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On oublie que durant la Grande guerre, celle de 14-18, si les paysans, les ouvriers, les contres maitres, les patrons, chefs d'entreprises, commerçants, industriels... furent mobilisés, l'élite et notamment les artistes ne fuirent pas leurs devoir.

Je vous propose quelques portraits d'hommes célèbres ou oublier ; poètes, écrivains, sculpteurs, peintres...

Jean-Julien Lemordant, artiste peintre.

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Le sous-lieutenant Jean-Julien Lemordant photographié en 1917.

 

D'après ce qui a été raconté au moment du retour triomphal du peintre dans sa ville natale en , son grand-père aurait été « ancien corsaire ». Orphelin dès l'adolescence, sans ressource, Jean-Julien Lemordant réussit à étudier la peinture à Rennes puis à Paris dans l'atelier de Léon Bonnat.

Ancien élève de l'École régionale des beaux-arts de Rennes où il est le condisciple de Camille Godet, Pierre Lenoir et Albert Bourget,

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Peintre de la Bretagne et de la mer, on l'a qualifié parfois de « fauve breton », quoiqu'il ait travaillé surtout à Paris. Sa palette très colorée est une de ses principales qualités et il sait admirablement représenter les mouvements des hommes, les danses, mais aussi ceux de la mer, du vent, de la pluie. Son œuvre principale demeure la grande décoration que lui commanda le maire de Rennes, Jean Janvier, pour décorer le plafond du théâtre, aujourd'hui Opéra. Réalisée avec une grande rapidité, l'œuvre fut mise en place en 1914. Elle représente une danse bretonne endiablée aux multiples personnages. On connaît au moins 60 études préparatoires à cette grande composition, le musée des Beaux-Arts de Rennes en conservant une. Signalons aussi le décor conçu, sur le thème général de la Bretagne, pour l'hôtel de l’Épée à Quimper. Menacé de disparition lorsque l'hôtel ferma en 1975, il fut acquis par le musée des beaux-arts de Quimper, mais le manque de place ne permit de l'exposer qu'après rénovation complète du musée en 1993.

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Il se construit un hôtel particulier au numéro 38 avenue René-Coty à Paris, en sa qualité d'architecte, ancien élève d'Emmanuel Le Ray, architecte de la ville de Rennes.

( Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Julien_Lemordant  )

 

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Le conflit de 1914 sonne pour Lemordant le glas d’une carrière prometteuse tout en marquant le point de départ du mythe de l’artiste aveugle, héros de la nation meurtri dans sa chair. Lemordant passe au front deux mois. Deux mois de combats mouvementés, marqués par l’horreur, la mort, le feu et la boue. Dans la région d’Arras, il est laissé pour mort sur le champ de bataille. Ses blessures sont nombreuses et graves, en particulier au-dessus de l’œil droit, où une balle de revolver a pénétré dans la tempe, broyant l’os. Après quatre jours passés dans la boue, sans soins, il est ramassé par des brancardiers allemands et fait prisonnier.

 

Envoyé dans un camp de prisonniers, il est ensuite échangé en 1916 et retrouve la liberté.

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Galerie d’art de l’Université de Yale Portrait de Jean-Julien Le Mordant (à gauche). Par Kendall alors doyen de la Yale School of Fine Arts.  Il a montré l’artiste et architecte breton Jean-Julien LeMordant, qui a reçu un prix de Yale pour la bravoure et le leadership dont il a fait preuve dans la guerre de tranchées de la Première Guerre mondiale.

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il retrouvera la vue 50 ans plus tard, après une trentaine d'opérations. 

 

En 1918, considéré comme un héros, il fait campagne plusieurs mois aux États-Unis en faveur de la France. De multiples opérations lui permettront de recouvrer la vue avec éclipses et de reprendre la peinture, et même du service pendant la seconde guerre mondiale.

De juillet à septembre 1967, une exposition de ses esquisses et études pour le plafond du théâtre de Rennes eut lieu au musée des beaux-arts de Rennes. Il mourut à la suite d'une complication pulmonaire, incommodé les jours précédents par les gaz lacrymogènes.

Lemordant décède à Paris le 11 juin 1968. Sept personnes assistèrent à ses funérailles.

