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Grands personnages de la Gendarmerie.


Bouchon-Gras 49

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Je débute ce nouveau sujet par Le chef d'escadron Gaston MERLHE.

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Né à Bannalec (Finistère), le 24 octobre 1884, d'un père gendarme, Gaston Merlhe est l'aîné de cinq enfants, « tous élevés avec rigueur et sévérité ». Après des études primaires couronnées par un succès au certificat d'études, il entre à douze ans à l'École des enfants de troupes d'Autun (Saône-et-Loire), où il est considéré comme un bon élève sous tous rapports.

Le 18 octobre 1902, il s'engage pour cinq ans dans la cavalerie et est incorporé au sein du 1er escadron du 21eme régiment de Dragons. Détaché comme «porte-fanion» du général Davignon, commandant le 1er corps d'armée en 1909, il réintègre son régiment en 1911.

Les officiers qui l'ont commandé ont sans cesse loué la qualité de son service, tout en notant une forme d'autosatisfaction. Ainsi, le lieutenant Lepage écrit, au 1er semestre 1912:

« Excellent sous-officier, montant parfaitement à cheval, très dévoué, très bon instructeur, très sérieux mais toujours d'un caractère susceptible, et peut-être trop conscient des services qu'il rend. A fait une demande tendant à subir des examens pour passer avec son grade dans la gendarmerie ».

Ce souhait de rejoindre la gendarmerie se réalise à la fin de l'année suivante. Comme son père avant lui, il revêt la prestigieuse tenue de l'institution et rejoint ainsi la légion de la Garde républicaine, avec le grade de maréchal des logis, en décembre 1913. Affecté au quartier des Célestins à Paris, il prête serment le 21 mars 1914 devant le tribunal de premier instance de Paris.

A la Garde républicaine, il continue de recevoir des louanges de la part de ses chefs:

« Excellent sous-officier, intelligent, sérieux et très dévoué. Très bon instructeur, possédant complètement tous ses règlements et dont la manière de servir est exemplaire ».

Désireux de combattre pour défendre le territoire national et bien qu'ayant toute sa place dans la cavalerie où il est particulièrement apprécié pour sa rigueur, son zèle et sa moralité, il demande et obtient son détachement au Centre d'aviation de Dijon le 9 mars 1916.

Détaché au Centre d'aviation de Dijon le 9 mars 1916, Gaston Merlhe effectue son premier vol le 4 avril 1916. Après trente heures et vingt minutes de vol, il reçoit son brevet d'aviateur militaire. En août 1916, il est envoyé à l'École de perfectionnement de Châteauroux pendant trois semaines. Le 1er septembre, il rejoint le Groupe de divisions d'entraînement et vole sur Farman HF7, avant de passer sur Caudron G4 bimoteurs. Particulièrement doué, Merlhe est décrit comme un « très bon pilote apte à toutes les missions ».

Affecté à l'escadrille C 105 Secteur 8, nommé adjudant des troupes aéronautiques le 31 octobre 1916, il effectue son premier vol au-dessus des lignes allemandes, le 4 novembre suivant. Une semaine plus tard, il mène son premier combat contre un avion ennemi qui, complètement désemparé, doit regagner ses lignes. Le 1er décembre, il est pris dans un combat aérien où il met son adversaire en fuite. Le 26 janvier 1917, il récidive malgré les treize balles reçues par son appareil. Cette action d'éclat lui vaut une citation à l'ordre du corps d'armée, ainsi que l'attribution de la croix de guerre et montre aussi l'abnégation et le sang-froid de ce gendarme au parcours peu ordinaire.

Fin février, l'adjudant Merlhe est affecté à l'escadrille C 106 Secteur 155, devenue par la suite C 229, puis BR 229. Le 12 avril 1917, il exécute un réglage d'artillerie au cours d'une violente tempête et reçoit, pour cet acte d'un incroyable courage, une nouvelle citation à l'ordre du corps d'armée. Le 21 avril 1917, il est décoré de la médaille militaire pour le motif suivant: « Pilote plein d'ardeur et d'entrain. Venu volontairement dans l'aviation, y a rendu d'excellents services par son zèle et son dévouement ». Le 1er août, il est cité à l'ordre de l'armée pour plusieurs actions d'éclat. Par la suite, il alterne les missions d'observation, de reconnaissance, de réglage d'artillerie et de combat.

Nommé sous-lieutenant à la 1ere légion de gendarmerie, le 8 juillet 1917, il continue de servir dans l'aviation. Le 18 février 1918, il mène un dixième combat contre un avion de chasse ennemi de type Albatros, qui est contraint d'abandonner le combat. Quatre mois plus tard, lors d'une mission photographique opérée à l'altitude de 6 100 mètres, son observateur, le lieutenant Petit, à la figure et les mains gelées. Malgré les conditions extrêmes, il fait preuve d'une ténacité peu commune et mène à bien sa mission. Le 22 août 1918, en récompense des multiples missions de reconnaissance qu'il a conduit en territoire ennemi, Gaston Merlhe est cité une deuxième fois à l'ordre de l'armée.

