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Retour d’Afghanistan : « Bombe le torse et sois fort »


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  • Spécialiste

Sur le coup, j'ai failli cliquer sur "fermer" lorsque j'ai vu rue89. Et au final, je trouve l'article plutôt bien fait, généraliste

Je vous cite la fin pour vous convaincre de le lire en entier:

(...)

"Je vois dans leur regard que les gens se demandent si j’ai tiré sur des civils. »

Ce sentiment de revenir dans l’indifférence a pris un goût plus prononcé ces dernières semaines. Beaucoup de soldats reviennent désabusés, un sentiment d’inachevé en bouche :

« Ça sent le retrait. On se demande parfois à quoi tout cela sert, a servi. En France, on reprend le train-train quotidien sans reconnaissance particulière. »

Et l’on retrouve les deux objectifs de Marlène Peyrutie : alerter des risques de post-traumatisme et secouer une opinion publique qui retrouve ses soldats dans l’indifférence la plus complète.

article : http://www.rue89.com...ois-fort-231882

Parfois, faut savoir vaincre ses préjugés.

Comme à l’accoutumé, l'armée n'est pas à l'honneur mais l'article ne fustige pas les soldats, ne les caricature pas. Bien que ne traitant que des cotés sombres, il pointe néanmoins les lacunes qu'engendrent cette guerre en citant les 2 mauvais coté qui sont, à mon sens, encore trop passé sous silence.

Et l'étouffement annoncé avec le retrait risque bien de faire passer cette guerre sous silence ensuite.

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  • Staff

@ Pendemonium

Citation =

Et l'étouffement annoncé avec le retrait risque bien de faire passer cette guerre sous silence ensuite.

Très certainement seront traité sous silence également les hommes qui auront servis dans ce pays.

Nous n’avons pas parlés de l’Algérie pendant près de 30 années après nos retours.

Parfois, entre nous, quand nous avions la chance de se faire un ami dans l’entreprise dans laquelle nous travaillions, nous évoquions quelques souvenirs plus proches de se convaincre que nous étions plus proche de la normalité que des gens qui nous entouraient.

Même dans nos associations d’anciens combattants d’aujourd’hui, nous ne parlons pas des engagements effectués dans des opérations extérieures.

Quand à nos épouses et enfants, ils sont dans un autre siècle et une autre vie, et peut-être, encore une fois, l’histoire se renouvellera t-elle avec les générations de ces derniers ?

Dans le film « L’honneur d’un Capitaine » de Pierre Schoendoerffer, il y des propos, Oh ! combien réaliste lors du procès intenté par la femme du capitane Caron pour lui restituer son honneur, lors de la déposition du colonel de l’école des officiers de Saint-Cyr et ex supérieur de ce capitaine.

« La Nation à le droit de prendre, de rejeter, de désavouer, et la République doit rester vierge et innocente ! »

Janmary

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  • 3 months later...
  • Moderator

Le soucis c'est que l'on cherche des réponses aux question après l'action c'est avant qu'il faut y penser cela permet une communication à la nation claire et franche sur nos actions et cela justifie les sacrifices de tous niveaux.

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  • Staff

@ Tobonarine

Le souci c'est que l'on cherche des réponses aux questions après l'action c'est avant qu'il faut y penser cela permet une communication à la nation claire et franche sur nos actions et cela justifie les sacrifices de tous niveaux.

Enfin, des propos emprunts du plus élémentaire bon sens !

Mais, il y a quelques années, combien de personnes osaient manifester des opinions différentes et opposées concernant notre engagement en Afghanistan, y compris sur notre forum du reste ?

Par ailleurs, les militaires en général, attendent toujours une reconnaissance particulière pour leurs engagements d’avoir servi la Nation.

Les anciens d’Indochine, le Harkis d’Algérie, les coloniaux des pays noirs qui attendent des retraites et/ou des pensions à taux égaux à ceux des métropolitains, comme suite à leurs engagements dans le conflit de la seconde guerre mondiale attendent toujours cette reconnaissance.

Je ne parle pas des GI’ ou des Marines de retour du Vietnam qui furent hués à leurs retours au pays ou des appelés du contingent en Algérie dont les études furent stoppés pour aller participer au quadrillage opérationnel et de servir dans des régiments parachutistes renommés.

Qu’en restera t-il au retour dans la métropole ?

J’ose à peine le dire !

Tout simplement de l’indifférence (nous en resterons là), ce qui est quand même mieux que la haine que subirent les « appelés » ou les volontaires américains du Vietnam.

L’engagement en Afghanistan s’est justifié pour assister nos alliés et amis Américains dans le cadre d’assistance, ou, du reste, les forces spéciales Française furent félicitées par le Congres Américain pour leurs actions.

Nous aurions du partir de ce pays lorsque les Canadiens se désengagèrent et quittèrent cette région. J’ai soutenu cette position à l’époque.

Notre mission était terminée à la vue que prenait la tournure des événements.

La guerre n’était pas gagnable au vue des effectifs, des missions assignées et de objectif final à réaliser.

C’est dans ce contexte mal taillé, mal engagé que nos militaires doivent être salués pour au minimum l’effort qu’ils ont consentis et pour l’abnégation dont ils sont fait preuve.

Janmary

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  • Administrateur

J'avais déjà lu cet article, il y a quelques temps. Il ne me gène pas, puisqu'il ne fait que mettre le doigt là où ça fait mal. Mais il fait part d'une vérité peu connue et peu médiatisée.

Alors, grande muette oblige, les soldats n'étalent pas ces difficultés à la une des médias. Seules les familles parfois le font. C'est ausii une sorte de thérapie pour ces familles. Ca permet d'extérioriser quelque chose, une difficulté qu'on ne peut garder enfouie, au risque de se détruire à petit feu.

En tout cas, je trouve le ton employé dans l'article, assez neutre et empreint d'un recul de bon goût. Il ne verse pas dans le larmoiement et fait juste part d'une réalité méconnue.

En réponse à Janmary. Je te rejoins sur l'indifférence affichée par la population. Sauf à être directement concerné, par un proche, par la famille ou par notre sensibilité à la chose militaire.

Mon père (4 ans en Idnochine) m'a bien souvent raconté cette indifférence, lorsque nos soldats débarquaient à Marseille du "Pasteur". Ou que les dockers de l'époque se mettaient en grève et refusaient de débarquer les cerceuils des soldats tués en Indo.

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je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

On peut avoir une opinion personnelle, mais elle doit rester personnelle et en aucun cas divulgué à un journaliste, c'est limite un manquement au devoir de reserve.