 

https://histoire-image.org/fr/etudes/engagement-artistes-grande-guerre

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L'écrivain, poète et essayiste Charles Peguy.

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Il obtient son baccalauréat le . Demi-boursier d'État, Péguy prépare ensuite le concours d'entrée à l'École normale supérieure au lycée Lakanal, à Sceaux, puis au collège Sainte-Barbe, où commence une amitié avec Léon Deshairs, futur directeur de l'École des arts décoratifs, qui dessine et lui offre son portrait à mi-jambe, et où il suit avec Raoul Blanchard les cours d'allemand d'Albert Lange au lycée Louis-le-Grand. Il fréquente encore la chapelle du lycée Lakanal en 1891-1892. D'après son condisciple Albert Mathiez, c'est peu à la fin de cette période qu'il devient « un anticlérical convaincu et pratiquant ». Il intègre l'École normale supérieure le , sixième sur vingt-quatre admis.

Entre-temps, il s'engage le 11 novembre 1892 comme soldat de première classe au 131e régiment d'infanterie d'Orléans et y fait son service militaire jusqu'au 27 septembre 1893.

À l'École normale supérieure, il est l'élève de Romain Rolland et d’Henri Bergson, qui ont une influence considérable sur lui : « Nourri… de la fleur de l'esprit classique en même temps que des généreux idéaux de l'esprit moderne, Péguy était appelé à concilier en lui les appels les plus divergents et à incarner la totalité de l'esprit français ». Il y affine également ses convictions socialistes, selon une vision personnelle faite de rêve de fraternité et de convictions tirées de sa culture chrétienne, qu'il affirme dès sa première année à l'École. Lorsqu'éclate l'affaire Dreyfus, il se range d'emblée du côté des dreyfusards. En février 1897, il écrit son premier article dans la Revue socialiste, et en juin 1897, achève d'écrire Jeanne d'Arc, un mystère lyrique en vue duquel il a effectué un important travail de documentation.

Son socialisme libertaire n'est pas un programme politique, et ne relève pas d'une idéologie plus ou moins fondée sur le marxisme ; pour Péguy, le socialisme choisi et formulé dès sa jeunesse est essentiellement un idéal rêvé de société d'amour et d'égalité entre les hommes : « Comme il eut souci de tenir ensemble sa foi politique et sa foi religieuse, Péguy n'entend pas séparer son baptême et sa culture ».

Sur la Commune de Paris, Charles Péguy a écrit dans Notre Jeunesse : « Le 18 mars même fut une journée républicaine, une restauration républicaine en un certain sens, et non pas seulement un mouvement de température, un coup de fièvre obsidionale, mais une deuxième révolte, une deuxième explosion de la mystique républicaine et nationaliste ensemble, républicaine et ensemble, inséparablement patriotique ».

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Le , il est promu sous-lieutenant de réserve.

Un an plus tard, il fonde, près de la Sorbonne, la librairie Bellais, qui sert de quartier général au mouvement dreyfusiste ; son échec à l'agrégation de philosophie l'éloigne définitivement de l'université. À la même époque, il écrit dans la Revue blanche.

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Cependant, dès 1900, après la quasi-faillite de sa librairie, il se détache de ses associés Lucien Herr et Léon Blum et fonde dans la foulée les Cahiers de la Quinzaine, au 8, rue de la Sorbonne, revue destinée à publier ses propres œuvres et à faire découvrir de nouveaux écrivains. Romain Rolland, Julien Benda, Georges Sorel, Daniel Halévy et André Suarès y contribuent.

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Le premier numéro paraît le , tiré à mille trois cents exemplaires ; en quatorze années d'existence et deux cent vingt-neuf Cahiers à parution très irrégulière, la revue ne dépasse jamais les mille quatre cents abonnés, et sa survie reste toujours précaire. Il fut un farouche défenseur de la cause arménienne, lors des massacres qui préludèrent au génocide.

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En 1913, dans L'Argent, Charles Péguy est le premier à employer l'expression « hussards noirs » à propos des élèves-maîtres de l'École normale d'Orléans dont il fréquenta l'école primaire annexe de 1879 à 1885 : l'expression est employée depuis lors pour désigner les instituteurs de la IIIe République après le vote des lois Jules Ferry.

