémoires par leur sacrifice : le Père jésuite Louis Lenoir, mort en 1917 sur le front d’Orient, alors qu’il allait réconforter des soldats ; le Père assomptionniste Raphaël Retaud, fauché en 1916 par un obus en ramenant un blessé ; le rabbin Abraham Bloch, tué dans les Vosges le 29 août 1914, tandis qu’il apportait un crucifix à un mourant catholique.

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Après la guerre, d’anciens aumôniers catholiques jouèrent un grand rôle, comme les jésuites Paul Doncœur et Pierre Teilhard de Chardin, ou le spiritain Daniel Brottier qui fonda en décembre 1918, avec l’anticlérical Georges Clemenceau, l’Union nationale des combattants. Plusieurs devinrent évêques comme Maurice-Louis Dubourg, Achille Liénart, Gabriel de Llobet ou Charles Ruch.

Le soutien des paroisses

Des pasteurs ont eu aussi beaucoup d’influence par la suite : Freddy Durrleman, Jules Jézéquel, Victor Rivet. Plusieurs hommes de religion, qui ont combattu, ont également fait parler d’eux : Léon Bourjade et Maurice Grivelet, deux prêtres fantassins devenus aviateurs ; Paul Rémond, qui fut prêtre et commandant avant de devenir évêque ; Jacob Kaplan, fantassin qui sera par la suite grand rabbin.

Durant le premier conflit mondial, nombreuses enfin furent les paroisses, catholiques comme protestantes, qui se mobilisèrent, à l’arrière, pour soutenir les hommes du front en envoyant des colis de denrées et en accueillant les blessés.

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( Source : La Croix )

 

Lors du second conflit, les aumôniers ont participé activement, que ce soit lors de l' attente de " la drôle de guerre " ou lors des premiers combats, dans les camps de prisonniers. Où que ça soit dans la résistance, parmi les Forces Française de l' Intérieur, parmi les Forces Françaises Libres...

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En juillet 1942, l’abbé Grouès, vicaire à Grenoble, abrite deux Juifs dont les familles viennent d’être arrêtées. Profitant de sa connaissance de la montagne, il commence à faire passer des fugitifs en Suisse ; il lance une fabrique de faux papiers, cache des réfractaires au Service du Travail Obligatoire dans des fermes. Il crée un maquis en Chartreuse puis à Malleval en Vercors avec l’aide entre autres de Lucie Coutaz, alias « Louise »
Recherché, il entre en clandestinité, se fait appeler « abbé Pierre ».
Il gagne Lyon puis Paris, travaille pour la Résistance, toujours sous des identités différentes. Arrêté le 19 mai 1944, il s’échappe, rejoint l’Algérie et finit la guerre auprès des Forces Françaises Libres.
Début 1945, il entame une tournée de conférences officielles sur ses «23 mois de vie clandestine». Son action dans la résistance lui vaut la Croix de guerre avec palmes.
 
 
( Source : Archives Nationales )
 
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Parce qu'ils vivent en contact direct avec la mort, les soldats en appellent souvent à Dieu. Ou du moins à son représentant militaire, l'aumônier des armées. Certains vont rester dans l'Histoire, comme le père Doncoeur ou le grand rabbin Abraham Bloch qui se sont illustrés durant la Première Guerre mondiale. En 1939, les prêtres et les aumôniers vont être très actifs, à l'instar du père de Naurois, entré en Résistance avec la volonté de lutter contre Hitler. Au-delà de ces destins hors du commun, ses soldats et les hommes de Dieu en uniforme, dont certains vont perdre la foi après avoir vécu l'enfer de la guerre
 
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Le révérend père Duben, aumônier d' un camp de prisonniers en Allemagne.
 
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Le père François Casta.
 
 
Puis en Indochine, en Algérie...
 
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Le père Pascal en Indochine.
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Aumônier à Dien Bien Phu.
 