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  • Staff

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

Aux politiciens et surtout aux citoyens et à la Nation de juger.

Les gouvernements Britanniques, Hollandais, Allemands, Espagnols, etc. de par leur Constitution, doivent avoir l'autorisation du législateur (Parlement) pour l'envoi de force en opérations extérieures pour une durée déterminée, et au delà de cette date, une nouvelle autorisation de prolongement est obligatoire.

Notre Constitution fait du Président de la République un véritable Monarque.

Il y à eu des débats à l'Assemblée Nationale mais pas de débats de décision, puisque inutile !

Janmary

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  • Administrateur

je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

On peut avoir une opinion personnelle, mais elle doit rester personnelle et en aucun cas divulgué à un journaliste, c'est limite un manquement au devoir de reserve.

Sauf que l'article de Rue 89 ne parle spécifiquement pas de çà! Il parle de la difficulté de la recontruction, de la resocialisation au sein de la société, pour des gens qui en ont été exclus pendant la durée de leur opex. Alors bien sûr, l'indifférence, réelle ou affichée joue son rôle dans cette resocialisation.

Par ailleurs, je ne crois pas une seconde au fait que certains d'entre nous n'auraient aucun besoin de reconnaissance. La valorisation, la reconnaisssance d'une activité, d'un travail commence dès le plus jeune âge et aide à se construire.

Un enfant qui n'est jamais félicité, n'aura pas une estime de soi suffisante pour s'affirmer au sein de la société.

On parle ici pour nos soldats de reconstruction et cette reconstruction, passe par la reconnaissance des efforts et des sacrifices consentis. Ce n'est sans doute pas suffisant, mais c'est un préalable indispensable à mes yeux.

Qui n'a jamais été flatté, même sans rien en dire ni montrer, d'être reconnu, officiellement ou non, pour ce qu'il a fait de bien? Qui?

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  • Moderator

je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

Il est plus facile de se courir vers un destin incertain lorsque l'on sent que ça "pousse" derrière, qu'il y a une nation soudée.

Avoir un avis est un devoir de citoyen, seuls les mercenaires n'ont pas d'avis. De plus les soldats (20-25 ans) qui arrivent font partie de la why génération, il faut leur expliquer pourquoi ils vont devoir risquer leur vie (outre le fait que la France le leur demande), une foi cela fait ils se jettent dans le pire des enfer sans soucis. Et cela évite aussi les décisions à l'emporte pièce où ce sont les gars qui trinquent au final, l'histoire de notre armée en est pleine d'exemples. Cela augmente l'autonomie des gars au feu, puisqu'ils savent ce qu'il faut faire.

A mon sens c'est pas plus mal.

Après en effet le soldat doit être fier de ce qu'il a fait, mais il est difficile de dire à un gamin de 24 ans "tu ne marcheras plus et tout le monde s'en fou", il doit se reconstruire pour aller de l'avant et cela passe aussi par la reconnaissance, une poignée de mains dans la rue, un regard aux caisses du super U, un peu plus de gens sur le pont Alexandre III... Pas forcément un étalage médiatique, nos gens sont humbles et simples, ce ne sont des stars.

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On peut aussi être concrêt et ouvrir en test un topic anonyme pour pouvoir aider humblement mais concrètement des soldats , par relation, aide psychologique , aide juridique, réconfort , amitié etc...car le retour à la vie en métropole , à son quotidien, à l'inaction, au sentiment légitime de frustration à l'échec ...

Le président français est un monarque de fait , ce cela ne gêne pas le corps électoral ni les partis politiques. Nous sommes un pays latin qui admirons les pays du nord et le raisonnement s'arrête là!

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  • Staff

Il y a un travail d'accompagnement très important qui est fait à l'intérieur des régiments, encore faut-il que les intéressé surmontent leur pudeur et aillent parler de ce qui ne va pas.

Et puis la cohésion de groupe n'est pas un vain mot, les militaires sont soudés et si, à l'extérieur, les familles et les amis entourent l'intéressé et sont présents, cela facilite le retour.

Mais il faudrait aussi développer une certaine capacité d'autonomie individuelle pour affronter les situations extérieures de la vie civile.

Cela passe par une affirmation de la confiance en soi dont parlait Berogeitabi dans son post.

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  • Staff

Les militaires de retour d'OPEX, quel que soit leurs états psychologiques, se retrouve dans leurs casernements, entre eux, avec leurs proches.

Au retour d'Algérie, les proches pensaient que nous étions devenus des hommes et nous raillaient, les autres pensaient que nous avions pratiqués la torture, et dans tous les cas de figures, nous devions rechercher un travail !

Il y à eu explosions de colère froide avec quelques jeunes filles et jeunes femmes qui commençaient à travailler en nombre sur Paris au vue que la plupart avaient largués leurs "fiancés" partis 28 mois et qui ne s'occupaient plus d'elles !

Arguments imparables !

Heureusement que les hommes savent garder leur calme et maîtriser leurs nerfs !

Ne nous fachons pas !

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Je suis désolé JanMary que vous ayiez eu à subir ce type de comportement à votre retour d'Algerie, à priori tout comme mon père qui a fait deux années dans une unité combattante et qui a eu le même type de ressentiment à son retour.

Si quelqu'un de retour d'afganistant , comme je suis un civil hors milieu, ( sauf pour des bières ) a envie de parler hors milieu justement surtout pour des raisons psychologiques , suis à sa disposition même pour une aide technique dans la mesure de mes possibilités , je lui donnerai ma ligne téléphonique également. On n'est pas forcément seul

Il va falloir que nos soldats de retour d'opération fassent leur deuil de cette période , ce n'est pas aussi simple que cela, c'est un processus long et lent, des nuits difficiles forcément

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  • Staff

C'est très sympathique Magellan comme proposition, ce que tu as écris, et ça t'honore.

Perso, sur le fond, nonobstant le caractère évident de l'accompagnement au retour, je pense qu'il ne faut surtout pas enfermer ceux qui rentrent dans leur situation. Ce ne serait pas leur rendre service.

Et puis, l'Institution militaire prends les choses en main, par exemple le temps de décompression à Chypre.

Mais surtout la vie ne s'arrête pas pour eux, elle continue, et le futur est à écrire.

Ce qui me soucie plus c'est de faire croire que c'est une situation traumatique, même, si elle est complexe, faisant passer ces miltaires dans une catégorie de gens à problème.

Parce que c'est leur avenir qui se joue, et de l'extérieur, les gens pourraient aussi douter de leur mental et de leur capacité à surmonter l'épreuve.

