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29 octobre 1956, "expédition de Suez".


Bouchon-Gras 49

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C'est une page peu connu de notre Histoire :

 

Le 29 octobre 1956, débutait l'expédition de Suez.

 

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La crise du canal de Suez, parfois appelée expédition de Suez, guerre de Suez, campagne de Suez ou opération Kadesh, est une guerre qui éclata en 1956 en territoire égyptien. Le conflit opposa l'Égypte et une alliance secrète actée par le protocole de Sèvres, dont les entretiens se sont tenus du 21 au 24 octobre 1956, formée par la France, le Royaume-Uni et l'État d'Israël, à la suite de la nationalisation du canal de Suez par l'Égypte le 26 juillet 1956. Cette alliance entre deux États européens et Israël répondait à des intérêts communs : les nations européennes avaient des intérêts politiques, économiques (actionnaires majoritaires) et commerciaux (principalement pour le transport de pétrole) dans le canal de Suez. Israël avait besoin de l'ouverture du canal pour assurer son transport maritime, mais justifiait son intervention militaire contre l'Égypte comme étant une réponse aux attaques de fedayins qu'il subissait sur son territoire. Le renversement de Nasser était également prévu.

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Le 29 octobre 1956, conformément aux accords secrets, Israël envahit l'Est du canal, suivi rapidement par les Français et les Britanniques qui bombardent à partir du 31 octobre, parachutent et débarquent leurs troupes le 5 novembre, officiellement comme des troupes de maintien de la paix. Finalement, alors que les Égyptiens sont battus militairement (cessez-le-feu le 7 novembre), les coalisés, en échange de certaines concessions d'ordre économique, sont obligés de battre en retraite sous la pression des États-Unis et de l'Union soviétique. La Force d'urgence des Nations unies débarque le 27 novembre, les coalisés finissent de rembarquer le 22 décembre.

 

Origines du conflit :

Le canal de Suez, qui forme un raccourci entre la mer Rouge et la mer Méditerranée, est ouvert en 1869. Il a été financé par la France et le gouvernement égyptien. Le Royaume-Uni racheta ensuite au Roi Farouk, endetté, la part de l'Égypte dans le canal. À l'indépendance de l'Inde, le poids stratégique du canal change : il n'est plus le point de passage capital entre le Royaume-Uni et son Empire. En revanche, le canal devient un point de passage stratégique pour le pétrole.

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Les origines de ce conflit remontent à 1952, lors du renversement de la monarchie de Farouk Ier par les officiers libres de l'armée égyptienne. Cette « révolution » à la fois sociale et nationale abolit la monarchie en Égypte, d'abord sous la conduite du général Naguib puis du lieutenant-colonel Nasser, et s'efforce de lutter contre l'impérialisme étranger. Le nouveau gouvernement abandonne les clauses de coopération avec les forces européennes et adopte une tendance nationaliste et autoritaire. Ce changement de position entraîne un conflit avec la France et le Royaume-Uni à propos du canal de Suez, jusqu'alors aux mains de capitaux franco-britanniques. D'ailleurs des troupes britanniques demeurent stationnées dans la zone du canal jusqu'en février 1956, alors que le protectorat britannique sur l'Égypte est fini depuis son indépendance acquise en 1936.

 

Les prémices de la crise :

La conclusion du Pacte de Bagdad, en février 1955, pousse l’Égypte à se tourner vers l’URSS et obtenir des ventes d’armes par la Tchécoslovaquie1. L’Égypte renforce aussi son dispositif par la signature d’un pacte militaire en octobre 1955, avec la Syrie, l’Arabie Saoudite rejoints en avril 1956 par le Yémen.

Nasser souhaite construire un barrage sur le Nil à Assouan, afin de répondre aux besoins de l’agriculture et de produire de l’électricité. Pour sa construction, il sollicite l’aide financière et technique des États-Unis, qui refusent en raison de l’orientation pro soviétique de l’Égypte et des ventes d’armes. En représailles, Nasser menace de nationaliser la compagnie du canal de Suez.

Durant l'année 1956, la tension s'accroît aussi entre Israël et l'Égypte avec les raids menés par les combattants palestiniens (fedayin) sur le territoire israélien. L'Égypte, dirigée par Gamal Abdel Nasser, bloque le golfe d'Aqaba et ferme le canal de Suez aux navires israéliens. Lorsque Nasser décide de reconnaître la Chine communiste, les États-Unis se retirent, le 19 juillet, du financement du haut barrage d'Assouan. En réponse à ce retrait, l'Égypte, unilatéralement, décide de nationaliser le canal de Suez, voie commerciale vitale alors détenue à 44 % par l'économie franco-britannique. La compagnie riposte par le retrait de ses techniciens britanniques et français. Ils sont remplacés par d'autres, fournis par les pays non-alignés, l'Inde en particulier.

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Le Premier ministre britannique, Anthony Eden, convaincu par ses services du MI6 que Nasser veut se rapprocher de Moscou, tente alors de convaincre l'opinion publique de la nécessité d'une guerre contre l'Égypte. Il fait pour cela appel au patriotisme hérité de la Seconde Guerre mondiale en comparant la nationalisation du canal par Nasser au nationalisme de Mussolini et d'Hitler vingt ans auparavant. Eden déclare qu'une démonstration de force est nécessaire afin de dissuader Nasser de faire de l'Égypte une nouvelle menace militaire et le fait passer pour le « Mussolini du Nil ».

Vue de France, la ligne anti-impérialiste, socialiste et panarabe de Nasser apparaît comme une menace. Le FLN algérien, en lutte armée contre la France, a son siège au Caire et reçoit de l'Égypte une importante aide matérielle (notamment des armes) et morale (les représentants du FLN peuvent par exemple s'exprimer à la radio égyptienne). La propagande française présente régulièrement les indépendantistes algériens comme de simples marionnettes de l’Égypte. Guy Mollet, chef du gouvernement français, est acquis à la cause de l'Algérie française et du soutien à Israël. Les agents du SDECE tentent de manipuler les Frères musulmans pour éliminer Nasser ou le faire empoisonner par un officier égyptien et informateur du SDECE. Des projets d'assassinat sont également élaborés du côté britannique mais tous échouent, notamment à cause de l'aide du KGB aux services de renseignement égyptiens lorsque Nasser se rapproche de l'Union soviétique.

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Le 29 octobre 1956, Israël envahit la bande de Gaza et le Sinaï et atteint rapidement la zone du canal. Comme convenu lors de l'accord de Sèvres, le Royaume-Uni et la France lancent un ultimatum aux belligérants leur enjoignant de se retirer chacun à plus de 15 km du canal. Nasser, dont la décision de nationalisation du canal avait été accueillie avec enthousiasme par la population égyptienne, rejette l'ultimatum et donne ainsi un prétexte aux forces européennes de s'allier à Israël pour reprendre le contrôle du canal et renverser le régime en place. Le 31 octobre, la France et le Royaume-Uni entament une vague de bombardements sur l'Égypte afin de forcer la réouverture du canal. Bombardant les aérodromes militaires, ils détruisent notamment au sol plus de 260 avions égyptiens. La Jordanie, qui a un accord avec la Grande-Bretagne, interdit par ailleurs le 1er novembre l'utilisation de son sol par les avions de la Royal Air Force.

