Jump to content

Souvenons-nous ! 23 octobre 1983, "Drakkar"


Bouchon-Gras 49

Recommended Posts

  • Administrateur

Le dimanche 23 octobre 1983 à Beyrouth (Liban),

246691915_4849147841762562_2285864709088896396_n.jpg

l’armée française a payé son plus lourd tribut à la nation depuis la guerre d’Algérie. 58 fils de France, servant dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité de Beyrouth (FMSB), sont morts dans l'attentat du poste français "Drakkar".

245829925_4849135635097116_3619406196637844347_n.jpg

6h20, une camionnette contenant 250 kg d’explosif force le barrage d’entrée du poste située dans le quartier Mar Elias au sud-ouest de la capitale libanaise.

244609307_4849143338429679_1529625309518301160_n.jpg

Le conducteur de la camionnette piégée précipite son véhicule contre le rez-de-chaussée du bâtiment, un ancien hôtel de neuf étages où sont alors postés 96 militaires français. L’attentat suicide fait s’effondrer le bâtiment, ne laissant qu’un amoncellement de débris de cinq mètres de haut.

246212803_4849138405096839_689071057840367390_n.jpg

L’attaque visant le poste « Drakkar » a tué 58 militaires français, dont 55 provenaient du 1er Régiment de Chasseur Parachutiste (RCP), et trois du 9ème RCP. Outre les Français, l’épouse du concierge libanais de l’immeuble ainsi que ses cinq enfants sont également décédés dans l’effondrement du bâtiment. Les efforts des secouristes et des soldats français et libanais ont néanmoins permis de sauver 41 parachutistes et d’extraire les cadavres des décombres.

247456781_4849139901763356_6205099916585623876_n.jpg

247534940_4849136868430326_581394434587401532_n.jpg

247672730_4849145655096114_3167618294969704957_n.jpg

L’attentat du Drakkar a provoqué un choc considérable en France car le pays n’avait pas connu de perte militaire aussi lourde depuis la guerre d’Algérie. Dès le lendemain, le Président de la République, François Mitterrand, s’est rendu sur place.

246344102_4849141538429859_1545880316495751111_n.jpg

 

246704003_4849132055097474_1254006446719888787_n.jpg

248039357_4849134565097223_4271670816571722192_n.jpg

Le 2 novembre 1983, un Hommage national a été rendu aux 58 militaires décédés dans la cour des Invalides, en présence du Président de la République et des plus hautes autorités. Le chef de l’État avait alors décoré les victimes de la Médaille militaire à titre posthume.

247464608_4849132798430733_7242806900016031192_n.jpg

247513777_4849133618430651_7433385666858153491_n.jpg

Une stèle commémorative a été apposée sur les lieux de l’attentat, qui est aujourd’hui un terrain vague situé dans un quartier résidentiel.

247431592_4849163835094296_55327537521150365_n.jpg

(Source : ECPAD - Génération OPEX)

 

 

Rappel du contexte historique 

OIP.jpg

En juin 1982, Israël lance l’opération « Paix en Galilée », envahit le Sud-Liban et entreprend fin juin-début juillet l’assaut de Beyrouth-Ouest où les Palestiniens sont encerclés dans une nasse, les Syriens refusant de les accueillir sur leur territoire. Un cessez-le-feu est appliqué début août. La communauté internationale, soucieuse d’éviter des affrontements sanglants, décide d’intervenir. Sous la protection des parachutistes français, soutenus par les soldats américains et italiens, les forces palestiniennes sont exfiltrées en douceur. De 500.000 à 600.000 Palestiniens restent dans les camps.

OIP (1).jpg

Le 23 août, Béchir Gemayel est élu Président du Liban. Le 15 septembre, il est assassiné. Israël investit Beyrouth-Ouest. Du 16 au 18 septembre ont lieu les massacres de populations civiles dans les camps de Sabra et Chatila, où des centaines de civils palestiniens sont tués. Le 21 septembre, Amine Gemayel, frère aîné de Béchir, est élu président. Le 24 septembre, pour répondre à une opinion internationale scandalisée par les tueries dont les Palestiniens ont été victimes, une Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth est créée, intégrant des contingents français, américains, italiens et une poignée d’Anglais.

