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Retour d’Afghanistan : « Bombe le torse et sois fort »


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  • Spécialiste

Sur le coup, j'ai failli cliquer sur "fermer" lorsque j'ai vu rue89. Et au final, je trouve l'article plutôt bien fait, généraliste

Je vous cite la fin pour vous convaincre de le lire en entier:

(...)

"Je vois dans leur regard que les gens se demandent si j’ai tiré sur des civils. »

Ce sentiment de revenir dans l’indifférence a pris un goût plus prononcé ces dernières semaines. Beaucoup de soldats reviennent désabusés, un sentiment d’inachevé en bouche :

« Ça sent le retrait. On se demande parfois à quoi tout cela sert, a servi. En France, on reprend le train-train quotidien sans reconnaissance particulière. »

Et l’on retrouve les deux objectifs de Marlène Peyrutie : alerter des risques de post-traumatisme et secouer une opinion publique qui retrouve ses soldats dans l’indifférence la plus complète.

article : http://www.rue89.com...ois-fort-231882

Parfois, faut savoir vaincre ses préjugés.

Comme à l’accoutumé, l'armée n'est pas à l'honneur mais l'article ne fustige pas les soldats, ne les caricature pas. Bien que ne traitant que des cotés sombres, il pointe néanmoins les lacunes qu'engendrent cette guerre en citant les 2 mauvais coté qui sont, à mon sens, encore trop passé sous silence.

Et l'étouffement annoncé avec le retrait risque bien de faire passer cette guerre sous silence ensuite.

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  • Staff

@ Pendemonium

Citation =

Et l'étouffement annoncé avec le retrait risque bien de faire passer cette guerre sous silence ensuite.

Très certainement seront traité sous silence également les hommes qui auront servis dans ce pays.

Nous n’avons pas parlés de l’Algérie pendant près de 30 années après nos retours.

Parfois, entre nous, quand nous avions la chance de se faire un ami dans l’entreprise dans laquelle nous travaillions, nous évoquions quelques souvenirs plus proches de se convaincre que nous étions plus proche de la normalité que des gens qui nous entouraient.

Même dans nos associations d’anciens combattants d’aujourd’hui, nous ne parlons pas des engagements effectués dans des opérations extérieures.

Quand à nos épouses et enfants, ils sont dans un autre siècle et une autre vie, et peut-être, encore une fois, l’histoire se renouvellera t-elle avec les générations de ces derniers ?

Dans le film « L’honneur d’un Capitaine » de Pierre Schoendoerffer, il y des propos, Oh ! combien réaliste lors du procès intenté par la femme du capitane Caron pour lui restituer son honneur, lors de la déposition du colonel de l’école des officiers de Saint-Cyr et ex supérieur de ce capitaine.

« La Nation à le droit de prendre, de rejeter, de désavouer, et la République doit rester vierge et innocente ! »

Janmary

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  • 3 months later...
  • Moderator

Le soucis c'est que l'on cherche des réponses aux question après l'action c'est avant qu'il faut y penser cela permet une communication à la nation claire et franche sur nos actions et cela justifie les sacrifices de tous niveaux.

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  • Staff

@ Tobonarine

Le souci c'est que l'on cherche des réponses aux questions après l'action c'est avant qu'il faut y penser cela permet une communication à la nation claire et franche sur nos actions et cela justifie les sacrifices de tous niveaux.

Enfin, des propos emprunts du plus élémentaire bon sens !

Mais, il y a quelques années, combien de personnes osaient manifester des opinions différentes et opposées concernant notre engagement en Afghanistan, y compris sur notre forum du reste ?

Par ailleurs, les militaires en général, attendent toujours une reconnaissance particulière pour leurs engagements d’avoir servi la Nation.

Les anciens d’Indochine, le Harkis d’Algérie, les coloniaux des pays noirs qui attendent des retraites et/ou des pensions à taux égaux à ceux des métropolitains, comme suite à leurs engagements dans le conflit de la seconde guerre mondiale attendent toujours cette reconnaissance.

Je ne parle pas des GI’ ou des Marines de retour du Vietnam qui furent hués à leurs retours au pays ou des appelés du contingent en Algérie dont les études furent stoppés pour aller participer au quadrillage opérationnel et de servir dans des régiments parachutistes renommés.

Qu’en restera t-il au retour dans la métropole ?

J’ose à peine le dire !

Tout simplement de l’indifférence (nous en resterons là), ce qui est quand même mieux que la haine que subirent les « appelés » ou les volontaires américains du Vietnam.

L’engagement en Afghanistan s’est justifié pour assister nos alliés et amis Américains dans le cadre d’assistance, ou, du reste, les forces spéciales Française furent félicitées par le Congres Américain pour leurs actions.

Nous aurions du partir de ce pays lorsque les Canadiens se désengagèrent et quittèrent cette région. J’ai soutenu cette position à l’époque.

Notre mission était terminée à la vue que prenait la tournure des événements.

La guerre n’était pas gagnable au vue des effectifs, des missions assignées et de objectif final à réaliser.

C’est dans ce contexte mal taillé, mal engagé que nos militaires doivent être salués pour au minimum l’effort qu’ils ont consentis et pour l’abnégation dont ils sont fait preuve.

Janmary

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  • Administrateur

J'avais déjà lu cet article, il y a quelques temps. Il ne me gène pas, puisqu'il ne fait que mettre le doigt là où ça fait mal. Mais il fait part d'une vérité peu connue et peu médiatisée.

Alors, grande muette oblige, les soldats n'étalent pas ces difficultés à la une des médias. Seules les familles parfois le font. C'est ausii une sorte de thérapie pour ces familles. Ca permet d'extérioriser quelque chose, une difficulté qu'on ne peut garder enfouie, au risque de se détruire à petit feu.

En tout cas, je trouve le ton employé dans l'article, assez neutre et empreint d'un recul de bon goût. Il ne verse pas dans le larmoiement et fait juste part d'une réalité méconnue.

En réponse à Janmary. Je te rejoins sur l'indifférence affichée par la population. Sauf à être directement concerné, par un proche, par la famille ou par notre sensibilité à la chose militaire.

Mon père (4 ans en Idnochine) m'a bien souvent raconté cette indifférence, lorsque nos soldats débarquaient à Marseille du "Pasteur". Ou que les dockers de l'époque se mettaient en grève et refusaient de débarquer les cerceuils des soldats tués en Indo.

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je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

On peut avoir une opinion personnelle, mais elle doit rester personnelle et en aucun cas divulgué à un journaliste, c'est limite un manquement au devoir de reserve.

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  • Staff

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

Aux politiciens et surtout aux citoyens et à la Nation de juger.

Les gouvernements Britanniques, Hollandais, Allemands, Espagnols, etc. de par leur Constitution, doivent avoir l'autorisation du législateur (Parlement) pour l'envoi de force en opérations extérieures pour une durée déterminée, et au delà de cette date, une nouvelle autorisation de prolongement est obligatoire.

Notre Constitution fait du Président de la République un véritable Monarque.

Il y à eu des débats à l'Assemblée Nationale mais pas de débats de décision, puisque inutile !

Janmary

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  • Administrateur

je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

On peut avoir une opinion personnelle, mais elle doit rester personnelle et en aucun cas divulgué à un journaliste, c'est limite un manquement au devoir de reserve.

Sauf que l'article de Rue 89 ne parle spécifiquement pas de çà! Il parle de la difficulté de la recontruction, de la resocialisation au sein de la société, pour des gens qui en ont été exclus pendant la durée de leur opex. Alors bien sûr, l'indifférence, réelle ou affichée joue son rôle dans cette resocialisation.

