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Bouchon-Gras 49

Souvenir du S-Lt Paul Salivet de Fouchécour.

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Lors d' une visite du musée de la cavalerie à Saumur ( 49 ) maison mère de la cavalerie ( école de cavalerie, cadre noir ), j' ai pu comme tous les visiteurs découvrir dans une vitrine horizontale, une tenue accompagnée d' objets... en m' approchant de plus prés je pu distinguer une déchirure à la jambe encore maculé de sang.

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Cette tenue d’officier de chasseurs à cheval de 1914, don de monsieur Christian de Fouchécour, constitue une rare et éloquente évocation de l’épopée des unités montées qui s’engagèrent dans les premières semaines de la Grande guerre.

Au-delà, c’est aussi un destin personnel et tragique que cet uniforme raconte : celui du jeune officier qui le portait, le sous-lieutenant Paul Salivet de Fouchécour, tué par éclat d’obus le 7 septembre 1914 et dont les effets conservent encore les stigmates.

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« Je saurai faire mon devoir en vaillant cavalier »

Après une carrière de sous-officier dans les Dragons et un passage à Saumur où il accède à « l’épaulette », le sous-lieutenant Paul Salivet de Fouchécour est chef de peloton au 8e Régiment de chasseurs à cheval. Engagé avec son régiment au sein du Vème corps, il part pour le front dès le 3 aout 1914, c’est-à-dire le jour où l’Allemagne déclare officiellement la guerre à la France. Il a alors 26 ans.

Les combats auxquels il va participer pourraient sembler d’un autre âge. A cheval, vêtus de l’emblématique pantalon rouge garance, armés du sabre et d’un mousqueton léger, les cavaliers du 8ème Chasseurs à cheval sont envoyés sur les bords de la Meuse, non loin de Verdun. Après l’échec des Français sur Charleroi, bataille qui fait en la seule journée du 22 août plus de 22 000 morts, leur mission est d’éviter la rupture complète des lignes.

Alternant missions de reconnaissance et opérations de harcèlement, les journées sont harassantes. « Nos chevaux n’ont pas été dessellés depuis six jours » souligne Paul dans un courrier qu’il envoie à son frère. « Les hommes sont fourbus, (…), et je me demande quant à moi comment il se fait que je suis encore en vie », poursuit-il. Le 4 septembre, le peloton Fouchécour est pris à parti par des Uhlans prussiens, lanciers à cheval dont la mauvaise réputation fait courir toutes sortes de rumeurs depuis leur passage dans la région en 1870. Paul, revolver au poing, charge sans hésiter l’ennemi que l’audace des chasseurs fait d’abord reculer. Mais, les troupes françaises doivent bientôt battre en retraite.

Le dimanche 6 septembre, le sous-lieutenant de Fouchécour est en arrière-garde dans le village de Révigny-sur-Ornain, dans la Meuse. Il fait mettre pied à terre pour mieux s’embusquer dans les bâtisses à l’entrée du village. Mais la petite bourgade est pilonnée par l’artillerie allemande. « Il faut reculer, retrouver les chevaux et filer ». Au moment de remonter sur sa monture, un obus éclate à proximité du jeune officier. Paul s’effondre – la jambe droite brisée – entre les « pattes de son cheval » abattu lui aussi.

Evacué par des villageois, Paul de Fouchécour reçoit les premiers soins d’un infirmier, à défaut de médecin présent sur les lieux. Conscient de la gravité de son état, il demande ensuite à se confesser auprès du curé de la paroisse, l’abbé Hablin. Celui-ci dira ensuite de lui ne « jamais avoir rien vu d’aussi simple et d’aussi beau que son attitude ». Puis, son capitaine, ses hommes et ses camarades viennent l’étreindre une dernière fois avant de quitter définitivement le village. « Paul leur demanda pardon à tous, s’il était arrivé de leur faire de la peine dans le service ».

