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Janmary

La dette Grecque

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Le Président Obama est très estimable, certes.... mais Américain.

Nous devons par deux fois dans l'histoire mondiale et venant des États-Unis, une déflagration mondiale dite "grande crise monétaire et économique" dans les années 20 d'abord et et plus récemment ensuite.

 

La résolution du problème économique aux USA de la formidable dette à été de faire fonctionner la "planche à billets" à plein rendement avec la bénédiction de la Banque Centrale Américaine...et des Présidents.

 

Si l'on rajoute le gaz de schiste  qui permet des économies d'importations de produits pétroliers en sus, cela permet à l'économie des USA de repartir...et tant pis pour les européens qui ont un Euro fort et endettés jusqu’au cou.

 

Manque de chance, l'Euro descend de son piédestal pour s'approcher du dollar et les remboursement des prêts de la dette des Européens sont une gène pour le commerce Américain vers l'Europe qui se trouve proche du zéro de croissance pour la majorité des pays Européens. Alors le grand Traité Atlantique des échanges économiques à du plomb dans l'aile.

 

Inadmissible pour nos amis Yankee !

La Grèce tombe à point nommé !

 

Ce pays - que j'aime et que j'apprécie personnellement - mais qui a fait du n'importe quoi de préférence en entrant dans l'Union Européenne, tel présenter des faux budgets, ne pas respecter dès le départ les critères de l'Euro, de ne pas percevoir l’impôt de la part du clergé, des grandes entreprises maritimes, des grandes entreprises Nationales, et de la fraude constante sur ce sujet des Grecs eux-même.etc. sans compter les 13 milliards d'évasion fiscale depuis l'élection du nouveau Premier Ministre,  lui ont quand même valu de se voir effacer 110 milliards d'euros des prêts privée (bancaires) - merci aux contribuables de la zone Euro - par l'Europe.

 

Reste la dette envers les États, qui est un problème entre la Grèce et les États Européens. tel est le sens de la décision de la BCE (Banque Centrale Européenne). Pour nous Français, c'est 40 milliards d'Euros.

 

Pour nous Français qui continuons à augmenter notre dette par l’emprunt et qui ne baissons pas vraiment nos déficits, il y a comme des coups tonnerres d'avertissements que les événements ultérieurs pourraient mal tourner. N’oublions pas que nous empruntons pour subvenir aux au fonctionnement de nos besoins  - et non pour l'investissement PRODUCTIF - avec le payement de nos fonctionnaires, et des investissement sans retour productif. Nous avons quelques épées de Damoclès au dessus de la tête.

 

Il est certain que la Grèce est à la croisée des chemins...l'Europe également sur le devenir de certains des pays membres avec l’orthodoxie financière des emprunts contractés en Europe certes mais au FMI (Fond Monétaire International) qui restera intraitable sur le remboursement de ces prêts en propre et qui a les moyens de se faire entendre et obtenir ce qu'elle veut (voir les pays de l'Amérique du Sud à cet égard).

 

Attendre et voir !

Janmary

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Janmary,

 

Je trouve que vous investissez beaucoup de vous même dans les sujets que vous traitez et particulièrement dans les sujets économiques sur lesquels je vous trouve excellent.

Mon appréciation vaut ce qu'elle vaut, je ne suis pas un expert.

 

L'émergence de la crise de la dette grecque a, dans le temps, été consécutive a l'émergence des "printemps arabes". Année 2011.

Certe ! pour les finances grecques le feux couvait sous la braise.

 

Ce que j'ai trouvé remarquable c'est que l'incendie s'est communiqué instantanément à l'ensemble de la Méditerranée Orientale ou les feux couvaient partout.

 

Les riverains au Sud de la méditerranée Orientale sont : la Tunisie, la Libye, l'Egypte.

A l'est : la bande Gaza, Israel, le Liban et la Syrie.

Au Nord : la Turquie et la partie continentale Grecque.

A l'Ouest : L'Italie avec la Sicile.

 

Les frontaliers de la Grèce sont : la Turquie, la Bulgarie, la Macédoine et l'Albanie.

 

La Grèce est la partie Sud des Balkans.

