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J' ouvre ce nouveau sujet, afin de partager avec vous l' Histoire de la Marine et quelques grands marins contemporains, personnages illustres, connus ou méconnus du publique.

Je débuterai donc cette étude par Hubert AMYOT d' INVILLE.

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Hubert Amyot d'Inville est né le 1er août 1909 à Beauvais dans une famille de vieille noblesse de l'Oise.

Il fait ses études à l'Institution du Saint-Esprit à Beauvais.

Il entre en 1932 dans la Marine marchande à la compagnie Dreyfus.

En 1939, il est capitaine au long cours sur la ligne de Madagascar des Messageries maritimes.

En janvier 1940, enseigne de vaisseau de réserve, il est rappelé dans la Marine de guerre. Il reçoit le commandement du dragueur de mines La Trombe. Il prend part à la défense et à l'évacuation de Dunkerque, lorsque son bâtiment, assurant la garde des chenaux du port, est coulé.

Rescapé, Hubert Amyot d'Inville est cité à l'ordre de l'Armée. Il commande ensuite au moment de l'armistice une vedette lance-torpilles et rallie Londres pour s'engager dans les Forces navales françaises libres, le 1er juillet 1940.

Le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) est constitué sous le commandement du capitaine de corvette Détroyat, Hubert Amyot d'Inville devient son second.

amiotdinville.jpgLe commandant Amyot d' Inville et " Bob ".

Le Bataillon est embarqué sur le Westernland et participe l'opération de Dakar.

Après l'échec de Dakar, le Bataillon prend une part active au ralliement du Gabon avant de rejoindre Suez par le Cap puis Qastina en Palestine.

En juin 1941, Hubert Amyot d'Inville entre avec le 1er BFM en Syrie. Grièvement blessé devant Damas, le 17 juin, il prend, dès le mois d'août 1941, avec le grade de capitaine de corvette, le commandement du Bataillon, en remplacement de Détroyat, tué le 21 juin.

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Réorganisé en unité de DCA motorisée, le Bataillon est adjoint, fin 1941, à la 1ère Brigade française libre et part pour de longs mois dans le désert de Libye.

De février à juin 1942 à Bir-Hakeim, il en défend le ciel attaqué journellement par des raids de 80 à 100 avions, inflige des pertes sévères à l'ennemi et abat 7 avions.

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Le Bataillon entre en ligne à El Alamein en octobre 1942, puis prend part à la campagne de Tunisie au sein de la 1ère Division française libre.

Le 17 août 1943, grâce à l'arrivée de volontaires d'Afrique du Nord, le Bataillon devient le 1er Régiment de fusiliers marins (1er RFM) toujours commandé par le capitaine de corvette Amyot d'Inville. A partir d'avril 1944, celui que tous surnomme « l'amiral » participe brillamment à la campagne d'Italie où les fusiliers marins forment souvent l'avant-garde de la 1ère DFL. Faisant une nouvelle fois la preuve de son calme, il dirige ses escadrons avec la plus grande clairvoyance du 11 mai au 6 juin, en particulier à Pontecorvo et Tivoli.

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Au cours de ces combats le capitaine de frégate Amyot d'Inville trouve la mort en sautant sur une mine avec sa jeep, le 10 juin 1944 devant Montefiascone. Il a été inhumé au cimetière de Viterbe (Italie).

 

Jacques, le frère aîné d'Hubert Amyot d'Inville, officier du 3e REI, est tué au combat en Tunisie en avril 1943 ; Gérald, son frère cadet, prêtre résistant, meurt en déportation en janvier 1945. Le seul survivant des frères Amyot d'Inville est Guy, officier de cavalerie, fait prisonnier en 1940 et libéré en 1945


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 9 septembre 1942
• Croix de Guerre 39/45 (5 palmes)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafe "Bir-Hakeim"

( Source : Ordre de la Libération )

( Photos : Issus du livre de Patrick de Gmeline, Amyot d’Inville, quatre frères pour la France )

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Médaille de compagnon de l' Ordre de la Libération.

Le 1er Régiment de fusiliers marins

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Le 1er Bataillon de fusiliers marins

Le 5 juillet 1940, l'amiral Muselier, nommé par le général de Gaulle au commandement des Forces navales françaises libres, décide de constituer une unité de fusiliers marins. L'arrivée à Londres depuis la fin juin 40 d'instructeurs et d'élèves de l'Ecole des fusiliers marins de Lorient facilite cette décision. Parmi eux, le maître-fusilier Le Goffic qui apporte avec lui la fourragère du drapeau de Dixmude et les fusiliers Colmay, Le Sant, Guaffi, Rey, Frémeaux, Przybylski, Roger....

Malgré la faiblesse des effectifs et la nécessité de compléter au plus vite les équipages des navires ayant rallié la France libre, le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) prend corps, le 17 juillet, à bord du cuirassé Courbet à Portsmouth sous les ordres du lieutenant de vaisseau Détroyat. L'effectif est d'environ 250 hommes, officiers inclus, parmi lesquels les enseignes de vaisseau des Moutis, Amyot d'Inville, Touchaleaume, Le Bourgeois.

Après quelques semaines d'entraînement au camp d'Aldershot, le Bataillon embarque à Liverpool à destination de Dakar (opération Menace) dans le but de rallier l'Afrique occidentale française à la France libre. Après l'échec de cette tentative, le 1er BFM débarque à Douala au Cameroun avant de participer activement aux opérations de ralliement du Gabon et à la prise de Lambaréné en novembre 1940.

L'unité organise ensuite la défense de Port-Gentil et de Brazzaville au Congo, prenant en charge l'administration générale du secteur, la levée et l'instruction de troupes africaines pour la France libre. Le 23 avril 1941, au terme d'un long périple qui l'oblige à faire le tour de l'Afrique, le bataillon arrive au camp de Qastina en Palestine où se regroupent les forces terrestres françaises qui se préparent à entrer en Syrie aux côtés des forces britanniques. A partir du 13 juin, le 1er BFM prend part aux opérations jusqu'à la prise de Damas le 20. Le bilan est lourd : les pertes s'élèvent à 40% des effectifs engagés et le commandant Détroyat a été tué (le lieutenant de vaisseau des Moutis le remplace), Amyot d'Inville et Touchaleaume sont blessés.

Promu capitaine de corvette, Amyot d'Inville prend à son tour le commandement du Bataillon qu'il transforme en unité de DCA, équipé dans un premier temps de matériel récupéré en Syrie puis en canons Bofors. Le Bataillon est ainsi chargé de la défense aérienne de la 1ère Brigade française libre du général Koenig, intégrée à la VIIIe Armée britannique.

Le Bataillon participe à tous combats de la Brigade dans les déserts libyen et égyptien : Halfaya (janvier 1942), Bir-Hakeim (mai-juin 1942), El Alamein (octobre l942). À Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, au cours de quinze jours de combats ininterrompus, les fusiliers marins tirent 47 200 obus de DCA sur des avions ennemis, abattent 7 avions allemands et détruisent de nombreux véhicules de l'Afrika Korps. Après la sortie de vive force de Bir-Hakeim, le Bataillon est replié sur El Daba, puis envoyé au repos du Caire. Le 1er BFM reçoit une citation à l'ordre de l'armée alors que la croix de la Libération est attribuée à Hubert Amyot d'Inville et à l'enseigne de vaisseau Pierre Lehlé.

Fin octobre, le Bataillon, prend position à l'extrême sud de la ligne d'El Alamein avec la 1ère Division française libre chargée d'une attaque de "diversion" sur le massif de l'Himeimat qui lui fait face ; opération au cours de laquelle l'infanterie, aventurée dans un secteur où ni les canons antichars ni les blindés ne peuvent l'appuyer, subit le lourdes pertes. A l'issue de la bataille remportée par les Alliés, le Bataillon assure la couverture aérienne de la 1ère DFL au cours de la poursuite de l'Afrika Korps qui s'achève par la libération de la Tunisie en mai 1943.

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Le 1er Régiment de fusiliers marins

Le 24 septembre 1943, le 1er BFM, ses effectifs gonflés par des volontaires provenant de la marine d'Afrique du Nord (en particulier radios et mécaniciens), devient le 1er Régiment de fusiliers marins (1er RFM), unité blindée de reconnaissance de la 1ère DFL sous le commandement du capitaine de corvette Amyot d'Inville.

Rééquipé sur matériel américain, il comprend 885 hommes dont 30 officiers répartis en quatre escadrons de combat commandés respectivement par Barberot, Savary, Brasseur-Kermadec, Langlois puis Cadéac d'Arbaud et l'escadron hors rang par Sekutowitch.

Le 22 avril 1944, après un entraînement soutenu, le 1er RFM débarque à Naples au sein de la 1ère DFL, et s'insère dans le plan de bataille qui va, dès le 12 mai, entreprendre de rompre le front allemand qui barre toute l'Italie au sud de Rome. Après les violents combats sur le Garigliano, le RFM - qui est en avant garde de la Division sur trois axes - combat brillamment à Montefiascone et Radicofani. Il compte 61 tués dont Amyot d'Inville et 140 blessés.

Le 16 août 1944, sous le commandement du capitaine de corvette de Morsier, le Régiment débarque en Provence à Cavalaire, à la tête de la 1ère DFL. Après les combats pour la libération de Toulon et d'Hyères, l'unité remonte le Rhône, atteint Lyon évacuée par les troupes allemandes, puis Autun où l'escadron Savary entre après un dur accrochage au cours duquel cinq hommes sont tués et quatre blessés. Savary fait, à ce moment en Côte d'Or, la liaison avec des unités de la 2e DB (Leclerc) débarquée en Normandie. Le RFM poursuit son avance en direction des Vosges.

Le 27 septembre, l'escadron de chars mène l'attaque sur Clairegoutte avant de prendre Ronchamp le 8 octobre, puis Vescemont, Rougegoutte, Romagny et Rougemont-le Château le mois suivant. Se distinguent particulièrement dans ces opérations : l'enseigne de vaisseau Bokanowski, l'aspirant Vasseur et, aux côtés des marins, les hommes du 11e Cuir-Vercors qui ont été mis sous les ordres du 1er RFM.

Après la campagne Vosges, la 1ère DFL est envoyée sur le front de l'Atlantique pour réduire la poche de Royan, mais est rappelée d'urgence sur le front de l'Est pour faire face à l'offensive allemande de von Rundstedt en décembre 1944. En janvier 1945, les fusiliers marins se distinguent à nouveau en Alsace, à Herbsheim et Rossfeld, avant de poursuivre leur marche en avant victorieuse vers le Rhin. Retirée du front d'Alsace, la Division est affectée au détachement de l'armée des Alpes en avril 1945, dans le massif de l'Authion où le 1er escadron se distingue perdant dans l'offensive 5 officiers sur 6 et près de 50% des effectifs engagés

Entre octobre 1940 et mai 1945, l'ensemble 1er BFM / 1er RFM a perdu 195 hommes dont 12 officiers parmi lesquels 2 de ses commandants ; 200 croix de guerre, 70 médailles militaires, 32 Légion d'honneur et 31 croix de la Libération ont été décernés à ses hommes. Parmi ses morts, le matelot mécanicien GeorgesBrière, tué à Giromagny, été choisi pour reposer dans le caveau n° 8 de la crypte du Mémorial de la France combattante auMont Valérien, où il représente le sacrifice de tous les marins morts pour la Libération de la France.

Le drapeau du 1er RFM compte 5 citations à l'ordre l'armée obtenues pour 1939-1945 avec attribution de la croix de la Libération, de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre. En août 1945, le 1er RFM est remis à la disposition des autorités navales. Le drapeau, la mémoire et la tradition du 1er Régiment de fusiliers marins sont aujourd'hui confiés à l'Ecole des fusiliers de Lorient.

  • Croix de la Libération - décret du 12 juin 1945
  • Croix de Guerre 39/45 (5 palmes)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
 

 

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Le drapeau du 1er RFM qui est exposé au musée de l'Ordre de la Libération a une histoire particulière. Un premier drapeau a été remis à l'unité le 26 janvier 1944 au camp de Bou Ficha en Tunisie. Le lieutenant de vaisseau Barberot, également dessinateur de la maquette de l'insigne du 1er RFM, le juge inapproprié et décide de monter une expédition pour en faire réaliser un autre. Un marin part de Bou Ficha pour rallier Beyrouth, où il confie le dessin de Barberot et Le Bourgeois à des soeurs afin qu'elles confectionnent un nouveau drapeau. Sur ce drapeau, les couronnes de laurier et les initiales RF sont remplacées par des hippocampes (comme sur l'insigne qu'ils ont créé) et deux ancres entrecroisées. Ce drapeau a été celui du régiment pendant les campagnes d'Italie et de France. Le drapeau d'origine du 1er RFM a été confié à l'Ecole des fusiliers de Lorient (voir album).

Ce drapeau exposé au musée de l'Ordre de la Libération porte les noms de huit batailles où se sont illustrés la Brigade, puis le Bataillon de fusiliers marins pendant la Première Guerre mondiale, le 1er Régiment de fusiliers marins au cours de la Seconde (la Première et la Seconde Guerre mondiale étant séparées par une croix de Lorraine rouge) :
Dixmude (1914)
Yser (1914)
Longewaede (1917)
Hailles (1918)
Moulin de Laffaux (1918)

Bir-Hakeim (1942)
Garigliano (1944)
Montefiascone (1944)

Celui exposé à Lorient (voir album) porte en plus les inscriptions sur la partie bleue du drapeau : 
Toulon (1944)
Vosges (1944)
L'Ill (1945)

Sur la cravate du drapeau exposé au musée de l'ordre de la Libératio sont fixées les décorations suivantes :
la Croix de Compagnon de la Libération ;
la Croix de chevalier de la Légion d'honneur ;
la médaille militaire ; 
la Médaille de la Résistance ;
10 Croix de guerre 1939-1945 ;

ainsi que deux fourragères aux couleurs de la Légion d'honneur et de la médaille militaire. 

La présence de ces Croix de guerre 1939-1945 peut s'expliquer par le fait que les soeurs qui l'ont fabriqué à Beyrouth ne pouvaient pas se procurer de Croix de guerre 1914-1918. Elles ont donc remplacées les cinq Croix de guerre 1914-1918 qui devaient figurer sur le drapeau par des Croix de guerre 1939-1945. Chaque Croix de guerre correspondant à une citation et donc à l'une des inscriptions du drapeau. 

Sur la cravate du drapeau exposé à Lorient sont fixées les décorations suivantes :
la Croix de chevalier de la Légion d'honneur ;
la Croix de Compagnon de la Libération ;
la Croix de guerre 1914-1918, avec 6 citations à l'ordre de l'Armée ;
la Croix de guerre 1939-1945, avec 5 citations à l'ordre de l'Armée ;
la Médaille de la Résistance avec rosette, décernée le 31 mars 1947 ;
la médaille coloniale avec 4 agrafes (Libye, Tripolitaine, Tunisie 42/43, Extrême-Orient).
Le drapeau porte les fourragères aux couleurs de la Légion d'honneur (1914-1918) et de la Médaille militaire (1939-1945).

 

Auteur : Fabrice Bourrée
Sources : Musée de l'Ordre de la Libération

 

 

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Drapeau conservé à Lorient à l' école des fusiliers marins.

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Un autres marin resté dans l' Histoire le capitaine de frégate Honoré d' Estienne d' Orves, héros de la résistance. Issu d'une longue lignée de nobles provençaux, Honoré d'Estienne d'Orves e

Reprenons avec grand marin, l' amiral Pierre IEHLE. Pierre Iehlé est né le 27 août 1914 à Paris. Son père était ingénieur des Arts et Manufactures. Bachelier, il entre à l'Ecole navale

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Continuons l' étude par le commandant Jean l ' HERMINIER connu pour son commandement du sous marin Casabianca, un des rares bâtiments a s' être échappé de Toulon lors du sabordage de la flotte le 27 novembre 1942.

Jean L'Herminier, né le à Fort-de-France, mort le à Paris.

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Le commandant l' Herminier au périscope.

Jean L'Herminier est issu d'une famille de marins, après des études au Collège Stanislas de Paris, il entre à l’École navale en 1921. Il choisit de servir sur les sous-marins. En 1932, il est l'officier en second du sous-marin de 1 500 tonnes Persée ; le 26 septembre, il est grièvement blessé par l'explosion de ses moteurs.

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En 1921.

Il commande ensuite le sous-marin de 600 tonnes Orphée (1934), puis le sous-marin de 1 200 tonnes Morse (1936). En 1938, il devient officier de manœuvre sur le croiseur Montcalm.

Début de la Seconde Guerre mondiale

Officier de manœuvre à bord du croiseur de 7 600 tonnes Montcalm, en mai 1940, Jean L'Herminier participe à l’évacuation de Namsos (en), en Norvège. Après l'armistice, il reste loyal au gouvernement du Maréchal Pétain. En septembre 1940, toujours sur le Montcalm, il participe à la défense de Dakar contre l'opération Menace menée par les Britanniques et les Français libres. Il prend le commandement du sous-marin de 1 500 tonnes Sidi-Ferruch en novembre 1940.

Commandant du Casabianca

Tombé malade en janvier 1942, il est remplacé, puis est désigné commandant du sous-marin Casabianca, un autre 1 500 tonnes, basé à Toulon. Le , lorsque les troupes allemandes font irruption dans le port de Toulon, le Casabianca est « de relève », donc disponible au personnel et au matériel, contrairement aux unités « en gardiennage d'armistice ». Les bâtiments de combat de surface qui chauffent au mazout sont « bas les feux » et ne sont pas en mesure d'appareiller immédiatement : ils seront l'objet de l'opération de sabordage de la flotte menée pour ne pas les livrer intacts à l'occupant allemand. En revanche, les sous-marins, propulsés par des moteurs diesel, peuvent appareiller pratiquement sans délai. Jean L'Herminier choisit d'appareiller et de sortir de la rade, mais il est hésitant : doit-il saborder son sous-marin en eau profonde selon les ordres de l'amiral Darlan, ou bien rallier les alliés pour continuer la guerre contre les Allemands ? Après concertation avec ses officiers et son équipage qui veulent reprendre le combat, il décide de rejoindre Alger qui est sous contrôle des troupes anglo-américaines depuis l'opération Torch menée à partir du .

C'est à cette époque que sa sœur Jeanne L'Herminier entre dans la Résistance.

La libération de la Corse

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Article détaillé : Libération de la Corse.

À Alger, le Casabianca est affecté aux Services spéciaux de la Défense nationale. Il est placé en appui de la mission secrète Pearl Harbour, chargée de coordonner les premiers réseaux de résistance en Corse en vue d'un débarquement de troupes françaises. Il assure le soutien logistique permanent de ses quatre premiers agents (Toussaint et Pierre Griffi, Laurent Preziosi et Roger de Saule), notamment le ravitaillement des maquis en armes, puis du commandant Paulin Colonna d'Istria, chargé de la coordination militaire de la résistance pour le débarquement des forces spéciales.

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Jean L'Herminier est ainsi l'un des grands artisans de la libération de la Corse. Le , il débarque les premiers soldats français, 109 hommes du bataillon de Choc, à Ajaccio, première ville libérée de France métropolitaine. La libération de la Corse s'achève le par la libération de Bastia.

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La Casabianca est l' un des rares bâtiments de la Marine Nationale à arborer le " Joly Rogers ", le pavillon à tête de mort. Aujourd'hui encore le SNA Casabianca porte cet emblème.

 

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Les officiers du Casabianca ( le CF l' Herminier et le deuxième en partant de la droite ) et l' officier de liaison en 1943.

L'après-guerre

Promu capitaine de frégate en août 1943, Jean L'Herminier, qui a refusé, malgré la grave thrombose dont il était atteint, de débarquer avant la libération de la Corse, doit alors subir l'amputation des deux jambes. Capitaine de vaisseau en décembre 1945, soigné aux États-Unis d'août 1944 à juillet 1946, il reste maintenu en activité à titre exceptionnel et représente la Marine au Comité d'administration de l'Office national des anciens combattants (ONAC).

Jean L'Herminier a écrit deux livres de souvenirs : Casabianca et Entre ciel et mer.

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La cloche du Casabianca conservée par une association.

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Il meurt à Paris le , âgé de seulement de 51 ans. Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles (17e division).

 

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Le kiosque du Casabianca est conservé tel un monument à la gloire de la libération de la Corse. Il est exposé place St Nicolas à Bastia.

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http://museedelaresistanceenligne.org/media2393-Le-sous-marin-iCasabianca-i

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Aujourd'hui, je vous propose :  le capitaine de frégate Louis BLAISON, sont nom est lié au destin tragique du sous marin Surcouf, s' en était le commandant lorsqu' il coula.

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Georges Louis Nicolas Blaison

est né le 30 Juillet 1906 à Lapalisse (Allier (03))

 

C’est dans le quartier du Petit Paris à Lapalisse, ville où son père, Jean Baptiste Blaison, exerce les fonctions de receveur des contributions indirectes tandis que sa mère Marie Magdeleine Valloton s’occupe de son éducation ainsi que de celle de son frère Pierre de quelques années son ainé que Georges Louis Nicolas passe les six premières années de sa vie.

En 1912, son père est promu à Dijon et toute la famille part s’y installer. Sa grand-mère maternelle résidant à Saint Genis-Pouilly dans l’Ain, sa maison, située à 10 kms de Genève, devient le lieu de prédilection des vacances familiales, c’est là que Georges passe toutes ses vacances scolaires en s’adonnant au bricolage.

Il suit la classe préparatoire à l’Ecole Navale au lycée de Dijon, et intègre celle-ci le 30 septembre 1925. Deux ans après, en octobre 1927, promu enseigne de vaisseau de 2e classe, il embarque sur le croiseur cuirassé « Jeanne d’Arc » la première qui fait fonction d’école d’application.

Dés août 1928 et jusqu’à novembre 1929,  Georges, tout nouveau officier de marine, s’amarine d’abord sur le cuirassé « Lorraine » puis à bord du croiseur « Duquesne ».

Enseigne de vaisseau de 1re classe en octobre 1929, il est affecté sur l’aviso « Remiremont » qu’il ne quitte qu’en janvier 1931 pour les bancs de l’Ecole de navigation sous-marine à Toulon. Cette année là naîtra sa fille, Francine, fruit de l’union de Georges avec Thérèse Franchelli.

A sa sortie de l’école, en juin 1932, il fait ses premières plongées  sur le sous-marin "Requin" et en octobre de la même année  il est affecté sur sous-marin "Marsouin" en tant que commandement en second.

Deux ans plus tard, il rejoint la Flottille des sous-marins de la 1re région pour prendre le commandement du tout nouveau sous-marin «Agosta » qui commence ses essais en mer. Il est promu lieutenant de vaisseau en février 1935 et mène, avec succès, l’admission du sous- marin au service actif.

Il débarque en septembre 1937, pour devenir le pacha du sous-marin « Phénix » et enfin à partir du 20 juillet 1938, il se retrouve dans le kiosque du sous-marin "Sibylle".

En mars 1940, après neuf années passées dans les forces sous-marines, il redevient surfacier afin de participer à l'expédition en Norvège sur le navire auxiliaire  "Chantilly".

Il obtient une première citation ainsi que l'attribution de la Croix de guerre en se portant volontaire pour commander un groupe de chalutiers et en participant à l'évacuation de Fécamp.

En se ralliant au général De Gaulle, Il est le 139e français libre en Angleterre, ensuite il se retrouve dans les FNFL en cours de constitution. Il est nommé capitaine de corvette en octobre 1940 et s'occupe, sous les ordres du capitaine de frégate Ortoli, du réarmement du croiseur sous-marin "Surcouf", le plus grand sous-marin de son époque.

Le 1ér octobre 1941, promu au grade supérieur, il devient le plus jeune capitaine de frégate de toute la marine moderne et, huit jours après, il  prend le commandement du sous-marin « Surcouf » qui, en décembre, participe au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre.

Le 18 février 1942, Georges Blaison, alors âgé de 36 ans, disparaît avec tout son équipage dans la mer des Caraïbes, alors que le sous-marin "Surcouf" ralliait l'océan Pacifique.

Extrait d’une lettre, du 30 décembre 1940, écrite par Georges Blaison, à son épouse et sa fille :

«  Dieu nous demande des efforts qu’il n’avait pas demandé depuis longtemps, mais nous pouvons les supporter…. Si toutefois, j’étais un jour de combat, appelé par Dieu au grand repos de la mort, je partirais sans reproche, vous laissant tout au moins, je l’espère,  le souvenir d’un homme qui a tout fait, y compris le sacrifice conscient et généreusement consenti de sa vie, pour sauvegarder pour vous ces valeurs éternelles qui sont notre raison définitive de vivre. ».

 

( Source : auxmarins.net )

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Le 31 décembre 1926, le ministre de la Marine de l’époque, Georges Leygues, lança le projet de construire des sous-marins d’escadre (projet Q), dont les plans furent établis quelques années plus tôt. Il s’agit alors de concevoir des submersibles capables de chercher et et de détruire des forces navales ennemies en collaboration avec la flotte de surface et de mener une guerre de course contre des convois adverses, le tout en assurant les liaisons avec les colonies.

Au final, seul le croiseur sous-marin Surcouf verra le jour. Construit à Cherbourg, le bâtiment est lancé le 18 octobre 1929 et entre en service cinq ans plus tard, après que son existence a été remise en cause lors de la conférence de Londres portant sur le désarmement naval de janvier 1930.

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Et à l’époque, le Surcouf est le plus grand sous-marin du monde, avec 110 mètres de long pour 9 mètres de large et un déplacement en surface de 3.300 tonnes (4.320 tonnes en plongée). Propulsé par deux moteurs diesels de 3.800 cv, il est armé par 2 canons de 203 mm alimentés à 300 coups, 2 canons de 37 mm anti-aériens semi-automatiques, mitrailleuses de 8 mm alimentées par 16.000 cartouches et 10 tubes lance-torpilles. Qui plus est, il peut embarquer un hydravion MB 411 dans un compartiment étanche à l’arrière de son massif.

