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Bouchon-Gras 49

Portraits en photos des combattants de 14/18.

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En cette année, qui célèbre le centenaire de la guerre 1914, appelé aussi " la grande guerre ", " la der des der ", cette guerre qu fit des millions de morts, qui fauchât des enfants mais aussi des père, dans toutes les familles, je vous propose de vous faire découvrir par le biais de " cartes photos ", des hommes.

 

Pour la plus part des inconnus, d' autre ont un nom, un numéro de régiment, un bouton d' arme...

Loin des tenues camouflés, des gilets pare éclats, des casques kevlar...

Loin aussi des forces spéciales, ces hommes ont pour la plus part donné leur vie pour leur pays.

 

En cette aire de progrès, la photographie fait son apparition sur les champs de bataille, gardant à tout jamais des scènes de combats, de tranchées, de cratères, de morts...

 

Elle devient accessible à tous et il est de bon ton de se faire tirer le portrait, afin d' envoyer à la famille une image du combattant, ces photos qui sont en tirage unique, au format 14 x 9 cm environ,  format d' une carte postale, d' ailleurs au dos est prévue l' emplacement du timbre et de l' adresse du destinataire. D' où leur nom carte-photo !

 

On peut y découvrir de fière soldats en tenue impeccable aux valeureux territoriaux aux tenues disparates, avec les années les brisques d' ancienneté au front font leurs apparitions ainsi que celles pour blessures, puis les croix de guerres, les fourragères...

Les capotes " gris bleu de fer " laissant la place aux capotes Poiret bleu horizon...

 

 

Jean marie Rabu, dragon, en 1914.Nous somme en début de guerre, la cavalerie est encore une composante importante, dans quelques mois, ces hommes seront démonté pour rejoindre l' infanterie, telle le lieutenant de Lattre de Tassigny.

 

Là, nous avons le " piou piou " type de 1914 ( il y a qu' un pas avec le combattant de 1870 ), capote gris de fer bleuté ( bleu foncé ), culotte garance...Il est en tenue de combat, havresac sur le dos, bidon et quart en sautoir. Sur les brodequins, des jambières en cuir, qui serons bientôt remplacé par les fameuses bande molletière. Il porte le brassard à croix rouge des brancardiers.

 

Un cavalier du 3éme hussard en 1914, sa tunique est bleu azur, sa culotte rouge comme le bandeau de son képi.

 

L' image même du cavalier du 5éme chasseur, fière et décontracté. Il est à la mode de tenir une cigarette lorsque l' on se fait tirer le portrait.

 

Un bien jeune soldat du 17éme régiment d' infanterie en 1914.

 

Encore un cavalier, du 27éme dragon en 1914.

 

Fin 1914, début 1915, le képi bleu horizon fait son apparition mais ce combattant porte encore la capote du début de conflit et les jambière en cuir.

 

Cette homme de retour chez lui, tenant son enfant dans les bras fait parti du corps d' état major comme l' indique ses pattes de collet.

Remarquez sa capote boutonné à l' envers, chose courante.

 

Fusiliers marins en tenue de combat en 1915, il s' illustrera à Dixmude, où les Allemand les surnommeront " les demoiselles ", à cause  du pompon rouge qui surmontent leur bachis ( bonnet de marins ). On aperçoit bien les souliers de rechange disposés réglementairement, de chaque coté du havresac.

 

Un brave caporal infirmier, il porte aux collet les caducées. Les galons sont bien apparent et visible, plus pour longtemps !

 

Jules Rabet en 1914/15, les pans de la capote sont remontés afin de libérer les jambes pour la marches et éviter que les pans trainent dans la boue, la patte sur le coté sert à maintenir le ceinturon en place.

 

La photo est de piètre qualité, cependant remarquez que son képi ne comporte plus le numéro de régiment.

 

Ce soldat du 137éme régiment d' infanterie a été pourvu d' une capote dont on a supprimé par économie une rangée de boutons.

 

Ces deux vaguemestres, équipés de leurs bicyclettes, sont encore coiffé du képi, d' entré de guerre pour celui de droite plus bas et sans numéro pour celui de gauche, vêtue d' un treillis, alors que sont camarade à touché une vareuse modèle 1913 bleu horizon.

Bientôt la barbe sera rasé afin de pouvoir mettre les masques à gaz !

 

Sous la capote, la vareuse. Homme du 62éme régiment d' infanterie. 1914/15.

 

Un capitaine médecin, vêtue d' une vareuse modèle 1913, de nuance gris bleu de fer avec galons circulaire et caducées aux collets. 1914/15.

 

Au repos, notre fière combattant est chaussé de sabot et armé d' un fusil ( Lebel ) et d' une épée baïonnette Gras modèle 1874. Cet homme est peut être un réserviste ou un territorial.

 

L' image du combattant change, la capote n' est plus croisé et comporte une seule rangée de boutons, la nuance des effets est coordonnés et plus clair ( hormis le képi ), les bandes molletières ont remplacé les guêtrons en cuir. Notre homme ne porte aucun numéro régimentaire. La photo nous permet de voir son paquetage, avec sur le dessus la gamelle et coincé dans les sangle la bouffarde ( pipe ).

 

Cette photo mal cadré nous montre quelques détails intéressants, l' homme porte une capote de type Poiret ( dessiné par le célèbre couturier de l' époque ) de nuance bleu horizon, sur lequel on peut voir sur l' épaule droite un rouleau, destiné à retenir la sangle du fusil ou du brelage... afin d' éviter le glissement de l' épaule. Sur sa manche gauche, un crêpe noir en marque de deuil. Il est coiffé du bonnet de police appelé " calot " est qui remplace le képi en coiffure de repos.

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

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Interessant Bouchon Gras.

 

je propose aussi que l'on puisse rajouter à ce post des photos personnelles de nos aïeux. En cherchant bien, je suis certain que l'on peut trouver ces photos dans nos cartons et autres boites à chaussures.

Il sera bien entendu intéressant aussi de donner, si on les possède, une explication quant aux tenues et aux unités.

Allez je fouille, je sais que j'ai çà quelque part, bien rangé. (Ca doit être pour cela que je vais avoir du mal à trouver!)

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Oui, dans toutes les familles on a eu ce style de photos.

 

Sapeur monté du 5éme génie , il porte une culotte à houzard ( le bas du pantalon fait office de fausse botte ), la veste courte dit " ras le cul ", remarquez l' insigne sur la manche qui représente une locomotive.

 

Deux chasseurs du 23éme BCA, le brancardier à droite ( il ne porte pas de caducée au collet, comme les infirmiers, les médecins... ) porte une vareuse dolman ( les croissants aux épaules remplacent les rouleaux ), commune aux chasseurs, alpins et à pieds. Les chasseurs refuserons la nouvelle vareuse  toutes  armes et conserveront ce modèle. Nos chasseurs sont coiffés de la tarte, coiffure des troupes d' élites. 1914/15.

 

Cet homme dont on ne distingue pas nettement les galons, doit être un cadre, il porte une vareuse modèle 1913,  gris bleu de fer ( pas encore bleu horizon ), avec des boutons corozo,sans empreinte d' arme. Il porte un revolver dans un étuis " jambon " ( allusion à la forme ) à la ceinture, munie d' un baudrier. 1915

 

Ce fantassin porte la capote en drap gris bleu clair, dit bleu horizon, à une seule rangée de boutons corozo et une seule poche de poitrine pour raison d' économie ( le deuxiéme sera remise rapidement ) destinée à recevoir l' exedent de cartouches au moment du combat. Képi simplifié sans écusson ( notice du 9 décembre 1914 ).

 

Ces soldats sont maintenant équipé en bleu horizon, culottes, vareuses, bandes molletières, képi et bonnet de police ( le képi va disparaitre au profit du calot ), certains se fournissent de jambières en cuir du commerce en remplacement des bandes molletières, ce qui est toléré au repos ou au combat.

 

En 1915, le casque à fait son apparition, d' abord réservé aux soldats en première ligne il se généralise à l' ensemble de la troupe, il portera le nom de l' intendant Adriant, différents insignes seront fabriqués, grenade pour l' infanterie, canon et grenade pour l' artillerie, cor de chasse pour les chasseurs, croissant pour les troupes d' Afrique... Ici ces sapeur portent le modèle réservé au génie.

Remarquez, l' image du soldat à complètement changé, des premières photos du " piou piou " de 1914 au " poilu " de 1916.

 

Sapeur du génie en vareuse, 1916.

 

Détail intéressant sur ce soldat en vareuse, on peut remarquez la poche intérieur où sont conservé le livret militaire et autres documents importants.

 

Nous avons là un lieutenant et un sous lieutenant d' artillerie, arborant chacun la croix de guerre, décoration institué par la loi le 8 avril 1915

 

Durant la première guerre mondiale, le besoin de créer une récompense pour les combattants s'est fait sentir très rapidement. Il existait bien la « citation à l'ordre du jour », mais ce n'était qu'un témoignage écrit, dans les communiqués, les états de service et le livret militaire. Cette décoration administrative devait laisser place à un signe distinctif clair et visible, qui permettait au chef de décorer les plus vaillants de ses soldats sur les lieux même des combats.

 

En mars 1914, avant le début de la guerre, le député Henri Tournade avait déjà déposé une proposition de loi afin d'instituer, pour les combattants, une médaille dite de la valeur militaire. Mais ce projet avait alors été repoussé par la commission de la Guerre.

 

À la fin de l'année 1914, le général Boelle, commandant alors le IVe Corps, tente de convaincre l'administration de la nécessité de la création d'une telle décoration. Il réussira à convaincre un député, l'écrivain Maurice Barrès, député de Paris et chantre du patriotisme, de proposer un projet de médaille pour décorer les soldats, après un exploit particulier.

 

Le 23 décembre 1914

  , le député Georges Bonnefous dépose un projet de loi, signé par 66 députés visant à créer une médaille dite de la Valeur militaire. Le député  Émile Driant, qui siège alors au parlement entre deux séjours au front, se fait tout naturellement le porte-parole d'un projet qu'il avait déjà ébauché, alors qu'il était aide de camp du ministre de la Guerre, le général Boulanger.

 

Le 4 février 1915, Émile Driant présente et soutient devant l'assemblée nationale, le rapport de la commission de l'armée. « Créons un ordre récompensant la valeur militaire, mais en lui donnant un nom bref qui sonne clairement et qui, à lui seul, exclut la faveur de l'ancienneté. On l'appellera la Croix de guerre, ce sera une croix de bronze clair, à quatre branches, surmontée d'une couronne de lauriers, et suspendue à un ruban vert uni, le vert de la médaille de 1870-1871, débarrassé des rayures noires qui symbolisaient le deuil de l'autre siècle. »

Après la présentation de plusieurs projets (voir ci-dessous Insigne), c'est au sculpteur Paul-Albert Bartholomé qu'est dû le modèle définitif. Le Sénat adopte le ruban vert rompu par de fines rayures rouges, associant le symbole du sang versé à celui de l'espérance et rappelant fâcheusement celui de la médaille de Sainte-Hélène donnée aux vieux grognards du premier Empire.

 

Après d'âpres discussions au sein des deux chambres, la loi est votée le 2avril 1915, et promulguée le 8 du même mois. Ainsi on peut lire dans L'Illustration du

1er mai 1915 l'article suivant: « Le gouvernement vient d'adopter le modèle de la croix de guerre appelée à récompenser les belles actions sans nombre que cette campagne voit se multiplier au jour le jour. Le journal officiel du samedi dernier 24 avril 1915 a enregistré le décret présidentiel qui termine les conditions dans lesquelles sera décernée cette enviable récompense et donne la description de l'insigne. »

 

Aux termes de ce décret, la croix de guerre est conférée de plein droit aux militaires des armées de terre et de mer, français ou étrangers, qui ont obtenu, pour fait de guerre pendant la durée des opérations contre l'Allemagne et ses alliés, une citation à l'ordre d'une armée, d'un corps d'armée, d'une division, d'une brigade.

 

Elle est également conférée en même temps que la Légion d' Honneur ou la Médaille Militaire aux militaires ou civils non cités à l'ordre, mais dont la décoration a été accompagnée, au journal officiel, de motifs équivalant à une citation à l'ordre de l'armée pour action d'éclat. Enfin, les villes martyres, les villages entièrement détruits ou les cités ayant résisté héroïquement se verront attribuer la Croix de guerre, qui figurera à la place d'honneur dans leurs armoiries.

Ces hommes portent des éperons, car les pièces d' artillerie sont principalement tractées par des chevaux.

Comme on peut le distinguer sur la manche du sous lieutenant, les galons se sont réduit à leur plus simple expression ( que l' on peut comparer aux galons du capitaine médecin du début de guerre ), pour des raisons évidentes de camouflage.

L' officier de gauche porte une vareuse modale 1913 en drap bleu horizon réglementaire, alors que son camarade porte la vareuse nouvelle, non réglementaire, inspiré des vareuses des officiers Britanniques, très à la mode.

 

Cette photo peut flatteuse pour le soldat, nous montre une nouvelle décoration, la fourragère.

 

 

La fourragère telle que nous la connaissons apparaît en 1916. La circulaire de création en date du 21 avril de la même année spécifie : "Il est créé un insigne spécial destiné à rappeler d'une façon permanente les actions d'éclat de certains régiments et unités formant corps cités à l'ordre de l'armée. Cet insigne sera constitué par une fourragère aux couleurs de la croix de guerre". En fait dès 1916 de nombreux corps avaient déjà été cités au moins une fois à l'ordre de l'armée. Ils se virent donc attribuer la fourragère nouvellement créée. Par la suite, certains régiments accumulant les actions d'éclat devaient obtenir plusieurs citations à l'ordre de l'armée. Dans le but de susciter l'émulation et de fortifier l'esprit de corps, le commandement sentit la nécessité d'établir une distinction basée sur le nombre de citations obtenues. Cette distinction devait se traduire par l'adoption de fourragères de couleurs et de formes différentes. Ces dispositions nouvelles furent officialisées par une circulaire en date du 22 février 1918.

 

Cet homme est un aviateur, l' armée de l' air n' existe pas encore et pour l' instant les pilotes d' aéroplane dépende de l' armée de terre.

Ce sous lieutenant porte au bras le brassard de pilote, le brevet métallique  apparaitra en 1916. Les uniformes des pilotes sont hétéroclites car venant de toutes les armes sans uniforme propre. Le pilote conserve l' uniforme d' appartenance à son arme d' origine, ici un cavalier.

 

Conducteur de camion, arborant sa croix de guerre durement gagné.

 

Les gendarmes sont présent à l' arrière des lignes de fronts où ils arrêtent les espions mais aussi les déserteurs.

 

A suivre...

 

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Super Bero ! :vertsuper:

 

Un aviateur devant son appareil, très vite certains deviendrons des " AS ", celui-ci est chevalier de la Légion d' honneur et sera abattu en 1916.

 

Pour ce protéger du froid en vol, nos pilotes endossent des manteaux de fourrures. Insignes d' aviateur aux collets.

 

Pierre Groja, aviateur, sa vareuse comporte des boutons aux armes de l' artillerie, son arme d' origine.

 

On distingue bien aux collet de la vareuse de Jean Peinaud, les ailes.

 

 

On peut voir le sous lieutenant Adolphe Pégoud, aujourd'hui son nom ne nous dit rien mais en 1915, il était officiellement le premier " AS " Français.

 

 

Troisième enfant d'une famille d'agriculteurs, ingénieux et intrépide, le jeune Célestin Adolphe Pégoud rêve d'aventure et délaisse le travail de la terre à seulement 14 ans pour tenter sa chance à Paris. Il attend patiemment l'âge de ses 18 ans pour s'engager dans l'armée. Il commence sa carrière militaire le 8 aout 1907 comme cavalier au 5e Régiment de chasseurs d'Afrique en Algérie, puis au Maroc.

 

De retour en métropole en janvier 1909, il est affecté au 12e Régiment de hussards à Gray  ( Haute de Saône ) puis, un an plus tard, au 3e Régiment d'artillerie coloniale de Toulon. C'est là qu'il fait une rencontre décisive avec le capitaine Louis Carlin, un officier passionné d'aviation. Se liant d'amitié, tous deux sont mutés au camp de Satory, près de Versaille où Pégoud fait son premier vol comme passager en octobre 1911 : c’est une véritable révélation !

De retour à la vie civile à la fin de son engagement de cinq ans en février  1913, il apprend le pilotage, obtient son brevet le 1er  mars 1913, et est engagé par Louis Blériot  une semaine plus tard comme pilote d' essai pour tester toutes les nouvelles améliorations techniques et inventions, comme l'aéroplane à trolley devant permettre à un avion de s'arrimer à un câble tendu le long de la coque des navires.

 

Le 19 août 1913, il réussit un saut en parachute au départ de l'aérodrome de Chateaufort dans les Yvelines en abandonnant au-dessus du domaine de la Geneste un avion sacrifié pour l'occasion, un vieux  Blériot XI Avec l'inventeur Bonnet qui a mis au point ce système de parachute fixé sur le fuselage, ils démontrent ainsi l'efficacité d'un tel dispositif en cas d'avarie dans les airs. Pendant que l’audacieux Pégoud descend « en père peinard » (note-il dans ses propres carnets aujourd'hui disparus), son avion, alors livré à lui-même, forme dans le ciel de curieuses arabesques avant de s’écraser au sol. Dès cet instant, Pégoud est convaincu qu’un avion peut effectuer des manœuvres jusqu’ici impensables qui permettraient, dans bien des cas, de sauver la vie de pilotes en situations jugées désespérées, et il va le prouver.

 

Le 1er septembre 1913, Pégoud exécute àJuvisy sur Orge  ( Essonne ), en présence de Louis Blériot, le premier vol « tête en bas » de l’histoire, sur 400 mètres. C’est un nouvel exploit qu'il réitère le lendemain, à  Buc ( Yvelines ) sur 700 mètres devant des représentants de l’aviation civile et militaire. Quelques semaines plus tard, toujours à Buc, il réalise le 21 septembre1913 une série de figures acrobatiques et termine son programme en « bouclant la boucle », l'un des tout premiers looping (avec celui de Pyotr Nesterov. Dès lors, c’est la gloire. Toute la presse s’empare de l’événement. Il est acclamé, ovationné. Ses exhibitions sont plébiscitées partout en Europe jusqu’en Russie. Sa popularité est sans égale, y compris en Allemagne.