Il faut qu'ils témoignent qu'ils sont encore plus forts et aguerris qu'avant.

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  • Moderator

Au ami ancien étudiant en psychologie a fait un stage il y a quelques années au service psychologique de la Basefusco (Lorient) et son analyse était intéressante car les gens venaient tout doucement du fait non pas du regard des autres mais de leur propre regard.

"Depuis tout petit dans votre carrière vous êtes la crème de la crème, le dernier rempart, votre moral est à toute épreuve car votre entrainement vous prépare à résoudre bon nombre de situations complexes voire désespérées. Et là du jour au lendemain c'est dur, vous flanchez et vous n'avez qu'une peur décevoir vos camarades, qu'ils vous retirent leur confiance car vous n'êtes plus au top et d'être exclu de ce job pour lequel vous avez tout donné. Alors qu'ils voient que tout ne va pas bien et n'attendent qu'une chose vous aider."

C'est grosso modo ce qu'il me disait casque sur la tête, arme au poing durant nos longues nuits de surveillance face au vide de Coëtquidant.

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C'est effectivement la solution qui s'imposent à eux : continuer à aider les autres sans s'écouter soi même. Cependant, on est des hommes , que des hommes mais ne surtout pas penser que ce sont des gens à problème , comme le dit belle, les aidera de facto.

J'aimerai bien qu'un deux écrive un peu son vécu ici et nous fasse des récits du quotidien , ce sait que c'est impossible

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  • Moderator

Pas beaucoup de monde viendront écrire leurs vécus ici.

Beaucoup de militaire n'ont pas vécu l'opex de la même manière... beaucoup on qu'une envie c'est d'y retourner, d'autre... ne veulent même plus en entendre parlée...

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  • Staff

Je souscris à vos posts Belle et Tobonarine !

Il est souhaitable que les unités revenant d'OPEX restent - c'est mon sentiment - entre militaire et en famille au sein du même casernement.

Et puis, l'Institution militaire prends les choses en main, par exemple le temps de décompression à Chypre.

Je pense que c'est le minimum que puisse faire l'institution !

Eviter que les militaires se croient encore en Afghanistan alors qu'ils sont dans un autre cadre !

Il y a besoin d'un laps de temps de changement de situation.

Nous avons eu droit à notre retour, à un cheminement par bateau !

Ce fut heureux car c'est un laps de temps ou les cotes de l'Algérie d'estompaient avant que celle de France n'apparaissent avec entre temps du ciel dégagé et une mer à peu près calme.

Nous avons eu le temps de croire que quelque chose avait changé, une longue permission sans doute ! Le retour à la vie civile ?

C’est après que le traitement de choc eut lieu.

J’ai longtemps dormi avec une arme sous l’oreiller !

Mais au moins, je faisais mes nuits !

Il est difficile de faire les comparaisons entre hier et aujourd'hui, ne fut-ce pour la bonne raison que je ne connais pas les OPEX actuellement !

Quand aux vécus, il y en a autant que de participants effectivement !

Le ressenti est personnel !

Janmary

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Bonjour,

Effectivement comme le signal janmary, comparons ce qui est comparable. Dans mes propos je faisais états des conflits "nouveaux" (si on peut appeler ça comme cela) , je ne me serais pas avisé de parler pour les anciens d'indochine et d'algérie qui sont les mieux à même d'en parler.

Pour les Opex actuelles, tout dépend des missions, des unités engagées et de son rôle. Chacun vit ça à sa manière, suivant du milieu où l'on vient, l'éducation que l'on à reçu, sa propre apréhension et de son entrainement. On peut considérer que chaque cas est unique, ce qui fait la complexité des équipes médicales à déceler les traumatismes subis.

Je prends en exemple quelques missions auxquelles j'ai participé (entre autre) :

1) Rwanda dont le travail sur le terrain consistait à ramasser des morts en décomposition au bord des routes et de les mettre dans des sacs pour éviter les épidémies

2) Bosnie au moment ou les snipers faisaient régner la loi dans sarajevo ?

3) le golf où les hommes étaient en permanence sous pression à cause des risques NBC ?

4) le kosovo à faire le bouclier humain entre serbes et kosovars sans pouvoir réagir ?

5) Les premières troupes française arrivées un mois avant la logistique et balancées en plein milieu du désert nord somalie ?

J'ai pris la peine de prendre des missions bien différentes afin de différencier les difficultés, l'hostilité du milieu, mais aussi un facteur qui rentre rarement en compte, la frustration des soldats fasse à certaines situations.

Des missions totalement différentes, je suis curieux de connaitre votre avis sur laquelle aurait pu laisser le plus de traces ?.

Cordialement

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  • Staff

Bonjour,

Pour les Opex actuelles, tout dépend des missions, des unités engagées et de son rôle. Chacun vit ça à sa manière, suivant du milieu où l'on vient, l'éducation que l'on à reçu, sa propre apréhension et de son entrainement. On peut considérer que chaque cas est unique, ce qui fait la complexité des équipes médicales à déceler les traumatismes subis.

bonjour,

Effectivement la complexité du travail des équipes médicales est importante.

C'est intéressant de le rappeler.

Et donc pour déceler les traumatismes subis, des tests psycho techniques ont-ils été mis en place?

J'imagine que c'est le travail du S.S.A., de mettre en place des temps d'évaluation individuels réguliers.

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Je ne sais pas si c'est en place maintenant, mais à part la visite retour et les prises de sang, je n'ai jamais vu aucun test hors mis l'entretien avec le médecin chef qui n'a rien de différent par rapport à une VSA.

Par contre pas beaucoup de volontaire par rapport à ma question précédente, je vais donc répondre à la mission qui a laissé le plus de traces dans mon unité.

Le Rwanda, car aucun entrainement ne prépare à mettre en sac des femmes et des enfants contrairement à toutes les autres missions citées qui ne sont que des formalités quand on a reçu la formation nécessaire.

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  • Staff

Je ne sais pas si c'est en place maintenant, mais à part la visite retour et les prises de sang, je n'ai jamais vu aucun test hors mis l'entretien avec le médecin chef qui n'a rien de différent par rapport à une VSA.

Par contre pas beaucoup de volontaire par rapport à ma question précédente, je vais donc répondre à la mission qui a laissé le plus de traces dans mon unité.

Le Rwanda, car aucun entrainement ne prépare à mettre en sac des femmes et des enfants contrairement à toutes les autres missions citées qui ne sont que des formalités quand on a reçu la formation nécessaire.