Le soir, les Allemands investissent le village où demeurent encore quelques habitants. Paul est pris en charge par les infirmiers allemands à l’école du village. Mais il décède pendant la nuit avant d’être inhumé dans le jardin même de l’école. Il y demeurera jusqu’à la fin de la guerre, avant que ses restes ne soient ramenés dans le caveau de famille, au cimetière Montparnasse.

 

Les reliques d’une tragédie

Près d’un siècle plus tard, les effets du sous-lieutenant Paul de Fouchécour témoignent encore de son épopée, dramatique et glorieuse.

La tunique ample modèle 1898en drap bleu ciel, au collet droit rouge garance des chasseurs à cheval flanqué du numéro « 8 » en cannetille d’argent – rappelle d’abord l’élégante obsolescence de ces tenues que la guerre moderne va faire progressivement délaisser dès 1915.

La culotte rouge garance « à basanage » avec passepoil et double bande d’officier, rappelle dans la gravure de ses boutons – « Rauch – Saumur » – que ces tenues et les effets qui les accompagnaient (ici les gants et la housse du bonnet de police) étaient des confections sur-mesure, commandées dès la sortie d’école dans les ateliers des nombreux maitres tailleurs (pas moins de huit en 1914 sur Saumur) qui tenaient à l’époque boutique dans les villes de garnison.

La déchirure de l’étoffe encore maculée de sang, atteste pour sa part des soins donnés par l’infirmier qui a découpé aux ciseaux la jambe du pantalon sur les 2/3 de sa longueur.

Mais surtout, les entailles portées par le fourreau, la lame du sabre modèle 1896 – dont la garde est gravée aux armoiries de la famille – rendent compte avec éloquence de la violence de la blessure produite par cet éclat d’obus, qui aura finalement raison du sous-lieutenant de Fouchécour.

 

La Grande Histoire, une histoire d’Hommes

Au-delà d’un simple objet de musée, la tenue du sous-lieutenant Paul Salivet de Fouchécour est donc aussi une véritable livre, ouvert à l’une des pages les plus épiques de l’histoire contemporaine de la cavalerie française. Du reste, la fin tragique de cet officier pourrait être aussi le début de celle de la cavalerie montée, dont l’histoire pluriséculaire entame alors un progressif mais bien réel déclin. A la faveur de la guerre de masse et de l’avènement des armements modernes, c’est en effet les prémices d’un crépuscule des centaures qui marque la fin de cet été 1914.

Mais cette tenue est aussi une « relique », la relique d’un homme qui marqua les siens par son courage et son esprit de sacrifice, celle d’un aïeul dont le souvenir a été pieusement gardé au fil des générations.

 

Texte du chef de bataillon Bertrand Phillip de Laborie, musées militaires de Saumur

 

( Source : mémoire des hommes SGA )

 

Afin de mettre un visage sur ces relique, cette histoire, ce Héros,

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Le Sous Lieutenant Paul Salivet de Fouchecour, mort pour la France en 1914.

 

 

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      Le musée des Troupes de Marine est un établissement du ministère de la Défense.
       
      www.aamtdm.net
      Route de Bagnols-en-ForêtCalliès
      Tél. 04 94 40 81 75
      du 1er octobre au 31 mai : de 14h à 18h sauf mardi et samedi
      du 1er juin au 30 septembre : de 10h à 12h et de 14h à 18h sauf samedi
      Fermeture : le 25 décembre et le 1er janvier
      Entrée libre



      Mise à jour  : 13/09/2016 - Auteur : ASP NICOLAS/ DELPAT Ouvert depuis 1981, labellisé « Musée de France » depuis 2006, le musée des Troupes de Marine retrace quatre siècles d’histoire des marsouins, de 1622 à nos jours, à travers de nombreux objets, uniformes, emblèmes de soldats qui se sont notamment illustrés lors de la bataille de Bazeilles (engagement de la division bleue les 31 août et 1er septembre 1870). Les troupes de Marines ont marqué l’histoire militaire française et le musée est également pour elles un lieu de culture d’arme autant que de recueillement, notamment dans la crypte recueillant les reliques du marsouin inconnu de la division bleue.
           