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Seulement, le Surcouf, fruit d’un programme ambitieux, s’est révélé fragile à l’usage. Et quand vient la campagne de France de mai-juin 1940, ce croiseur sous-marin est à quai, à Brest. Pour éviter qu’il ne tombe aux mains des troupes allemandes, il est envoyé tant bien que mal à Plymouth, en Angleterre.

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Visite du général de Gaulle sur le Surcouf alors à quai à Portsmouth.

Pour autant, l’équipage du Surcouf ne répond pas à l’appel à la résistance lancé par le général de Gaulle le 18 juin 1940. Le sous-marin sera alors arraisonné – non sans violence – par les Britanniques au cours de l’opération Catapult pour être ensuite remis aux Forces navales françaises libres (FNFL).

Le Surcouf, alors placé sous le commandement du capitaine de corvette auvergnat Blaison, est réarmé non sans difficulté avec le concours britannique. En avril 1941, au cours d’un entraînement dans la rivière Clyde, il est endommagé par un avion de la Luftwaffe à hauteur de Devonport. Par la suite, le sous-marin participe à des missions d’escorte dans l’océan Atlantique.

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L' état major du Surcouf en 1941.

Le 24 décembre 1941, il est l’un des acteurs du ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France Libre. Quelques semaines plus tard, il reçoit l’ordre de se mettre en route vers Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, alors que le Pacifique vient de s’embraser suite à l’agression japonaise sur Pearl Harbor et l’entrée en guerre des Etats-Unis.

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L' équipage du Surcouf.

Seulement, le Surcouf ne rejoindra jamais sa nouvelle zone d’opérations. Dans la nuit du 18 au 19 février, alors qu’il s’apprêtait à passer le canal de Panama, il sombre en mer des Caraïbes, avec 130 marins à son bord dont aucun ne survivra.

Les circonstances du naufrage de ce qui était le plus grand sous-marin du monde à l’époque restent floues, 70 ans après. Selon la version américaine, le Surcouf aurait été abordé par le cargo Thomson-Lykes, à 75 miles du canal de Panama. Le choc aurait ainsi provoqué sa perte.

Mais une autre hypothèse, d’origine française, avance que le Surcouf aurait été victime de la méprise d’un hydravion américain PBY Catalina, alors en mission anti-sous marine dans les parages.

De nos jours, le nom du corsaire malouin Surcouf a été donné à une frégate de type La Fayette (F-711) admise en service actif en 1997. De même qu’un aviso de la Marine nationale s’appelle « Commandant Blaison », en hommage à ce héros de la France Libre.


En savoir plus sur http://www.opex360.com/2012/02/19/il-y-a-70-ans-le-croiseur-sous-marin-surcouf-sombrait-en-mer-des-caraibes/#swwJhBoBbF99h678.99

 

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Plaque en souvenir de l' équipage du Surcouf à Cherbourg.

( Source : photos : musée de l' ordre de la Libération. )

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Un autres marin resté dans l' Histoire le capitaine de frégate Honoré d' Estienne d' Orves, héros de la résistance.

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Issu d'une longue lignée de nobles provençaux, Honoré d'Estienne d'Orves est né le 5 juin 1901 à Verrières le Buisson (Essonne). Son père, directeur de Société, meurt en 1926.

Après de bonnes études à Saint-Louis de Gonzague et à Louis-le-Grand, il choisit de préparer le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique qu'il réussit en 1921.

Sorti de Polytechnique en 1923, il intègre l'Ecole navale.

Enseigne de vaisseau de 2e classe en octobre 1923, il embarque comme élève sur la Jeanne d'Arc. Il est ensuite affecté au cuirassé Provence puis à différents bâtiments de la Royale.

Promu lieutenant de vaisseau en 1930 et chevalier de la Légion d'Honneur en 1935, il entre à l'Ecole de Guerre navale pour un an en décembre 1936.

Au moment où la guerre est déclarée en 1939, Honoré d'Estienne d'Orves sert à bord du Jaguar où il remplit les fonctions de sous-chef d'Etat-major de la 2e Flottille de torpilleurs en Méditerranée. En décembre 1939, il est officier d'ordonnance à bord du Duquesne, dans la Force "X" , de l'Amiral Godfroy.

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L'armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie.

Ne pouvant se faire à l'idée que sa patrie vaincue accepte la défaite, il constitue un groupe de marins et d'officiers, parmi lesquels Roger Barberot et André Patou, déterminés comme lui à continuer la lutte, prend le nom de "Chateauvieux" (du nom de l'une de ses aïeules) et entre en contact avec les autorités de la France libre.

Il quitte Aden avec son groupe et après un interminable voyage de deux mois autour de l'Afrique, rejoint le général de Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.

Malgré l’affaire de Mers el-Kebir, au cours de laquelle les Britanniques, soucieux de voir des unités de la Royale tomber dans les mains allemandes, bombardent une escadre française alors au mouillage dans ce port alégérien (près de 1.300 marins français tués), le lieutenant d’Estienne d’Orves choisit de continuer le combat à Londres, au sein des Forces françaises libres, qui se constituent autour du général de Gaulle.

Après avoir faussé compagnie à son unité et accompli un long périple le long des côtes africaines, commencé à Aden à bord du cargo armé Jeehangier, l’officier arrive à Londres en septembre 1940 et rencontre le général de Gaulle et l’amiral Muselier.


En savoir plus sur http://www.opex360.com/2011/08/29/a-la-memoire-du-commandant-honore-destienne-dorves-fusille-il-y-a-70-ans/#rcVRdypOH0ckacvl.99

Sur place, il rencontre l'amiral Muselier mais ne trouve pas d'emploi convenant à l'activité dont il déborde. Promu capitaine de corvette le 1er octobre 1940, le poste de chef du 2e Bureau de l'état-major des Forces navales françaises libres (FNFL) lui est offert ; il l'accepte et remplace le commandant Passy à la tête du SR de la France Libre en attendant mieux ; mais il ne tarde pas à solliciter la faveur de passer en France pour y organiser un réseau de renseignements.

Ayant convaincu le général de Gaulle, d'abord réticent, de monter une liaison avec la France et de développer et coordonner le réseau embryonnaire qui a pour nom de code Nemrod et qui a vu le jour à l'initiative de Jan Doornik et Maurice Barlierdès septembre 1940, il est affecté dans ce but à l'Amirauté britannique à partir du 15 décembre 1940.

Il embarque, à Newlyn, le 21 décembre 1940, sous le pseudonyme de "Jean-Pierre Girard", avec un radio télégraphiste, Georges Marty, sur un bateau de pêche, la Marie-Louise, à destination de Plogoff. Installé chez les Clément, à Chantenay-sur-Loire près de Nantes, parfaitement aidé dans ses déplacements par Maurice Barlier, il rayonne à travers toute la Bretagne et ne tarde pas à mettre sur pied l'organisation précise du réseau. Il transmet en outre des renseignements capitaux sur les défenses côtières allemandes, les sous-marins, les aérodromes et les dépôts d'essence de la région nantaise.

Du 6 au 19 janvier, il se rend à Paris pour organiser un second réseau. Il rencontre Jan Doornik et de nombreuses personnalités. De retour à Nantes, le 20 janvier, il se réinstalle chez les Clément. Ceux-ci ont mis leur maison à son entière disposition, et lui font part de leur inquiétude au sujet du comportement suspect de Marty. Honoré d'Estienne d'Orves décide alors de renvoyer son radio à l'occasion du prochain voyage à Londres. Mais il est déjà trop tard. Le 22, les Allemands envahissent la demeure. Après avoir résisté, d'Estienne d'Orves, le visage en sang, est menotté et conduit avec ses compagnons à Angers.

La trahison de Marty permet également aux Allemands d'arrêter Barlier, Doornik et l'ensemble du réseau, au total 26 personnes. Le 24 janvier, les inculpés sont dirigés sur Berlin puis brusquement ramenés à Paris, à la prison du Cherche-Midi. D'Estienne d'Orves, mis au cachot, est soumis à un régime particulièrement rigoureux. Son moral ne s'en ressent pas. Il trouve même le moyen de galvaniser l'énergie de ses compagnons.

Le procès commence le 13 mai. Prenant sur lui toute la responsabilité, il défend ses co-inculpés. Le 23, la Cour martiale rend son jugement. Le capitaine de frégate d'Estienne d'Orves et huit de ses camarades sont condamnés à mort et transférés à Fresnes.

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Cependant les condamnés ne sont pas immédiatement exécutés. Ce sursis peut s'expliquer par la volonté du général von Stülpnagel, commandant des forces d'occupation en France, de garder des otages pour une occasion spectaculaire7. Il est aussi possible qu'il ait été tenu compte de la forte émotion provoquée par la condamnation d'un officier de marine, au point de susciter l'intervention du gouvernement de Vichy auprès des autorités allemandes7. L'amiral Darlan, vice-président du Conseil, intervient, le , dans le cadre de ses tractations avec les Allemands concernant les Protocoles de Paris9, pour demander la grâce de d'Estienne d'Orves à l'amiral Canaris, en proposant en échange la fourniture de renseignements provenant du centre d'écoutes secret des Oudaïas (Rabat), afin que les Allemands soient informés sur les mouvements de la Marine britannique9 et le des militaires français, proches de la Résistance, sont arrêtés, dont André Beaufre, semble-t-il (selon Loustaunau-Lacau) sur instructions de Darlan.

Le , c'est l'entrée en guerre de l'URSS et le , le résistant communiste Pierre Georges, le futur colonel Fabien, abat l'aspirant d'intendance de la Kriegsmarine Alfons Moser au métro Barbès10,7. Le lendemain, les Allemands promulguent une ordonnance transformant les prisonniers français en otages7 et le général von Stülpnagel profite de l'occasion pour faire un exemple7.

En représailles, cent otages sont exécutés dont d’Estienne d’Orves le au Mont-Valérien, en compagnie de Maurice Barlier, sous-lieutenant FFL et de Jan Doornik, officier hollandais.

D’Estienne d’Orves a laissé un journal où il exalte sa foi patriotique et sa ferveur religieuse, ainsi que des lettres émouvantes à sa famille.

Ses enfants sont recueillis par des camarades de l'X, dont Jean Freysselinard, gendre du président Albert Lebrun, installé à Vizille (Isère)1.

Le conseiller juridique allemand Keyser prend sur lui d'aller à Berlin demander la grâce des condamnés. Vaine démarche. Le 28 août au soir arrive l'ordre de passer par les armes, dès le lendemain, les trois principaux responsables : d'Estienne d'Orves, Barlier et Doornik, les six autres bénéficiant de remises de peines.

L'exécution a lieu le lendemain, 29 août à l'aube, au Mont Valérien. Honoré d'Estienne d'Orves a été inhumé à Verrières le Buisson.

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• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 30 octobre 1944
• Officier du Ouissam Alaouite
• Officier de l'ordre "Pour la couronne" de Roumanie
• Officier du Mérite Militaire Bulgare
• Chevalier de l'Epi d'Or de Chine

 

( Source : Ordre de la Libération, Wikipedia et Zone militaire )

 

La vie épique de l’officier de marine Estienne d’Orves

 

Avant de rejoindre Charles de Gaulle à Londres en 1940, Honoré d’Estienne d’Orves a sillonné le monde à bord de bâtiments de la marine Nationale. Pour la première fois, ses carnets de voyage sont publiés.

 

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Il porte un chapeau mou, un costume trois-pièces, une élégante pochette mais ce qui frappe dans cette photo d’Honoré Estienne d’Orves, prise à Shangai en février 1927, c’est son air souriant, un tantinet goguenard, la clope au bec. Il est de ces personnalités qui ont traversé leur époque avec une élégance innée. Né en 1901, il fait partie d’une famille de lettrés. Sa tante a épousé André Maurois. Son cousin n’est autre qu’Antoine de Saint-Exupéry. Il l’encouragera à présenter à Gide son manuscrit « Courrier Sud ». Sa cousine se nomme Louise de Vilmorin. Adolescent, Estienne d’Orves visite toute l’Europe avec ses parents, le goût des voyages ne le quittera plus. Il rejoint l’Ecole Navale et embarque sur la Jeanne d’Arc en 1923. Les Etats-Unis, les Caraïbes, puis le Vietnam, la Chine, le Japon, le jeune homme ardent lecteur des poètes surréalistes cherche une harmonie avec le monde qui l’entoure. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, il effectuera plusieurs tours du monde comme officier de Marine et ne cessera d’écrire.

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Des textes restés inédits, presque secrets


Le lieutenant de vaisseau tient son journal de bord, avec des faits précis ou des impressions jetées à la hâte. Il écrit au fil de la plume avec un grand naturel, relatant ses rencontres, attentif aux autres, du modeste pêcheur à l’ambassadeur. S’il a sillonné la planète entière, Honoré Estienne d’Orves passera les derniers mois de sa vie entre les quatre murs d’une cellule de prison. Ayant rejoint le Général de Gaulle dès 1940, il tente de monter le premier réseau d’espionnage dans la France occupée. Dénoncé, il sera arrêté par les Allemands, torturé puis fusillé en 1941. Il deviendra un héros de la Résistance célébré par Aragon dans son poème « La rose et le réséda ». Ecrits au crayon sur de petits carnets, ses textes étaient restés inédits, presque secrets. Sa veuve les avait enfermés au fond d’une valise, les gardant comme des reliques précieuses. Aujourd’hui, les derniers descendants d’Estienne d’Orves ont accepté de publier ces carnets de voyage, présentés et annotés par Etienne de Montety, directeur du Figaro littéraire et biographe de l’auteur.


Je ne songe qu’à vivre, par Honoré Estienne d’Orves – Présentation d’Etienne de Montety. Editions Arthaud – Collection L’esprit voyageur.

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Autre résistant, le quartier maitre Bernard ANQUETIL.

 

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Le quartier maitre Bernard Anquetil, alias Lhermite.

Il a paru juste à l’O.E. Guillou, professeur à l’école des Bormettes, de donner le nom d’Anquetil à la promotion d’élèves de sa compagnie sortant le 1er octobre 1955. On ne saurait lire sans émotion le récit qui va suivre.
 

Le quartier-maître Anquetil Bernard, était embarqué au début de 1940 sur le sous-marin Ouessant, avant dernier-né de la série dite de 1.500 tx. Le bateau rentrait d’une campagne de six mois aux Antilles dans un état excellent, mais son tour d’entrer en carénage était malheureusement venu. Les augures consultés déclarèrent que cette bonne santé apparente ne présageait rien de bon pour la suite. Le bateau fut donc précipité dans le fin-fond de l’arsenal de Brest où son équipage fut convié à s’entraîner au maniement des clefs à molette de diverses tailles et à tous les jeux de démontage et d’équilibre qui agrémentent généralement un grand carénage.

En définitive, ce fut une épave coulée dans le lit de la Penfeld, bourrée de tronçons de tuyautage et de monceaux de pièces démontées que les Allemands trouvèrent à leur arrivée à Brest en juin 1940.

L’équipage fut emmené prisonnier dans l’Aisne, pour y participer aux saines distractions de la moisson et à divers travaux agricoles, cependant que les officiers étaient invités poliment, mais fermement à méditer, sous surveillance, à Brest, sur les inconvénients qu’il peut y avoir à perdre, comme venait de le dire un général français, sinon la guerre, du moins une bataille.

Tout naturellement, par osmose, en deux mois, équipage et officiers se trouvaient de nouveau rassemblés à Brest et ma foi, comme on ne savait plus que faire de ces gaillards encombrants, on en démobilisa une grande partie.

C’est ainsi que le quartier-maître Anquetil vint s’établir à Angers où il trouva un emploi. Les choses allaient donc, tant à Brest qu’à Angers, misérablement mais calmement pour une période aussi grave et troublée, lorsqu’un inconnu se présenta un beau soir de février 1941 chez l’auteur de ces lignes et lui « proposa la botte ».

Il s’agissait tout simplement de reprendre le combat, ledit combat devant consister en un espionnage aussi serré que possible des bâtiments allemands basés sur Brest au profit de l’amirauté britannique ; le cadre n’était d’ailleurs pas limitatif et n’excluait nullement toutes autres distractions raisonnables au gré de l’intéressé.

Après un échange de quelques paroles un peu hésitantes au début, assez vigoureuses ensuite, et généralement dépourvues de toute aménité, il fut convenu tout de même que l’on se reverrait. Une décision aussi grave ne pouvait être prise à la légère et méritait de la part du principal intéressé une consultation préalable de ses forces, du code de justice maritime (article 2,54 et suivants) et de sa conscience.

Le code révéla seulement la difficulté de trouver en ces temps troublés une honnête définition des mots Allié, ennemi, guerre, paix, trahison, espion. C’est l’éternelle question.

La conscience fit valoir la grande pitié du pauvre peuple peinant et geignant dans la tristesse, le besoin de dévouement à une cause – fût-elle perdue – que l’on retrouve encore chez de petites gens, le refus de désespérer, le désir ardent que la marine nationale fût représentée, si peu que ce fût dans une lutte que tout annonçait implacable, contre les bâtiments de guerre d’une nation ennemie, oui, ennemie : l’Allemagne. Une sorte de ténacité stupide et un certain esprit d’aventure firent le reste.

Bref l’inconnu qui allait s’appeler tour à tour Renault, Jean-Luc, Roulier, Raymond, Rémy, Morin, pour devenir plus tard le colonel Rémy, reçut avec des protestations d’amitié éternelle, une adhésion en règle sous la réserve expresse que la lutte qui s’engageait serait dirigée contre la Kriegsmarine, à l’exclusion de toute activité dirigée contre des Français, quels qu’ils fussent.

Avant de disparaître dans la nuit pluvieuse, il baptisa son néophyte du pseudonyme d’Hilarion et reçut en outre un mot d’introduction auprès du quartier-maître Anquetil dont la qualité de radio présentait brusquement un vif intérêt.

Anquetil (Bernard) consentit pour les mêmes raisons que son ancien officier, mais avec plus d’enthousiasme encore, car il était célibataire, à jouer un rôle dans l’honorable partie de cache-cache qui s’organisait. Un superbe poste émetteur, un peu volumineux toutefois, vint prendre place dans une maison de Saumur appartenant à des personnes discrètes, M. et Mme Combes et Anquetil fut invité à venir l’utiliser. En outre, un jeune homme de 18 ans, M. Paul Mauger, engagea ses jambes au service de la France et de Sa Majesté britannique et consentit à faire en qualité d’agent de liaison autant de kilomètres en chemin de fer, à pied ou en voiture qu’il en faudrait pour relier Brest à Saumur et à quelques bonnes villes de France.

Tout était donc en place, rodé, essayé, lorsque le 21 mars 1941, la division Scharnhorst-Gneisenau entra à Brest en plein jour, rentrant d’une croisière dans l’Atlantique.

Le Scharnhorst s’amarra au quai de La Ninon, le Gneisenau à l’ancien poste du Dunkerque. Hilarion, spectateur attentif de ces diverses manoeuvres, commença à trouver que la vie à Brest pouvait présenter un réel intérêt. Anquetil, ravitaillé en messages, se fit la même réflexion.

Peu de temps après eut lieu l’affaire du Bismarck. Anquetil avait fidèlement émis une information qui mettait en garde l’amirauté britannique contre la venue de ce bâtiment à Brest. Le 26 mai 1941, après la perte du Hood, la Royal Navy se rua aux trousses du Bismarck au cours d’une superbe partie de chasse dans l’Atlantique. Si l’attente parut longue, certainement, aux initiés de Londres, elle ne parut pas moins longue à ceux qui attendaient l’arrivée du navire à Brest, prévue pour le mercredi 29 mai. C’était le cas où jamais de répéter avec l’apôtre : « Quand bien même vous aurez eu le don de prophétie, que vous aurez cherché à en faire profiter vos amis, à quoi cela servira-t-il si vous n’êtes pas cru ? » Finalement, le Bismarck fut envoyé par le fond à 400 milles de Brest le 28 mai.

Mais le séjour des bâtiments de ligne à Brest se prolongeait au-delà de toute bienséance, et il en résultait de grandes misères pour le pauvre monde. Les escadrilles, exactement renseignées, s’acharnaient sur la ville et de braves gens qui n’avaient rien à voir dans cette bagarre privée entre avions et cuirassés tombaient comme des mouches, « Mille tomberont à ta droite, et dix mille à ta gauche ».

De son côté, Jean-Luc, homme entreprenant et d’une activité rare, étendait de plus en plus son affaire qui tombait dans le domaine du gigantisme. Ce développement entraînait pour Saumur et pour les nouveaux centres d’émission des succursales un volume de communications dont aurait pu se satisfaire un honnête bureau de poste de chef-lieu de canton. Ce n’était pas sans danger.

Vers le 10 juillet 1941, certains indices permirent de croire à l’appareillage proche d’un bâtiment de ligne.

Le 16 ou 17 juillet, Hilarion apprit qu’un grand bâtiment, le Scharnhorst, appareillerait sous une semaine. Deux jours plus tard Anquetil passa le message « Scharnhorst disponible stop. Appareillage prévu dans une semaine environ ».

Dans la nuit du 23 au 24, le Scharnhorst appareilla et Londres en fut prévenu. Le 24 juillet 1941, le premier raid de jour mené sur Brest par environ 50 forteresses volantes débuta à 13 h 30 (heure allemande). Le défilé des escadrilles commença à 6 ou 7.000 mètres d’altitude et se termina à 2.500 mètres. Plusieurs avions furent abattus. D’immenses gerbes de fumée, de débris, de poussière fusaient de la ville et de Lannion vers le ciel.

Le Gneisenau et le Prinz-Eugen, tapis dans leur bassin, étaient manifestement visés. Naturellement, ils ne furent pas touchés. Le 26 juillet le Scharnhorst rentrait à Brest à 20 noeuds ; il avait été rejoint et bombardé. Il avait reçu cinq bombes, il avait reçu une torpille. Il avait de la gîte et ses hublots de tribord arrière rasaient l’eau.

Le 26 fut expédié à Saumur un compte rendu succinct des avaries du Scharnhorst.

Le 29, Hilarion remit à Jean-Luc le message :

« Scharnhorst rentré à Brest le 25 juillet stop. Vitesse de route à son retour 20 noeuds environ stop. A reçu cinq bombes et une torpille stop. Gîte sur tribord (5° environ). Indisponibilité prévue trois à quatre mois ».

Il lui remit également un compte rendu plus détaillé des avaries du bâtiment et le compte rendu des résultats du bombardement du 24 juillet.

- Je suis un peu ennuyé, dit Anquetil à Jean-Luc, à son arrivée, j’ai vu hier une auto de repérage radio qui passait sur le pont. À midi, se trouvaient à mon restaurant des civils allemands.

- Eh bien ! Il faut arrêter les émissions.

- J’ai eu des renseignements. Il paraît que ces civils sont des ingénieurs qui sont venus pour une usine des environs.

- Écoutez, mon vieux, il est prudent de stopper. Vous avez beaucoup travaillé tous ces jours derniers. Il ne serait pas étonnant que l’ennemi se soit préoccupé de votre trafic, d’autant plus qu’il coïncidait avec l’affaire du Scharnhorst.

- Ses avaries sont graves ?

- Oui, il en a pour un bout de temps avant de pouvoir bouger, je vous apportais un télégramme pour en aviser nos amis, mais rien ne presse. je vais voir où je pourrais vous installer.

- Ecoutez, monsieur, fit Anquetil, je crois qu’il n’y a rien de bien sérieux. Donnez-moi le message, je le passerai demain matin à 10 heures. Tenez, voici des télégrammes qui sont arrivés pour vous.

Jean-Luc avait deux codes différents, l’un qui puisait ses clefs dans un livre qui était chez lui, à Nantes, l’autre, dans une édition courante dont il avait des exemplaires un peu partout.

Il traduisit l’indicatif des télégrammes, Ils ressortissaient au code de Nantes. Impossible de les déchiffrer.

- Vraiment, mon vieux, dit-il, vous croyez que vous pourrez passer ce télégramme sans inconvénient ?

- Oui, je vous assure. il n’est pas long.

Jean-Luc arriva à Nantes le soir après dîner et s’enferma chez lui avec Paul Mauger qui l’aidait à déchiffrer.

Le premier télégramme disait :

« Avez dangereusement dépassé la limite de sécurité, suspendez immédiatement toute émission. »

Malheureusement, l’émission du lendemain eut lieu. Paul Mauger, catapulté vers Saumur pour l’arrêter, survint à point nommé pour assister à l’extraction de M. et Mme Combes de leur domicile, et à leur acheminement sous escorte en lieu sûr (1).

Restait Anquetil. Des soldats enfonçaient sa porte. Il eut le réflexe de brûler les messages et de précipiter le poste émetteur par la fenêtre, ratant de justesse la petite bonne de la maison ; celle-ci fut cueillie à son tour et alla rejoindre ses patrons en prison, bien qu’elle n’eût été pour rien dans cette affaire.

Anquetil parut enfin, dûment encadré. Il se débattait et tenta de s’enfuir. Il n’avait pas fait 20 mètres qu’une balle l’abattait. Les soldats se jetèrent sur lui et le transportèrent inanimé dans une voiture.

Convenablement soigné à Angers, il guérit et fut transféré à Fresnes.

Il était sans illusion sur ce qui l’attendait. Le 15 octobre 1941, il comparut devant une cour martiale allemande et fut condamné à mort pour usage d’un poste émetteur de T.S.F. Ayant lu le jugement, le président du tribunal, après lui avoir rendu hommage, lui promit d’appuyer un recours en grâce s’il voulait révéler l’origine des messages qu’il avait émis et dont il avait refusé de dévoiler la teneur.

Il avait vingt-quatre heures pour se décider. Il dut être assailli par les doutes tumultueux de la dernière attente, l’impérieux besoin d’une justification de son sort, l’ardent désir de connaître son utilité, la soif d’une certitude. Tout ceci devait lui être refusé.