 

Le centre de gravité de la Méditerranée Orientale est l'Ile de Crète qui est Grecque.

 

Cette énumération montre que la Grèce baigne dans "un bouillon de culture" en ébullition.

 

Etant le centre de la Méditerranée Orientale, nous pourrions rêver que la Grèce apparaisse comme un phare de toutes les vertus.

 

Que les porteurs de ce rêve lèvent la main !

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Merci capmat

 

Je tente de relancer les sujets pour que les argumentaires de tout à chacun soient débattues et que le débat perdure.

 

Même, si parfois, il arrive - rarement - que le sens de mes interventions ne soient pas obligatoirement ma façon de voir. il y a parfois des argumentaires - non traités - à apporter.

 

Les débats apportent nombres de réflexions et je lis avec intérêt vos posts sur l'Afrique - entre autres - ou j’apprends beaucoup.

 

L'économie, l'Histoire militaire, etc. font partie de mes réflexions et de mes "cogitations" depuis longtemps maintenant. J'ai lu de très nombreux ouvrages des Grands Capitaines de l'Histoire et nombre d'économistes. Et ce n'est pas toujours aisé d'avoir une opinion cohérente.

 

Amicalement à vous.

Janmary

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Je trouve que le sujet de la dette grecque recouvre beaucoup d'autres sujets dans lesquels l'histoire et la géographie ont une place majeure.

 

La population totale de la Grèce est inférieure en nombre à la population de la seule vile d'Istanbul.

 

La population d'Athène-Le Pirée représente plus du tiers de la population totale grecque.

 

Le territoire grecque est composé d'une multitude d'îles, ce qui multiplie d'autant les charges de continuité du territoire : éducation, santé, justice, défense, logistique ect...

 

Le budget de la défense grecque est a 4,5% du PIB quand ceux des états européens les mieux pourvus est a 1,5% du PIB.

 

 

Quelle perception la population grecque a d'elle même ?

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@ capmat

Le budget de la défense grecque est a 4,5% du PIB quand ceux des états européens les mieux pourvus est a 1,5% du PIB.

 

C'est assez extraordinaire en effet.

Membre de l'OTAN, la Grèce est plus sur la "défensive" avec plus d’appréhension pour ne pas dire de haine, avec la Turquie qu'elle ne le fut envers  l'Union Soviétique.

 

Le problème de Chypre - dont la souveraineté est revendiquée par les deux pays - avec  les deux communautés qui se sont déchirés avec l’intervention des forces militaire Turque, n'est pas fait pour apaiser le débat. L'ile est coupée en deux avec une "frontière" artificielle dû à l’arrêt des combats imposés par l'ONU. Ce qui pose problème également à l’Union Européenne avec ces deux entités.

 

Le problème va loin, puisque le Rafale Français avait été proposé pour l’équipement de l'Armée de l'Air Grecque et qui fut refusé au titre de manque d'allonge du RADAR (à revoir donc car ne faisant pas le pendant aux RADAR des F-15) d'une part, et de la puissance des réacteurs d'autre part (ce qui imposaient des réacteurs américains).(Voir les posts écrits à ce sujet).

 

Pour tout cela - en fait - pour faire opposition a son "principal potentiel agresseur", a savoir la Turquie et à ses forces armées. L'histoire des deux pays alimentent toujours des rancœurs allant même jusqu'à la danse ou l'on frappe du pied par terre en analogie avec écraser le Turc au sol !

 

En créant l'Europe, nous avons aussi pris les problèmes de tout les États membre. Il y avait déjà les nouveaux États issus de la désagrégation de l'ancienne Yougoslavie, de la Grèce et de son économie, des rapports Grèce - Turquie, sans parler des soucis financiers et économique de la zone Euro ou pas avec l'Islande, l'Irlande, l'Espagne, le Portugal et encore la Grèce.

 

C'était quand même plus simple de créer une Nation commune à l'époque de Charlemagne ou de l'épopée du Far-West !

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La Bulgarie est membre de l'Europe, c'est donc par la seule Bulgarie que la Grèce est frontalière de l'Europe. Au Nord de la Bulgarie, c'est la Roumanie membre également de l'Europe.