Pourtant, sur le point de partir aux Etats Unis faire ses démonstrations, il reçoit un ordre de mobilisation : la Première guerre mondiale vient d’éclater.

Il est d'abord affecté à la défense de Paris et obtient sa première citation en octobre 1914 pour une mission de renseignement à Maubeuge. Le mois suivant, son avion est touché et il doit planer sur plus de 10 km pour rejoindre les lignes françaises. Le 5 février 1915 il abat deux avions ennemis et force le troisième à atterrir côté français. En avril 1915, il est affecté à l'escadrille MS 49 à Belfort. Le 18 juillet, il remporte sa sixième victoire aérienne, ce qui lui vaut une seconde citation à l'Ordre de l'Armée et devient officiellement le premier « As » de la guerre 1914-1918.

 

Malheureusement, au matin du 31 aout 1915, le sous-lieutenant Célestin Adolphe Pégoud mène son dernier combat. Il est opposé seul au caporal Otto Kandulski et au mitrailleur lieutenant Von Bilitz. Pégoud est abattu d'une balle en plein cœur à 2 000 m d'altitude au-dessus de Petit Croix, à l'est de Belfort, à l'âge de vingt-six ans. Il vient d'être nommé au titre de Chevalier de la Légion d' honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palmes. Il ne le sut jamais.

 

Le 6 septembre, l'équipage allemand revient sur les lieux du combat et y lance une couronne de laurier portant l'inscription « À Pégoud, mort en héros pour sa Patrie ». Le 18 mai 1916 le pilote français Roger Ronserail abat lors d'un combat aérien l'Allemand Otto Kandulski et venge ainsi la mort d'Adolphe Pégoud. L'exploit de Roger Ronserail lui vaut l'appellation « du vengeur de Pégoud ».

 

Adolphe Pégoud repose au cimetière Montparnasse à Paris où sa dépouille a été transférée en octobre 1920 avec cérémonie à Notre-Dame.

 

Un monument commémoratif est érigé le

23 septembre 1917 à l'emplacement exact où il s'est écrasé. Ce monument est transféré le 15 mai 1982 au centre du village de Petit-croix. Montferrat, son village natal a également fait édifier un monument à sa mémoire et une stèle au milieu du monument aux morts le célèbre.

 

Pégout emmenait avec lui à bord de son avion une mascotte, un manchot en peluche. Elle fut retrouvé et ce trouve exposé au musée de l' Armée, aux Invalides où j' ai pu la voir. On peut y voir des traces de brulure du à l' écrasement de l' avion.

 

 

On ne peut pas parler d' AS, sans parler de Georges Guynemer.

 

 

Lorsque la guerre éclate, il se rend à Bayonne pour s'engager, mais les médecins militaires le trouvent trop chétif et le déclarent inapte. Il est désespéré ; même les relations de son père n'y font rien. Un matin, en voyant des avions militaires se poser dans une zone délimitée de la plage d' Anglet, il demande à un des pilotes comment s'engager dans l'aviation : il faut aller à l'école de Pau dont le chef est le capitaine Bernard-Thierry.

 

Le 22 novembre 1914 , il est engagé au titre du service auxiliaire comme élève mécanicien à Pau. Il y approfondit sa connaissance des avions. Il veut devenir élève pilote, mais le personnel du service auxiliaire n'a pas le droit de voler. Le capitaine finit par accepter de le prendre en situation irrégulière.

 

Le 21 janvier 1915, il devient élève pilote. Il casse beaucoup d'avions à l'atterrissage et hérisse son chef d'escadrille, le capitaine Brocard, mais son instructeur Jules Vedrines défend sa cause. Il reçoit son brevet de l' aéro-club le 11 mars et le brevet de pilote militaire le 26 avril. Il est affecté le 8 juin à l' escadrille MS.3, la seule unité dans laquelle il servira pendant la guerre. À son arrivée au sein de l'escadrille, il récupère un Morane Saulnier type L , surnommé le « Vieux Charles », ayant appartenu à Charles Bonnard, parti combattre en Serbie.

 

En juin 1915 , il est promu au grade de sergent et est décoré de la croix de guerre. Ses premières sorties sont des missions d'observation pour renseigner sur les mouvements des troupes et le réglage de l'artillerie ; il y démontre un grand sang-froid qui permet à l'observateur de prendre des photographies. Son avion est souvent touché par des éclats d'obus qui sont colmatés par des rustines de toile rouge, il en profite pour saluer sa famille en survolant la maison de Compiegne où elle a repris ses quartiers, son escadrille stationnant à Vauciennes. Le 19 juillet, Guynemer remporte sa première victoire aérienne à bord de son Morane-Saulnier, en abattant un Aviatik C.I au-dessus de Septmonts. Deux jours plus tard, le 21 juillet, il est décoré de la médaille militaire (ordre no 1161 "D") avec la citation suivante :

« Pilote plein d'entrain et d'audace, volontaire pour les missions les plus périlleuses. Après une poursuite acharnée, a livré à un avion allemand un combat qui s'est terminé par l'incendie et l'écrasement de ce dernier. »

Le 5 décembre 1915, l'escadrille MS3 est rebaptisée escadrille N3, après avoir été rééquipée avec des chasseurs Nieuport 10. Sur ces avions plus performants, Guynemer s'impose rapidement comme l'un des meilleurs pilotes français. Le président Poincaré lui remet la croix de chevalier de la Légion d' honneur le 24 décembre le jour de sa majorité. Il est à nouveau cité à l'ordre de l'armée (ordre no 2209 "D") en remplissant des missions spéciales qui consistaient à se poser derrière les lignes ennemies.


« Pilote de grande valeur, modèle de dévouement et de courage. A rempli depuis six mois deux missions spéciales exigeant le plus bel esprit de sacrifice, et livré treize combats aériens dont deux se sont terminés par l'incendie et la chute des avions ennemis. »

Il devient un as en remportant sa cinquième victoire le 3 février 1916, et est promu au grade de lieutenant en mars. L'escadrille quitte la VIe armée le 12 mars pour se rendre sur le théâtre de la bataille de Verdun sous la férule du commandant de Rose qui regroupait toutes les escadrilles de chasse et devait imposer la suprématie des ailes françaises. Le 13 mars il est blessé par des éclats au visage, deux balles dans le bras et est évacué pour son deuxième séjour à l'hôpital. Il combat ensuite sur la Somme de juin 1916 à février 1917. À la fin de l'année, son tableau de chasse compte 25 victoires. Le capitaine Brocard, commandant de l'escadrille N3, décrit alors Guynemer comme « [sa] cigogne la plus brillante ». Moins d'un an plus tard, Guynemer est promu au grade de capitaine et prend le commandement de l' escadrille des cigognes.

 

Guynemer acquiert une telle notoriété qu'il est à même d'influer sur la conception des avions de combat français. En décembre 1916, il écrit à l'ingénieur en chef de SPAD pour critiquer le moteur de 150 ch qui équipe le SPAD VII qu'il trouve insuffisant face aux Halberstadt allemands dont étaient équipés ses adversaires directs. Prenant ces remarques en considération, le SPAD VII sera remotorisé avec un moteur plus puissant de 180 ch qui redonnera la supériorité au chasseur français. Prenant toujours conseil auprès de Guynemer, SPAD développe un nouveau modèle, le SPAD XII de 200 ch duquel succédera le SPAD XIII au moteur surcompressé développant 220 ch. Les nouveaux modèles sont prometteurs, mais les premières séries ont des problèmes de pignons au niveau du braquet entre le moteur et l'hélice.

 

Le 8 février 1917, aux commandes d'un SPAD VII, Guynemer devient le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha GIII Au cours du seul mois de mai 1917, il abat sept avions allemands. En juillet, il se met à piloter un SPAD XII, son « avion magique », armé à sa demande d'un canon de 37 mm tirant à travers le moyeu de l'hélice. Il est également armé d'une mitrailleuse Vickers 303 (7,7 mm). Bien que le canon promît une puissance de feu dévastatrice, il ne pouvait tirer qu'un seul coup à la fois et devait être rechargé manuellement en vol. De plus, il avait un recul important lors du tir et remplissait la verrière de l'avion de fumée. Le SPAD XII n'était pas un avion pour un pilote novice. Cependant, il sert à Guynemer à abattre un Albatros, le 27 juillet, au-dessus de Westroosebeke, et un DFW le lendemain. Ces deux succès lui permettent d'atteindre un total de 50 victoires aériennes homologuées.

 

Le général Franchet d' Esperey lui remet la croix d'officier de la Légion d' honneur en juillet 1917.

« Officier d'élite, pilote de combat aussi habile qu'audacieux. A rendu au pays d'éclatants services, tant par le nombre de ses victoires que par l'exemple quotidien de son ardeur toujours égale et de sa maîtrise toujours plus grande. Insouciant du danger, est devenu pour l'ennemi, par la sûreté de ses méthodes et la précision de ses manœuvres, l'adversaire redoutable entre tous.

A accompli, le 25 mai 1917, un de ses plus brillants exploits en abattant en une seule minute deux avions ennemis et en remportant dans la même journée deux nouvelles victoires.

Par tous ces exploits, contribue à exalter le courage et l'enthousiasme de ceux qui, des tranchées, sont les témoins de ses triomphes. Quarante-cinq avions abattus, vingt citations, deux blessures. »

 

Le 11 septembre 1917 , Guynemer ne rentre pas d'une mission de combat. La semaine précédente, les problèmes mécaniques s'étaient accumulés sur les deux avions qui lui étaient attribués. À 8 h 30, avec le pilote Jean Bozon Verduraz, Guynemer décolle à bord de son SPAD XIII no 2S.504. Il a reçu pour mission de patrouiller la zone Langemark. À 9 h 25, près de Poelkapelle, Guynemer aperçoit un avion d'observation allemand Rumpler esseulé, et plonge dans sa direction. Bozon-Verduraz voit alors plusieurs Fokker au-dessus de lui, et une fois qu'il les eut dispersés, son chef n'était plus en vue. Il revint seul ; Guynemer, lui, ne revint jamais.

 

Ni l'épave de son avion, ni son corps, ni ses effets personnels ne furent retrouvés, mais les Allemands annoncèrent qu'il avait été abattu par le lieutenant Kurt Wissemann de la Jasta 3, qui sera tué au combat dix-sept jours plus tard. Pour expliquer sa disparition, on apprend aux écoliers français de l'époque que Guynemer avait volé si haut qu'il ne pouvait pas redescendre.

 

Le capitaine Georges Guynemer est porté disparu au combat par son commandant d'escadrille, le capitaine Brocard, et est annoncé officiellement disparu par le ministère de la Guerre, le 25 septembre 1917. Une confirmation non officielle viendra d'un pilote allemand, abattu derrière les lignes canadiennes, et capturé le soir du 29 septembre 1917. Ce sergent allemand du 413e régiment affirma qu'il avait été témoin de l'accident et avait identifié le cadavre de Guynemer. Il certifia que le héros français était mort d'une balle dans la tête et souffrait d'autres blessures, dont une jambe cassée et un doigt arraché. Ce soldat affirma en outre que le corps et l'avion de Guynemer avaient été pulvérisés par des tirs de barrages de l'artillerie britannique avant que les Allemands n'aient pu retirer le corps pour l'enterrer. Le 25 septembre, le rapport publié par le ministère de la Guerre n'est pas classé et la mort de Guynemer — telle que décrite par un de ses camarades de vol (dont l'identité n'a pas été divulguée pour des raisons de sécurité) — est devenue de notoriété publique :

Des détails supplémentaires seront fournis par le capitaine Brocard, dont les déclarations sont retranscrites dans un article du journal parisien Le Matin :

« Dans la matinée du 11 septembre, le capitaine Guynemer, parti en reconnaissance dans la région des Flandres, s'est trouvé, au cours des péripéties d'une poursuite d'avion ennemi, séparé de son camarade de patrouille et n'a pas reparu depuis. Tous nos moyens d'investigation mis en jeu n'ont donné jusqu'à ce jour aucun renseignement complémentaire. »

« Le dernier combat de l'aviateur français a eu lieu quatre ou cinq miles à l'intérieur des lignes allemandes au nord-est d'Ypres et en face des lignes britanniques. Le Capitaine Guynemer était accompagné par le lieutenant Bozon-Verduraz, qui dit qu'ils volaient à une altitude de
1 500 pieds
quand Guynemer aperçut un biplace ennemi, qu'il attaqua. Presque au même moment Verduraz vit quatre monoplans allemands approcher et se tourna vers eux instantanément afin de les attirer hors tension. Ils tournaient autour pendant un moment et puis a disparu. Verduraz est ensuite retourné à l'endroit où il avait laissé Guynemer en prise avec le biplan allemand, mais Guynemer avait disparu. »

Selon un communiqué de la Croix-Rouge américaine sur le front français du 18 octobre 1917, la mort du capitaine Georges Guynemer est « définitivement confirmée ». Le rapport de la Croix-Rouge fournit les détails suivants :

« Les informations reçues par la Croix-Rouge disent que Guynemer a été abattu en direction du nord de Poelcapelle, sur le front d'Ypres. Son corps a été identifié par une photo sur sa licence de pilote dans sa poche. L'enterrement a eu lieu à Bruxelles en présence d'une garde d'honneur, composé de la 5éme division prussienne. Telle est l'histoire racontée par un Belge, qui vient d'échapper aux Allemands. L'inhumation était sur le point d'avoir lieu à Poelcapelle, lorsque les bombardements précédant l'attaque britannique à Ypres ont commencé. Le parti enterrer a retiré à la hâte, emportant le corps avec eux. Le général allemand se trouva être un passionné d'aviation avec une grande admiration pour les réalisations du capitaine Guynemer. Sous ses ordres, le corps a été transporté à Bruxelles dans un wagon funéraire spécial. Là, le capitaine a été inhumé par des sous-officiers et fut couvert de couronnes florales envoyées par des aviateurs allemands. Les garde prussienne a salué son arrivée et durant tout l'enterrement, il a reçu tous les honneurs militaires possibles. Le gouvernement français a été invité à faire inscrire au Panthéon, où de nombreux grands Français sont enterrés, une inscription destinée à perpétuer la mémoire du Capitaine Guynemer comme « un symbole de l'ambition et l'enthousiasme de l'armée ». Une résolution à cet effet a été déposée à la Chambre des députés par le député Lasies. »

Au moment de sa mort, il avait totalisé 53 victoires homologuées et avait survécu sept fois après avoir été abattu, bien qu'il n'ait jamais embarqué de parachute. Les circonstances exactes de sa mort restent donc, aujourd'hui encore, inconnues. On ignore en effet s'il a été tué dans le crash de son avion ou s'il y a survécu, pour être tué par la suite par des tirs d'artillerie dans le no man's land.

A suivre...

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Les moustaches étaient à la mode à cette époque.  :buba:

 

L' abbé Cabanel et le pasteur Monier, ont endossé l' uniforme, les prêtres sont généralement employé comme brancardier et assurent leurs missions religieuses en parallèle .

 

Assis ce prêtre porte deux croix, celle religieuse et la croix rouge de brancardier, qui le protège des attaques.( convention de Genève ).

Il porte sur la manche droite de sa capote à double boutonnage croisé, un chevron, appelé brisque, symbolisant une blessure au feu.

L' autre militaire porte les insigne d' état major au collet de sa vareuse. Le crêpe noir sur sa manche gauche symbolise le deuil, d' un membre de sa famille.

 

Le colonel Valette du 58éme régiment d' artillerie et son aide de camps. Le colonel arbore sur sa vareuse le ruban d' ordonnance d' officier de la Légion d' honneur mais sans la " médaille " !!! On peu remarquez le principe qui consiste à camoufler ou à diminuer les galons sur le képi, bleu horizon.

Son aide de camps, porte la veste à neuf petits boutons, modèle 1873. Le pantalon est ornés de deux bandes écarlates. Ce bandes étaient l' insigne des " armes savantes " que sont l' artillerie et le génie.

 

Parmi ces trois hommes en convalescence, se trouve à gauche, le lieutenant au 12éme dragons, de Lattre de Tassigny.

 

 

En 1912, il est sous lieutenant, affecté au 12éme dragons à Pont à Mousson puis sur le front. Il est blessé une première fois le

11 aout 1914 par un éclat d'obus au cours d'une reconnaissance. Le 14 septembre, il est blessé d'un coup de lance d'un ulhan en chargeant à la tête de son peloton de dragons. Affaibli par sa blessure, obligé de se cacher dans Pont-à-Mousson occupée par les Allemands, il est sauvé de la capture par un officier du 5éme régiment de hussard en mission de reconnaissance, le sous-lieutenant Schmeltz.

Jeune lieutenant d'infanterie, il visite Georges Clémenceau (1841-1929) également né à Mouilleron-en-Pareds, qui le voyant s'éloigner, dit à son fidèle Albert Boulin : « Regardez-le bien, celui-là, et souvenez-vous de lui. Il ira loin, très loin »

En 1915, il est capitaine au 93éme régiment d' infanterie, se bat à Verdun pendant seize mois, au Chemin des Dames et termine la guerre avec cinq blessures, huit citations, la Légion d' honneur (le 20 décembre 1914) et la Military Cross. Il est affecté au 2éme bureau, à l'état-major de la 21éme division.

 

( Pour la petite histoire, mon arrière grand père a fait la guerre au 93éme régiment d' infanterie, il est décédè en 1982. Il ne parlait jamais de la guerre et avait refusé toutes décorations. Après son décès, j' ai effectué des recherches aux archives et consulté les journaux de marches de son régiment, j' ai découvert qu' il était affecté aux " nettoyages " au couteau,  des tranchées ennemies.)

 

Deux aviateurs, celui de gauche est fort élégant dans sa vareuse non réglementaire à col ouvert, celui de droite porte un impressionnant manteau de fourrure.