R.jpg

Dès lors, au Liban, la situation ne cesse de se dégrader. Massacres de populations civiles et attentats se multiplient. Les soldats de la Force Multinationale sont victimes d’innombrables attaques et de bombardements. Si les Américains sont cantonnés à l’aéroport et les Italiens en périphérie de la ville, si les Anglais se contentent de mener des missions de renseignement avec un escadron spécialisé, les Français, eux, reçoivent la mission la plus délicate, au cœur même de Beyrouth.

R (1).jpg

Tous les quatre mois, les contingents sont relevés, souvent avec des pertes sévères. En septembre 1983 a lieu la relève pour les légionnaires français installés à Beyrouth, remplacés par les parachutistes de la 11e division parachutiste. C’est l’opération Diodon IV, qui deviendra l’engagement le plus sanglant pour l’armée française depuis les guerres coloniales. Le 3e RPIMa s’installe en secteur chrétien, dans la perspective d’une offensive face au «Chouf », pour pacifier la montagne où les Druzes s’en prennent violemment aux chrétiens. Des éléments du GAP, 1er RHP, 17e RGP, 12e RA, 35e RAP, 7e RPCS et le commando marine Montfort sont également à pied d’œuvre.

OIP (2).jpg

Le secteur le plus dangereux, celui de Beyrouth-Ouest, est dévolu à un régiment de marche, le 6e RIP, régiment d’infanterie parachutiste, qui a pour mission principale la protection des populations civiles palestiniennes traumatisées des camps de Sabra et Chatila. Ce régiment, placé sous le commandement du colonel Urwald, a été formé spécialement pour cette opération, et est constitué de quatre compagnies de parachutistes : deux compagnies du 6e régiment de parachutistes d’infanterie de Marine basé à Mont-de-Marsan, une compagnie du 1er régiment de chasseurs parachutistes basé à Pau, une compagnie du 9e régiment de chasseurs parachutistes basé à Pamiers.

R (2).jpg

Dimanche 23 octobre 1983, 6h30 du matin. L’aube se lève. D’un coup, une explosion terrible, une lourde colonne de fumée qui s’élève plein sud dans le silence du dimanche matin. L’aéroport et les Américains sont mortellement touchés. Puis une minute après, encore une autre, plus proche cette fois, d’une puissance tout aussi ahurissante. On entend en direct sur la radio régimentaire que Drakkar a été rayé de la carte. Ce poste était occupé par la compagnie du 1er RCP commandée par le capitaine Thomas, dont heureusement un détachement était de garde à la Résidence des Pins, le QG français. Bilan des deux attentats : 241 marines et 58 paras français sont tués, sans compter d’innombrables soldats grièvement blessés, évacués en urgence en Europe.

Dès la première explosion, chacun a bondi à son poste. On comprend d’emblée que c’est terrible. Les ordres fusent à toute vitesse. Des équipes partent pour le lieu de l’attentat, les autres sécurisent les postes. Chacun sait ce qu’il a à faire. On est sous le choc, mais le professionnalisme l’emporte. La mécanique parachutiste, répétée inlassablement à l’entraînement, montre ses vertus en grandeur réelle. On va faire l’impossible pour sauver les camarades. Malheureusement, beaucoup sont déjà morts, déchiquetés, en lambeaux, que l’on ramasse jour après jour, nuit après nuit. On a entendu certains d’entre eux râler sous les ruines, alors que nous étions impuissants à les dégager des amas de gravats. Ils sont là, pris dans l’étreinte mortelle de l’acier et du béton, ceux pour lesquels nous sommes arrivés trop tard, ceux avec lesquels hier on riait, on plaisantait, on rivalisait. Aucun des paras qui va relever ses camarades en cette semaine d’octobre n’oubliera ces pauvres corps, « tués par personne », nobles et dignes jusque dans la mort, magnifiques soldats équipés et prêts pour le combat, parfois la main crispée sur leur Famas. Sans doute est-ce parce qu’ils ont rejoint les légions de Saint-Michel que leur souvenir semble éternel. Le mythe para en tous cas l’est. Maintenant plus que jamais. Et tous, nous communions alors dans une espèce de rêve étrange et éveillé, où la mort étonnamment proche se mêle inextricablement à la vie, en un jeu dont les règles nous échappent. Un nouveau jalon funèbre est posé après les combats des paras de la Seconde Guerre mondiale et bien sûr ceux des grands anciens d’Indochine et d’Algérie.