Mais trois mois d’une solitude désespérée l’avaient conduit sur les cimes élevées du dévouement à une grande cause, dans ces lieux généralement inaccessibles et sans retour, parce que l’âme y côtoie de trop près les mystérieuses limites du royaume de Dieu…

Ceux qui avaient échappé continueraient leur travail têtu et opiniâtre… Il ne dirait donc rien… Chacun avait fait son devoir et tout devait être bien ainsi…

Il fut exécuté le 24 octobre 1941, au soir, après avoir reçu les secours de la religion.

« Je te demande, écrivait-il à son père avant de marcher au poteau d’exécution, de n’avoir pas honte de moi ».

On demeure confondu par les extraordinaires lueurs que projette cette phrase sur une époque oubliée. C’est au contraire pour qu’un si grand honneur ne se perde pas que le quartier-maître Anquetil a été promu compagnon de la Libération et a fait l’objet d’une citation à l’ordre de l’armée de mer. Car, « de l’avis même des services alliés, les télégrammes qui ont pu être envoyés à Londres ont puissamment contribué à l’impossibilité pour les cuirassés Scharnhorst et Gneisenau ainsi que pour le croiseur Prinz-Eugen de quitter Brest pour effectuer dans l’Atlantique les croisières prévues par le commandement allemand qui auraient eu pour résultat de ravager les convois alliés ».

« L’amirauté britannique a été tenue au courant au jour le jour des préparatifs de départ de ces unités… Elle a tenu par un télégramme dont nous n’avons pas eu d’autres exemples durant tout le cours de l’existence de nos services à Londres à adresser toutes ses félicitations pour la valeur des renseignements obtenus ». (Lettre du 18 octobre 1944 au ministre de la Marine).

« It was largely due te these reports that certain large ennemy battleships were caught by allied aircraft in this port, and on another occasion information that arrangements were being made to receive a large battleship contributed to the success of the British Navy in intercepting the ship before she reached France ».

ANQUETIL Bernard, Q./M. Radio F.F.L.

Citation posthume à l’ordre de l’armée de mer, par décision 715 du président du G.P.R.F. du 11 mai 1945.

Motif :

Ex-Q./M. du sous-marin Ouessant passé à la Résistance en qualité de radiotélégraphiste d’un réseau de renseignements, a transmis plusieurs messages important ; a, en particulier, signalé l’appareillage prochain du Scharnhorst fin juillet 1941.

Arrêté et condamné à mort, a refusé de livrer les noms de ses chefs. Fusillé à Fresnes, en octobre 1941, a donné jusque dans la mort un beau témoignage de courage et un exemple de dévouement le plus par au succès des armes de la France.

(Croix de guerre avec Palme).

Nous devons cet article à l’obligeance de M. Paul-Jean Lucas, directeur du Journal « Cols Bleus ».

(1) M. Combes devait mourir en déportation en Allernagne le 31 octobre 1943. Mme Combes mourut à sa sortit de prison, en France le 1er octobre 1943.

Extrait de la Revue de la France Libre, n° 92, octobre 1956.

 

Et aussi : http://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-compagnons/22/bernard-anquetil

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Plaque commémorative à Saumur.

 

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Le premier maitre Jean François L' HER est un héros des combats de 1940 contre l' envahisseur Allemand.

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Jean-François L'Her est né le 24 janvier 1904 à Rumaout, Kerlouan (Nord-Finistère).
Il est le fils de François l'Her, cultivateur, âgé de trente trois ans et de Marie-Anne Tanguy, son épouse, ménagère, âgée de vingt neuf ans. Il se marie le 14 janvier 1929 à St Fregant (Nord-Finistère) avec Isabelle-Marie Broudin, couturière, née à Kerlouan le 22 juin 1910, fille de Corentin Broudin, décédé, et de Marie Anne Le Roy, cultivatrice à St Fregant.

Le 28 janvier 1920, il rentre à l'école des mousses sur le vaisseau l'Armorique, un voilier hors-service. Il gravit assez rapidement les échelons de la hiérarchie des équipages de la flotte et, le 1er octobre 1939, il est promu maître de manœuvre.

Il fut dans sa carrière en poste en Syrie, en Extrême-Orient, à Toulon, Brest puis Bizerte et finalement en janvier 1940, il est nommé Premier-maitre à la base aéronavale de Berck prés de Boulogne en tant que chef de service et capitaine d'armes.

Au début mai 1940, deux escadrilles y sont affectées : l'AB2 et l'AB4, douze Loire-Nieuport LN 401 pour la première (issue du Béarn, ailes repliables), et pour l'autre 12 Loire-Nieuport 411.

Le 10 mai 1940, les Allemands lancent leur grande offensive, 400 bombardiers sont chargés de détruire au sol par surprise le maximum d'avions français, de la Mer du Nord aux Vosges.

Ce jour-là, à l'aube, le terrain de Berck est le premier touché par des bombes de Heinkel 111. 4 hommes sont tués, un peu plus tard c'est au tour du hangar de Calais-Marck de voler en éclat, 7 avions détruits mais pas de victimes. Les hommes de la B.A.N. s'illustrent les 19 et 20 mai suivants, retardant l'avance des blindés du général Guderian.

Le 21 mai, la base menacée d'encerclement par l'ennemi, le Capitaine de Frégate NOMY (futur Chef d’État-major de la Marine) prit la décision de renvoyer à Calais tous les appareils disponibles des formations basées à Berck et, avec l'accord de l'autorité supérieure, d'évacuer lui-même sur Boulogne tous les services afin de rejoindre le nouveau point stratégique qui lui serait fixé.

Le Premier-maître L'HER participa avec une grande maîtrise à cette évacuation, cependant que les équipes techniques détruisaient le matériel non transportable et incendiaient les stocks d'essence, afin que les Allemands ne puissent en profiter.

Le 22 mai, au matin, à l'arrivée à Boulogne, où la situation est fort confuse, le Premier-maître L'Her reprend en main son personnel dispersé dans la B.A.N installée au casino de Boulogne. Le commandant Nomy prend provisoirement le commandement de la Marine à Boulogne, mais dans l'après-midi une vedette rapide amène de Cherbourg le capitaine de vaisseau de l’Estrange avec pour mission de réorganiser tout le secteur.

Le combat sera inégal, la zone de Boulogne étant encerclée par la 2.Pz. Division du General Rudolf Veiel, l’une des unités du 19ème Corps blindé de Guderian en personne.

Le personnel des différentes formations présentes à Boulogne est regroupé au fort de la Tour d'Ordre (Ou Tour d’Odre, en fait un lieu-dit), qui sert de sémaphore, et la défense s'y organise. Dés la matinée du 23 mai, la présence allemande se manifeste aux abords du fort et les premiers coups de feu sont échangés. L'équipage de la B.A.N de Berck, au milieu de ces troupes disparates, se fait remarquer pour sa discipline et sa cohésion sous les ordres du premier-maître L'HER.

Les entrées du fort sont barricadées en utilisant les véhicules mais le combat est inégal et, vers 15 h, des chars commencent à pénétrer dans la Tour d'Ordre. Un sous-officier allemand saute d'un char pour hisser la croix gammée. Le Premier-maître L'HER l'abat d'un coup de mousqueton et, aussitôt, une rafale de mitraillette l'abat à son tour.

Grièvement blessé et même partiellement paralysé, le Premier-maître L'Her fait preuve jusqu'à sa mort, le 24 mai 1940, d'un courage et d'un désintéressement exceptionnels. Quand le médecin veut panser ses plaies, il ne cesse de dire: « Capitaine, ne vous occupez pas de moi, je suis foutu, mais soignez les autres qui ont besoin de vous ».

Selon le général Guderian, les défenseurs de Boulogne auront bloqué toute une Division Panzer autour de la ville pendant 4 jours et contre toute attente.
 

 

Annexe 9 à l'ordre 519 P.M.N.I du 5 juin 1940 :

« L'amiral commandant les FM du nord inscrit d'office au tableau spécial de la légion d'honneur pour le grade de chevalier avec citation, le premier maître de manœuvre l'Her (à titre posthume) le 23 Mai 1940, alors que le fort de la tour d'ordre était à bout de résistance, les chars d'infanterie ennemis hissant les couleurs allemandes, a abattu au mousqueton le soldat ennemi hissant les couleurs allemandes.A été tué sur le champ, enterré à Boulogne, sa tombe doit être honorée comme le symbole de nos couleurs ».

Le premier maître L'Her fait partie, avec de nombreux autres combattants français, des symboles montrant que, non, l’Armée Française n’a pas fuit en 1940, qu’elle a fait face avec courage et détermination et que les raisons de la défaite sont à chercher ailleurs, a la Chancellerie de Berlin pour certaines et dans les salons parisiens pour les autres.

Décorations et honneurs :
Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, avril 1941
École de Maistrance, promotion P.M. L’Her : 1995
Aviso P.M. L’Her : mis à flot le 28 juin 1980 et admis au service actif le 1er octobre 1981. Basé à Toulon.

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Le patrouilleur hauturier ( ex aviso ) PM L' Her, basé à Brest.
Inauguration de la rue P.M. L’Her à Kerlouan

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( source : les dossiers histoquiz par Lionel Ladan et Daniel Laurent )

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Commandant des forces maritime de la France Libre l' amiral Émile MUSELIER.

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Emile Muselier est né le 17 avril 1882 à Marseille, où son père est inspecteur des Postes.

Il entre à l'Ecole navale de Brest en 1899 et en sort dans la même promotion que Darlan.

Le 5 octobre 1902 il est nommé aspirant de première classe.

Dès mars 1903 il fait sa première campagne en Extrême-Orient, et est promu enseigne de vaisseau en 1904.

De novembre 1906 à mars 1907, il est élève canonnier sur le croiseur la Couronne, puis, en 1909 il est affecté à des services à terre, notamment à Toulon.

En janvier 1911 il est instructeur des apprentis canonniers sur le vaisseau école Tourville.

Il est lieutenant de vaisseau en janvier 1912. En mars 1912 il embarque sur le Edgar Quinet et, en mai 1914, sur ce même bâtiment, il appartient à l'escadre internationale chargée du maintien de l'ordre en Adriatique. Il est envoyé en Albanie pour défendre le Prince Guillaume de Wied, roi d'Albanie.

De retour, après trois mois passés à Toulon, il repart en Adriatique pour combattre la flotte autrichienne.

En mars 1915 il est rapatrié sanitaire en France et demeure en convalescence à Pouilly-en-Auxois, mais dès le mois de mai il est volontaire pour rejoindre la brigade des fusiliers marins en Belgique et se bat sur l'Yser.

En août 1916, il est affecté au Ministère des Inventions, où il est président de la section Marine.

En avril 1918 il obtient son premier commandement véritable, sur l'aviso Scape, et est promu capitaine de corvette au mois de juillet de cette même année.

Pendant le mois de mars 1919 il défend le port de Marioupov, en mer d'Azov, contre les Bolcheviks et il est, en 1922, promu capitaine de frégate.

En décembre 1925 il obtient le commandement de l'Ouragan, un torpilleur.

Au mois de juillet 1926 il est nommé capitaine de vaisseau et commande successivement le cuirassé Ernest Renan en 1927, le Voltaire en 1930 et le Bretagne en 1931.

En 1933 le contre-amiral Muselier devient Major Général du port de Sidi-Abdalah en Tunisie. Là il crée des œuvres sociales comme "La Mie de Pain ".

D'août 1938 à décembre 1939 il assure à Marseille le commandement de la Marine et du secteur de défense de la ville, situation difficile car l'énorme trafic commercial du grand port relève de sa compétence.

Après avoir été promu vice-amiral, le 10 octobre 1939, il est mis à la retraite par mesure disciplinaire le 21 novembre, à la suite d'incidents l'ayant opposé à l'amiral Darlan.

En retraite il n'en est pas moins actif : il est, de décembre à mars 1939, au Levant comme journaliste, puis de mars à juin 1940, il travaille comme ingénieur adjoint aux établissements Hammelle, une société industrielle réquisitionnée par le Ministère de l'Air et de l'armement. Il est ensuite chargé de la destruction de matériels qui ne doivent pas tomber dans les mains de l'ennemi.

Le 14 juin 1940 les Allemands entrent dans Paris. Il gagne Marseille en 9 jours ralliant des troupes sur son chemin. Là, il embarque à bord du charbonnier anglais Cydonia en direction de Gibraltar, et lui fait traverser les champs de mines qu'il a lui-même fait poser. De là, il gagne Londres en hydravion. Il rallie à sa cause le chalutier Président Houduce, le cargo Rhin, l'Anadyr, des avions et des aviateurs.

C'est au soir du 30 juin 1940 que l'amiral Muselier entre en contact pour la première fois avec le général de Gaulle, qui le nomme "au commandement des forces maritimes françaises restées libres quelles qu'elles soient et quel que soit l'endroit où elles se trouvent " et à celui, provisoire, des forces aériennes, le 1er juillet 1940.

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L' amiral Muselier à son bureau avec ses officiers d' état major.

Le même jour, l'amiral Muselier rédige son propre appel, adressé aux marins et aux aviateurs. C'est lui qui, le 3 juillet, choisit comme emblème la Croix de Lorraine, en souvenir de son père d'origine Lorraine.

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L' emblème des Forces Navales de la France Libre, surnommé " perchoir " ou " cercueil ".

Il forme ensuite un embryon d'Etat-major avec le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu et l'enseigne de vaisseau Voisin.

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L' amiral Muselier décorant le quartier maitre Menez.

Le 4 septembre 1940 l'amiral Muselier s'envole pour Alexandrie afin de se rendre compte de la possibilité d'un coup d'état en Syrie.

Il est condamné, le 23 octobre 1940, par le Tribunal Maritime de Toulon, à la peine de mort et à la confiscation de ses biens.

Le 2 janvier 1941, alors qu'il rentre à son domicile londonien, l'amiral est appréhendé par des inspecteurs de Scotland Yard. Il se met en tenue civile ne voulant pas "ni pour lui, ni pour l'honneur anglais qu'un amiral français en tenue militaire soit vu entre deux policiers ".Sans être interrogé, il est conduit à la prison de Pentonville puis transféré à la prison de Brixton.

Le général de Gaulle est placé devant des lettres qui accablent l'amiral : il aurait communiqué à Vichy les plans de l'opération de Dakar, se serait, moyennant finances, attaché à faire obstacle au recrutement des marins pour la France Libre, et se préparerait à livrer à Vichy le sous-marin Surcouf. Ces documents sont des faux et, le 10 janvier 1941, l'amiral est libéré sur les instances du général de Gaulle, avec les excuses du gouvernement britannique.

Le 2 février 1941 l'amiral Muselier est déchu de la nationalité française par le Gouvernement de Vichy.

A la création du Comité national, il est nommé Commissaire national à la Marine et à l'Air.

Le 24 novembre 1941 il part de Greenock, en Ecosse, et arrive à Hvalfjord, en Islande, quatre jours plus tard, à bord du Lobélia. Il appareille ensuite à bord du Mimosa en direction de Reykjavik, puis de Terre Neuve, en vue du ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le 18 décembre le général de Gaulle intime l'ordre à l'amiral Muselier de rallier Saint-Pierre-et-Miquelon, ce qui est fait avec un franc succès, après un plébiscite le 24 décembre 1941.

Il rentre à Londres le 28 février 1942 et démissionne de son poste de Commissaire, suite au manquement, forcé, à sa parole envers les Etats Unis de ne pas intervenir dans ces territoires. Il souhaite toutefois conserver le commandement des FNFL ce que refuse le général de Gaulle.

Sa démission est acceptée le 4 mars 1942.

Le 6 mai 1943 l'amiral Muselier arrive à Alger.

Le 1er juin le général de Gaulle le nomme préfet de police d'Alger, il refuse le poste et accepte celui d'adjoint du commandant en chef civil et militaire de la ville, le général Giraud.

Entre 1944 et 1945 l'amiral Muselier témoigne dans plusieurs procès de collaborateurs.

En septembre 1944 le général de Gaulle le nomme Chef de la délégation navale aux Affaires allemandes.

En 1946 il est mis à la retraite.

Aux élections législatives de cette même année il se présente dans le second secteur de Paris, comme vice-président du Rassemblement des Gauches, c'est un échec et l'amiral se retire de la vie publique.

Il est ensuite, jusqu'en 1960, ingénieur conseil à la maison Laignel.

Il s'occupe également d'organisations d'anciens combattants, d'anciens fusiliers marins de la première guerre mondiale.

Président d'honneur de l'Union Franco Belge des Combattants de l'Yser et des Flandres, et Président de l'Association Nationale d'Entraide à la Vieillesse.

L'Amiral Muselier est décédé le 2 novembre 1965, à l'hôpital maritime de Toulon. Il est inhumé au cimetière Saint Pierre, à Marseille.



• Grand Officier de la Légion d'Honneur.
• Compagnon de la Libération - décret du 1er août 1941
• Croix de Guerre 1914-1918
• Croix de Guerre 1939-1945
• Croix de Guerre des TOE
• Médaille du Combattant Volontaire
• Chevalier de l'Ordre du Bain (GB)
• Commandeur de l'Ordre de Léopold de Belgique
• Officier du sauveur de Grèce
• Chevaliers de Saints Maurice et Lazare
• Commandeur de sainte Anne de Russie
• Mérite Militaire Italien
• Commandeur de l'Ordre Royal du Cambodge
• Officier du Trésor Sacré (Japon)
• Grand Cordon du Nicham Iftikhar

 

( Source : Ordre de la Libération )

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Grand marin, l' amiral Philippe AUBOYNEAU qui remplaça en 1942 l' amiral Muselier à la fonction de commandant des forces maritimes de la France Libre.

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Philippe Auboyneau est né le 9 novembre 1899 à Constantinople où son père était directeur de la Banque Ottomane.

A 17 ans et demi, en 1917, il entre à l'Ecole Navale et, de mars à novembre 1918, participe, comme enseigne de vaisseau, aux patrouilles en Manche à bord du torpilleur Typhon.

Les dix années suivantes, il sert au Moyen et Extrême Orient où il commande notamment l'Alidade, bâtiment hydrographe, puis la canonnière Doudart de Lagrée sur le Yang-tse Kiang.

Après un séjour en France au Ministère de la Marine, Philippe Auboyneau entre à l'Ecole de Guerre Navale et en sort sous-chef d'Etat-Major de la Flottille des Torpilleurs de l'Atlantique. Capitaine de corvette, il est ensuite nommé sous-chef d'Etat-Major des Forces Navales d'Extrême-Orient à Saigon où il se trouve au moment de la déclaration de guerre en 1939.

Il est alors chargé de plusieurs missions de liaison auprès des alliés britanniques.

Au moment de l'armistice, capitaine de frégate, il est officier de liaison sur le cuirassé britannique Warspite et joue un rôle important dans les négociations délicates entre l'amiral Cunningham et l'amiral Godfroy.

Il est le principal artisan du " Gentlemen Agreement " signé entre les deux amiraux qui règle la situation de l'escadre française d'Alexandrie. Mais, refusant la défaite, Philippe Auboyneau rallie Londres et les Forces Françaises Libres le 20 juillet 1940.

Après avoir réarmé le Triomphant, il commande ce croiseur léger dans le Pacifique. Après plusieurs missions en Atlantique, il est promu capitaine de vaisseau et nommé au commandement des Forces Navales Françaises Libres dans le Pacifique, toujours à bord du Triomphant.

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Le contre torpilleur Le Triomphant.

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Au moment de l'entrée en guerre du Japon, alors qu'il se trouve en Australie, il prend part à plusieurs opérations dans le Pacifique sud auprès de la flotte australienne. Il effectue en particulier un raid à proximité immédiate des bases occupées par la marine japonaise, afin d'évacuer les garnisons des îles Nauru et Ocean.

Rentré à Londres en avril 1942, le contre-amiral Auboyneau est nommé au commandement des Forces Navales Françaises Libres. Egalement Commissaire National à la Marine, il inspecte alors les unités navales françaises en Afrique Equatoriale, au Levant, à Djibouti et à Madagascar.

 

 

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L' amiral Auboyneau  rendant visite à l' enseigne de vaisseau Kieffert le 20 mai 1942 ( soit huit jours après avoir été nommé à la tête des FNFL ).

 

A l'issue des combats en Afrique du Nord, il est nommé Chef d'Etat-Major Général Adjoint de la Marine puis Major Général au moment de l'arrivée du Gouvernement Provisoire à Alger. Il est alors l'un des principaux artisans de la fusion entre les FNFL et la Marine d'Afrique du Nord.

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En déplacement ( Avion ) avec le général de Gaulle et son état major.

 

Il quitte bientôt ces fonctions pour prendre le commandement de la 3ème Division de Croiseurs, à la tête de laquelle il participe au débarquement de Provence en août 1944.

En 1945, vice-amiral, il commande les Forces Navales d'Extrême-Orient ; à ce titre, il transporte et soutient les troupes du général Leclerc dans le Sud-Annam et dirige l'opération de débarquement au Tonkin.

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l' amiral Auboyneau lors d' une tournée d' inspections en Indochine.

 

Membre du Conseil Supérieur de la Défense Nationale et Membre du Conseil Supérieur de la Marine, Philippe Auboyneau est nommé ensuite Inspecteur Général des Forces Maritimes et Aéronavales. Par la suite il retourne en Indochine pour commander à nouveau les Forces Maritimes d'Extrême-Orient

En 1955, il est nommé commandant en chef des Forces Maritimes Françaises en Méditerranée. Son dernier poste.

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Inspection des rangs en 1957.

 

Membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur.

L'Amiral Philippe Auboyneau est décédé à Paris, le 22 février 1961. Ses obsèques se sont déroulées en l'Eglise Saint-Louis-des-Invalides, en présence du général de Gaulle, Président de la République. Il a été inhumé à Marly-le-Roi dans les Yvelines.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945
• Croix de Guerre 1939-45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Commémorative de la Grande Guerre
• Médaille Commémorative de Syrie-Silicie
• Legion of Merit (USA)
• Commandeur de l'Ordre du Bain (GB)
• Chevalier de l'Ordre de la Couronne de Roumanie
• Croix de Guerre Roumaine
• Grand Officier de l'Ordre du Nicham Iftikar
• Officier de l'Ordre Royal du Cambodge

 

( Source : Ordre de la Libération )

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Souvenirs de l' amiral Auboyneau.

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Veste et casquette de l' amiral Auboyneau exposé au musée de l' Ordre de la Libération, aux Invalide à Paris.

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L' un des plus connu Philippe KIEFFER.

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 Philippe Kieffer est né le 24 octobre 1899 à Port-au-Prince (Haïti) d’un père alsacien professeur de mathématiques et d’une mère commerçante d’origine écossaise.

Il fait ses études primaires à Port-au-Prince avant d’entrer au collège à Jersey, chez les Jésuites. Revenu à Haïti à l’été 1916, il ne peut être rapatrié en France pour prendre part à la guerre et n’effectue pas de service militaire.

Il poursuit ses études par correspondance auprès d’une école de commerce, la Salle extension University de Chicago.

Devenu agent de change Philippe Kieffer est dans les années trente directeur adjoint de la banque nationale de la République d’Haïti et secrétaire de la chambre de commerce de Port-au-Prince.

Rentré en France en mars 1939, il est mobilisé dans l’armée de terre le 2 septembre 1939 avant de passer dans la marine comme matelot de 2e classe un mois plus tard. Quartier-maître secrétaire, il sert à l’état-major de l’amiral Nord à Dunkerque puis, breveté interprète en janvier 1940, rejoint l’état-major de Cherbourg.

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Le quartier maitre Kieffer.

 

Le 17 juin 1940, il rejoint Southampton à bord d’un chalutier. A Londres, il s'engage dans les Forces navales françaises libres, le jour de leur création, le 1er juillet 1940.

D’abord affecté sur le cuirassé Courbet, sa parfaite connaissance de l'anglais le fait rapidement nommer officier de liaison de l’état-major français de Portsmouth auprès des autorités britanniques ; il enseigne également l’anglais aux élèves de la première promotion de l’Ecole navale sur le bâtiment école Président Théodore Tissier.

Souhaitant une affectation plus active, il obtient de quitter son poste d'interprète en août 1941 et est envoyé en stage d'officier fusilier le mois suivant. Très bien noté par l'encadrement britannique, il persuade alors le vice-amiral Muselier de convaincre les Britanniques de constituer une unité de commandos de fusiliers marins de la France libre. Après de longues discussions, le principe est accepté.

Promu enseigne de vaisseau de 1ère classe en décembre 1941,

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L' enseigne de vaisseau de 1er classe Kieffer, présentant les commandos à l' amiral Auboyneau.

 

il prend à la même date le commandement d'une compagnie de fusilier marins commandos dont il assure lui-même le recrutement sur la base du volontariat. En avril 1942 la trentaine d'hommes ainsi recrutés suit le stage commando en Ecosse au camp d'Achnacarry puis un entraînement spécialisé pendant un an. Incorporée au n°10 Commando dès juillet 1942 la compagnie reste sous les ordres de Philippe Kieffer promu à la même date lieutenant de vaisseau.

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Le lieutenant de vaisseau Kieffer.

 

Une quinzaine d'hommes du commando Kieffer prennent part au raid du 19 août 1942 sur Dieppe.

Le 8 octobre 1943, le 1er Bataillon de fusiliers marins commandos (1er BFMC) est créé et la troupe française, composée de deux compagnies, est affectée à l'exécution de quelques raids nocturnes sur les côtes françaises occupées, en petits groupes, dans le cadre de la préparation au débarquement.

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Le général Giraud, serre la main du LV Kieffer, à sa droite l' EV Guy Vourch.

 

En 1944 les efforts du commandant Kieffer sont récompensés. Le 1er BFMC est rattaché à l'un des plus glorieux commandos anglais, le n° 4 (lieutenant-colonel Dawson), au sein de la 1st Special Service Brigade (Brigadier General Lord Lovat). Les hommes que Kieffer avait réunis et entraînés, allaient être les premiers Français à débarquer pour libérer la France.