 

Un matelot du cuirassé Danton, coulé en 1917. La silhouette du marin à peu changé.

 

Sous lieutenant, médecin, caducée au collet.

 

Fantassin de 1er classe du 109éme régiment d' infanterie, de spécialité, mitrailleur comme l' indique l' insigne sur sa manche gauche. Décoré de la croix de guerre.

 

Sapeur du 5éme génie en vareuse modèle 1913, il porte comme coiffure de repos, le béret.

 

Ce soldat photographié en 1918, nous montre sur son épaule gauche, les brisques ou chevrons de présence au front. Le 1er pour un an de présence et le suivant pour six mois.

 

Soldat du service de santé tenant sa bicyclette, sur sa manche gauche sous le chevron, pour une année de présence au front, on aperçoit un petit  vélo, signe de sa spécialité.

 

Tankiste, c' est le 16 avril 1917 au Chemins des Dames, que les chars d' assaut Français apparaissent pour la 1er fois. Aucun uniforme particulier n' est prévue pour les équipages de chars, ils sont vêtus comme des artilleurs.

Rapidement des adaptations sont réalisé pour s' adapter au mieux aux spécificité de cette nouvelle arme :

Le casque Adrian s' avère totalement inapproprié dans l' espace exigu des chars, il subit plusieurs modifications au niveau de la visière avant et du cimier.

Les hommes troquent leurs capote pour une veste en cuir, plus résistante et plus confortable.

Ils adoptent le pistolet Ruby et le poignard " le Vengeur ".

 

A suivre...

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On peut constater que de nombreuses photos sont prises chez le photographe et non sur le terrain.

Mais du coup, cela fait que certaines tenues ne sont pas toujours réalistes, car nombre de photographes se permettaient de rajouter une déco par ci, un brevet par là, une fourragère ailleurs, voire des coiffures fantaisistes.

Mais celà n'enlève rien à l'intérêt de ses clichés.

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Effectivement, les photographes usaient d' astuces comme passer les galons et les numéros de régiment, les insigne de spécialité à la craie enfin de les faire ressortir sur les photos.

Les photographes étaient aussi mobile et bon nombre de ces photos sont prise dans les cantonnements de repos, en extérieur à la lumière naturelle.

C' est photos sont très intéressantes car elles nous montrent des personnages et des uniformes très varié, de l' aviateur tiré à quatre épingle, du bleu en tenue réglementaire, au vieux briscard décoré, en passant par les territoriaux accoutré dans des semblants d' uniformes...

Loin, très loin de l' image que les livres d' histoire nous ont fais le portrait anonyme, du Poilu.

 

Infirmier, photo prise en juin 1915, au cantonnement. Les caducées sont bien visible au collet, il a touché un képi en drap bleu horizon.

 

Plusieurs années séparent ces deux hommes, ce brancardier de 1er classe, du 60éme régiment d' artillerie porte une culotte passepoilé d' écarlate, remplaçant les bandes ( armes savantes ), des leggins remplace les bandes molletières. Sur sa vareuse, cinq brisques pour trois ans de présence au front, fourragère. La croix de guerre côtoie l' insigne des blessé, qui n' existe qu' en ruban.

Le bonnet de police de forme "  Empire " à remplacé le képi.

 

L'insigne a été créé par une loi du 11 décembre 1916, sur une idée de l'écrivain nationaliste Maurice Barrés. Son attribution a été accordée aux blessés militaires.

L'insigne des blessés est, selon la loi de 1916, une étoile émaillée rouge portée sur le ruban de la médaille commémorative du conflit au cours duquel la blessure a été reçue. En fait  la médaille n'existait pas en 1916 (elle n'est créée qu'en 1920).

En l'absence de médaille commémorative pour le conflit au cours de laquelle la blessure a été reçue, l'insigne des blessés peut être porté seul, sur un ruban qui doit être composée de quinze raies verticales disposées du centre vers les extrémités.

 

Le matelot de droite porte le brassard de pilote d' aéroplane de la Marine.

 

Trois officiers du génie, le sous lieutenant au centre porte trois brisques, pour deux ans de présence au front, les officiers portent des chevrons doré mais en tenue de combat, ils doivent être comme pour la troupe, bleu. Afin de ne pas pouvoir ce faire identifier par les tireurs allemands.

 

Les gendarmes sont surnommé, " les Pandores " par les fantassins qui les trouvent en arrière des lignes de front.

 

L' homme de droite est le chef de la fanfare du 28éme régiment de chasseur Alpin, dont on peut voire la " lyre " symbole des musiciens, sur leurs vareuses dolman de couleur bleue foncé, les chasseurs ayant gardé la couleur traditionnelle, refusant le bleu horizon.

Ils portent tout les deux le casque Adrian avec " le cor de chasse ". Les musiciens sont normalement utilisé comme brancardiers mais là pas de brassard mais la présence de d' étuis de revolver, ce qui est contraire aux accords de Genève.

 

Chasseur alpin à droite en vareuse dolman et soldat d' infanterie coloniale à gauche en paletot ( veste croisé ). Ces deux combattants décorés de la médaille militaire et de la croix de guerre ont perdu leurs yeux, suite aux attaques de gaz.

 

 

Les gaz de combat de la Première Guerre mondiale regroupaient une vaste gamme de composés toxiques allant du gaz lacrymogène relativement bénin aux mortels phosgène et bertholite en passant par le gaz moutarde. Cette guerre chimique est un composant majeur de la première guerre totale. La capacité meurtrière de ces gaz était cependant limitée ; seuls 4 % des morts ont été causées par les gaz. Contrairement à la plupart des autres armes, il était possible de développer des contre-mesures efficaces à ces gaz ce qui mena les deux camps à se livrer une course acharnée pour créer de nouveaux composés.

 

La mort provoquée par les gaz était souvent longue et douloureuse. D'après Dennis Winter (Death's Men, 1978), une dose fatale de phosgène provoquait « une respiration haletante et difficile, un pouls de 120, un visage blême et l'expulsion de 2 litres d'un liquide jaune provenant des poumons chaque heure avant que le malade ne se noie 48 heures plus tard ».

 

L'effet le plus courant d'une exposition était la cécité, le chlore et le gaz moutarde en étaient les causes principales. Une des peintures les plus célèbres de la guerre, Gassed de John Singer Sargent représente les gazés au gaz moutarde qu'il a croisé à la station médicale de Le bac-du-Sud près d'Arras en juillet 1918. Les gaz utilisés provoquaient une cécité temporaire ou une forte douleur oculaire. Les bandages étaient imbibés d'eau pour apporter un soulagement rudimentaire de la douleur le temps que les blessés atteignent une station médicale mieux équipée.

 

Le gaz moutarde fut le gaz qui causa le plus de pertes par gaz sur le Front de l'Ouest, bien qu'il n'ait été produit qu'en plus faibles quantités que les autres agents chimiques. Il causa 90 % des pertes britanniques dues aux armes chimiques et 14 % des pertes totales.

 

Le gaz moutarde contrairement au chlore et au phosgène n'avait pas besoin d'être inhalé, une simple exposition cutanée suffisait. Celle-ci provoquait d'énormes cloques. Les muqueuses et les zones moites comme les yeux, le nez, les aisselles ou l'aine étaient particulièrement sensibles. Une exposition provoquait un gonflement de la conjonctivite et des paupières les forçant à se fermer, rendant la victime temporairement aveugle. Les autres symptômes incluaient de violentes migraine, un pouls élevé, de la fièvre et une pneumonie causée par les liquides présents dans les poumons.

La plupart des survivants étaient traumatisés à vie. Des maladies pulmonaires et une perte de l'acuité visuelle étaient courantes.

 

A suivre...

 

 

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Avec les gaz, sont apparu les contres-mesures, les masques à gaz.

 

 

Il devint rapidement évident que les hommes qui restaient sur place souffraient moins que ceux qui s'enfuyaient, car tout mouvement aggrave les effets du gaz. De même, le gaz étant souvent plus dense que l'air, les hommes se tenant debout sur les parapets étaient moins touchés que ceux qui s'allongeaient au fond de la tranchée.

 

Le chlore fut également une arme moins efficace qu'espérée par les Allemands, en particulier lorsque de simples contre-mesure furent mises en place. Le gaz produisait un nuage verdâtre clairement visible tout en ayant une forte odeur le rendant facilement décelable. Il était soluble dans l'eau donc un simple tissu humide réduisait les effets du gaz. Il fut découvert que ce tissu était encore plus efficace lorsqu'il était imbibé d' urine car l' urée réagissait avec le chlore pour former des produits moins volatils donc moins agressifs pour les muqueuses.

 

Le chlore nécessite une concentration de 1 000 ppm pour être fatale, détruisant les tissus pulmonaires, principalement en formant de l' acide chlorhydrique  à partir de l'eau contenue dans les poumons (2Cl2 + 2H2O → 4HCl + O2). Malgré ses limitations, le chlore était une arme psychologique ; La vue du nuage de gaz était une source continue d'effroi pour l'infanterie.

 

Les contre-mesures furent rapidement introduites pour lutter contre le chlore. Les Allemands équipèrent leurs unités avec des petits tampons de coton et des bouteilles d'une solution de bicarbonate de sodium pour imbiber les tampons. Immédiatement après l'utilisation de chlore par les Allemands, des instructions furent transmises à destination des troupes alliées pour placer les mouchoirs ou les vêtements sur la bouche. De simples tampons similaires à ceux utilisés par les Allemands furent rapidement proposés par le lieutenant-colonel N.C. Ferguson de la 28éme division britannique. Ces tampons ne furent pas distribués en temps et en ordre et les unités du front commencèrent à construire des tampons artisanaux à base de mousseline, de flanelle et de gaze. Des tampons respiratoires furent envoyés avec les rations aux troupes britanniques au front dès le 24 avril.

 

En Grande-Bretagne, le Daily Mail encouragea les femmes à fabriquer des tampons en coton et en moins d'un mois, une grande variété de tampons étaient disponibles ainsi que des lunettes pour protéger les yeux. Malheureusement, le design des tampons du Daily Mail se révélait inutile lorsqu'il était sec et empêchait de respirer lorsqu'il était humide. Dès le 6 juillet 1915, l'ensemble de l'armée britannique était équipée du très efficace 'hypo helmet conçus par le major Cluny Macpherson du Royal Newfoundland  qui se composait d'un sac de flanelle équipée d'une visière en celluloïd qui recouvrait entièrement la tête. Les deux camps se livrèrent à une guerre acharnée pour développer de nouveaux composés toxiques avant que des mesures de protection ne soient disponibles

 

Artilleur équipé d' un masque cagoule contre les gaz.

 

Fantassin dans une tranchée, équipé d' un masque et de gants contre les gaz.

 

 

Aucun des belligérants de la Première Guerre mondiale n'étaient préparés à l'introduction des gaz de combat. Une fois que les armes chimiques furent utilisées, le développement des gaz et des masques à gaz fut rapide.

 

Même lors de la seconde bataille d'Ypres, l'Allemagne, encore non certaine de l'efficacité des gaz, ne fournit des masques à gaz qu'aux ingénieurs manipulant les gaz. À Ypres, un officier médical canadien identifia rapidement le chlore et recommanda aux troupes d'uriner sur les vêtements placés sur la bouche et le nez. Le premier équipement officiel fourni était également primitif : un tampon, imprégné de produits chimiques, était placé sur le bas du visage et des lunettes étaient destinées à protéger les yeux des gaz lacrymogènes.

 

L'avancée suivante fut l'introduction de masques à gaz. Le premier masque britannique était un simple sac placé sur la tête et l'air devait passer à travers le tissu imprégné de produits chimiques destinés à neutraliser les gaz. Le masque possédait une visière assez fragile et il arrivait que les agents chimiques coulent dans les yeux des soldats en cas de pluie. La visière avait également tendance à d'embuer. Lors du combat, le masque à gaz était roulé sur la tête, prêt à être déroulé pour protéger le soldat. Le tissu était imprégné de thiosulfate de sodium. L'évolution de ce masque fut le masque P qui était imprégné de phenol. Un embout dans la bouche fut ajouté pour éviter l'accumulation de gaz carbonique. L'adjudant du London Regiment  relate son expérience du masque à Loos :

« Les visières devinrent rapidement opaques et l'air arrivait en si faible quantités suffocantes que cela demandait un effort de volonté continu de la part du porteur. »

Une version améliorée du masque P était le masque PH introduit en janvier 1916 et imprégné de méthénamine pour renforcer l'efficacité contre le phosgène.


Les masques avec respirateur représentaient le summum du masque à gaz pendant la Première Guerre mondiale. Ils étaient constitués de deux parties : un masque relié par un tube à un filtre dans une boîte. Celle-ci contenait des granules de produits chimiques qui neutralisaient les gaz présents dans l'air avant de l'envoyer vers le masque. Séparer le filtre du masque permettait d'augmenter la taille du filtre donc son efficacité mais également son encombrement. La première version connue sous le nom de « tour d'Harrison » fut jugée bien trop encombrante et réservée aux artilleurs.

 

Le respirateur « à petite boîte » était composé d'une seule pièce : un masque en caoutchouc avec des oculaires. La boîte contenant le filtre était suffisamment petite pour être enroulée autour du cou. Ce masque conçu par les Britanniques fut déployé dans le Corps Expéditionnaire Américain. Les soldats le considéraient comme leur bien le plus précieux ; lorsque les Britanniques durent faire retraite à la suite de l'offensive allemande du printemps 1918, certaines troupes avaient abandonnés leurs fusils mais avaient conservé leurs masques.

 

Les humains n'était pas les seuls à nécessiter une protection ; les chevaux et les mules, qui étaient les principaux moyens de transport et les chiens utilisés comme messagers ou comme mascotte étaient parfois équipés de protections adaptées.

 

Pour le gaz moutarde qui pouvait causer de sévères lésions par simple contact avec la peau, aucune contre-mesure ne fut trouvée pendant la guerre. Les régiments écossais portant des Kilts étaient particulièrement exposés. À Nieuport dans les Flandres, certains bataillons écossais portèrent des collants pour obtenir une forme de protection.

 

L'alerte aux gaz devint une routine pour les soldats de première ligne. Une cloche était souvent utilisée pour prévenir de l'arrivée du gaz.

 

Capitaine d' un régiment d' artillerie, portant son masque. Il a accroché réglementairement au ceinturons, la boite du masque à gaz.

 

" deux camarades "

Le fantassin debout arbore une croix de guerre avec plusieurs citations ( étoiles ). L' homme assis porte le béret comme coiffure de repos et détail intéressant, il porte des galons amovibles sur la manche ( tenu par des boutons ).

 

Soldats du 6éme régiment d' infanterie colonial, ils portent des paletots ( veste croisée à double boutonnage ) avec des ancres aux collets ainsi que sur les bonnets de police.

L' homme debout en arrière plans à gauche porte son épée baïonnette Lebel modèle 1886, familièrement appelé " Rosalie ", en raison de sa forme ( en croix ).

 

Ce chasseur alpin de spécialité mitrailleur à deux ans de présence au front ( trois brisques, la première pour un an, les suivantes pour six mois ). Il a été blessé comme l' indique la brisque sur sa manche droite. Il arbore la croix de guerre et une fourragère sur sa vareuse dolman bleu foncé. Sur sa tarte ( béret ) est cousue un cor, insigne des chasseurs.

 

Chasseur du 14éme bataillon de chasseur alpin, posant avec sa femme. On peut apercevoir ses galons qui se portent chez les chasseur " en pointe ", sur sa manche, quatre chevron, donc deux ans et six mois au front. Il porte ses décorations sous forme de barrettes ou " dixmudes ".

 

A suivre...

 

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Fantassins du 35éme régiment d' infanterie, l' homme en capote croisée à double rangée de boutons, est un officier. Suite à l' hécatombe d' officiers lors des premières attaques, ils furent équipé de capote du modèle de la troupe afin de ne pas être repéré par l' ennemie.

 

Musicien du 102éme bataillons de chasseur à pied ( lyre sur le haut des  manches ), notre chasseur a été décoré de la croix de guerre.

 

Le docteur Gabriel à gauche et Joseph Raubert en 1914. Le docteur qui est sous lieutenant porte un képi équipé d' un manchon de toile, afin de le camoufler. Il porte des éperons, car en tant que médecin, il a le droit d' avoir un cheval. Quand à la cane c' est un apparat à la mode chez les officiers.

 

Caporal de la colonial avec sa femme et leur enfant en 1917. Comme tout les coloniaux il porte le paletot, sorte de vareuse croisée à double boutonnage, sur lequel est accroché une décoration, sous forme de barrette.

 

Charles de Gaulle, capitaine au 33éme régiment d' infanterie en 1915.

 

 

La déclaration de guerre le trouve lieutenant à la tête d’une section du 1er bataillon du 33e R.I., au sein de la 2e D.I. du 1er C.A. Conformément au plan XVII, longuement mûri par le général Joffre, Lanrezac lance les troupes de sa 5e armée en avant, à la rencontre de l’ennemi. Sur le chemin de la Belgique, le 9 août 1914, Charles de Gaulle passe par la localité de Rocroi, dans le département des Ardennes. Ce féru d’histoire a certainement perçu comme un bon présage la traversé du champ de bataille où le Grand Condé sauva la France de Louis XIV, le 19 mai 1643. Le 13 août, le 33e R.I. entre en Belgique, le spectre d’un conflit sur le sol de France, à l’image de celui de 1870-71, semble s’estomper dans l’allégresse. L’accueil chaleureux des Belges donne une immense confiance aux soldats français. Bientôt, le 1er C.A. reçoit pour mission de s’appuyer sur la barrière de la Meuse pour empêcher la I. Armee de von Kluck de déboucher sur Paris en empruntant les vallées de l’Oise et de l’Aisne. Le 33e R.I., en compagnie d’autres régiments de la 2e D.I., est engagé, dans la nuit du 14 au 15 août, dans le secteur de Dinant, dont le pont est d’intérêt stratégique.

