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Témoignages / portraits.


Bouchon-Gras 49

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  • Administrateur

Je place ici ce témoignage / portrait, qui peut aider les futurs candidats :

 

 

Erwann, 36 ans, est sous-marinier depuis 17 ans. Marié et père de trois enfants, il était mercredi au premier forum des métiers organisé à Crozon par les marins-pompiers de l'Île Longue.
 
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« Mon père était dans l'aéronavale, basé à Lann-Bihoué. Il a beaucoup voyagé, en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti, etc. Moi, j'ai voulu très tôt être sous-marinier. L'esprit d'équipe, c'est ce qui me motivait le plus. Il en faut, dans un sous-marin avec 115 hommes à bord, où l'on reste 70 jours sous l'eau. J'aimais aussi beaucoup la technologie. Tant qu'à avoir un travail, autant qu'il soit le plus pointu possible. Le style de vie aussi me plaisait. C'est vrai, on reste deux mois et demi sans voir sa famille, mais après, on a un mois et demi de vacances. Et on peut partir tôt à la retraite. Formation

Pour devenir sous-marinier, je suis allé au lycée militaire du Prytanée à la Flèche, où je suis entré à 15 ans. C'est là que l'esprit d'équipe m'a vraiment plu. Il fallait réussir un concours d'admission où 125 élèves étaient pris.

Après avoir réussi mon bac scientifique, j'ai suivi les cours de l'école de maistrance à Brest. On y entre après des tests, un dossier, et une visite médicale. C'est là que l'on choisit sa spécialisation. J'ai choisi détection anti-sous-marine, que ce soit en surface ou sous la mer. Ça dure sept mois.

Cinquième à la sortie

Puis, je suis allé suivre ma spécialité à Saint-Mandrier, qui dure aussi longtemps. Là, le classement à la sortie compte. On est 25. Ils prennent dix sous-mariniers. 5 pour Brest, 5 pour Toulon. Breton, je voulais revenir en Bretagne. J'ai fini 5e. J'ai pu choisir ma spécialité, et l'Île Longue. J'avais mis tous les moyens pour obtenir mon objectif.

Première plongée

Ma première plongée, c'était sur le Triomphant, en février 1998. C'était un sous-marin de nouvelle génération. J'étais opérateur sonar, le poste de ceux qui débutent. Ça permet de connaître l'environnement du bateau. Savoir si ce que l'on entend est un bateau de pêche, de commerce ou de guerre, ami ou ennemi.

Il faut avoir de bonnes oreilles, le sens du rythme, pour les vibrations de l'hélice, et une bonne mémoire. Ces données, on les transmet à l'analyste. Il connaîtra le nom du bateau, sa signature acoustique déjà enregistrée. Chaque bateau fait un bruit unique.

Sur le Terrible

Aujourd'hui, je suis responsable du système de combat du Terrible, le dernier-né des sous-marins français, à bord duquel le président de la République a embarqué l'hiver dernier. Je suis responsable de tous les sonars du bateau, et de la mise en oeuvre des armes, mais pas des missiles longue portée.

Mes armes, ce sont les torpilles téléguidées qui peuvent aller à 15 km sous l'eau, et qui coulent à coup sûr le navire qu'elles touchent. Et les missiles anti-surfaces, qui peuvent aller jusqu'à 60 km. Elles ne coulent pas le navire à coup sûr, mais anéantissent les superstructures. Le bateau ennemi n'est plus opérationnel.

Trois enfants

Jamais je n'ai eu à utiliser les armes en réalité. Je n'ai jamais eu peur. On s'investit tellement dans notre métier. On ne doute pas une seconde que chacun des 115 marins du bord ne fasse pareil.

Je suis marié et père de trois enfants, âgés d'un à six ans. J'ai de la chance : j'étais là à chaque naissance. Ce n'est pas le cas de tous les sous-mariniers.

  •  
Recueilli par Philippe ATTARD

( Ouest-France entreprise )

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  • Administrateur

Article de l' Étudiant :

 

 

Travailler dans la Marine nationale : la vraie vie à bord du sous-marin nucléaire "le Téméraire" Métiers de la Marine : plongée exclusive avec les patrouilleurs d'un sous-marin nucléaire

En exclusivité, l'Etudiant a embarqué à bord du "Téméraire", l'un des 4 sous-marins français chargés de la dissuasion nucléaire. Cinq jours avec l'équipage au départ de l'Île Longue (29), la plus secrète des bases de la Marine nationale, pour découvrir qui sont ces pros, leur parcours et ce qui vous attend si vous aspirez à les imiter.

 

Dissimulée dans la rade de Brest, l'Île Longue abrite les sous-marins chargés de la dissuasion nucléaire. Pour assurer cette mission stratégique, des équipages de 110 hommes se relaient pour patrouiller au fond des océans durant 60 à 90 jours. Rencontre avec les sous-mariniers du “Téméraire”, que nous avons accompagnés en mission pendant 5 jours.
 
