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Bonjour à tout le monde !

Il y a peu, dans de vieux cartons de famille, j'ai pu trouver cette photo de mon arrière-grand-père. N'ayant aucune connaissance pour ce qui est des uniformes militaires, je me suis retrouvé un peu frustré. Personne dans la famille n'est en mesure de me renseigner sur où il a pu accomplir son service militaire. En soit, je ne sais même pas si, n'étant qu'un modeste soldat je suppose, il y a grand chose à retirer de cet uniforme. Néanmoins j'avoue être très curieux par rapport au croissant de lune sur son couvre-chef ainsi que par cette "tresse" sur l'épaule. J'ai cru lire que c'était une fourragère mais je ne sais pas si c'est exact et je ne sais même pas ce que cela signifie.

Pour information complémentaire, mon arrière-grand-père est né en 1904 dans les Côtes du Nord donc la photo doit dater du milieu des années 20.

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Je serai ravi de lire tout ce que vous pourriez m'apprendre au sujet de cette simple photo, ce serait très gentil à vous. 

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  • Administrateur

Bonsoir,

Il y a 2 heures, MaGarr a dit :

Pour information complémentaire, mon arrière-grand-père est né en 1904 dans les Côtes du Nord donc la photo doit dater du milieu des années 20.

Effectivement, le service militaire étant classé par "classe" (année d'appelle) à vingt ans donc il était de la classe 1924, donc la photo est à orientée sur cette période.

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Votre grand-père porte l'uniforme des Tirailleurs et pour être plus exacte comme l'indique les chiffres de ses pattes de col, au 13ème régiment de tirailleur algérien.

Ce régiment porte la fourragère (qui est une citation collective, c'est à dire que le régiment a été cité pour ses actions sous le feu), au couleurs de la médaille militaire. Le drapeau porte la croix de guerre 14-18 avec 4 palmes (quatre citations à l'ordre de l'armée), de la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs  puis la Médaille du Mérite Chérifien.

Pour en savoir plus sur les fourragères : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fourragère_française

s-l1600 (8).jpg

Autre détail intéressant l'insigne épinglé sur la dite fourragère, qui représente une hirondelle et le nombre 13, c'est l'insigne du 13ème régiment de tirailleur algérien, surnommé, "les hirondelles de la mort" par les Allemands durant la Grande guerre.

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Durant les cent trente-deux années de présence française en Afrique du Nord, l'armée française a mis sur pied avec les res­sortissants des trois pays du Maghreb de nombreux régiments qui se sont illustrés au combat, tant en Europe, lors des deux conflits mondiaux, qu'en Afrique et en Asie, partout où flottait le drapeau de notre pays.

 Le plus bel hommage qu'il reçut vient des Allemands qui lui décer­nèrent le titre des "Hirondelles de la Mort"; dans un poème trouvé sur un officier ennemi, il était recom­mandé de prendre des précautions particulières devant le 2e R.M.Z.T., véritables hirondelles annoncia­trices d'hécatombes futures. Le général Capdepont, comman­dant la 48e D.I., entérina la distinc­tion dans un ordre du jour et le régi­ment adopta un insigne représen­tant une hirondelle tenant deux tibias dans son bec et entourée du croissant algérien. A la suite d'une quatrième citation à l'ordre de l'Armée signée Mangin,

"Régiment d'élite qui a fait preuve, toutes les fois qu'il a été engagé, des plus belles qualités d'entrain et de dévouement", le drapeau fut décoré de la Croix de guerre avec quatre palmes, et reçu la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.

Le Maroc 1919-1935 Le 13e R.T.A. "débarqua" au Maroc fin mars 1919, sous les ordres du colonel Morin. Il devait rester dans ce pays jusqu'en 1936 avec ses frères, les 14e et 15e R.T.A. qui, comme lui, avait perdu leur déno­mination de "régiment de marche".

Le tiers du Maroc était alors "Bled Siba" zone rebelle au pouvoir cen­tral, le maghzen.

Un énorme travail de pacification attendait les 53 bataillons de tirailleurs dont les 3 du 13e R.T.A.

Après quatre années de guerre de tranchées, caractérisée par la notion de front continu, le régiment dut s'adapter à une nouvelle forme de guerre totalement différente : recherche et destruction d'un adver­saire dispersé, mobile, capable sou­vent de se regrouper et d'attaquer en force, autrement dit la "guérilla" avec de temps à autre, des opéra­tions classiques contre un adversai­re retranché dans la montagne qu'il fallait réduire par l'artillerie et un assaut frontal souvent coûteux. Aussi à peine arrivé sur place, le colonel Morin jugea-t-il bon de "mettre au parfum" tout l'encadre­ment du régiment, en rédigeant des directives appropriées détaillant l'organisation et le fonctionnement d'un "groupe mobile" de 4 à 5 bataillons tant en déplacements qu'au combat.