 

Le lendemain, la bataille s’engage par l’assaut de deux divisions de cavalerie allemandes, soutenues par cinq bataillons de chasseurs. Dès 8 heures, les 10e et 12e compagnies sont envoyées s’emparer de la citadelle sur la rive droite. Pour sa part, la 11e compagnie est conservée en réserve sur la rive gauche. Le lieutenant lillois relate en ces termes son baptême du feu : « A 6 heures du matin, boum ! boum, la danse commence, l’ennemi bombarde Dinant avec fureur. Ce sont les premiers coups que nous recevons de la campagne. Quelle impression sur moi ? Pourquoi ne pas le dire ? Deux secondes d’émotion physique : gorge serrée. Et puis c’est tout. Je dois même dire qu’une grosse satisfaction s’empare de moi. Enfin !on va les voir ? » Avec honnêteté, Charles de Gaulle n’hésite pas à avouer avoir ressenti de la peur. Toutefois, préparé psychologiquement à cette épreuve depuis de longues années, il la domine aisément.

 

Les troupes françaises ne bénéficient d’aucun appui d’artillerie. Celles engagées dans le secteur de la citadelle sont contraintes de battre en retraite et défilent piteusement devant la 11e compagnie. Cette dernière intervient enfin. Elle doit contre-attaquer pour faire obstacle à toute tentative allemande de se saisir du pont et de prendre pied sur la rive gauche de la Meuse. Le jeune officier de Gaulle galvanise ses hommes : « Attendez un peu ! La 11e va donner. On va les foutre à la Meuse. » Puis, c’est l’instant fatidique de l’assaut : « Je hurle : « Première section ! Avec moi en avant ! », et je m’élance… » Mais les théories sur la puissance du choc d’une troupe regroupée et déterminée, s’effondrent sous la puissance de feu des mitrailleuses allemandes. Dans ces circonstances, les officiers sont bien souvent les premières victimes. Charles de Gaulle n’échappe pas à ce phénomène : « J’ai à peine franchi la vingtaine de mètres qui nous séparent de l’entrée du pont que je reçois au genou comme un coup de fouet qui me fait manquer le pied. Les quatre premiers qui sont avec moi sont également fauchés en un clin d’œil. Je tombe, et le sergent Debout tombe sur moi, tué raide ! Alors c’est pendant une demi-minute une grêle épouvantable de balles autour de moi. Je les entends craquer sur les pavés et les parapets, devant, derrière, à côté ! Je les entends aussi rentrer avec un bruit sourd dans les cadavres et les blessés qui jonchent le sol. Je me tiens le raisonnement suivant : « Mon vieux, tu y es ! » Puis, à la réflexion : « La seule chance que tu aies, de t’en tirer, c’est de te traîner en travers de la route jusqu’à la maison ouverte à côté par bonheur. La jambe complètement engourdie et paralysée, je me dégage de mes voisins, cadavres ou ne valant guère mieux, et me voici rampant dans la rue sous la grêle qui ne cesse pas, traînant mon sabre par sa dragonne encore à mon poignet. Comment je n’ai pas été percé comme une écumoire durant le trajet, ce sera toujours le lourd problème de ma vie. »

L’ordre de repli est donné, mais ne peut concerner que les hommes valides et assez agiles pour éviter la grêle de plomb. Isolé dans la maison avec d’autres blessés, Charles de Gaulle vit une longue heure d’angoisse. Il craint l’arrivée de l’avant-garde allemande et une inévitable capture. Cependant, de nouveaux canons font entendre leur voix. Ils ne sont pas allemands mais français. L’espoir renaît et les 73e R.I. et 8e R.I. parviennent à reconquérir le terrain perdu et du coup à dégager les malheureux survivants du 33e R.I. Victime d’une « fracture du péroné par balle avec éclat dans l’articulation », Charles de Gaulle est successivement évacué sur les hôpitaux de Charleroi, Arras, Saint-Joseph à Paris, où il subit une intervention chirurgicale, et enfin Desgenettes à Lyon.

Remis de sa blessure et de nouveau apte au service en campagne, le lieutenant de Gaulle retrouve son régiment arrageois, à Pontavert, dans le département de l’Aisne, le 18 octobre 1914. Il y prend le commandement de la 7e compagnie et surtout fait connaissance avec la guerre de position. Cette dernière provoque en lui une grande déception. L’inaction domine et les opérations, limitées à de simples coups de main, n’apportent que des gains illusoires, parfois au prix de lourdes pertes. Cet état d’esprit est traduit par une lettre du 15 novembre : « Nous faisons la guerre de sape et occupons de temps en temps une tranchée ennemie, mais à cinquante mètres derrière, il y en a une autre. De temps en temps, la nuit surtout, ou au moment des relèves, fusillades épouvantables d’une tranchée à l’autre, sans aucun résultat bien entendu. » Le militaire de 24 ans attache un soin particulier à fortifier ses positions. Il souhaite tout autant obtenir les meilleures conditions pour mener une défense efficace que de maintenir ses hommes occupés et en forme physique. D’ailleurs, l’officier veille à ce que la discipline soit stricte et à ce que les hommes restent disciplinés et ne négligent pas leur tenue vestimentaire. Les inspections, suivies de punitions, ne sont pas rares. Il n’est cependant pas insensible au quotidien dramatique des Poilus. Il s’en ouvre sans fard à sa famille : « Nous vivons dans l’eau comme des grenouilles, et pour en sortir, il faut nous coucher dans nos abris sur nos lits suspendus. » La période des fêtes est la plus pénible à vivre et même le caractère le mieux trempé peut être pris de mélancolie: « Noël. Quelle triste nuit de Noël nous avons passé. Il pleuvait à verse. »

 

Son appréciation de la situation générale est toujours marquée par une véritable foi en la victoire : « Depuis que la bataille de la Marne a montré la supériorité française, la guerre est décidée en notre faveur. Le reste est une question de temps et de sacrifice à consentir. » Même s’il ne l’exprime pas clairement, ne pas avoir pu prendre part à l’entreprise de redressement de la France sur la Marne, est sans doute un véritable déchirement pour lui. Conforme à la hauteur de vue et à sa parfaite connaissance de la « mondialisation des conflits » qui guide son action tout au long de sa carrière, il ne néglige pas les autres fronts : « Décembre verra donc sans doute la suprême grande bataille des Russes contre les Allemands renforcés et les Autrichiens reformés. Il est certain que ce sera pour nos alliés une troisième victoire suivie d’une invasion désormais rapide. » Il n’a, cependant, pas une confiance absolue dans le haut commandement des alliés, et peut se montrer très critique sur la manière dont les opérations sont dirigées. Ses critiques à l’encontre du pouvoir politique, sont encore plus acerbes : « L’issue est moins que jamais douteuse. Sans doute l’ennemi pourra la prolonger encore grâce à son énergie et à sa discipline, grâce surtout à l’extrême et irrémédiable infériorité de notre régime. » Il faut dire que Charles de Gaulle n’est pas un partisan du régime parlementaire de la IIIe République. Une partie des conceptions qui président à la rédaction de la constitution de 1958 par le général de Gaulle, sont déjà celles du lieutenant de Gaulle.

 

Le 18 janvier 1915, il est cité à l’ordre de la 2e D.I. et peut donc arborer une croix de guerre avec étoile d’argent : « A exécuté une série de reconnaissances des positions dans des conditions périlleuses et a rapporté des renseignements précieux. » En février 1915, nommé capitaine à titre temporaire, de Gaulle participe à la vaine offensive de Champagne, dans le secteur de Mesnil-les-Hurlus. Il est l’adjoint du commandant du 33e R.I., le lieutenant-colonel Boud’hors. Sa tâche n’est pas sans risque et le mène souvent en première ligne. Le 6 mars, il est légèrement blessé par un éclat à l’oreille droite. Le 10 mars, c’est sa main gauche qui est atteinte par balle. Ses espoirs de rester au front sont anéantis par une violente infection. Il est hospitalisé au Mont-Dore, en avril suivant. Il retrouve ses camarades, en juin, dans l’Aisne, secteur de Pontavert-Berry-au-Bac. A peine prend-il le commandement de la 10e compagnie, que Boud’hors, fin août, le rappelle à ses côtés en tant qu’adjoint. Le 3 septembre 1915, il est promu capitaine à titre définitif. Du 16 au 21 octobre, il est en permission. A son retour, le capitaine reprend le commandement de la 10e compagnie. Envoyé avec son unité dans la fournaise de Verdun, le chef de compagnie est capturé au village de Douaumont, le 2 mars 1916.

 

Avant d’être un prisonnier, Charles de Gaulle est avant tout un blessé. Il est convenablement soigné à l’hôpital de Mayence. Si la blessure physique est rapidement oubliée, la plaie au cœur est bien plus grave. L’officier ressent sa capture, en partie, comme une humiliation, lui qui rêvait déjà très jeune d’achever sa vie sur le champ de bataille. Pourtant, elle n’a rien d’une reddition. Il tombe aux mains de l’ennemi, non seulement blessé, mais également inconscient. C’est seulement à son réveil « au milieu de jeunes troupiers hagards de la garde prussienne », qu’il découvre son nouveau statut. A cela s’ajoute l’impuissance à aider sa patrie en danger et l’éloignement des camarades qui continuent de mettre quotidiennement en jeu leur existence. Profondément ébranlé moralement, sa douleur ne s’éteindra d’ailleurs jamais. Il en rend compte dans une lettre au lieutenant colonel-Boud’hors, datée du 8 décembre 1918 : « la catastrophe qui pour moi, a terminé la campagne […] N’avoir pu assister, comme vous, à cette Victoire, les armes à la main, c’est pour moi un chagrin qui ne s’éteindra qu’avec ma vie ». Cet état d’esprit explique son acharnement, pendant trois longues années, à tenter de s’échapper malgré les dangers et les punitions. Seule l’espérance de pouvoir à nouveau servir au front, entretenue par l’organisation de la prochaine tentative d’évasion, lui permet de « tenir ». De 1914 à 1916, il n’a jamais fait preuve de résignation face aux tranchées et mitrailleuses allemandes, il ne verse pas plus dans ce sentiment, face aux murs et barbelés de 1916 à 1918.

Une fois guéri, Charles de Gaulle gagne le camp de prisonniers d’Osnabrück, en Westphalie. Dès cet instant, il élabore une évasion à l’aide d’une barque pour descendre le Danube. Mais le prisonnier de Gaulle du printemps 1916 n’est pas encore le maître de l’automne 1918. Il néglige la règle essentielle de la discrétion et les gardiens ont vent du projet. Le « potentiel fuyard » est donc transféré dans un camp de Lituanie, à Sczuszyn, le 18 juin 1916. Dans sa chambrée, il s’attelle à percer le mur donnant sur l’extérieur. Les gardes s’aperçoivent des « travaux » entrepris par de Gaulle. La sanction ne se fait pas attendre et est terrible. Le camp lithuanien étant dissous, le capitaine de Gaulle est expédié, le 9 octobre 1916, au fort IX d’Ingolstadt en Bavière, résidence des « récidivistes de l’évasion ».

 

De Gaulle comprend que s’échapper du lieu n’est pas une mince affaire. Pour lui, la seule chance de réussite passe par l’annexe de l’hôpital militaire d’Ingolstadt, réservée aux prisonniers souffrants. La structure est implantée dans la ville même d’Ingolstadt, à huit kilomètres du camp. Par sa mère, Charles de Gaulle obtient un flacon d’acide picrique, officiellement pour soigner ses engelures. Au mépris des graves dangers pour sa santé, il absorbe le contenu du flacon et présente rapidement les symptômes de la jaunisse. Le 17 octobre, soit quelques jours seulement après son arrivée, il est admis dans l’annexe de l’hôpital militaire. Là, il se met à observer avec attention toutes les allées et venues. Certains prisonniers sont amenés, sous la surveillance d’un infirmier, à l’hôpital militaire pour y subir des examens ou soins particuliers. Cet établissement médical, normalement destiné aux soldats allemands, ne fait pas l’objet de surveillance stricte. Les entrées et sorties des civils venant rendre visite aux patients se font le plus normalement du monde. Le plan du jeune captif est donc de se faire conduire, sous la garde d’un complice déguisé en infirmier, jusqu’à l’hôpital militaire proprement dit. De là, vêtus d’effets civils, les deux compères quitteront l’établissement par la grande porte. La conception du plan est d’une simplicité géniale, mais sa réalisation est autrement plus ardue. Le camarade de « belle » est rapidement recruté, il s’agit du capitaine Emile Dupret. Pour dénicher un uniforme allemand, les deux amis ne s’embarrassent pas de scrupules. Parmi les deux infirmiers affectés à la surveillance des prisonniers, plus ou moins malades, l’un semble être accessible. Pourquoi n’améliorerait-il pas sa modeste solde avec l’argent d’officiers français ? D’ailleurs, fournir de l’alcool et des timbres, ne peut pas nuire à l’effort de guerre du grand Reich… Naïvement, l’infirmier se laisse corrompre, mais rapidement les demandes des deux Français changent de nature : carte de la région et…uniforme allemand. Le premier sentiment du soignant allemand est de refuser, ce qu’avaient prévu les deux compères. Ces derniers exercent alors un chantage et menacent de dénoncer le soldat à ses supérieurs, dont la sanction terrible serait au mieux une mutation sur le front ! Il n’a pas d’autre choix et s’exécute… La stratégie patiemment mise en place par les deux candidats à l’évasion a parfaitement fonctionné, même si elle n’est pas forcément conforme avec les tactiques de Saint-Cyr ! Le cas des vêtements civils pose moins de difficultés. De nombreux camarades prisonniers fournissent les éléments nécessaires. Reste à trouver un lieu pour que les deux acteurs puissent changer discrètement de déguisement. La chance est de leur côté! Un prisonnier français, faisant office d’électricien de l’hôpital, dispose d’un petit atelier dans la cour de l’hôpital, la loge idéale! Approché, le technicien accepte de courir le risque d’entreposer les vêtements civils dans sa cabane et d’en confier la clé à de Gaulle et Dupret.

 

Le grand jour intervient le 29 octobre 1916 (le 6 novembre selon les documents allemands), à la tombée de la nuit, un dimanche pour profiter des nombreuses entrées et sorties des civils dans l’hôpital militaire. Le succès est au rendez-vous et l’opération se déroule sans anicroche. En quelques minutes, les deux hommes sont en civils et déambulent dans la ville d’Ingolstadt. Mais le plus dur est-il fait ? Pas si sûr quand on sait que la seconde étape du plan consiste à traverser 300 kilomètres de territoire hostile pour gagner l’enclave suisse de Schaffhouse… Ils ne marchent que de nuit et restent cachés le jour… La saison de l’automne n’est pas idéale : les températures sont très basses la nuit et le jour la pluie règne en maître sans faiblir. La faim est également un compagnon d’infortune bien importun. Après une semaine de ce traitement, les deux évadés, atteignent le 5 novembre, la commune de Pfaffenhofen, à environ deux tiers du parcours. Malgré l’heure avancée, 21 heures 30, la place du bourg est bien fréquentée et les deux Français ne passent évidemment pas inaperçus : « En arrivant sur la place centrale, nous nous trouvâmes au milieu de la jeunesse du bourg qui polissonnait dans la rue. Une semaine de vie sauvage nous avait donné une mine patibulaire qui fut aussitôt remarquée. La foule nous poursuivit, bientôt rejointe par le garde champêtre à bicyclette et par des gendarmes en permission. Arrêtés, nous fûmes conduits au violon municipal où l’on n’eut pas de peine à découvrir notre identité. »

 

De retour au fort IX d’Ingolstadt, les deux hommes écopent de 60 jours d’arrêt de rigueur, dans des conditions qui feraient s’effondrer le mental de plus d’un homme résolu : « fenêtres closes par volets métalliques, pas de lumière, régime alimentaire spécial, rien pour lire, ni pour écrire, une demi-heure de promenade par jour dans une cour de 100 mètres carrés. » A l’issue de ce « séjour », de Gaulle décide de suspendre ses tentatives. La punition serait-elle parvenue à briser sa volonté et à en faire un prisonnier modèle, se faisant une raison d’attendre le terme des hostilités ? C’est ce que souhaite faire croire le capitaine de Gaulle… Cette attitude est le fruit d’un froid raisonnement. Il a épuisé la seule manière de s’évader du camp bavarois. Il faut donc changer de camp et c’est ce qu’il réclame continuellement aux autorités allemandes, se prévalant de son comportement irréprochable. En attendant qu’une décision en ce sens intervienne, il se consacre à l’étude de la langue de Goethe et globalement de l’ensemble de la culture d’Outre-Rhin. Les connaissances acquises lui seront d’une grande utilité pour le rôle qu’il tiendra trois dizaines d’années plus tard, à la tête de la nation française… Ne perdant pas de vue le conflit en cours, le capitaine étudie tous les communiqués officiels allemands et les récits paraissant dans la presse. Enfin, conscient qu’il reste un officier français, il s’attache à réaliser au profit de ses camarades toutes sortes de conférences sur la conduite des opérations, le rôle d’un officier,… Il en profite pour y glisser, de manière implicite pour ne pas éveiller les soupçons des auditeurs allemands, des conseils aux éventuels « préposés à l’évasion ». Au fil des années de captivité, il tisse des liens avec d’autres détenus, promis également à des destins d’exception : le futur maréchal Toukhatchevski, le futur général Catroux, Roland Garros ou encore l’éditeur Berger-Levrault. Enfin, au terme de huit mois de ce « stage de sagesse », le 20 juillet 1917, arrive la nouvelle tant attendue : de Gaulle est transféré au camp de Rosenberg, en Franconie.