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Lieutenant de réserve, il part en campagne dès la mobilisation en août 1914, dans la 19e compagnie du 276e régiment d'infanterie. Il meurt le 5 septembre, en Goële, près de Meaux, lieu essentiel des combats de la bataille de l'Ourcq à la veille de la première bataille de la Marne, tué d'une balle au front, alors qu'il exhortait sa compagnie à ne pas céder un pouce de terre française à l'ennemi. Il serait mort, selon Victor Boudon, l'un de ses camarades de combat présents à ses côtés, en disant : « Oh mon Dieu, mes enfants… »

(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Péguy  )

 

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 La pièce d’exception de ce musée est le képi de Charles Péguy, le poète qui est mort au combat sur le front de la bataille de la Marne, à Villeroy précisément, le 5 septembre 1914. Il avait 41 ans.

Musée 14-18, rue Charles-Péguy à Villeroy. Ouvert ce 11-Novembre de 10 heures à 17 heures. Entrée gratuite. Tél. 01.60.61.03.97.

( Source :  Villeroy : le petit Musée 14-18 sera ouvert ce vendredi 11 novembre - Mémoires de Guerre (memoiresdeguerre.com) )

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Blaise Cendras, écrivain et poète.

Frédéric Louis Sauser, connu sous le pseudonyme Blaise Cendrars, est un écrivain et poète suisse. Né le 1 septembre 1887 à Chaux-de-Fonds en Suisse dans une famille bourgeoise, il est amené très tôt à voyager. Mauvais élève, il est envoyé en Russie pour assister un horloger suisse de Saint Pétersbourg. Il commence à écrire à cette période.

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De retour en Suisse, en 1907, il interrompt ses études de médecine pour voyager à travers le monde. Pendant un séjour à New York en 1911, il rédige son premier grand poème intitulé Les Pâques à New York. Deux ans plus tard, il publie à Paris La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, son plus célèbre poème.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, il s'engage dans la Légion étrangère. Le 28 septembre 1915, au cours de la grande offensive de Champagne, il est grièvement blessé au bras droit par une rafale de mitrailleuse. Il est amputé au-dessus du coude et perd un bras.

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 Naturalisé français en 1916, il décide de se tourner vers le roman après un séjour au Brésil. En 1925, il publie L'Or, où il narre l'histoire d'un millionnaire suisse qui perd sa fortune après avoir découvert de l'or sur ses terres.

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Ce roman rencontre un succès mondial et fait de lui un grand romancier d'aventure. Ses talents se confirment à travers ses romans suivants, Moravagine (1926) et Les confessions de Dan Yack (1929).

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Cendrars par Modigliani - 1917

 

Dans les années 1930, Blaise Cendrars s'essaie au journalisme et publie plusieurs longs reportages, notamment Rhum (1930) et La vie dangereuse (1938). Après le début de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris pour Aix-en-Provence, et cesse d'écrire. Il sort de son silence en 1943, poussé par le romancier Édouard Peisson, et se lance dans la rédaction d'une tétralogie de mémoires, marquées par la perte de son bras droit.

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Il publie L'homme foudroyé en 1945. Dans La main coupée (1946), il s'inspire de sa propre expérience pour dénoncer les atrocités de la guerre. Ces deux volumes sont suivis de deux autres mémoires, Bourlinguer (1948) et Le Lotissement du ciel (1949).

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Blaise Cendrars revient à Paris en 1950 et collabore à des émissions de radio. En 1959, il publie trois pièces radiophoniques nommées Films sans images. Il écrit Emmène-moi au bout du monde, qui est sa dernière œuvre en 1956. Il est victime d'une première attaque cérébrale le 21 juillet 1956, puis d'une seconde l'année suivante. En 1959, c'est un Blaise Cendrars à demi paralysé, mais toujours debout, qu'André Malraux fait Commandeur de la Légion d'honneur. Il meurt le 21 janvier 1961 à Paris, quelques jours après avoir reçu la seule récompense littéraire officielle qu'il ait obtenue de son vivant : le grand prix littéraire de la Ville de Paris.

(Source linternaute)

 

 

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Grand poète français, Guillaume Apollinaire.