Par ailleurs, je ne crois pas une seconde au fait que certains d'entre nous n'auraient aucun besoin de reconnaissance. La valorisation, la reconnaisssance d'une activité, d'un travail commence dès le plus jeune âge et aide à se construire.

Un enfant qui n'est jamais félicité, n'aura pas une estime de soi suffisante pour s'affirmer au sein de la société.

On parle ici pour nos soldats de reconstruction et cette reconstruction, passe par la reconnaissance des efforts et des sacrifices consentis. Ce n'est sans doute pas suffisant, mais c'est un préalable indispensable à mes yeux.

Qui n'a jamais été flatté, même sans rien en dire ni montrer, d'être reconnu, officiellement ou non, pour ce qu'il a fait de bien? Qui?

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  • Moderator

je ne vais pas me faire que des amis, mais j'ai du mal à comprendre ce besoin de reconnaissance de certains vis à vis de la nation. ça fait partie du devoir du militaire, on a signé pour cela. Au final on ne fait que ce pourquoi on est formé et il n'y a rien à attendre en retour, hors mis une satisfaction personnelle et silencieuse d'avoir bien accompli sa mission.

Après ce n'est pas aux militaires de juger si le conflit était fondé, juste et nécessaire. Il faut laisser cela aux politiciens !

Il est plus facile de se courir vers un destin incertain lorsque l'on sent que ça "pousse" derrière, qu'il y a une nation soudée.

Avoir un avis est un devoir de citoyen, seuls les mercenaires n'ont pas d'avis. De plus les soldats (20-25 ans) qui arrivent font partie de la why génération, il faut leur expliquer pourquoi ils vont devoir risquer leur vie (outre le fait que la France le leur demande), une foi cela fait ils se jettent dans le pire des enfer sans soucis. Et cela évite aussi les décisions à l'emporte pièce où ce sont les gars qui trinquent au final, l'histoire de notre armée en est pleine d'exemples. Cela augmente l'autonomie des gars au feu, puisqu'ils savent ce qu'il faut faire.

A mon sens c'est pas plus mal.

Après en effet le soldat doit être fier de ce qu'il a fait, mais il est difficile de dire à un gamin de 24 ans "tu ne marcheras plus et tout le monde s'en fou", il doit se reconstruire pour aller de l'avant et cela passe aussi par la reconnaissance, une poignée de mains dans la rue, un regard aux caisses du super U, un peu plus de gens sur le pont Alexandre III... Pas forcément un étalage médiatique, nos gens sont humbles et simples, ce ne sont des stars.

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On peut aussi être concrêt et ouvrir en test un topic anonyme pour pouvoir aider humblement mais concrètement des soldats , par relation, aide psychologique , aide juridique, réconfort , amitié etc...car le retour à la vie en métropole , à son quotidien, à l'inaction, au sentiment légitime de frustration à l'échec ...

Le président français est un monarque de fait , ce cela ne gêne pas le corps électoral ni les partis politiques. Nous sommes un pays latin qui admirons les pays du nord et le raisonnement s'arrête là!

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  • Staff

Il y a un travail d'accompagnement très important qui est fait à l'intérieur des régiments, encore faut-il que les intéressé surmontent leur pudeur et aillent parler de ce qui ne va pas.

Et puis la cohésion de groupe n'est pas un vain mot, les militaires sont soudés et si, à l'extérieur, les familles et les amis entourent l'intéressé et sont présents, cela facilite le retour.

Mais il faudrait aussi développer une certaine capacité d'autonomie individuelle pour affronter les situations extérieures de la vie civile.

Cela passe par une affirmation de la confiance en soi dont parlait Berogeitabi dans son post.

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  • Staff

Les militaires de retour d'OPEX, quel que soit leurs états psychologiques, se retrouve dans leurs casernements, entre eux, avec leurs proches.

Au retour d'Algérie, les proches pensaient que nous étions devenus des hommes et nous raillaient, les autres pensaient que nous avions pratiqués la torture, et dans tous les cas de figures, nous devions rechercher un travail !

Il y à eu explosions de colère froide avec quelques jeunes filles et jeunes femmes qui commençaient à travailler en nombre sur Paris au vue que la plupart avaient largués leurs "fiancés" partis 28 mois et qui ne s'occupaient plus d'elles !

Arguments imparables !

Heureusement que les hommes savent garder leur calme et maîtriser leurs nerfs !

Ne nous fachons pas !

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Je suis désolé JanMary que vous ayiez eu à subir ce type de comportement à votre retour d'Algerie, à priori tout comme mon père qui a fait deux années dans une unité combattante et qui a eu le même type de ressentiment à son retour.

Si quelqu'un de retour d'afganistant , comme je suis un civil hors milieu, ( sauf pour des bières ) a envie de parler hors milieu justement surtout pour des raisons psychologiques , suis à sa disposition même pour une aide technique dans la mesure de mes possibilités , je lui donnerai ma ligne téléphonique également. On n'est pas forcément seul

Il va falloir que nos soldats de retour d'opération fassent leur deuil de cette période , ce n'est pas aussi simple que cela, c'est un processus long et lent, des nuits difficiles forcément

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  • Staff

C'est très sympathique Magellan comme proposition, ce que tu as écris, et ça t'honore.

Perso, sur le fond, nonobstant le caractère évident de l'accompagnement au retour, je pense qu'il ne faut surtout pas enfermer ceux qui rentrent dans leur situation. Ce ne serait pas leur rendre service.

Et puis, l'Institution militaire prends les choses en main, par exemple le temps de décompression à Chypre.

Mais surtout la vie ne s'arrête pas pour eux, elle continue, et le futur est à écrire.

Ce qui me soucie plus c'est de faire croire que c'est une situation traumatique, même, si elle est complexe, faisant passer ces miltaires dans une catégorie de gens à problème.

Parce que c'est leur avenir qui se joue, et de l'extérieur, les gens pourraient aussi douter de leur mental et de leur capacité à surmonter l'épreuve.

Il faut qu'ils témoignent qu'ils sont encore plus forts et aguerris qu'avant.

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  • Moderator

Au ami ancien étudiant en psychologie a fait un stage il y a quelques années au service psychologique de la Basefusco (Lorient) et son analyse était intéressante car les gens venaient tout doucement du fait non pas du regard des autres mais de leur propre regard.

"Depuis tout petit dans votre carrière vous êtes la crème de la crème, le dernier rempart, votre moral est à toute épreuve car votre entrainement vous prépare à résoudre bon nombre de situations complexes voire désespérées. Et là du jour au lendemain c'est dur, vous flanchez et vous n'avez qu'une peur décevoir vos camarades, qu'ils vous retirent leur confiance car vous n'êtes plus au top et d'être exclu de ce job pour lequel vous avez tout donné. Alors qu'ils voient que tout ne va pas bien et n'attendent qu'une chose vous aider."

C'est grosso modo ce qu'il me disait casque sur la tête, arme au poing durant nos longues nuits de surveillance face au vide de Coëtquidant.

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C'est effectivement la solution qui s'imposent à eux : continuer à aider les autres sans s'écouter soi même. Cependant, on est des hommes , que des hommes mais ne surtout pas penser que ce sont des gens à problème , comme le dit belle, les aidera de facto.

J'aimerai bien qu'un deux écrive un peu son vécu ici et nous fasse des récits du quotidien , ce sait que c'est impossible

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  • Moderator

Pas beaucoup de monde viendront écrire leurs vécus ici.

Beaucoup de militaire n'ont pas vécu l'opex de la même manière... beaucoup on qu'une envie c'est d'y retourner, d'autre... ne veulent même plus en entendre parlée...

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  • Staff

Je souscris à vos posts Belle et Tobonarine !