 

En fait de camp, il s’agit d’un ancien château planté sur un piton rocheux. De Gaulle bénéficie d’un confort autre qu’à Ingolstadt avec une chambre dans l’aile du château destinée aux prisonniers et même une fenêtre donnant sur l’extérieur. Mais il en faut plus pour faire perdre le goût de la liberté au bouillant capitaine. L’expert en évasion dresse rapidement un état des lieux. Le corps de logis est ceint d’un profond fossé, auquel succèdent un rempart intérieur, un second fossé, un rempart extérieur et enfin l’à-pic rocheux de quelques dizaines de mètres. Le chemin de ronde du premier rempart est garni de sentinelles permanentes alors que le second n’est parcouru que par des patrouilles. Les conditions d’évasion semblent donc problématiques mais pas insurmontables pour un homme expérimenté et imaginatif… Au fil des jours, toujours aidé par son don hors norme d’observation, le capitaine de Gaulle trouve une solution à chacun des obstacles dressés sur le chemin de la liberté. Il remarque que le bâtiment des prisonniers communique avec le premier étage d’une vieille tour. La partie basse de cette dernière est au niveau du fond du premier fossé. Crocheter la porte reliant le logis des prisonniers à la tour, et desceller patiemment, nuit après nuit, une pierre des fondations noyées sous les broussailles, permettrait, au moment choisi, d’accéder au fossé. De là, pour gagner le second fossé, il faut franchir une porte voûtée perçant le rempart intérieur. Prendre une empreinte de la serrure au cours de la promenade quotidienne et concevoir un passe est à la portée d’une main habile. Quant aux sentinelles, le climat pluvieux de l’automne devrait les confiner dans leurs guérites, au champ de vision extrêmement réduit… L’accès au sommet du rempart extérieur est possible à l’aide d’une échelle fabriquée de toutes pièces… Une fois en haut, entre deux patrouilles, une corde doit permettre au capitaine de se laisser descendre le long de la paroi rocheuse. De Gaulle a besoin d’aide pour mener à bien ce nouveau projet et trois codétenus sont recrutés : les lieutenants Tristani, Angot et Prévot. Quelques heures avant l’exécution de l’opération, le capitaine Montéty se joint au petit groupe. Tristani est parvenu à forger un outil crochetant la serrure de la porte du rempart intérieur. Au sujet de l’échelle, elle est conçue avec du bois normalement obtenu pour fabriquer une armoire. Chaque membre de l’expédition en emporte un élément démontable.

 

La nuit du 15 octobre, les fugitifs parviennent sans incident jusqu’au sommet de la muraille extérieure. La corde, faite à l’aide de draps, est jetée dans le vide. L’ennui est qu’elle est trop courte d’une dizaine de mètres. La hauteur de la paroi rocheuse avait été estimée à une trentaine de mètres au lieu de quarante. Gardant leur sang froid, les cinq français se mettent à la recherche d’un endroit plus propice. Un peu plus loin, ils découvrent une plateforme dans le dernier tiers de la paroi rocheuse. La descente peut donc se faire en deux temps. Le seul problème est qu’un membre de l’équipée doit se sacrifier pour rester sur le rempart et jeter la corde à ses complices déjà descendus sur la plateforme intermédiaire. Montéty se porte volontaire et autorise la fuite de ses quatre camarades. A nouveau le point de mire des quatre marcheurs est l’enclave de Schaffhouse, cette fois distante de plus de 450 kilomètres… Après dix jours d’aventure, les évadés trouvent refuge dans un pigeonnier. Des paysans ayant aperçu la scène, font appel à un soldat chargé de la garde de prisonniers russes travaillant dans les champs. Fort de l’appui d’un homme en armes, les paysans cernent le pigeonnier et contraignent les fugitifs à se rendre. De Gaulle est réexpédié sans ménagement à la forteresse de Rosenberg.

 

Le capitaine de Gaulle, après cette tentative très sérieuse, craint d’être transféré à Ingolstadt. Il décide d’échafauder un nouveau plan, rapidement exécutable. Pour la seconde fois, la manœuvre consiste à exploiter le fait que les garnisons ne peuvent se passer des civils. En effet, si une aile du château est réservée aux prisonniers, une autre l’est à des ménages civils, employés à l’entretien du fort. Les deux ailes donnent vue sur la cour intérieure, qui permet, par une porte gardée, de quitter l’enceinte de la forteresse. Une sentinelle effectue une ronde dans la cour et une seconde est affectée à la porte d’entrée. De sa fenêtre, le capitaine de Gaulle observe le va et vient, sans contrôle, des civils pour entrer et sortir de la forteresse. Tristani est partant pour tenter l’aventure avec de Gaulle. Le principe est à nouveau simple, même s’il nécessite matériel et complicité. A la nuit tombée, le 30 octobre 1917, alors que la porte est encore ouverte, les deux hommes profitent des quelques dizaines de secondes pendant lesquelles la ronde de la sentinelle ne lui permet pas de garder un œil sur les fenêtres de l’aile des prisonniers. Ils descendent à l’aide d’une corde par une fenêtre dont l’un des barreaux a été préalablement scié. Un complice retire la corde et replace le barreau. Les deux français, déguisés en simples civils avec fausse barbe et lunettes, se dirigent vers la sortie, dont la porte est ouverte en permanence de jour. La sentinelle de faction à la voûte ne prête aucune attention particulière aux deux « civils ». Une fois dehors, plus question de gagner la Suisse à pied. La Hollande est la destination finale du voyage, qui doit se faire en train ! Ils parcourent sans difficulté les 25 kilomètres jusqu’à la gare de Lichtenfels et y arrivent à minuit. Dépourvus de papiers, ils sont cependant « cueillis » par les gendarmes chargés des contrôles d’identité, à 5 heures, le 31 octobre. L’alerte d’évasion avait été rapidement donnée par un civil allemand ayant observé l’échappée par la fenêtre.

 

Lors du débarquement du train des deux compères, une échauffourée éclate entre de Gaulle et le sergent Heinrich Meyer. Ce dernier ordonne aux deux prisonniers de monter dans un wagon de troisième classe. De Gaulle, arguant de son statut d’officier, exige de voyager, au minimum, en seconde classe. Le ton monte entre les deux hommes et les civils commencent à s’attrouper. Heinrich Meyer, pour en finir, entreprend de faire embarquer le capitaine de force. De Gaulle l’interpelle vertement : « Ne me touchez pas avec vos mains sales », le mot « cochon » est également prononcé. Quelques heures plus tard, le capitaine de Gaulle est de retour à…Ingolstadt. Mais l’affaire du quai de la gare de Lichtenfels n’en reste pas là car le sergent Meyer a déposé une plainte. Une enquête est ouverte et de Gaulle est auditionné par un officier de justice militaire, le 8 janvier 1918. Il choisit de manier l’humour et l’ironie. Les comptes rendus du conseil de guerre d’Ingolstadt prennent l’apparence de ceux d’un conseil de discipline scolaire ! Selon le prévenu français, les mains du sergent Meyer étaient réellement sales et le mot « cochon » s’adressait en réalité à Tristani, dans le contexte suivant : « il pense pouvoir embarquer les officiers français comme des cochons ». En 1927, lors de la rédaction de son rapport pour l’obtention de la Médaille des Evadés, au sujet de cet incident, de Gaulle prit une hauteur « olympienne » : « arrêté par les gendarmes en gare de Lichtenfels et bousculé par eux, je les avais rappelés au sentiment des distances ». Le verdict tombe en avril 1918, de Gaulle est condamné, pour outrage, à 14 jours de prison. Transféré à la prison de Passau, il a l’effroi de constater qu’il est en compagnie de condamnés de droit commun. S’insurgeant contre ce fait, il écrit au général allemand Peter, responsable des camps de prisonniers d’Ingolstadt. Il menace d’entreprendre une grève de la faim. Finalement, il est renvoyé, au bout de trois jours, à la forteresse de Magdebourg, où il termine de purger sa peine avec d’autres officiers français. Néanmoins, la « lettre insolente » adressée au général Peter, lui vaut une nouvelle condamnation.

 

Le camp de prisonnier d’Ingolstadt est dissout, le 18 mai 1918. Charles de Gaulle intègre la forteresse de Wülzburg. En compagnie d’un nouveau complice, le lieutenant Meyer, il opte pour une version « revue et augmentée » de l’exploit de l’hôpital d’Ingolstadt. Meyer, déguisé en soldat allemand doit accompagner de Gaulle à la sortie, comme s’il s’agissait d’un simple transfert du prisonnier vers un autre camp. Pour accentuer la crédibilité de la scène, il est prévu que l’Abbé Michel, vieux camarade de détention de Charles de Gaulle déjà du temps d’Ingolstadt et futur curé de Varennes en Argonne, simule des adieux jusqu’à la grille. L’uniforme allemand est subtilisé dans l’atelier du tailleur du camp. Quant aux vêtements civils, indispensables pour poursuivre l’aventure au-delà des murailles du camp, ils parviennent par le « service logistique » dirigé par la mère de Charles de Gaulle. Grâce à un officier français rapatrié en France pour raison de santé, Charles a pu transmettre à Jeanne un code pour déchiffrer des demandes insérées dans les textes anodins de ses lettres. Au fil des colis familiaux, il reçoit, pièce par pièce, le nécessaire pour constituer deux tenues anodines. Le plan se déroule selon les prévisions, en fin d’après midi du 10 juin 1918. Une fois à l’extérieur, les deux compères revêtent les effets civils dissimulés dans une valise et prennent le chemin de Nüremberg. Deux jours plus tard, ils sont interpellés par des gendarmes ayant dressé un barrage routier. Ils reprennent la direction des geôles de Wülzburg.

 

 

Avant le terme des hostilités, de Gaulle a le temps de concevoir et d’exécuter un ultime essai d’évasion. Une fois par semaine, deux prisonniers français, accompagnés du même nombre de sentinelles allemandes, sont chargés de la corvée de linge. Il s’agit d’assurer le transport d’un panier à linge jusqu’à la blanchisserie de la localité de Weissenburg. Un point retient l’attention du capitaine français : le panier est assez volumineux pour contenir un homme de taille normale à l’aise, un peu moins pour les presque deux mètres de Charles de Gaulle… Il pousse ses investigations et interroge les prisonniers français affectés à la tâche du transport. Le panier est cadenassé par le fourrier allemand ? Truquer les charnières est possible. S’introduire et s’extraire du paquet ? Des espaces temps de quelques minutes au cours desquels le panier n’est pas surveillé semblent favorables. Le matin du 7 juillet 1918, de Gaulle passe à l’action. Comme à l’accoutumée, le fourrier cadenasse le panier et quitte la buanderie pour aller solliciter deux sentinelles d’escorte. A peine a-t-il fait quelques pas que de Gaulle et deux « serruriers » se glissent dans la pièce. Les axes des charnières du couvercle du panier sont chassés et le panier vidé. Le contenu est dissimulé par les deux détenus préposés à la corvée de linge. Charles de Gaulle prend place et le couvercle est rabattu. Les deux extrémités d’un câble, soigneusement peint de couleur osier et passant par les charnières, sont fermement tenues entre les mains du capitaine français et permettent de maintenir le panier fermé. Au retour du fourrier, tout lui parait normal et il ordonne l’acheminement. Une fois déposé dans le couloir de la blanchisserie, de Gaulle attend un moment de calme pour retirer le câble, surgir et s’éclipser vers l’extérieur. Il parvient à gagner Nüremberg pour prendre un train de nuit, direction Aix-la-Chapelle. Seulement, une violente grippe intestinale le contraint à accélérer son programme et à s’embarquer de jour. Pour éviter de devoir adresser la parole à qui que ce soit, il se couvre la bouche d’un bandeau, pour simuler une fluxion. Deux policiers effectuent une inspection des papiers et l’inévitable se produit. De Gaulle reprend le chemin de Wülzburg avec une nouvelle peine de 60 jours d’arrêt de rigueur. Le soir même du 11 novembre, la nouvelle de l’Armistice atteint les prisonniers du camp. Conformément aux termes de la convention, de Gaulle quitte les lieux, le soir même. Cette fois personne ne se met en travers de son chemin et il regagne le sol de France, à Lyon, le 3 décembre 1918.

 

Le parcours de Charles de Gaulle durant la Grande Guerre est marqué par un énorme courage physique et moral, tendu vers un seul but : servir la France. Estimant n’avoir fait que son devoir, le capitaine, devenu général, ne tenta jamais d’exploiter son passé à des fins politiques. Ce n’est que dans les années 90 qu’une véritable redécouverte s’est produite. L’étude de l’action du capitaine, montre qu’une bonne partie des principes et traits de caractères du dirigeant de la France Libre des années 40 et de la Ve République des années 60, sont déjà présents au début du XXe siècle. L’apport essentiel de l’épreuve de 1914-1918, sur la personnalité de Charles de Gaulle, est à rechercher dans sa captivité. La profonde connaissance de la société et de la mentalité allemande qu’il acquiert pendant trois ans, lui permit d’amorcer une improbable réconciliation franco-allemande, moins de vingt ans après la capitulation de mai 1945…

 

 source : DE GAULLE Charles, Lettres, Notes et Carnets, tome 1 : 1905-1918 et tome 2 : 1919-1940, Paris, Plon, 1981.

INSTITUT CHARLES DE GAULLE, Histoire de la Grande Guerre, De Gaulle soldat, 1914-1918, Mamelles éditions, 1999.

DE GAULLE Charles VENDROUX Charles et BOUD’HORS Gérard, La génération du feu 1914-1918, Paris, Plon, 1983.

 

Fantassin Français, prisonnier en Allemagne. Il porte une croix cousue afin de le démarquer.

 

Ces deux là aussi sont détenus en Allemagne.

 

Ce prisonnier porte un brassard, d' autre ont des numéros...

 

 

La situation des prisonniers de guerre de la première guerre mondiale en Allemagne est un aspect du conflit peu abordé par la recherche historique. Le nombre de soldats faits prisonniers s’est pourtant élevé à un peu plus de sept millions1 pour l’ensemble des belligérants dont environ 2 400 000 par l' Allemagne.

 

Dès 1915, les autorités allemandes ont mis en place un système de camps, près de trois cent en tout, n'hésitant pas à recourir à la dénutrition, aux punitions et au harcèlement psychologique et alliant l’enfermement à l’exploitation méthodique des prisonniers. 

 

Cependant, la captivité organisée par les autorités militaires allemandes a aussi contribué à créer des échanges entre les peuples et entraîné chez nombre de prisonniers une réflexion sur leur engagement et leur relation à la patrie.

 

Dès le début de la guerre, les autorités allemandes se retrouvent confrontées à un afflux inattendu de prisonniers. En septembre 1914, 125 050 soldats français et 94 000 russes sont captifs. Avant 1915, les conditions de détention en Allemagne sont très difficiles et marquées par le provisoire et l’absence d’infrastructure. Les prisonniers dorment dans des hangars ou sous des tentes, et y creusent des trous pour se protéger du froid. Les forts humides réquisitionnés pour servir de lieu de détention occasionnent de nombreuses maladies pulmonaires. Les autorités allemandes réquisitionnent également des écoles, des granges, et quantité d’abris divers. Des camps sont établis aussi bien dans les campagnes qu’à proximité des villes, ce qui eut des conséquences lorsque des épidémies de choléra ou de typhus menacèrent de s’étendre à la population civile.

 

Les camps ne sont pas tous situés en territoire allemand, et un certain nombre sont construits dans les territoires occupés et notamment dans la partie nord et est de la France. Ils commencent à se développer à partir de 1915 où le nombre de prisonniers captifs en Allemagne atteint 652 000. Selon les directives officielles, chaque prisonnier doit disposer de 2,5 m2. Les camps brassent un grand nombre de nationalités partageant les mêmes logements : on y retrouve en effet des prisonniers français, russes, britanniques, américains, canadiens, belges, italiens, roumains, serbes, portugais, japonais, monténégrins mais également grecs ou brésiliens. Ils font se côtoyer également des soldats d’origines sociales diverses. On y trouve des ouvriers, des paysans, des fonctionnaires ou des intellectuels. Le nombre des prisonniers augmente très rapidement. De février à août 1915, il est passé de 652 000 à 1 045 232. En août 1916, il est de 1 625 000 pour atteindre 2 415 000 en octobre 1918.

 

 

 

Les conventions de la Haye

 

À la fin du XIX éme siècle, une réflexion s’engage sur le cadre juridique de la guerre et de la captivité des soldats faits prisonniers, en particulier à la suite des conflits de Crimée ou austro-hongrois. Le tsar Nicolas II est à l’origine des deux conférences qui fixent les termes des lois et coutumes de la guerre à La Haye en 1899 puis en 1907.

Le chapitre II de la convention signée en octobre 1907 est entièrement consacré aux prisonniers de guerre et débute ainsi : « Les prisonniers de guerre sont au pouvoir du gouvernement ennemi, mais non des individus ou des corps qui les ont capturés. Ils doivent être traités avec humanité. Tout ce qui leur appartient personnellement, excepté les armes, les chevaux et les papiers militaires, reste leur propriété. »

 

Les principaux pays de la Triple Entente et de la Triple Alliance signent la convention, à l’exception de l' empire Ottoman qui ne figure pas parmi les quarante-quatre signataires de 1907. Les stipulations de la Haye entrent en application dans l’Empire allemand et en France le26 janvier 1910. Mais ces conventions s'avèrent inadaptées face à l’ampleur de la première guerre mondiale. En

octobre 1918 , le nombre de prisonniers retenus en Allemagne s’élève à 2 415 043, et une telle masse d'hommes entraîne l’impossibilité pour un pays en guerre de respecter totalement les conventions dans ses moindres détails. Durant le conflit, des accords spéciaux entre pays belligérants sont conclus afin de pallier ces difficultés.

 

A suivre...

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Par le biais de quelques photographies de chasseurs alpin, nous allons voir quelques insignes de spécialités cousues sur les manches.

 

Ce chasseur de 1er classe est un musicien, comme l' indique la lyre, lors des combats il sera employé comme brancardier.

 

Les infirmiers portent eux leurs insignes de spécialité au collet, sous forme de caducée. Il porte en plus le brassard à croix rouge, lui offrant une certaine " sécurité " sur le champ de bataille.

 

Cet homme est maitre d' arme, il enseigne l' escrime avec une parfaite connaissance des armes.

 

Le télégraphiste.

 

Chez les chasseurs, il y a aussi des sapeurs, celui ci est un porteur d' outils.

Le cor de chasse, que l' on distingue au dessus de l' insigne de spécialité, n' a rien à voir avec le fait que notre homme est un chasseur, c' est un prix de tir. On peut admirer son épée baïonnette Lebel modèle 1886 avec quillon ( espèce de crochet qui sera par la suite supprimé, les hommes s' accrochant dans les barbelés ).