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Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, est né à Rome, en Italie. Sa mère était Polonaise, et son père inconnu, probablement un officier italien. En 1901, il s’engagea comme précepteur en Allemagne, et tomba amoureux d’une jeune gouvernante qui refusa ses avances. La douleur de ce rejet marqua ses premiers poèmes. Sa maîtrise de langue française était naturelle, rapide et stupéfiante. Il jouait peut-être même au Scrabble.

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Pablo Picasso, portrait de Guillaume.

 

Il rentra à Paris en 1902 et publia un premier conte appelé « L’Hérésiarque » dans « La Revue blanche ». Il le signa « Guillaume Apollinaire ». Dès lors, il multiplia les publications de poèmes et de contes dans plusieurs revues. Son nom se fit doucement connaître. L’artiste et poète devint l’ami de Pablo Picasso, et suivit avec beaucoup d’intérêt l’évolution du mouvement cubiste. C’est en 1913 qu’il publia « Peintres cubistes », mais aussi un premier recueil « Alcools », dans lequel il choisit d’intégrer plusieurs poèmes rédigés depuis plusieurs années. Il a même réussi à placer une anagramme dans certains poèmes

 

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En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Guillaume Apollinaire souhaita s’engager dans les forces françaises. Seulement, il ne possédait pas encore la nationalité française : il devait donc être naturalisé.

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Il intégra tout de même l’artillerie en décembre de la même année et poursuivit ses écrits malgré la guerre.

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Après un transfert dans l’infanterie en 1915, il devint officiellement Français en 1916. Quelques jours après sa naturalisation, un éclat d’obus le blessa et le poussa à rentrer à Paris pour être soigné.

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À la suite de plusieurs mois de convalescence, il reprit ses écrits et inventa un terme aujourd’hui ancré dans la langue française : surréalisme. Ce terme marqua l’histoire de l’art français, et fit de Guillaume Apollinaire un précurseur du mouvement éponyme.

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C’est en 1918 que Guillaume Apollinaire publia son second recueil de poèmes baptisé « Calligrammes », seulement quelques mois avant sa mort causée par la grippe espagnole. Aujourd’hui, il repose au célèbre cimetière parisien du Père-Lachaise,

(Source https://guillaume-apollinaire.fr/  )

 

 

 

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L'auteur du Grand Meaulnes, Alain Fournier.

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Henri-Alban Fournier est né à La Chapelle-d'Angillon, chef-lieu de canton du département du Cher.

À douze ans, Henri part pour Paris, où il commence ses études secondaires au lycée Voltaire, récoltant presque tous les prix. Rêvant d’« être marin pour faire des voyages », il convainc ses parents, en , qu'il lui faut aller à Brest préparer le concours d’entrée à l’École navale : l’expérience sera trop rude, et il y renonce quinze mois plus tard. C’est au lycée de Bourges qu’il prépare le baccalauréat ; il l’obtient, sans mention, en . Comme beaucoup de jeunes provinciaux, comme Péguy et Giraudoux avant lui, il va poursuivre des études supérieures de lettres au lycée Lakanal, à Sceaux – « l’internat des champs » – de 1903 à 1906, puis au lycée Louis-le-Grand de Paris, où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. 

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Après son échec à l'oral de Normale en , il effectue son service militaire d' à , d'abord à Vincennes et dans diverses casernes de Paris, de Vanves et de Laval, puis comme sous-lieutenant de réserve au 88e régiment d'infanterie à Mirande. Libéré à l'automne de 1909, il ne reprend pas ses études, mais est engagé comme chroniqueur littéraire à Paris-Journal en 1910. Il commence à publier quelques poèmes, essais ou contes qui connaissent quelque succès. Il rencontre alors plusieurs grands peintres et écrivains de son temps : Maurice Denis, André Gide, Paul Claudel, André Suarès et Jacques Copeau, et se lie d'une grande amitié avec Charles Péguy et Marguerite Audoux. Mais surtout il élabore lentement l'œuvre qui le rendra célèbre : Le Grand Meaulnes, paru en  chez Émile-Paul. Ce roman manquera de peu le prix Goncourt, mais sera salué presque unanimement par la critique de l'époque.