Merci de la réponse.

Concernant la difficulté des missions, je pense bien que ce qui s'est passé au Rwanda représente un vrai désastre humain indescriptible dans sa violence. Et affronter cette mission a du être très sévère pour les unités engagées.

Je pense aussi à l'Afganistan car le risque vital est engagé en permanence. La pression sur le terrain est maximale, la tension toujours présente, et le droit à l'erreur absent. 6 mois d'OPEX comme ça, c'est conséquent.

Et sinon, le Kosovo semble être une mission difficile mais avec un engagement différent.

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  • Spécialiste

Pour le Kosovo, le calme apparent est le danger.

ça pête rarement mais souvent violemment.

J'ai eu quelques retex du Rwanda et effectivement, rien ne prépare à ce qu'on m'a raconté....

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  • 2 months later...
  • Spécialiste

Traumatismes de guerre : le ministre promet "une nouvelle stratégie"

(...)"Il a fallu attendre la première guerre du Golfe, le Rwanda et surtout l'Afghanistan pour que ces blessures invisibles nous interpellent à nouveau, cette fois de façon décisive", a déclaré Jean-Yves Le Drian. "L'enjeu, a indiqué le ministre, est de lever ce voile d'invisibilité qui pèse encore, pour une part, sur ces traumatismes dont on ne soulignera jamais assez la gravité." Pour lui, "il est clair que le volume et l'intensité des combats auxquels nos soldats ont été soumis en Afghanistan va accroître le nombre de blessés psychiques. Cela impose une nouvelle stratégie".(...)

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/10/24/traumatismes-de-guerre-le-ministre-promet-une-nouvelle-strategie_1780410_3210.html#xtor=RSS-3208

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    • By Bouchon-Gras 49
      En ce jour du 11 novembre 2019, où nous commémorons pour la 101 fois l'armistice et la fin de la Grande guerre mais aussi tous nos soldats morts pour la France en OPEX, une question ce pose ;
      La mort du soldat est elle devenue intolérable ?
      Pour commencer ce sujet, je post un article de France Culture :
       
      Entretien | La société n'accepte plus la mort du soldat comme elle le faisait par le passé. Entre les grandes hécatombes de 14-18 et aujourd'hui, tout a changé. Professeur d'histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Hervé Drévillon analyse ces évolutions.
       
      "Douze ans d'Afghanistan équivalent à 22 minutes de la guerre de 14-18 [en nombre de morts]" : Ces mots sont ceux de l'ancien chef d'état-major de l'armée de Terre Elrick Irastorza dans un documentaire diffusé sur France 2 en 2014. L'Embuscade revenait sur l'attaque des talibans contre un détachement de l'armée française en 2008 dans la vallée d'Uzbin. Cet affrontement avait causé la mort de dix soldats français, bilan le plus lourd depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait tué 58 militaires.
      Dans les deux cas, ces faits ont soulevé une grande émotion. Pourtant, les bilans humains de ces attaques sont loin de ceux des grands conflits du passé. Lors de la Première Guerre mondiale, qui s'est achevée il y a 101 ans, 1,4 millions de soldats français ont été tués. Entre hier et aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé : intolérance à la violence, protection de l'individu, respect de la vie humaine, pacification de la société, nouvelles doctrines militaires, prise en compte de l'opinion publique... 
      À l'heure où un mémorial aux soldats morts en opérations extérieures depuis 1963 est inauguré ce lundi, entretien avec l'historien Hervé Drévillon, professeur d’histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur de l’institut des études sur la guerre et la paix.
       

      Nombre de soldats français tués lors des principaux conflits depuis 1914.• Crédits : Visactu - Visactu
       
      Le métier de soldat a toujours impliqué d'être prêt à sacrifier sa vie pour défendre son pays. Mais entre la Grande Guerre, où les pertes humaines sont considérables et consenties, et aujourd’hui, où la mort d’un militaire est considérée comme un échec, qu’est-ce qui a changé ?
      Deux choses ont changé et la première est l'évolution du rapport des sociétés à la mort. Au sortir de la Première Guerre mondiale, il faut rappeler un autre événement marquant : l'épidémie de grippe espagnole qui cause la mort de 20 millions de personnes, plus que la guerre, 19 millions. À l’époque, les sociétés sont encore confrontées à ce péril épidémique de morts massives et la présence de la mort dans la vie quotidienne est beaucoup plus patente qu’aujourd'hui ; l'espérance de vie est plus faible. 
      Le deuxième critère est le changement des pratiques de guerre. Aujourd’hui, les sociétés européennes sont impliquées dans des guerres qui sont d'une nature totalement différente de tout ce que l'on a vu pendant la Première Guerre mondiale : une guerre massive, engageant ou mettant en péril la totalité de la nation, la totalité de la population... Ces perspectives là n'existent plus : aujourd’hui, les guerres menées par les puissances européennes comme la France sont des guerres d'opérations extérieures. La société n'est plus du tout impliquée de la même façon. Et donc, le rapport de ces sociétés à la mort militaire, a aussi beaucoup changé. Par ailleurs, les types de guerres qui sont menées sont des guerres limitées, qui provoquent de faibles pertes : par exemple, la contre insurrection qui mélange le registre guerrier, policier et politique. Les dernières guerres de masse vécues par les sociétés européennes remontent à la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu une résurgence avec les guerres de décolonisation, mais qui n'étaient pas vraiment des guerres de masse. Ainsi, la société française a perdu l'habitude de ce type de conflit et la mort du soldat est devenue numériquement plus faible.
       
      Les soldats de la Première et de la Seconde Guerre mondiale consentaient à leur sacrifice car ils défendaient le territoire et la Nation en péril, un cas de figure qui ne se pose plus aujourd’hui ?
      Exactement. On parle même de guerre totale pour désigner les deux conflits mondiaux, même si ce concept peut être discuté. Il s’agissait de conflits qui menaçaient et impliquaient l’ensemble de la société. Et cet engagement total et massif banalisait en quelque sorte les pertes militaires. 
       