 

Ce sergent porte de petit galon sur la manche de sa vareuse dolman, ainsi que l' insigne des mitrailleurs.

 

Caporal mitrailleur, sous l' insigne de spécialité, un prix de tir.

 

Malgré les apparence, cet homme n' est pas un chasseur alpin, c' est un fantassin du 159éme régiment d' infanterie alpine, stationé à Briançon en 1914. Il porte le beret tarte, la ceinture écharpe et l' alpenstock ( canne ferré ).

 

Nous avons là un groupe de sapeur du 4éme régiment de génie de Grenoble, en 1914.

La " tarte " n' était pas réservé uniquement aux chasseur alpins mais à toutes les unités en étant rattaché.

 

Maitre d' arme du 44éme régiment d' artillerie de campagne, coiffé par coquetterie d' un béret ( les chasseurs ayant refusé que le port du béret soit généralisé à tous, considérant que s' était une coiffe d' élite ).

 

Avec son insigne en forme de vélo, cette homme est agent de liaison, emplois très risqué, qui consiste à transmettre les ordres sous le feu ennemi. Il est décoré de la croix de guerre avec plusieurs citations.

 

Ce n' est pas un pilote mais un homme de troupe de l' aéronautique, comme l' indique l' insigne sur sa manche droite.

 

Je met ici un lien, qui vous permettra de voir les insignes de spécialité en couleurs et en détail : http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/uniforme-bleuh.htm

 

A suivre...

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Abordons, un cotés important de cette guerre, les blessés.

 

Infirmière.

 

 

LES INFIRMIÈRES SERONT A LEUR POSTE DURANT TOUTE LA GRANDE GUERRE. LES MÉDECINS LES ACCUEILLENT FACILEMENT CAR ILS ONT BESOIN D’ELLES ET SOIT LES INSTRUISENT SOIT PERFECTIONNENT LEURS CONNAISSANCES , CAR LES SOINS , LA CHIRURGIE DE GUERRE N’A RIEN VOIR A CE QUI SE PASSE DANS LES HÔPITAUX EN TEMPS DE PAIX.

 

La tâche de l’infirmière est rude et pénible , mis elle s’est engagée spontanément sentant la nécessité d’être utile et d’apporter du réconfort aux blessés.

Son rôle était obscur , dans l’ombre du médecin ou du chirurgien, et elle risquait parfois sa vie dans les bombardement ou dans les ambulances non loin du front.

Leur travail n’est pas facile d’autant que les infirmières de service ne pouvaient quitter leur poste sous aucun prétexte , sauf à tout de rôle pendant une demi-heure pour les repas ou un quart d’heure  pour le déjeuner et le goûter. Peu nombreuses quand l’une d’elles était malade les deux autres devraient s’organiser pur faire son travail … quelle que soit leur fatigue.

Courageuses, avec beaucoup de sang-froid , sous le fracas des bombes tombant tout prés de l’hôpital, au milieu des cris des blessés ou des mourants elles soignaient, réconfortaient  , redonnant confiance.

Parfois elles refusaient d’être relevées après des mois de garde, sentant leur présence nécessaire pour la qualité du service  de leur poste chirurgical.

 

 

Un réseau prêt à affronter la guerre

Forte de 112 000 membres, 400 comités locaux et la confiance de l’armée, la Croix-Rouge française entre dans la guerre prête à recevoir les flots de soldats blessés. Tout au long de ces 4 ans de guerre, elle mettra en place prés de 1500 hôpitaux auxiliaires dans la zone arrière, 89 infirmeries de gare et 90 cantines de gare, fonctionnant avec prés de 18 000 infirmières diplômées. Ces structures lui sont propres, validées par l’armée, et leur organisation, comme les missions de l’association en cas de guerre, est strictement règlementée par les décrets de 1892 puis de 1913. La Croix-Rouge se dote partout où elle intervient d’un matériel de pointe, qu’il s’agisse de radiographie, de stérilisation des instruments ou de rééducation en passant par l’aménagement des convois d’automobiles chirurgicales. Elle sera présente jusque dans les tranchées dans les cantines du front, par les colis qu’elle envoie aux soldats, mais aussi par le biais de ses infirmières que l’armée réclamera en nombre toujours croissant : 3000 d’entre elles seront engagées dans des hôpitaux militaires.
Dans les infirmeries et les cantines de gare, elles soignent et ravitaillent les soldats de passage, blessés, convalescents ou en permission. Avec le changement de tactique et l’enterrement de la guerre dans les tranchées en 1915, on décide de ne plus évacuer systématiquement les blessés vers l’arrière et de les soigner sur place. Si l’activité de ces structures se réduit quelque peu auprès des militaires, elle ne fait qu’augmenter en faveur des populations civiles en exode.

Sur tous les fronts

Du coté de la zone des armées, dés les premiers jours, alors que l’on se bat de Somme aux Vosges, les avant postes de la Croix-Rouge sont constitués par les Postes se secours aux frontières. Organisés depuis 1911, ils sont munis de matériels, de voitures aménagées ou d’équipages de fortune, de brancardiers et d’infirmiers. 7 postes fonctionnent en Woëvre, 93 aux avancées du Grand Couronné à l’Est de Nancy, déployant 2000 brancardiers, face à la 1ère bataille de la Marne. A Reims déjà, après le premier bombardement, ils ont relevé les blessés entre les lignes. Tout au long de la guerre de mouvement, ils vont devoir s’adapter, déplaçant leur centre d’action au rythme des batailles. Quand certainement formations reçoivent l’ordre de se replier, nombre d’hôpitaux auxiliaires créées dans les villes de la zone des armées sont maintenus et vivent les arrivées sanglantes des blessés du front et les incursions allemandes. Des infirmières sont même prises en otage, au mépris des Conventions de Genève.
Car elles aussi sont au front, réquisitionnées de façon croissante par l’armée, elles servent dans les hôpitaux d’évacuation (HOE) situés en arrière des lignes, dans les « Autochirs », voitures automobiles chirurgicales. Cet engagement les mène au cœur du danger, partout où se battent les soldats alliés : dans les garnisons du Maroc, aux Dardanelles, à Moudros et Salonique, en Roumanie… Elles sont actives aussi bien dans des bâtiments installés, des baraquements que sous des tentes d’expéditions ou des camps improvisés, des ambulances fixes ou mobiles, à bord des navires hôpitaux. Certaines y perdront la vie, beaucoup se réengageront après la guerre dans les dispensaires des comités locaux.

 

Groupe d' infirmières, équipées de casques Adrian et dans leurs étuis, du masque à gaz.

 

Infirmières et soldats amputés d' un membre. Les blessés sont tous décorés de la médaille militaire et de la croix de guerre.

 

Vu d' une chambrée d' hôpital.

 

Soldats ayant perdu une jambe.

 

Les " gueules cassées ", les chirurgiens accomplir des miracles, afin de rendre un vissage à ces hommes, on leurs doit la chirurgie reconstructive d' aujourd'hui.

Les deux hommes de droite sont des chasseurs, reconnaissables à leurs vareuses dolmans. Tous on reçu la médaille militaire et la croix de guerre, pour leurs sacrifices. L' homme derrière les accompagne.

 

Cet homme est un grand mutilé de guerre, sont visage à brulé, il a aussi perdu des doigts.

Il est décoré de la Légion d' honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre.

 

 

 

Traitement des blessés

Durant tout le conflit, chaque jour, des milliers de soldats blessés doivent être évacués des champs de bataille. Une chaîne de traitement est mise en place. Le premier maillon est le poste de secours divisionnaire, situé dans la zone des combats. Le soldat blessé le rejoint par ses propres moyens quand il le peut, ou y est transporté par ses camarades ou sur des brouettes porte-brancards. Les blessés sont triés, en fonction de la gravité de leur blessure, puis embarqués dans des camions-ambulances. Pour apaiser la douleur, on pratique des injections de morphine et d’huile de camphre.

Ils rejoignent ensuite, généralement par camion, l’hôpital d’orientation des étapes (HOE) pour les troupes françaises ou la Casualty Clearing Station pour l’armée britannique. Ils sont situés dans la zone d’évacuation, à environ 15 ou 20 kilomètres du front. C’est là que les soldats sont soignés ou opérés.

 

La dernière étape est le centre de convalescence à l’arrière. Dès 1914, des hôpitaux complémentaires voient le jour à l’initiative de l’Église et des organisations caritatives comme la Croix Rouge. Ils s’installent dans des locaux de toute sorte : écoles et lycées, couvents, églises, châteaux, hôtels et casinos, etc.

 

De nombreux soldats décèdent pendant leur séjour à l’hôpital et des cimetières sont donc créés à proximité, afin de procéder aux inhumations.

 

 

Le poste de secours Le poste de secours divisionnaire situé dans la zone des combats constitue la première étape de la prise en charge du soldat blessé. Lorsqu’il n’est pas porté par des soldats valides, le blessé s’y rend grâce à des moyens rudimentaires, comme les brouettes porte-brancards, occasionnellement attelées à des animaux. Sa seule survie dépend en fait de l’aide apportée par les autres soldats, parfois au péril de leur vie. Arrivé sur place, le blessé est examiné. En fonction de son état et de ses chances de survie, il est évacué vers les hôpitaux de l’arrière. En réalité, le poste de secours, trop rudimentaire et peu hygiénique, n’est pas équipé pour opérer. Il est avant tout un lieu de triage des blessés, visant à séparer les « victimes valides » des « victimes sur civières ». Véritable interface entre le front et l’arrière, le poste de secours constitue cependant l’espace où sont prodigués les premiers soins en vue de prendre en charge la souffrance. Si les injections de morphine et les compresses d’huile camphrée -lorsqu’elles existent- visent à calmer les douleurs, les pansements, quant à eux, sont bien souvent dérisoires face aux plaies béantes et aux violentes hémorragies. Les soins apportés paraissent aléatoires tandis que l’agonie des soldats s’avère longue et douloureuse.

 

 

L'expression « gueules cassées » inventée par le colonel Picot premier président de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête, désigne les survivants de la première guerre mondiale ayant subi une ou plusieurs blessures au combat et affectés par des séquelles physiques graves, notamment au niveau du visage. Elle fait référence également à des hommes profondément marqués psychologiquement par le conflit, qui ne purent regagner complètement une vie civile ou qui durent, pour les cas les plus graves, être internés à vie.

 

À la fin de la grande guerre, le nombre total de morts s’élevait à 9 millions dont plus de 2 millions d’Allemands, presque 1,5 million de Français, 1,8 million de Russes, 750 000 Britanniques, et 650 000 Italiens. Proportionnellement à sa population, la France est le pays où les pertes ont été les plus importantes.

 

Ce bilan ne correspond pas seulement aux tués sur les champs de bataille ; il inclut également des soldats morts chez eux, gravement atteints par des maladies telles que la grippe Espagnole, mais aussi des hommes ayant succombé aux séquelles de leur maladie. Ainsi, après la guerre, le nombre de soldats morts des suites de leurs blessures s’élève à environ 500 000 tandis que la grippe fit 200 000 morts supplémentaires en France.

 

 

Durant la guerre, et après la guerre, en plus des soldats morts laissant en France trois millions de veuves et cinq millions d’orphelins, de nombreux soldats de retour de la guerre ou des hôpitaux étaient gravement handicapés par les séquelles blessures reçues au front : amputés, mutilés du visage, aveugles, gazés, défigurés, etc., ces hommes représentaient 6,5 millions d'invalides pour près de 300 000 mutilés à 100 % . En majorité, ces blessés étaient des hommes âgés de 19 à 40 ans. Alors que la reconstruction du pays nécessitait un énorme travail, leur invalidité limitait la main d’œuvre et le temps disponible, ainsi ensuite que la reprise économique du fait de leur incapacité à pratiquer une activité professionnelle et par ce que l’État était contraint à verser à chacun d’eux une pension.

 

 

La violence des combats aggravée par l'usage intense d'armes nouvelles telles les gaz de combat provoqua chez nombre de survivants des séquelles psychologiques parfois irréversibles et impressionnantes.

Ce phénomène, plus tard dénommé syndrome de stress post-traumatique, se manifestait de diverses manières :

  • Tremblements incessants, pouvant aller jusqu'à l'impossibilité du sujet de se tenir en position debout (appelés « les trembleurs ») ;
  • Crises de terreur à l'évocation d'un fait ou la vue d'un objet rappelant la vie au front ;
  • Hallucinations, folie.

 

 

A suivre...

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" Photos méconnues pour la plus part ", car se sont des photos destinés aux familles, de soldats, d' hommes faisant leurs devoirs, quelques personnages célèbres mais pour la plus part des inconnus, nos arrières grand pères, leurs frères, leurs oncles, leurs cousins, leurs copains, leurs voisins...

 

Au cour de cette guerre, apparaitrons de nouvelles armes, parmi celles-ci, le lance flamme.

 

En 1917, soldat équipé d' un lance flamme.

 

Ces deux hommes nous montrent bien leurs équipement.

Le réservoir   pèse  suivant les modèle, 30 kg, la flamme a une portée de 20m et si il y a riposte ennemie, le porteur du lance flamme n' a aucune chance de survie.

 

 

Lance-flamme
Le lance-flamme est un dispositif mécanique conçu pour jeter des flammes ou, plus correctement, pour projeter un liquide mis à feu.
Fonctionnement

Un lance-flamme est un dispositif portatif qui se compose de deux réservoirs cylindriques portés généralement sur le dos. Le premier cylindre contient de l’huile inflammable ; le second un gaz pressurisé dans la section inférieure et dans la section supérieure. Des modèles existe avec trois réservoirs : l’huile inflammable est simplement répartie sur deux récipients pour une distribution de poids plus symétrique et avoir une taille plus compacte. Il peut également y avoir une petite bouteille de gaz supplémentaire (environ 0,5 l) servant à allumer la flamme d’allumage (appelée aussi veilleuse) si nécessaire. Grâce à un levier, le gaz force la sortie du liquide inflammable par un tube et une mèche met le feu au dispositif dans un bec en acier.

Les gaz comprimés utilisés sont de l’azote, dioxyde de carbone, propane ou gaz naturel. Le produit inflammable est lui un dérivé du pétrole : essence, gasoil ou napalm.

 

C' est en 1911 que l’armée allemande adopta le dispositif, créant un régiment spécialisé de douze compagnies équipées de Flammenwerferapparate. En dépit de ceci, l’arme a été utilisée lors de la Première Guerre mondiale qu’en février 1916 où elle a été brièvement employée contre les Français à Verdun. Puis, elle ne fut plus utilisée jusqu’à juillet 1916 lorsqu’elle fut employée contre les tranchées britanniques à Hooge, où elle eût un effet limité mais impressionnant. En effet, l’adversaire fut démoralisé par la crainte de brûler vif et, paniqué, il quitta sa position. En 1915, cinquante pompiers du corps des sapeurs pompier de Paris intégrèrent les rangs du 1er régiment de génie français pour tester le lance-flamme français sur une attaque ; mais comme en Allemagne, on délaissa rapidement l’invention.

 

On a découvert que l’arme a eu certains inconvénients : machine barbare, elle était encombrante et difficile d’utilisation et pouvait seulement être utilisée depuis une tranchée, limitant ainsi son utilisation sûre aux secteurs où les tranchées adverses étaient distantes de 18 m, ce qui n’était pas commun. Les opérateurs de lance-flammes étaient excessivement vulnérables, et n’étaient que rarement faits prisonniers, particulièrement quand leurs cibles survivaient. Les britanniques et les français essayèrent leur propres systèmes de lance-flammes mais les abandonnent très vite. L’armée allemande a continué à les déployer tout au long de la guerre et ils ont été employés à plus de 300 occasions, habituellement par équipes de six lance-flammes.

 

Du côté français, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris testa au front des lance-flammes à la butte de Vauquois. Par manque d’expérience, à cause d’un vent contraire et d’une cible plus élevée, une vingtaine d’entre-eux moururent brulés, victimes de leur propre matériel.

 

Prêt pour l' attaque !

 

Zouave au début de la guerre, dans sa tenue traditionnelle  très coloré. ( ici en noir et blanc )

 

Matelot non breveté ( sans galon ) en 1914.

 

Chasseur à pieds en 1914.

 

Nous retrouvons les trois frères, le zouave, le marin et le chasseur, quelques années après, en 1919.

Les tenues ont changés, brisques de présence au front, croix de guerre... et ils ont muris se laissant pousser les moustaches.

 

Notre zouave en 1919, comparons avec ce même personnage photographié au début de la guerre.

La tenue de tradition a été supplanté par une tenue de combat de couleur kaki réservé aux armées d' Afrique.

Notre homme pose en capote, col ouvert, ce qui est strictement interdit par le règlement mais si souvent observé !

Brisques, fourragère et croix de guerre.

 

A suivre...

 

 

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Continuons...

 

Ces deux sapeurs posant pour la photo en tenues décontractés sont armés de carabine Remington appelé " Rollin Block ".

Nous somme en 1915, si le casque Adrian et la capote bleu horizon ont fait leurs apparitions, nos deux braves portent une culotte en toile de nuance plus foncé.

 

Nos deux chasseurs posent avec des trophées fort recherchés, des casques à pointes. Tout deux portent la médaille militaire. Remarquez la disposition des bandes molletières. L' homme de droite porte des petits galons, alors que son camarade à conservé ses galons en pointe.

 

Conducteur de véhicule automobile, notre homme est peut être issus des chasseurs ( à pieds ), il porte une vareuse dolman, sur laquelle a été opposé un A ( Automobile ). Il est armé d' un revolver dans son étuis " jambon " à la ceinture et pose devant son véhicule.

 

Un autre conducteur posant devant des automobiles.

 

Cet automobiliste porte lui des A aux collets symbole de sa fonction. Coiffé d' un béret dépourvue de tout insigne.