R (3).jpg

Le piège fatal

En signe de solidarité avec nos hommes, le Président de la République, François Mitterrand, vient rendre un hommage aux morts le 24 octobre. Les paras savent déjà qu’ils sont pris dans un traquenard monstrueux. Jour après jour, ils sont victimes de nouveaux attentats, dans un secteur totalement incontrôlable, où pullulent les milices, les mafias et les « services ». Personne ne sait réellement qui fait quoi, les informations sont sous influence, rien n’est sûr, tout est mouvant. Sans ordres ni moyens légaux, les paras sont contraints de se battre au quotidien pour assurer la survie de leurs postes et continuer à protéger les populations. Aucun renfort notable n’est envoyé de métropole, hormis une compagnie de courageux volontaires du 1er RCP venus prendre la place de leurs prédécesseurs. En dépit des nombreux morts et blessés qu’ils vont relever dans leurs rangs, les paras ne doivent compter que sur leur savoir-faire, leur calme et leur professionnalisme pour se défendre tout en évitant de répondre aux provocations, refusant parfois de tirer pour préserver les civils. A ce titre, la mission aura certes été remplie, mais nombreux sont les soldats français qui reviendront avec l’amer sentiment d’avoir perdu leurs camarades sans les avoir vengés.

Chacun sait alors que nous vivons un moment unique de notre vie, dont l’intensité et la profondeur nous bouleversent. L’aumônier, le père Lallemand, a le don de savoir parler aux soldats. Que l’on soit croyant pratiquant ou athée, agnostique ou païen, il sait trouver les mots qui apaisent et réconfortent. Paradoxalement, Drakkar ne va pas briser les paras, mais les souder. Les semaines à venir vont être infernales. Et cependant, tous font face avec une abnégation sublime. Le plus humble des parachutistes joue consciencieusement son rôle dans un chaudron où se multiplient les attentats. Bien des nôtres vont encore tomber, assassinés lâchement la plupart du temps. Mais tous accomplissent leur devoir avec fierté et discrétion. Nous recevons des mots et des cadeaux de métropole, comme ces Landais qui nous envoient du foie gras à foison pour Noël, ou encore ces enfants qui nous dédient des dessins touchants. Les paras sont soudés, et même la mort ne peut les séparer.

Dans la nuit du 25 décembre, les postes de Beyrouth-Ouest devenus indéfendables dans la configuration géopolitique de l’époque sont évacués. Fin janvier-début février, les paras  exténués sont rapatriés sur la France. Le contingent de « Marsouins » qui les remplace ne restera pas longtemps. Américains et Italiens quittent le Liban fin février. En mars, le contingent français rembarque, ne laissant sur place que des observateurs.

Bruno Racouchot était alors officier au 6e RPIMa. Il  a aimablement autorisé à reproduire le texte d’hommage en annexe, initialement paru dans le cadre du très confidentiel « Club des chefs de section paras au feu ». 

(Source https://www.asafrance.fr/item/histoire-23-octobre-1983-beyrouth-06h30-drakkar-est-raye-de-la-carte-3.html?fbclid=IwAR1I7bnRKjuo-v-wSUNPqECiC9tj8unWBjt8N3lLSNAWad92Q9AOpwUqA94  )

 

N'oublions pas !