Il est souhaitable que les unités revenant d'OPEX restent - c'est mon sentiment - entre militaire et en famille au sein du même casernement.

Et puis, l'Institution militaire prends les choses en main, par exemple le temps de décompression à Chypre.

Je pense que c'est le minimum que puisse faire l'institution !

Eviter que les militaires se croient encore en Afghanistan alors qu'ils sont dans un autre cadre !

Il y a besoin d'un laps de temps de changement de situation.

Nous avons eu droit à notre retour, à un cheminement par bateau !

Ce fut heureux car c'est un laps de temps ou les cotes de l'Algérie d'estompaient avant que celle de France n'apparaissent avec entre temps du ciel dégagé et une mer à peu près calme.

Nous avons eu le temps de croire que quelque chose avait changé, une longue permission sans doute ! Le retour à la vie civile ?

C’est après que le traitement de choc eut lieu.

J’ai longtemps dormi avec une arme sous l’oreiller !

Mais au moins, je faisais mes nuits !

Il est difficile de faire les comparaisons entre hier et aujourd'hui, ne fut-ce pour la bonne raison que je ne connais pas les OPEX actuellement !

Quand aux vécus, il y en a autant que de participants effectivement !

Le ressenti est personnel !

Janmary

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Bonjour,

Effectivement comme le signal janmary, comparons ce qui est comparable. Dans mes propos je faisais états des conflits "nouveaux" (si on peut appeler ça comme cela) , je ne me serais pas avisé de parler pour les anciens d'indochine et d'algérie qui sont les mieux à même d'en parler.

Pour les Opex actuelles, tout dépend des missions, des unités engagées et de son rôle. Chacun vit ça à sa manière, suivant du milieu où l'on vient, l'éducation que l'on à reçu, sa propre apréhension et de son entrainement. On peut considérer que chaque cas est unique, ce qui fait la complexité des équipes médicales à déceler les traumatismes subis.

Je prends en exemple quelques missions auxquelles j'ai participé (entre autre) :

1) Rwanda dont le travail sur le terrain consistait à ramasser des morts en décomposition au bord des routes et de les mettre dans des sacs pour éviter les épidémies

2) Bosnie au moment ou les snipers faisaient régner la loi dans sarajevo ?

3) le golf où les hommes étaient en permanence sous pression à cause des risques NBC ?

4) le kosovo à faire le bouclier humain entre serbes et kosovars sans pouvoir réagir ?

5) Les premières troupes française arrivées un mois avant la logistique et balancées en plein milieu du désert nord somalie ?

J'ai pris la peine de prendre des missions bien différentes afin de différencier les difficultés, l'hostilité du milieu, mais aussi un facteur qui rentre rarement en compte, la frustration des soldats fasse à certaines situations.

Des missions totalement différentes, je suis curieux de connaitre votre avis sur laquelle aurait pu laisser le plus de traces ?.

Cordialement

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  • Staff

Bonjour,

Pour les Opex actuelles, tout dépend des missions, des unités engagées et de son rôle. Chacun vit ça à sa manière, suivant du milieu où l'on vient, l'éducation que l'on à reçu, sa propre apréhension et de son entrainement. On peut considérer que chaque cas est unique, ce qui fait la complexité des équipes médicales à déceler les traumatismes subis.

bonjour,

Effectivement la complexité du travail des équipes médicales est importante.

C'est intéressant de le rappeler.

Et donc pour déceler les traumatismes subis, des tests psycho techniques ont-ils été mis en place?

J'imagine que c'est le travail du S.S.A., de mettre en place des temps d'évaluation individuels réguliers.

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Je ne sais pas si c'est en place maintenant, mais à part la visite retour et les prises de sang, je n'ai jamais vu aucun test hors mis l'entretien avec le médecin chef qui n'a rien de différent par rapport à une VSA.

Par contre pas beaucoup de volontaire par rapport à ma question précédente, je vais donc répondre à la mission qui a laissé le plus de traces dans mon unité.

Le Rwanda, car aucun entrainement ne prépare à mettre en sac des femmes et des enfants contrairement à toutes les autres missions citées qui ne sont que des formalités quand on a reçu la formation nécessaire.

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  • Staff

Je ne sais pas si c'est en place maintenant, mais à part la visite retour et les prises de sang, je n'ai jamais vu aucun test hors mis l'entretien avec le médecin chef qui n'a rien de différent par rapport à une VSA.

Par contre pas beaucoup de volontaire par rapport à ma question précédente, je vais donc répondre à la mission qui a laissé le plus de traces dans mon unité.

Le Rwanda, car aucun entrainement ne prépare à mettre en sac des femmes et des enfants contrairement à toutes les autres missions citées qui ne sont que des formalités quand on a reçu la formation nécessaire.

Merci de la réponse.

Concernant la difficulté des missions, je pense bien que ce qui s'est passé au Rwanda représente un vrai désastre humain indescriptible dans sa violence. Et affronter cette mission a du être très sévère pour les unités engagées.

Je pense aussi à l'Afganistan car le risque vital est engagé en permanence. La pression sur le terrain est maximale, la tension toujours présente, et le droit à l'erreur absent. 6 mois d'OPEX comme ça, c'est conséquent.

Et sinon, le Kosovo semble être une mission difficile mais avec un engagement différent.

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  • Spécialiste

Pour le Kosovo, le calme apparent est le danger.

ça pête rarement mais souvent violemment.

J'ai eu quelques retex du Rwanda et effectivement, rien ne prépare à ce qu'on m'a raconté....

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  • 2 months later...
  • Spécialiste

Traumatismes de guerre : le ministre promet "une nouvelle stratégie"

(...)"Il a fallu attendre la première guerre du Golfe, le Rwanda et surtout l'Afghanistan pour que ces blessures invisibles nous interpellent à nouveau, cette fois de façon décisive", a déclaré Jean-Yves Le Drian. "L'enjeu, a indiqué le ministre, est de lever ce voile d'invisibilité qui pèse encore, pour une part, sur ces traumatismes dont on ne soulignera jamais assez la gravité." Pour lui, "il est clair que le volume et l'intensité des combats auxquels nos soldats ont été soumis en Afghanistan va accroître le nombre de blessés psychiques. Cela impose une nouvelle stratégie".(...)

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/10/24/traumatismes-de-guerre-le-ministre-promet-une-nouvelle-strategie_1780410_3210.html#xtor=RSS-3208

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    • By Bouchon-Gras 49
      En ce jour du 11 novembre 2019, où nous commémorons pour la 101 fois l'armistice et la fin de la Grande guerre mais aussi tous nos soldats morts pour la France en OPEX, une question ce pose ;
      La mort du soldat est elle devenue intolérable ?
      Pour commencer ce sujet, je post un article de France Culture :
       
      Entretien | La société n'accepte plus la mort du soldat comme elle le faisait par le passé. Entre les grandes hécatombes de 14-18 et aujourd'hui, tout a changé. Professeur d'histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Hervé Drévillon analyse ces évolutions.
       
      "Douze ans d'Afghanistan équivalent à 22 minutes de la guerre de 14-18 [en nombre de morts]" : Ces mots sont ceux de l'ancien chef d'état-major de l'armée de Terre Elrick Irastorza dans un documentaire diffusé sur France 2 en 2014. L'Embuscade revenait sur l'attaque des talibans contre un détachement de l'armée française en 2008 dans la vallée d'Uzbin. Cet affrontement avait causé la mort de dix soldats français, bilan le plus lourd depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait tué 58 militaires.
      Dans les deux cas, ces faits ont soulevé une grande émotion. Pourtant, les bilans humains de ces attaques sont loin de ceux des grands conflits du passé. Lors de la Première Guerre mondiale, qui s'est achevée il y a 101 ans, 1,4 millions de soldats français ont été tués. Entre hier et aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé : intolérance à la violence, protection de l'individu, respect de la vie humaine, pacification de la société, nouvelles doctrines militaires, prise en compte de l'opinion publique... 
      À l'heure où un mémorial aux soldats morts en opérations extérieures depuis 1963 est inauguré ce lundi, entretien avec l'historien Hervé Drévillon, professeur d’histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur de l’institut des études sur la guerre et la paix.
       