Opération secret défense. Au départ de l'Ile Longue, tous les téléphones portables doivent rester à la base. Durant leur mission, les sous-mariniers n’ont en effet aucun contact avec le monde extérieur, l'émission d'ondes pouvant trahir leur position. C’est lorsqu’ils arrivent au bout de leurs 40 tonnes de provisions qu’ils reviennent à la base. Sans cela, le sous-marin pourrait naviguer des années durant, en parfaite autonomie : le réacteur nucléaire assure la propulsion, l’air est renouvelé à bord et l'eau de mer transformée en eau douce.
 
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Avant de quitter la base, les sous-mariniers s'alignent sur le pont du bâtiment pour rendre les honneurs aux marins restés à quai.
 
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Départ en mission : de puissants remorqueurs et un hélicoptère accompagnent toujours “le Téméraire” lors de sa sortie de la base.
 
Mais ce n'est pas tant la limitation des vivres qui oblige le monstre d'acier à remonter à la surface que le moral des troupes. Pour combattre le mal de la famille, le meilleur remède est l'esprit d'équipage. Et les sous-marins sont réputés pour leur ambiance chaleureuse ! En vivant 24h/24h ensemble, les hommes créent des liens très forts.
 
Coupés du monde
Personne ne doit savoir où se rend le sous-marin, qui est escorté par des fusiliers commandos lorsqu’il quitte la base, jusqu'à son immersion complète. Dans le ciel, un hélicoptère militaire effectue des rondes de surveillance. L'opération est délicate. Lourd de 14.000 tonnes et long de 140 mètres, le sous-marin est aussi haut qu'un immeuble de 6 étages.
 
Près de 12 heures de navigation en surface sont nécessaires pour rejoindre la plaine abyssale, où la profondeur atteint 5.000 mètres. Le sous-marin a alors suffisamment de fond pour plonger en sécurité. Et devenir indétectable ! Sous l’eau, le mot d’ordre est “discrétion”. Un claquement de porte pourrait suffire à le repérer.
À l'écoute des bruits de la mer pour s'orienter
Le sous-marin n’est pas équipé de hublots. Sous l’eau, il est complètement aveugle. Seules “ses oreilles” lui permettent de se repérer dans l’espace. Au sein de la salle de contrôles, Julien (1), le veilleur sonar, a un casque vissé sur les oreilles. "Je capte le son en image, pour analyser ce qui se trouve autour de nous, chuchote-t-il en désignant un écran couvert de lignes vertes. Du cachalot à la petite frégate." En cas de doute, c'est l'Oreille d'or, un officier marinier plus expérimenté, qui intervient pour identifier l'origine du bruit.
 
Toutes les 4 heures, en moyenne, les équipes se relaient. Le quart le plus redouté est sans conteste le “zérac”, de minuit (zéro) à 4 h. Dès qu'ils le peuvent, les marins profitent de leur temps libre pour se reposer. Les chambres sont petites mais fonctionnelles, et les bannettes toutes équipées d'un rideau. “Quand on a envie d'être seul, le tissu n'isole pas vraiment mais on apprend à prendre sur soi”, assure Damien, le timonier de 22 ans.
 
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Pour que les sous-mariniers soient capables d'éteindre un incendie sans paniquer, des exercices sont régulièrement organisés, à l'initiative du commandant.
Organisation pyramidale
Dans le sous-marin, l’organisation est extrêmement pyramidale. C’est le grade, visible sur les épaules, qui indique la position dans la hiérarchie. Dans l’ordre croissant : équipage (matelot, quartier-maître), officier marinier (second maître, maître, maître principal, major) et officier (lieutenant, capitaine, commandant, amiral).
 
Une pyramide qui se reflète dans l’aménagement même du sous-marin. Les officiers supérieurs sont installés confortablement au niveau le plus élevé, les officiers subalternes au niveau intermédiaire, et l’équipage et les officiers mariniers ont leurs quartiers tout en bas du bâtiment. Mais la Marine nationale encourage la promotion interne. En passant des qualifications, tous les marins peuvent gagner des galons.
Bien manger pour garder le moral
En étant enfermé, on perd très vite la notion du temps. Pour conserver des points de repères, la lumière jaune du jour alterne avec les veilleuses rouges de la nuit. Mais ce sont surtout les repas (très gourmands) qui rythment les journées. L’équipage est servi à la cafétéria, petite cantine qui peut accueillir jusqu’à 50 personnes. Et les officiers prennent leurs repas au carré du commandant, qui a tout d’une salle à manger : assiettes en porcelaine, couverts en argent et nappe blanche.
 
“Le repas est très important pour le moral, explique le commandant du ‘Téméraire’. Il comble les différentes frustrations.” Qui peuvent être tant l'éloignement, la promiscuité, l'enfermement ou la fatigue. Difficile de garder la ligne dans ces conditions. “En mission, on prend facilement entre 3 et 10 kilos”, confesse un marin. Les appareils de sport placés dans les coursives sont à disposition de tous mais rien ne les oblige à s'entrainer.
 
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Les menus sont alléchants pour maintenir le moral des troupes.
 