Aujourd’hui encore, en OPEX les aumôniers sont présent et partagent le quotidiens des soldats.
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28.06.2017

Un nouvel évêque aux armées: le père Antoine de Romanet succède à Luc Ravel

antoine-de-romanet.jpgLe père Antoine de Romanet a été nommé évêque aux armées par le pape François. Il succède à Monseigneur Luc Ravel, archevêque de Strasbourg depuis janvier. La date de l’ordination épiscopale de Mgr Antoine de Romanet est prévue pour le dimanche 10 septembre à 15h, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Le père Antoine de Romanet est né le 25 octobre 1962, au Mans. Il est curé de la Paroisse Notre-Dame d’Auteuil depuis le 1er septembre 2010. En mars dernier, il a été nommé au poste de secrétaire général adjoint de la Conférence des Evêques de France.

C'est un ancien élève du collège Sainte-Croix du Mans, du collège Saint-Grégoire de Tours, et du lycée Montaigne. Diplomé (Service Public) et docteur (ès Sciences Economiques) de Sciences Po Paris, il a effectué son service national au Caire (1986-1987).

Après la Maison Saint-Augustin (1988-1989), il a étudié la philosophie et la théologie à Bruxelles (1989-1992) puis à Rome (1992-1996). Il a été ordonné diacre en septembre 1994, à N-D de Grâce de Passy, où il a passé quatre ans comme séminariste.

Ordonné prêtre en juin 1995, il est nommé vicaire à N-D de l’Assomption de Passy et aumônier du lycée Molière (1996-2000), responsable des JMJ 2000 pour le diocèse de Paris (1998-2001) puis aumônier général du collège Stanislas (2000-2002). De 2002 à 2010, il est curé de la paroisse Saint-Louis de France, à Washington.

 

( Source : Ligne de Défense ).

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    Bouchon-Gras 49

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    Vétéran du jour J et ambassadeur du Memorial Trust Britannique, Frank Baugh, titulaire de la Légion d'Honneur est décédé à l'âge de 98 ans, lundi 20 juin. Engagé auprès de l'Association des Vétérans de Normandie, il avait participé à la campagne de dons pour l'édification du Memorial. Frank Baugh, photographié lors de sa visite au Memorial, avait déclaré "qu'il était honoré de pouvoir aider "d'une certaine manière" à se souvenir des hommes et des femmes qui ne sont jamais rentrés chez eux". - Memorial trust Il avait assisté à son ouverture officielle, le 6 juin 2021 au National Memorial Arboretum, puis avait pu le visiter en octobre avec un petit groupe d'anciens combattants. Julie Verne, directrice du développement du Memorial Trust, le décrit comme "un homme chaleureux, calme et digne avec un beau sens de l'humour". En mémoire de Frank, le site du Memorial diffuse un film où il raconte son D-Day. Il y explique notamment, qu'ayant débarqué sur Sword Beach parmi les premiers de son unité, ils ont "été touchés par un obus assez lourd qui est arrivé à bâbord". Sept à huit d'entre eux furent grièvement blessés. (Source : La Manche Libre)

    Semmerade

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    Bonjour, je recherche d’où vient l’insigne sur le col de cette photo avec le numéro 3 ? Je ne retrouve pas cette forme de feuille avec la barre ailleurs. Normalement il y a une grenade ou une étoile  merci ! Photo

    Bouchon-Gras 49

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    Nous apprenons avec tristesse le décès soudain en service d’un Gendarme mobile de l’escadron 32/3 de Luçon en Guyane. Cet adjudant-chef de 50 ans, a succombé à une embolie pulmonaire le 19 juin alors qu’il était détaché en Guyane avec son unité. Mickaël Desbois était marié et père de trois enfants. (Source : la voix du gendarme)   L'équipe et les membres du forum-militaire.fr s'associent pour exprimer leurs sincères condoléances à la famille, aux proches et à ses frères d'armes.

    HernanF

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    L’escadron Normandie-Niemen fête ses 80 ans avec un Rafale C aux couleurs uniques pour marquer l’occasion.

    Bouchon-Gras 49

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    Oui, et l'intérêt c'est que les militaires ou anciens militaires souffrants de stress post-traumatique sachent vers qui ce tourner et ne surtout pas rester seul face à ces blessures.
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