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Le 6 juin, les 177 "Bérets verts" débarquent à Sword Beach et prennent pied à Ouistreham ; puis à Benouville, Amfreville et Bavant. Blessé le 6 juin, refusant de se laisser évacuer pendant deux jours, Kieffer retrouve son unité le 13 juillet, au moment où elle allait percer vers la Seine et Honfleur. Décidé à entrer à Paris avec les premiers, il prend une jeep, deux hommes, et fonce vers la capitale, à travers la Normandie à peine libérée. Il est le premier à entrer à Paris par Saint-Cloud ; quelques jours plus tard il a la fierté d'y faire défiler son unité.

Dans les combats de la libération, il a la douleur de perdre un de ses trois enfants, son fils de 18 ans qui, ayant rejoint un maquis est tué par les allemands en Ile-de-France.

En octobre 1944, le capitaine de corvette Kieffer, avec son bataillon - porté à l'effectif de trois compagnies - conduit son unité à l'attaque de Flessingue et de l’île de Walcheren, clé du port d'Anvers. Puis il participe à des raids sur les îles hollandaises occupées, toujours avec le n° 4 Commando britannique.

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Nommé délégué à l'Assemblée consultative provisoire en 1945 et conseiller général du Calvados (1945-1946), il est ensuite fonctionnaire international à l’Agence interalliée des réparations à Berlin en décembre 1947, puis, en 1951, à l'état-major des Forces interalliées (OTAN).

En 1954 il est nommé capitaine de frégate de réserve.

Philippe Kieffer est décédé le 20 novembre 1962 à Cormeilles en Parisis. Il est inhumé à Grandcamp-Maisy dans le Calvados.

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( Source : Ordre de la Libération )

Après la guerre

La guerre finie, Philippe Kieffer quitte l’armée avec le grade de capitaine de corvette et est élu conseiller général d'Isigny-sur-Mer (Calvados) en septembre 1945, sous l'étiquette France Combattante-MRP. Il en démissionne le après son échec aux élections législatives. Il est également conseiller municipal de Grandcamp-les-Bains (Calvados) où il possède une résidence, non loin des lieux du débarquement.

Membre de l'Assemblée consultative en 1945, il participe après la guerre à l'État-major des forces interalliées.

En 1950, il s'installe avec sa famille à Cormeilles-en-Parisis (actuel Val-d'Oise).

En 1954, il est promu capitaine de frégate de réserve.

En 1962, il est conseiller sur le film Le Jour le plus long.

http://www.ina.fr/video/I14143828

Atteint d'hémiplégie, il meurt cette même année dans sa maison de Cormeilles-en-Parisis et est inhumé à Grandcamp-les-Bains.

Son livre de souvenirs, Béret vert, paru en 1948, est un classique du genre

 

( Source : Wikipédia )

 

La création du commando Kieffer a été pronnoncée le par le président Nicolas Sarkozy lors des cérémonies commémorant la victoire du , exceptionnellement décentralisées sur la plage de Ouistreham, précisément là où les commandos Kieffer de la France libre avaient débarqué le . À cette occasion, le président de la République a remis symboliquement le fanion du nouveau commando au contre-amiral Marin Gillier.

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À sa formation en 2008, le commando Kieffer comportait moins de 30 hommes, en 2014 l'effectif supposé est de 70 hommes. Le commando Kieffer aurait deux rôles: celui d'assurer le commandement pour les opérations spéciales maritimes (structure de SOTG déployable) et de fournir des compétences technologiques ou à forte valeur ajoutée. Pour cela il dispose de Sections d'Appuis Spécialisés comprenant notamment des maîtres-chiens pour la recherche d’explosifs improvisés ou la cynotechnie offensive, des spécialistes du renseignement humain, d'experts dans la mise en œuvre de drones, de la guerre électronique et cyber, du déminage ou du combat en environnement NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique). Il est basé à Lorient. À la différence des autres unités, le commando Kieffer recrute et sélectionne certains de ces spécialistes dans la Marine Nationale ou dans les armées puis les forme pour en faire des opérateurs "Forces Spéciales".

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Son histoire est moins connu, le capitaine de vaisseau Jean Adolphe Roger BOUAN.

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Jean Adolphe Roger Bouan naît le 9 avril 1892 à Agen (Lot et Garonne) au foyer de François, George Bouan, employé et de son épouse Jeanne, Louise Labadie.

Après des études au lycée Bernard Palissy de sa ville natale, il entre à l’Ecole Navale en 1910 comme aspirant de marine. Enseigne de vaisseau de 2e classe à  Brest jusqu’en octobre 1912, il complète sa formation, comme le veut la tradition, sur le navire-école "Jeanne d’Arc" jusqu’en octobre 1913.

A l’issue de sa formation, en 1914, alors que la guerre a éclaté, il est affecté sur le cuirassé "Mirabeau" de la 1re escadre. Le 5 octobre 1915, il est promu enseigne de vaisseau de première classe et embarque à bord du contre-torpilleur "Voltigeur " en tant qu’officier en second jusqu’en mai 1916. Puis il occupe le poste d’officier de tir sur le croiseur cuirassé "Amiral Porthuau" qui croise sur les rives de la Syrie. La fin de la guerre le trouve à bord de l’aviso "Meuse" dans l’Atlantique.

 

Lieutenant de vaisseau en 1919, il est officier en second du sous-marin "René Audry" de l’escadrille de sous-marins de Bizerte. Il embarque par la suite sur "L’Astrée" et le "Sane" puis commande le sous-marin "Louis Dupetit-Thouars" de l’escadrille de Toulon. Ces affectations vont donner un tournant à sa carrière, il va se former dans ce domaine. Il n’hésite pas à se mettre en congés d’études pour suivre les cours de l’Ecole supérieure d’Electricité. En septembre 1922, il est nommé instructeur à l’Ecole de navigation sous-marine. Il rédige alors une véritable encyclopédie concernant les appareils électriques employés sur les sous-marins.

Commandant du sous-marin "Henri Fournier" à Toulon en 1923, membre de la commission d’études pratiques des sous-marins, il passe en 1925 au commandement du "Jean Roulier" et s’affirme comme un remarquable technicien; une brillante croisière dans l’Atlantique avec la 3e escadrille de sous-marins lui vaut un témoignage ministériel de satisfaction  et l’octroi de la Légion d’honneur.

Capitaine de corvette en janvier 1928, il est affecté au 3e bureau de l’Etat-major (section réparation et entraînement des sous-marins) et désigné pour suivre les travaux d’achèvement du "Vengeur" à Cherbourg. En 1930, en compagnie du "Redoutable" il assure le commandement d’une croisière d’endurance brillamment réussie.

La même année, il épouse le 6 août, Marie-Josèphe Depesseville dont il aura deux enfants.

 

Sous-chef d’Etat-major de la première région maritime de Cherbourg, il est promu capitaine de frégate en octobre 1932. A cette date, il figure sur le tableau de classement  pour recevoir la Légion d’honneur en tant qu’officier. En 1933, il est commandant en second du ravitailleur de sous-marins "Jules Verne", en 1934 il reçoit le commandement de la 4e escadrille de sous-marins à Brest, puis, en 1937 il est nommé chef d’Etat-major de la 1re flottille de sous-marins en méditerranée.

Promu capitaine de vaisseau en juillet 1938 alors qu’il est auditeur au Centre des hautes- études navales, il est alors affecté à l’Etat-major général.

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Le contre torpilleur Bison.

 

Le 14 octobre 1939, la deuxième guerre mondiale éclate, Roger Bouan reçoit le commandement du "Bison" et de la seconde division des contre-torpilleurs. Envoyé en mer de Norvège pour des missions d’escorte et de transport de troupes, le bâtiment essuie de violentes attaques menées par des escadrilles de stukas. Atteint par plusieurs bombes lors de l’évacuation de Namsos (Norvège), le bâtiment et son équipage se battent jusqu’aux dernières limites possibles, il disparaît avec 128 marins.

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Insigne du CT Bison.

 

( Source : http://auxmarins.net/node/6439 )

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Grand marin des Forces Navales de la France Libre ( FNFL ), Le capitaine de frégate Jean LEVASSEUR.

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Jean Levasseur est né le 22 novembre 1909 à Ismailia en Egypte.

Après avoir effectué son service militaire comme officier de réserve dans la Marine, Jean Levasseur entre en 1932 dans la Marine marchande et devient capitaine au long cours.

Rappelé à l'activité en 1936 sur des contre-torpilleurs comme enseigne de vaisseau pendant la guerre d'Espagne il reçoit, en août 1938, un témoignage de satisfaction pour avoir sauvé d'une mort certaine deux hommes du cargo français El Djem en flammes dans le port de Valence.

Le 15 décembre 1940, il rallie les Forces navales françaises libres à Aden.

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Parvenu en Angleterre le 26 février 1941, il est désigné comme officier en second du Bouclier sous les ordres du capitaine de corvette Birot.

Il assure le gardiennage du bâtiment lorsque le CC Birot prend le commandement du Mimosa le 1er mai 1941. Deux mois plus tard il est promu lieutenant de vaisseau et désigné à son tour pour le commandement de la corvette britannique Aconit avec laquelle, pendant plus de deux ans, il participe à l'escorte des convois de l'Atlantique Nord.

D'abord attaché aux Forces d'escorte de Terre-Neuve, l'Aconit effectue le 30 octobre 1941 sa première attaque contre un sous-marin et prend part, en décembre, à l'opération de ralliement à la France libre des îles de Saint-Pierre-et-Miquelon.

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En juin 1942, son bâtiment a l'occasion d'effectuer de nombreuses attaques pendant la traversée du convoi ONS.100 dont l'escorte après la disparition du Mimosa, ne comportait plus que quatre escorteurs.

En dix mois d'opérations, pendant cette première année de commandement de l'Aconit, le lieutenant de vaisseau Levasseur escorte 625 bâtiments, parcourt 40 000 milles et attaque 6 sous-marins.

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La corvette Aconit.

 

En septembre 1942 l'Aconit est rattaché aux Forces d'escorte de la Clyde (groupe B3).

Dans la nuit du 10 au 11 mars 1943, au cours de l'escorte du convoi HX.228, l'Aconit coule à l'abordage le sous-marin U.444, déjà éperonné par son chef d'escorte, le destroyer HMS Harvester, et repêche quatre prisonniers.

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Moins de douze heures après, se portant au secours de son chef d'escorte gravement avarié, l'Aconit coule un deuxième sous-marin, l'U.432 qu'il avait contraint à faire surface, et ramasse vingt hommes de son équipage. L'Aconit est alors le premier bâtiment des FNFL à capturer des prisonniers.

La corvette est reçue triomphalement à son retour à Greenock le 14 mars. Ce fait d'armes lui vaut une citation à l'Ordre des Forces françaises libres ainsi que la Croix de Guerre avec palme de vermeil, la Croix de la Libération et une nomination de Compagnon honoraire du Distinguished Service Order (DSO) britannique pour son commandant.

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La fanion est décoré de la Croix de la Libération (décret du 19 avril 1943), de la Croix de Guerre 1939-45 (3 palmes) et de la Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946). Des croix de Lorraine sont brodées aux quatre coins du fanion. 

 

Promu capitaine de corvette en août 1943, Jean Levasseur quitte l'Aconit en octobre 1943 et devient commandant de la corvette Roselys. Il prend, le 6 avril 1944, le commandement de la frégate La Surprise ; il participe avec elle au débarquement de Normandie et aux opérations de blocus des poches allemandes de l'Atlantique en avril et mai 1945.

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Le capitaine de corvette Levasseur, lors du débarquement de Normandie.

 

Au total, Jean Levasseur a parcouru 105 000 milles en opération et escorté 33 convois en Atlantique-Nord.

Il est désigné en juin 1945 pour faire partie du cabinet du ministre de la Marine puis, en septembre 1946, comme directeur des études de l'Ecole d'Application des Enseignes de Vaisseau à bord du croiseur Jeanne d'Arc.

C'est au cours d'un exercice naval que le capitaine de frégate Levasseur devait trouver la mort le 15 avril 1947, à la suite d'une explosion qui eut lieu au polygone de Gâvres, près de Lorient. Il est inhumé à Vatan (dans l'Indre).
 

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 avril 1943
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Officier du Mérite Maritime
• Médaille Commémorative 39/45
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Distinguished Service Order (GB)
• Croix de Guerre Tchécoslovaque
• Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc)

 

( Source : Ordre de la Libération )

 

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La frégate furtive Aconit qui conserve le souvenir et les traditions des combats du commandant Levasseur et de la corvette Aconit.

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Fanion de la frégate Aconit.

Le fond du fanion reprend le ruban de l' ordre des compagnon de la Libération, dont elle porte la médaille et la fourragère.

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Les marins de l' Aconit portent donc la fourragère de l' ordre de la Libération et la fourragère de la croix de guerre 39-45.

 

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Continuons le sujet avec le capitaine de frégate Gabriel DUCUING, officier de réserve.

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Officier de marine de réserve, fondateur de l’ACORAM, à l’origine de la création de la FAMMAC et de l’ACOMAR.
Combattant héroïque de 1914-1918 et de 1939-1940. Mort glorieusement devant l’ennemi, le 25 mai 1940, au cap Gris-Nez.
 

Le début d’une vie de marin

Gabriel, Auguste, Ferdinand Ducuing naît à Paris le 22 décembre 1885. Il est le fils d’un petit- cousin de Ferdinand Foch, qui se distinguera pendant la Première Guerre mondiale et deviendra en 1918, maréchal de France. Se destinant à la marine marchande, il embarque en 1904 comme pilotin sur le trois-mâts « Cérès ». Appelé pour effectuer son service militaire en 1907, il sert comme matelot à bord des cuirassés « Brennus » et «Bouvet ».
De retour au commerce, il est breveté lieutenant au long cours en 1908 et capitaine au long cours en 1911. Il navigue successivement sur plusieurs paquebots, tout en prenant le temps d’apprendre quatre langues étrangères et de préparer une licence en droit .

Le combattant de la Première Guerre mondiale

En juillet 1914, au début des hostilités, alors qu’il est second capitaine sur un paquebot, il décide de quitter la marine marchande pour s’engager dans les chasseurs à pied afin de participer à la défense du territoire national. Nommé sous-lieutenant en décembre, il ne peut supporter la vie statique des tranchées et passe dans l’aviation comme officier observateur d’abord, puis comme pilote breveté dès juillet 1915. A cette date, il revient dans la Marine avec une commission d’enseigne de vaisseau auxiliaire.

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Affecté à l’aviation maritime de Dunkerque puis de Venise (Italie), il se fait tout de suite remarquer par ses brillantes qualités d’entraîneur d’hommes. Après avoir effectué de nombreuses missions de reconnaissance et de bombardement, il est blessé en combat, cité à l’ordre des armées navales françaises et italiennes et fait chevalier de la couronne d’Italie. Promu enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve en juillet 1916 , il est désigné pour suivre une formation de pilote de chasse à Pau, où, malheureusement, un accident le rend inapte au pilotage.
Fait chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1917 (il a 32 ans), il est affecté de nouveau à Dunkerque comme officier en second du centre d’aviation maritime. Mais, trouvant ce poste insuffisamment « combattant », il se fait affecter en qualité d’observateur sur ballons et prend, le 1er octobre, le commandement du centre du Havre où il reste jusqu’en juillet 1918.
Promu lieutenant de vaisseau de réserve, il est alors détaché, en raison de sa formation de capitaine au long cours, comme officier de liaison auprès du sous-secrétaire d’État à la marine marchande jusqu’à sa démobilisation en avril 1919.

Son action pour les réserves

A la fin de la guerre il ne reprend pas la navigation et devient armateur. Marqué par ce conflit, il reste un officier de réserve particulièrement actif.
Au lendemain de la 1ère Guerre mondiale, le foisonnement des associations de réservistes est à la hauteur du drame qui vient de s’achever. La création, en 1922, de l’Union nationale des officiers de réserve (UNOR) tente de mettre un peu d’ordre dans ce nouveau paysage associatif. La voix de la Marine restant peu audible, voire inaudible, le LV(R) Ducuing, avec l’appui du délégué général de l’UNOR, réunit le 9 juillet 1925 quelques camarades pour former la 5ème commission de l’UNOR et rédiger les voeux des marins pour le congrès de Belfort. A l’issue de ce dernier il convoque l’assemblée générale constituante de l’Association centrale des officiers de réserve de l’Armée de mer. Ainsi nait en 1926 notre association, l’ACORAM, dont le LV(R) Ducuing est élu naturellement président. L’ACORAM s’affilie à l’UNOR.
Sur proposition du président Ducuing, la Marine crée en juin 1927 les centres d’instruction pour officiers de réserve, qui deviendront accessibles aux officiers mariniers à partir de 1931.
En avril 1928, ses éminents états de services lui valent d’être promu officier de la légion d’honneur.
En liaison avec l’Union des Marins Combattants (UMC) de Paris, il œuvre pour la création, le 23 février 1930, de la Fédération des Associations de Marins Anciens Combattants (FAMAC) qui deviendra la FAMMAC. C’est également sur son initiative qu’est crée l’Association Centrale des Officiers Mariniers de Réserve de l’Armée de Mer (ACOMAR).
A sa demande, la Marine crée en 1931 des cours de perfectionnement pour l’instruction des officiers mariniers de réserve.
Promu capitaine de corvette en avril 1932, il est normalement atteint par la limite d’âge en 1934. Toutefois, à sa demande, il est maintenu dans les réserves jusqu’en décembre 1942 (57 ans). Cette volonté scellera son destin.

Le combattant de 1939-1940

En septembre 1939, le commandant Ducuing prend le commandement de la batterie de D.C.A. de la Croix Faron à Toulon.

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Fort de la Croix Faron à Toulon et la stèle, hommage au commandant Ducuing.

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Fin janvier 1940, l’Amirauté est amenée, pour assurer la surveillance du libre passage le long du littoral du Pas- de- Calais, à mettre en place une batterie côtière au cap Gris-Nez. Pour l’organisation et le commandement de ce poste de défense il est fait appel au commandant Ducuing, lequel prend ses fonctions courant mars. Il a sous ses ordres trois officiers et une centaine d’hommes, ayant pour tout armement individuel, vingt fusils et six revolvers.
Le 22 mai, face à l’offensive allemande qui se précise, il organise avec les faibles moyens dont il dispose, un poste de résistance avancé dont il prend personnellement le commandement.
Le 24, alors qu’ils sont pratiquement encerclés, le commandant Ducuing et ses hommes détruisent entièrement une colonne allemande composée d’un peloton de side-cars, d’un char léger et de deux automitrailleuses. Dans la soirée, il refuse la reddition que lui proposent les Allemands.
Dans la nuit du 24 au 25, il organise l’évacuation par mer d’un groupe de marins rescapés du naufrage de leur bâtiment.
Le 25 mai 1940 à 09h00, les blindés ennemis ne sont plus qu’à 200 mètres du poste du cap Gris-Nez.
N’ayant plus de munitions, le commandant Ducuing fait détruire les canons et les mitrailleuses et donne l’ordre à ses hommes de se replier. Resté seul, il se dirige vers le mât de pavillon afin d’hisser les couleurs. C’est à cet instant précis qu’il est atteint par une rafale d’arme automatique.
C’est fini ! le capitaine de corvette Ducuing, ce grand rassembleur d’hommes, est mort, seul, glorieusement face à l’ennemi.

Le reconnaissance

Pour lui rendre hommage, la Marine faisant exception à la règle interdisant toute promotion à titre posthume, le nomme capitaine de frégate à compter du 24 mai 1940. Par ailleurs, son héroïsme est consacré par une brillante citation à l’ordre de l’armée.
En mai 1952, le secrétaire d’État à la Marine inaugure la stèle érigée au cap Gris-Nez à la mémoire du Commandant Ducuing et des marins tombés avec lui. Actuellement, un aviso de la Marine nationale porte son nom

 

( Source : ACORAM )

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Hommage des portes drapeaux autour la stèle érigée devant le cap Gris Nez.

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L' aviso devenu patrouilleur hauturier " Commandant Ducuing ", dont le port d' attache est Toulon.

 

UNOR = Union Nationale des Officiers de Réserve, devenu Union Nationale des Officiers de Réserve et des Organisations de Réservistes.

ACORAM = Association Centrale des Officiers de Réserve des Armées de Mer.

FAMMAC = Fédération des Associations de Marins et Marins Anciens Combattants.

ACOMAR = Association Centrale des Officiers Mariniers des Armées de Mer.

 

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Un peu plus anciens mais très connu le vice amiral Pierre Alexis RONARC' H.

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Pierre-Alexis Ronarc'h, né le 22 février 1865 à Quimper et décédé le 1er avril 1940 à Paris

À 15 ans et demi, il est admis à l'École navale. Il est lieutenant de vaisseau à 24 ans et il participe à la campagne de Chine en 1900 en tant que commandant en second d'un détachement français de 160 marins qui résiste à la révolte des boxers.

À 42 ans, il est le plus jeune capitaine de vaisseau de la marine française. En juin 1914, il accède au grade de contre-amiral et il est désigné comme commandant des fusiliers marins en cours de formation à Lorient. Il dirigera la brigade jusqu'à sa dissolution le 6 novembre 1915. Il est promu vice-amiral, puis chef d'état-major de la marine en 1919.

Le front de l'Yser en 1914 : la brigade Ronarc'h

Après sa constitution, la brigade de fusiliers marins monte à Paris, puis en octobre 1914 elle reçoit l'ordre de se transporter en Belgique pour assister l'armée belge assiégée à Anvers par l'armée allemande, puis aide à l'évacuation de la ville :

« Après la bataille de la Marne, les Allemands s'enterrent dans leurs tranchées ; ils y resteront quatre ans jusqu'à l'offensive victorieuse de 1918. Mais dans le Nord, le front n'est pas stabilisé, la guerre de mouvement continue : les Allemands sont à Lille alors que, dans la place forte d'Anvers l'armée belge tient encore ; l'ennemi peut déborder la gauche des lignes alliées, occuper les côtes de la Manche et couper l'Angleterre de la France ; il faut à tout prix l'arrêter, c'est la course à la mer. C'est alors qu'intervient la brigade Ronarc'h, formée pour la plupart de marins qui n'ont de fusiliers que le nom : réservistes du commerce et de la pêche, troupe robuste, disciplinée, habituée au climat marin, solidement encadrée par des officiers et officiers mariniers de l'active et de la réserve. Lancée en enfants perdus, la brigade est envoyée au secours d'Anvers, mais en cours de route, la place tombe et les Belges font retraite vers la mer: les 6 000 hommes de Ronarc'h se positionnent alors à Gand ; ils arrêtent les Allemands à Melle, en avant de cette ville, assez longtemps pour permettre la retraite de l'armée belge. Puis il faut décrocher ; alors commence à travers la Belgique une marche sans espoir, sans éclairage, sans ravitaillement. Elle réussit cependant contre toute espérance et le 15 octobre Ronarc'h reçoit l'ordre de s'arrêter sur l'Yser, à Dixmude et d'y tenir pendant une semaine. Il y tiendra pendant un mois, aux côtés des troupes françaises du général d'Urbal, des Belges et des Anglais contre les assauts furieux des Allemands : la course à la mer est gagnée. Dunkerque est sauvée et un lambeau de territoire belge préservé de l'invasion. »

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La brigade Ronarc'h participe donc jusqu'à la fin du mois d'octobre 1914 à une défense héroïque de Dixmude aux côtés de l'armée belge et en s'opposant à des troupes ennemies bien supérieures en nombre. La position devenant critique, l'armée belge décide d'inonder la région par les écluses, ce qu'elle parvient à faire. Dixmude tombe mais l'avance allemande est enrayée. Les pertes de la brigade Ronar'ch sont très importantes, de l'ordre de l'effectif initial, mais la mission est maintenue par les renforts d'effectifs.

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J' aime assez ce qui est détaillé mais souvent " oublié " des fusiliers marins, la brigade de l' amiral Ronarc'h était composée pour moitié de marins de toutes spécialités pris dans les depots de Cherbourg, Brest et Toulon, ainsi que des réservistes.

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Tenues de campagne de la brigade Ronarc'h lors de la campagne de 1914-18.

 

Les marins de la brigade Ronarc'h se battront sur le front de Belgique jusqu'à la dissolution de la brigade en novembre 1915. Quelques volontaires vont alors constituer un bataillon de fusiliers marins (850 hommes) qui se battra avec l'armée de terre jusqu'à la fin de la guerre notamment près du Chemin des Dames à Laffaux.

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La zone des Armées du Nord (ZAN) 1916-1919

Quand le front se stabilise en novembre 1914, les Allemands tentent plusieurs fois de percer les lignes. Les marines française et britannique le flanquent avec les moyens navals limités dont elles disposent (pour la Grande-Bretagne, il s'agit de la Dover Patrol de l'amiral Bacon, qui comprend quelques monitors portant de la grosse artillerie navale bien utile quand l'armée n'en a pas...). L'objectif premier de ces forces navales est de bloquer le Pas-de-Calais aux sous-marins allemands pour que les transports de troupes et de matériel de guerre venant de Grande-Bretagne puissent passer sans encombre. Les navires français dépendent initialement de la 2e escadre légère, puis du préfet maritime de Cherbourg. Rapidement, on s'aperçoit qu'il faut que le commandement soit rapproché de Dunkerque pour être efficace. Parallèlement, fin 1915, la marine a besoin d'armer une quantité énorme de petits navires (chalutiers, sloops, yachts, ...) pour lutter contre les U-Boots. La marine manque de monde. Pour récupérer du personnel, la brigade de fusiliers marins est dissoute, son personnel envoyé sur les bateaux, et Ronarc'h est libéré de ses fonctions. Ronarc'h passe ensuite quelque temps à la tête de la Direction centrale de la guerre sous-marine (il a, en 1909, beaucoup travaillé sur les mines et le dragage, qui constituent l'un des gros problèmes rencontrés près des côtes puis, en 1912, il a organisé les escadrilles de navires légers de l'armée navale, ce qui est au programme de la DCSM...). En mars 1916, c'est encore Ronarc'h qui est choisi, en raison de sa très bonne connaissance de l'armée et du général Foch qui commande les armées du Nord, pour devenir à Dunkerque le premier et unique commandant supérieur de la marine dans la "zone des Armées du Nord" (ZAN). Celle-ci s'étend sur la côte de Nieuport (Belgique) jusqu'à Antifer (nord du Havre). Il a grosso modo des prérogatives de préfet maritime pour la ZAN et y commande toutes les unités de la marine (sauf les canonniers marins, qui sont rattachés à l'artillerie lourde de l'armée à l'exception de ceux armant le front de mer de Nieuport).