      Nombre de soldats français tués lors des principaux conflits depuis 1914.• Crédits : Visactu - Visactu
       
      Le métier de soldat a toujours impliqué d'être prêt à sacrifier sa vie pour défendre son pays. Mais entre la Grande Guerre, où les pertes humaines sont considérables et consenties, et aujourd’hui, où la mort d’un militaire est considérée comme un échec, qu’est-ce qui a changé ?
      Deux choses ont changé et la première est l'évolution du rapport des sociétés à la mort. Au sortir de la Première Guerre mondiale, il faut rappeler un autre événement marquant : l'épidémie de grippe espagnole qui cause la mort de 20 millions de personnes, plus que la guerre, 19 millions. À l’époque, les sociétés sont encore confrontées à ce péril épidémique de morts massives et la présence de la mort dans la vie quotidienne est beaucoup plus patente qu’aujourd'hui ; l'espérance de vie est plus faible. 
      Le deuxième critère est le changement des pratiques de guerre. Aujourd’hui, les sociétés européennes sont impliquées dans des guerres qui sont d'une nature totalement différente de tout ce que l'on a vu pendant la Première Guerre mondiale : une guerre massive, engageant ou mettant en péril la totalité de la nation, la totalité de la population... Ces perspectives là n'existent plus : aujourd’hui, les guerres menées par les puissances européennes comme la France sont des guerres d'opérations extérieures. La société n'est plus du tout impliquée de la même façon. Et donc, le rapport de ces sociétés à la mort militaire, a aussi beaucoup changé. Par ailleurs, les types de guerres qui sont menées sont des guerres limitées, qui provoquent de faibles pertes : par exemple, la contre insurrection qui mélange le registre guerrier, policier et politique. Les dernières guerres de masse vécues par les sociétés européennes remontent à la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu une résurgence avec les guerres de décolonisation, mais qui n'étaient pas vraiment des guerres de masse. Ainsi, la société française a perdu l'habitude de ce type de conflit et la mort du soldat est devenue numériquement plus faible.
       
      Les soldats de la Première et de la Seconde Guerre mondiale consentaient à leur sacrifice car ils défendaient le territoire et la Nation en péril, un cas de figure qui ne se pose plus aujourd’hui ?
      Exactement. On parle même de guerre totale pour désigner les deux conflits mondiaux, même si ce concept peut être discuté. Il s’agissait de conflits qui menaçaient et impliquaient l’ensemble de la société. Et cet engagement total et massif banalisait en quelque sorte les pertes militaires. 
       
      Historiquement, y a-t-il une érosion du consentement au sacrifice ?
      Oui et on commence à voir cette érosion au lendemain de la Première Guerre mondiale, car la mémoire de ce conflit s’est construite sur le mode du sacrifice de la victime, plus que du héros. Regardez l'image archétypale du poilu telle qu'elle se construit dès les années 20. Au delà de la victoire, qui est célébrée par le défilé du 14 juillet 1919, quel est le personnage qui incarne le combattant de la Première Guerre mondiale ? C'est le soldat inconnu, qui est une victime. Il y a donc cette perspective victimaire, qui vaut aussi pour les gueules cassées, pas seulement pour les morts. Ce sont eux qui concentrent l'image du soldat de la Première Guerre mondiale, reprise par les associations d'anciens combattants, qui se sont construites dans ce module victimaire et dans une certaine forme de refus de la guerre. 
      La Seconde Guerre mondiale n'a pas eu les mêmes effets en termes de pertes humaines mais malgré tout, le paradigme victimaire a resurgi. Et d'une certaine façon, je dirais que la Seconde Guerre mondiale a encore amplifié cette évolution qu'on a vu commencer au lendemain de la Première Guerre mondiale. L'ensemble constitue un moment décisif dans l'affirmation de cette posture victimaire, qui fait du soldat une victime plus qu'un héros. 
       
      La doctrine militaire a-t-elle aussi évolué ?
      Effectivement, car la doctrine militaire, à la veille de la Première Guerre mondiale, intègre totalement la dimension du sacrifice. La pensée militaire de l’époque est obsédée par le constat de l'évolution des capacités de destruction et de la puissance de feu. On parle de guerre industrielle et tout le monde a parfaitement conscience que la prochaine guerre sera extrêmement sanglante, qu'elle provoquera beaucoup de victimes. 
      Mais comment la doctrine militaire se positionne par rapport à cette problématique ? En valorisant ce que l’on appelle le facteur moral : la motivation patriotique et le culte du sacrifice. Cela apparaît comme un moyen de surmonter le développement des capacités de destruction. Mais c'est paradoxal, car la fin du XIXe siècle correspond aussi à l'affirmation de la République en France. Or, sur le plan militaire, la République s'est construite depuis la Révolution française sur le principe du respect de l'individu et sur le respect du soldat. On ne peut pas traiter le soldat comme de la vulgaire chair à canon car le soldat est un citoyen. Il y a un moment très particulier qui est le centenaire de la Révolution, en 1889. C'est le moment où est panthéonisé un personnage emblématique : Lazare Carnot. C'est lui qui a géré la guerre en 1793 et surtout en 1794. Et c'est lui qui a été ce gestionnaire vraiment très scrupuleux de la guerre de masse et qui a mené vraiment une guerre économique. C'est ce qu'il explique notamment dans ce qu'il appelle le système général des opérations militaires de la campagne prochaine, qu'il élabore en fin janvier 94.
      La Troisième République se réfère beaucoup au modèle de la Première République et à ce moment là, on voit évoluer la thématique du sacrifice et on voit se dessiner deux conceptions antagonistes du sacrifice militaire. Vous avez une conception que je qualifierais de totalitaire, même s’il s’agit d’un anachronisme car le terme n’est pas employé à l’époque. C'est la conception défendue notamment par les ligues d'extrême droite et en particulier par Maurice Barrès. Maurice Barrès dit : “L'individu n'est rien”. C'est une négation de l'individu, qui est aussi une négation de la singularité du citoyen. Et le citoyen, selon Barrès, doit se diluer dans les intérêts de la Nation, Nation qui est conçue comme une entité holiste. La Nation n'est pas la somme des individus mais une entité qui s'impose à tous les individus et c'est comme cela que cette conception se prolonge dans la dimension militaire et intègre totalement la dimension du sacrifice. Mais face à cette conception là, vous avez des théoriciens de la guerre et en particulier Jean Jaurès, qui publie en 1911 l'Armée nouvelle. Il assume pleinement la dimension sacrificielle mais il lui donne un tout autre sens. Dans cet ouvrage, il écrit (en substance) : “Comment peut-on faire pour qu'un soldat accepte de monter à l’assaut sous le déluge de feu ? Alors que ses camarades sont en train de mourir, alors que lui-même est menacé ? Cet objectif ne peut s'obtenir que par le consentement individuel”. C'est seulement par le consentement éclairé des individus qui acceptent, je le cite, de mourir pour une idée. C'est donc le principe de la République. 
      Mais Jaurès est assassiné à la veille de l’entrée en guerre et cette idée de consentement du soldat meurt avec lui ? Par ailleurs, consentement difficilement atteignable ! À l’époque, le service militaire est obligatoire et la doctrine est celle de l’offensive à tout va, très coûteuse en vies humaines…
      Bien sûr, en pratique, ce principe du consentement est une abstraction. Parce que si l’on dit que le soldat doit être un individu éclairé et doit se sacrifier de façon délibérée, cela veut dire aussi qu’il doit avoir la liberté de ne pas consentir. Le fondement du consentement est d'inclure le non consentement. Sinon, c'est de la contrainte. Effectivement, il y a donc une dimension du consentement forcé et coercitive. Car il y a aussi un refus de la guerre dans la société française, mais qu’on a beaucoup occulté, notamment après la Première Guerre mondiale, à propos du sort des fusillés et des mutinés. On pense notamment aux fameuses mutineries de 1917. Donc, il y a aussi, bien sûr, un refus de la guerre. 
      Et c'est cela le paradoxe du modèle républicain, qui réclame le consentement de l'individu sans accepter le non consentement. Car le non consentement pose un risque de déstabilisation de la République, un risque insurrectionnel, etc. Et donc, au moment de la Première Guerre mondiale, les autorités politiques et militaires, effectivement, ont eu des difficultés pour gérer cette dimension là. Et quand même, on a vu se mettre aussi en place une dimension coercitive à une dimension de, disons, de consentement forcé.
      Car il ne faut pas oublier que la Première Guerre mondiale a été une mise à l'épreuve de la République. Si la France avait perdu la guerre, le régime politique n’aurait probablement pas survécu. Il ne faut pas oublier que les guerres précédentes qui se sont terminées par des défaites, la guerre de 1870, les guerres napoléoniennes, ont provoqué des ruptures politiques : l'Empire s'est effondré en 1815, le Second Empire s'est effondré en 1870. Les guerres à cette époque là engageaient la totalité de la Nation. D’ailleurs, en 1940, la République ne survit pas à la défaite. 
      En 1918, la République a finalement survécu mais elle est sortie renforcée de la Grande Guerre. Et la figure qui incarne la victoire n’est pas celle des maréchaux mais celle du soldat inconnu, ce qui est une forme d’héroïsation - et de victimisation - du citoyen individuel, du citoyen soldat. Et cela, c'est vraiment une symbolique républicaine. 
       