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Atteint d'une phlébite à la jambe droite, consécutive à une blessure infligée lors d'un accident aérien au retour d'un combat, Merlhe demande la fin de son détachement dans l'aviation. Après son séjour à l'hôpital et sa convalescence, il est remis à la disposition de la gendarmerie le 31 mai 1919. Bien que son nom ne fasse pas partie de la liste officielle des As, le sous-lieutenant Merlhe peut s'enorgueillir de son service dans l'aéronautique .

Promu lieutenant à sa sortie de l'École des élèves officiers de Versailles, il est affecté à Hazebrouck où il reste jusqu'en 1921. Rapidement, Gaston Merlhe aspire à connaître de nouveaux horizons et demande à servir dans les Colonies. Le 12 décembre 1921, il est désigné pour prendre le commandement du détachement de gendarmerie du Sénégal. Gaston Merlhe y demeure vingt ans, s'y mariant en 1924 et devenant père l'année suivante.

Au cours de ce séjour, Merlhe, s'adaptant avec beaucoup de facilité à la culture africaine, donne à son unité l'impulsion et le développement qui ont affirmé le prestige de la gendarmerie dans cette colonie. Il étend les attributions de l'institution, accroît son réseau de brigades qui, du Sénégal, déborde progressivement sur le Soudan français (actuel Mali) et la Guinée.

S'inspirant du maréchal Lyautey selon lequel la gendarmerie « doit non seulement faire du service mais également rendre service », Merlhe confie à ses hommes de nouvelles fonctions : régisseurs de prison, collecteurs d'impôts, percepteurs des droits de place ou officiers d'état-civil.

Promu capitaine en 1926, Merlhe est distingué de la Médaille de bronze des Epidémies, en récompense de son activité infatigable lors de l'épidémie de fièvre jaune de 1927.

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En 1928, Merlhe crée un groupe mobile à cheval, dont le recrutement s'opère parmi les cavaliers de l'escadron des spahis sénégalais, tout juste dissous. Chargée des services d'honneur et de maintenir l'ordre, cette Garde rouge, troupe d'élite revêtue de la tunique écarlate avec aiguillettes, sarroual de drap bleu, bottes souples de cuir rouge et haute chéchia pourpre sommée de la grenade d'or, est encore aujourd'hui une des pièces maîtresses du décorum officiel dakarois.

Chef d'escadron en 1936, Merlhe, toujours à Dakar en 1939, voit sa demande pour aller se battre en métropole rejetée en raison de son âge et de ses blessures. Il est finalement démobilisé en 1941. Preuve de son prestige, son départ provoque des démissions en masse parmi ses subordonnés.

Après vingt années sénégalaises, il ne peut se résoudre à quitter cette terre d'Afrique qu'il a tant aimée. Il organise les gardes cercles et en devient inspecteur principal. Grâce à ses qualités d'organisation, il fait de nouveau des miracles avec peu de moyens en construisant des casernements et en donnant une structure solide à cette troupe.

Sans empiéter sur les missions de la gendarmerie coloniale, les gardes cercles, le «cercle» étant en quelque sorte la province géographique de l'administrateur, exercent des missions de police civile, de maintien de l'ordre et de sécurité publique. Rapidement, Merlhe perçoit que le statut civil de cette force pose des problèmes de fonctionnement. Il obtient en 1948 l'encadrement de cette police par la gendarmerie, permettant de renforcer l'efficacité de ce corps, totalement remilitarisé en 1957 et appelé «gardes territoriales». Il reste aux gardes cercles jusqu'au 1er août 1948, date d'expiration de son contrat.

Il ne quitte pas le Sénégal et, sur sa demande, est nommé, le 16 août 1948, juge de paix à Kolda (Casamance), où il est respecté et résout facilement de nombreux litiges. Officier de la Légion d'honneur, médaillé militaire, commandeur de l'Etoile noire du Bénin, il s'éteint le 14 septembre 1951, à soixante-sept ans, et est inhumé dans le petit cimetière de Kolda en tenue, avec son sabre.

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Soixante ans après sa mort, Gaston Merlhe est toujours honoré par la Garde républicaine. Son souvenir est perpétué et transmis aux jeunes générations. Une vitrine lui est ainsi dédiée au sein de la salle d'honneur et de traditions du corps au quartier des Célestins, à Paris.

PALMES ET ÉTOILES

Citation à l'ordre du Corps d'armée du 14 février 1917

« Très bon pilote, toujours prêt pour toutes les missions qui lui sont confiées, s'en acquitte chaque fois avec le plus grand courage. A déjà livré plusieurs combats. Le 26 janvier 1917, a résolument attaqué un avion de chasse ennemi qui tentait de surprendre un des nôtres. A réussi à le mettre en fuite. N'est rentré qu'une fois la mission terminée avec un avion criblé de balles ».

Citation à l'ordre du Corps d'armée du 20 avril 1917

« Pilote remarquable d'audace et de sang-froid, toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses. Le 12 avril 1917, a tenu l'air par très mauvais temps, pendant trois heures, a survolé les lignes ennemies à faible altitude pour mieux remplir sa mission et est rentré à l'escadrille avec de nombreuses balles dans son avion ».