      Historiquement, y a-t-il une érosion du consentement au sacrifice ?
      Oui et on commence à voir cette érosion au lendemain de la Première Guerre mondiale, car la mémoire de ce conflit s’est construite sur le mode du sacrifice de la victime, plus que du héros. Regardez l'image archétypale du poilu telle qu'elle se construit dès les années 20. Au delà de la victoire, qui est célébrée par le défilé du 14 juillet 1919, quel est le personnage qui incarne le combattant de la Première Guerre mondiale ? C'est le soldat inconnu, qui est une victime. Il y a donc cette perspective victimaire, qui vaut aussi pour les gueules cassées, pas seulement pour les morts. Ce sont eux qui concentrent l'image du soldat de la Première Guerre mondiale, reprise par les associations d'anciens combattants, qui se sont construites dans ce module victimaire et dans une certaine forme de refus de la guerre. 
      La Seconde Guerre mondiale n'a pas eu les mêmes effets en termes de pertes humaines mais malgré tout, le paradigme victimaire a resurgi. Et d'une certaine façon, je dirais que la Seconde Guerre mondiale a encore amplifié cette évolution qu'on a vu commencer au lendemain de la Première Guerre mondiale. L'ensemble constitue un moment décisif dans l'affirmation de cette posture victimaire, qui fait du soldat une victime plus qu'un héros. 
       
      La doctrine militaire a-t-elle aussi évolué ?
      Effectivement, car la doctrine militaire, à la veille de la Première Guerre mondiale, intègre totalement la dimension du sacrifice. La pensée militaire de l’époque est obsédée par le constat de l'évolution des capacités de destruction et de la puissance de feu. On parle de guerre industrielle et tout le monde a parfaitement conscience que la prochaine guerre sera extrêmement sanglante, qu'elle provoquera beaucoup de victimes. 
      Mais comment la doctrine militaire se positionne par rapport à cette problématique ? En valorisant ce que l’on appelle le facteur moral : la motivation patriotique et le culte du sacrifice. Cela apparaît comme un moyen de surmonter le développement des capacités de destruction. Mais c'est paradoxal, car la fin du XIXe siècle correspond aussi à l'affirmation de la République en France. Or, sur le plan militaire, la République s'est construite depuis la Révolution française sur le principe du respect de l'individu et sur le respect du soldat. On ne peut pas traiter le soldat comme de la vulgaire chair à canon car le soldat est un citoyen. Il y a un moment très particulier qui est le centenaire de la Révolution, en 1889. C'est le moment où est panthéonisé un personnage emblématique : Lazare Carnot. C'est lui qui a géré la guerre en 1793 et surtout en 1794. Et c'est lui qui a été ce gestionnaire vraiment très scrupuleux de la guerre de masse et qui a mené vraiment une guerre économique. C'est ce qu'il explique notamment dans ce qu'il appelle le système général des opérations militaires de la campagne prochaine, qu'il élabore en fin janvier 94.
      La Troisième République se réfère beaucoup au modèle de la Première République et à ce moment là, on voit évoluer la thématique du sacrifice et on voit se dessiner deux conceptions antagonistes du sacrifice militaire. Vous avez une conception que je qualifierais de totalitaire, même s’il s’agit d’un anachronisme car le terme n’est pas employé à l’époque. C'est la conception défendue notamment par les ligues d'extrême droite et en particulier par Maurice Barrès. Maurice Barrès dit : “L'individu n'est rien”. C'est une négation de l'individu, qui est aussi une négation de la singularité du citoyen. Et le citoyen, selon Barrès, doit se diluer dans les intérêts de la Nation, Nation qui est conçue comme une entité holiste. La Nation n'est pas la somme des individus mais une entité qui s'impose à tous les individus et c'est comme cela que cette conception se prolonge dans la dimension militaire et intègre totalement la dimension du sacrifice. Mais face à cette conception là, vous avez des théoriciens de la guerre et en particulier Jean Jaurès, qui publie en 1911 l'Armée nouvelle. Il assume pleinement la dimension sacrificielle mais il lui donne un tout autre sens. Dans cet ouvrage, il écrit (en substance) : “Comment peut-on faire pour qu'un soldat accepte de monter à l’assaut sous le déluge de feu ? Alors que ses camarades sont en train de mourir, alors que lui-même est menacé ? Cet objectif ne peut s'obtenir que par le consentement individuel”. C'est seulement par le consentement éclairé des individus qui acceptent, je le cite, de mourir pour une idée. C'est donc le principe de la République. 
      Mais Jaurès est assassiné à la veille de l’entrée en guerre et cette idée de consentement du soldat meurt avec lui ? Par ailleurs, consentement difficilement atteignable ! À l’époque, le service militaire est obligatoire et la doctrine est celle de l’offensive à tout va, très coûteuse en vies humaines…
      Bien sûr, en pratique, ce principe du consentement est une abstraction. Parce que si l’on dit que le soldat doit être un individu éclairé et doit se sacrifier de façon délibérée, cela veut dire aussi qu’il doit avoir la liberté de ne pas consentir. Le fondement du consentement est d'inclure le non consentement. Sinon, c'est de la contrainte. Effectivement, il y a donc une dimension du consentement forcé et coercitive. Car il y a aussi un refus de la guerre dans la société française, mais qu’on a beaucoup occulté, notamment après la Première Guerre mondiale, à propos du sort des fusillés et des mutinés. On pense notamment aux fameuses mutineries de 1917. Donc, il y a aussi, bien sûr, un refus de la guerre. 
      Et c'est cela le paradoxe du modèle républicain, qui réclame le consentement de l'individu sans accepter le non consentement. Car le non consentement pose un risque de déstabilisation de la République, un risque insurrectionnel, etc. Et donc, au moment de la Première Guerre mondiale, les autorités politiques et militaires, effectivement, ont eu des difficultés pour gérer cette dimension là. Et quand même, on a vu se mettre aussi en place une dimension coercitive à une dimension de, disons, de consentement forcé.
      Car il ne faut pas oublier que la Première Guerre mondiale a été une mise à l'épreuve de la République. Si la France avait perdu la guerre, le régime politique n’aurait probablement pas survécu. Il ne faut pas oublier que les guerres précédentes qui se sont terminées par des défaites, la guerre de 1870, les guerres napoléoniennes, ont provoqué des ruptures politiques : l'Empire s'est effondré en 1815, le Second Empire s'est effondré en 1870. Les guerres à cette époque là engageaient la totalité de la Nation. D’ailleurs, en 1940, la République ne survit pas à la défaite. 
      En 1918, la République a finalement survécu mais elle est sortie renforcée de la Grande Guerre. Et la figure qui incarne la victoire n’est pas celle des maréchaux mais celle du soldat inconnu, ce qui est une forme d’héroïsation - et de victimisation - du citoyen individuel, du citoyen soldat. Et cela, c'est vraiment une symbolique républicaine. 
       