  • Like 1
  • Thanks 2
Link to comment
Share on other sites

  • 11 months later...
  • Administrateur

POUR NE JAMAIS OUBLIER ET TOUJOURS SE SOUVENIR.

Le 23 octobre 1983 attentat du Drakkar à Beyrouth (Liban) 58 paras français tués. Il y a 39 ans, un double attentat revendiqué par le Hezbollah tuait 58 parachutistes français (55 du 1 RCP, 3 du 9 RCP) et 241 Marines américains.

311588396_1217903302102538_6906657716252996823_n.jpg

311592064_1217903632102505_3434537009934217425_n.png

311515005_1217903502102518_1686398038388539898_n.jpg

312042891_1217903715435830_6349686588337534861_n.jpg

311580676_1217903395435862_736592550552299843_n.png

N'oublions pas non plus les blessés et ceux qui n'arriveront pas à reprendre une vie normale.

En mémoire de Christian Roulette parachutiste du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pau (1er RCP), décédé après avoir mis fin à ses jours en 2013, il avait été décoré de la médaille d'or de la Défense nationale par Charles Hernu.

312381523_1217903172102551_6267736994261014221_n.png

  • Like 1
Link to comment
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.



  • Posts

    Tonymecan83

    Posted

    bonjour à tous  je suis actuellement en reconversion après 19 ans de service. J ai eu ma demande d agrément 41 39 2, entre temps j' ai effectué un entretien à la préfecture près de chez moi. la RH de la préfecture m'ont proposé de postuler avec la 41 38 8. Personnellement  ainsi que mon conseiller reconversion et ma RH ne connaissent cette agrément. Je voulais savoir les avantages et inconvénients  et de m éclairé sur  la 41 38 8 merci  a vous , très bonne journée à bientôt

    Fred689

    Posted

    Mon conseil est e finir ton Master pour avoir un diplôme en poche au cas où, donc session de novembre, ce qui te laisse plus de temps pour te préparer. Pour le sport, mieux vaut avoir un bon fond sportif, ne serait-ce que pour avoir une bonne hygiène de vie. Je crois que l'anglais se passe sous forme de QCM; Bon courage.

    dkx

    Posted

    donc si il n'y a pas de trace il n'y a aucun problème, mon ancienne consommation ne va pas les déranger ?  

    okripton

    Posted

    Bonjour à tous, Actuellement en 2ème année de Master en mathématiques, je compte postuler pour PNTAC spé HELAE. Sauf que voilà le dilemme,  le CIRFA m'a indiqué qu'il y avait une rentrée en février et en novembre 2023. Le soucis est tel que le master ne me plaît pas (donc à savoir aucunes motivations pour le finir) et cela m'incite donc à tenter de passer les tests pour février, mais par conséquent j'ai peur de ne pas pouvoir me préparer assez et de ne pas pouvoir me donner autant à fond que si je passais les tests en juillet. Le CIRFA m'a aussi indiqué que l'on pouvait retenter les tests en cas d'échec, les questions sont donc les suivantes : - Que ça soit par expérience ou avis personnel, que me conseillez-vous ? Février ou novembre ?  - Cela serait mal vu de faire les tests pour février en se disant que dans tout les cas on compte faire les test pour novembre ? J'ai également quelques questions sur les épreuves de recrutement : - Au CIRFA on m'a dit qu'il n'y avait pas visiblement pas de sport mais ils n'étaient pas en capacité de me le confirmer avec certitude, donc il y a t il du sport ? - Savez-vous  si l'épreuve d'anglais est un QCM ou un oral ? Merci pour vos éventuelles réponses ! (PS : si quelqu'un a passé les test en 2021 ou 2022 un petit RETEX ne serait pas de refus !)

    Bouchon-Gras 49

    Posted

    La Musique des Troupes de Marine recrute des sous-officiers dans les pupitres suivants : - Saxophone - Percussion - Trompette - Trombone - Clarinette Les auditions se dérouleront les 25 et 26 janvier 2023, clôture des inscriptions le 10 janvier 2023 À vous de jouer !!!
×
×
  • Create New...