Citation à l'ordre de l'Armée du 1er août 1917

« Pilote de tout premier ordre. Le 30 avril, a soutenu un combat violent et pénible contre un avion de chasse ennemi qui tentait d'incendier un de nos drachens [ballons d'observation]; a atteint son adversaire à coups de mitrailleuses, l'a obligé à piquer précipitamment dans ses lignes et a ainsi dégagé le drachen français. A eu son appareil criblé de balles et hors d'usage. Les 7 et 15 juillet, a continué l'exécution de sa mission, bien que son avion ait été gravement atteint par des éclats d'obus et des balles de mitrailleuses terrestres. Le 28 juillet, a attaqué résolument un avion ennemi qui tentait de pénétrer dans nos lignes. A eu son avion atteint et a été obligé d'atterrir dans un terrain difficile »

Citation à l'ordre de l'Armée du 22 avril 1918

« Pilote hors ligne, joint à une très grande habileté professionnelle, les plus grandes qualités de courage, d'énergie et de sang-froid.

A exécuté de nombreuses missions lointaines à vue et photographiques rapportant chaque fois de précieux renseignements. En particulier a effectué deux reconnaissances sur des gares et des voies ferrées importantes, à plus de 80 kilomètres dans les lignes allemandes, réalisant, au cours de la première, un parcours de 250 kilomètres en pays ennemi ».

ENCADRE: LE MERLHE ET LA PANTHÈRE

Le 7 août 1935, une panthère s'échappe du jardin zoologique et d'acclimatation de Hann. Sur ordre des autorités civiles, Merlhe et ses hommes organisent une battue. Après cinq heures de recherche, le fauve est repéré. Le capitaine de gendarmerie fait feu et parvient à le blesser. Il s'engage alors au corps à corps avec l'animal. Grièvement blessé, il est finalement secouru par deux gendarmes auxiliaires autochtones qui parviennent à tuer la panthère. Pour ce fait, ces deux hommes sont décorés de la médaille militaire et invités à l'exposition de Paris en 1937.

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Transporté à l'hôpital de Dakar, Merlhe, qui demeure pendant un mois entre la vie et la mort, se voit décerner le grade d'officier de la Légion d'honneur, tout autant pour ces états de service antérieurs que pour le courage qu'il a déployé dans cet épisode. Il sort finalement de l'hôpital le 9 novembre 1935.

(Sources : Garde républicaine)

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On ne peut aborder un sujet sur les grands personnages de la Gendarmerie sans pense au colonel Arnaud BELTRAME.  Il est connu pour s’être volontairement substitué à un otage au cours de l’attaque terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes et avoir succombé aux blessures reçues durant cet événement. Son sacrifice a eu un grand retentissement en France et à l'étranger, et lui a valu un hommage national.

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Arnaud Jean-Georges Beltrame naît le 18 avril 1973 à Étampes, en Essonne. Fils de Jean-François Beltrame et de Nicolle Beltrame.

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Après des études en classe préparatoire de 1991 à 1994 au lycée militaire de Saint-Cyr-l'École (il échoue plusieurs fois à intégrer l'École spéciale militaire de Saint-Cyr), Arnaud Beltrame effectue en 1995 son service militaire, d'abord comme élève officier de réserve à l'École de l'artillerie, puis comme aspirant au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes. Devenu par la suite officier de réserve en situation d'activité (ORSA) au 8e régiment d'artillerie de Commercy, le sous-lieutenant Arnaud Beltrame intègre en 1999 l'École militaire interarmes dont il sort major de la promotion Campagne d'Italie en 20019. Promu lieutenant d'active, il choisit alors la gendarmerie et rejoint l’École des officiers de la Gendarmerie nationale dont il sort à nouveau major de la promotion Capitaine Gauvenet10 en 2002.

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À l'issue de sa formation, il est affecté de 2002 à 2006 au sein de l'escadron 16/1 du groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory, où il commande un peloton de VBRG (des véhicules blindés). En 2003, il fait partie des sept sélectionnés sur quatre-vingts candidats pour intégrer l'escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN), une des composantes du Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale. Il y obtient notamment la qualification de chuteur opérationnel. Il est promu capitaine le 1er août 2005, année au cours de laquelle il assure, au cours d'une mission en Irak, l'exfiltration d'une ressortissante française. Cette mission conduite par Arnaud Beltrame au péril de sa vie lui vaut d’être décoré de la croix de la Valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade.

En 2006, il rejoint la Garde républicaine en qualité de commandant de la première compagnie de sécurité et d'honneur du 1er régiment d'infanterie de la Garde à Nanterre. Il est promu chef d'escadron le 1er janvier 2010.