      De la Première Guerre mondiale à nos jours, la doctrine militaire a-t-elle évolué vers l’économie des vies humaines ? On pense notamment à la guerre du Golfe. On avait beaucoup parlé à l'époque de l'objectif zéro mort de l'armée américaine.
      Absolument. Et il faut dire que la guerre du Golfe a été un moment décisif. En 1991, à une époque où la conscription existait encore en France, s'est posée la question d’envoyer des conscrits dans cette opération extérieure, qui allaient risquer leur vie. La guerre du Golfe a été un élément décisif dans le processus qui a amené cinq ans plus tard, en 1996, à la suspension de la conscription (et non à sa suppression) . Pourquoi ? Parce que le constat qui a été fait à cette époque a été de dire désormais, la France ne sera plus engagée que dans des guerres de type “opération extérieure”. D'une part, on n'a plus besoin de la levée en masse. Et d’autre part, ces actions ne mettent pas en jeu la survie de la Nation, ce qui fait que le pays s'en désintéresse globalement. La Nation est beaucoup moins impliquée dans les guerres d'aujourd'hui qu’elle ne l'était dans la Première Guerre mondiale. Et donc, effectivement, la doctrine militaire intègre totalement ce changement de paradigme, qui fait qu'on ne parle même plus de guerre, mais de conflit ou d’opération. 
      En revanche, dans ce contexte là, la mort du soldat devient exceptionnelle et moins bien acceptée par la société ou acceptée différemment. Aujourd'hui, on s'aperçoit que la figure du héros militaire a totalement disparu. Le héros est le soldat qui s'est sacrifié et je dirais que l'une des figures qui incarne le plus cela est la figure du lieutenant colonel Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie pour sauver des otages (à Trèbes le 23 mars 2018). Et là, c'est un acte qui est à la fois un acte héroïque et un acte sacrificiel. Car l'héroïsme aujourd'hui est un héroïsme sacrificiel. On ne valorise pas un soldat qui aurait réalisé un fait d'armes ou qui aurait réussi à tuer plein plein d'ennemis de la France. On valorise dans la société les actions sacrificielles. 
      De ce point de vue, la doctrine a évolué : désormais, le respect de la vie du soldat fait partie de l'équation militaire. La vie du soldat est même devenue un enjeu stratégique face au terrorisme, qui les vise directement. Alors qu'auparavant, protéger la vie des soldats était plutôt un facteur dans une donnée stratégique. Aujourd'hui, c'est un enjeu stratégique. 
       
      Aujourd'hui, la mort d'un soldat est vécue comme un échec ?
      Exactement. La mort d'un soldat ou bien sûr aussi, la mort d'un civil. Parce que justement, c'est aussi la logique terroriste. Les terroristes savent que la mort d'un soldat a un effet social et politique. Il y a tout ce qu'on vient de dire sur le fait que désormais, la mort de soldats est moins acceptée. Et donc, du coup, le soldat devient lui aussi la cible d'actions terroristes, ce qui est quand même relativement récent. Auparavant, les soldats pouvaient être aussi la cible d'actions terroristes, mais c'était plutôt dans une perspective qui consistait à viser, à déstabiliser l'organisation militaire, etc. Il y avait des actions terroristes qui s'inséraient dans une perspective stratégique, je dirais classique. On visait des structures militaires pour affaiblir le potentiel militaire. Désormais, on vise le soldat tout simplement parce que c'est un soldat français et donc parce que l'on recherche un effet politique à travers cela. 
      Quant aux affrontements massifs du passé, les sociétés n’y sont plus prêtes aujourd’hui ?
      Oui, c’est ce que l’historien John Keegan écrit dans son livre traduit en français en 1975 sous le titre Anatomie de la bataille. Il s’agit d’un livre d’histoire où il étudie les batailles d'Azincourt en 1415, de Waterloo en 1815 et de la Somme en 1916. Il montre que dans ces batailles, justement, il y a un élément qui est important, qui est le sort des individus et qui est la façon dont le soldat individuel vit le combat. Cela a été une grande innovation historiographique. John Keegan dit que le combattant est aussi quelqu'un qui souffre, qui a du mal à respirer, dont la vue est perturbée par la fumée, qui est agressé par le bruit des gémissements de ses camarades en train de mourir, qui peut avoir chaud, qui peut avoir froid. Il propose donc d'étudier les batailles à l'échelle de l'individu. Mais il explique à la fin de l'ouvrage, dans une sorte de postface, que d'une certaine façon, cette attention portée au sort de l'individu est aussi le produit de l'Histoire. Il se situe dans cette Histoire et s’interroge : où en est-on ? 
      Dans les années 1970, au moment où il écrit, les doctrines de l'OTAN et du Pacte de Varsovie sont d'envisager un affrontement massif des armées dans les plaines d'Europe centrale, un affrontement qui se jouera dans une violence radicale. On en était même arrivé quelques années après à envisager l'usage des armes nucléaires sur le champ de bataille. C'est ce qu'on a appelé le nucléaire tactique. C'est dire à quel point on était dans une perspective de la radicalisation de la violence de guerre. John Keegan explique que cette perspective là, qui est le fondement des doctrines militaires de l'OTAN et du Pacte de Varsovie, est devenue, selon lui, totalement irréaliste parce que les sociétés ne sont plus en mesure d'accepter cette dimension de guerre de masse.
      Il dit bien que les sociétés ont été épuisées par l'Histoire : les batailles d'Azincourt, de Waterloo, de la Somme et toutes les autres. Cet épuisement des sociétés, ainsi que le changement socio culturel de l'individu, le développement de l'individualisme, tout cela fait que ce type de guerre est désormais devenu impossible, inacceptable. Et Keegan montre aussi très bien que dans les guerres qu'il évoque, de la fin du Moyen-Âge et de l'époque moderne, le fondement de la tactique était l'exposition du soldat. Dans une bataille de cette époque là, le soldat n'est pas protégé. Il porte un uniforme très voyant, parfois même chatoyant, il n'a aucun système de camouflage, aucun système de protection, il ne porte pas de casque… Et cette approche a duré jusqu’en 1914 : les soldats français portent un pantalon rouge garance et une casquette ou un képi sur la tête. C'est seulement en 1915 que va être introduit le casque qu'on appelle le casque Adrian. Il a donc fallu attendre 1915 pour entrer dans cette logique de protection du soldat, alors qu'auparavant, par définition, la guerre consiste à exposer le soldat à la mort. 
       