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Le , présenté par Charles Péguy, il devient secrétaire de Claude Casimir-Perier, fils de l'ancien président de la République, et l'aide à mettre au point un gros ouvrage, Brest, port transatlantique, qui sera publié en  chez Hachette. 

Alain-Fournier est fréquemment reçu dans leur propriété de Trie-la-Ville, où sont également accueillis Charles Péguy ou Jean Cocteau. C'est sous les arbres du parc du château de Trie qu'il écrira, en 1914, plusieurs chapitres de son second roman qu’il appelle alors « Colombe Blanchet », mais qu'il ne pourra achever avant la déclaration de guerre.

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Lieutenant de réserve, mobilisé le , Fournier part de Cambo dans le Pays basque, où il était en vacances avec Simone, pour rejoindre à Mirande son régiment, le 288e régiment d'infanterie ; il est affecté à la 23e compagnie. Partis d'Auch en train jusqu'au camp de Suippes, ses hommes et lui rejoignent le front après une semaine de marche jusqu'aux environs d'Étain. Avec sa compagnie, il prend part ensuite à plusieurs combats meurtriers autour de Verdun.

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Le , un détachement de deux compagnies, la 22e, commandée par le lieutenant Paul Marien et la 23e, commandée par le lieutenant Fournier, reçoit l'ordre d'effectuer une reconnaissance offensive sur les Hauts de Meuse, en direction de Dommartin-la-Montagne, à vingt-cinq kilomètres au sud-est de Verdun. Si l'on doit en croire les témoignages postérieurs, assez divergents, du sergent Zacharie Baqué et du soldat Laurent Angla, Fournier et ses hommes parviennent jusqu'à la Tranchée de Calonne où ils sont rejoints par le capitaine de Savinien Boubée de Gramont, qui prend la direction des opérations et décide d'attaquer l'ennemi. Entendant des coups de feu, ils veulent rejoindre la 22e compagnie de Marien qui s'est trouvée face à un poste de secours allemand et a ouvert le feu. Après avoir fait quelques prisonniers, ils sont pris à revers par une compagnie prussienne à la lisière du bois de Saint-Remy et décimés par la mitraille. Trois officiers (dont Fournier) et dix-huit de leurs hommes sont tués ou grièvement blessés, tandis que Marien et le reste du détachement parviennent à se replier. Sur le Journal de marche et d'opérations du 288e R.I., trois officiers, un sergent et dix-huit soldats des 22e et 23e compagnies sont portés « disparus » au « combat de Saint-Remy, du 21 au 30 septembre ».

S'il faut croire certaines sources, la patrouille dont Fournier faisait partie avait reçu l'ordre de « tirer sur des soldats allemands rencontrés inopinément et qui étaient des brancardiers », et avait obéi, ce que les Allemands auraient considéré comme un crime de guerre. Selon Gerd Krumeich, professeur à l’université de Düsseldorf, il est exact que la patrouille de Fournier attaqua une ambulance allemande, mais il est difficile d'établir les faits précis.

Un documentaire vidéo cite trois mémoires rédigés plus tard par deux Français et un Allemand, qui éclairent la situation : les troupes françaises avancent, voient des soldats allemands chargés d'armes, et tirent immédiatement sur eux. Ces Allemands étaient des brancardiers qui avaient pour mission de regrouper des blessés autour d'une ambulance, et de ramener dans le même temps les armes de ces mêmes blessés, d'où une méprise des soldats français, accentuée par le stress et la fatigue.

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La fiche militaire de décès, publiée sur le site Mémoire des Hommes, mentionne que Fournier a été tué par l'ennemi le  à Vaux-lès-Palameix (Meuse), commune proche de la Tranchée de Calonne. Le bois de Saint-Rémy se trouve entre la limite de cette commune et la Tranchée de Calonne (qui n'est pas une tranchée mais une route). Un monument lui est dédié, à l'intersection entre cette route et le chemin menant de Vaux-lès-Palameix à Saint-Rémy-la-Calonne.