 

 

Ces automobilistes sont recrutés sur leur aptitude à conduire un véhicule. Ce sont parfois même en 1914 des propriétaires de voitures réquisitionnées. Le règlement interdit aux officiers de conduire eux-mêmes les véhicules militaires, ce qui n'est pas toujours respecté, ce qui donne lieu a des inspections du service automobile sur les axes les plus fréquentés. Les officiers des parcs et ateliers de réparation peuvent conduire les véhicules qui ont été réparés sous leur autorité.
Ce n'est qu'en septembre 1917 sont délivrés par le ministère de la guerre les premiers brevets de conduite pour les conducteurs militaires.

 

La tenue des conducteurs

Le premier réglement sur la tenue des automobilistes date d'août 1910 : les personnels affectés aux "poids lourds" portent la tenue des hommes montés du train des équipages militaires ; les conducteurs d'automobiles des quartiers généraux conservent la tenue des sections de secrétaires d'état-major auxquelles ils sont rattachés.
Mais en fait ils vont porter la même série de vêtement, la plus adaptée a leur fonction :
-capote gris-de-fer-bleuté à partir de 1913
-culotte d'homme monté garance avec molletières bleues foncées
-ensemble de treillis bleu
-gants moufles
-un brassard garance avec lettre A en blanc, unique marque distinctive
képi et pattes de col sont ceux du train pour les poids lourds, ceux des sections de secrétaires d'EM pour les conducteurs de QG

En 1914 les conducteurs sont recrutés dans toutes les armes en plus des engagés volontaires. Vont se cotoyer garçons de bonne famille et conducteurs chevronnés.

Avoir un permis de conduire et une voiture à l'époque étaient réservés à une minorité assez aisée. Ces conducteurs au service de l'armée ont donc de l'argent et n'attendent pas les effets de l'intendance. Ils s'habillent souvent à leurs frais de façon tres chic et avec des habits de confections diverses et peuvent s'apparenter parfois à des officiers alors qu'ils n'ont pas de galons. Ce zèle était parfois très mal vu.

 

Insignes et distinctives 1915-1917

en 1915 c'est le grand changement de l'uniforme pour toute l'armée française.
le 17 mai 1915 le brassard automobiliste devient bleu horizon tout comme l'uniforme, avec la lettre A en garance. Puis le 16 septembre 1916 le A devient bleu foncé. Les automobilistes disposent déjà depuis le 20 mai 1916 d'un signe distinctif : des pattes de col en frap vert (nouvelle couleur du train) avec lettre A en drap garance.
Le brassard "A" n'a donc plus d'utilité et est supprimé en juillet 1917 (sauf pour les officiers). Le haut du bras gauche étant devenu libre, il sera créé en octobre 1917 un insigne a coudre réservé aux hommes pourvus du permis de conduire civil ou militaire : un volant en drap bleu foncé pour les brigadiers ou conducteurs et brodé en fil d'or ou d'argent pour les sous-officiers et maîtres-ouvriers dépanneurs.


En 1918, règlement d'ensemble
un règlement tardif arrive car depuis la tenue bleue horizon il n'y en a pas eu. Les officiers portaient leur tenue d'arme d'origine.

 

les effets chauds spéciaux

dès le règlement de 1910 il est dit que les conducteurs pourront porter des effets spéciaux comme des vestons de cuir si la température l'exige.
En octobre 1914 le ministère de la guerre commande des paletots de cuir pour les automobilistes qui sont constitués à l’entrepôt d'effets de Dijon (cet entrepôt stockera pendant toute la guerre les effets pour automobilistes : treillis bleus, couvertures, gants mouflés, lunettes d'automobilistes, vestes en cuir, peaux de chèvres), des paletots canadiens seront fournis par milliers des 1914 aux automobilistes.

 

Vélocypédistes ( mot apparu en 1868 ) du 2éme régiment de chasseur à pieds en 1914, ils portent des vareuses dolman de chasseur avec des bourrelets " croissants " aux épaules, destiné à retenir le brelage en place ( évite les glissements des épaules ).

 

 

Chasseur cycliste français.Ils sont investit de missions de combat et de recherche de renseignements.Le groupe cycliste du 29° bataillon de chasseur à pied se rend célèbre en menant un raid de concert avec les cavaliers de la 5° division dans la région de Villers -cotterêts et Compiègne ,du 8 au 11 septembre. Ils parviennent à perturber les communications de l'ennemi,et manquent de peu la capture de Von Kluck lui-même.

 

Ces hommes sont équipés de vélos pliants.

 

En position de combat.

 

Estafette du 22éme ....

 

Cycliste 1910/14, prix de tir sur l' épaule ( cor de chasse ).

 

A suivre...

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Magnifique!!

 

Noter bien que les Fusiliers Marins étaient surnommés les "Demoiselle de la mort" et non juste les "Demoiselles".

La tenue des Marins n'a pas changée je trouve cela superbe. Petite larme pour bachis bleu marine. J'aime pas le blanc.

 

Sinon la seule chose qui reste de ce temps là dans les effets réglementaires de l'armée de terre c'est le calot pour certaines armes, la tarte des chasseurs, le képis, la capote et la fixation des décorations (pendantes ou dixmudes), les fourragères et je ne vois rien d'autre.

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Les épaulettes à franges, la ceinture écharpe de tradition.

 

Un territorial.

 

 

Pendant la grande guerre, le régiment d’infanterie territorial, ou RIT, était une formation militaire composée des hommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.

 

Les Territoriaux ou Pépères, initialement chargés de différents services de gardes, ont joué un grand rôle pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Entre 1914 et 1918, huit millions d’hommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés soit 20 % de la population.

Selon son âge, chaque homme doit s’acquitter de ses obligations militaires, passant par trois armées réglementaires différentes :

  • l’armée d’active :
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments d’active : numérotés de 1 à 176. Elle est composée des hommes âgés de 21 à 23 ans c’est-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au delà. La durée du service est de trois ans.
  • l’armée de réserve :
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments de réserve : numérotés de 201 à 421. Elle est composée des hommes âgés de 24 à 33 ans, c’est-à-dire nés entre 1881 et 1890. La durée est de onze ans.
  • l’armée territoriale :
Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale. Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880. La durée est de sept ans.
  • la réserve de l’armée territoriale :
Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans, c’est-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de sept ans. Rapidement la réserve de l’armée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1865. Les unités territoriales ne sont jamais utilisées en temps de paix.

 

 

Les régiments d’infanterie territoriaux ne devaient pas coopérer aux opérations en rase campagne ; le plan de mobilisation ne le prévoyait pas, et ces régiments n’étaient pas outillés pour prêter leur appui aux régiments actifs.

 

Toutefois les RIT des régions du Nord et de l’Est se trouvèrent engagés d’emblée dans la bataille pour défendre leurs villes et villages. De plus, dès la fin août 1914, les plus jeunes classes des territoriaux furent intégrées dans des régiments d'infanterie d’active et de réserve pour compenser les pertes.

 

Les régiments territoriaux sont initialement prévus pour assurer un service de garde et de police dans les gares, les villes, les frontières, sur les voies de communication, à l’occupation et à la défense des forts, des places fortes, des ponts et autres lieux sensibles. Ils se trouvèrent par suite des circonstances engagés dans la bataille ou avec une participation indirecte dans les combats.

 

Les territoriaux effectuent de la même manière divers travaux de terrassement, de fortification, de défense, entretien des routes et voies ferrées, creusement et réfection des tranchées et boyaux.

 

Ils forment, avec les gendarmes, chasseurs forestiers, etc., des détachements chargé de suivre l’armée en marche pour explorer et nettoyer le champ de bataille. Il récupèrent ainsi un important matériel composé d’effets en tout genre, notamment des armes, arrêtent et escortent des soldats allemands isolés ou blessés, ramassent, identifient et ensevelissent des cadavres, construisent et gardent des camps de prisonniers. Ils saisissent également du bétail égaré.

 

Ils sont également chargés de missions de ravitaillement et autres missions de soutien aux troupes de première ligne, sous les bombardements et les gaz. Un nombre important de territoriaux perdent la vie dans ces actions méconnues et difficiles mais indispensables.

 

Au fil des mois, alors même que la distinction dans l’emploi entre les régiments d’active et les régiments de réserve s’estompe, la spécificité de la territoriale cède la place à une utilisation commune à toutes les formations. De fait, les régiments territoriaux sont engagés en première ligne.

Tout d’abord, les territoriaux ont pour mission la garde dans les tranchées de première ligne dans des secteurs dits « calmes », le mitraillages des lignes allemandes par tirs indirects, l’occupation des tranchées de départ, en soutien des divisions d’attaque. Puis ils sont engagés en première ligne où ils s’illustrent, en particulier, lors des grandes offensives allemandes de 1918.

 

Le 1er aout 1918, tous les régiments territoriaux existants sont officiellement dissous et les hommes dispersés parmi les régiments d’active et de réserve.

 

Territorial.

 

Ce caporal de la territorial a touché une tenue réglementaire qui peut le confondre avec un soldat d' active.

 

Groupe de territoriaux du " 9R ", le " r " signifiant repérage, que l' on pourrait traduire par observateur. Équipé de vareuse en " ratine " ( velours ), remarquez le pantalon-culotte de l' homme assit à droite, confectionné dans du tissus de confection ( rideaux... )

 

Certain territoriaux sont employés comme Garde Voie ( GV ), équipé d' un fusil Gras, d' une cartouchière et d' une baïonnette, la tenue est complété par un brassard.

 

 

Il est fort probable que l'organisation de surveillance des voies ferrées mise en place en 1887 par le général Boulanger ait été la première.

Instruction du ministère de la guerre du 7 janvier 1887 qui organise ce "service de police des voies ferrées et de leurs abords".

Ce service ne concerne que les communes traversées par une voie ferrée. Cependant, ce n'est pas la commune qui désigne les gardes : ils sont choisis parmi les hommes de la réserve de l'armée territoriale (cavalerie, services auxiliaires) de la commune par le chef du bureau de recrutement. Ils sont affectés à la surveillance de la portion de ligne se trouvant dans leur commune. Et si la commune manque d'hommes, ils peuvent être complétés par des habitants des communes limitrophes.

En cas de mobilisation ces hommes reçoivent un ordre individuel distribué par le maire qui se substitue au fascicule de mobilisation présent dans leur livret militaire. Si leur classe est appelée, ils doivent rester à la surveillance des voies, sauf lorsque leur groupe communal est dissout.

La mission est double : il s'agit essentiellement d'interdire l'approche des lignes et les actes de sabotage. Cette mission de "police" est effectuée sous la direction par l'officier de gendarmerie commandant l'arrondissement. Dans chaque commune dépendant d'une gendarmerie, on trouve un chef de groupe et un suppléant provenant de la réserve de l'armée territorial ou des soldats à défaut de gradés. A part ces deux hommes, aucun ne porte d'uniforme : le seul signe distinctif est un brassard tricolore fourni par la mairie. En guise d'armement, soit un sabre d'infanterie, "ancien modèle" comme l'indique l'instruction, soit un fusils de sapeur-pompier, ou de société de tirs. Avec 6 cartouches. Armements et brassard font l'objet de deux inspections par an, le 1er mars et le 1er octobre.

 

Les G.V.C. sont organisés au niveau des subdivisions de région, sous l'autorité du chef du corps d'armée. La sélection des hommes servant comme G.V.C. a des points communs avec l'expérience précédente : les hommes appartiennent toujours aux réservistes de l'armée territoriale, donc les hommes mobilisables les plus âgés. La R.A.T. n'est pas obligatoirement mobilisée et c'est donc parmi les hommes des classes les plus anciennes que l'on prend les G.V.C.. Mais ils ne sont plus pris uniquement dans les cavaliers et les services auxiliaires de la R.A.T.

 

Ils sont choisis dans les communes voisines (moins de 10 km) du point à surveiller ou si nécessaire à moins d'une journée de marche (l'instruction précise 28 km). Détail important : tous doivent savoir lire. Ils sont rattachés au dépôt du régiment d'infanterie territoriale de la subdivision : ils ont donc un uniforme qui porte le numéro de ce régiment. Sur ce dernier point, l'instruction ministérielle du 12 juillet 1890 ne fait pas mention d'uniformes mais d'un brassard, cette fois-ci bleu. Cependant, de nouvelles instruction rédigées en 1910  et un texte plus tardif  mentionnent bien la présence d'uniformes (confirmée par les photographies de G.V.C. d'août 1914, bien qu'ils soient souvent incomplets ou disparates), des collections 2 ou 3 du dépôt. Pour l'armement, il est fourni également par le dépôt du régiment, tout comme les cadres qui dirigeront la surveillance des différents points.

 

 

"Les sentinelles et patrouilles de surveillance ont pour mission :

 

1° D'interdire l'accès de la voie ferrée à toute personne étrangère au chemin de fer ou au service spécial de garde.

 

2° D'empêcher toute tentative de destruction.

 

3° De signaler les parties de la voie sur lesquelles les trains ne pourraient passer sans danger et prévenir ainsi les déraillements.

A cet effet, elles surveillent avec soin les voies et leurs abords immédiats, ainsi que les lignes télégraphiques ; elles portent leur attention sur les environs et particulièrement sur les personnes se trouvant à proximité du chemin de fer et cherchant à s'en approcher."

 

 

Garde voie en 1915.

 

A suivre...

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Continuons,

 

Un bon vieux territorial, ayant la fonction de garde de voies.

 

Le capitaine de Ligniville, du 5éme hussard en 1914, veste bleu azur, culotte écarlate, épaulettes à trèfles blanches, galons apparent sur le képi et sur le bas des manches. Notre officier porte son sabre, ainsi qu' un sifflet fixé porté dans son étuis fixé sur le baudrier soutenant le revolver modèle 1892 et douze cartouches, rangé dans son étuis.

 

Médecin, sur sa vareuse caducées aux collets, croix de guerre, brisque pour deux ans et demi de présence au front, galons courts de lieutenant, ceinturon Britannique Sam Brown très recherché par les officiers. Képi de couleur cramoisi ( rouge/bordeaux ).

 

Fusilier marin en tenue de combat de l' infanterie, le marin a conservé sont bachi ( bonnet de marin ).

 

Un autre fusilier marin, armé du fusil Lebel 1886 M93 et équipé de son havresac.

 

 

Havresac, dit sac as de carreau ou azor, modèle 1893: composé de toile cirée de couleur sombre, un cadre en bois recouvert de gaz lui donne sa rigidité. Ses bretelles et ses sangles de maintien sont en cuir noir. La gamelle individuelle trône toujours sur le haut du sac, et penchée pour permettre le tir couché. A l'intérieur du sac on trouve  les vêtements de rechanges et les menus effets, ainsi que les vivres de réserve. On place à l'extérieur, le coté ou le dessus, la couverture, la toile de tente, une seconde paire de chaussures, les outils individuels, un ou plusieurs ustensiles de campement collectifs, un seau à eau en toile, une gamelle individuelle, etc. Plusieurs courroies permettaient de maintenir le tout:

  • 1 courroie de sautoir de 35cm de long, retient la toile de tente lorsqu'elle est porté en sautoir
  • 1 grande courroie de charge de 127cm de long, pour arrimer la gamelle individuelle et les autres ustensiles
  • 2 courroies de capote de 75cm, placés à droite et à gauche du sommet du sac
  • 2 courroies de coté de 52 cm, placées à droite et à gauche du sac

uniforme-infanterie-havresac-4.jpg

Entièrement chargé le sac pouvait peser de 20 à 25kg. On peut dire que nos soldats avaient leur maison sur le dos. 

uniforme-infanterie-havresac.jpg  

 

 

Le Fusil modèle 1886, ou Fusil Lebel, a été adopté par l'Armée Française en mai 1887. Il a été très largement utilisé comme fusil d'infanterie jusqu'aux lendemains de la première guerre mondiale puis, à un moindre degré, jusqu'à la seconde guerre mondiale. Il fut officieusement baptisé du nom d'un des membres de la commission qui a contribué à sa création : le colonel Nicolas Lebel. De calibre 8 mm, le fusil modèle 1886 peut contenir dix cartouches, dont huit qui se logent dans le fût situé sous le canon, plus une dans le transporteur et une dans la chambre. Le fusil Lebel a introduit la modernité dans l'armement portatif mondial en remplaçant pour la première fois l'ancienne poudre noire par la poudre sans fumée à base de nitrocellulose (la "Poudre B" ) ainsi que les balles en plomb nu par les balles entièrement chemisées en maillechort. Ces progrès techniques vont permettre à l'armement portatif d'atteindre des vitesses initiales très élevées et donc une grande rasance du projectile et des portées extrêmes dépassant les 4 kilomètres (4 400 mètres avec la "Balle D" du fusil Lebel).

 

Groupe de fusiliers marins, l' homme au centre est un officier marinier du grade de second maitre, il porte une casquette, ainsi qu' une arme individuelle ( revolver ). remarquez la taille des pompons rouge sur les bachis.

 

Zouave décoré de la croix de guerre d' une médaille de campagne d' Afrique et le ruban de l' insigne des blessés.

 

Tirailleur ( Marocain, Algérien, Tunisien ? ) remarquez sa splendide tenue coloré d' entrée de guerre.

 

Un autre tirailleur, chaussé d' espadrilles, en chaussures de repos. Il est en convalescence à l' hôpital auxiliaire de Thairé en Charente maritime.

 

Zouave en 1914.

 

Tirailleur d' Afrique du nord.

 

 

LES REGIMENTS DE TIRAILLEURS 1914 - 1918

 

     La situation de ces régiments est extrêmement compliquée. Par le jeu des relèves, par celui des nouvelles formations, ils ont constamment changé de figure au cours des hostilités et, en 1918, lorsqu'il est fait un appel massif aux ressources en hommes de l'Afrique du Nord, de nouveaux régiments sont créés de toutes pièces, des unités de marche rejoignent ensuite les armées d'Orient, puis du Levant, enfin, s'opère un nouveau brassage ayant pour objet de remettre sur pied, dans leurs anciennes garnisons, des régiments organiques disparus en 1914 ce qui ne simplifie pas les choses. Nous allons d'abord donner une vue d'ensemble sûr ces formations de tirailleurs et nous terminerons par quelques notes historiques qui seront bien forcées de dépasser la limite du 11 novembre 1918.