      De la Première Guerre mondiale à nos jours, la doctrine militaire a-t-elle évolué vers l’économie des vies humaines ? On pense notamment à la guerre du Golfe. On avait beaucoup parlé à l'époque de l'objectif zéro mort de l'armée américaine.
      Absolument. Et il faut dire que la guerre du Golfe a été un moment décisif. En 1991, à une époque où la conscription existait encore en France, s'est posée la question d’envoyer des conscrits dans cette opération extérieure, qui allaient risquer leur vie. La guerre du Golfe a été un élément décisif dans le processus qui a amené cinq ans plus tard, en 1996, à la suspension de la conscription (et non à sa suppression) . Pourquoi ? Parce que le constat qui a été fait à cette époque a été de dire désormais, la France ne sera plus engagée que dans des guerres de type “opération extérieure”. D'une part, on n'a plus besoin de la levée en masse. Et d’autre part, ces actions ne mettent pas en jeu la survie de la Nation, ce qui fait que le pays s'en désintéresse globalement. La Nation est beaucoup moins impliquée dans les guerres d'aujourd'hui qu’elle ne l'était dans la Première Guerre mondiale. Et donc, effectivement, la doctrine militaire intègre totalement ce changement de paradigme, qui fait qu'on ne parle même plus de guerre, mais de conflit ou d’opération. 
      En revanche, dans ce contexte là, la mort du soldat devient exceptionnelle et moins bien acceptée par la société ou acceptée différemment. Aujourd'hui, on s'aperçoit que la figure du héros militaire a totalement disparu. Le héros est le soldat qui s'est sacrifié et je dirais que l'une des figures qui incarne le plus cela est la figure du lieutenant colonel Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie pour sauver des otages (à Trèbes le 23 mars 2018). Et là, c'est un acte qui est à la fois un acte héroïque et un acte sacrificiel. Car l'héroïsme aujourd'hui est un héroïsme sacrificiel. On ne valorise pas un soldat qui aurait réalisé un fait d'armes ou qui aurait réussi à tuer plein plein d'ennemis de la France. On valorise dans la société les actions sacrificielles. 
      De ce point de vue, la doctrine a évolué : désormais, le respect de la vie du soldat fait partie de l'équation militaire. La vie du soldat est même devenue un enjeu stratégique face au terrorisme, qui les vise directement. Alors qu'auparavant, protéger la vie des soldats était plutôt un facteur dans une donnée stratégique. Aujourd'hui, c'est un enjeu stratégique. 
       
      Aujourd'hui, la mort d'un soldat est vécue comme un échec ?
      Exactement. La mort d'un soldat ou bien sûr aussi, la mort d'un civil. Parce que justement, c'est aussi la logique terroriste. Les terroristes savent que la mort d'un soldat a un effet social et politique. Il y a tout ce qu'on vient de dire sur le fait que désormais, la mort de soldats est moins acceptée. Et donc, du coup, le soldat devient lui aussi la cible d'actions terroristes, ce qui est quand même relativement récent. Auparavant, les soldats pouvaient être aussi la cible d'actions terroristes, mais c'était plutôt dans une perspective qui consistait à viser, à déstabiliser l'organisation militaire, etc. Il y avait des actions terroristes qui s'inséraient dans une perspective stratégique, je dirais classique. On visait des structures militaires pour affaiblir le potentiel militaire. Désormais, on vise le soldat tout simplement parce que c'est un soldat français et donc parce que l'on recherche un effet politique à travers cela. 
      Quant aux affrontements massifs du passé, les sociétés n’y sont plus prêtes aujourd’hui ?
      Oui, c’est ce que l’historien John Keegan écrit dans son livre traduit en français en 1975 sous le titre Anatomie de la bataille. Il s’agit d’un livre d’histoire où il étudie les batailles d'Azincourt en 1415, de Waterloo en 1815 et de la Somme en 1916. Il montre que dans ces batailles, justement, il y a un élément qui est important, qui est le sort des individus et qui est la façon dont le soldat individuel vit le combat. Cela a été une grande innovation historiographique. John Keegan dit que le combattant est aussi quelqu'un qui souffre, qui a du mal à respirer, dont la vue est perturbée par la fumée, qui est agressé par le bruit des gémissements de ses camarades en train de mourir, qui peut avoir chaud, qui peut avoir froid. Il propose donc d'étudier les batailles à l'échelle de l'individu. Mais il explique à la fin de l'ouvrage, dans une sorte de postface, que d'une certaine façon, cette attention portée au sort de l'individu est aussi le produit de l'Histoire. Il se situe dans cette Histoire et s’interroge : où en est-on ? 
      Dans les années 1970, au moment où il écrit, les doctrines de l'OTAN et du Pacte de Varsovie sont d'envisager un affrontement massif des armées dans les plaines d'Europe centrale, un affrontement qui se jouera dans une violence radicale. On en était même arrivé quelques années après à envisager l'usage des armes nucléaires sur le champ de bataille. C'est ce qu'on a appelé le nucléaire tactique. C'est dire à quel point on était dans une perspective de la radicalisation de la violence de guerre. John Keegan explique que cette perspective là, qui est le fondement des doctrines militaires de l'OTAN et du Pacte de Varsovie, est devenue, selon lui, totalement irréaliste parce que les sociétés ne sont plus en mesure d'accepter cette dimension de guerre de masse.
      Il dit bien que les sociétés ont été épuisées par l'Histoire : les batailles d'Azincourt, de Waterloo, de la Somme et toutes les autres. Cet épuisement des sociétés, ainsi que le changement socio culturel de l'individu, le développement de l'individualisme, tout cela fait que ce type de guerre est désormais devenu impossible, inacceptable. Et Keegan montre aussi très bien que dans les guerres qu'il évoque, de la fin du Moyen-Âge et de l'époque moderne, le fondement de la tactique était l'exposition du soldat. Dans une bataille de cette époque là, le soldat n'est pas protégé. Il porte un uniforme très voyant, parfois même chatoyant, il n'a aucun système de camouflage, aucun système de protection, il ne porte pas de casque… Et cette approche a duré jusqu’en 1914 : les soldats français portent un pantalon rouge garance et une casquette ou un képi sur la tête. C'est seulement en 1915 que va être introduit le casque qu'on appelle le casque Adrian. Il a donc fallu attendre 1915 pour entrer dans cette logique de protection du soldat, alors qu'auparavant, par définition, la guerre consiste à exposer le soldat à la mort. 
       