La disparition du lieutenant Fournier, rapportée par la presse, impressionne fortement ses contemporains, bien qu'il n'ait été officiellement déclaré « mort pour la France » qu’en . Il est ensuite décoré de la croix de guerre avec palme et nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

Le lieu exact de sa sépulture demeure inconnu pendant plus de trois quarts de siècle. Dès 1977, Michel Algrain enquête sur la localisation probable des derniers moments d'Alain-Fournier et parvient à coordonner des recherches. Son corps et ceux de ses vingt compagnons d'arme, pour la plupart originaires de la région de Mirande, sont retrouvés par Jean-Louis, le , dans les bois près de Saint-Rémy-la-Calonne. Ils avaient été enterrés dans une fosse commune creusée par l'armée allemande sur le lieu du combat. Après des fouilles archéologiques méthodiques et un examen approfondi des squelettes en laboratoire, ils sont ré-inhumés solennellement dans la nécropole nationale de Saint-Rémy-la-Calonne.

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La légende d'un écrivain mort pour la France en pleine jeunesse après avoir écrit un seul roman a sans doute contribué à assurer la fortune littéraire d'Alain-Fournier. Son nom figure sur les murs du Panthéon, à Paris, dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la Première Guerre mondiale.

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Alain-Fournier est généralement considéré comme l’auteur d’un seul livre : son roman Le Grand Meaulnes, publié en 1913 alors qu’il avait vingt-sept ans, n’est pourtant pas son seul écrit. C’est d’abord par des poèmes en vers libres qu’Henri Alain-Fournier manifeste à partir de l’été 1904 – il a dix-sept ans – son désir de devenir écrivain. Quelques-uns de ces premiers poèmes et nouvelles ont été publiés de son vivant dans diverses revues, connaissant un certain succès ; avec la plupart des autres, ils furent rassemblés en 1924 par son beau-frère Jacques Rivière chez Gallimard, sous le titre Miracles. 

(Sources :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain-Fournier )

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Bonjour,

Pour ceux qui passeraient dans ce coin du Berry, le musée Historimage du domaine de la Grande Garenne (où se trouve la Fondation Maginot) à Neuvy-sur-Barangeon, possède un petit espace dédié à Alain Fournier ainsi qu'à quelques autres écrivains de guerre.

Quant à Monsieur Guillaume (Cointreau-Whisky comme disaient ses camarades), je ne peux que vous conseiller la lecture de Les Obus jouaient à pigeon-vole de Raphaël Jerusalmy, publié chez Bruno Doucey en 2016.

Un bijou d'opuscule qui retrace les 24 heures avant la frappe qui blessa Apollinaire. On y découvre l'humour du poète, le grand esprit de camaraderie qui l'animait et le quotidien des tranchées.

Je profite de ces remarques pour remercier Bouchon Gras de la belle idée qu'il a de nous offrir ces rétrospectives.

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Auteur majeur du XIXeme siècle, Céline, malgré son antisémitisme virulent et son collaborationniste.

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Louis Ferdinand Auguste Destouches, Céline , est né le 27 mai 1894 à Courbevoie. Il est l'un des écrivains français les plus traduits et diffusés dans le monde, après Marcel Proust.

Son œuvre est toutefois l'objet régulier de polémiques violentes, en raison de son antisémitisme haineux. Toutefois, son écriture particulière, son réalisme et son style en ont fait un écrivain très important.

Céline est issu d'une famille de petits commerçants et d'artisans. Ses parents s'installent dans le quartier de l'Opéra, à Paris, que Céline décrira comme « sa cloche à gaz », en raison de l'éclairage de la galerie par des becs à gaz. Son enfance lui inspirera des éléments de Mort à crédit.

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Sa formation est sommaire, malgré quelques séjours linguistiques. Adolescent, il occupe quelques petits emplois.

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Il s'engage en 1912 dans l'armée française à l'âge de 18 ans, par devancement d'appel. Ses blessures au combat et les opérations spécifiques de son régiment lui valent la Croix de guerre et la Médaille militaire. Ses expériences serviront à l'écriture de Casse-pipe. Mais la guerre le marque et il développe son penchant pacifiste et pessimiste.

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Après la guerre, Céline épouse Edith Follet (ils ont une fille ensemble), puis il passe le baccalauréat en 1919 et fait des études de médecine jusqu'en 1924. En tant que médecin, il voyage à plusieurs reprises en Afrique et en Amérique, et mène aussi une lutte contre la tuberculose.