Les avions de la base 102 de Dijon ont participé à des raids sur l'Égypte depuis la base aérienne de Ramat-David, près de Haïfa, sous déguisement de l'étoile de David surchargeant la cocarde française. Les aviateurs français auraient même porté sur eux de fausses cartes d'identité israéliennes11. Les Mystère IV étaient assistés par une trentaine de soldats français (arrivés par avions Nord Atlas après escale à Brindisi en Italie et à Chypre), dont la majorité de maintenus sous les drapeaux ; ils étaient aussi à Ramat-David et logés sous des tentes près des pistes, sous les ordres du capitaine Julien. Après la guerre, 18 militaires resteront jusqu'en décembre et reviendront par le cargo L'Aquitaine.

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Le soir du 5 novembre, une partie du 2e RPC français appuyé par des commandos de la 11e DBP choc saute près de la ligne de chemin de fer bordant le canal au sud de Port-Saïd, est envoyé sur l'aéroport Al-Gamil, prend le contrôle de la zone et établit un point sécurisé afin d'assurer l'arrivée des renforts aériens. Au matin du 6 novembre, les 40e et 42e bataillons de commandos des Royal Marines britanniques investissent les plages en utilisant les barges de débarquement de la Seconde Guerre mondiale. Leur assaut est soutenu par les salves des navires de la Royal Navy et de la Marine nationale française postés au large et causant d'énormes dommages aux batteries de défense égyptiennes. La ville de Port-Saïd est touchée par de nombreux incendies et connaît à cette occasion d'importants dégâts surtout matériels. Le bombardement d'une raffinerie à Port-Fouad cause un incendie important et un nuage noir qui recouvre en partie la ville pendant plusieurs jours.

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Le 45e commando progresse dans les terres et marque une innovation dans le domaine militaire en faisant usage d'hélicoptères lors des assauts. Cependant, une partie d'entre eux est abattue par les batteries égyptiennes. D'autre part, le commando ainsi que les quartiers généraux subissent des pertes dues à un « tir ami » de la Royal Air Force. Les combats urbains menés lors de cette opération voient les forces alliées freinées par des tireurs embusqués égyptiens.

Les habitants égyptiens, équipés d'armes automatiques et convaincus de l'arrivée de renforts russes, opposent une résistance aux forces européennes. Cependant, devant la rapidité de l'invasion et la suprématie aérienne des commandos, l'armée égyptienne est forcée de capituler. Les commandos prennent alors le contrôle du canal et se dirigent au sud vers Le Caire.

 

L'action des armées françaises et anglaises :

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Contre l’avis de l’opinion internationale, la France et la Grande-Bretagne préparent une opération militaire d’envergure, baptisée « Musketeer » (Mousquetaire), pour les Anglais et « opération 700 » pour les Français. La mission est de reprendre le contrôle du canal. Le plan (nom de code « Terrapin ») prévoit également une offensive israélienne contre l’Égypte qui débute le 29 octobre. Les États-Unis, en période électorale ne tiennent pas à voir éclater un nouveau conflit. Ils hésitent à respecter un de leurs traités du Pacte atlantique. Le commandement de l’opération est britannique, les Français ne conservant que le commandement de leurs unités, sans pouvoir de décision. Le général Keightley, secondé par l’amiral Barjot, en est le commandant en chef. Le 26 août 1956, une force navale d’intervention est mise en œuvre. La force terrestre est forte de 60 000 hommes, mais seulement 15 000 sont employés. Les Français, commandés par le général de corps d'armée André Beaufre, forment la force « A ».

"Dans la nuit du 29 au 30 octobre 1956, l'escorteur d'escadre français Kersaint engage le combat contre le destroyer égyptien Ibrahim el Awal au large d'Haifa. L’escorteur français sort victorieux de cette confrontation en tirant 65 coups de 127 mm tirs d’artillerie dont seulement cinq ont touché le bâtiment égyptien. Celui-ci est ensuite attaqué par l'aviation puis la marine israélienne qui réussissent à le capturer le 30 octobre..."

"L'assaut à terre sera soutenu par les salves des navires de la Royal Navy et de la Marine nationale française postés au large et causant d'énormes dommages aux batteries de défense égyptiennes. La ville de Port-Saïd est touchée par de nombreux incendies et connaît à cette occasion d'importants dégâts surtout matériels. Le bombardement d'une raffinerie à Port-Fouad cause un incendie important et un nuage noir qui recouvre en partie la ville pendant plusieurs jours..."

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La 1re phase commence le 31 octobre 1956 par des bombardements d’aviation à partir de Malte et de Chypre puis des forces navales en Méditerranéenne. Le 1er novembre, les alliés repoussent la résolution de l’ONU. Malgré la mise en garde de l’ONU, des États-Unis et de l’URSS, la 2e phase suit à partir du 5 novembre, par une opération aéroportée, baptisée « Amilcar » pour les Français ou « Hamilcar », pour les Britanniques.

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Cette opération aéroportée est composée de 4 bataillons britanniques, qui sautent sur le terrain de Gamil, à 10 km à l’ouest de Port-Saïd, du 2e régiment de parachutistes coloniaux (2e RPC) commandé par le colonel Chateau-Jobert, dit Conan, largué avec une section de la 60e compagnie du génie aéroporté (60e CGAP) sur l’usine des eaux à l’entrée de Port-Saïd et au sud de Port-Fouad. La 3e phase termine le dispositif par les principaux débarquements qui ont lieu les 6 et 7 novembre. Le Royaume-Uni est fort de la 3e brigade de commandos des « Royal Marines », d’un régiment de blindés, d’un escadron du génie, de 2 bataillons de la 16e brigade parachutiste. La France aligne le 1er REP, 3 commandos de marine, 2 escadrons de chars AMX, un escadron de chars Patton et trois sections de la 60e compagnie du génie aéroporté. La progression des troupes est freinée par les négociations politiques qui se passent à l’insu des Français

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La Légion étrangère est au sein du dispositif : un escadron du 2e régiment étranger de cavalerie, commandé par le capitaine Abraham avec l’adjudant Degueldre comme adjudant d’unité, est intégré au 1er REP à Zeralda, avant de rejoindre la base de départ à Chypre. Avec les autres unités françaises, il a pour mission de s’emparer dans la zone de Port-Fouad des points sensibles et de faire la liaison avec les éléments du 2e RPC parachutés au sud. Le groupement est commandé par le lieutenant-colonel Brothier, chef de corps du 1er REP. Tous les objectifs sont atteints par les compagnies. Le 7 novembre à 8 h, toutes les unités se rassemblent, prêtes à marcher vers El Qantara. Une demi-heure plus tard, le cessez-le-feu est ordonné et les troupes doivent rester sur leurs positions et n’ouvrir le feu que si elles sont attaquées. La section du lieutenant Ysquierdo du 1er REP, représente l’avant-garde française d’El Qantara et maintient jour et nuit un poste de surveillance, au PK 37,5, à 800 m des lignes égyptiennes

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Destiné aux troupes aéroportées de cette opération, ce casque a été camouflé à la peinture sable. La mentonnière d'origine américaine a été remplacée par une jugulaire en cuir. L'ensemble est complété par un filet de camouflage.