En 1922 et 1923, on s'efforça de réduire la tache de Taza et, en 1924, ce fut l'attaque riffaine. Pour la contenir, à nouveau, des groupes mobiles furent constitués pour cou­vrir Fez et Meknès. Le III /13 fut incorporé au G.M. Cambay, le 11/13 au G.M. Colombat, célèbre dans les troupes du Maroc, sur l'Ouergha. Contre un adversaire muni de maté­riel moderne, ce fut la guerre, tantôt de mouvement, tantôt de position, le long d'un front de 300 kilomètres. Les renforts venus de France et d'Algérie avaient permis de consti­tuer cinq divisions sous les ordres du général Naulin. Le 13e R.T.A. (colonel Michelin) fut incorporé à la 35e D.I. qui tint le sec­teur ouest du front jusqu'en mai 1926, date de reddition d'Abd-el-Krim et en 1927, le régiment liquida la dernière poche riffaine dans la région d'Ouezzane. De 1928 à 1934, date des derniers combats dans le Djebel Sagho où périt le capitaine de Bournazel, le régiment sous les ordres successive­ment des colonels Caillaux, Legrand et Halna du Fretay, fut basé à Kasbah-Tadla sur l'Oum-er-Rebia, détachant ses bataillons pour la pacification du Haut-Atlas, et l'oc­cupation de postes construits par la Légion.

(Source http://www.cerclealgerianiste.fr/index.php/archives/encyclopedie-algerianiste/histoire/histoire-militaire/l-armee-d-afrique/248-le-13e-regiment-de-tirailleurs-algeriens-les-hirondelles-de-la-mort )

https://fr.wikipedia.org/wiki/13e_régiment_de_tirailleurs_algériens

Pour vous faire une idée des couleurs de la photo, voici une affiche de recrutement en couleur :

images.jpg

Si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez consulter sa fiche matricule auprès des archives départementale de son lieu de résidence à l'époque de ses vingt an et vous aurez ses différentes affectations, parcours, campagnes...

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Dans un premier temps, merci beaucoup pour la promptitude de votre réponse et encore plus pour sa richesse ! Je ne pensais pas en apprendre autant... Ça me fait vraiment très plaisir de lire tout ça.

Question peut-être bête, mais à la lecture de tout ça, je vois qu'il a été intégré dans une région assez troublée. Comment se décidait le lieu d'affectation des personnes effectuant leur service ? C'était aléatoire ou il y avait un protocole basé sur le profil de la personne ou son lieu de rassemblement ou tout autre chose ? Et aussi, quel était véritablement le rôle d'un nouvel arrivant dans l'armée à cet instant ? Surtout dans des conflits où il faut des personnes compétentes, comment est-ce que les petits nouveaux étaient intégrés et quel était leur rôle concret ? Parce que j'imagine que même s'ils devaient apprendre, ça devait être fait progressivement. Participaient-ils aux combats ? Je ne sais pas si mes questions sont pertinentes ou claires, si ce n'est pas le cas j'en suis désolé mais tout ça reste très nouveau pour moi.

En tout cas c'est avec plaisir que je vais regarder de plus près les sources que vous m'avez partagé !

Il y a 16 heures, Bouchon-Gras 49 a dit :

Si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez consulter sa fiche matricule auprès des archives départementale de son lieu de résidence à l'époque de ses vingt an et vous aurez ses différentes affectations, parcours, campagnes...

 J'ai déjà essayé oui mais les AD22 ne laissent voir les matricules que jusqu'à la classe 1921, tout du moins en ligne. Il faudrait que je regarde si en allant directement sur place il serait possible de trouver le document. J'ai déjà pu consulter ce genre de document (en ligne) pour des ancêtres plus vieux, je reviendrai peut-être là-dessus dans un autre sujet si je ne trouve pas de moi-même ou via des sujets déjà existants ici des renseignements pour les éléments que je ne comprends pas bien.

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  • Administrateur

Bonsoir,

Il y a 5 heures, MaGarr a dit :

J'ai déjà essayé oui mais les AD22 ne laissent voir les matricules que jusqu'à la classe 1921, tout du moins en ligne. Il faudrait que je regarde si en allant directement sur place il serait possible de trouver le document.

Voir aussi, si le dossier n'est pas aux archives militaires de Pau.

Voici quelques pistes : 

2018_SHD-CAPM_brochure-demande-docs-administratifs (bleu).pdf

Il y a 6 heures, MaGarr a dit :

Question peut-être bête, mais à la lecture de tout ça, je vois qu'il a été intégré dans une région assez troublée. Comment se décidait le lieu d'affectation des personnes effectuant leur service ? C'était aléatoire ou il y avait un protocole basé sur le profil de la personne ou son lieu de rassemblement ou tout autre chose ? Et aussi, quel était véritablement le rôle d'un nouvel arrivant dans l'armée à cet instant ? Surtout dans des conflits où il faut des personnes compétentes, comment est-ce que les petits nouveaux étaient intégrés et quel était leur rôle concret ? Parce que j'imagine que même s'ils devaient apprendre, ça devait être fait progressivement. Participaient-ils aux combats ? Je ne sais pas si mes questions sont pertinentes ou claires, si ce n'est pas le cas j'en suis désolé mais tout ça reste très nouveau pour moi.