 

    Les neufs régiments de tirailleurs de 1914 représentaient, au moment de la mobilisation, quarante bataillons, dont dix-neuf se trouvaient au Maroc. Sur ce total, trente-deux allaient être envoyés en France au cours des mois d'août et de septembre, six demeuraient au Maroc et deux en Algérie. Les six bataillons restés au Maroc étaient le 3e du 1er régiment, les 3e et 4e du 4e régiment, le 3e du 5e, le 2e du 6e, le 3e du 8e. Les deux bataillons demeurés en Algérie furent le 3e du 2e, revenu du Maroc oriental, et le 2e du 7e

 

 

La contribution de l'Afrique du Nord à la composition des armées mobilisées en France s'est traduite :

 

  1° Au début du mois d'août, par l'envoi de deux divisions indépendantes d'Algérie et une division du Maroc (vingt deux bataillons de tirailleurs).

  2° A la fin du mois d'août, une nouvelle division d'Algérie (trois bataillons de tirailleurs).

  3° En septembre, le Maroc envoya une nouvelle division qui fut disloquée à son arrivée en France (3e et 4e brigades du Maroc) et un régiment isolé (en tout sept bataillons de tirailleurs).

 

    Les trente-deux bataillons de tirailleurs compris dans ces unités furent divisés en dix régiments exclusivement composés de tirailleurs et deux régiments mixtes, comportant la présence de bataillons de zouaves. Notons que ces bataillons de tirailleurs s'étaient mobilisés avec leurs ressources propres, complétées au moyen des compagnies de dépôt. Les bataillons qui faisaient séjour au Maroc n'eurent même pas cette latitude, mais ils avaient une richesse d'effectifs suffisante.

 

 

A LA VEILLE DE LA GRANDE GUERRE , les troupes d’afrique du nord se composent de Zouaves, de chasseurs d’Afrique , de spahis , de tirailleurs Marocains,Algériens et Tunisiens .

Aux côtés des 8 000 000 d’appelés de la métropole , 175 000 Algèriens ( dont 35 000 tués blessés ou disparus ) , 40 000 Marocains ( dont 12000 tués blessés ou disparus ) et 80 000

Tunisiens dont 21 000 blessés tués ou disparus.

Les nords africains se révélèrent durs à la tâche ,biens encadrés , bien entraînes et trés résistants aux conditions climatiques .

 

LES TROUPES DE L’ARMÉE D’AFRIQUE , EUROPÉENNES OU INDIGÈNES COMPTENT À LEUR ACTIF DES FAITS D’ARMES PARTICULIÈREMENT ÉLOGIEUX  et leur rôle ne saurait être sous estimé.

 

Grâce à leurs qualités guerrières elles sont choisies pour participer aux combats les plus durs sur le front de France , chaque fois que la situation l’exige.

 

Leur apport a été notamment très important dans les semaines décisives de Septembre 1914 lors de la bataille de la Marne. Ainsi , à propos de la division Marocaine lors de cette bataille, le Maréchal FOCH aurait dit :  » La fortune a voulu que la Division Marocaine soit là ! « 

 

Les zouaves et les tirailleurs se sont illustrés dans toutes les principales batailles en Champagne, à Verdun , dans la Somme et dans les offensives victorieuses finales.

 

La Division Marocaine  fut l’unité la plus décorée de la guerre.

 

Les faits d’armes de cette armée lu valut les plus hautes distinctions : Drapeaux décorés de la Légion d’honneur ou de la Médaille Militaire ,la Fourragère rouge à la couleur de la Légion d’honneur, alors que les affectifs au combat à la fin de la guerre ne représentaient que 5% des combattants.

 

Sur 19 Régiments d’Infanterie de l’Armée Française dont le drapeau est décoré de la L.H. ou de la M.M. au cours de la guerre on compte 9 régiments d’Afrique ( 1 de la Légion , 4 de Tirailleurs, 4 de Zouaves )

Sur 17 Régiments de l’armée de terre quelques un reçurent la fourragère à la couleur de la L.H. ( au moins 6 citations à l’ordre de l’Armée ) 9 sont de l’armée d’Afrique.

 

Le 1er Régiment de Spahis Marocain est le régiment de cavalerie le plus décoré de l’Armée Française.

 

A suivre...

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Durant ce conflit, la France fit appelle à toutes ses colonies et l' on pu voir des tirailleurs Algériens, Marocains, Tunisiens, Sénégalais mais aussi des malgaches, des indochinois...

 

Caporal tirailleur de la Nouvelle Calédonie, ayant touché une tenue des troupes coloniales.

 

Tirailleurs Calédoniens.

 

Tirailleurs Malgaches, vêtus du paletot des troupes coloniales de couleur kaki. Remarquez sur l' homme de droite la boucle de ceinturons réservé aux troupes coloniales.

 

Soldat néo-Calédonien du 5éme régiment d' infanterie coloniale ( RIC ), vêtu du paletot et coiffé du casque Adrian avec l' insigne leurs étant réservé, ancre et grenade. Le casque distribué de ton bleu est repeint en kaki.

 

Tirailleurs Algériens et leur drapeau, remarquez ces hommes décorés, de remarquables soldats.

 

Soldats Vietnamiens. ( Indochine )

 

La garde d' un drapeau d' un régiment d' infanterie coloniale en 1918. On distingue bien l' insigne sur le casque Adrian, la fourragère rouge, de la Légion d' honneur, chèrement gagnée. Ainsi que les citations sur les croix de guerre ( étoiles et palmes ).

 

Le contre amiral Ronarch, commandant la brigade de fusiliers marins.

Vêtu du manteau avec étoiles aux collets, coiffé de la casquette de petite tenue. ( la coiffure de parade de l' époque étant le bicorne ).

 

 

Après sa constitution, la brigade de fusiliers marins monte à Paris, puis en octobre 1914 elle reçoit l'ordre de se transporter en Belgique pour assister l'armée belge assiégée à Anvers par l'armée allemande, puis aide à l'évacuation de la ville :

« Après la bataille de la Marne, les Allemands s'enterrent dans leurs tranchées ; ils y resteront quatre ans jusqu'à l'offensive victorieuse de 1918. Mais dans le Nord, le front n'est pas stabilisé, la guerre de mouvement continue : les Allemands sont à Lille alors que, dans la place forte d'Anvers l'armée belge tient encore ; l'ennemi peut déborder la gauche des lignes alliées, occuper les côtes de la Manche et couper l'Angleterre de la France ; il faut à tout prix l'arrêter, c'est la course à la mer C'est alors qu'intervient la brigade Ronarc'h, formée pour la plupart de marins qui n'ont de fusiliers que le nom : réservistes du commerce et de la pêche, troupe robuste, disciplinée, habituée au climat marin, solidement encadrée par des officiers et officiers mariniersde l'active et de la réserve. Lancée en enfants perdus, la brigade est envoyée au secours d'Anvers, mais en cours de route, la place tombe et les Belges font retraite vers la mer: les 6 000 hommes de Ronarc'h se positionnent alors à Gand ; ils arrêtent les Allemands à Melle en avant de cette ville, assez longtemps pour permettre la retraite de l'armée belge. Puis il faut décrocher ; alors commence à travers la Belgique une marche sans espoir, sans éclairage, sans ravitaillement. Elle réussit cependant contre toute espérance et le 15 octobre Ronarc'h reçoit l'ordre de s'arrêter sur l'Yser, à Dixmude et d'y tenir pendant une semaine. Il y tiendra pendant un mois, aux côtés des troupes françaises du général d'Urbal, des Belges et des Anglais contre les assauts furieux des Allemands : la course à la mer est gagnée. Dunkerque est sauvée et un lambeau de territoire belge préservé de l'invasion. »

La brigade Ronarc'h participe donc jusqu'à la fin du mois d'octobre 1914 à une défense héroïque de Dixmude aux côtés de l'armée belge et en s'opposant à des troupes ennemies bien supérieures en nombre. La position devenant critique, l'armée belge décide d'inonder la région par les écluses, ce qu'elle parvient à faire. Dixmude tombe mais l'avance allemande est enrayée. Les pertes de la brigade Ronar'ch sont très importantes, de l'ordre de l'effectif initial, mais la mission est maintenue par les renforts d'effectifs.

 

Les marins de la brigade Ronarc'h se battront sur le front de Belgique jusqu'à la dissolution de la brigade en novembre 1915. Quelques volontaires vont alors constituer un bataillon de fusiliers marins (850 hommes) qui se battra avec l'armée de terre jusqu'à la fin de la guerre notamment près du Chemin des Dames à Laffaux.

 

Le contre amiral Ronarc'h tient avec sa brigade de fusiliers marins, la position entre Nieuport et Ypres, sous des bombardements ininterrompus et les attaques incessantes des fantassins Allemands. Le commandement avait demandait aux marins de résister au moins quatre jours, coute que coute jusqu' au dernier homme. Leurs résistance âpre, forcenée, inébranlable, héroïque dura vingt cinq jours.

 

A suivre...

 

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Soldat Indochinois.

 

La guerre de 14-18, inaugure la première rencontre massive sur le territoire métropolitain entre citoyens français et « sujets des colonies ». Près de 90 000 Vietnamiens sont enrôlés malgré eux et transplantés dans les usines et les casernements français. 50 000 sont affectés à l’arrière pour les  besoins de la guerre industrielle.

 

« L’année 1916 marque une rupture, un tournant, le passage déterminant de la guerre classique à la guerre moderne». 900 000 ouvriers coloniaux ou « exotiques », comme on les désignait alors, débarquent sur le sol de France, amenés d’Indochine, d’Algérie mais aussi d’Inde ou de Chine, au nom des exigences d’une mobilisation industrielle, improvisée dans l’urgence. Les recrutements de main d’œuvre non qualifiée sont étendus à l’échelle planétaire, sans souci des frontières des empires coloniaux.

 

Pressée de combler ses besoins en ouvriers et soldats, la France, en 1916, réexamine le projet d’Armée jaune, présenté en 1912 par le général Pennequin (1849-1916), alors commandant supérieur des Troupes de l’Indochine, et l’utilise comme prétexte à des recrutements, dont l’objet est désormais fort éloigné des conceptions du général. Dès 1911, Pennequin, officier jaurésien, conscient de l’évolution de la société vietnamienne, ébranlée par la colonisation et par l’émergence d’une bourgeoisie aux aspirations modernistes, a prôné une décolonisation rapide. Il préconise de créer une armée nationale, au cadre entièrement indigène, comme première structure moderne des pays colonisés et moteur potentiel de l’indépendance et de la construction de l’État-nation. Précurseur des impérialismes à venir, obligeant la France à une mutation radicale de sa politique coloniale, le projet se heurta à l’hostilité générale et fut enterré.

 

La décision de recruter en Indochine, présentée comme un vaste réservoir de main-d’œuvre, fut prise dans la foulée du décret d’octobre 1915 sur le recrutement de soldats en Afrique occidentale française, défendu par le général Mangin. Le plan de recrutement s’inspirait du programme de prospection de main-d’œuvre élaboré en 1915 par Albert Thomas (1878-1932), chef d’orchestre de la mobilisation industrielle.

 

Après l’échec d’un premier recrutement improvisé en mars 1916, la reprise en main par Albert Sarraut (1872-1962), de retour au Gouvernement général en 1917, permet de rassembler les recrues exigées, massivement enrôlées parmi les paysans pauvres du Nord-Annam et du Tonkin, qui fournirent plus de 80 % des contingents et de 15 à 20 % de la classe d’âge des 20 à 30 ans dans certaines provinces.

L’échec du recrutement au Sud s’explique par une résistance plus grande des populations mais aussi par le refus de l’administration de recourir aux traditionnels réseaux de clientèle au Cambodge, et en Cochinchine, par une emprise historiquement moins ancienne des mandarins sur la population. Au nord en revanche, les recrutements sont menés dans les villages par les mandarins et les notables locaux, à qui le réservoir de main-d’œuvre des corvéables pour l’entretien des routes et des digues, fournit un moyen tout trouvé de sélection des « volontaires ». Le recrutement de ces paysans parmi les plus pauvres a presque entièrement reposé sur la collaboration de l’administration indigène, illustration de cette « colonisation ambiguë », qui implique une participation des colonisés eux-mêmes au système qui les oppresse. La présence en France de mandarins, chargés de la censure postale de leurs compatriotes, atteste de ce consentement du colonisé au pacte de soumission coloniale. L’étude des recrutements met aussi en évidence que les structures préexistant à la colonisation – commune et administration indigène à l’échelon local – sont encore largement épargnées à cette époque par une administration française peu nombreuse, qui préfère capter à son profit les modes de coercition internes à la société vietnamienne.

 

Sur le sol de France, affectés dans les usines de guerre. La création du Contrôle général des travailleurs et des tirailleurs indochinois, une commission de censure postale spécifique et un réseau de foyers et d’associations d’encadrement de la vie quotidienne, orchestré par les intérêts coloniaux, font des Vietnamiens les plus surveillés des contingents des colonies. Les Vietnamiens, affectés prioritairement dans les immenses usines d’armement du Ripault, de Bourges ou de Toulouse, où ils représentèrent en 1917 jusqu’à 50 % de l’effectif.

( source : réseau Asie et Pacifique )

 

 

Spahis Marocains.

 

 

Le général Valentin.

Le général porte la tenue bleu horizon, culotte avec bandes pour officier général, vareuse comportant deux étoile sur le bas des manches, présence de brisques de présence au front et décorations ( ordonnance et dixmude ). De sa seul main, droite il tient un sabre d' infanterie.

Coiffé d' un képi  de général à feuilles d' or et chaussé de bottes " type aviateur ".

 

 

Le général Valentin était un officier d'une bravoure exceptionnelle.
Plusieurs fois blessé, toujours en première ligne, a été gravement blessé au Bois Brûlé en décembre 1914 et amputé du bras gauche.
Meneur d'hommes, comme son prédécesseur à la tête de la 133e D.I "La Gauloise", le général Passaga, dit "Le Gaulois".

Un officier qui symbolise le courage et témoigne que les Généraux n'étaient pas toujours à l'arrière comme on le lit trop souvent de nos jours.

 

Le général Mangin et quelques officiers de son état major. Équipé lui aussi en bleu horizon, il porte tout de même un képi bien visible.

 

 

Pendant la première guerre mondiale devenu général, il commande en 1914-15 une brigade d'infanterie puis une division, la 5éme division d' infanterie de Rouen. Pendant la bataille des frontières, il réussit à prendre Onhaye lors de la bataille de Charleroi, puis combat sur la Marne et en Artois. Homme de terrain à l'esprit réaliste, il s'oppose à la doctrine d' offensive à outrance « à coups d'hommes » et pratique la préparation d'artillerie massive. Le 22 mai 1916, il attaque en vain le fort de Douaumont (Meuse) puis, toujours à Verdun, il dirige les offensives de reconquête aux côtés de Nivelle. La reprise de Douaumont, menée avec peu de pertes car bien préparée, puis de la côte du Poivre, annule en quelques semaines huit mois d'efforts allemands.

 

En 1917, il participe à la désastreuse offensive de Nivelle, sur le Chemin des Dames, à la tête de la 6éme armée.

Celle-ci atteint la plupart de ses objectifs, mais perd 30 000 hommes (8 % de son effectif) en deux semaines. Des mutineries de soldats refusant d'aller à une mort certaine se produisent  : une centaine de désertions et de refus d'obéissance en mai à la6éme armée. Grand adversaire de Pétain, Mangin est marginalisé par celui-ci, dans le cadre d'une bataille politique entre les clans Brian et Ribot où des statistiques très manipulées servent d'arguments (on compte comme « pertes » non seulement les morts et blessés graves, mais les blessés légers et les victimes d'engelures). L'attaque s'enlisant, Mangin est limogé avec Nivelle, mais recevra en décembre le commandement d'un corps d'armée.

 

En juillet 1918, Mangin invente et applique la tactique du feu roulant de l'artillerie qui désorganise l'armée allemande partout où elle recule (les canons de 75 avancent sur le terrain abandonné par l'ennemi qui ne parvient pas à sortir du champ de tir qui avance avec lui) ; il démontre ainsi la supériorité de l'attaque sur la défense préfigurant ainsi les analyses du général de Gaulle (Vers l'armée de métier) et les choix de l'armée allemande en 1940.

En 1919, partageant les analyses de Charles Maurras, Jacques Blainville ou du général Mordacq sur les défauts dans l'application de la paix de Versailles, il déclare : « dans vingt ans, tout sera à recommencer. »

 

Personnage très dur, peu bienveillant envers les prisonniers, très courageux, s'exposant mais sacrifiant souvent ses troupes. Les soldats coloniaux l'auront-ils, dans l'ensemble, admiré mais certains le surnommeront « le buveur de sang ». Pour régler la question des mutineries, il voulait rien moins que « décimer l'armée française », à la romaine, en quelque sorte. On trouve dans À La Recherche du temps perdu de Marcel Proust et Les Croix de bois de Roland Dorgelès des descriptions de Mangin.

 

Les généraux Joffre et de Castelnau et un officier d' état major ( brassard )

Vareuses noirs et culottes écarlates.

 

Le général Pétain et Clemenceau. Remarquez la tenue très dépouillé du général, képi bleu horizon, comportant trois étoile et une barrette signifiant qu' il commande une troupe.

 

Képi du général de Castelnau

et le képi bleu horizon du général de Fonclare

 

A suivre...

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Il y a 13 heures, rafbey a dit :

l'écusson de manche reste intrigant 

Je pencherai pour la reprise des insignes peints sur le flans des tanks, un peu comme dans l' aviation.

avion-14-18.jpg

La première guerre mondiale vit la création d' une aviation de chasse et de " d' As " qui ornaient le fuselage de leurs avions de toutes sortes d' ornements souvent inspirés des As des cartes à jouer ou représentant la mort.

tank-6.jpgchar-renault-FT17-2.JPGtank_renault_ft17.jpg

Cette guerre vit aussi la création d' une nouvelle arme, les blindées, souvent comme pour les avions, ornés de peintures, certainement dans un but de les différentier. N' oublions pas que les " artilleurs spéciaux " qui deviendront des tankistes verrons également l' apparition d' As.

 

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