Photo (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Chavan

Au niveau des forces alliées, 155 bâtiments de guerre dont 5 porte-avions sont engagés : 103 de la Royal Navy, 52 de la Marine nationale française, auxquels s’ajoutent une centaine de bâtiments réquisitionnés, dont 53 français.

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Sous la pression du monde entier, le Royaume-Uni puis la France sont contraints d’accepter un cessez-le-feu. Les troupes de l’ONU débarquent le 27 novembre. Le 22 décembre la force d’intervention quitte l’Égypte. Elle déplore 11 tués et 43 blessés.

Finalement, 11 Français et 22 Britanniques sont tués, 130 soldats sont blessés dont 33 Français. On estime que les pertes égyptiennes, essentiellement civiles, s’établissent entre 750 et 1 000 morts dans la zone du canal. Les Israéliens, de leur côté, ont eu 176 tués et un prisonnier.

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Réactions politiques au conflit :

En France, le gouvernement Mollet obtient un vote de confiance quasi unanime le 30 octobre, moins l'abstention des communistes et des poujadistes. En revanche, le synchronisme de cette crise avec l’écrasement de l'insurrection de Budapest débouche sur la création d'une nouvelle gauche, qui s'incarne dans le Parti socialiste unifié (PSU), rejetant à la fois le communisme et le socialisme dans sa version SFIO.

En Grande-Bretagne, au contraire, l'opposition se déchaîne. Les travaillistes, et même une partie des conservateurs, dénoncent le caractère anachronique de cette politique coloniale, et le risque de rupture avec les pays du Commonwealth. Anthony Eden est hué à la Chambre des communes, où les députés lui reprochent de les mettre devant le fait accompli, sans avoir consulté, comme le voulait l'usage, le chef de l'opposition. Il s’attire les sarcasmes lorsqu’il déclare à la Chambre des communes le 1er novembre : « Nous [ne sommes pas] actuellement en guerre contre l’Égypte. […] Il n’y a eu de notre part aucune déclaration de guerre. Nous sommes en conflit armé ». Les manifestations Law not war (le droit et non la guerre) se multiplient, la plus importante ayant lieu le 4 novembre, juste avant le débarquement. L'inquiétude grandit quand l'interruption du trafic du canal menace les approvisionnements pétroliers.

 

Pressions de l'Union soviétique et des États-Unis :

Au moment où l'armée israélienne s'empare de la presqu'île du Sinaï et atteint le canal de Suez, une mise en garde très ferme de l'Union soviétique stoppe l'offensive ; Israël doit se replier sur ses frontières de 1949. L'URSS menace la France, le Royaume-Uni et Israël d'une riposte nucléaire14. L'OTAN rappelle à l'URSS qu'elle riposterait en ce cas.

Les États-Unis, passifs jusque-là, exigent le retrait des forces occidentales pour désamorcer la crise. Ce pays fait monter la pression contre le gouvernement britannique en lançant une attaque monétaire contre la livre sterling. La Banque d'Angleterre ayant perdu 45 millions de dollars entre le 30 octobre et le 2 novembre et l'approvisionnement en pétrole de la Grande-Bretagne ayant été restreint par la fermeture du canal de Suez, les Britanniques avaient immédiatement demandé l'aide du FMI, mais celle-ci est refusée par les États-Unis. Eisenhower ordonne en effet, à son secrétaire au Trésor, George Humphrey, de se préparer à vendre une partie les détentions d'obligations en livres sterling du gouvernement américain. Le gouvernement britannique envisageait d'envahir le Koweït et le Qatar si des sanctions pétrolières étaient mises en place par les États-Unis.

Le chancelier de l'Échiquier, Harold Macmillan, avertit son Premier ministre que les réserves de change de la Grande-Bretagne ne pouvaient tout simplement pas soutenir la dévaluation de la livre qui suivrait les actions des États-Unis ; et que dans les semaines qui suivraient une telle décision, le pays ne serait pas en mesure d'importer les vivres et l'énergie nécessaires pour subvenir aux besoins de la population des îles. Cependant, le Cabinet soupçonnait Macmillan d'avoir délibérément exagéré la situation financière afin de forcer Eden à partir.

Le gouvernement américain envoie ses forces navales et aériennes interférer dans le dispositif franco-britannique et interdit l'usage des matériels militaires français financés par des fonds américains.

Parallèlement aux actions américaines, l'Arabie saoudite lance un embargo pétrolier contre la Grande-Bretagne et la France. Les États-Unis refusent de combler le vide jusqu'à ce que la Grande-Bretagne et la France acceptent un retrait rapide. D'autres membres de l'OTAN refusent également de vendre le pétrole qu'ils avaient reçu des pays arabes à la Grande-Bretagne ou à la France.

 

Cessez-le-feu et retrait des armées :

L'Assemblée générale des Nations unies, réunie en session extraordinaire d'urgence du 2 au 10 novembre 1956, adopte des résolutions19 prévoyant l'intervention de la FUNU (Force d’urgence des Nations unies) dont le but est de remplacer les forces franco-britanniques à partir du 15 novembre 1956 afin de restaurer la paix ; ce fut la première opération multilatérale des Nations unies, qualifiée de « première génération ». Dès lors, les « Casques bleus » étaient nés. Le ministre canadien des Affaires extérieures de l'époque, Lester B. Pearson, a d'ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 1957 pour le rôle qu'il a joué dans l'apaisement de la crise de Suez ainsi que pour son initiative de déployer une force onusienne neutre entre les parties belligérantes.

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En France, la situation se retourne brutalement en 1956 et 1957, la croissance entre en crise. Le pays ne peut pas financer à la fois la guerre d'Algérie et les conséquences de l'expédition, anticipées sur les marchés de l'énergie.

Au même moment, au printemps 1956 , les hostilités en Algérie se développent et entraînent le rappel de disponibles. Les 400 000 puis 500 000 jeunes servant sous uniforme font cruellement défaut à un système productif qui souffrait déjà d'une rareté de la main-d'æuvre. Des tensions sur le marché du travail augmentent les coûts salariaux, ce qui est accrû par la politique sociale du gouvernement Mollet, aboutissant à une hausse de 12 % en 1956 puis à nouveau de 12,5 % en 1957 des charges et salaires des entreprises.

La crise de Suez prive le pays de 90 % de ses approvisionnements énergétiques, vide les stocks et contraint à importer à prix fort des produits raffinés, le prix moyen des importations grimpant de 50 % en 1956. Les industriels ayant anticipé à la hausse pour faire des économies d'énergie en sollicitant davantage le charbon et l'électricité, les conséquences inflationnistes sont vite apparues. Moins d'un an après, la Banque de France réagit en relevant le taux d'escompte, de 3 à 5 % en août 1957.

De plus, les capacités de production de la sidérurgie se saturent : l'offre ne parvient plus à suivre la demande en produits métallurgiques de base. Après les matières plastiques, consommateurs de pétrole importé, c'est le secteur en 2e position pour la croissance (indice 163 en 1958 pour 100 en 1952), où les salaires sont déjà en surchauffe et la semaine de travail à 55 heures. L'installation des hauts fourneaux d'Usinor à Dunkerque, pour profiter des dérivés du Procédé Ugine-Perrin à la pointe de la technologie des aciers inox, prévue dès 1956, va devoir attendre, d'autant que l'endettement d'Usinor atteint 37% dès 1958.