      101 ans après la Grande Guerre, la mort du soldat est devenue intolérable
      11/11/2019 (mis à jour à 06:55) Par Maxime Tellier  
      ( Source :  France Culture   https://www.franceculture.fr/histoire/101-ans-apres-la-grande-guerre-la-mort-du-soldat-est-devenue-intolerable?fbclid=IwAR0YE_nvoT140dQ7Kg6n5avDGq-jowCQbABiQatLMzn3WASom4t5zHTM2gc  ) 
    • By Margouchka
      Bonjour à toutes et tous, 
       
      j'ai envoyé un colis à mon chéri il y a pile 9 jours, il aurait dû donc arriver hier car normalement ça met 8 jours (d'après certains et d'après mon expérience de 1er colis envoyé à la rentrée qui a mis pile 8 jrs). Le soucis est que , selon mon chéri, j'ai pas bien écris l'adresse... J'ai seulement mis la SPXXXX/X et XXXX HUB ARMEES en ajoutant simplement son grade et son nom de famille... A la poste, ils m'en ont fait voir de toutes les couleurs, j'ai failli être "obligée " de payer 50 €, j'ai donc bataillé et j'ai obtenu ce que je voulais : envoi pour 15 €! Par contre, ils m'ont dit que c'était obligatoire d'écire mon nom et prénom et adresses perso. Ce qui m'avait aussi été fortement déconseillé par mon chérI... Donc j'ai écrit une adresse factice. Ayant le numéro de reçu du colis, j'ai pu le suivre sur internet jusqu'à ce qu'il quitte le territoire français...
      Sauf que je flippe qu'il ne l'ai pas reçu... et je ne pourrai pas l'avoir en retour car ce n'est pas mon adresse ni mon nom... 
       Il y avait pas mal de choses sympas dedans pour le ravitailler et lui faire plaisir (le but du colis quoi)... Donc s'il n'arrive pas, je suis VERTE !
      Est-ce que c'est déjà arrivé que les colis aient du retard ???
      Merci pour votre aide, 
      M.
    • By DUVEL
      bonjour voilà mon fils à fini ces classes et on lui a demandé d'ouvrir un livret a    est ce vraiment nécessaire car les interpostes n"existe plus?
    • By berogeitabi
      Bonsoir.
       
      le président Hollande vient d'annoncer aujourd'hui l'érection d'un monument aux morts en Opex.
      Cela doit faire 4 ou 5 ans que cette demande a été faite. Un pas de plus semble avoir été fait ce matin. Une reconnaissance nationale pour nos soldats, ce qui est bien la moindre des choses.
      Espérons que nous n'en resterons pas uniquement aux paroles.
      source: directmatin.fr     monuments aux morts en OPEX
      Ce monument doit être érigé au parc André Citroën, un jardin public du 15ème arrondissement (sud ouest de Paris, porte de St Cloud) à Paris.
    • By Rodolphe
      Bonjour à tous,
      J'envisage de m'engager dans la Légion mais une question reste sans réponse : Pouvons nous être envoyé en Opex pendant notre contrat initial de 5 ans de Légion ? Et si oui, est ce que cela arrive souvent où est-ce exeptionnel ?
      Merci de vos informations.


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    Loulou_006

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    Il est dans les forces spécial 

    Bouchon-Gras 49

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    Chevalier des air, le Marquis Bernard Henri Marie Léonard Barny de Romanet est un pilote qui figure parmi les plus glorieux as français de la Première Guerre mondiale.   Élève doué et très studieux, il fit ses études à Chalon-sur-Saône, au collège des Minimes, puis chez les Jésuites à Villefranche-sur-Saône (au collège de Mongré que fréquentèrent notamment Pierre Teilhard de Chardin et Antoine de Saint-Exupéry) avant de venir passer, son baccalauréat de philosophie en poche, celui de mathématiques élémentaires au lycée Lamartine de Mâcon. Le Marquis Bernard Henri Marie Léonard Barny de Romanet devant le Spad-Herbemont, (S.20bis6) 9 octobre 1920. (Agence Meurisse 84138/BnF) Entré dans l’armée en octobre 1913, il est cavalier au 16e régiment de chasseurs à cheval en 1914 lorsque la guerre éclate ; avec le grade de maréchal des logis, il s’y distingue par sa bravoure. Il est cité à la suite d'un combat au cours duquel, mettant pied à terre, il relève l'un de ses cavaliers blessés. On le voit aussi, se retournant sur sa selle, tuer net un uhlan qui le poursuivait. Il entre dans l’aviation en juillet 1915. L'aéronautique le passionnait depuis qu'il avait pu assister en 1912 à une exhibition du pilote Marius Lacrouze sur avion Déperdussin. Il effectua un premier vol d’entraînement le 14 décembre 1915 et fut breveté pilote le mois suivant. En juillet 1916, en tant que sous-officier observateur, il fut engagé dans l’aviation d’observation sur le front de la Somme ; au sein de l'escadrille C 51, il y effectua des vols de reconnaissance et de réglage d'artillerie. Mais il voulut s’adonner à la chasse et, devenu officier pilote, il obtint en avril 1917 d’être affecté dans une autre escadrille : l’Escadrille Spa37, formation au sein de laquelle, le 3 mai 1917, au-dessus de Craonne, il remporta sa première victoire aérienne, ce qui lui valut la médaille militaire. Entre mars et octobre 1918, il descendit seize autres appareils ainsi qu’un drachen. Totalisant dix-huit victoires officielles, Bernard Barny de Romanet termina la guerre à la dix-septième place au classement des meilleurs as français de la Grande Guerre. En octobre 1918, il est promu au grade de lieutenant et le commandement de l’escadrille Spa167 lui est confié, escadrille créée à cette date pour devenir la cinquième escadrille du groupe de chasse 12 ; entre le 4 et le 29 octobre, il y remporta ses huit dernières victoires. Bernard de Romanet près de son biplan Spad, en 1920.   Après la guerre, Bernard de Romanet – dont la famille résidait l’hiver au premier étage de l’Hôtel Senecé, siège de l’Académie de Mâcon – devint pilote d’essai et s’attaqua à plusieurs records. Il entra en juin 1919 chez Breguet comme conseiller commercial puis chez Nieuport comme pilote de compétition. Participant à de nombreuses épreuves, il fut trois fois recordman du monde de vitesse sur avion en 1919 et 1920 (vitesses atteintes : de 268 à 309 kilomètres à l’heure) puis sur hydravion (211 kilomètres à l’heure en avril 1920). Le 9 octobre 1920 notamment, il battit le record de vitesse pure, atteignant la vitesse de 292,62 kilomètres à l’heure à bord d’un SPAD-Herbemont doté d'un moteur Hispano-Suiza de 300 CV de puissance, record de nouveau battu le lendemain par l'aviateur Sadi-Lecointe (296,69 kilomètres à l'heure). Un peu plus tard, le 28 septembre 1920, il se classa deuxième au classement de la Coupe aéronautique Gordon Bennett organisée à Étampes, sur avion Spad S.XX bis-5, juste derrière Joseph Sadi-Lecointe. C’est à Étampes-Villesauvage (Essonne), alors qu’il s’entraînait en vue de la Coupe Deutsch de la Meurthe, que Bernard Barny de Romanet se tue le 23 septembre 1921, l’entoilage de son avion, à savoir un appareil modifié de 300 chevaux passé de biplan à monoplan pour être plus rapide, s’étant arraché en vol, provoquant sa chute de quelque 100 mètres d'altitude. Il était âgé de vingt-sept ans. Bernard Barny de Romanet repose à Mâcon, au cimetière Saint Brice. Photo Original téléversé par Frikar sur Wikipédia français. — Transféré de fr.wikipedia à Commons par Bloody-libu utilisant CommonsHelper., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20410088   Décorations :    Chevalier de la Légion d'honneur.  Médaille militaire.  Croix de guerre 1914-1918. (Source : Wikipédia)