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En juin 1918, devant l'offensive générale allemande, Dunkerque manque d'être évacuée, et son port détruit pour ne pouvoir être réutilisé. C'est en grande partie Ronarc'h, avec l'appui de son correspondant britannique Keyes (remplaçant de Bacon) qui évite que des mesures prématurées ne soient prises. Finalement, tout le monde restera à Dunkerque et les Allemands n'y rentreront pas. En octobre 1918, les armées alliées pénètrent profondément en Belgique évacuée par les troupes germaniques. Ronarc'h étend son rôle côtier jusqu'à la frontière hollandaise. Quelques jours plus tard, c'est l'armistice. Ronarc'h est chargé de la démobilisation des navires réquisitionnés pendant la guerre. Le 1er mai 1919, la marine dans la ZAN est dissoute. Le 17 mai, le vice-amiral Ronarc'h est nommé chef d'état-major général de la marine, poste qu'il occupe jusqu'en février 1920, où il est remplacé par le vice-amiral Henri Salaün (qui a fait l'essentiel de la guerre en tant que directeur général de la guerre sous-marine, dérivé du poste occupé plus tôt par Ronarc'h).

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L'amiral Ronarc'h est, semble-t-il, le seul amiral à avoir, avec ses fusiliers et un carré des équipages de la flotte, participé à Paris au grand défilé de la victoire du 14 juillet 1919, ce qui ne reflète qu'une part minime du rôle joué par la marine pendant la Grande Guerre, en particulier pendant les mois terribles du printemps 1917 marqués par les débuts de la guerre sous-marine sans restriction.

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Monument de Laffaux.

 

( Source : Wikipédia )

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Beaucoup moins connu que son oncle le vice amiral Pierre Jean RONARC' H.

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Pierre-Jean Ronarc'h est un marin français né le 26 novembre 1892 à Port-Louis (56) et mort le 5 décembre 1960 au Val-de-Grâce. Il est enterré à Port-Louis dans le Morbihan.

Il est entré à l'École navale en 1910. C'est le neveu de Pierre Alexis Ronarc'h commandant de la Brigade de fusiliers marins qui a combattu sur le front de l'Yser en 1914 et 1915.
En 1915, Pierre-Jean est affecté à la Brigade de fusiliers marins comme enseigne de vaisseau dans l'état-major de son oncle.

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L' oncle et le neveu durant la guerre 14-18.

 

Au cours de sa carrière, il est nommé Commandant en second du Strasbourg en 1937 puis Commandant du Montcalm avant de recevoir le commandement du Jean Bart en construction.

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L'« évasion » de Saint-Nazaire

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Ancre du Jean Bart, aujourd'hui à l'entrée du port de Saint-Nazaire.

La construction avait commencé en décembre 1936 aux Chantiers de Penhoët et aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Penhoët. Lorsque la guerre éclata, le Jean Bart se trouvait encore sur cale, dans la forme « Caquot », du nom de son concepteur13, qui recevra plus tard le nom de « forme Jean Bart ». Pour éviter les aléas d'un lancement et l'immobilisation prolongée d'une cale sèche, le cuirassé était assemblé sur un terre-plein, accolé à une forme de radoub, l'ensemble étant entouré d'une enceinte. Le le terre-plein fut inondé et un déplacement latéral plaça le Jean Bart dans la forme de radoub. La sortie définitive était alors prévue pour le 1er octobre14.

Dès le début de la bataille de France, l'Amirauté se préoccupa de mettre le navire hors de portée de la Luftwaffe. Le 18 mai, le capitaine de vaisseau Pierre-Jean Ronarc'h s'est sérieusement inquiété pour l'avenir de son bâtiment : « La nuit blanche que j'ai passée du 17 au 18 mai laisse dans ma mémoire une marque ineffaçable », déclarera-t-il. Devant l'avance allemande, la construction fut accélérée : du 22 mai au 19 juin, 3 500 ouvriers de l'arsenal ont travaillé au montage des chaudières, de l'appareil moteur et des transmissions. En l'espace d'un mois les chaudières, l'appareil moteur, deux groupes de turbodynamos, les transmissions intérieures indispensables, deux pompes pour étaler d'éventuelles voies d'eau, et une partie de l'armement furent montés. Deux hélices furent mises en place le 6 et le 7 juin. Le 11, trois chaudières étaient montées et allumées trois jours plus tard. La fermeture des doubles fonds a eu lieu le 17 et l'installation des pompes le 18. Le manque de temps empêcha de faire de véritables essais.

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L' équipage du Jean Bart.

La tranchée qui devait faire franchir au Jean Bart le plateau qui s'étendait au sud de la forme de radoub fut terminée à la hâte. La profondeur de dragage devait atteindre 9 mètres, sur 70 mètres de large ; cela forçait à attendre la grande marée du 18 au 22 juin pour sortir le bâtiment, ou à reporter l'opération au 3 juillet.

L'armement principal est limité à la tourelle avant ; on renonce au montage de la carapace de la tourelle 2, dont deux canons seulement sont arrivés à Saint-Nazaire. On ne réussit qu'à en embarquer un, sur un cargo, le Mécanicien Principal Lestin, qui, en route pour Casablanca, sera coulé par les Allemands, dans le golfe de Gascogne13. Les pièces secondaires se limitent à quatre affûts doubles de 13,2 mm, complétés par deux affûts doubles de 90 mm, livrés le 15 et installés le 18, et par deux affûts doubles de 37 mm et deux affûts quadruples de 13,2 mm montés de justesse quelques heures avant l'appareillage.

Le creusement du canal de sortie a été ralenti à cause d'un plateau rocheux, qui a forcé à se contenter d'une bande de 50 mètres et une profondeur de 8,50 mètres alors que le tirant d'eau du Jean Bart était de 8,10 mètres.

Le 18 juin au matin, avec l'arrivée des Allemands à Rennes, le commandant a reçu l'ordre de rallier Casablanca, et non plus la Clyde, comme prévu initialement, ou de saborder le bâtiment : le départ a été fixé pour la nuit suivante. Cinq remorqueurs ont été prévus pour participer à l'opération. Dans la journée, une colonne motorisée présumée allemande a été signalée sur la route de Nantes. Quatre blockhaus défendaient l'accès des chantiers. Le Jean-Bart disposait lui-même de moyens d'auto-défense, mais des équipes de sabotage, armées de masses et de chalumeaux ont pris place aux points névralgiques du navire. À 13 heures, l'équipage a été mis aux postes de combat, et à 15 heures, l'équipe de veille de la tour a observé la marche de la colonne, longue de 600 mètres. À 17 heures, les véhicules ont été identifiés comme britanniques15.

À la nuit, les manœuvres d'appareillage ont commencé. Un incident a éteint les chaudières et les turbodynamos se sont arrêtées, privant le Jean Bart d'énergie et de lumière. À 3 h 30, malgré tout, les remorqueurs ont commencé leur travail et fait tourner le bâtiment de 20 degrés sur la droite pour le mettre dans l'axe de la forme de radoub avant de l'engager dans le chenal. Dans la tranchée, les petites bouées étaient à peine visibles et le Jean Bart s'est échoué par l'avant sur la gauche, tandis que l'arrière reposait sur la berge ouest. Après trois quarts d'heure d'efforts, les remorqueurs ont réussi à dégager le navire, qui a fini par atteindre le chenal de la Loire aux premières heures de l'aube16.

À 4 h 40, trois bombardiers allemands se sont présentés sur tribord, à 1 000 mètres d'altitude. Une bombe de 100 kg a explosé entre les deux tourelles de 380, sans causer de dégâts significatifs — un trou de 20 centimètres et quelques cloisons soufflées. Des chasseurs français sont intervenus, d'abord pris pour des appareils allemands et accueillis par des tirs de DCA. À 6 h 30, le Jean Bart a été rejoint par deux torpilleurs d'escorte, Hardi et Mameluck, et à 11 heures, il s'est accosté au pétrolier Tarn pour ravitailler en eau et en mazout. À 18 heures, après avoir décliné la proposition de bâtiments britanniques de l'escorter en Angleterre, le cuirassé a fait route sur Casablanca17. Après de nouveaux incidents et prouesses techniques, comme le montage, en route à la mer, d'un compas gyroscopique, le Jean-Bart réussit à filer 24 nœuds et arriva dans le grand port marocain, le 22 à 17h18.

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Au Maroc, les moyens font totalement défaut pour en poursuivre l'achèvement. Son artillerie antiaérienne est débarquée, dans un premier temps, pour les affûts de 90 mm et de 37 mm, pour renforcer la Défense Contre Avions du port. Cependant pour son unique tourelle de 380 mm montée, on parvient à la mettre en état de tirer, avec une direction de tir « géodésique », en se coordonnant avec les stations côtières de Sidi Abderhamane et de Dar-bou-Azza, auxquelles le cuirassé est relié par radio et par téléphone. Les six coups d'« épreuve » réglementaires sont tirés en mai 1942. Le cuirassé met en service, en octobre, le dispositif de détection électro-magnétique, ancêtre français du radar. Il est rééquipé en artillerie antiaérienne : en novembre, sa Défense Contre Avions est constituée de cinq affûts doubles de 90 mm, deux affûts doubles de 37 mm Modèle 1933, un affût simple de 37 mm Modèle 1925, quatre affûts quadruples Hotchkiss de 13,2 mm, quatorze mitrailleuses Browning de 13,2 mm et une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm19.

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Il est nommé Contre-Amiral en 1941 à Casablanca. Il commande la Marine française au Maroc en 1942 et 1943.
Vice-Amiral en 1944, il a sous ses ordres les Forces Françaises en Méditerranée à la fin de la guerre et est Commandant de la Marine française en Algérie à partir de 1947.

En tant que commandant, son principal exploit a été réalisé au début de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, il parvient à sauver le cuirassé Jean Bart dont la construction s'achevait. Les allemands sont arrivés à Saint-Nazaire quelques heures seulement après le départ du bâtiment. Le cuirassé rencontre quelques difficultés pour sortir du port, puis il est rejoint par d'autres bâtiments qui l'escortent, il subit encore quelques bombardements allemands, puis après quelques incidents en haute mer, il parvient à Casablanca au Maroc le 22 juin 1940 et il y restera jusqu'à l'arrivée des Américains qui le mettront hors de combat après avoir subi ses salves.

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Un des canon du Jean Bars, exposé de nos jours dans la Base Navale de Brest.

 

( Source : Wikipédia et Cols Bleus )

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Son nom fut donné à l' un des commandos de la Marine, l' enseigne de vaisseau Alain de PENFENTENYO.

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Né le 28 octobre 1921 à Larcan (Haute Garonne), il est le fils du vice-amiral de Penfentenyo de Kervéréguin (préfet maritime à Lorient en 1940 et défenseur de la place lors de l'arrivée des troupes allemandes (combats des Cinq-chemins à Guidel.).

Alain, Henri, Georges, Marie de Penfentenyo de Kervéréguin entre à l'Ecole Navale en 1939.

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En septembre 1940, après promotion au grade d'enseigne de vaisseau de 2ème classe, il est affecté sur l'aviso La Boudeuse, puis le 1er septembre 1941, au croiseur léger Le Terrible jusqu'en novembre 1943.

Pendant six mois, il est ensuite instructeur au Centre Siroco des fusiliers-marins, puis est nommé officier en second de l'escorteur Tirailleur. A son débarquement en janvier 1946, il est envoyé en Indochine où il reçoit le commandement d'une section de LCVP (Landing Craft Vehicle & Personnel) à Saïgon. Au cours d'une patrouille offensive sur le Donaï, il est blessé mortellement le 12 février 1946. ( A 25 ans )

Le 27 août 1946, de Penfentenyo est nommé chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume.
"Officier volontaire pour des missions périlleuses. Mortellement blessé le 12 février 1946 par des armes automatiques soutenues de mortiers aux environs du village de Thien-Quan, alors qu'il remontait le Dong-Naï. Après une énergique riposte de ses moyens de feu, et quoique perdant beaucoup de sang et souffrant visiblement, a continué à assurer la manoeuvre de ses LCVP qu'il a ramené au poste de Tan-Huyen.
A fait preuve d'un cran remarquable. Figure noble et magnifique incarnant les qualités de l'officier français
".


(Source : Notice Biographique SHM - Dossier individuel conservé au Service Historique de la Marine à Vincennes sous la cote CC7 4ème Moderne 1012/1 - Remerciement EV Eric Micaelli, Karine Leboucq - photos SHM Vincennes)

 

( Source : Soldat de France )

 

Le 12 février 1946, lors d'une opération de nettoyage d'îlots de résistance sur le fleuve Donaï près du village Thien-Quan, Alain et ses hommes patrouillent le long du fleuve à bord de leur LCVP. Pris sous un feu d'armes automatiques, soutenu par des mortiers, Alain de Penfentenyo donne l'ordre de riposter avec ses moyens de feu. Blessé à la jambe et perdant beaucoup de sang, il continue d'assurer la manœuvre de son LCVP qu'il ramène au poste de Tan-Yen en faisant preuve d'un grand courage. On lui pose un garrot, avant de l'évacuer vers Saïgon mais il meurt durant son transfert.

Il est inhumé au cimetière de la rue Massiges, à Saïgon, au côté du capitaine de frégate Jaubert et de l'enseigne de vaisseau Ichon, morts pour la France les 26 et 28 janvier 1946.

 

( Source : Aux Marins )

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Le Commando de Penfentenyo est créé en décembre 1947 et porte le nom de l’enseigne de vaisseau Alain de Penfentenyo de Kervereguen. Né le 28 octobre 1921 à Montpezat, Alain de Penfentenyo rentre à l’école navale en 1939. Après différents embarquements lors de la seconde guerre mondiale, il rejoint à sa demande les Forces Maritimes d’Extrême Orient en 1945. Il est affecté à la Flottille Fluviale d’Extrême Orient le 03 janvier 1946. Le 12 février de la même année, il est mortellement touché lors d’une opération de nettoyage d’îlots de résistance Vietminh sur le fleuve Donaï.

Le Commando de Penfentenyo est embarqué dès sa création sur le croiseur Richelieu puis sur le Georges Leygues. Il reste en métropole à la base aéronavale de Saint Raphaël durant le reste de la guerre d’Indochine comme commando d’instruction.

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En 1952, il participe aux opérations de maintien de l’ordre en Tunisie, à Bizerte et Sfax. Regroupé avec les autres commandos lors de la création du Corps Amphibie de la marine, le Commando de Penfentenyo est mis à la disposition du commandant de la marine au Maroc entre les mois d’août et novembre 1955, et participe à différentes opérations de maintien de l’ordre.

En 1956, il débarque à Port Saïd et occupe Port Fouad lors de la réaction franco-britannique à la nationalisation du canal de Suez par les égyptiens. Cette même année, il gagne l’Algérie.

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En Algérie, il s’installe dans la région de Collo, puis d’Herbillon où il effectue des opérations de ratissage et de nettoyage dans les secteurs tenus par l’armée de terre. Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Materre puis du lieutenant de Rogron, le Commando est placé sous l’autorité du contre amiral Ponchardier. Il opère alors dans les régions de Nemours, Sefra, Aflou, Frenda, Geryville, Thiersville, Sassel et Oran. Les opérations menées jusqu’à la fin du conflit, souvent en collaboration avec la DBFM, se composent principalement d’embuscades, déploiements héliportés, ratissages et fouilles.

En février 1960 le Commando participe à l’opération « Sauterelle » où l’un des plus importants chefs rebelles du FLN, Zakaria, trouve la mort. La même année le Commando revient en Métropole sur la base de l’ETAP à Pau pour être breveté parachutiste le 3 juin et retourne en Algérie à bord du porte-avions Dixmude le 10 juin suivant.

Il s’installe alors au Fort Peyras jusqu’en juillet 1969 avant de rentrer en France pour rejoindre à Lorient les autres commandos de la marine.

Le commando participe alors à la plupart des opérations où les éléments du Groupement des Fusiliers Marins et Commandos sont engagés. Cela est notamment le cas à Djibouti en 1975, au Tchad en 1978, à Beyrouth pour le désengagement de la FMSB en 1984 et à Sarajevo en 1992 pour la réouverture de l’aéroport et la protection des personnalités de passage. En 1993, il participe aux missions Sharpguard et Balbuzard de contrôle de l’embargo en ex-Yougoslavie, début d’une longue période de présence dans les Balkans qui perdurera jusqu’en 2003 au Kossovo.

La dernière décennie est marquée par l’engagement croissant du commando dans les opérations du commandement des opérations spéciales, mais également dans des opérations aéromaritimes. Tous ces engagements opérationnels récents démontrent eux aussi la valeur militaire du commando et celle des hommes qui le composent.


Sources : © Marine nationale

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http://www.defense.gouv.fr/marine/magazine/commander-principes-et-realites/freres-d-armes

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Restons chez les commandos avec le capitaine Charles TREPEL.

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Né le 21 septembre 1908 à Odessa, sa famille quitte la Russie au moment de la révolution bolchevique, et s'installe en Allemagne. Le jeune Charles y fera de solides études, qu'il termine en 1931, avec un diplôme d'Ingénieur-Electricien. Témoin de la montée du nazisme, il décide de gagner la France, où l'une de ses tantes est déjà établie. Ayant sollicité la naturalisation française, il doit effectuer son service militaire, qu'il termine à la suite d'un stage qui l'élève au grade de Sous-Lieutenant d'Artillerie de Réserve.

Rendu à la vie civile, il commence par une activité commerciale, puis entre à la Direction des Éditions de Livres d'Art "Gründ". Mobilisé dès septembre 1939, il est élevé au grade de Lieutenant. Il est démobilisé après l'Armistice de 1940, regagne Paris et décide aussitôt de tenter de rejoindre l'Angleterre. Il passe la frontière des Pyrénées le 27 juillet 1941, mais, fait prisonnier, il s'évade et se retrouve à Barcelone où il parvient à embarquer sur un cargo grec qui le mène à Gibraltar. De là il gagne l'Angleterre, où dès le 24 octobre 1941 il signe un engagement aux FFL. Il est envoyé dans un camp de l'Armée de terre, mais cette vie oisive ne le satisfait guère. En mars 1942, il prend contact avec les Opérations Combinées et obtient un détachement pour suivre un training commando au Camp d'Achnacarry, en Écosse, lequel s'ouvrira désormais aux volontaires étrangers.

A la fin de son training, il assistera à l'arrivée du Lieutenant Interprète et du Chiffre Philippe " " " " , accompagné du Lieutenant des Équipages Francis Vourc'h et de vingt-quatre volontaires. Dûment breveté, Trépel est présent lors de l'inspection de l'Amiral Auboyneau. Premier français breveté Commando britannique, il va décider de se joindre à la troupe de " " " " , en qualité d'adjoint, accompagné d'un petit groupe de volontaires de l'Armée de Terre. Le n°10 Commando Inter-allié va séjourner jusqu'en mai 1943 au Pays de Galles et compte alors au titre de la Troop 1 de l'Unité quatre-vingt subsistants, dont quinze d'entre eux ont participé le 29 août 1942 au raid de Dieppe, opération où la petite unité a eu son premier mort, Maître Montailler, et un prisonnier qui parviendra à s'évader et à rejoindre l'Unité en juin 1943.

C'est une époque d'intense activité. En mai 1943, un groupe d'une cinquantaine de volontaires, conduit par le Lieutenant des Équipages Alex Lofi, arrive en Angleterre, venant du Liban où leur Unité, le 2ème Bataillon Fusiliers-Marins, venait d'être dissous, leur mission de gardes des côtes libanaises depuis près de deux ans ayant été supprimée. A ce groupe va s'adjoindre un jeune aspirant sorti de l'École des Cadets, ainsi que quelques volontaires FNFL et un groupe d'hommes venant soit d'Afrique du Nord, soit récemment libérés d'Espagne, où certains avaient été détenus depuis plus de deux ans.

La création d'une deuxième troupe française, la n°8 du 10 Commando est alors décidée. Le Lieutenant Trépel, élevé au grade de Capitaine, en sera le chef. Cette nouvelle troop arrive au Commando Dépôt le 27 juin 1943 et subira l'entraînement intensif Commando jusqu'au 27 juillet. A cette date, le Capitaine Trépel peut estimer qu'il a en mains une Unité soudée, où les différences d'origines se sont totalement estompées. C'est aux côtés de ses hommes qu'il va suivre pour la troisième fois le dur entraînement au Commando Dépôt.

Très proche de ses hommes, sans être familier, il est attaché à connaître le caractère de chacun. Ayant lui-même participé en tant que chef à presque tous les exercices, il sait sur lesquels il peut compter. La majorité de la nouvelle troupe l'adore et lui fait entièrement confiance ; seuls quelques individus le craignent, sachant qu'aucune faiblesse ne serait tolérée, il demeure aussi dur pour ses hommes que pour lui-même.

Un anecdote est révélatrice de son esprit : la troupe composée de 75 hommes se trouve scindée en deux groupes en vue des marches d'entraînement. Un matin, le Capitaine Trépel accompagne successivement chacun des groupes. A l'arrivée, l'Aspirant Hulot, exténué, se laisse tomber au sol et s'adresse au Capitaine : " Je suis épuisé, comment avez-vous pu faire cette quick march deux fois de suite ? ". La réponse du Capitaine fut immédiate : " C'est le mystère du commandement. Si vous le désirez, levez-vous, nous partons ensemble, ce sera mon troisième 10 miles, et vous verrez qu'on peut arriver à le faire deux fois ! ". Hulot ne s'est heureusement pas levé, mais le Capitaine Trépel était homme à effectuer un tel exploit.

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Sac du capitaine Trepel conservé au musée des fusiliers marins / commandos ( École des fusiliers marins et des commandos à Lorient )


De retour à Eastbourne, dans le Sussex, d'où l'on peut apercevoir par beau temps les côtes de France, l'entraînement ne va jamais cesser, et tous s'attendent à être engagés dans des opérations d'un jour à l'autre. Début octobre 1943, l'Amiral Thierry d'Argenlieu vient inspecter l'Unité, et de façon solennelle annonce que la première compagnie F.M. Commando va prendre le titre officiel de 1er Bataillon Fusiliers-Marins Commando et qu'il passe dès ce jour sous la responsabilité des autorités britanniques, étant désormais apte à participer à des opérations de raids. Dès le 10 octobre1943, l'Unité éclate et va être répartie en divers lieux, préparant fiévreusement une série de dix opérations "Hardtack" sur les côtes de l'Europe occupée.

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Ces coups de mains de sondages sont prévus pour la nuit du 24 au 25 décembre, mais, compte tenu des conditions climatiques et de la disponibilité des bateaux de la Royal Navy, seulement six d'entre elles sont exécutées alors que quatre sont annulées dont celle du Capitaine Trépel, prévue sur Berck. C'est à cette époque que Trépel charge un de ses Commando d'étudier un badge pour l'Unité. Il sera effectivement réalisé début 1944.

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Toutefois, Trépel estime à ce stade qu'il lui est impossible d'assurer un Commandement alors que son raid vient d'être annulé. Il obtient des Anglais une seconde chance, un raid sur la côte hollandaise, où deux équipes britanniques avaient précédemment échoué. C'est le raid de Wassenaar, à 12 km au nord de La Haye. Opération entreprise le 27 février, puis remise au 28, le Capitaine Charles Trépel accompagné de cinq de ses hommes de la Troop 8, prirent place dans le canot de caoutchouc leur permettant de gagner le rivage depuis le Doris qui les avait amenés : on sait qu'il y a eu des bruits et des lueurs à terre, l'équipe du raid ne revint pas. Les corps furent retrouvés lors de la Libération de la Hollande, enterrés sommairement sous de fausses identités comme "Aviateurs de la RAF". L'époque exaltante des raids prenait fin. Malgré toutes les recherches entreprises par les autorités anglaises et hollandaises, le mystère de leurs morts reste une énigme.

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Cette période de raids avait coûté à l'Unité neuf morts, et quatre disparus purent rejoindre l'Unité en 1945. Entre temps, il y a eu le 6 juin 1944 et la Libération du territoire. A l'endroit où périrent le Capitaine Trépel et ses compagnons, à la "Borne 91" sur la plage de Wassenaar, un monument rappelle leur sacrifice.

( Source : Soldat de France )

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par le VAE (CR) Chaline – président de l’AFNFL

L’événement marquant pour la marine de la France Libre en 1944, c’est bien sûr le débarquement auquel vont participer toutes les unités combattantes des Forces navales en Grande-Bretagne, et qui est évoqué ailleurs dans ces pages.

Je voudrais ici rendre hommage au capitaine Trepel et aux cinq hommes du 1er BFM Commandos qui l’accompagnaient, le second maître Magneray, les Q/M Rivière, Cobanella, Guy et un radio, en relatant le raid fatal et mystérieux de la nuit du 27 février 1944.

D’octobre 1943 à mars 1944, divers raids de sondage étaient confiés au 1er BFM Commandos du commandant Kieffer. Le capitaine Charles Trepel, officier en second du bataillon, avait insisté pour commander un raid de sondage (nom de code Premium) prévu sur la côte hollandaise. Trepel était un officier très doué ; sa connaissance des langues était remarquable : il parlait couramment français, anglais, allemand, russe et néerlandais. Sa mission était de rapporter le maximum de renseignements sur les défenses ennemies situées dans une zone au nord de Scheveningen, en particulier :

- sur la plage ;

- à l’intérieur des terres jusqu’au canal Aankver ;

- sur les possibilités de traverser ce canal ;

- sur les mouvements et heures de patrouille de l’ennemi.