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Il commande la compagnie de gendarmerie départementale d’Avranches de 2010 à 2014, puis devient conseiller auprès du secrétaire général du ministère de l’Écologie. En 2014, son ambition de devenir général est brisée par un troisième échec à l’École de guerre, mais l’obtention d’un MBA en 2015 lui permet d'envisager une nouvelle candidature en 2018. En 2015, il intègre une formation de l'Institut supérieur du commerce de Paris et de l'École européenne d'intelligence économique, dont il sort diplômé en 2016 avec le titre de consultant en intelligence économique. Il est promu lieutenant-colonel en 2016. En août 2017, il devient officier adjoint de commandement (OAC) au groupement de gendarmerie de l’Aude, pour pouvoir se rapprocher de sa nouvelle compagne.

 

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Acte de courage lors d'une attaque terroriste

Déroulement des faits

Article détaillé : Attaques du 23 mars 2018 à Carcassonne et Trèbes.

Le 23 mars 2018, alors qu’il se trouve confronté à une prise d’otages dans le Super U de Trèbes — le terroriste Redouane Lakdim venait d'abattre deux personnes — il « prend la place des otages au terme de négociations avec l’auteur des faits », comme l'explique le procureur de la République de Paris, François Molins. Il est 11 h 28 lorsque Arnaud Beltrame entre dans la salle des coffres du supermarché où le terroriste s'est replié. Il se substitue au dernier otage retenu, Julie, une caissière du magasin âgée de 40 ans. Son face-à-face avec le terroriste dure près de trois heures.

Puis, peu avant 14 h 30, le gendarme livre probablement un corps à corps avec le terroriste pour tenter de le désarmer tout en criant « Assaut ! assaut ! » pour prévenir les forces d’intervention. Lakdim ouvre alors le feu à plusieurs reprises sur l'officier avant de le poignarder. Le ministre de l'Intérieur indique qu'Arnaud Beltrame « avait laissé son téléphone ouvert sur la table (…) et c’est lorsque nous avons entendu les coups de feu que le GIGN est intervenu », et a abattu l’auteur de l’attaque, qui se réclamait du groupe djihadiste État islamique. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est découvert dans un état très grave, touché par trois ou quatre balles non létales, à l’avant-bras, à la main et au pied. Des impacts de 9 mm qui laissent à penser que Radouane Lakdim a tiré avec le Sig Sauer du gendarme. Ce dernier est transporté à l’hôpital de Carcassonne où il succombe à ses blessures dans la nuit du 23 au 24 mars 2018.

L'autopsie révélera que si les lésions par balles étaient non létales, sa mort est due à « une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche », en l'occurrence un couteau de chasse, ayant entraîné une détresse respiratoire. Arnaud Beltrame est donc mort d'avoir été « poignardé à la gorge », les autorités ayant tardé à communiquer sur cette blessure au cou par respect absolu de la dignité des victimes.

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Hommages et obsèques

Le président de la République française Emmanuel Macron déclare que l’officier mérite « respect et admiration de la nation tout entière ». L’Élysée demande aux Français d'honorer la mémoire de celui qui est tombé « en héros ». Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb déclare que « la France n'oubliera jamais son héroïsme, son courage, son sacrifice ».

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Le 25 mars, les drapeaux et étendards de la gendarmerie, comme ceux de l'Assemblée nationale, sont mis en berne. De nombreuses personnes font le déplacement pour y déposer des fleurs, des bougies, des dessins ou d'autres objets. Le 26 mars, la Gendarmerie nationale met en ligne un recueil de condoléances sur son site internet. En moins de quarante-huit heures, plus de 3 000 messages y sont inscrits. Sur les réseaux sociaux, les hommages proviennent du monde entier. De nombreuses personnalités lui rendent hommage, tout comme la police nationale, la préfecture de police, les pompiers, l'armée de terre et d'autres organismes.

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Le dimanche 25 mars, une messe de suffrage pour les victimes de cet attentat est célébrée par Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, en l'église Saint-Étienne de Trèbes. Lors de son homélie, celui-ci souligne : « Je sais aujourd’hui, par les témoignages nombreux que j’ai reçus, que le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame joignait à son dévouement de soldat la foi d’un chrétien ». Pour sa part, l'hebdomadaire chrétien La Vie fait un parallèle entre le sacrifice du gendarme et celui de saint Maximilien Kolbe, qui prit volontairement la place d'un déporté à Auschwitz et fut exécuté en 1941 par les nazis.

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Le mardi 27 mars, la dépouille de l'officier quitte en avion militaire l'aéroport de Carcassonne pour la base aérienne de Villacoublay, en région parisienne, où des hommages militaires de la gendarmerie lui sont rendus en présence du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui a rappelé sa bravoure et son héroïsme. Le ministre décore Arnaud Beltrame, à titre posthume, de la médaille de la Gendarmerie nationale avec palme de bronze pour avoir reçu une citation à l'ordre de la Gendarmerie, de la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement (or) et de la médaille de la sécurité intérieure (or).

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La dépouille d'Arnaud Beltrame est ensuite transportée à la caserne Tournon, dans le 6e arrondissement de Paris où, en accord avec la famille, une veillée pour ses « frères d'armes » est organisée.