La connexion terrestre de la Grèce à l'Europe reste une connexion par zones en convalescence d'avoir appartenu "aux pays de l'Est".

 

La Grèce a mis son véto à l'entrée de la Macédoine dans l'Europe car elle considère que le nom "Macédoine" désigne une région grecque.

 

Dans le puzzle que constituent les états de l'ancienne Yougoslavie, la Slovénie et la Croatie sont dans l'Europe.

La Slovénie est également dans la zone Euro.

Il y a une curiosité dans "le puzzle", c'est que le Monténégro et le Kossovo ont adopté l'Euro alors qu'ils ne sont pas (encore) dans l'Europe.

L'Albanie et la Serbie sont éligibles à l'Europe.

Il me semble que la Bosnie-Herzégovine ne s'est pas encore portée candidate.

 

Tout ces petits rappels pour souligner que l'Union Européenne et l'Europe Continentale ne se superposent pas encore, mais pour la partie Occidentale ( l'Ukraine et la Russie jusqu'a l'Oural sont sur le continent ) c'est en cours de réalisation.

 

La Grèce doit à la clairvoyance et à la volonté de Sir Winston Churchill de n'avoir pas fait partie de la liste des "pays de l'Est" du temps de la guerre froide. La Grèce n'en a pas moins été l'objet de tiraillements souterrains incessants entre l'Ouest et l'Est après la seconde guerre mondiale.

Le "tiraillement" affleure de nouveau dans les petits chantages de choix de "protecteurs" au sujet de la dette grecque.

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J'écoutais l'ancien diplomate russe "Vladimir Fedorovitch" ce matin sur France télévision qui disait que la dette de l'Ukraine est 3 ou 4 fois (je crois), plus élevée que la dette grecque.

 

Ca donne une idée des enjeux  liés au poids de la dette nationale, et aux conséquences pour le développement économique des pays considérés.

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Il est vrai, Belle.

 

L'Ukraine - Dieu merci - ne fait pas partie de la zone Euro.

Mais pour l'Ukraine et la Grèce (et l'Union Européenne), c'est "mille ans de malheurs" quoique en disent les "forts en thème" politique à la voix forte.

Croire que les créanciers du FMI (Font Monétaire International) vont s'assoir sur la dette, c'est vraiment spéculer.

 

Et l'Europe pourrait bien s'assoir sur une partie de la dette Grecque malgré, d'une part,  l'effacement de 110 milliards d'Euros épongés par les banques, c'est à dire les dépositaires des pays Européens, et d'autre part, que des gouvernements d’États Européens acceptent n'est pas couru d'avance, si nous  jugeons  l'attitude - très compréhensible - de la Chancellerie Allemande.

 

C'est quand même extraordinaire, que les pays ayant commis des faux budgets, des erreurs énormes de gestion, des refus de réformes structurelles - dont notre pays - demandent l'aide par n'importe quelle moyen (y compris des réparations de guerre pour la Grèce ou pour l'assistance pour nous Français qui ne respectons pas plus les critères de l'euro comme à la vieille époque de la IV République ou nous pratiquons de façon régulière  des dévaluations)  à l’Allemagne au motif qu'elle à un excédent commercial et budgétaire après - quand même - une réunification et une réforme structurelle - comme les pays Nordiques - en dit long sur les mentalités d'assistées de ces gouvernements

 

Janmary

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Pour faire simple la mentalité grecque est europhile mais pas aux normes européennes...

Je l'ai vécu et c'est aussi simple que celà.

Les grecs ne sont pas culturellement des allemands voilà tout!

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Merci Searcher pour cet aspect des choses.

 

A son corps défendant, nous ne donnons pas une belle image, nous, Français, aux pays Européens tels la Grèce, l'Espagne et le Portugal concernant les critères de l'Euro, et les critères économique décidés par l'Union Européenne, donc par nous même.

 

Toujours à son corps défendant, la Grèce n’a pas d'industrie réelle pouvant être exportatrice, pas de matières première en sous-sol et pas une agriculture exportatrice mis à part les produits de la vigne, des olives, etc.