Ce raid devait se passer si possible sans accrochage avec l’ennemi et ne laisser aucune trace du passage des commandos.

L’équipe de raid embarquait à 16 heures le 27 février 1944 à Great Yarmouth (côte est de l’Angleterre) sur une vedette rapide, la MTB 682. Parvenus à environ 700 mètres de l’objectif avec un retard de deux heures sur l’horaire, les commandos prenaient place à 1 h 20 dans un doris propulsé par un moteur silencieux, armé par deux hommes et remorquant un petit radeau plus léger. À 30 mètres de la plage, le doris mouillait, l’équipe embarquait dans le petit radeau et touchait la plage à 2 heures après avoir filé au fur et à mesure de son avance une ligne pour permettre un retour plus rapide vers le doris. Au moment où le commando passait du doris au radeau, des fusées colorées de signalisation étaient aperçues dans le ciel côté terre au nord et au sud du point de débarquement puis, lors de la mise à terre, des fusées éclairantes apparaissaient au-dessus de la plage, enfin l’armement du doris constatait qu’il y avait du « mou » dans la ligne le reliant au radeau. Un quinzaine de minutes plus tard, des hurlements « hystériques » troublaient par intermittence et pendant environ trois quarts, d’heure le silence de la nuit ? Mais aucun coup de feu ne se faisait entendre.

Les fusées éclairantes continuaient à illuminer la scène par intervalles jusqu’à 4 heures, faisant apparaître pour un moment les silhouettes de trois hommes sur la plage. Le doris s’écartait par précaution à une centaine de mètres.

À 5 heures, heure limite prévue pour le retour, le doris ralliait la vedette, sans avoir eu le moindre signe de vie de l’équipe de raid depuis son débarquement. À 5 h 10, la MTB appareillait pour Yarmouth ? Qu’elle atteignait à 10 heures le 28.

Pendant les mois qui suivirent, le commandant Kieffer attendit en vain le retour au moins d’un survivant. Après la libération des Pays-Bas et la découverte sur les lieux du raid de six tombes, le fossoyeur des environs de Scheveningen, qui avait été réquisitionné pour enterrer les corps de six commandos français, répondait aux officiers qui l’interrogeaient qu’aucun des corps ne portait de trace de balles, mais que leurs visages indiquaient qu’ils avaient terriblement souffert.

Que s’était-il passé ?

On peut penser que les Allemands ont eu connaissance du raid et ont capturé dès leur débarquement les commandos sans que ceux-ci aient pu faire usage de leurs armes ou de la radio qui les reliait au doris.

Le raid était planifié de longue date, sous un autre nom, depuis le début de l’hiver 1943-1944.

L’opération Premium aurait dû avoir lieu dans la nuit du 24 au 25, mais par suite d’une panne du système de radio-navigation, elle avait été annulée à 10 milles des côtes hollandaises.

Le retard de deux heures dans l’exécution de l’opération était dû à la rencontre d’un convoi ennemi dans le voisinage du point de débarquement et à une nouvelle défaillance du système de radio-navigation.

Les fusées colorées tirées au moment du transbordement sur le radeau paraissent indiquer que l’ennemi était alerté et auraient dû rendre le commando particulièrement méfiant.

Lorsque l’équipage du doris avait halé la ligne « molle » le reliant au radeau, il avait constaté que le bout était sectionné. Or la règle était, en présence de l’ennemi, de couper le filin pour permettre au doris de retourner plus rapidement à la vedette – L’ennemi était-il alors sur la plage au moment où le radeau s’échouait ? Mais pourquoi pas un mot sur la radio, pas un cri, pourquoi ne pas rebrousser chemin vers le doris qui n’est qu’à 30 mètres ?

Les hurlements « hystériques » n’étaient-ils pas des cris poussés sous la torture ?

Des documents britanniques relatifs à l’opération Premium sont accessibles au public ; notre camarade l’amiral Zang a pu en prendre connaissance, mais aucune explication n’a été fournie. Les Allemands, de leur côté, n’ont donné aucune version de l’affaire.

Le mystère reste entier.

Extrait de la Revue de la France, n° 285, premier trimestre 1994.

 

LE COMMANDO TREPEL.

. Le Commando est baptisé de son nom sur proposition du capitaine de corvette Philippe Kieffer.

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Crée en 1947 à partir d’hommes formés au centre Sirocco, le commando est successivement embarqué sur le Richelieu puis la Gloire en Indochine avant de servir de commando d’instruction en Métropole.

En 1952 il est envoyé en Tunisie pour participer à la répression des troubles dans les régions de Bizerte, Mateur et Sfax.

De 1955 à 1960, le Commando Trépel est employé en Algérie aux opérations de maintien de l’ordre. Il intervient en particulier dans les départements d’Alger et de Bone, dans le Djebel de Mzi et participe à l’opération Prométhée dans les monts Xours en 1959.

Rattaché depuis 1959 au Groupement Opérationnel des Commandos, le Commando rentre en France en septembre 1960 dans la région de Toulon, puis s’installe à Lorient en 1969 avec quatre des cinq unités du Groupement des Fusiliers Marins Commandos. Cette même année il intervient au Tchad.

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En 1983 et 1984 il est au Liban au sein de la FMSB, dont il est l’un des derniers éléments à quitter le port de Beyrouth en 1984. Il reviendra fin 1989 nouveau à Beyrouth dans le cadre de l’opération Capselle.

Lors du conflit Irakien de 1990 et la Guerre du Golfe, il participe aux missions Artimon de contrôle de l’embargo et prend part à l’opération Daguet à bord du TCD Foudre.

En 1991, il exécute la mission Bérénice en Somalie en évacuant les ressortissants français et étrangers de Mogadiscio. De 1991 à 1999, le Commando Trépel est présent sur de nombreux théâtres d’opérations : Zaïre, Haïti, Mururoa, Djibouti, Adriatique, Somalie, Antilles, Afrique Equatoriale, Rwanda.

La diversité des missions s’est accrue durant cette décennie qui correspond à l’intégration du Commando au commandement des Opérations Spéciales.

Entre 1999 et 2001, il est déployé en ex-Yougoslavie où, lors de l’opération Astrolabe, le Commando est à la tête d’un Groupe Interarmées de Forces Spéciales tout comme au Timor Oriental lors de l’opération Santal.

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Le 12 mars 2001, le commando est rattaché à la FORFUSCO et devient la même année à dominante opérationnelle « Assaut/extraction ».

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La dernière décennie voit l’engagement croissant du commando dans les opérations du commandement des opérations spéciales, mais également dans des opérations aéromaritimes notamment Héraclès et en Afghanistan. La lutte contre le narcotrafic voit le commando se déployer régulièrement aux Antilles. Tous ces engagements opérationnels démontrent eux aussi la valeur militaire du commando et celle des hommes qui le composent.

Le souvenir du capitaine Charles Trépel est toujours présent aujourd’hui au sein du commando et chacun a à cœur de faire honneur à cet illustre ancien dont ils sont fiers de porter le nom.

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Sources : © Marine nationale

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Un autre commando rend hommage à l' enseigne de vaisseau Louis de MONTFORT.

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Né le 13 septembre 1920 à Pouligny Saint-Pierre (Indre), Louis, André, Marie de Montfort entre à l'Ecole Navale en 1939. Promu enseigne de vaisseau de 2ème classe le 15 juillet 1940, il embarque en stage sur plusieurs bâtiments : Baliste, El Biar, Colbert. Puis, après un court séjour sur l'aviso La Batailleuse de septembre à novembre 1941, il est affecté à l'Etat-Major de l'Amiral Commandant les Forces de Haute Mer, puis de février 1942 à mars 1943 au contre-torpilleur Volta. Il est alors mis en congé d'armistice.

Rappelé au service en septembre 1944, il participe d'abord à la reconquête de la région frontalière de Vintimille, puis est affecté à la Brigade légère d'Extrême-Orient qu'il rejoint en septembre 1945. Après avoir commandé une compagnie de reconnaissance en Cochinchine, on lui confie le commandement de la jonque Paimpolaise puis il est affecté à un commando comme chef de section en Cochinchine puis à Haïphong.

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La Paimpolaise.


Le 9 février 1946, de Montfort est cité à l'ordre de la Division : "Jeune officier enthousiaste et d'un grand courage. A toujours mené sa section au feu avec ardeur et parfaite connaissance de son métier. Le 4 novembre 1945, au cours d'une patrouille de reconnaissance, a entraîné le premier sa section dans le franchissement d'un pont battu par un fusil mitrailleur rebelle. Au cours de diverses opérations a capturé à l'adversaire un nombre important d'armes à feu."




Il venait d'être nommé au commandement d'un dragueur lorsque le 26 novembre 1946, il est blessé mortellement à Haïphong.


Le 17 février 1947, la compagnie de la commando de la 1ère FFFM (Flottille Fluviale de Fusiliers Marins - Compagnie commandant " " " " ) est citée à l'ordre du Corps d'Armée : "Unité d'élite plein de dynamisme et d'ardeur, commandée par le lieutenant de vaisseau Merlet qui, après avoir participé activement comme compagnie de reconnaissance de la 1ère DCEO aux opérations des Alpes Maritimes en avril 1945, a été incorporée à la BMEO et envoyée en Extrême-Orient. Débarquée à Saïgon avec les premiers éléments du corps expéditionnaire le 20 octobre, a participé du 20 octobre 1945 au 15 janvier 1946 aux opérations de la Libération de la Cochinchine-Ouest, prenant d'assaut Mytho le 26 octobre, Vinh Long le 20 octobre, Cantho le 30 octobre ainsi que de nombreuses villes et villages dans le courant de novembre et décembre, infligeant de lourdes pertes à la piraterie locale dans les régions solidement tenues par elle.
Dirigée ensuite sur le Tonkin, a été mise à terre la première sur le sol Tonkinois, le 6 mars 1946, à la coupure de Vu Yen, assurant la sécurité du passage de la flotte de débarquement et le débarquement ultérieur.
Son chef blessé et rapatrié après les incidents du 28 avril, cette unité a participé sous le commandement de l'enseigne de vaisseau de Montfort aux durs combats de Haïphong (19 au 30 novembre) nettoyant et occupant les quartiers indigènes, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi.
Au cours de ces combats, a perdu une deuxième fois son chef tué en pleine action.
"



Le 12 avril 1947, de Montfort est nommé chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume :



"Officier d'élite, plein d'allant et de bravoure, a montré les plus belles qualités militaires tant au cours des opérations de Cochinchine avec la compagnie de la Brigade Maritime d'Extrêm-Orient et au commandement d'une jonque armée qu'au cours des opérations du Tonkin.
Commandant d'une compagnie de fusiliers-marins de la 1ère Flottille Fluviale des Fusiliers-Marins, chargé du nettoyage d'un quartier de Haïphong lors des combats de 1946, a été mortellement blessé à son poste au cours d'une reconnaissance le 27 novembre.
"

 
(Source : Notice Biographique SHM - Dossier individuel conservé au Service Historique de la Marine à Vincennes sous la cote CC7 4ème Moderne 1009/14 - Remerciement EV Eric Micaelli, Karine Leboucq ; photo SHM Vincennes)

 

( Source : Soldats de France )

 

LE COMMANDO DE MONTFORT :

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Le commando porte le nom de l’Enseigne de Vaisseau de Montfort tué au combat le 27 novembre 1946 devant Haïphong, alors qu’il commandait la compagnie Jaubert de la B.M.E.O (Brigade Maritime d’Extrême Orient). L’écusson du commando est inspiré des armoiries de la famille de Montfort.

Constitué au centre Sirocco (Algérie) au printemps 1947, le commando de Montfort embarque sur le porte-avions Dixmude pour l’Indochine le 19 septembre 1947, et en débarque le 20 octobre sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau Pascalidis qui sera tué au combat le 18 décembre de la même année.

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Le commando DE MONTFORT en Indochine.

Avec un équipage théorique de 72 hommes, et avec un effectif réel moyen de 60 hommes, il combat sur tous les théâtres d’opérations d’Extrême-Orient jusqu’à la fin de novembre 1954.

Il s’est particulièrement illustré :

  • En 1948 - au Tonkin (région de Fhu-Ly)
  • En 1949 - en Cochinchine
  • sur le Mekong (île de Mocay)
  • En 1950 - Sur la rivière de Saigon
  • Sur les côtes d’Annam
  • Au Tonkin
  • En 1951 - Dans le delta du Tonkin (bataille de Tien Yen Doug Binh)
  • à Doug Tsien
  • De mai à septembre 1952 au centre Vietnam (région de Hue et Kim Gao).

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Fanion du commando DE MONTFORT.

Le commando est dissout le 1er décembre 1954, son personnel européen est affecté au commando Jaubert, le personnel autochtone au commando Ouragan. Durant sa présence en Indochine le commando sera cité 4 fois à l’ordre de l’Armée de Mer et recevra la fourragère de la médaille militaire aux couleurs de la Croix de guerre T.O.E le 1er mars 1954. Son dernier commandant « Indochine » sera le Lieutenant de Vaisseau Daube. Trois officiers, un officier marinier, cinq quartiers-maîtres et marins du commando sont « morts pour la France » durant les opérations d’Indochine.

Reconstitué début 1955, le commando débarque en Afrique du Nord sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau Demay. Son successeur le Lieutenant de Vaisseau Sulpis est tué au combat le 16 août 1959. Il combat alors surtout en Oranie dans le secteur de la Demi Brigade de Fusiliers Marins) puis dans les secteurs de Geryville, d’Alfou, d’Ain Sefra. Durant ses campagnes en Afrique du Nord, il infligera de lourdes pertes à l’ennemi.

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Il s’est illustré particulièrement :

  • Le 5 août 1960 dans le djebel Goursifane.
  • Durant sa dernière campagne du 6 février au 20 août 1961, durant les engagements du Djebel Beni-Smir (le 3 mars), du Djebel Haimoun (le 20 mars), et du Djebel Tennissane (le 25 avril).

Son dernier commandant en Algérie sera le Lieutenant de Vaisseau Cucherat.
Deux officiers, quatre officiers mariniers, dix-huit quartiers-maîtres et marins du commando sont « morts pour la France » durant les opérations d’Algérie.

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De retour en France le commando rallie le C.A.M (Corps Amphibie de la Marine) sur le Dixmude à Saint-Mandrier.
En 1963, il est intégré au Groupement de Commandos, prend le nom de 5ème compagnie des Fusiliers Marins Commandos, et devient commando dit « lourd » ou d’appui.

Le commando est redissout en octobre 1967, seule une section d’appui sera conservée et aura la garde du fanion du commando de Montfort.

Le commando est recréé en 1969 à partir de la section d’appui et de la section de « protection du Groupement », les services du groupement lui sont adjoints (commando de Montfort, CCAS).

En 1971 est créée la B.O.A (Base Opérationnelle Avancée). La compagnie porte le nom de Commando de Montfort B.O.A
En 1972, la B.O.A devient indépendante du commando, de Montfort est un commando d’appui à part entière.
De septembre à février 1984, le commando de Monfort participe à la mission de pacification de Beyrouth au sein de la Force Multinationale de Sécurité.
En 1988, chaque escouade du commando se spécialise, le commando d’assaut prend la forme qu’il gardera jusqu’en 2001.

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Depuis, il a participé à toutes les opérations majeures conduites par les commandos marines: l’opération BALBUZARD en 1993, la mission AZALE du 3 au 9 octobre 1995 aux Comores, la mission IROKO en 1999 et les missions ARES de 2003 à 2006.

Enfin, spécialisé dans les appuis et notamment le tir longue distance, il participe à ce titre régulièrement aux missions de lutte contre le narcotrafic aux Antilles et en méditerranée.

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Sources : © Marine nationale

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Le commando Jaubert porte son nom en hommage au  capitaine de frégate François JAUBERT.

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Né le 16 janvier 1903 à Perpignan, François Jaubert est entré à l'Ecole Navale en octobre 1922. Enseigne de vaisseau de 2ème classe du 1er octobre 1924, il est affecté le 21 octobre 1925 sur le croiseur cuirassé Jules Michelet de la Division Navale d'Extrème Orient, puis sur la connonière fluviale Doudart de Lagrée, le 14 septembre 1926.


Il passe son brevet d'officier fusilier le 15 décembre 1928 puis est affecté successivement comme chef du corps de débarquement à bord du croiseur Mulhouse le 21 janvier 1929, officier en second de l'aviso Aldébaran le 13 janvier 1931 (Pacifique et Indochine) et Chef du corps de débarquement à bord du croiseur Suffren le 10 septembre 1934.


Le 28 juin 1935, à l'age de 32 ans, il est déjà promu chevalier de la légion d'honneur. Professeur à l'école des fusiliers marins de Lorient en septembre 1936, il obtient son premier commandement le 30 avril 1938 avec la canonnière fluviale Balny de le flottille du Yang-Tsé-Kiang.

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La canonnière Balny.

Promu capitaine de corvette le 23 novembre 1940, il est officier en second puis commandant du torpilleur Baliste le 9 juillet 1940, avant d'être nommé chef de la 2ème section Extrème Orient au 2ème bureau de l'Amirauté française à partir du 21 décembre de la même année jusqu'au 6 mai 1942, où il est ensuite désigné comme commandant la Marine à Djibouti. Il rejoint ensuite le d'Iberville comme commandant en second le 21 septembre 1942.


En congé d'armistice le 8 mars 1943, il devient chef du laboratoire d'acoustique des ultra-sons du Centre de Recherche Scientifiques de Marseille. Il est promu capitaine de frégate le 15 juin 1944 (reconnu à titre provisoire le 22 février 1945).


Chargé de mettre sur pied la Brigade Maritime d'Extrème Orient en novembre 1944, il créé la Flotille Fluviale des Troupes Françaises d'Extrème Orient à partir de jonques, vapeurs, chalands et du pauvre matériel trouvé sur place.

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Blessé mortellement le 25 janvier 1946 devant Tan Huyen, il est mort pour la France le 29 janvier 1946.

Citation
 



 

Par décret en date du 27 août 1946, "JO" du 10.10.46 a été promu dans l'ordre national de la légion d'honneur au grade d'officier pour le motif suivant:
 

"Officier supérieur de grande valeur plein de rayonnnement et de dynamisme, organisateur né, travaille dès sa formation à la mise sur pied de la Brigade Marine d'Extrème Orient. Dès son arrivée en Indochine, a créé de toutes pièces avec des moyens de fortune, la Flotille Fluviale des Troupes Françaises d'Extrème Orient, et a ainsi contribué grandemnt au succès des opérations en Cochinchine. Blessé mortellement alors qu'il allait personnellement reconnaître en vedette, sous le feu ennemi, l'endroit où les bateaux de la Flotille allaient être engagés." Cette promotion comporte l'attribution de la croix de guerre avec palme.

 

( Source : Soldats de France )

 

LE COMMANDO JAUBERT :

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En décembre 1944 à Toulon est créée une compagnie de reconnaissance qui participe au désengagement de la frontière franco-italienne entre Nice et Vintimille avant d’être engagée en octobre 1945 en Indochine au sein de la Brigade marine d’Extrême Orient puis au sein de la flottille fluviale du Tonkin. Elle porte le nom de compagnie Merlet, du nom de son chef. Cette compagnie opère aux côtés des hommes du SASB du capitaine de corvette Ponchardier.

Le 29 janvier 1945, à la mort du capitaine de frégate François Jaubert, commandant la flottille fluviale des troupes françaises d’extrême-Orient, mortellement blessé quatre jours plus tôt au cours d’une opération près du village de Tan Huyen en Indochine, la compagnie Merlet est rebaptisée compagnie Jaubert. A sa tête seront tués l’enseigne de vaisseau de Montfort, en 1946, et le lieutenant de vaisseau Saint John de Crèvecoeur en 1947.

La compagnie devient « commando » Jaubert le 1er janvier 1948. Il est rattaché à la division navale d’extrême-Orient. Le commando Jaubert sera la dernière unité française à quitter le sol indochinois en 1956.

Durant ces années, 59 hommes de la compagnie Merlet, de la compagnie Jaubert et du commando Jaubert perdront la vie en Indochine dont deux de ses commandants.

Le commando est ensuite engagé en Algérie au sein de la demi brigade de fusiliers marins pour des missions de maintien de l’ordre, puis au groupement des commandos marine pour des missions de contre guérilla dans l’Atlas saharien. Le 26 octobre 1960, son commandant, le lieutenant de vaisseau Scheidhauer, est tué en montant à l’assaut d’une katiba dans le djebel Ben Lerfhad.

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Après le cessez-le-feu et l’indépendance de l’Algérie, Jaubert s’établit en 1962 à St Mandrier avant de s’installer à Lorient à la fin 1969. 10 hommes du commando Jaubert sont tombés au champ d’honneur en Algérie.

Le commando Jaubert continue à participer à de nombreuses opérations dont les principales sont les suivantes : Somalie et Liban en 1985, l’évacuation des ressortissants français au Yémen en 1986, les Comores en 1989, 1993 puis 1995, l’ex-Yougoslavie dès 1996, l’Albanie en 1997, la Guinée-Bissau et le Congo en 1998.

Après le 11 septembre 2001, le commando Jaubert participe à la lutte antiterroriste en Afghanistan et en Océan Indien. En 2004, il est engagé en Haïti.

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Ces dernières années sont marquées par l’engagement croissant du commando dans les opérations du commandement des opérations spéciales, mais également dans des opérations maritimes.

 

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Le commando Jaubert est titulaire des sept citations à l’ordre de l’Armée de mer.

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Fanion du commando JAUBERT.

 

Son fanion porte les fourragères de la légion d’honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs.


Sources : © Marine nationale

 

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Le second maitre Benjamin Bourdet mort au combat dans la province de Kapisa, en Afghanistan.

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Le commando le plus connus, les nageurs de combat porte le nom du lieutenant Augustin HUBERT.

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Augustin Hubert, né le 5 mars 1918 à Nantes, était issu d'une famille d'officiers de carrière. Son père, officier d'infanterie, volontaire pour l'aviation, avait été tué en combat aérien au-dessus de Verdun, en 1917; il ne connut pas ce fils qui portait son prénom.
 


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En 1939, alors qu'il prépare son entrée à Saint-Cyr, Augustin Hulbert est mobilisé dans le 5ème Régiment d'infanterie, à Maisons-Laffitte. Ses quatre frères plus âgés sont déjà dans l'armée. Augustin Hubert, simple soldat, passe le concours d'admission au peloton d'E.O.R.. Reçu en mai, il sera nommé aspirant le 25 aout 1940 et immédiatement démobilisé. Durant toute cette première phase de la guerre, il n'aura fait que ses classes. Soucieux de servir la France, Augustin Hubert va s'engager dans les Chantiers de jeunesse. A la fin d'avril 1941, arrivé à Bir-BouRekba, il apprend rapidement à parler arabe. Il est enthousiasmé par son contact avec la population et les hommes de troupe locaux, et suit l'Ecole de Cadres des Chantiers de jeunesse. Peu après, toujours volontaire, il est affecté au chantier d'Afrique n°106, en Tunisie.
 


 

Avec le débarquement américain en Afrique du Nord, les événements s'accelèrent. Nommé chef de groupe. il est employé comme intructeur dans différents centres en Algérie. Accédant au grade supérieur en novembre 1943, il s'inscrit volontaire pour des missions spéciales. Retrouvant a Alger deux de ses frères qui servent dans l'armée d'Afrique, il embarque à bord d'un cargo, le 25 décembre 1943, en direction de l'Angleterre. Une entreprise qui ne se révèle guère concluante après quelques semaines passées à Londres. Arrivé plein d'enthousiasme pensant être parachuté presque immédiatement en France, il découvre la rigueur des contrôles appliqué a tout nouvel arrivant, surtout en cette phase finale de la guerre.
 



 

Cependant, après un séjour dans le camp des forces terrestres de Camberley, il se porte volontaire pour un commando. Il y est envoyé en mars 1944, avec le grade de sous-lieutenant. Rapidement affecté à une "troop" de 60 hommes sous les ordres du lieutenant Amaury, il rejoint à la fin de mars le camp de Wrexhan, au pays de Galles. Le groupe est déjà sur-entrainé, et le premier cross de 7 miles, est pour le jeune Hubert difficile à terminer ! Mais il s'accroche et, plus tard, fait partie des élus transférés à Hampstead Park, Eastbourne (Sussex). Immédiatement, il participe avec la « troop » d'Amaury à Nairn, sur les côtes d'Ecosses, à l'exercice de répétition de l'opération Overlord, où il devra débarquer à la tête d'une sous-section de mitrailleuses rapides (K-Gun).


 

Il sera parmi les premiers Français combattants !
 

Débarqué le 6 juin 1944 sur la plage de Colleville-Montgomery, sa section progresse dans la ville de Ouistreham vers le Casino, alors qu'accompagné d'un de ses hommes, le L/Cap Marcel Labas, il étudie la façon d'avancer au milieu des ruines.

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Pris sous le feu des "snipers", ils sont tous deux atteints mortellement à la tête, en l'espace de quelques secondes. Non loin de là, le capitaine-médecin Lion est mortellement touché au coeur, alors qu'il portait secours à un blessé.

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Le lieutenant Augutin Hubert a été cité à l'ordre de l'Armée de Mer et fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume. Le Commandos Marine des nageurs de combat, basé à Saint-Mandrier, porte son nom.



 

(D'après: le Commando Hubert de Roch Pescadère et Franck Jubelin- éditions Roch-production)

( Source : Soldats de France )

 

 

COMMANDO HUBERT :

Le commando Hubert est basé à Saint Mandrier. Il est spécialisé dans l'action sous-marine et dans les actions de contre-terrorisme maritime et est constitué de nageurs de combat.