      Mais le musée est également tourné vers le public et la recherche historique patrimoniale (colloques, conférences, journées d’études réunissant spécialistes, étudiants, etc., sont régulièrement organisés). Le rez-de-chaussée est dédié aux expositions temporaires régulières tandis que le premier étage regroupe les collections permanentes au travers de 17 sections thématico-chronologiques.


      Le Centre d’Histoire et d’Etudes des Troupes d’Outre-Mer (CHETOM), créé en 1996 et fondé sur les importantes ressources documentaires du musée, détient un fonds spécialisé de 12 000 livres et de 850 cartons d’archives (consultables sur place), ainsi que des fonds cartographiques et iconographiques et 500 fonds privés.Le centre est ouvert aux étudiants, aux chercheurs et au public (Une assistance méthodologique et archivistique est proposée. Les questions posées par courrier ou par email sont également traitées. 

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      Tarif : entrée gratuite.
      Contact : 04 94 40 81 75.
      Informations pratiques du CHETOM :
      Ouvert du mardi au jeudi sur rendez-vous, de 9h30 à 12h00 et de 14h00 à 17h00


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      ( Source : armée de terre )
      02.12.2018
      Le musée des troupes de marine recherche ses mécènes
      En 2022, les Troupes de marine célèbreront leurs 400 ans d’histoire. D'où l'ambition de disposer, à  cette date, d'un musée rénové, agrandi et modernisé. Depuis 1981, ce musée est installé à Fréjus.
      Le projet d’extension du musée des troupes de marine consiste à créer un espace modulable d’environ 400 m² (en plus de 790m2 actuels) qui serait dédié aux expositions temporaires et aux activités pédagogiques, ainsi que 220 m² de réserves répondant aux normes muséologiques de conservation préventive des œuvres.
      "Ce projet s’attache à maintenir intact le subtil équilibre qui caractérise aujourd’hui le musée des troupes de marine et qui en fait l’intérêt: un musée d’histoire formant des militaires et un musée militaire largement ouvert à la société civile", précise-t-on du côté de l'EMSOME, l'Etat-major spécialisé pour l'outre-mer et l'étranger commandé par le général Philippe Delbós, père de l'Arme.
      Le général Delbós a lancé un effort pour financer les travaux d'un coût total estimé à 4,8 millions d'euros. Il manque 2,1 millions pour boucler le budget.
      L'association des amis du musée des troupes de marine n'est pas en reste. Elle organise un grand gala le 13 avril 2019. Ce gala comprendra une "vente aux enchères" dont le but est de trouver des fonds pour le financement des travaux d'extension du musée des TDM. Un commissaire priseur animera la vente gracieusement. L'AAMTDM lance un appel au don de pièces de toute nature (insignes, tissu, coiffures, armes, documents, accessoires, tableaux, peintures...).
      Contacter les Amis du Musée des Troupes de Marine par mail amisdumusee@wanadoo.fr ou le président au 0647701555
       
      ( Source : Ligne de Défense )
       
    • Par Bouchon-Gras 49
      En cette fin de centenaire, rappelons nous du parcours de Jean CORENTIN, l'enfant soldat.
      Corentin Jean Carré né au Faouët le 9 janvier 1900 et mort le 18 mars 1918 à Verdun, est considéré comme le plus jeune poilu de France.

      En 1914, lorsqu’éclate le conflit, Jean-Corentin Carré n’est qu’un enfant du Faouët, un petit village du Morbihan, dans le centre de la Bretagne. Né en 1900 dans une famille modeste de journalier agricole, il se démarque par son intelligence et son esprit débrouillard. "C’était un élève brillant pour l’époque. Il a eu son certificat d’études à 12 ans avec les félicitations du jury et a ensuite été employé chez le percepteur", raconte Pierre Palaric, le président de l’association Mémoire du pays du Faouët, dont le propre père a côtoyé Jean-Corentin dans la cour de l’école communale.
      Lorsque le père de ce dernier est appelé à rejoindre le front, le fils veut aussi défendre sa patrie et en découdre avec les Allemands, mais il est alors beaucoup trop jeune. Sa demande d’engagement volontaire est refusée par le maire du village. Jean-Corentin Carré ne se laisse pas pour autant décourager. En avril 1915, il explique à sa famille qu’il veut embarquer pour l’Amérique du Sud, mais c’est en fait à Pau qu’il pose ses bagages. Toujours décidé à porter l’uniforme, il se présente au bureau de recrutement sous le faux nom d’Auguste Duthoy. Pour ne pas éveiller les soupçons, il déclare être né à Rumigny dans le département des Ardennes, alors occupé par l’armée allemande. Aucune vérification n’est donc possible. Malgré son visage enfantin, Jean-Corentin atteint son objectif. Il est incorporé au 410e Régiment d’infanterie à Rennes où il retrouve ses compatriotes bretons.