 

Par ailleurs, autant la France bénéficie de taux d’emprunt très bas sur les marchés, autant nous avons (la Banque Centrale Européenne ) et les États, prêtés à la Grèce à des taux élevés, c'est à dire en faisant un bénéfice sur les prêts, signe de méfiance.

 

Ce n'est pas très beau tout cela !

Par ailleurs, capmat à bien posé les problèmes géo-stratégique de la Grèce.

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Pour revenir sur la "dette grecque", elle est consécutive à l'explosion des crises des riverains de la Méditerranée Orientales.

 

Parmi ces riverains, la Tunisie, l'Egypte et la Syrie ont subi des soulèvements populaires provoqués par les trop faibles taux de redistribution des richesses.

 

Au Nord de la Grèce, l'idée d'une redistribution équitable des richesses reste une idée.

 

Pour la Libye, le montant des ressources divisé par le faible taux de population aboutissait à un revenu par habitant presque convenable, il n'en reste pas moins que les poches du "guide" étaient les plus remplies (et de loin) parmi celles des dictateurs de la périphérie de Méditerranée Orientale.

 

Dans la Mare Nostrum de l'Orient, il s'y trouvait un courant important de capitaux a recycler et la Grèce est au centre géographique du phénomène.

 

L'Ile de Malte et le Sud de l'Ile de Chypre sont en Europe et pourvues de système bancaires accueillants et discrets.

 

Parmi les riverains de la méditerranée Orientale il y a le Liban qui génère des Libanais qui fournissent l'essentiel de la logistique bancaire souterraine de l'Afrique.

 

Avant 2011, l'année des printemps Arabes, tout flottait bien gentiment en Méditerranée Orientale. 

 

Parmi le bruit des vagues, le doux gargouillis de l'argent qui coule accompagné du chant des minarets et des bénédictions papales Orthodoxes et Romaines.

 

On peut comprendre que s'expriment de ci de là des nostalgies du temps des vrais dictateurs.

 

A la bienveillance des banquiers s'est substitué l'angoisse, le système de la privatisation des bénéfices et de la mutualisation des pertes connait malheureusement des limites, surtout quand parmi les passerelles il s'y trouve en bonne place la Grèce, membre de l'Europe et de la zone Euro.

 

AAAGGHHH ! Kolossal problem !!!!!

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Finalement , un accord à été trouvé entre l’Eurogroupe et Athènes comme indiqué ci-dessous et rapporté en boucle par les médias. (Info AFP).

 

Dans un premier temps, c'est un solution de sagesse des parties prenantes.

Le spectre de la sortie de l'Eurozone s'estompe pour l'instant et la Grèce n'aura pas à envisager un scénario - catastrophe - de se retrouver dans un cadre de déroute financière avec des dettes au FMI (Fond Monétaire International) et à l'Europe.

 

Cela eut été suicidaire pour ce pays, alors incapable d'importer, de négocier, de se voir octroyer des prêts d'investissements ou de fonctionnement à l'International que de sortir - ou se faire sortir - par l'Eurogroupe de la zone Euro..

 

C'est le moindre mal et la moindre conséquence des scénaris envisageable - qui est quand même assurément difficile pour les Grecs, qui - sinon - eut mis le pays, pour des lustres, en situation du niveau du tiers monde en ce concerne la monnaie et l'économie du pays.

 

 

Bruxelles - Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a affirmé vendredi que l'accord avec la zone euro sur une extension de quatre mois de son programme d'aide financière était une première étape qui va permettre à Athènes de laisser le mémorandum derrière elle.

La Grèce laisse le mémorandum derrière elle et devient coauteur des réformes et de sa destinée, a estimé M. Varoufakis à l'issue d'une réunion de l'Eurogroupe qui a permis de trouver dans l'immédiat un compromis indispensable au maintien de son pays dans la zone euro.

La zone euro a décidé de prolonger de quatre mois le plan d'aide financière de la Grèce, sous conditions, notamment la présentation d'ici à lundi d'une liste de réformes qui doit être approuvée par ses créanciers.

On va présenter, sous forme de tableau, une liste des réformes que l'on veut faire les quatre prochains mois. Les institutions donneront leur avis lundi ou mardi, a précisé M. Varoufakis.