    Bouchon-Gras 49

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    Les élèves-officiers de l'École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC), incorporés en septembre, ont arboré pour la première fois leur tenue de tradition. De couleur bleu horizon, elle rend hommage aux 27 000 officiers de réserve Morts pour la France pendant la Grande Guerre. Elle conforte également la place de l'EMAC au sein de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, aux côtés de l'École Spéciale Militaire et de l'École Militaire Interarmes. Dans le cadre de la nouvelle réforme, les officiers sous contrat encadrement bénéficient désormais d'une formation d'un an, enrichie d'un module académique « culture militaire et art de la guerre » de six semaines, et de mises en situation de commandement plus nombreuses. L'EMAC a reçu son drapeau le 6 juillet dernier des mains de la ministre des Armées Florence Parly. La formation est sanctionnée d'un mastère spécialisé « Commandement et leadership ». L'EMAC assure également la formation des OSC-Spécialistes qui serviront dans des postes administratifs, des OSC-Pilotes, des officiers de réserve et élèves-officiers de la Gendarmerie nationale. (Source : Armée de terre)

    Bouchon-Gras 49

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    Yorgui Koli est un héros oublié, une personnalité hors du commun. Ce Tchadien, engagé comme simple soldat en 1921, va être de tous les combats : Tchad, Congo, Syrie, Tunisie, Italie, Provence et Libération de la France. Il quittera l'armée comme officier, avec le grade de lieutenant, obtenu sur le terrain, au combat. Un véritable héros. Yorgui Koli est né le 8 janvier 1896 à Bendi, au Tchad. Le 13 janvier 1921, il s'engage pour trois ans au Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad. Il ne quittera l'armée qu'après ...27 ans ! Il est nommé caporal en 1925 et, affecté au 10e Régiment de Tirailleurs Coloniaux, participe aux opérations de pacification du Maroc. Entre 1926 et 1929, le sergent Yorgui Koli sert en Tunisie. Puis, réaffecté au RTST, il est envoyé au Tchad. Là, le 9 mars 1932, au cours d'une patrouille qu'il commande, il surprend trois bandits qu'il met hors de combat et est cité à l'ordre du Régiment. Le début d'une très longue liste de faits de guerre. Médaillé militaire et promu adjudant en 1935, il est en poste au Tchad lors de la déclaration de guerre de septembre 1939. Promu adjudant-chef, il doit rejoindre la métropole en mars 1940 avec le Détachement de Renfort n°1. Il quitte le Tchad le 2 mars 1940, passe à Bangui et arrive le 15 mars à Brazzaville, où il est affecté au Dépôt de Guerre du Moyen-Congo. Le 28 août 1940, il prend une part importante, aux côtés de Raymond Delange, au ralliement du Moyen-Congo à la France Libre. Le détachement de renfort n°1 devenant le Bataillon de Marche n°1, Yorgui participe à la campagne du Gabon en octobre-novembre 1940 comme chef de section de voltigeurs. Il est cité pour le rendement remarquable obtenu de ses hommes lors des opérations. Il est déployé en Syrie où il est sérieusement blessé par balle à la main gauche, le 13 juin 1941. Pour ses hauts faits de guerre et sa bravoure, Il est promu au grade de sous-lieutenant le 1er juillet 1941. Yorgui est rapatrié au Tchad en novembre 1942. Il participe alors aux campagnes du Fezzan et de Tunisie. Au Djebel Garci, il fait preuve d'une belle attitude au feu en entraînant ses hommes avec énergie. Il est cité à l'Ordre de la Brigade. Arrivé en Tripolitaine en juin 1943, il est muté au Bataillon de Marche n°21 de la 1ère Division Française Libre le 18 août 1943, puis au Bataillon de Commandement n°4, où il se retrouve directement sous les ordres du colonel Delange. Il stationne en Tunisie, de septembre 1943 à avril 1944, et est promu lieutenant en décembre 1943. Il prend part à la campagne d'Italie où il est de nouveau cité, le 15 juin 1944, pour ses qualités d'officier au combat. Il débarque en Provence, le 17 août 1944 et participe à la campagne de France jusqu'en novembre 1944. Il est ensuite affecté au camp de Fréjus puis, de Marseille, débarque à Douala le 4 juillet. Rapatrié au Tchad, il y arrive en août 1945 et est affecté au RTST, sa première unité Libéré du service actif le 1er octobre 1948, le lieutenant Koli se retire à Fort-Archambault (Tchad) comme cultivateur. Il est naturalisé français en 1949. Il décède le 17 juillet 1970. Compagnon de la Libération par décret du 7 juillet 1945, Yorgui sera décoré de nombreuses médailles : Chevalier de la Légion d'Honneur, Médaille Militaire, Croix de Guerre 1939-1945, Croix du Combattant ou encore Médaille de la Résistance avec rosette et la Croix du Combattant Volontaire de Résistance. Mais aussi de la Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc 1925", "Fezzan-Tripolitaine" (Source : Ordre de la Liberation-Bunker sud de France, histoire du sud de la France, WW2 et collectionneur)

    AureAsia

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    Que votre conjoint n'ait pas le droit de vous dire où il est allé, passe, qu'il ne vous ait pas contacté depuis son départ est déjà un peu suspect. Est-il de l'armée de terre ?
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