Il n'y a pas de questions bête.

Alors pour l'affectation, dans la grande majorité les conscrits était affectés dans des régiments régionaux (c'était différent pour les marins, qui souvent étant inscrit maritime et donc faisant partir de la marchande ou de la pêche, rallier l'un des ports militaires afin d'embarquer), donc pour en revenir à l'armée de terre, ce fut comme ça, c'est ce qui explique que durant les premières années de la Grande guerre, certains régiments n'étaient composés que de Bretons, d'Ardéchois, de Landais... en général les hommes du même village s'y retrouvé, mais suite aux pertes important le GQG (Grand Quartier Général) à du "combler les trous" et les régiments se sont retrouvés avec une mixité régionale. D'autres conscrits étaient quand à eux affectés dans des régiments éloignés (notamment les régiment coloniaux).

Lors de sont arrivé, le conscrit, une fois la partie administrative réglée, passer chez le "coiffeur" et le "fourrier" (sorte de comptable gestionnaire) lui délivrait ses effets militaires (à une époque les effets civils étaient consignés), puis c'était la période d'instruction, appelé : "les classes".

Durant les classes, les conscrits apprenaient l'ordre serré (marché au pas, saluer...) faire son lit, l'hygiène corporelle, l'entretien de ses effets militaires... et bien sur une instruction arme (montage/démontage/entretien et tir). A l'issu ils étaient incorporés dans une compagnie. Là suivant le gabarit, la morphologie, les besoins, tel ou tel conscrit se retrouvait servant de mitrailleuse, estafette, éclaireur, tireur de précision... et bien sur comme tout le régiment ils allaient en première ligne, au combat.

Et cette méthode a perdurée jusqu'à la suspension du service nationale (héritier du service militaire) début des années 2000.

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    Tonymecan83

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    bonjour à tous  je suis actuellement en reconversion après 19 ans de service. J ai eu ma demande d agrément 41 39 2, entre temps j' ai effectué un entretien à la préfecture près de chez moi. la RH de la préfecture m'ont proposé de postuler avec la 41 38 8. Personnellement  ainsi que mon conseiller reconversion et ma RH ne connaissent cette agrément. Je voulais savoir les avantages et inconvénients  et de m éclairé sur  la 41 38 8 merci  a vous , très bonne journée à bientôt

    Fred689

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    Mon conseil est e finir ton Master pour avoir un diplôme en poche au cas où, donc session de novembre, ce qui te laisse plus de temps pour te préparer. Pour le sport, mieux vaut avoir un bon fond sportif, ne serait-ce que pour avoir une bonne hygiène de vie. Je crois que l'anglais se passe sous forme de QCM; Bon courage.

    dkx

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    donc si il n'y a pas de trace il n'y a aucun problème, mon ancienne consommation ne va pas les déranger ?  

    okripton

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    Bonjour à tous, Actuellement en 2ème année de Master en mathématiques, je compte postuler pour PNTAC spé HELAE. Sauf que voilà le dilemme,  le CIRFA m'a indiqué qu'il y avait une rentrée en février et en novembre 2023. Le soucis est tel que le master ne me plaît pas (donc à savoir aucunes motivations pour le finir) et cela m'incite donc à tenter de passer les tests pour février, mais par conséquent j'ai peur de ne pas pouvoir me préparer assez et de ne pas pouvoir me donner autant à fond que si je passais les tests en juillet. Le CIRFA m'a aussi indiqué que l'on pouvait retenter les tests en cas d'échec, les questions sont donc les suivantes : - Que ça soit par expérience ou avis personnel, que me conseillez-vous ? Février ou novembre ?  - Cela serait mal vu de faire les tests pour février en se disant que dans tout les cas on compte faire les test pour novembre ? J'ai également quelques questions sur les épreuves de recrutement : - Au CIRFA on m'a dit qu'il n'y avait pas visiblement pas de sport mais ils n'étaient pas en capacité de me le confirmer avec certitude, donc il y a t il du sport ? - Savez-vous  si l'épreuve d'anglais est un QCM ou un oral ? Merci pour vos éventuelles réponses ! (PS : si quelqu'un a passé les test en 2021 ou 2022 un petit RETEX ne serait pas de refus !)

    Bouchon-Gras 49

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    La Musique des Troupes de Marine recrute des sous-officiers dans les pupitres suivants : - Saxophone - Percussion - Trompette - Trombone - Clarinette Les auditions se dérouleront les 25 et 26 janvier 2023, clôture des inscriptions le 10 janvier 2023 À vous de jouer !!!
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