Si les créanciers d'Athènes devaient ne pas approuver cette liste, nous aurons un problème, a reconnu M. Varoufakis. S'il n'y a pas un accord sur la liste, l'accord est mort, mais cela ne sera pas le cas, a-t-il ajouté.

A la fin de ces quatre mois, nous serons jugés sur la mise en oeuvre des réformes, a-t-il poursuivi, appelant les autres partis politiques grecs à participer. Et ce n'est qu'alors que la zone euro devrait reprendre ses versements.

Mais dans l'attente, l'accord ne garantit pas que le pays reste à flot : nous ne sommes pas allés aussi loin (...) de sérieuses discussions seront menées ces prochaines semaines sur les moyens de combler le trou budgétaire du pays, a admis M. Varoufakis.

Le ministre grec a indiqué que cette liste à présenter lundi n'inclurait aucune réforme sur les retraites et le marché du travail. Il s'est en revanche engagé à s'attaquer à l'immunité et à l'évasion fiscales.

Notre engagement est de relever le salaire minimum (...) de façon à augmenter la compétitivité et nous allons le faire via des consultations. Nous avons l'intention de négocier cela avec les institutions, a-t-il ajouté.

L'accord ne prévoit pas d'avoir un excédent budgétaire primaire de 3% du PIB cette année et plus pour les prochaines années, ni d'augmenter la TVA ou de baisser les retraites, contrairement au gouvernement précédent, a affirmé M. Varoufakis.

La zone euro et la Grèce se sont engagées à assurer des excédents budgétaires primaires (...) conformément à ce qu'elles avaient accepté dans le deuxième programme de financement en 2012.

Mais pour 2015, année pendant laquelle cet excédent devait être de 3% du PIB, les institutions prendront en compte les circonstances économiques. Le document ne mentionne pas 2016 et les suivantes, pour lesquelles l'excédent devait être de 4,5%.

Cette période de transition de quatre mois doit laisser le temps à la Grèce de négocier avec la zone euro un nouveau contrat de sortie de crise, a indiqué le ministre.

Dans ce cadre, nous allons discuter sur les moyens d'avoir une réduction intelligente de la dette, a-t-il relevé, même si la zone euro s'est refusée dans l'accord à réaffirmer son engagement pris en 2012 à envisager un tel aménagement.


(AFP du 20 février 2015 )

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Intéressante audition de Yanis Varufakis le ministre des Finances grec par le Contrarien Matin.

 

Il précise  pourquoi  il est souhaitable que la Grèce reste dans l'euro.

 

Charles Sannat : Vous vous définissez vous-même comme un «contrarien». Pouvez-vous nous en dire plus ?


Yanis Varoufakis : Dans un monde où le paradigme dominant fait obstacle au partage de la prospérité, à la justice et à la liberté, il incombe à ceux qui tiennent ces principes pour fondamentaux de s’opposer au prêt-à-penser. S’opposer aux opinions et aux règles juste pour le principe de s’opposer ne rime à rien et est dangereux. Mais s’opposer à ce qui sape systématiquement les valeurs sur lesquelles repose une société civilisée est un devoir moral.

 

CS : Vu de France, on a l’impression que dans les négociations en cours entre l’Europe et la Grèce on n’est d’accord sur rien et que les institutions européennes sont intraitables. Est-ce une impression ou la réalité ?


YF : Il y a forcément des points sur lesquels nous sommes d’accord. En effet, il est dans l’intérêt de tous en Europe, y compris de celui de nos créanciers, que la Grèce retrouve une croissance nette. A mes yeux, le problème semble être que l’inflexibilité de l’Europe quant à la politique qu’elle mène vient de ce qu’elle est résolue, ce que l’on peut comprendre, sans pour autant trouver cela judicieux, à ne pas admettre que le « remède » appliqué depuis cinq ans n’a fait qu’aggraver une situation déjà très mauvaise.

 

CS : L’Europe est-elle devenue une entreprise punitive, une Europe père-fouettard, non seulement pour la Grèce mais par voie d’extension, à terme, pour tous les pays de la zone euro qui sont dans la difficulté.