Ce même jour, il est promu à titre exceptionnel au grade de colonel43 à titre posthume et cité à l'ordre de la Nation.

Le lendemain, mercredi 28 mars, le cercueil est convoyé devant le Panthéon, d'où part un cortège funèbre jusqu'aux Invalides en passant par les quais de Seine. Le corbillard est précédé de motocyclistes de la gendarmerie et entouré de gardes républicains à cheval. C'est la première fois, à la connaissance de l'historien Christian Amalvi, qu'un hommage national est précédé d'un tel cortège.

La cérémonie de l'hommage national est présidée par le président de la République Emmanuel Macron dans la cour de l'hôtel des Invalides, en présence de trois anciens présidents de la République (Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande) et de nombreuses personnalités politiques. Les drapeaux sont mis en berne sur l'ensemble du territoire. La cérémonie est ouverte exceptionnellement au public. Dans son éloge funèbre, le président de la République indique que « le nom d’Arnaud Beltrame devenait celui de l’héroïsme français, porteur de cet esprit de résistance qu'est l’affirmation suprême de ce que nous sommes ». Il est fait, à titre posthume, commandeur de la Légion d'honneur.

Le 27 mars, Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, salue le sacrifice d'un « héros de la condition humaine » en des termes qui seront suivis d'une ovation de la part d'une grande partie de l'hémicycle.

Dans le monde, le sacrifice du lieutenant-colonel de gendarmerie suscite de nombreux hommages. Il est à la une de nombreux quotidiens étrangers et son histoire est largement commentée sur les chaînes de télévision étrangères.

Dans un tweet daté du 25 mars, le président des États-Unis Donald Trump rend hommage à Arnaud Beltrame : « La France honore un grand héros ».

Le 26 mars, le pape François déclare : « Je salue particulièrement le geste généreux et héroïque du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie en voulant protéger des personnes ».

Les obsèques religieuses se déroulent à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne le 29 mars et le colonel Beltrame est inhumé au cimetière de Ferrals-les-Corbières où il résidait.

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Décorations

France[

À titre posthume (2018)
Pendant l'active

Allemagne

(Source Wikipédia)

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La Caserne Vérines, située Place de la République à Paris, porte le nom du chef d'escadron Jean Vérines.

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Le poilu

Jean Vérines est né le 16 avril 1894 à Brive-la-Gaillarde. Il débute sa carrière militaire en s’engageant le 1er septembre 1914 dans le régiment de Brive. Le sergent Vérines affronte le feu au sein du 147ème régiment d’infanterie. Il est blessé pour la première fois aux Eparges, le 16 juin 1914. Jean Vérines est cité à l’ordre de l’armée et la croix de guerre avec palme dorée lui est décernée. Devenu aspirant, il se retrouve en Picardie, près de Péronne. Il reçoit sa seconde citation à l’ordre du corps d’armée suite à l’attaque du 4 septembre 1916. Le 18, il est nommé sous-lieutenant. En 1917, son régiment est affecté dans la région de Berry-au-Bac, à dix kilomètres du tristement célèbre Chemin des Dames.

Le miraculé

Le 29 avril, le sous-lieutenant Vérines s’effondre sous l’effet d’une balle allemande qui l’atteint en plein visage. La blessure est terrible. L’œil est énucléé. Au cri du guetteur « Alerte », Vérines est sorti précipitamment au créneau afin d’observer. Il s’est hissé légèrement au dessus du parapet. C’est à cet instant qu’un sniper allemand le vise et l’atteint. C’est à l’appel de son nom qu’il doit la vie. En effet, au moment où il est visé, il détourne son regard et la balle ennemie l’atteint à l’œil droit et ressort entre l’œil gauche et le sommet du nez.

La gueule cassée

Pour Jean Vérines, la guerre est finie. Le voilà devenu une gueule cassée de la Grande Guerre. Outre la convalescence très longue, cette blessure entraîne une troisième citation. Le 28 janvier 1918, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur et quelques mois plus tard, il est promu lieutenant.

Jean Vérines à la Réunion

Le 30 juin 1919, il intègre l’école des officiers de la gendarmerie à Versailles. Il effectue un court passage à la compagnie de Saint-Jean-d’Angély, en Charente-Maritime. Il est ensuite affecté à la prévôté de l’armée d’Orient pour deux ans. Son séjour en métropole au retour du Levant est toujours aussi court. Il est désigné en novembre 1923 pour la Réunion. Il y est promu au grade de capitaine. Fin psychologue, il analyse rapidement le contexte réunionnais et acquiert une respectabilité auprès de tous ses correspondants, riches ou pauvres, salariés ou indépendants, patrons et syndicalistes. Les événements de 1936 allaient lui donner l’occasion, comme le précise Gilbert Saron, ancien directeur du cabinet du gouverneur de la Réunion, de prouver que le capitaine Vérines montrait la connaissance parfaite qu’il avait de son métier, et ses qualités d’observation et de psychologie.

Il deviendra même l’ami d’un célèbre prisonnier Abd-El-Krim, adversaire de la France et principal protagoniste marocain de la guerre du Rif.