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Brevet de nageur de combat.

Créé en , il devient, en 1953, une unité de nageurs de combat et prend le nom de CASM (commando d'action sous-marine) Hubert. Il est la seule unité de nageurs de combat de l'Armée française et forme également des nageurs pour d'autres unités militaires ou services de l’État, comme la DGSE.

http://le.cos.free.fr/nageurs.htm

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" Bob " Maloubier  instigateur des nageur de combat français. http://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/robert-maloubier-1923-2015

 

 

Fort de 100 hommes, tous chuteurs opérationnels, le commando Hubert est placé sous le commandement d'un capitaine de corvette. Il est articulé en 2 compagnies.

La 1re compagnie est composée d'une cinquantaine de nageurs et se divise en 4 sections (ou escouades) :

  • La section A, cellule de commandement et de contrôle, s'occupe du soutien opérationnel de la compagnie et aligne les équipages des embarcations semi-rigides (15 membres environ).
  • La section B a pour mission le contre-terrorisme maritime. Escouade ayant une capacité à opérer sous l'eau, elle constitue l'équivalent du Groupe de combat en milieu clos (GCMC) de Lorient. Elle travaille en étroite collaboration avec le GIGN.
  • La section C se compose des équipages de PSM (Propulseurs sous-marins). Elle a pour mission d'amener à partir d'un bâtiment de surface ou d'un sous-marin les équipes de nageurs de combat devant l'objectif.
  • La section D est chargée de la reconnaissance et de l'appui. Ils ont pour mission les reconnaissances sous-marines de chenal et de plage.

La 2e compagnie sert d'unité d'appui et travaille comme une base arrière. Composée de 30 personnes dont la plus grande partie ne sont pas brevetés nageurs, elle est organisée en plusieurs "divisions" :

  • Transmissions.
  • Énergie/propulsion.
  • Commissariat.
  • Entretien.
  • Conduite des navires.

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Opérations notoires

Des années 1950 aux années 1970

  • 1956 : Canal de Suez - Crise de Suez.
  • 1960 : Paris - Protection rapprochée du général de Gaulle par le commando Hubert (jusqu'en 1961).
  • 1968 : Paris - Nouvelle intervention à l'Élysée pour protéger le président de la République durant les événements de mai 1968.
  • 1972 : Brest - Protection de l'Île Longue (début de la Force Océanique Stratégique) de 1972 à 1975.
  • 1974 : Canal de Suez - Opération Décan 1 au lac Amer ; déminage des sites du 15 novembre 1974 au 25 décembre 1975
  • 1975 : Canal de Suez - Opération Décan 2 au lac Amer ; déminage des sites du 8 mars au 11 avril puis du 11 avril au 15 mai.

Années 1980

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Années 1990

  • Opération Artimon de contrôle de l'embargo envers l'Irak ; implication épisodique jusqu'en 1995.
  • 1990 : Liban Opérations Glycine puis Hortensia.
  • 1991 : Koweït
  • Somalie, Participation aux opérations menées dans le cadre de la Guerre du Golfe (embargo, déminage…).
  • Opération Badge.
  • Exfiltration du général Michel Aoun de l'ambassade de France à Beyrouth (août).
  • Évacuation de ressortissants étrangers.
  • 1992 : Haïti
  • Djibouti
  • Bosnie Reconnaissance de plages et de ports durant la mission Hortensia.
  • Mission Isboukir.
  • Somalie Opération de contrôle de l'embargo Balbuzard et Sharp Guard, et de soutien aux forces terrestres engagées en ex-Yougoslavie ; implication épisodique jusqu'en 1996.
  • Mission Oryx en effectuée par le commando Jaubert dans le cadre du COS
  • 1994 : Yémen
  • Rwanda : Évacuation des ressortissants occidentaux par le commando de Montfort.

1995 : Mururoa Comores Protection des installations de tir contre Greenpeace durant l'opération Nautile. 1996 : Afghanistan

  • Bosnie
  • Mission Salamandre et IFOR.
  • 1997 : Albanie
  • Congo
  • Sierra Leone
  • Mer du Nord
  • Caraïbes
  • TAAF Mission Alba pour récupérer des ressortissants et effectuer des reconnaissances de plages par les commandos Jaubert et Hubert.
  • Mission SFOR par les commandos de Montfort et Hubert.
  • Mission Pélican assurée dans le cadre du COS par les commandos de Montfort et Hubert.
  • Mission Espadon par le commando de Montfort.
  • Mission Neptune par le commando de Penfentenyo.
  • Mission Maracudja par le commando Trépel.
  • Mission TAAF par les commandos de Montfort et de Penfentenyo.
  • 1998 : Guinée-Bissau
  • Congo Mission Iroko.
  • Mission Malachite.
  • 1999 : Macédoine Mission KFOR en Macédoine et au Kosovo.

Années 2000

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( Source : Wikipédia )

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http://www.defense.gouv.fr/marine/actu-marine/ceremonie-de-remise-des-certificats-au-92eme-cours-nageur-de-combat

 

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Le fanion du commando HUBERT.

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Le lieutenant de vaisseau Jacques Henri FRANÇOIS donna son nom au commando du même nom ( dissous en 1953 ).

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Fils de René et de Douvé Jeanne Marie, Jacques naît le 11 novembre 1913 à Nogent le Rotrou ( Eure et Loir ). Son père  est  procureur de la République à Nogent le Rotrou.

Jacques est admis à l'école Polytechnique, en 1933. A la sortie , il choisit de servir dans la Marine Nationale. Il embarque sur la "Jeanne d'Arc" le 01/10/1935 jusqu'au 01/10/1936. Il  embarque par la suite sur le croiseur "Suffren", puis sur le pétrolier "Rance". Désigné pour la mission hydrographique d'Indochine, qu'il rallie sur l'aviso "La Pérouse", il termine sa campagne sur le croiseur" La Motte-Piquet". A son retour en métropole en 1940 , il suit les cours de l'école des officiers de Transmissions.

Chef du service Transmissions du contre-torpilleur "Cassard", il met au point un appareil d'entrainement à l'écoute, ce qui lui vaudra une lettre de félicitations du ministre de la Marine en 1942.

Placé en congé d'armistice en 1942, il est désigné pour l'Ecole Supérieure d'Electricité ( branche radio à Lyon ).

Promu lieutenant de vaisseau le 18/04/1943, il est affecté à la préfecture maritime de Toulon en 1944, puis à la flottille du lac de Constance en 1945.

En 1946, il repart en Indochine rejoindre la flotille amphibie Nord au Tonkin; Il prend le commandement de la troisième escadrille amphibie.

L'opération "Dédale" montée pour libérée Nam-Dinh, débute le 5 janvier 1947. Le lieutenant de vaisseau François assure le commandement  d'une flotille amphibie comprenant 2 LCT, 2 LCI, 4 LCM et des LCA.

Le 5 janvier au soir, la flotille remonte le fleuve Rouge jusqu'en amont de Nam-Dinh. Le 6 janvier à 5h25, la flotille appareille et pénètre dans le canal dont les berges les dominent, les bâtiments sont pris sous le feu d'armes automatiques. Le lieutenant de vaisseau François est tué au cours de cette action.

Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 08/04/1947.

Son corps est rapatié par le SS Beauvais le 06/09/49 et inhumé dans le cimetière de Forcey ( Haute Marne ).

Il a donné son nom à un célèbre commando de Marine : le " commando François ".

Ses parents n'ayant  ni frère ni soeur, lui-même étant fils unique et célibataire, il n'a été trouvé aucune famille, à ce jour.

 

( Source : Aux Marins )

 

LE COMMANDO FRANÇOIS :

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Créé en mai 1947 le commando des fusiliers-marins " François " porte le nom du lieutenant de vaisseau François Jacques, mort pour la France, à la tête d’une flottille amphibie, en Indochine, le 6 janvier 1947.

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http://cdojaubert.canalblog.com/archives/2013/09/28/28105779.html

 

Engagé en Indochine, le commando François, commandé par le lieutenant de vaisseau Labbens, est basé dans la province de Ninh Binh en mai 1951.

Fin mai 1951 le commando se positionne dans l’église abandonnée du village de Ninh Binh.

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Les 76 hommes (74 européens et 2 supplétifs vietnamiens) du commando ne se doutent pas que le général Giap a programmé une troisième et vaste offensive dans le sud du delta tonkinois avec  trois divisions d’élite et des bataillons régionaux.

Le commando se trouve dans l’axe de progression de la division 308 du général, composée de 8000 hommes et dotée de canons sans recul.

Dans la nuit du 28 au 29 mai, à 4 heures du matin, alors que l’aube va bientôt se  lever, le commando est encerclé.

Nos fusiliers-marins cherchent à briser l’encerclement par une résistance acharnée mais ils finiront par succomber sous le poids du nombre et par manque de munitions.

Le bilan est lourd : on dénombre 40 morts et 9 disparus (dont 5 « présumés fusillés »).

Des 29 rescapés, 5 seront placés en captivité.

Le commando François sera cité à l’ordre de l’armée de mer le 12 décembre 1951 avec la citation suivante : « Ayant en un combat digne des meilleurs traditions miliaires tenu en échec presque un régiment a fait perdre à l’ennemi 24 heures de son attaque.
Par sa témérité, par son ardeur au combat le commando François restera comme un exemple des plus belles qualités militaires poussées jusqu’au sacrifice total 
».

Le commando François a été dissous en mai 1953."

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( Source : Aux Marins )

 

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Avec l' amiral Pierre PONCHARDIER nous aborderons le dernier commando marine.

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Pierre Ponchardier est né le 4 octobre 1909 à Saint-Etienne (Loire) dans une famille d'industriels.

Il entre à l'Ecole Navale le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole, il est attiré d'abord par les sous-marins, puis par l'aviation embarquée.

Lieutenant de vaisseau en 1937, il sert dans l'aéronavale comme chef d'escadrille.

A la fin de la campagne de France, il refuse la défaite et, depuis Bordeaux où son unité s'est repliée, s'embarque avec trente de ses pilotes sur un bateau à destination du Maroc.

De retour en métropole en 1941, il commande l'escadrille 1 B et, clandestinement, prend la relève du capitaine de frégate Nomy dans l'organisation de résistance que celui-ci, compromis, doit quitter en s'envolant pour l'Angleterre.

Avec son frère, Dominique Ponchardier, il met sur pied à la fin de l'année 1942 le réseau de renseignements "Sosies". Bientôt cette organisation couvre la France entière ; Dominique s'occupant de la zone nord et Pierre de la zone sud ; les deux frères rivalisent d'énergie et d'efficacité.

Chef de la partie maritime de ce réseau de renseignements (toutes les côtes de France), le capitaine de corvette Pierre Ponchardier (alias Paul Pierret, Geneviève, Sosie Senior), fournit à partir de janvier 1943 des renseignements hebdomadaires et des documents d'une valeur capitale pour les Alliés (mouvements maritimes sur toutes les côtes de France, abris de sous-marins, ravitaillement en pétrole des sous-marins allemands, photos des défenses des ports, photos du sous-marin de poche, etc.).

A son actif on relève également plus de trente passages de frontière ainsi que la suppression directe de plusieurs membres de la Gestapo. En outre, Pierre Ponchardier a sauvé de nombreux condamnés en les récupérant, les abritant et les convoyant en sécurité.

Recherché sous ses différentes identités et formellement trahi, ainsi que les siens en janvier 1944, il ne cesse pas son service, l'améliorant même de semaines en semaines.

Chargé avec son frère, en août 1944, de reconstituer un réseau en Alsace-Lorraine, les deux hommes font le coup de feu dans tous les endroits sur leur route où le maquis se bat contre les Allemands. Arrêtés au-dessous de Belfort par des éléments en retraite de l'armée allemande, ils réussissent à s'évader dans la nuit du 7 au 8 septembre 1944, bousculant les sentinelles chargées de les garder.

Après la défaite de l'Allemagne, Pierre Ponchardier est choisi par le chef de l'aéronautique navale française, le contre-amiral Nomy, pour constituer et instruire le Commando Parachutiste d'Extrême-Orient qui doit combattre en Indochine (1945-1946).

En 1946, Pierre Ponchardier est promu au grade de capitaine de frégate ; il commande le Groupe de commandos parachutistes de l'Aéronavale puis le Commandant Robert Giraud en Extrême-Orient (1947-1948).

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Adjoint au commandement de la Marine sur le Mékong (1948-1950), il est attaché naval du Général commandant les forces armées en Extrême-Orient (1950-1952).

Auditeur au collège de défense N.A.T.O. (1953-1954), il prend ensuite le commandement du porte-avions La Fayette.

A la tête de la Demi-Brigade de Fusiliers Marins en Algérie en 1956, le commandant Ponchardier est, l'année suivante, nommé Major général du port de Toulon.

En 1957-1958, il reçoit ses étoiles de contre-amiral et commande l'Aéronautique navale en Méditerranée avant d'être nommé sous-chef d'Etat-major général de la Marine en 1958.

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" Ponpon " vient d' apprendre sa nomination au grade de contre amiral.

 

Promu vice-amiral en mars 1960, il occupe dès lors les fonctions de commandant de la zone maritime d'Atlantique sud et de commandant désigné de la base de Dakar.

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Le vice-amiral Pierre Ponchardier est décédé le 27 janvier 1961 dans un accident d'avion sur l'aérodrome de Tambacounda (Sénégal). Les obsèques ont eu lieu à Dakar et l'inhumation à Villefranche-sur-mer.


• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier 1946
• Croix de Guerre 39/45
• Croix de Guerre des TOE (18 citations)
• Croix de la Valeur Militaire
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Evadés

 

( Source : Ordre de la Libération )

 

LE COMMANDO SAS PONCHARDIER :

  LE COMMANDO SAS « B » PONCHARDIER 1945 – 1946 :
PREMIÈRE UNITÉ PARACHUTISTE PRÉSENTE EN INDOCHINE
                      «  A   L A   V I E   A   L A   M O R T  »

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Le Commando Ponchardier est une Unité d' Élite (dissoute) de la Marine Nationale constituée par l'Amiral Henri Nomy à la fin de la Seconde Guerre mondiale sur le modèle des SAS britanniques. Le Bataillon, initialement destiné à intervenir en Indochine au sein du Corps Léger d'Intervention (CLI - 5e RIC) contre les Japonais, est engagé contre le Viet Minh dans la région de Saigon de fin 1945 à fin 1946.

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CRÉATION ET DIFFÉRENTES DÉNOMINATIONS :
 
1er janvier 1945 : création du Commando Parachutiste de l'Aéronautique Navale.

1er septembre 1945 : création du SAS Bataillon.

15 février 1946 : le SAS B devient Groupement autonome et dépend directement du général Leclerc.

HISTORIQUE ET COMBATS :

Le 1er janvier 1945, le Commando Parachutiste de l'Aéronautique Navale s'installe à la BAN d' Hyères Le Palyvestre. Il rejoint le 22 février 1945 le camp de Peterborough afin de recevoir son instruction commando et d'obtenir le brevet parachutiste. Le 29 juin, un détachement de 73 hommes embarque à Toulon et rejoint le 2 aout le camp de Kurunegala à Ceylan.

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Brevet parachutiste Ponchardier.

Le Commando est intégré au CLI-5e RIC du commandant Huard le 1er septembre 1945 et devient le SAS Bataillon. Il ne compte alors que 3 Commandos B1, B2 et B3.

Le Japon ayant capitulé, l'unité est désignée pour combattre le Viet Minh en Indochine et embarque sur le Princess Beatrix et le cuirassé Richelieu pour Saigon où il débarque les 3 et 4 octobre 1945.

À partir du 12 octobre, le SAS B intervient dans la libération du nord de Saigon puis du 25 octobre au 27 décembre il libère la ville de Mytho et la zone Vĩnh Long - Cantho - Tra Cu situées au sud-ouest de la capitale de la Cochinchine.

De retour à Saigon, Ponchardier constitue le 22 janvier un quatrième commando, le B4, à partir d'effectifs du Commando Léger no 2 (CL 2) qui vient d'arriver en Indochine. Du 25 au 30 janvier les quatre Commandos, aidés du 1er Régiment de Fusiliers Marins et du Régiment Blindé de Fusiliers Marins (RBFM) interviennent dans la région de Bien Hoa au nord-est de Saigon.

Le 16 février 1946, en vue d'être parachuté sur Hanoi lors de l'opération Bir Hakeim, le Commando devient Groupement Autonome et dépend directement de la 2è DB Leclerc. L'opération est annulée au dernier moment.

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Le 3 avril 1946, le groupement procède au premier largage d'une antenne chirurgicale parachutiste, constituée des médecins Dumetz, Salinesi et Huc, et destinée à secourir deux blessés graves du III/43e RIC dans la région de Camau au sud-est de Cantho5.

Du 14 avril au 1er mai, le Commando continue les opérations au nord de Saigon - An Loc Dong (14/4), Tan Uyen (17/4), An Son (1/5) - puis au nord-ouest, du 22 mai au 1er juin, autour de Tay Ninh à proximité de la frontière cambodgienne. Il est aidé dans ses opérations par des détachements de la 13e DBLE de la Légion Etrangère.

Le 28 août 1946, le SAS B embarque sur le paquebot Île-de-France et est dissous à son arrivée à Toulon le 17 septembre. En décembre 1947 la Marine Nationale met sur pied un autre Commando Parachutiste qui prend le nom de « Commando Hubert ». Le Commando Hubert deviendra une unité des nageurs de combat en 1953 sous le Commandement du Capitaine Claude Riffaud du Cdo François qui a intégré le Cdo Hubert en 1951.

( Source : Autorité 21 Défense et Histoire Militaire )

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LE COMMANDO PONCHARDIER :

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La Marine accueille une nouvelle unité de commandos marine, le commando Ponchardier, baptisé par le ministre de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian, le 11 septembre dernier à Lorient. Cette unité répond à des besoins spéci­fiques en termes de commandement et de  enseignement des forces spéciales. Le commando Ponchardier incarne donc le renforcement des  forces spéciales de la Marine, le changement de dimension des appuis de la Forfusco vers des  systèmes plus complexes parfaitement intégrés à la Marine et aux forces spéciales, dans un cadre  interarmées. Ils sont environ 150, commandos marine et experts à l’appui des opérations spéciales. Ils  arment les escouades de commandement, mer, terre, 3D et moyens spéciaux et sont d’ores et déjà déployés avec leurs camarades des autres unités de la Force dans le cadre des opérations du  commandement des opérations spéciales (COS) et dans les opérations de lutte contre les tra­cs illicites. Spécialement sélectionnés, formés et entraînés, les membres du commando Ponchardier font preuve  ’une polyvalence, d’une endurance et d’une technicité au cœur de l’action commando. Être  navigateur et pilote ou « gunner » sur Ecume, assurer un raid de plusieurs heures, de nuit, par mer  formée, pour amener les groupes d’assaut sur la cible en sécurité et leur fournir un appui-feu pendant  ’assaut requiert un entraînement et des compétences spéci­fiques. Inutile de leur parler de soutien, les membres du commando Ponchardier  font de l’appui opérationnel et le revendiquent !

Cœur nautique vibrant
L’escouade mer est le pilier maritime à la pointe de la technologie avec la nouvelle embarcation commando Ecume. Dix exemplaires ont été livrés au commando Ponchardier, dont huit ont été admis au service actif. Les équipages poursuivent leur montée en puissance et le commando Ponchardier est déjà paré pour les engager en opérations ! Cinq autres sont attendus d’ici mi-2016. De l’Etraco à l’Ecume, c’est un changement de dimension technologique pour l’escouade mer qui accueille ce système d’arme complexe. Si l’Etraco était une adaptation d’un vecteur civil, l’Ecume a été entièrement conçue pour répondre spéci­fiquement aux besoins des commandos marine. Au résultat, un système plus performant, plus rapide et plus modulable. Quant aux escouades terre, elle met aujourd’hui en œuvre les véhicules patrouilles spéciales (VPS) et les véhicules légers de  reconnaissance et d’appui (VLRA). Elle intégrera bientôt le nouveau véhicule forces spéciales (VFS).  Comme l’Ecume, il s’agit de passer d’équipements « adaptés » à des équipements dédiés et spéci­fiques. Entre rusticité et technique, l’escouade terre, déjà présente sur tous les théâtres d’opération du COS,  répare sa mutation.  En ce qui concerne l’escouade 3D, déjà rodée aux opérations spéciales  aéroportées, elle reste à la pointe d’une technique exclusive aux commandos marine, le « Tarpon ».  Enfin, l’escouade des moyens spéciaux concentre ses savoir-faire essentiellement dans les armes  spéciales, munitions et plongée.

Opérations à la jonction des milieux
Avec ses systèmes d’arme maritimes et terrestres et ses compétences 3D, le commando Ponchardier est la charnière commando marine des emplois en multi-organiques et interarmées. Ses systèmes et ses capacités sont interopérables avec les moyens des autres composantes de la Marine et des autres armées. Qu’il s’agisse d’opération d’aérocordage sur Ecume, d’aérolargage de ses embarcations, de tarpon sur SNA ou bâtiment de surface, de raid ou de combat motorisé terrestre, le commando Ponchardier opère à la jonction des milieux !

Cérémonie de baptème
La transmission de l’héritage

 

V9%20Fanion%20commando%20Ponchardier.jpgLe 11 septembre dernier, sur la pointe de l’Espérance face à la ville de Lorient, le ministre de la Défense a officiellement baptisé le commando Ponchardier. Devant l’ensemble des fanions des unités commandos marine réunis, devant le drapeau du 1er régiment de fusiliers marins, devant les  airs du nouveau commando et devant les descendants de Pierre Ponchardier, le ministre de la  défense a remis  au capitaine de corvette Yann Guillemot le fanion de son unité. Il y a accroché les  arques de son héritage par filiation directe au groupement autonome Ponchardier : deux citations à  l’ordre de l’armée comprenant l’attribution de la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 14-18  avec les olives rappelant l’engagement de 1939- 1945 et la médaille de la Croix de guerre 39-45 avec deux palmes. L’ensemble des membres du commando Ponchardier réunis sur les rangs s’est ensuite vu remettre la fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur avec les olives Croix de guerre TOE  théâtre d’opération extérieure) et médaille militaire 1939 attribuée à tous les marins des unités de commandos marine par filiation au 1er bataillon de fusiliers marins commandos et au commando Jaubert.  

Source: Marine nationale

 

 

 

 

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Je vous propose aujourd'hui d' honorer la mémoire de l' enseigne de vaisseau André JACOUBET.

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Fils de Henri Joseph Robert Alfred et de Thérèse Charlotte Comtat, son épouse, André Jacoubet naît à Toulouse le 6 mars 1913.

Il concrétise sa vocation pour la Marine en entrant à l'école navale en 1932. Après une affectation à Toulon à bord du contre-torpilleur "Chevalier Paul" suivie d'une période d'instruction au pilotage à Villacoublay, il rejoint en 1940 l'escadrille AC2 des forces maritimes du Nord en tant que pilote de chasse sur Potez 631.

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Macaron de pilote de l' aéronautique navale.

Pilote ardent, plein de sang froid et de détermination, il n'hésite pas, lors d'un sévère bombardement de son terrain de stationnement le 10 mai 1940, à décoller et prendre en chasse les avions ennemis qu'il attaque seul, avec une grande témérité, déchargeant toutes ses armes et poussant son attaque à fond malgré le feu ardent de l'adversaire.

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André Jacoubet trouve la mort un mois plus tard, le 17 juin, en combat aérien, au-dessus du territoire de la commune de Lécaude, dans le Calvados. Il est accompagné au cours du combat de son radio, le second maître radio volant Joseph Scouézec.

Ils reposent tous les deux, sous une même tombe, dans l'enclos paroissial de Lécaude.

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L' église et le cimetière paroissiale de Lécaude.

 

Par arrêté du 12 septembre 1940, l'enseigne de vaisseau Jacoubet est inscrit au tableau spécial pour le grade de chevalier de la Légion d'honneur pour faits de guerre, et cité à l'ordre de l'Armée de mer le 17 septembre 1940.

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( Source : Aux Marins )

 

La Marine a honorer son nom en baptisant l' un de ses ( avisos ) patrouilleurs hauturier Enseigne de Vaisseau Jacoubet.

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Bâtiment basé à Brest.

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Un nom qui parlera plus aux anciens, le capitaine de frégate François DROGOU.

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François Drogou est né le 30 décembre 1904 à Bohars dans le Finistère.

Il entre à l'Ecole navale en 1923 et en sort enseigne de vaisseau de 2e classe en 1925.

Affecté sur le croiseur Jeanne d'Arc jusqu'en septembre 1926, il sert ensuite sur le cuirassé Paris avant d'être promu enseigne de vaisseau de 1ère classe en 1927.

Pendant un an jusqu'en octobre 1928, il est affecté sur le torpilleur Enseigne Gabold puis pendant quelques mois sur le cuirassé Condorcet.

D'avril 1929 à mai 1931, François Drogou sert sur le croiseur Primauguet avant de recevoir ses galons de lieutenant de vaisseau en 1932.

Il se spécialise ensuite dans l'arme sous-marine et sert successivement à bord des sous-marins Argo, Oréade, Monge avant de commander, d'août 1937 à juillet 1939, le sous-marin Orion.

Pendant les premiers mois suivant la déclaration de guerre de 1939, il est affecté à la 3e Escadrille de sous-marins et en février 1940, reçoit le commandement du sous-marin Narval, bâtiment de 900 tonnes, avec lequel il opère en Méditerranée.

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Le Narval à Toulon.

 

Au lendemain de l'armistice, le 24 juin 1940, sous l'impulsion de François Drogou se refusant à déposer les armes, le Narval quitte son port d'attache de Sousse à destination de Malte, laissant à terre 31 hommes de son équipage ayant choisi de renoncer.

