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L'incroyable histoire de René Darbois


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  • Administrateur

N'importe quel passionné d'aviation connaît le "National Air and Space Museum" de Washington. On y retrouve notamment le Spirit of St Louis, le célèbre avion qui a traversé l’Atlantique pour la 1ère fois en 1927. Mais on y retrouve aussi un étonnant Me 109 allemand … !

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Saviez-vous seulement que c’est grâce à un lorrain qu’il peut aujourd’hui être exposé dans ce prestigieux musée ?

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René Darbois est né le 23 octobre 1923 à Metz, fraichement redevenue française. Trop jeune en 1940, il ne participe pas aux combats et subit la défaite française ainsi que l’annexion allemande et toutes ses conséquences … Ainsi, pour éviter de subir le sort des Malgré–Nous et être envoyé sur le front de l’Est au sein de la Wehrmacht, ou pire de la Waffen SS, il s’engage volontairement en 1943 dans la Luftwaffe. Oui mais avec une idée précise en tête : s’échapper avec son avion dès sa 1ère mission.

S’en suit en 1943, début 1944 un petit tour d’Europe au travers de différents régiments d’instruction (Autriche, France, Poméranie). Le 26 juin 1944, il est prêt et est affecté sur le front italien.

Le 25 juillet 1944 se présente enfin l’occasion tant attendue par le jeune pilote : alors que son escadrille se déplace entre deux bases, il fait comprendre qu’il a des problèmes techniques et doit se poser. Ordre lui est donné de rejoindre Trévise, ce qu’il fait car un de ses camarades l’accompagne (ne se doutant pas que Darbois veut se faire la malle, voulant s’assurer que rien ne lui arrive).

Une fois seul, au-dessus de Trévise, il coupe sa radio et change de cap : droit au sud ! Longeant la côte Adriatique, il perd malgré tout ses repères à un moment donné, à cause de mauvais temps. Au jugé, estimant avoir passé depuis longtemps les lignes alliés, il vise le 1er aérodrome qu’il voit et se présente pour atterrir, en marquant ses intentions. Il obtient le signal pour se poser … le soldat américain n’a pas noté que l’appareil est un Me 109 ! On vient même lui proposer le ravitaillement une fois au sol, avant de réaliser les marquages allemands de l’appareil (peu visibles il est vrai). Il se trouve au nord de Naples, aérodrome Santa Maria.

Notons que le soldat américain qui a autorisé l’atterrissage grâce à son projecteur y a ajouté une croix gammée : il avait en effet, avec son arme originale, capturé un appareil ennemi.

Darbois est donc interrogé, il répond en français, détaillant tout ce qu’il sait. Après quelques interrogatoires et quelques semaines, il put rejoindre les FAFL (Forcées Aériennes Françaises Libres), sous un nom d’emprunt, afin de protéger sa famille en Lorraine des vengeances allemandes. Il évolua ainsi sur Spitfire V, mais ne put éviter les suspicions de ses nouveaux camarades jusqu’à la fin du conflit.

Après-guerre, il continuera dans la chasse française, puis se formera au pilotage d’hélicoptères aux Etats-Unis. Cela l’amènera à servir en Indochine, où il s’illustrera de nouveau avec bravoure, ramenant 185 blessés de l’enfer de Dien Bien Phu le 7 mai 1954. Malheureusement, cette expérience le traumatisa et après son rapatriement en France, dépressif, il mettra fin à ses jours le 14 février 1955

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Pendant ce temps, son Me 109 qu’il avait livré en 1944 avait été ramené aux Etats-Unis après-guerre, non sans être quelque peu pillé par moments, où il finit dans un entrepôt. Sauvé de justesse (comme de nombreux appareils de la 2nde GM au même endroit), il fut restauré à la fin des années 1960 pour intégrer le futur musée de Washington. Son histoire avait été perdue, et il fut restauré sur la base des camouflages constatés à l’époque.

Finalement des historiens américains, dont un spécialiste des Messerschmitt, s’intéressèrent à cet exemplaire du musée, afin de creuser sa vraie histoire. Un faisceau d’indices le rapprocha de cet appareil capturé en juillet 1944. Il fut formellement identifié grâce à des numéros de série en 1989, le conservateur du musée ayant soutenu les recherches pour redécouvrir sa formidable histoire et tout le courage de René Darbois.

Tout son honneur lui est désormais rendu, au sein d’un des plus beaux musées d’aviation du monde.

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Pensez à lui devant le Me109, si vous avez la chance d’y aller !

(Source : Les Historateurs)

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  • Posts

    Fred689

    Posted

    Attention à ton âge car il y a aussi des limites d'âge pour un engagement dans la régulière. Sur Intradef, tu devrais trouver les infos sur le 132 et avec Annudef, trouver le chef de RH du régiment et lui poser directement tes questions en lui expliquant ton parcours.

    Fred689

    Posted

    Voici quelques renseignements sur le 214 RI https://fr.wikipedia.org/wiki/214e_régiment_d'infanterie Il faut attendre les lumières de Bouchon Gras... Je pense que sa médaille est une croix de guerre avec 1 citation ( étoile) mais je ne distingue ni les rayures du ruban ni ses couleurs (bande orange sur fond vert).

    s.thomas

    Posted

    J'ai eu l'occasion d'expliquer dans ma présentation que je suis la maman d'un élève sous-officier à Rochefort, et d'un élève de terminale qui prépare le concours pour entrer en école de médecine militaire. N'ayant pas d'autres militaires actuellement dans la famille, je pense naturellement aux photos de mon arrière grand-père et grand-père, et je vous serais très reconnaissante de bien vouloir me dire si cela vous évoque quelque chose. Je suis une véritable inculte en la matière. Dans la vie civile, mon arrière grand-père était directeur d'école primaire. Et mon grand-père était ingénieur. Il avait fait l'école des Arts et Métiers. Il a travaillé dans l'ancienne Indochine au début de sa carrière. Il est à droite, sur la photo des 2 hommes en uniformes blancs. Je sais qu'il a été fait prisonnier par les japonais. À son décès, une veuve de militaire a contacté notre famille pour raconter que son mari lui avait dit avoir été sauvé par lui. Il avait été rendu aveugle par les tortures de leurs geôliers et mon grand-père se serait enfui avec lui sur son dos.  Encore une fois, merci de l'attention que vous portez à ces archives. Je lis vos réponses au sujet des photos qu'on vous soumet, et c'est passionnant et très émouvant.

    Dev.Pntac

    Posted

    D'accord, merci love

    nonorex

    Posted

    Merci pour ton message qui me réconforte un peu ! J'ai envoyé une demande à l'école du Génie, sur le site il est indiqué qu'ils recrutent pour le "poste" de Sapeur de combat (idem 6RG). Si ça ne fonctionne pas, je pense tenter le 2è RMAT de Bruz, et le 2è RD dont j'apprécie la spécialité, mais qui est à presque 2h de chez moi. J'aurais aimé aller voir du côté du 13è RDP où mon frère est dans l'active, mais ils ne cherchent visiblement pas de réservistes actuellement. Suite à plusieurs retours positifs dans mon entourage sur la réserve en gendarmerie, je prends aussi des informations de ce côté-là. Les missions ont l'air assez diversifiées. Bref, je découvre tout ça petit à petit, et c'est très intéressant.
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