Promu chef d’escadron le 25 juin 1936, décoré de la rosette de la Légion d’Honneur au cours de l’été 1937, après treize ans passés à la Réunion, l’heure de son retour en métropole est prévue pour le 4 août.

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Jean Vérines à la Garde républicaine

Le chef d’escadron Jean Vérines s’installe à Paris au début de l’année 1938, après un congé de cinq mois qui lui permet de reprendre contact avec la vie de la métropole. Très rapidement, l’officier impressionne et inspire le respect. Sportif, Vérines devient le directeur des sports de la Garde. Il se montre novateur en mettant en place une section gymnastique qui lui survivra jusqu’à sa dissolution en 1981.

Mais évoquer Jean Vérines à la Garde républicaine c’est inexorablement parler de son attitude face à l’ennemi allemand.

L’ennemi se présente le 14 juin au matin dans Paris, ville déclarée ouverte la veille. Le chef d’escadron Vérines ressent une grande amertume. La capitale devait être défendue avec acharnement. Il n’en a rien été. Il s’attend à être fait prisonnier dans les heures qui suivent l’entrée des Allemands. Il met ses affaires en ordre. Il écrit à son épouse et parallèlement à son fils Guy. Le contenu est éloquent. « Petit Guy, deux mots à la hâte car je vais être fait prisonnier. Ordre est donné à la Garde de rester à Paris sans combattre...Courage petit et passe brillamment tes examens. Au cas où la lettre que j’écris en même temps à maman et tonton Emile ne leur parviendrait pas, tu leur feras savoir. Préviens l’Abbé et Marie-Louise. Je tremble de honte d’être ainsi obligé de rester…Mais le général gouverneur reste et nous garde avec lui. A bientôt, petit Guy. Je t’embrasse de tout mon cœur qui t’aime. Ton papa Jean. »

Le ressentiment est d’autant plus difficile que Jean Vérines doit accepter la présence de l’ennemi dans sa propre caserne. Ceux-ci occupent principalement le bunker au sous-sol de la caserne dans lequel se trouve le poste de commandement permettant de couvrir toute la défense aérienne de Paris. Dans ce contexte de l’Occupation, Vérines entrevoit la possibilité de résister. Reste à savoir que faire? Isolé, il ne peut rien faire. Or, au travers des réunions d’anciens combattants de son régiment de 14, ceux du 147ème d’infanterie, il espère nouer des liens avec des personnes partageant sa volonté de poursuivre le combat. Au gré du temps, l’amicale de ce régiment a été renforcée par des plus jeunes. Parmi ces hommes, André Visseaux. Vérines intègre le réseau Saint-Jacques par son entremise. Il permet à Vérines de rencontrer Maurice Duclos, gaulliste de la première heure, officier ayant combattu à Narvik et qui use d’un nom d’emprunt, Saint-Jacques, nom d’une station de métro sur la ligne Etoile-Nation. Les deux hommes se rencontrent à la mi-août à la caserne du Prince-Eugène. Ils tombent d’accord. Le médecin Chaïa est présenté. Le premier objectif pour le commandant est d’espionner les plages de Normandie car les Anglais s’inquiètent de savoir si les plages ne vont pas servir de base de départ pour attaquer la Grande-Bretagne. Après la bataille d’Angleterre, cette région reste primordiale en termes de renseignements. En quelques mois, Vérines met en place un véritable réseau de renseignements militaires dépassant le cadre de la Garde et de la région parisienne. Des civils s’ajoutent aux militaires. En juillet 1941, un de ses adjoints, le capitaine Martin, est arrêté sur la ligne de démarcation, à Bléré. Le même été, il perd le docteur Chaïa muté au camp de prisonnier de Châlons-sur-Marne puis il est avisé de sa nomination aux fonctions de commandant militaire des Invalides. C’est à ce moment que le réseau va être démantelé. La Gestapo procède aux arrestations durant deux mois. La sœur de Duclos est arrêtée. Le commandant Vérines apprend les arrestations par le capitaine Caillier, beau-frère de Marcel Haboult, arrêté en compagnie de son fils. En l’espace de deux semaines, quinze membres du réseau sont arrêtés par la Gestapo. Saint-Jacques poursuivi reçoit l’ordre de rejoindre Londres via l’Espagne. Que va faire le commandant Vérines en l’absence du chef? Le réseau comprend entre 20 à 25000 membres prêts à l’action. En septembre les arrestations reprennent; le travail du réseau ne fléchit pas, au contraire. Début octobre, le capitaine Germain Martin, à Tours et le colonel Emile Boilin à Amiens sont pris. Puis c’est le tour de l’abbé Roger Derry. L’étau se resserre sur Vérines.

L’arrestation du commandant Vérines

Les Allemands se présentent une première fois le 9 octobre à la caserne du Prince Eugène. Vérines est absent. Le lendemain 10 octobre, ils sont de retour. Il est huit heures lorsqu’ils pénètrent de force dans son bureau, l’arme au poing. Le capitaine Cailler a beau protester, après avoir été fouillé, le commandant est emmené.