Rallié au général de Gaulle, avec son état-major et la majeure partie de son équipage, engagé aux Forces navales françaises libres, il garde le commandement du Narval qui reprend ses patrouilles en Méditerranée. Promu au grade de capitaine de corvette en août 1940.

Le Narval effectue une première patrouille du 25 septembre au 8 octobre 1940 en liaison avec le sous-marin britannique Rorqual. Il repart le 25 octobre pour une seconde patrouille entre l'île Lampéduse et les îles Kerkenna jusqu'au 3 novembre.

Le 2 décembre, le Narval repart en mission mais, coulé par une mine, il disparaît glorieusement avec son commandant et son équipage, le 15 décembre 1940, en Méditerranée. L'épave du Narval ne sera localisée qu'en 1957. François Drogou est promu au grade de capitaine de frégate à titre posthume le 1er janvier 1941.


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 31 janvier 1941
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance
• Chevalier du Dragon d'Annam

 

( Source : Ordre de la Libération )

 

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Monument en mémoire aux sous-mariniers du Narval à Brest.

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Jean-Louis Maurette est le premier Français à avoir plongé sur l'épave du sous-marin Narval, premier bâtiment à avoir choisi le camp de la France libre. Le sous-marin repose au large des côtes tunisiennes, par 40mètres de fond.

�Trahi sur toute la ligne, je rallie un port anglais». Nous sommes le 24juin 1940. Après avoir télégraphié ces quelques mots, le capitaine de corvette brestois François Drogou, qui commandait le Narval, quitte Sousse, en Tunisie, et met le cap sur Malte, port tenu par les Anglais. Laissant à terre 31hommes de son équipage ayant choisi de renoncer. Ce sous-marin de 78m, construit en 1925, est le premier bâtiment de guerre à suivre le sillage du Général de Gaulle. Pendant plusieurs mois, il effectuera plusieurs missions en Méditerranée occidentale. Le 15décembre 1940, il sautera sur une mine immergée par les forces de Vichy, à40milles nautiques au large des côtes tunisiennes. Les 50 marins qui formaient son équipage périront. Seuls deux sous-mariniers échapperont au drame. Malades, ils étaient restés à terre. Des conditions rocambolesques Le 10juin dernier, soit plus de 60 ans après le drame, Jean-Louis Maurette, un plongeur de Quimperlé (29), membre de la mission Scyllias (lire ci-contre), a visité, pour la première fois et par 40m de fond, les flancs du Narval. Vingtminutes d'intense émotion. «Cela faisait des années que je travaillais sur le sujet. Un armateur du sud de la France s'était engagé à mettre à notre disposition un bateau de35m. À un mois du départ, il nous a fait faux bond, j'ai dû trouver une autre solution», explique Jean-Louis Maurette. Il y a quelques jours, ce dernier s'est rendu en Tunisie. «Nous avions demandé des autorisations pour plonger. Comme elles ne nous ont jamais été accordées, nous avons plongé en toute illégalité dans une zone ratissée par les gardes-côtes». L'île de Lampedusa où accostent de nombreux réfugiés étant à proximité. Sur place, Sélim Baccar, un de ses amis plongeurs, surnommé le Cousteau tunisien, lui trouvera un bateau. «Un boutre de 6m de long, avec un moteur poussif, armé par un policier qui avait pris un jour de congé et un jeune migrant qui avait été refoulé de France». Les quatre hommes partiront en pleine nuit du jeudi9 au vendredi10juin, entre deux rondes de militaires. Le matériel de plongée caché sous des couvertures. Après sept heures de navigation, ils arrivent enfin sur zone, près des îles Kerkennah. «La Marine nationale française m'avait indiqué approximativement la position du Narval. On a plongé une première fois pendant 25 minutes. On est remonté bredouille». La coque éventrée Ils auront la chance de croiser plusieurs chalutiers. Un des patrons leur indiquera avec précision la localisation de l'épave qu'ils trouveront facilement. «Sélim et moi, on était très émus. Mais déçus en même temps. Car on s'attendait à un meilleur état de conservation de la coque. Elle était éventrée». L'oeuvre probablement de ferrailleurs italiens sans scrupule qui, en 1957, sont venus piller le Narval à l'aide de grappins.«La coque était recouverte d'une épaisse couche d'éponges et de gorgones. En vingt minutes, nous n'avons pu explorer que l'arrière. Soit un tiers de la coque. On n'a pas réussi à localiser l'avant». Aucune trace des occupants du sous-marin. Les ossements ont été dispersés par les courants. Le plongeur est resté sur sa faim. «Il faut absolument y retourner. Je reste persuadé qu'il reste pas mal d'éléments sous l'eau». Cette nouvelle plongée serait aussi l'occasion d'immerger une stèle à la mémoire de l'équipage comme cela se fait dans certains pays. «Il existe une stèle à Brest, près du Château. Mais l'épave se dégrade très vite. Il faut de toute urgence engager une action de mémoire». Actuellement, Jean-Louis Maurette tente de trouver des mécènes pour toucher à nouveau la coque du Narval. Selon lui, 10.000EUR suffiraient pour repartir dans de bonnes conditions. Toujours soucieux de retisser le lien entre le passé et le présent, le plongeur recherche aussi des témoignages de personnes qui pourraient l'éclairer sur l'histoire du sous-marin et de son équipage.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/france-libre-le-narval-refait-surface-30-06-2011-1354230.php#LPUvAgGtaFF0sooA.99

 

http://www.scyllias.fr/actualite_0611_narval.php

 

L' aviso type A69, numéro de coque F 783 fut baptisé Commandant Drogou ( désarmé en 2000 ).

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Basé tout d' abord à Toulon puis en 1994 à Brest.

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Marin et résistant, mort pour la France le capitaine de corvette Henri de PIMODAN.

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Henri Charles Marie de La VALLEE de RARECOURT de PIMODAN

(1911 - 1945)

Henri de Pimodan, né à La Jumellière (Maine-et-Loire) le , mort à Ludwiglust (Allemagne) le , est un officier de marine français.

Capitaine de corvette, résistant, il est arrêté, torturé, puis meurt en déportation.

 

Henri de Pimodan intègre en 1930 l'École navale, en sort 6e et choisit de servir dans les fusiliers marins.

 

Il navigue en Atlantique sur la Ville d'Ys puis sur le Jules-Verne, et ensuite en Méditerranée sur le Duquesne. Il est instructeur en 1937 à l'École des fusiliers2.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, nommé lieutenant de vaisseau en 1940, il navigue sur le croiseur Georges Leygues à bord duquel il se fait remarquer à la bataille de Dakar.

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Il est ensuite sur le croiseur Jean de Vienne basé à Toulon.

Le sabordage de la flotte française à Toulon a lieu en novembre 1942, Pimodan y assiste depuis le Jean de Vienne. Il est nommé ensuite dans un service de reclassement du personnel, puis au secrétariat d'État à la production industrielle. Il entre dans la Résistance, au sein de l'Organisation de résistance de l'armée.

Il est arrêté le par la Gestapo. Torturé, il ne parle pas. Il est déporté ensuite au camp de Ludwigslust en Allemagne. Pendant sa captivité, il est nommé capitaine de corvette le . Il meurt dans le camp le .

 

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( Source : école navale et Wikipédia )

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Aprés une absence reprenons avec le lieutenant de vaisseau Yves LE HENAFF.

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Yves Henri Léon Le Hénaff, né le à Penhars dans le Finistère et mort le pendant sa déportation vers Dachau.

Après son diplôme de l’École navale en 1934 et son service sur le croiseur Jeanne d'Arc en 1937, il fait campagne en Extrême-Orient : il est d’abord chef du service conduite du navire sur l’aviso colonial Dumont d'Urville, puis officier en second de la canonnière fluviale Balny de la flottille du Yang Tsé Kiang. Il rentre en France et sert comme officier en second sur l’hydravion de croisière Antarès. En 1942, il est détaché à Salon-de-Provence comme élève-pilote. Affecté en Afrique du Nord, il rencontre à Oran le chef du service de renseignement après le débarquement allié, et se porte immédiatement volontaire pour assurer des missions spéciales en France occupée.

Après quatre mois de stage intense en Angleterre, il est parachuté près de Châteaulin dans la nuit du 14 au 15 juin 1943. Pendant plus de six mois, il organise l’évacuation de nombreuses personnes vers l’Angleterre. Début 1944, il est rappelé à Londres en raison des risques de plus en plus grands qu’il court. Mais Yves le Hénaff veut auparavant achever une mission importante et ne pas abandonner les 37 personnes à qui il doit faire traverser la Manche : des pilotes de la RAF, des résistants, des militaires dont le futur Général Jouhaud et Pierre Brossolette.

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Monument de la Horaine à Lézardrieux commémorant cette mission d' évasion de France.

 

Le 2 février 1944, il quitte l’Ile Tudy sur une pinasse à moteur baptisée Jouet des flots. Malheureusement, le bateau s’échoue à Feunteun Aod en Plogoff, près de la pointe du Raz. Alors que les Allemands arrêtent une partie des rescapés, Yves Le Hénaff parvient à en évacuer quelques-uns vers Paris. Au cours de cette action, il est fait prisonnier par la Gestapo le 5 février à Audierne.

Incarcéré et torturé à Rennes pendant plusieurs mois, il meurt en juillet 1944 dans le wagon qui l’emmenait au camp de concentration de Dachau.

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Un wagon ayant été utilisé pour la déportation vers les camps de la mort.

 

Le 27 août 1945, le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff a été nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, avec attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec palme.

( Source : Wikipédia )

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La municipalité de l’Ile-Tudy, en lien avec les autorités maritimes, a décidé de rendre hommage aux héros du « Jouet des Flots », vieille pinasse partie de l’Ile-Tudy dans la nuit du 2 février 1944 à destination de l’Angleterre, avec à son bord notamment les résistants Pierre Brossolette et Yves Le Hénaff. Ce samedi 23 avril 2016, une plaque commémorative a été dévoilée sur la plage de l’Ile-Tudy lors d’une cérémonie officielle, présidée par le Préfet du Finistère Jean-Luc Videlaine.

Petit retour en arrière... Dans la nuit du 2 au 3 février 1944, une page d’histoire de la Seconde Guerre mondiale s’est écrite sur la plage de l’Ile Tudy en face de la maison de famille du lieutenant de vaisseau Le Hénaff, rue des chardons bleus.
Il faut remonter un an avant, au 21 janvier 1943 exactement, pour bien comprendre ce qui va se jouer sur cette plage de l’Ile Tudy. Le Commandant Paul Paillole, chef du contre-espionnage français, rencontre à Alger le jeune enseigne de vaisseau de l’aéronavale Yves Le Hénaff qui souhaite rejoindre les réseaux de renseignement qui oeuvrent clandestinement dans la France occupée.

Embarquement de l’Ile-Tudy sur une vieille pinasse le « Jouet des flots »,

C’est ainsi que dans la nuit du 14 au 15 juin 1943, après quatre mois de stage en Angleterre et une opération esthétique de la face destinée à le rendre méconnaissable, Le Henaff sera parachuté dans le Finistère avec son radio, le lieutenant canadien Vanier. Pendant huit mois, il sera en Bretagne l’infatigable animateur d’une mission d’évasion du réseau « TR jeune », dirigé par le capitaine Vellaud (dit Toto), et l’organisateur des liaisons maritimes avec l’Angleterre. C’est dans ce contexte que se situe l’opération « Dahlia ». L’objectif de cette mission consistait à exfiltrer vers l’Angleterre par la mer Pierre Brossolette, journaliste et homme politique, Emile Bollaert et Emile Laffont du Comité français de la Libération, le Commandant Jouhaud, d’autres résistants en particulier bretons, des aviateurs alliés (américains, anglais et belges), les trois officiers du réseau Dahlia : le lieutenant de vaisseau Yves Le Hénaff, le lieutenant canadien Vanier et, le lieutenant Cann, plus le lieutenant Challan-Belval des « TR » (appellation du contre espionnage offensif français à l’époque).

Les 32 membres de cette opération devaient embarquer sur une vieille pinasse le « Jouet des flots », achetée spécialement pour cette évasion à Douarnenez et convoyée à Concarneau pour être immatriculée avec un nouveau rôle d’équipage afin de tromper les Allemands. Pressé par le temps, le patron pécheur Emile le Bris de Douarnenez et son fils Désiré, ne purent embarquer comme prévu un marin de l’Ile Tudy. Lors de son approche de la plage, dans une mer déjà démontée et par nuit noire, la pinasse a talonné vraisemblablement dans les parages de la roche du Teven.

Une voie d’eau compromée gravement l’expédition

Malgré ce problème de navigation, les 32 embarquèrent à la nuit tombée sur le « Jouet des Flots », sous le commandement du lieutenant de vaisseau Le Henaff, afin de rejoindre une vedette britannique au large d’Ouessant. Une voie d’eau apparut en approche des récifs de l’ile de Sein, compromettant gravement l’expédition et la transformant en fortune de mer. Par une périlleuse manoeuvre, ils parvinrent à gagner la terre à Feuten Aod près de Plogoff.
Les membres de l’opération se séparèrent afin d’échapper aux recherches de l’occupant. Certains furent découverts à Audierne, arrêtés, emprisonnés, et connurent une fin dramatique comme Pierre Brossolette qui, interrogé, se défénestra d’un immeuble de l’avenue Foch de la Gestapo pour ne pas parler sous la torture, et le lieutenant de vaisseau Le Henaff qui mourut étouffé, aux pieds de son ancien radio le second maitre Alexis Le Douguet, le 2 juillet 1944 dans ce wagon qui l’emmenait en Allemagne que Christian Bernadac a qualifié de « train de la mort » (64 sur 100 déportés ont trouvé la mort dans ce wagon).

L'Ile-Tudy paiera un lourd tribu suite à cette opération

Emile Bollaert connut la déportation, il deviendra par la suite préfet du Rhône et gouverneur de l’Indochine. Jouhaud deviendra général d’armée aérienne. D’autres ne connurent pas le même sort et sont morts en camp de concentration. Les pilotes américains et anglais de la RAF réussirent à rejoindre l’Angleterre. Parmi eux l’aviateur américain Roy Davidson, rescapé de cette expédition, a relaté en 1993 son histoire avec beaucoup d’émotion et d’admiration pour tous ces hommes et ces réseaux qui lui ont permis en février 1944 de s’évader de France.

L'Ile-Tudy paiera un lourd tribu suite à cette opération. Eric Jousseaume, maire de la commune, a rappelé que « cette opération ne fût certainement pas étrangère à la rafle qui conduira à la déportation de 14 jeunes iliens, dont un seul reviendra ».
Plusieurs enfants de la commune ont pris part à cette cérémonie émouvante en lisant le nom des 32 personnes ayant embarqués sur « Jouet des Flots » .

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Le capitaine de vaisseau Xavier Guilhou a appelé ceux qui passeront devant cette stèle à saluer les sacrifices de ces 32 hommes qui se sont battus pour notre liberté. Une plaque commémorative, qui  honore « tous ceux qui discrètement, dans l'ombre au sein de la population, ont oeuvré afin que ces héros puissent accomplir leur mission ».

 

Un aviso porte son nom LV Le Henaff.

Le Lieutenant de vaisseau Le Hénaff est un aviso de type A 69 classe d'Estienne d'Orves de la Marine nationale. Son numéro de coque est le F 789. Sa ville marraine est Quimper.

Son nom rend hommage à Yves Le Hénaff (1914-1944), officier de marine résistant, mort en déportation.

Le navire devrait être désarmé en 2020 après 41 ans de service.

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Son fanion.

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    • By Bouchon-Gras 49
      Je vous propose quelques clichés de nos marins lors des différents défilés du 14 juillet 2015 :
      Tout d' abord à Paris, sur les Champs-Élysées :

      ( source :  Marine Nationale )
       
      A Perros-Guirrec :

      ( source Marine Nationale )
       
      A Cherbourg :

      ( source Marine Nationale )
       
      En Martinique :

      ( source Marine Nationale )
       
      A Brest :

      ( source Marine Nationale )


      ( source : Musée des fusiliers marins et commandos / Yoann Vergos )
      A Ajaccio :
       

      ( source Marine Nationale )
       
      A Toulon :

      ( source : FJ Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges )

    • By Bouchon-Gras 49
      Vers la fin de l' année 2015, le musée de la gendarmerie Nationale installé à Melun, rouvrira ses portes aux publiques.
      ( ligne de Défense )
      ( Gendarmerie Nationale )
    • By Janmary
      Source =
      http://www.opex360.com/2015/04/12/il-y-100-ans-edgar-brandt-inventait-lobusier-pneumatique/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+ZoneMilitaire+(Zone+Militaire)
       
      Il y a 100 ans, Edgar Brandt inventait l’obusier pneumatique
      Posté dans Guerre 1914-1918, Technologie par Laurent Lagneau Le 12-04-2015
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      image: http://www.opex360.com/wp-content/uploads/brandt-20150412.jpg
      Dans une lettre du RETEX publiée en 2013, le colonel Michel Goya avait souligné la capacité de l’armée française à exploiter les innovations imaginées par ses soldats. Tel a ainsi été le cas pour l’obusier pneumatique portable de 60 mm.
      En 1915, et après la « Course à la mer », les positions des belligérants se figent. Commence alors la guerre des tranchées, laquelle demande de nouvelles armes. Si les troupes allemandes disposent d’une artillerie à tir courbe (Minenwerfer de 17 et 25 cm de calibre), laquelle permet d’atteindre l’intérieur des tranchées adverses, l’armée française ne peut qu’opposer de vieux mortiers en bronze et des armes rudimentaires. Mais, sous l’impulsion du commandant Duchêne, les choses vont évoluer, avec notamment le mortier de 58 mm T. n°1, surnommé le « crapouillot ». À noter qu’au Royaume-Uni, dans le même temps, Sir Wilfred Stokes met au point le « trench mortar » (mortier de tranchée) qui préfigure les mortiers actuels.
      Réserviste d’un régiment d’infanterie et exerçant, dans le civil, le métier de ferronnier d’art après être passé par l’école professionnelle de Vierzon, Edgar Brandt va profiter de ses permissions pour mettre au point une arme redoutable : l’obusier pneumatique portable de 60 mm à tir courbe et à culasse pivotante, reposant sur un affût tripode de mitrailleuse. Il réalise alors un prototype pour le présenter aux autorités militaires. Ces dernières sont immédiatement séduites par cette nouvelle arme, à la fois simple, robuste et légère, et donc révolutionnaire pour l’époque.
      La principale innovation de cet obusier est son mode de propulsion pneumatique, lequel permet de tirer un projectile de petite taille jusqu’à une distance de 400m sans détonation ni lueur. En clair, cette arme, qui se compose d’un tube de 1m30 de long intégré à un réservoir, est discrète et ne demande ni douille, ni charge propulsive.
      Son fonctionnement est relativement simple : on remplit le réservoir de gaz carbonique liquéfié, conservé dans des bouteilles, jusqu’à atteindre une certaine pression correspondant à la hausse voulue. Quand le tir est déclenché, ce dernier se répand brutalement dans le tube et propulse l’obus vers la cible.
      Du coup, Edgar Brandt est affecté à son propre atelier pour honorer une commande de 500 exemplaires de cet obusier pneumatique. Un an plus tard, l’armée en veut 3 000 mortiers de plus, ainsi que 3 millions d’obus.
      « Sa valeur opérationnelle était grande puisqu’il ne produisait aucun bruit, aucune fumée détectrice au départ des coups. C’étaient des coups de surprise et c’était donc une arme de harcèlement souvent employée quand les positions étaient rapprochées, par exemple dans les Vosges », explique, au sujet de cette arme, le général (2S) Guy François, spécialiste de l’artillerie de l’époque, dans les colonnes de Terre Information Magazine de mars 2015.
      Après la guerre, Edgar Brandt a continué à mettre au point des armes. Ainsi, dans les années, il conçoit le fameux mortier de 81mm type 1927-1931 en s’inspirant de celui développé par le britannique Stokes.
      Là encore, sa simplicité d’emploi, sa précision et sa rapidité en font une arme très prisée par les armées du monde entier : les troupes américaines l’utilisèrent, sous l’appellation Mortar M1 et M2, en 1944. Pour la petite histoire, l’ancien ferronnier est à l’origine aussi de la marque d’électroménager « Brandt ».
      Encore aujourd’hui, l’armée française encourage ses personnels à imaginer des produits innovants destinés à répondre à des problèmes opérationnels, via la Mission innovation participative, laquelle a soutenu, en 25 ans d’existence, pas moins de 620 projets, porteurs d’avancés majeures.

      En savoir plus sur http://www.opex360.com/2015/04/12/il-y-100-ans-edgar-brandt-inventait-lobusier-pneumatique/#vyRyXGXiYkzLE7rT.99
       
       
      Quelques commentaires sur cet article qui est à compléter à mon sens.
       
      1° - Aux alentours de 1860, le corps des « fuséens » de l’Armée Française était menacé dans son existence même. La fusée se défendait bien en portée qui dépassait à Sébastopol les 6 km.
      Mais les débuts du tube rayé offraient une précision inégalée. D’autant qu’un jour de grand vent, au polygone de Metz, une fusée avait fait demi-tour et tomba sur la ville.
      L’observation des plus sommaires en précisait la cause .La dispersion au début de la trajectoire de la fusée est celles des rafales de vent qui tend à orienter l’empennage dans le sens de la résultante des deux vitesses, vent et départ de la fusée !
      Le corps des « fuséens » fut expulsé de l’armée vers 1870 malgré quelques améliorations notables encore visible au musée de la Pyrotechnie de Bourges.
       
      2° - La notion de mortier moderne fut le fruit de Carnot qui étudia le rendement des obus, envoyés au hasard dans la ville assiégée de Paris en 1970. Il en conclu qu’un tube tirant des obus en tir courbe, posé sur le sol pour absorber  le recul, était l’arme qu’il fallait à l’infanterie par le fait d’être plus léger que le canon à véhiculer.
      Le premier mortier de 81 mm, dérivé de celui de Coehoorn et de Vauban, fut introduit dans l’armée Française en 1925 par Mr Edgar Brandt un ferronnier d’art. Le mortier, comme ses successeurs, étant décomposable en 3 éléments, le tube, la plaque de base et le trépied que le fantassin pouvait porter à dos d’homme avec un poids chacun de l’ordre de 25 kg. Il tirait vers 3500 mètres.
       
      3° - Source
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortier_%28arme%29
      C'est l’Union soviétique qui fait évoluer le mortier à l'approche et pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1938, elle met en service un modèle plus lourd d'un calibre de 120 mm, destiné à l'échelon régimentaire. Poussés par leur manque d'artillerie conventionnelle, suite aux terribles pertes de l'été 1941, les Soviétiques confient le mortier à des artilleurs privés de canons. Leurs mortiers lourds, regroupés dans des régiments, voire des brigades de mortiers, comprenant 108 pièces, compensent le manque d'obusiers ou de canons. En 1943, un modèle encore plus puissant de 160 mm est mis en service, puis après guerre un de 240 mm, dont l'obus de cent kilogrammes dépasse largement la puissance destructive d'un obus de 155 mm d'obusier. Même si l'utilisation est restreinte du fait de la portée plus courte, cette artillerie au rabais est d'une efficacité redoutable pour préparer le terrain aux unités d'assaut.
       
      4° - Il restait à Mr Edgar Brandt de s’orienter vers une artillerie lourde. Du point de vue balistique, le calibre de 105 mm était insuffisant et celui de 155 mm surabondant. Le calibre Britannique de 4,5 pouces ou 114 mm semblait le calibre optimum. Fut choisi le calibre 120 mm qui donna un mortier de 500 kg, tirant entre 6 à 7 km, beaucoup plus mobile qu’un obusier de 105 mm et même d’un canon de 75 mm qui dépassait les 1500 kg.
      Ce mortier eut un succès considérable dans le Sud-est asiatique, avec une première commande en 1939  en Indonésie, puis en URSS et au Japon.
       
      5° - C’est alors qu’apparut la combinaison du tir au canon et de la fusée. Le rendement imposait cette solution. Le rendement de la fusée est imbattable aux vitesses de plusieurs milliers de mètres par seconde ? Le canon à l’avantage de rester constant dans toute la gamme de vitesses initiales. La combinaison du canon tirant (à faible initiale modérée, donc un poids du mortier plus léger par la réaction du tir) un projectile - fusée (qui augmente sa vitesse régulièrement) s’impose  Plus grande légèreté du matériel, rendement amélioré, charge explosive plus importante, etc.
      Le mortier léger de 120 mm proposé par Mr Brandt à l’Armée Française en 1958, tirant à 6500 mètres un projectile de 13,6 kg fut proposé.
      Au lieu des 500 kg du matériel de 120 mm antérieur, le poids fut abaissé à 80 kg, décomposable, comme le mortier de 81 mm, en 3 fardeaux portés à dos d’hommes, un tube de 27 kg, une plaque de base de 28 kg et un affut bipied de 26 kg et une dispersion 3 fois moins importantes avec ce principe de la semi-autopropulsion, terme adopté en 1945 en France.
       
      6° - D’innombrable systèmes, tant aux USA qu’en URSS suivit ce système de l’obus à propulsion additionnelle tiré à faible vitesse initiale dans un tube.
      Le canon « Caesar » de notre Armée utilise ce système alliant grande portée et positionnement de l’arme sur un camion.
      Des projets (a votre disposition) nombreux furent élaborés sur cette base de la semi-autopropulsion (bombardement de la Ruhr à deux cent kilomètres, en 1939, un canon de 155 mm monté sur vedette rapide pouvant percer les blindages des cuirassés, etc.  .etc.)
      Janmary.

    • By Pendemonium
      Colloque en vue :



      du 9 au 12 mai, Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences humaines, Université de La Rochelle

      Programme et présentation disponible sur : http://www.defense.g...efi-pour-l-etat

      A l'heure ou la France a prit le commandement de la mission Atalante , on a du mal a imaginer la fin de ce fléau maritime uniquement par une mission de police maritime s'étendant sur des millions de km2 d'océan.