      101 ans après la Grande Guerre, la mort du soldat est devenue intolérable
      11/11/2019 (mis à jour à 06:55) Par Maxime Tellier  
      ( Source :  France Culture   https://www.franceculture.fr/histoire/101-ans-apres-la-grande-guerre-la-mort-du-soldat-est-devenue-intolerable?fbclid=IwAR0YE_nvoT140dQ7Kg6n5avDGq-jowCQbABiQatLMzn3WASom4t5zHTM2gc  ) 
    • By Margouchka
      Bonjour à toutes et tous, 
       
      j'ai envoyé un colis à mon chéri il y a pile 9 jours, il aurait dû donc arriver hier car normalement ça met 8 jours (d'après certains et d'après mon expérience de 1er colis envoyé à la rentrée qui a mis pile 8 jrs). Le soucis est que , selon mon chéri, j'ai pas bien écris l'adresse... J'ai seulement mis la SPXXXX/X et XXXX HUB ARMEES en ajoutant simplement son grade et son nom de famille... A la poste, ils m'en ont fait voir de toutes les couleurs, j'ai failli être "obligée " de payer 50 €, j'ai donc bataillé et j'ai obtenu ce que je voulais : envoi pour 15 €! Par contre, ils m'ont dit que c'était obligatoire d'écire mon nom et prénom et adresses perso. Ce qui m'avait aussi été fortement déconseillé par mon chérI... Donc j'ai écrit une adresse factice. Ayant le numéro de reçu du colis, j'ai pu le suivre sur internet jusqu'à ce qu'il quitte le territoire français...
      Sauf que je flippe qu'il ne l'ai pas reçu... et je ne pourrai pas l'avoir en retour car ce n'est pas mon adresse ni mon nom... 
       Il y avait pas mal de choses sympas dedans pour le ravitailler et lui faire plaisir (le but du colis quoi)... Donc s'il n'arrive pas, je suis VERTE !
      Est-ce que c'est déjà arrivé que les colis aient du retard ???
      Merci pour votre aide, 
      M.
    • By DUVEL
      bonjour voilà mon fils à fini ces classes et on lui a demandé d'ouvrir un livret a    est ce vraiment nécessaire car les interpostes n"existe plus?
    • By berogeitabi
      Bonsoir.
       
      le président Hollande vient d'annoncer aujourd'hui l'érection d'un monument aux morts en Opex.
      Cela doit faire 4 ou 5 ans que cette demande a été faite. Un pas de plus semble avoir été fait ce matin. Une reconnaissance nationale pour nos soldats, ce qui est bien la moindre des choses.
      Espérons que nous n'en resterons pas uniquement aux paroles.
      source: directmatin.fr     monuments aux morts en OPEX
      Ce monument doit être érigé au parc André Citroën, un jardin public du 15ème arrondissement (sud ouest de Paris, porte de St Cloud) à Paris.
    • By Rodolphe
      Bonjour à tous,
      J'envisage de m'engager dans la Légion mais une question reste sans réponse : Pouvons nous être envoyé en Opex pendant notre contrat initial de 5 ans de Légion ? Et si oui, est ce que cela arrive souvent où est-ce exeptionnel ?
      Merci de vos informations.


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    Bouchon-Gras 49

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    "vœux aux Armées 2022" Emmanuel Macron s'est rendu, mercredi en fin d'après-midi, à Haguenau pour ses "voeux aux Armées". Cette ville accueille trois régiments : le 2e régiment de hussards, le 54e régiment de transmissions et le 28e groupe géographique qui a rendu les honneurs au président de la République (photo Reuters). Ces trois régiments appartiennent au commandement du renseignement basé à Strasbourg. Le discours du président de la République, où il a rappelé "l'immense respect à l'égard des forces armées", a comporté deux axes principaux : - un axe national, où il a été question des moyens développés pour contrer les nouvelles menaces - et un autre qui a traité de la question de la souveraineté militaire européenne (dans le droit fil des déclarations présidentielles du matin à Strasbourg). Ces deux axes ont été développés sur fond d'un satisfecit évident à l'égard de l'action du gouvernement depuis 2019. Le Président, qui a rendu un hommage appuyé à Florence Parly,  a ainsi rappelé que 198 milliards d'euros seront engagés entre 2019 et 2023 pour réduire les "sur-engagements, fragilisation et lacunes" qui pénalisent les armées. Il a énuméré les efforts industriels et les livraisons de nouveaux matériels (dont le Griffon dont deux exemplaires flanquaient la tribune présidentielle). Il a vanté l'approche "ouverte, lucide et créative" qui a permis de mieux préparer les forces à leurs missions qui s'inscrivent "dans une accélération de l'Histoire". Par ailleurs, Emmanuel Macron a spécialement indiqué que la France était "disponible pour aller plus loin dans le cadre de l'Otan (...), en particulier en Roumanie". Verra-ton un SGTIA du type estonien déployé en Roumanie? Le PR n'a rien précisé. Mais l'ambition est clairement exprimée, s'inscrivant dans cette "vision du long terme" et ce "devoir de lucidité" malgré le "brouillard" qui doit caractériser la vision stratégique française "et celle de l'Europe" face à des puissance tierces. Des puissances qu'Emmanuel Macron n'a pas citées mais qui vont des "acteurs non étatiques" à la Russie (que le chef de l'Etat a citée une fois mais qui a été omniprésente entre les lignes), une des puissances qui "remettent en cause le multilatéralisme" et dont les actions hostiles ont été clairement dénoncées mercredi par le Président qui craint "une escalade".  "La grammaire change" a résumé le Président. Il va falloir différemment conjuguer le verbe "faire face". D'où "l'effort urgent et indispensable (...) à poursuivre et intensifier dans la durée". " "C'est là l'objectif que je vous assigne demain comme aujourd'hui", a conclu le Président.  (Source : Ligne de Défense)