Le gouvernement renonce à la libération promise des échanges extérieurs et décide de bloquer tous les prix, puis multiplie les subventions budgétaires qui stabilisent artificiellement les prix des 213 articles inclus dans l'indice général.

(source :    ACOMAR - Musée de l'armée - https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_canal_de_Suez  )

 

 

 

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  • 2 months later...
  • Administrateur

Il y a un peu plus de 65 ans, le 1er décembre 1956, le paquebot La Marseillaise, transformé en navire hôpital, arrivait au port de Toulon.

Retour sur un des épilogues de la "Bataille de Suez" ....

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Le paquebot La Marseillaise, qui a été transformé en navire hôpital, vient d'arriver à Toulon. Il rapatrie les militaires, malades ou blessés lors des combats qui ont opposé les troupes aéroportées françaises aux Égyptiens lors de l'attaque du canal de Suez, afin d'être soignés à l'Hôpital Sainte-Anne. Le bateau ramène également 40 Français et 240 étrangers que l'Égypte vient d'expulser.

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L' "Affaire de Suez" a, bien entendu, des répercussions dans la région. Les bâtiments qui ont canonné le canal en proviennent, ainsi qu'une partie des troupes qui y ont été parachutées ou débarquées.

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L'attaque, préparée conjointement par les Français, les Britanniques et les Israéliens, visait à "punir" le colonel Nasser qui régnait alors sur l'Égypte et qui venait de nationaliser le canal de Suez le 26 juillet 1956 (et de mettre sous séquestre les biens de la Compagnie du canal). La riposte qui n'avait pu s'effectuer immédiatement a été déclenchée le 29 octobre avec l'invasion de Gaza et du Sinaï par Israël, suivie aussitôt d'un ultimatum lancé par les Français et les Anglais aux deux belligérants sous prétexte de protéger le canal, où l'armée israélienne, commandée par le général Dayan, arrivait.

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Le refus (prévu) des Égyptiens entraîna le bombardement de leur pays le 31 octobre, puis le déclenchement d'une opération aéroportée sur Port-Saïd et Port-Fouad par les parachutistes coloniaux français et les commandos du 11ème Choc, le 5 novembre, suivi d'un débarquement britannique, appuyé par un bombardement naval, le 6.

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La ville de Port-Saïd, où les combats ont fait rage, a été sévèrement endommagée. Grâce en particulier à leur suprématie aérienne, les assaillants sont venus à bout de la défense égyptienne et s'apprêtaient à marcher sur Le Caire quand le cessez-le-feu intervint. Il avait été imposé par l'action conjointe de l'URSS, alliée de l'Égypte, des États-Unis, dont le président, le général Eisenhower, en passe d'être réélu, avait peu apprécié une initiative visant à lui forcer la main, et des Nations Unies où l'action franco-britannique avait été presque unanimement condamnée.

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Les envahisseurs doivent se résigner à évacuer et à rapatrier leurs troupes. En représailles, les Égyptiens expulsent les ressortissants des pays qui les ont attaqués. La communauté juive d'Égypte (soit environ 75 000 personnes) est particulièrement menacée. La plupart iront en Israël, mais on estime à près de 10 000 ceux qui viendront s'installer en France et qui formeront en fait la plus grande partie des rapatriés d'Égypte.

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Le bâtiment qui arrive à Toulon au matin assure avant tout un transport sanitaire. La Marseillaise est un ancien paquebot de luxe de 19 000 tonneaux, faisant la ligne d'Extrême-Orient, qui a été transformé en navire-hôpital avec toutes les installations indispensables (radiographie, salles d'opération, piste d'atterrissage pour les hélicoptères, etc.). L'essentiel de ses passagers est constitué de soldats, malades ou blessés lors des combats, qui vont être soignés à l'Hôpital Sainte-Anne. À noter la disproportion des pertes entre les belligérants : aux 10 morts et 33 blessés français et aux 16 morts et 96 blessés britanniques s'opposent les 1 650 morts et les 4 500 blessés égyptiens. Les civils font partie des premiers expulsés, la plupart sont Britanniques ou apatrides, quelques-uns sont Belges. Les 40 Français sont aussitôt pris en charge par le Centre d'accueil des rapatriés des Bouches-du-Rhône et seront orientés vers la villa "Les Vagues" à Saint-Cyr-sur-Mer, qui est le premier centre d'hébergement ouvert pour cette population. Plusieurs milliers de rapatriés de conditions modestes bénéficieront de cette aide. On estime à plus de 2 000 ceux d'entre eux qui s'installeront à Marseille.

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(Source : aviation navale-Marine Nationale)

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    • By HernanF
      Les événements dans Yémen méritent ouvrir un nouveau sujet, il a tous les condiments; la lutte par la suprématie régionale entre l'Iran et l'Arabie Saoudite; les guerres confessionnelles entre des chiites et sunnitas: le wahhabisme, les takfiris: la présence américaine comme juge et partie et le conflit sempiternel entre la Palestine et l'Israel. 
      Tout cela mélangé au nucléaire iranien, Al-Qaïda et État Islamique/Daech... une bombe de temps toujours sur le point d'éclater.
       
      J'ouvre le jeu avec ces trois cartes de Le Monde pour comprendre mieux le chaos au Yémen:
       

       

       

       
      http://www.lemonde.fr/proche-orient/visuel/2015/03/27/huit-cartes-pour-comprendre-les-origines-du-chaos-au-yemen_4602929_3218.html