YF : Actuellement, mon travail consiste à établir des relations au sein d’une Europe qui place les règles au-dessus de la logique macroéconomique et qui considère l’arrangement actuel comme bien plus important que d’imaginer comment l’Europe et la zone euro devraient être conçues pour bien fonctionner. Ces efforts de rapprochement sont importants parce que sans eux des millions d’Européens souffrent inutilement tandis que « l’Europe » devient impopulaire parmi les Européens, ce qui ne profite qu’aux ultranationalistes et aux sectaires.

 

CS : Lorsque j’analyse la situation économique de la Grèce (et je ne suis pas le seul à penser ainsi), la dette grecque n’est tout simplement pas remboursable. La notion de remboursement de la dette semble être un point d’achoppement dans les négociations en cours. Pourtant, nous savons tous qu’elle n’est pas remboursable. Qu’est-ce que cela cache, alors que la priorité devrait être de résoudre d’urgence la crise humanitaire que connaît votre pays ?


YF : Ce qui est peut-être le plus triste dans tout ceci est que, en fait, tout le monde est d’accord. On me dit constamment que le mot « décote » [en anglais, haircut, c.-à-d. l’annulation pure et simple d’une partie de la dette - NdT] est politiquement toxique mais, en même temps, on me dit que nos créanciers seraient prêts à discuter d’un allongement substantiel de la maturité de la dette avec une réduction concomitante des taux d’intérêt – ce qui revient en fait à une… décote substantielle. Il est étrange que lorsque nous faisons une contre-proposition consistant à émettre des obligations indexées sur le PIB nominal, qui offriraient à nos créanciers un rendement potentiellement supérieur, celle-ci soit rejetée. La seule explication à ce mystère est que la question de la dette n’a pas grand-chose à voir avec… la dette elle-même, que notre dette est une « variable de contrôle », comme disent les mathématiciens, dans le contexte d’un exercice de « planification » dont l’objectif est de maximiser l’autorité politique sur les nations déficitaires. S’il y a une autre explication, je serais ravi de l’entendre.

 

CS : Vous défendez aujourd’hui l’idée de maintenir la Grèce dans la zone euro. Nos économies étant hétérogènes, en l’absence d’un mécanisme d’harmonisation, je pense pour ma part que l’euro est condamné. Alors, pourquoi faut-il selon vous rester dans la zone euro ?


YF : Parce que je ne peux pas imaginer un mécanisme par lequel nous pouvons dissoudre la zone euro sans que cela déclenche une crise massive qui écrasera encore un peu plus les dépossédés et tous ceux qui ont supporté le plus lourd fardeau de la crise de l’euro. La zone euro peut-elle être stabilisée sans infliger de souffrance supplémentaire pour cause d’austérité ? Je le pense, et c’est pourquoi, avec Stuart Holland et James Galbraith, nous nous sommes tellement investis dans notre Modeste proposition pour résoudre la crise de l’euro.

 

CS : Personne ne veut être le fossoyeur de l’euro. Pourtant, la Grèce pourrait être la première à en sortir. Que pensez-vous de cette hypothèse ?


YF: En novembre dernier, Mario Draghi a dit que pour que l’euro soit un succès dans quelque pays que ce soit il doit être un succès dans tous les pays. Je pense qu’il a raison. Dans ce contexte, toute tentative de se servir du « Grexit » comme d’une menace ne fait que déstabiliser une zone euro déjà fragile, et constitue par conséquent une manœuvre d’une effrayante irresponsabilité.

 

CS : Selon vous, en cas de rupture entre les pays faibles et les pays forts de la zone, ne pensez-vous vous pas que la sortie de l’Allemagne serait plus efficace, les autres pays conservant alors l’euro sans l’Allemagne ?