      Jean-Corentin Carré se démarque aussi très vite sur le front. Dans son carnet de route où il consigne son vécu dans les tranchées, dans le secteur du Mesnil-lès-Hurlus dans la Marne, il raconte ses premières reconnaissances en novembre 1915 : "Je sors tout seul, baïonnette au canon et cartouches dans les poches. Je traverse des tranchées démolies et pleines de cadavres que je suis obligé de piétiner. […] Je vois un Boche à cinquante mètres de moi courir dans la direction de ses lignes. Je tire, l’ombre continue à courir puis s’évanouit à mes yeux. […] Je rentre vivement et je vais rendre compte de ma mission au capitaine, qui me félicite." Remarqué par ses supérieurs, il est nommé caporal puis sergent. Il est même cité à l’ordre du corps d’armée et obtient la croix de guerre.
      Mais quelques jours avant son 17e anniversaire, le poids de sa fausse identité lui pèse trop et il décide de révéler la supercherie à son colonel par une lettre : "Je vous écris pour vous demander s’il me serait possible ayant l’âge réglementaire de reprendre mon véritable nom. […] Je ne suis pas plus patriote qu’un autre, mais je considère qu’un Français, lorsqu’il est assez fort pour faire un soldat, est un lâche s’il reste à l’arrière".

      Grâce à la bienveillance de son officier supérieur, Jean-Corentin Carré réintègre l’armée en février 1917, sous son vrai nom, et il est même promu adjudant. Désormais aguerri au combat dans les tranchées, le Breton souhaite rejoindre la prestigieuse aviation. Le petit paysan du Morbihan obtient son brevet de pilotage. "On l’a autorisé à entrer dans l’aviation comme récompense pour ses actions d’éclat. Il s’était fait remarquer en se portant toujours volontaire. Il a dû prendre le goût de l’aviation en voyant les combats aériens au-dessus de sa tête. Cela correspondait à ce qu’il voulait, prendre des risques mais pour lui seul. Il le disait, il voulait 'semer l’effroi et la terreur chez les boches'".

      Jean Corentin à bord de son avion d'entrainement.
        Mais le quotidien d’un pilote est encore plus dangereux que celui d’un "simple trouffion". La durée de vie des pilotes est à ce moment de seulement trois mois. Affecté à un avion d’observation Jean-Corentin Carré ne déroge pas à cette funèbre règle et périt lors d’une mission en 1918. "Adjudant Carré Jean-Corentin, du 410e régiment d'infanterie, pilote à l'escadrille SO 229 attaqué par trois avions ennemis, le 18 mars, s'est défendu énergiquement jusqu'à ce que son appareil soit abattu, l'entraînant dans une mort glorieuse", résume sa troisième et ultime citation.  
      Un héros national   En quelques mois, le petit écolier du Faouët devient un héros en Bretagne et dans toute la France. Deux biographies lui sont consacrées. À la demande du ministère de l’Instruction publique, une affiche est même réalisée en 1919 pour célébrer sa gloire dans les salles de classe.
       

       

      Les enfants des écoles rendant hommage aux jeune Jean Corentin CARRE dans la commune Bretonne du Faouet.

      ( Source : Wikipédia / France 24 )
       
      Pour les plus jeunes ( de 7 à 77 ans ) est sortie une BD sur ce jeune héros,



       
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