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    Bouchon-Gras 49

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    Moscou veut le retrait des forces de l’Otan présentes en Roumanie… où Paris prévoit d’envoyer un groupement tactique.   Lors du sommet de Varsovie, en 2016, les membres de l’Otan décidèrent d’établir une « présence avancée réhaussée » [eFP] dans les États baltes et la Pologne ainsi qu’une « présence avancée adaptée » dans le sud-est de l’Europe, et notamment en Roumanie. Il s’agissait alors de prendre des mesures de « réassurance » au profit des pays s’estimant menacés par la Russie, qui, deux ans plus tôt, avait arraché la Crimée de l’Ukraine, en dépit du mémorandum de Budapest [1994] et l’accord « d’amitié » signé par Moscou et Kiev en 1997. Depuis, la Roumanie accueille un quartier général de brigade multinationale [à Craiova], qui est venu s’ajouter au site AEGIS Ashore de Deveselu, lequel est un élément, avec ses missiles intercepteurs SM-3 Block IIA, de la défense antimissile de l’Otan. En outre, les Alliés envoient régulièrement des avions de combat dans la région, afin de renforcer les moyens de police du ciel des forces roumaines et bulgares. Enfin, les déploiements de navires en mer Noire se sont plus fréquents. De même que les exercices. En décembre, et alors que la Russie continuait d’accentuer sa pression militaire sur l’Ukraine et venait de préciser les garanties « juridiques » sur sa sécurité qu’elle entendait obtenir des États-Unis et de leurs alliés européens, il fut rapporté que le général Todd Wolters, le commandant suprême des forces alliées en Europe [SACEUR], venait de proposer le renforcement de la posture de l’Otan en Roumanie et en Bulgarie, sur le même modèle que celle mise en place pour les pays baltes et la Pologne. Visiblement, ce projet a depuis avancé, alors que les mouvements de troupes russes aux abords de l’Ukraine s’intensifient et que les discussions entre la Russie, les États-Unis et l’Otan n’ont rien donné. En effet, lors de ses voeux aux Armées, le 19 janvier, le président Macron a fait savoir que la France était prête à « prendre toutes [ses] responsabilités dans des missions de type eFP, en particulier en Roumanie, si elles étaient décidé ». A priori, le conditionnel n’était sans doute pas nécessaire. « Je salue chaleureusement l’annonce du président Emmanuel Macron sur la disponibilité de la France de participer à la présence militaire avancée de l’OTAN en Roumanie. Le partenariat stratégique entre la Roumanie et la France sera ainsi renforcé sur le flanc oriental, dans la région de la Mer Noire », a en effet réagi le président roumain, Klaus Iohannis. Présentant, à son tour, ses voeux aux militaires et aux personnels civils de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, n’a pas évoqué cette possible participation française à cette nouvelle mission de l’Otan qui se dessine au conditionnel. En effet, elle a parlé d’une « posture de fermeté à laquelle nous contribuons en déployant des moyens en Roumanie, en lien avec nos Alliés, comme l’a indiqué le président de la République hier [le 19/01], et comme nous le faisons aussi vis-à-vis des États baltes », où l’armée de Terre a déployé un sous-groupement tactique interarmes [S/GTIA] sous commandement britannique, en Estonie. Évidemment, un renforcement du flanc oriental de l’Otan est vu d’un très mauvais oeil par la Russie, d’autant plus que, parmi les garanties de sécurité qu’elle exige, il est demandé aux Alliés de « ne pas déployer de militaires et d’armements supplémentaires en dehors des pays dans lesquels ils se trouvaient en mai 1997 » [soit avant l’adhésion à l’Alliance des pays ayant fait partie du Pacte de Varsovie, ndlr], sauf « cas exceptionnels » et avec son « accord ». Ce 21 janvier, répondant à une question écrite, la diplomatie russe a enfoncé le clou, en citant, en particulier, les cas de la Roumanie et de la Bulgarie. « Il n’y a pas d’ambiguïté », a-t-elle soutenu. De l’ambiguïté, Mme Parly en voit pourtant dans l’attitude de Moscou. « À l’Est de l’Europe, nous voyons un niveau de tensions rarement atteint depuis la fin de la Guerre froide. La Russie adopte une rhétorique agressive et, par ses actions, elle cultive l’ambiguïté stratégique pour mieux contraindre ses voisins – l’Ukraine au premier chef mais aussi le reste de l’Europe. Dans ce contexte, c’est notre sécurité et la stabilité de notre continent qui sont en jeu. Il est donc essentiel que nous autres Européens, nous fassions entendre notre voix », a en effet estimé Mme Parly. Comme le disait le cardinal de Retz, qui savait de quoi il en retournait, « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ». Toute la question est de savoir si la Russie prendra le risque de sortir de la sienne. PAR LAURENT LAGNEAU · 21 JANVIER 2022 (Source : Opex 360)   Crise en Ukraine : "Il faut absolument que la France reprenne l'initiative" Antoine Arjakovsky estime que le contexte de la présidence française de l'Union européenne doit être l'occasion pour Emmanuel Macron de se rendre, pour la première fois, en Ukraine. (© Fournis par franceinfo) Alors que la rencontre entre les chefs de la diplomatie russe et américaine au sujet de la crise en Ukraine, vendredi 21 janvier, à Genève, n'a débouché sur aucun résultat tangible, l'historien Antoine Arjakovsky, estime sur franceinfo qu'"Il faut absolument que la France reprenne l'initiative". Selon le directeur de recherche au Collège des Bernardins, spécialiste de l’Ukraine, "la France a été progressivement marginalisée". franceinfo : Est-ce que la France joue encore un rôle dans le dossier de la crise ukrainienne ? Antoine Arjakovsky : Le problème, c'est que la France a été progressivement marginalisée et que les Russes cherchent maintenant à marginaliser la France. Ils organisent des rencontres avec les États-Unis en Europe, sans l'Europe et donc sans la France. Il faut absolument que la France reprenne l'initiative. Le président Macron est allé plusieurs fois en Russie. Il n'est pas allé une seule fois en Ukraine, alors que l'Ukraine est considérée comme un pays qui a signé un traité d'association avec l'Europe, qui défend la démocratie, qui se bat pour l'Europe. Il y a eu des morts pour l'Europe. Il n'y a pas eu une seule visite d'un président français. On se dit que, si la France est présidente du Conseil de l'Union européenne, c'est vraiment à la France de prendre une initiative forte en se rendant en Ukraine, comme le font les Canadiens, les Allemands, les Américains. Antoine Arjakovsky, historien à franceinfo Tout le monde va à Kiev pour montrer la solidarité de ces pays. Il faudrait que la France aille à Kiev au nom de la France, au nom de l'Europe, pour dire réellement tout l'appui que la France accorde à l'Ukraine, à la démocratie, à la paix en Europe, avec des menaces beaucoup plus fortes vis-à-vis du Kremlin. Ce qu'a dit Macron au Parlement européen, à savoir qu'il était favorable à mettre en place une stratégie de sécurité en Europe et que cela prendrait plusieurs mois puisque cela demande des négociations internes avec les Etats-Unis. Et ensuite, ils veulent en plus négocier avec les Russes. Ce n'est pas du tout une rhétorique qui peut inquiéter le Kremlin. Les discussions continuent entre Américains et Russes. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ? C'est forcément positif qu'ils se rencontrent. [Antony] Blinken [le chef de la diplomatie américaine], manifestement, essaie de gagner du temps, puisqu'il avait promis de répondre par écrit la semaine prochaine à l'ultimatum qui avait été envoyé au mois de décembre dernier par le Kremlin aux États-Unis. Pour moi, le plus important, c'est que les Américains sont conscients du fait qu'ils doivent renverser la stratégie du Kremlin, qui est cette sorte de rhétorique victimaire où les Russes ont essayé d'expliquer que c'est eux qui souffrent d'un encerclement de l'OTAN et qu'ils sont les victimes de l'histoire. Le problème n'est pas du côté des Occidentaux. Le problème, c'est du côté des Russes. Quelle est la marge de manœuvre des Américains ? Les Américains cherchent à mettre la Russie devant ses responsabilités en expliquant que les 100 000 soldats [massés à la frontière ukrainienne], c'est un fait réel, avéré et reconnu. Il faut que les Russes, qui ont annoncé aujourd'hui par la bouche de Lavrov qu'ils ne menaçaient pas l'Ukraine, acceptent d'être cohérents avec leurs gestes. La position des États-Unis, c'est de montrer qu'il y a du mensonge du côté russe et qu'il faut au contraire qu'ils soient cohérents. S'ils veulent vraiment discuter sur un plan sérieux et diplomatique, alors tout est possible. Mais s'ils ne veulent pas discuter, s'ils continuent à masser des troupes à la frontière, à ce moment-là, il n'y a plus de marge de manœuvre. Ce sera une réponse économique, financière. Est-ce que la poursuite des discussions passe forcément par le retrait des troupes à la frontière ? C'est une pression énorme sur les Ukrainiens. Il y a des troupes qui sont massées depuis plusieurs mois. Il y a des guerres hybrides, de la propagande, des attentats aux frontières, des alertes bombes. C'est une pression énorme. Au point que le président Zeletski a fait une déclaration solennelle avant-hier à la télévision devant les Ukrainiens : "Surtout, ne paniquez pas. Les Russes veulent que l'on craque face à cette pression psychologique et que l'on donne des arguments à la Russie pour attaquer". C'est surtout ce qu'il ne faut pas faire. Pour discuter et essayer de trouver une solution géostratégique, il faut pousser les Russes à reculer leurs chars, leurs hommes et à changer de rhétorique. (Source : France-Info)   Dans les négociations entre la Russie et les Etats-Unis, Macron tente de faire entendre la voix de l’Europe. Le vice-ministre d’Etat britannique chargé du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de l’Amérique du Nord, James Cleverly, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, et le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, avant une réunion au ministère des Affaires étrangères à Berlin, en Allemagne, jeudi 20 janvier 2022. KAY NIETFELD / AP Comme ils s’y étaient engagés, les Etats-Unis consultent les Européens sur les discussions au sujet de l’Ukraine et de la sécurité du continent. Mais la France souhaite que l’UE joue un rôle plus important. Les Etats-Unis n’ont cessé de le marteler, en marge des discussions amorcées avec la Russie sur la sécurité du continent : « Rien ne sera décidé sur l’Europe sans l’Europe. » De fait, la promesse de l’administration Biden s’est accompagnée d’un réel effort de consultations des alliés continentaux, préoccupés d’être mis à l’écart à la demande de Vladimir Poutine. Les échanges organisés ces dernières semaines semblent cependant toucher leurs limites, du moins vu de Paris et de Berlin. Avant de voir le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Genève (Suisse), vendredi 21 janvier, Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, était à Berlin, jeudi, pour rencontrer ses homologues allemand, Annalena Baerbock, et français, Jean-Yves Le Drian, ainsi que le vice-ministre britannique des affaires étrangères, James Cleverly. « Les consultations actuelles consistent à nous débriefer des tractations avec les Russes, mais nous voulons une vraie coordination, en préalable aux négociations, maintenant que l’on entre dans le dur, dit un diplomate français, ce n’est plus un sujet bilatéral russo-américain. » Sur le fond, si Américains et Européens rejettent en bloc l’essentiel des demandes russes, dont le gel de l’élargissement de l’Alliance atlantique (OTAN), les différences d’approche se font sentir dans trois grands domaines : la réalité des menaces pesant sur l’Ukraine, l’attitude à adopter en cas d’escalade et la question sensible des sanctions brandies pour dissuader la Russie d’attaquer. Ainsi, la France comme l’Allemagne continuent d’être perplexes face à l’alarmisme des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui considèrent qu’une attaque en Ukraine serait imminente, au vu du déploiement de forces russes aux frontières du pays. Par Philippe Ricard (Source : Le Monde)   «Une guerre de haute intensité ne peut être exclue» (© SPUTNIK / REUTERS «Poutine cherche rêve de reconstituer l'URSS, avec des vues sur l'Europe centrale.») Professeur agrégé et docteur en géographie-géopolitique, Jean-Sylvestre Mongrenier est chercheur à l'Institut français de géopolitique (Université de Paris-VII). Il est aussi chercheur associé à l'Institut Thomas More. FIGAROVOX.- Washington accuse Moscou d'avoir posté des agents dans le pays pour mener une opération de déstabilisation. Ces accusations sont-elles fondées ? Que cherche la Russie ? Jean-Sylvestre MONGRENIER.- Ces accusations sont crédibles, ce type d'opération constituant un classique du genre : déclencher un incident qui sert de prétexte à une agression militaire plus large. Un mot-clef dans le vocabulaire militaire russe : «maskirovka». Il se traduit par «petite mascarade» ou «dissimulation». La mystification, la feinte et la désinformation relèvent de la maskirovka. Souvenons-nous des «petits hommes verts» de Crimée ! En somme, la «guerre hybride» dont on parle tant aujourd'hui n'est jamais qu'une variante des guerres «masquées» et irrégulières d'antan, aux modalités et effets démultipliés par les possibilités qu'offrent de nouvelles technologies. Cessons de s'interroger sur les objectifs poursuivis par Vladimir Poutine et les dirigeants russes, comme si l'on ne voulait pas comprendre. Qu'on se reporte à la doctrine de l'«étranger proche», énoncée au début des années 1990, aux déplorations de Vladimir Poutine sur la «catastrophe géopolitique du XXe siècle» (la fin de l'URSS), à son discours sur le «monde russe» qui pose la revendication d'un droit d'intervention militaire partout où il y a des populations russophones. Moscou cherche à imposer un nouveau Yalta pour reconstituer tout ou une partie de l'URSS, avec des vues sur l'Europe centrale. Quant à l'Ukraine, Vladimir Poutine a déclaré à plusieurs reprises qu'elle n'avait pas de raison d'être, l'été dernier encore, dans une longue dissertation à prétention historique. Faute d'être dans le secret des états-majors, il importe, pour anticiper la menace, de considérer les représentations et discours géopolitiques ainsi que l'impressionnant dispositif militaire déployé autour de l'Ukraine. En vérité, la Russie a déjà envahi l'Ukraine : elle s'est emparée de la Crimée, première annexion forcée en Europe depuis 1945, et elle contrôle une partie du Donbass. La question est de savoir jusqu'où la Russie est prête à aller, militairement et territorialement. Évidemment, Moscou préférerait soumettre sans combattre. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré, mardi 18 janvier, attendre des réponses des Occidentaux quant aux exigences de Moscou sur le non-élargissement de l'Otan. Dans ce contexte, une intégration de l'Ukraine à l'Otan est-elle possible ? Doit-on considérer que la Russie est l'arbitre des élégances et dispose d'un droit de veto sur les décisions des Alliés ? Non. Une question rhétorique : la Russie a-t-elle demandé notre autorisation pour signer le traité de Tachkent (1992), sept ans avant le premier élargissement de l'Otan? Rappelons qu'il s'agit d'un pacte militaire, à l'origine de l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), qui la lie à certains États post-soviétiques. A-t-elle demandé notre autorisation pour établir l'Union eurasienne, aux portes de l'Europe ? Non plus. Au demeurant, le thème de l'Otan est un leurre. Il n'y a pas de consensus entre alliés pour accepter l'Ukraine en son sein. Sur le principe, l'Otan est ouverte à tout État européen qui fait une demande d'adhésion. En pratique, cette politique de la «porte ouverte» est suspendue. Cela, Vladimir Poutine le sait très bien. En fait, la Russie n'est pas sur la défensive mais à l'offensive : le maître du Kremlin se pose en «rassembleur des terres russes» et il veut s'emparer de territoires autrefois conquis et dominés, en dépit du fait que les États post-soviétiques soient reconnus sur le plan international et représentés à l'ONU, avec les droits et devoirs afférents (la Charte des Nations unies reconnaît le principe de légitime défense). Par ailleurs, les dirigeants russes ont un double discours concernant l'Otan. Sur le plan extérieur, ils font mine de s'inquiéter, en parlent à la manière d'une entité diabolique en pleine «expansion», comme si les Alliés opéraient des conquêtes. Entre eux et dans les médias russes, les mêmes comparent l'Otan à un «tigre de papier». Ils affirment que les Occidentaux, définitivement rétifs à la guerre et toute épreuve de force, ce dont témoignerait la forte baisse des dépenses militaires de l'après-Guerre Froide, sont stratégiquement déclassés et historiquement dépassés. Bref, ils n'ont que mépris pour l'Otan et plus encore pour ses membres européens. L'Ukraine a affirmé dimanche avoir des «preuves» de l'implication de la Russie dans une cyberattaque d'ampleur qui a visé cette semaine plusieurs sites gouvernementaux, dans un contexte de vives tensions entre Kiev et Moscou. Si les faits sont établis, quelles seront les répercussions ? D'ores et déjà, cela vient accroître plus encore les tensions entre la Russie d'une part, de l'autre l'Ukraine et ses partenaires occidentaux. Les actions de ce type, dans le cyberespace, sont partie intégrante de la guerre dite «hybride». C'est une «guerre avant la guerre», avec des objectifs tout à la fois matériels (endommagement et destruction d'infrastructures «critiques») et psychologiques (intimidation, voire sidération de la population). L'hostilité entre États est marquée par une «extension du domaine du conflit», pour paraphraser Houellebecq : «depuis le fond des océans jusqu'aux orbites géostationnaires, et dans tous les domaines de l'activité humaine.» Du point de vue de l'Otan, nous n'échapperons pas à la nécessité de qualifier ces cyberattaques. Entrent-elles dans la catégorie des menaces et des actes couverts par l'article 5 ? (la clause de défense mutuelle du traité de l'Atlantique Nord). D'aucuns croient évacuer le débat en répétant qu'il est difficile d'établir la responsabilité d'un État en matière de cyberattaques. C'est une esquive, avec l'espoir que les effets de telles attaques demeureront limités. Si tel n'était pas le cas, nous ne pourrions plus longtemps plaider l'ignorance et l'impuissance. Alors, il faudra poser des actes souverains. Comment la situation peut-elle, selon vous, évoluer ? Mal, très mal. Une guerre de haute intensité ne peut être exclue. Citons ici Julien Freund, dont le centième anniversaire de la naissance (2021) est passé inaperçu : «Il faut prévoir le pire pour qu'il n'advienne pas». Dans la présente situation, complaisance et «accommodements» (le nouveau terme pour plaider l'apaisement) sont exclus. À l'inverse, soyons fermes, renforçons les solidarités géopolitiques occidentales et réarmons. La «paix par la force» donc. Invoquer sans cesse le «dialogue avec la Russie» a quelque chose de pathétique. Quel rôle l'Union européenne et la France peuvent-elles jouer? La France, l'Union européenne et les États qui composent cette dernière ne sont pas sur Sirius : une offensive russe en Ukraine, ce grand pays à cheval sur l'Europe centrale et orientale, provoquerait une onde de choc qui balaierait tout le Continent, avec de multiples répliques et répercussions. Nul ne pourrait s'abstraire d'un tel contexte, aux plans militaires, stratégique et géopolitique. L'économie et le système énergétique seraient également touchés. Ne fantasmons donc pas sur une tierce voie. C'est une échappatoire mentale. Au vrai, les questions de défense relèvent d'abord des États, maîtres des moyens militaires, et de l'Otan, cette grande alliance occidentale qui regroupe la majeure partie des États européens. En revanche, le cadre d'action qu'est l'Union européenne est important pour les sanctions économiques et technologiques. Ces sanctions sont utiles et efficaces, mais leurs effets relèvent d'un laps de temps plus long que celui des coups de force militaires. La priorité est de faire front, politiquement, diplomatiquement et militairement. Agathe Lecoulant (Source : Le Figaro)