YF : Dans le cas hypothétique d’une fragmentation de la Zone euro, il ne fait aucun doute que la sortie d’un pays excédentaire est de loin préférable à celle d’une nation déficitaire. Lorsqu’un pays jouissant d’un excédent de sa balance des opérations courantes quitte une union monétaire, sa monnaie s’apprécie alors que les capitaux affluent vers son économie. Ce rééquilibrage compense les pertes encourues par la dépréciation des actifs dans les pays qui restent dans l’union. Bien qu’il existe un risque de récession, à cause de l’augmentation du taux de change et de la perte résultante de marchés, la situation qui en résulte est acceptable en comparaison à l’implosion qu’engendrerait la sortie de l’union des pays déficitaires, leur monnaies se dévaluant massivement et eux étant poussés au défaut sur les dettes privées et publiques libellées en euro.
Ceci dit, toute sortie de nations excédentaires ou déficitaires, en particulier à un moment où l’Europe est en déflation et que les investissements sont historiquement bas, provoquerait partout de très graves problèmes. Voilà pourquoi je dis que nous avons l’obligation de réparer l’euro, en particulier ceux d’entre nous qui critiquent sa conception !

 

CS : L’un des points essentiels de l’accord intérimaire signé avec l’Eurogroupe est la lutte contre l’évasion fiscale. Pensez-vous vraiment être en mesure de faire rentrer l’impôt ?


YF : Oui. Nous manquons peut-être d’expérience gouvernementale mais, croyez-moi, nous sommes déterminés. Notre grande force est que nous ne sommes les obligés de personne. Aucun d’entre nous, pour financer sa campagne électorale, n’a reçu le moindre euro de la part des intérêts particuliers auxquels nous allons nous attaquer. Cependant, ce qui est crucial pour régler ce problème est que nos partenaires européens nous offrent du temps et de l’espace pour mener à bien cet objectif en relative tranquillité.

 

CS : Vu de France, pour beaucoup, la Grèce l’a bien cherché. Personnellement, je considère que l’on peut tous être grecs et que ce qui arrive à votre peuple pourrait arriver au nôtre.


YF : La logique de la punition collective est absolument effroyable. Elle est bannie en temps de guerre et devrait être bannie en temps de paix. A moins que le peuple français ne comprenne qu’il n’y a rien de tel qu’un Grec « typique », penser de cette manière ne peut que nourrir les stéréotypes visant les Français, les Allemands ou les Italiens – autant d’idées reçues qui nous empêchent de penser intelligemment, en tant qu’Européens, quant aux véritables causes de la crise. Avant 2008, l’argent s’écoulait en quantités phénoménales des pays excédentaires vers les pays déficitaires. Cet afflux d’argent provoqua des bulles qui ont ensuite éclaté. Et lorsque celles-ci ont éclaté, les pays déficitaires se sont retrouvés engloutis sous des montagnes de dettes impossibles à servir, avec un PIB nominal en réduction et des politiques d’austérité qui ont encore un peu plus réduit les revenus avec lesquels ces dettes, anciennes ou nouvelles, auraient pu être remboursées. C’est pourquoi la Grèce se trouve là où elle en est actuellement et c’est aussi pourquoi la France est à la peine. Se retourner vers les stéréotypes comme explication ne peut que nous empêcher de comprendre les causes de notre crise commune.

 

CS : Quelle est la véritable situation sociale en Grèce et pensez-vous que nous pourrions faire partie des prochains sur la liste ?


YF : Privation et pauvreté absolue, ce qui est très difficile à mesurer pour qui habite en Europe du Nord ou en Europe centrale. En outre, la classe moyenne est en état d’asphyxie économique totale. Je vous donne un seul exemple : sur les 5 millions de Grecs actifs, 3,5 millions ont des arriérés vis-à-vis de l’Etat pour des sommes inférieures à 3000 euros – et ils ne peuvent pas les rembourser.

 

CS : Depuis plusieurs semaines, des dizaines de milliards d’euros quittent la Grèce. D’importantes quantités d’or physique sont achetées par les Grecs. Cela est-il le présage d’une sortie ordonnée de la Grèce de la zone euro, au moment où Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, rapporte que certaines personnes dans « les milieux artistiques » font circuler des ébauches de nouveaux billets libellés en drachmes (et pas uniquement pour épater la galerie) ? Doit-on s’attendre à une sortie de la zone euro dans les prochains mois ?