Il semble que Vérines soit aussitôt incarcéré à Fresnes. Aucun témoignage, aucune trace dans les premiers temps ne permettent d’informer le commandement et la famille du sort du commandant. C’est quelques semaines plus tard, qu’un résistant chargé d’apporter du linge de rechange dans les prisons parisiennes que l’on apprend où est détenu le prisonnier. Les arrestations se poursuivent, le colonel Raby et le lieutenant Ernest Laurent sont interpellés à Tours. Entre août et octobre 1941, le réseau Saint-Jacques est entièrement démantelé mais le principe de cloisonnement permet aux gardes de ne pas être inquiétés. C’est Jacques Daroussin, lieutenant dans la Résistance, qui prendra la suite.

La captivité de Vérines en Allemagne

Après deux mois d'incarcération à Fresnes, il est transféré en Allemagne, le 9 décembre 1941, précisément à la prison de Düsseldorf. Là, il y retrouve sans le savoir le colonel Boillin. Le régime est celui du secret le temps de l’instruction qui dure près d’un an. Le commandant ne reçoit rien, aucun courrier, aucun colis de la Croix rouge. Ses lettres ne parviendront jamais à sa femme. La cécité l’atteint au fur et à mesure de son amaigrissement dû à la faim jusqu’à devenir totale. L’abbé Roger Derry, membre du réseau Saint-Jacques et prisonnier est d’un grand réconfort pour Vérines, profondément croyant. Les deux hommes ne se font pas d’illusion sur le destin. L’aumonier militaire, le père Merzbach témoignera, après guerre, dans un rapport officiel de son admiration pour le commandant.

Le 23 août, le procès intervient. Le président pose cette question pour le moins étonnante: pouvez-vous nous donner votre parole d’honneur que vous n’avez pas fait partie d’un réseau de résistance contre l’Allemagne?

La réponse ne peut qu’être négative. Le verdict tombe sans appel: la peine de mort. Le commandant, ancien de 14, comme le reste des condamnés, refuse de signer un recours en grâce adressé à Hitler. Durant les trois semaines qui vont précéder l’exécution, ils sont classés « Nacht und Nebel », Nuit et Brouillard, ce qui signifie qu’ils sont destinés à la disparition. Jean Vérines porte le matricule « N.N 401 ».

Ils sont transférés à la prison de Cologne, le 20 septembre 1943. Ils font escale à Rheinbach. Cologne est l’ultime lieu de leur calvaire. Le 9 octobre, le colonel Raby, l’ami et le supérieur dans la Résistance, le capitaine Morel, le premier à être arrêté à Tours, tombent sous les balles allemandes. C’est l’antenne tourangelle du réseau qui disparaît. C’est au tour de l’abbé Roger Derry. Il est décapité à la hache.

L’exécution du commandant Vérines

Le commandant demanda à s’entretenir avec l’aumonier militaire Gertgès. Le cortège est composé du gardien-chef et de l’aumonier. Vérines chante la Marseillaise, l’abbé Derry, quelques jours auparavant chantait un Te Deum. Jean Vérines est amené devant le poteau. Il refuse d’avoir les mains liées et les yeux bandés. Il se redresse. De sa main gauche, il montre aux soldats son cœur. L’officier lève son sabre. Le commandant crie « Vive la France ! Quelle vive ! ». L’ordre rauque ordonne l’ouverture du feu « Feuer ».

Le corps de Jean Vérines va reposer dans un petit cimetière de l’Ouest. Le père Gertgès note les lieux d’inhumation des N.N qui ne doivent pas être identifiés. Dégagé en 1945, le lieu de sépulture sera entretenu jusqu’en octobre 1948 par la Croix-Rouge française avant que le corps ne soit rapatrié et rendu à la famille.

(Sources : Garde républicaine Crédits photo : Garde républicaine)

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Surnommé "le bras de Dieu", le capitaine(r) Hubert Clément.

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Hubert Clément est un personnage oublié. Il va pourtant se comporter en héros : d'abord comme soldat lors de la Libération de la France, puis comme officier de la Gendarmerie en Algérie. C'est d'ailleurs au cours de l'embuscade d'Azai qu'il va être héroïque : avec quatre de ses hommes, gravement blessé à la tête, il va résister à plus d'une centaine d'hommes du FLN, refusant de reculer tant que ses hommes ne sont pas en sécurité. Ni Légion d'honneur ou Panthéon pour Hubert, pourtant un homme extraordinaire

Le caporal Hubert Clément a 24 ans lors de la défaite française de juin 1940. Refusant de déposer les armes : il rejoint

l'Afrique du Nord et les Forces Françaises Libres. Le désormais sergent Clément sert au sein du Groupe de Bombardement Bretagne et participe aux campagnes du Maroc, de

Tunisie, de Sicile, et d'Italie. Après le débarquement de Provence, il est affecté aux éléments de la 1re armée française et combat lors des campagnes de France et d'Allemagne en 1944-45.