    Bloopy73

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    Oui, en effet devrai-je peut-être les recontacter ? Je suis très motivé et depuis longtemps j'essaie de trouver des informations là-dessus mais elles sont cachés ou alors pas mis à jour. J'ai pris rdv en CIRFA la semaine prochaine pour en savoir plus pour intégrer la réserve, peut-être qu'ils m'aiguilleront mieux que sur le site ? Comment postuler en tant qu'opérateur terrestre en Pro Def à Toulon ? Par l'APER de Toulon je suppose donc ? Pour avoir des informations, je leur envoi un mail à cette adresse ?   Et autre question, si par exemple je suis pris en tant qu’opérateur terrestre Pro Def à toulon, en ce qui concerne le transport, le logement et bien tout est pris en charge ? (Car je suis de Nantes)

    Bouchon-Gras 49

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    Non pas forcément, Toulon est le plus demandeur (plus grosse base militaire d'Europe). Brest n'est plus le port phare, quand à Lorient, la région est gavé d'ancien fusiliers et commandos, donc... Cependant tes instructeurs auraient pu t'aider. Et en général, les premiers ont une chance (en étant bien motivé) de pouvoir être sélectionné pour effectuer une FMIR. Oui, c'est la seule. Sans FMIR, je te conseil de postuler en tant qu'opérateur terrestre en Pro Def à Toulon. Tu peux essayer de te rapprocher de l'APER Toulon, pour avoir des information. dpmm-pm3-aper-toulon.accueil.fct@def.gouv.fr