YF : Le gouvernement précédent a mené sa campagne en utilisant la tactique de la peur qui consiste à « promettre » que s’ils devaient perdre les élections, les banques fermeraient une semaine plus tard et la sortie de la Grèce de l’euro s’ensuivrait. Faut-il s’étonner que lorsqu’un gouvernement en place brandit un tel épouvantail les gens aient peur ? Et lorsqu’en outre des voix similaires s’élèvent en Europe – certaines d’entre elles parmi les autorités constituées – il est aisé de faire en sorte que cette peur grandisse et grandisse encore. Mais faites une pause un moment et pensez au coût immense d’un « Grexit », non seulement pour nous les Grecs, mais pour tous ceux qui sont impliqués dans l’aventure. Cela vaut-il la peine juste pour empêcher notre gouvernement d’avoir la chance d’éliminer les oligarques et les corrompus ? Je ne le pense pas. C’est pourquoi j’en appelle à mes amis français pour qu’ils résistent à cette grossière violation de la logique et des principes démocratiques.

 

CS : On voit bien année après année l’incapacité de la France à respecter les objectifs budgétaires et de dette fixés par l’UE. Vous avez rencontré Michel Sapin. Que faudrait-il pour qu’un axe majeur Paris-Athènes puisse émerger ?


YF : Une France plus forte.

 

CS : Enfin, Avez-vous un message particulier à adresser au peuple français?


YF : Je pense en avoir un : il est temps que l’on se remette à rêver d’Europe comme d’un lieu où la prospérité se partage, plutôt que d’une cage de fer dans laquelle une majorité d’Européens se sentent étouffés et trahis. Si notre nouveau gouvernement est liquidé, la France ne parviendra pas à sauver l’idée d’une Europe qui concorde avec le triptyque «Liberté – Egalité – Fraternité».

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    • Tmapc  »  berogeitabi

      Bonjour j'aimerais échanger avec vous sur les tmapc. Je recherche des infos photo etc pour un panneaux explicatif. Merci
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    • Nenette

      Bonjour ,
      incorporé le 25 mai à Brest après avoir fait QMF à Lorient, je voulais savoir comment se passe la demande de stage de plongeur du bort, auprès de qui faut il faire la demande et surtout si c’était possible avec la formation FUS.
      Merci de votre réponse 
      Bonne journée 
      · 0 replies
    • Issam13  »  Heïdi

      Bonjour Heidi J'ai une question à vous poser 
      · 3 replies
    • NINO62  »  Fred689

      Bonjour
      pour revenir sur l'envoi des colis pour le Mali, auriez vous le texte à opposer au personnel de la poste qui ne sont pas au courant de cet accord avec les armées ?
      Merci de votre retour
      Bien cordialement
      · 3 replies
    • Clnbds  »  15mael

      Salut, j’ai vu que tu devais intégrer Rochefort le 30 mars, moi également c’est à priori reporté au 11 Mai (toujours dans l’attente de la convocation officiel pour être sûr) si c’est le cas pour toi aussi j’ai vu que tu avait créer un groupe whatsapp, si possible de l’intégrer histoire de discuter un peu si on rentre en même temps ça peut être sympa ! Merci bonne soirée 😊
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    • La vie militaire n'est pas aussi réglée que dans la vie civile, a fortiori si vous êtes tous les 2 militaires. Quid si départ en OPEX au pied levé, sur très court préavis? Pour les  permissions c'est selon le planning des activités et les besoins du régiment.
    • A mon avis, cela ne sera pas possible mais seuls la visite médicale et un médecin militaire pourront confirmer ou non mon avis.
    • Bonjour  Bonne nouvelle ! Je dois rentrée en école lundi 8 juin à St mandrier pour suivre la formation Formation initiale.   y a-t-il des personnes qui font leur Entrée le 8 juin a St mandrier ?  Merci à vous 😁
    • ou bien faire une opération lasik dans un pays qui l'accepte??
    • Bonjour,  J'ai quelques questions à vous poser à propos de la vie d'un couple de militaires. Tout d'abord j'aimerais savoir si la vie d'un couple où tous deux sont engagés est-elle plus compliquée que pour n'importe quel autre métier au civil ?  Cette vie à deux est-elle plus réalisable quand les deux sont dans la même garnison ? Plus ou moins compliquée selon le grade ? Enfin, j'aimerais savoir s'il est possible de "décaler" les permissions accordées afin qu'elles soient compatibles avec la vie de famille, et pour les congés ?  Merci à tous !
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