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    le chef de la Marine allemande démissionne (© Tobias Schwarz, AFP Le chef de la Marine allemande Kay-Achim Schönbach, le 18 décembre 2019 à Limassol à Chypre.) Le chef de la Marine allemande Kay-Achim Schönbach avait qualifié "d'inepties" les intentions prêtées par les alliés de l'Otan à la Russie d'envahir l'Ukraine. Sommé de s'expliquer auprès du chef d'État-Major des armées, le haut-gradé a rendu sa démission a indiqué samedi le ministère de la Défense. Le chef de la Marine allemande Kay-Achim Schönbach a démissionné de ses fonctions après des propos controversés sur la crise en Ukraine, a annoncé samedi 22 janvier un porte-parole du ministère de la Défense. Le vice-amiral, qui avait entre autres qualifié d'ineptie l'idée que la Russie veuille envahir l'Ukraine, va quitter ses fonctions "avec effet immédiat", a précisé le porte-parole à l'AFP.  Ce que Vladimir Poutine veut, "c'est être respecté", a déclaré ce militaire selon une vidéo circulant sur internet, filmée lors d'une réunion d'un groupe de réflexion qui s'est tenue vendredi à New Delhi. "Il est facile de lui accorder le respect qu'il veut, et qu'il mérite aussi probablement", a-t-il ajouté. L'idée que la Russie veuille envahir une partie de l'Ukraine serait selon lui "une ineptie". Il avait par ailleurs estimé que la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, était "partie, et ne reviendrait pas" dans le giron de l'Ukraine. L'ambassadeur allemand convoqué en Ukraine Ce haut gradé avait fait son mea culpa dans l'après-midi, qualifiant ses déclarations "d'irréfléchies". "Il n'y a pas à ergoter : c'était clairement une faute", a-t-il écrit dans un tweet. Mais dans un communiqué diffusé dans la soirée, il explique avoir remis sa démission afin "d'éviter des dommages supplémentaires à la Marine allemande et surtout à la République fédérale allemande". Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a convoqué dans l'après-midi l'ambassadeur allemand Anka Feldhusen après ces propos jugés "absolument inacceptables" par Kiev. Les déclarations du vice-amiral sont intervenues en pleine crise russo-occidentale autour de l'Ukraine.  D'intenses efforts diplomatiques sont actuellement déployés de part et d'autre pour éviter que la situation ne dégénère, alors que des dizaines de milliers de soldats russes sont toujours massés à la frontière ukrainienne.  Le Kremlin lie toutefois un apaisement de la situation à des garanties notamment sur le non-élargissement de l'Otan, en particulier à l'Ukraine.  Une condition jugée inacceptable par les Occidentaux, qui menacent la Russie de très fortes sanctions en cas d'opération militaire. Livraison d'armes Vendredi, la cheffe de la diplomatie du Royaume-Uni, Liz Truss, a de son côté prévenu qu'une invasion russe ne mènerait qu'à un "terrible bourbier et à des pertes humaines", comme pendant la guerre du temps de l'URSS en Afghanistan et les conflits en Tchétchénie, le Kremlin n'ayant selon elle "pas tiré les leçons de l'histoire". Moscou fait pression sur l'Ukraine depuis qu'un soulèvement, il y a près de dix ans, a renversé un gouvernement qui avait résisté aux appels à se rapprocher des Occidentaux.  La Russie s'est emparée de la péninsule méridionale de Crimée en 2014 et une insurrection prorusse, qui a depuis fit plus de 13 000 morts, a la même année éclaté dans l'est de l'Ukraine. Donnant suite aux appels de ce pays à renforcer ses capacités de défense, les États-Unis, le Royaume-Uni et les trois États baltes ont accepté de lui livrer des équipements militaires, notamment des missiles antichars et antiaériens.  L'Allemagne a en revanche refusé de leur emboîter le pas car cela ne contribuerait "pas actuellement" à désamorcer la crise, a estimé samedi sa ministre de la Défense Christine Lambrecht. Elle s'est bornée à annoncer la fourniture en février d'un "hôpital de campagne".  Une prise de position qui a suscité l'irritation de Kiev. "Aujourd'hui, l'unité de l'Occident à l'égard de la Russie est plus importante que jamais" et "les partenaires allemands doivent cesser de miner l'unité avec de telles paroles et de telles actions et d'encourager Vladimir Poutine à déclencher une nouvelle attaque contre l'Ukraine", a réagi le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba. Malgré ce contexte de tensions extrêmes, les États-Unis ont quant à eux fait savoir samedi qu'ils ne prévoyaient pas pour le moment d'organiser une évacuation de leurs ressortissants présents en Ukraine, leur laissant le choix d'en partir par des vols commerciaux. (Source : France 24 - AFP)

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    «Aucune option n’est exclue» pour répondre à une attaque russe en Ukraine, annonce la Maison-Blanche. © SERGEY PIVOVAROV De nombreux moyens armés russes sont postés non loin des frontières ukrainienne (illustration). REUTERS/Sergey Pivovarov La tension semble monter encore d’un cran dans cette guerre de déclarations entre la Russie et les États-Unis. « Nous sommes à un stade où la Russie peut lancer à tout moment une attaque en Ukraine », a estimé mardi la porte-parole de la Maison Blanche, en parlant d’une « situation extrêmement dangereuse ». « Aucune option n’est exclue » côté américain pour répondre à une telle attaque, a indiqué Jen Psaki, interrogée en particulier sur une exclusion de la Russie de « Swift », un circuit sécurisé de virements bancaires internationaux. Largement inconnu du grand public, Swift est un rouage clé de la finance mondiale : cette société, sans réel concurrent, fournit aux banques un langage standardisé pour communiquer, mais également un réseau sécurisé, automatisé et rapide pour faire circuler ces messages. Une responsable du département d’État américain a alerté sur des mouvements de troupes russes mardi au Bélarus, voisin de l’Ukraine. « Le fait que nous observions ces mouvements au Bélarus donne clairement aux Russes une nouvelle approche, s’ils décidaient d’entreprendre des actions militaires plus poussées contre l’Ukraine », a-t-elle détaillé. Les Etats-Unis s’inquiètent ainsi d’un projet de réforme constitutionnelle au Bélarus qui permettrait un déploiement d’armes nucléaires russes dans ce pays frontalier de l’Ukraine et de la Pologne. Les exercices militaires russo-bélarusses annoncés mardi par le Bélarus « vont bien au delà du normal » et pourraient annoncer une présence militaire permanente de la Russie dans cet ancienne république soviétique restée un des alliés les plus proches de Moscou, a précisé à la presse cette responsable ayant requis l’anonymat. En fin de semaine dernière, Washington avait déjà accusé Moscou d’avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de mener des opérations de « sabotage » afin de créer un « prétexte » pour une invasion. « De graves conséquences » en cas d’invasion de l’Ukraine Ce ton toujours plus alarmiste de la part des États-Unis coïncide avec le lancement d’une nouvelle tentative de dialogue avec la Russie. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken rencontrera son homologue russe, Sergueï Lavrov, vendredi à Genève, pour tenter malgré tout de chercher « une porte de sortie ». Avant cela, Antony Blinken est attendu mercredi à Kiev dans un contexte explosif, la Russie ayant déployé des dizaines de milliers de militaires à la frontière ukrainienne. Le secrétaire d’État américain se rendra ensuite à Berlin pour des discussions avec le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sur l’Ukraine, les Occidentaux ayant prévenu la Russie qu’elle s’exposerait à de graves conséquences en cas d’invasion du territoire ukrainien. Une autre sanction régulièrement évoquée contre la Russie serait de frapper le gazoduc Nord Stream 2, qui débouche en Allemagne. Jen Psaki a répété mardi que viser cette infrastructure, qui ne fonctionne pas encore, constituerait un levier « crédible » contre la Russie, alors que Berlin a exprimé des réticences à cette idée. Alors que l’Ukraine et ses alliés craignent une invasion russe, des négociations la semaine passée à Genève, Bruxelles et Vienne n’ont jusque-là permis que de constater le fossé séparant Moscou et les Occidentaux. (Source :  Le Parisien avec AFP)  