Travailler au milieu des missiles
La soute à missiles occupe deux tiers du sous-marin. Seize fusées de 11 mètres de haut, équipées chacune de 6 bombes atomiques, sont prêtes à être tirées, sur ordre du président de la République.

Un cadre de travail angoissant ? “Au contraire, c'est passionnant, s'enthousiasme Johan, le missilier. J'ai un rôle de surveillance, de maintenance et de mise en œuvre des missiles.” Un métier très procédurier qui exige de la rigueur. “Notre but n'est pas d’utiliser les missiles, c'est de maintenir la paix”, précise le jeune homme. Si le sous-marin recevrait un jour l’ordre de tirer, cela signifierait que sa mission de dissuasion a échoué…

(1) Le prénom a été modifié.

( L' Étudiant )

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  • Administrateur

Autre témoignage, celui d' un torpilleur qui barre un SNLE :

 

 

“J'ai toujours été attiré par l'aventure”


La mission de ce jeune homme de 25 ans, quartier-maître qui embarque pour la première fois sur “le Téméraire” : piloter le sous-marin et s’occuper de la maintenance des armes à bord comme les fusils et les torpilles.
 
Son parcours
Originaire de Quimper, dans le Finistère, Philippe a toujours aimé la mer. “Au lycée, je voulais entrer à la Marine pour devenir plongeur-démineur.” Après l'obtention du bac STI, il se lance dans une préparation physique intensive – course à pieds, natation et escalade –, mais ses efforts ne suffisent pas. Les places de plongeurs sont très chères. Il choisit donc “un peu par hasard” une autre spécialité : mécanicien d’armes.

Après la signature d'un contrat QMF (quartier-maître et matelot de la flotte), il se rend au centre d’instruction navale de Toulon pour suivre une formation de quelques mois. À son retour en Bretagne, il se porte volontaire pour devenir sous-marinier. “J'ai toujours été attiré par l'aventure.”
 
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Son rôle
Philippe s'apprête à vivre sa première patrouille à bord du “Téméraire”, un sous-marin nucléaire lanceur d'engins. En tant que barreur, c'est lui qui pilote le monstre d’acier. “La première prise de plongée va être impressionnante”, glisse-t-il avec une lueur d'excitation dans les yeux. C'est une “grande responsabilité” pour un jeune quartier-maître, mais les anciens ne sont pas loin derrière.

Quand il revêt sa casquette de torpilleur, le jeune homme s'occupe essentiellement de la maintenance des armes d'infanterie (pistolets, fusils, etc.) et des torpilles. Une mission qui peut sembler délicate, mais c'est surtout “beaucoup de paperasse”.
 
Ce qu’il aime le plus
Philippe est pragmatique ! Outre la dimension atypique de son métier, il apprécie particulièrement la qualité de la nourriture. “Les repas sont faits à l’assiette et tous les matins, on a du pain frais, des croissants ou de la brioche.” Venant d'embarquer, il ne connaît pas encore l'équipage mais l'ambiance lui plaît déjà.
 
Ce qu’il aime le moins
L'absence de week-ends libres est un peu difficile pour le Breton. Mais pas autant que le fait de ne pas pouvoir donner de nouvelles à sa copine, qui s'inquiète beaucoup pour lui. “Elle a la possibilité de m'envoyer un message de 40 mots chaque semaine, mais moi je ne peux pas lui répondre.”
 
Son conseil
Il recommande de bien se renseigner sur les spécialités. Car une fois entré dans la Marine, il n'est plus possible de changer de métier. “Mon parcours me plaît, mais c'est une chance : je l'avais choisi par défaut !”
 
Marie-Anne Nourry
Juin 2012

( L' Étudiant )

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  • Posts

    Heïdi

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    Bonjour, Deux blessés ukrainiens pris en charge à Percy. source. https://lemamouth.blogspot.com/2022/25/deux-blesses-ukrainiens-pris-en-charge.html De puis, la gironde, une radio associative veut offrir aux Russes une " information objective et libre ". Ils doivent se brancher sur les ondes courtes ( ondes qui sont presque impossibles à brouiller ) qu'ils captent toujours sur leurs vieux transistors.

    Bouchon-Gras 49

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    Bonsoir, Le tout serait de savoir, si on vous propose un ESR d'assistant (ce que je doute) car dans ce cas ce serait juste du bénévolat et donc aucune obligation en terme de présence ni lors de la période bloquée.

    berogeitabi

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    Bonjour.  Merci de respecter la charte et de passer par l’étape de présentation.  Dans l’attente, sujet bloqué. 

    Heïdi

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    Bonjour, A la rencontre d'Alex apprenti maintenance optronique. source.. https://rh-terre.defense.gouv.fr/actualites/item/983-alarencontre-d-alex-apprenti-maintenance-optronique

    Heïdi

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    Bonjour, Le 29 mai les Casques Bleus seront à l'honneur. source ... https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/05/26/le-29-mai-les-casques-bleus-seront-a-l-honneur-23077.html
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