Rendu à la vie civile en septembre 1945, Hubert rejoint la Gendarmerie Nationale dès 1946 : major de sa promotion, il devient rapidement commandant de Brigade. En 1955, il commande celle de Sebdou lors de la guerre d'Algérie. Le 25 novembre 1955, sa vie change : c'est l'embuscade d'Azail.

Deux officiers et trois gendarmes de la Brigade de Sebdou tombent dans une embuscade tendue par plus d'une centaines de rebelles alors qu'ils font route vers Beni Bahdel : vers 18h30, après la tombée de la nuit, le premier véhicule, celui du chef de patrouille Hubert Clément, est touché par des rafales d'armes automatiques.

Le premier véhicule quitte la route et se retourne au fond d'un ravin. Hubert Clément est gravement blessé : une balle ennemie l'a touché en pleine tête. Son chauffeur est lui aussi blessé. Les hommes du second véhicule ripostent et traversent la route sous le feu ennemi pour rejoindre le premier véhicule. Hubert Clément est retrouvé inconscient, saignant abondamment de la tête.

Mais le Maréchal des Logis-Chef Clément revient à lui et combat, alors même que les 5 Français sont totalement encerclés ! Pendant plus d'une vingtaine de minutes, les gendarmes abattent plusieurs ennemis. Mais les munitions manquent : les gendarmes décident de tenter une percée vers leur base de Sebdou.

Hubert Clément ordonne la retraite : dégoulinant de sang, malgré une douleur insoutenable, il va couvrir le repli de ses quatre gendarmes en faisant feu à découvert sur les positions ennemies ! Il parvient tant bien que mal à les rejoindre. Débute une longue et difficile marche de plus de deux heures : le Maréchal des Logis-Chef Clément doit être aidé, s'évanouissant plusieurs fois. Mais par miracle, ils atteignent Sebdou : les deux blessés sont emmenés à l’hôpital militaire de Tlemcen. Clément est sauf, par miracle : la balle s'est logée dans sa tempe gauche, s'écrasant sur la partie dure du crâne, ne le traversant pas. Il gagne alors son surnom : le « grand Gendarme » ou le « Bras de Dieu »

Après Azail, Hubert devient un modèle pour la Gendarmerie et l'armée française. Il est décoré de la Médaille Militaire, de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de Vermeil et de la Médaille de la Gendarmerie avec grenade de Bronze, qui viennent en complément de la Croix du combattant et de la Médaille des blessés de guerre (de la Seconde Guerre mondiale).

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Hubert, devenu une cible, échappe à trois embuscades du FLN. Il est alors rapatrié à Oran dans l'État-major de la Légion. Après les Accords d'Évian en 1962, volontaire, il reste en Algérie après l'indépendance afin de rapatrier le matériel militaire de la Gendarmerie vers la France. Il est finalement rapatrié début 1963. Il occupe différents postes de commandement, avant de prendre sa retraite en 1968 après 25 ans de services, dont 8 de guerre. En 1970, il est nommé Capitaine de réserve et est proposé pour l'Ordre National du Mérite. Il meurt en 2012.

(Source : Jean-Claude Rosso, theatrum-belli & Wikimilitary-Passionmilitaria)

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      Et pourquoi pas gérer un PSIG ? 😂
       
      Donc si quelqu'un qui s'y connait réellement pourrait m'aiguillier là-dessus et me dire quelles sont les missions variées d'un Officier de Gendarmerie en Dominante Sécurité Publique Générale, merci beaucoup !


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    HernanF

    Posted

    L'un des Rafale biplace de l'opération Chammal au Levant.

    Sirem

    Posted

    Bonjour à tous, En ce mois de janvier 2022 je vous souhaite une belle année ! Je partage aujourd'hui avec vous cette photo, il s'agit de 2 plaques émaillées provenant des archives familiales et concernant mon grand-père. Leur dimension est d'environ 8 cm. Il y a probablement un lien avec ses fonctions durant la seconde guerre mondiale au service auto de l'EMP du Général de Gaulle à Alger puis à Paris (en tant que sergent-chef et qu'ex FFL). Je suppose que ce sont des plaques à poser à l'avant du véhicule sur la calendre ou le radiateur, cela m'échappe un peu et je suis preneur d'informations si vous en avez car ma recherche sur internet n'a rien donné. Merci d'avance pour votre aide.

    berogeitabi

    Posted

    J'avais vu l'info, mais dans une très courte dépêche. 

    Bouchon-Gras 49

    Posted

    Merci Heïdi, comme souvent les média n'y font même pas allusion, trop pris dans la bataille du "trône", écœurant ! Nous leurs souhaitons un prompt rétablissement.

    Bouchon-Gras 49

    Posted

    Dans la Marine nous sommes (sauf les fusiliers marins) équipé du Famas G2 qui est conforme à la norme de standardisation STANAG 4719 de l'OTAN. La particularité de ce fusil d'assaut est d'avoir la baïonnette positionné au dessus du canon et non en dessous comme la plus part de autres fusils. Notons également qu'ils sont équipés pour tirer des grenades à fusil, en tire courbe ou tendu.  
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