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    Doit on y voir un hasard des programmes ou la Mer Noire serait elle l'enjeux politique actuelle. La prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle se concentrera sur la Méditerranée et la mer Noire. La mission Clemenceau 2022 que s’apprête à mener le groupe aéronaval français [GAN, encore appelé Task Force 473 ou bien encore, et c’est nouveau, « French Carrier Strike Group »] aura un profil particulier par rapport à celles qui ont été conduites durent ces dernières années. En effet, le porte-avions Charles de Gaulle n’aura pas à traverser le Canal de Suez pour naviguer, avec son escorte, dans l’océan Indien ou dans le golfe Persique… Pas plus qu’il ne se rendra dans l’Atlantique Nord, comme en 2020. Et pour cause : il ne quittera pas la Méditerranée. Et ce n’est pas une surprise, quand on se souvient des propos tenus par le président Macron, le 13 juillet 2020. « La zone Méditerranée sera le défi des prochaines années tant les facteurs de crise qui s’y conjuguent sont nombreux : contestation des zones maritimes, affrontements entre pays riverains, déstabilisation de la Libye, migrations, trafics, accès aux ressources », avait résumé le locataire de l’Élysée, avant d’en appeler à une « véritable politique européenne pour la Méditerranée ». Et d’insister : « La Méditerranée ne peut construire une paix durable sans nous, nous ne pouvons accepter que notre avenir soit construit par d’autres puissances ». Lors du point presse du minsitère des Armées, le 20 janvier, l’amiral Gilles Boidevezi, commandant de la zone maritime Méditerranée [CECMED], a rappelé que, au-delà des conflits et des tensions, cette mer, qui ne représente que 1% de la surface des océans, est le lieu de transit de « nombreux flux, tant licites [25% du trafic mondial et 65% de flux énergétiques des pays de l’Union européenne] qu’illicites [migrations, stupéfiants, armes, traite d’êtres humains], ce qui n’est pas sans conséquence(s) sur la sécurité du Vieux Continent. « La présence française dans la zone s’avère donc nécessaire pour défendre nos intérêts économiques et sécuritaires » ainsi que pour « réaffirmer notre attachement à la liberté de circulation aérienne et maritime comme au respect du droit international », a expliqué l’amiral Boidevezi. Le porte-avions Charles de Gaulle appareillera de Toulon au début du mois de février, avec, à son bord, un groupe aérien embarqué [GAé] composé d’une vingtaine de Rafale M F3R des Flotilles 12F et 17F, de deux E-2C Hawkeye de la Flottille 4F et de plusieurs hélicoptères [Dauphin de la 35F et Panther de la 36F]. L’un des quatre NH-90 NFH belges devrait le rejoindre en cours de mission. D’ailleurs, la composition de son escorte n’est pas figée. Au départ, celle-ci réunira la Frégate multimissions à capacité de défense aérienne renforcée [FREMM DA] « Alsace », récemment admise en service, ainsi que la Frégate de défense aérienne [FDA] « Forbin », la FREMM « Normandie », le pétrolier-ravitailleur « Marne » [avec un hélicoptère Alouette III de la 34F] et un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA]. La présence de ce dernier devant être intermittente, il sera suppléé par un avion de patrouille maritime Atlantique 2 basé à Chypre ou en Crète et un sous-marin grec, dont le type n’a pas été précisé. Au fil de sa mission, le porte-avions Charles de Gaulle sera aussi rejoint par le « destroyer » américain USS Ross et par la frégate espagnol SPS Juan de Borbon [classe F-100] et une frégate grecque. En outre, des officiers allemands, italiens et canadiens seront insérés au sein de l’état-major du GAN. Le programme de la mission Clemenceau 2022 sera assez copieux. Il se résume en cinq points : lutter contre le terrorisme, renforcer la capacité autonome française d’appréciation de la situation, affirmer la liberté de navigation, tant maritime qu’aérienne, appuyer l’effort de défense européen, coopérer avec les alliés et partenaires de la France. Ainsi; le groupe aéronaval sera engagé dans l’opération Chammal [nom de la participation française à l’opération Inherent Resolve dirigée, au Levant, par les États-Unis contre l’État islamique]. Puis, il prendra part à la mission européenne Irini, laquelle consiste à faire appliquer l’embargo sur les armes décidé par les Nations unies à l’égard de la Libye. Il se rendra en mer Adriatique, où des actions de coopération avec des pays de la région, notamment la Croatie, sont prévues. Toujours au chapitre des coopérations, le GAN se rendra en Grèce puis à Chypre. Et le Charles de Gaulle aura à manoeuvrer avec le porte-aéronefs italien Cavour [désormais en mesure d’accueillir des avions F-35B] et un porte-avions américain. Mais l’une des parties de ce déploiement qui sera sans doute la plus délicate, au regard des tensions avec la Russie, sera la « coopération en mer Noire », où certains « moyens navals et aériens » du GAN se déploieront au début du mois d’avril, pour des exercices avec les forces roumaines. Pour rappel, lors de son premier déploiement, l’an passé, le groupe aéronaval britannique formé autour du porte-avions HMS Queen Elizabeth avait fait la même chose. Et cela avait donné lieu à un incident ayant opposé le « destroyer » HMS Defender à la marine russe. À noter, d’ailleurs, que le début de la mission Clemenceau 2022 coïncidera avec des exercices navals russes de grande ampleur, lesquels se tiendront dans toutes les zones d’intêret de Moscou. La Méditerranée et la mer Noire en font partie. (Source : Opex 360)

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    Le Pentagone annonce un exercice naval de l'Otan en Méditerranée   L'Otan va mener dès lundi un exercice naval à grande échelle en Méditerranée avec la participation du porte-avions américain USS Harry Truman. Ces manœuvres ont lieu en pleines tensions avec la Russie qui a elle-même annoncé des manœuvres navales au même moment. 'Neptune Strike 22 va durer jusqu'au 4 février, et est destiné à démontrer la capacité de l'Otan à intégrer la force de frappe maritime sophistiquée d'un groupe aéroporté en soutien aux efforts de dissuasion et de défense de l'Alliance', a annoncé vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. M. Kirby a assuré que cet exercice était en préparation depuis 2020 et qu'il n'avait rien à voir avec les tensions actuelles autour de l'Ukraine, bien que 'Neptune Strike 2022' ne figure pas sur la liste des exercices prévus en 2022 publiée le 14 décembre par l'Otan sur son site. 'L'exercice lui-même n'est pas conçu pour contrer le genre de scénarios qui pourraient se produire autour de l'Ukraine', a-t-il affirmé. 'C'est vraiment un exercice naval de l'Otan (...) destiné à tester un vaste éventail de capacités navales que nous voulons être sûrs de continuer à renforcer'. La Russie aussi : La Russie a annoncé jeudi des exercices navals tous azimuts. Plus de 140 navires de guerre et environ 10'000 militaires prendront part en janvier et février à ces exercices menés dans l'Atlantique, l'Arctique, le Pacifique ou encore la Méditerranée. M. Kirby a reconnu que la situation tendue avec la Russie avait suscité des débats avec les alliés sur la tenue de cet exercice naval. 'Après discussions avec nos alliés de l'Otan, il a été décidé d'aller de l'avant', a-t-il précisé. L'USS Harry Truman et son groupe aéroporté sont en Méditerranée depuis la mi-décembre. (Photo: KEYSTONE/AP) Le porte-avions devait rejoindre la zone d'opérations du commandement central (Centcom) mais le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a décidé fin décembre de le maintenir en Méditerranée pour 'rassurer' les Européens face aux frictions avec la Russie. Sans mentionner les tensions autour de l'Ukraine, où Kiev et ses alliés occidentaux accusent Moscou d'avoir massé 100'000 soldats aux frontières du pays en prévision d'une possible invasion, le Pentagone avait souligné que ce changement d'itinéraire 'reflétait le besoin d'une présence continue en Europe'. (Source : RTN)
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