    Bouchon-Gras 49

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    Pierre DAC, ce nom ne dit certainement rien aux plus jeunes d'entre nous. Pierre Dac (1893-1975). André Isaac, dit Pierre Dac, né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne (Marne 51), aujourd'hui Châlons-en-Champagne), et mort le 9 février 1975 à Paris,inhumé à Paris 20e cimetière père lachaise div 87. Le chansonnier de la France libre. Pierre Dac, le grand ami de Francis Blanche, le bretteur des mots au comique inénarrable, créateur du feuilleton radiophonique Signé Furax.  (Après la guerre, il constitue un fameux duo humoristique avec Francis Blanche) Mobilisé en août 1914 au lendemain de son vingt-et-unième anniversaire, il revient du front quatre ans plus tard avec deux blessures : un éclat d'obus lui raccourcit de douze centimètres le bras gauche le 10 mai 1915, un autre le blesse à la cuisse en 1916. C'était un ancien combattant de la Première Guerre mondiale en 1939. Deux blessures en quatre ans de première ligne en tant que fantassin. A bouffer de la boue. Évidemment, quand la guerre débute, Pierre Dac est trop vieux pour combattre. Malgré cela, la défaite venue, Pierre Dac fera tout pour rejoindre Londres et offrir ses services. Réfugié en 1940 au 42, boulevard de Strasbourg à Toulouse avec Fernand Lefèbvre, futur pilote de la France librenote , Pierre Dac décide de rejoindre Londres en novembre 1941, mais il est arrêté lors de sa tentative de traversée des Pyrénées et incarcéré le 16 novembre 1941 à la Carcel Modelo (prison modèle) de Barcelone pendant quatre mois. Il est ensuite remis aux autorités françaises de la zone libre, à sa demande, et il est transféré à la prison de Perpignan le 6 mars 1942, où il ne reste qu'un mois grâce à un jugement très bienveillant. Au printemps 1943, Pierre Dac tente à nouveau sa chance en essayant de rejoindre en train le Portugal, via l'Espagne, sous une fausse identité canadienne. À nouveau arrêté le 18 mai, il est incarcéré à la prison de Valencia de Alcántara, au sud du pays. Un projet éventé d'évasion lui vaut un transfert le 4 juin à Cáceres, en Estrémadure. Il finit par être échangé contre quelques sacs de blé et des fûts d'essence, grâce à des négociations entre Espagnols et Britanniques sous la houlette de la Croix-Rouge française. Il quitte ainsi l'Espagne pour le Portugal le 29 août 1943 et rejoint Alger puis Londres, où il est emmené en avion le 12 octobre, pour y rejoindre l'équipe « Les Français parlent aux Français » de Radio Londres. Il intervient pour la première fois le 30 octobre 1943. À l'antenne, il parodie des chansons à la mode (Les Gars de la marine devenant « Les gars de la Vermine », Ça fait d'excellents Français, Horst-Wessel-Lied) pour brocarder le gouvernement de Vichy, les collaborationnistes et le régime nazi. Il a été, parmi d'autres, la voix du refrain célèbre de Jean Oberlé « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » sur l'air de La Cucaracha, les paroles de couplet étant l'œuvre de Maurice Van Moppès. Enthousiasmé par ce slogan efficace, Jacques Duchesne, le directeur de l'émission, décida de le placer en générique de l'émission. Fait unique, Pierre Dac a été nommé, en tant que civil, membre d'honneur du Groupe Lorraine, alors que ce groupe n'était composé que de militaires des forces françaises aériennes stationnées au Royaume-Uni. Il a reçu cette nomination honorifique à la suite d'un déjeuner bien arrosé et qui lui fit oublier de participer à une émission de radio de la BBC prévue cet après-midi là, son seul manquement durant la guerre. Lorsque, le 10 mai 1944, Philippe Henriot, sur Radio-Paris, s'en prend à Pierre Dac en évoquant ses origines juives et en mettant en doute son intérêt pour la France, demandant « La France, qu'est-ce que cela peut bien signifier pour lui ? », l'humoriste lui répond le lendemain sur Radio-Londres dans un discours lapidaire baptisé « Bagatelle sur un tombeau », dans lequel il déclare que son frère Marcel, mort au front lors de la Première Guerre mondiale, porte bien sur sa tombe l'inscription « Mort pour la France », alors que sur celle de Philippe Henriot on écrirait « Mort pour Hitler, fusillé par les Français ». Une réponse prémonitoire, puisque Henriot est abattu par la Résistance quarante-huit jours plus tard. Après guerre Pierre Dac animera des galas pour récolter des fonds pour les rapatriés de la guerre. Il forme avec Francis Blanche un duo mythique auquel on doit de nombreux sketches dont le fameux Le Sâr Rabindranath Duval (1957) qui sera créé au Théâtre des Trois Baudets, et un feuilleton radiophonique en 213 épisodes, Malheur aux barbus, diffusé de 1951 à 1952 sur Paris Inter, et publié en librairie cette même année ; personnages et aventures sont repris de 1956 à 1960 sur Europe 1, sous le titre Signé Furax (soit 1 034 épisodes). Ces émissions sont suivies par de nombreux auditeurs. Plus tard, entre 1965 et 1974, en compagnie de Louis Rognoni, Pierre Dac crée la série Bons baisers de partout, une parodie en 740 épisodes des séries d'espionnage des années 1960, diffusée sur France Inter. Surnommé par certains le « Roi des Loufoques », pour son aptitude à traquer et créer l'absurde à partir du réel, orateur pince-sans-rire et persifleur hiératique, il manie aussi bien les calembours que les aphorismes. Quelques extraits de sa prose : Sur les ondes Pierre Dac disait souvent aux auditeurs : « Bonne année, mes chers copains, bonne victoire, et à bientôt » « C’est pour moi une extraordinaire sensation que de pouvoir, ce soir, vous parler librement devant ce micro, alors qu’il y a environ deux mois j’étais encore à méditer, entre les quatre murs d’une cellule […], ce qui démontre d’une manière péremptoire, absolue et définitive, que la prison mène à tout à condition d’en sortir. « La Révolution Nationale a commencé avec un bâton et sept étoiles : elle finira avec une trique et trente-six chandelles ! » « Peut-être, Monsieur Henriot, me répondrez-vous que je m’occupe de ce qui ne me regarde pas. Et ce disant, vous serez logique et conséquent avec vous-même, puisque, dans le laïus que vous m’avez tout récemment consacré, vous vous écrivez notamment : “ Mais où nous atteignons les cimes du comique, c’est quand notre Dac prend la défense de la France ! La France qu’est-ce que cela peut bien signifier pour lui ? ” Eh bien ! Monsieur Henriot, sans pour autant vouloir engager de vaine polémique, je vais vous le dire ce que cela signifie pour moi, la France.[...] C’est un beau pays la France, Monsieur Henriot, où depuis toujours, on sait ce que ça signifie, la France, et ce que ça signifie, l’Allemagne. Des campagnes napoléoniennes, en passant par celles de Crimée, d’Algérie, de 1870-71, de 14-18, jusqu’à ce jour, on a, dans ma famille, moi y compris – j’en porte personnellement les traces dans ma chair et les insignes à ma boutonnière – lourdement payé l’impôt de la souffrance, des larmes et du sang. Voilà, Monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France. Alors, pourquoi ne pas nous dire ce que cela signifie pour vous, l’Allemagne ? » Malgré le succès, Pierre Dac est resté un homme modeste, presque effacé. Fumant depuis l'âge de 18 ans, il meurt en 1975 d'un cancer du poumon dans la plus grande discrétion.   Distinctions  Chevalier de la Légion d'honneur (octobre 1945)  Croix de guerre 1914-1918 avec une palme et cinq étoiles  Croix de guerre 1939-1945 avec une palme  Médaille de la Résistance française (Source :  https://www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/D003?fbclid=IwAR3mtQFvIBSz6HBgJ7eLuDhquFpAFuAXeSCL591pv3gMxuTTWuWH9aTLQTs    et   https://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=16577&fbclid=IwAR0EMxc7dT75m9HAta0KlkSNEUpIK8ee4PRnNWNzpqNAwI7nSDqMJLcgGKY  - Rudolph de Patureaux Ecrivain - Wikipédia )

    Bloopy73

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    A très bien, je ne savais pas qu'elle favorisait le rapprochement géographique. Etant de Nantes, ça va être plus compliqué d'être prit pour Toulon que Brest ou Lorient en gros ?   Je suis actuellement à Nantes, et j'ai effectué l'an passé une PMM où j'ai fini dans le top 3. Je savais qu'après une PMM j'aurai eu l'opportunité d'intégrer la réserve mais finalement c'est plus compliqué que ça en a l'air ! J'aurai pensé que la démarche se serai faite avec mes instructeurs mais enfaite non, tout se passe sur le site de la garde nationale. Je chercherai une FMIR, FUSIL (qui se rapprocherai donc le plus du métier de fusilier marin) mais sinon je serai tout à fait preneur d'effectuer une FMIR MARPO ou alors juste être filtreur à l'entrée d'une base ou autre. Cependant, je ne sais pas si les FMIR ou autre est aussi à voir sur le site de la garde nationale.
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