En 1926, Céline rencontre la danseuse américaine Elizabeth Craig, l'amour de sa vie, à qui il dédiera Voyage au bout de la nuit (1932). Mais leur histoire tourne court et après être parti à sa recherche, Céline découvre qu'elle est avec un autre homme.

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Céline a créé ou entretenu de nombreux mythes et légendes à son propos (par exemple, il aurait été trépané pendant la guerre).

Son Voyage au bout de la nuit, qui paraît en 1932, lui vaut le prix Renaudot. Sa notoriété est fulgurante.

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La part sombre et polémique de Céline

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Céline, malgré la qualité littéraire d'une grande partie de son œuvre, est l'objet de terribles divisions.

En effet, vers la fin des années 30, Céline n'hésite pas à prôner la haine raciale dans des pamphlets d'une violence sans précédents, qu'il s'agisse de Bagatelles pour un massacre (1937) ou de L'Ecole des cadavres (1938). Durant l'Occupation, Céline en publie un troisième, Les Beaux Draps, qui s'attaque non seulement aux Juifs, mais aussi à la majorité des Français soupçonnés de métissage.

Lorsqu'il présente ses pamphlets, Céline déclare : « Je viens de publier un livre abominablement antisémite, je vous l'envoie. Je suis l'ennemi n°1 des juifs ».

Ce profond antisémitisme l'amène à devenir pro-nazi, et à se rapprocher du journal de Louis Darquier de Pellepoix, la France enchaînée, lié aux milieux d'extrême droite français.

La période de la seconde guerre mondiale est tout aussi affligeante, puisque l'écrivain soutient publiquement la collaboration. Par exemple, il envoie de nombreuses lettres aux journaux collaborationnistes, et certaines sont publiées.

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Cela explique que, mis au ban des personnalités respectables à partir de cette période et de la Libération, Céline s'exile en Allemagne puis au Danemark, avant de revenir en France.

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Il faut attendre l'année 1957 pour que D'un château l'autre le fasse revenir dans l'actualité littéraire. Il décède en 1961 d'une rupture d'anévrisme.

(Source : France Culture)

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Lauréat du prix Nobel de littérature en 1915, Romain Rolland, trop âgé pour être mobilisable, il décide de dénoncer la quête de la victoire total.

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Issu d'une famille de notaires Romain Rolland, né le 29 janvier 1866 à Clamecy (Nièvre) , il trouve dans son ascendance des paysans et des bourgeois aisés.

Il est professeur d'histoire aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand, membre de l'École française de Rome, professeur d'histoire de la musique à la faculté des lettres de l'université de Paris et professeur d'histoire de l'art à l'École normale supérieure.

Reçu à l'École normale supérieure en 1886, où il se lie avec André Suarès ou Paul Claudel, il se destine au concours d'agrégation de philosophie, auquel il renonce pour ne pas avoir à se soumettre à l'idéologie dominante - manifestation de ce qui sera sa règle, l'indépendance d'esprit. Il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1889.

Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre de l'École française de Rome, où sa rencontre avec Malwida von Meysenbug, qui avait été l'amie de Nietzsche et Wagner, ainsi que la découverte des chefs-d'oeuvre de l'art italien, seront décisives pour la construction de sa pensée. À son retour en 1895, il passe son doctorat de lettres en présentant une thèse sur Les origines du théâtre lyrique moderne. Histoire de l'opéra en Europe avant Lulli et Scarlatti. Il s'installe en 1901 au 162 boulevard du Montparnasse à Paris, logement qu'il quittera après y avoir écrit Jean-Christophe.

Ce jeune homme exigeant mais timide n'aime pas l'enseignement. Dès que la littérature lui assure de modestes revenus, il donne sa démission de l'Université, en 1912.

 

Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale, dont il comprend très vite qu'elle est un « suicide » de l'Europe. Bouleversé à l'idée du déclin de l'Europe et n'étant pas mobilisable du fait de son âge (48 ans), il décide de ne pas quitter le pays. Outre son engagement au sein de la Croix-Rouge, basée à Genève, il demeure aussi en Suisse afin de pouvoir librement diffuser ses oeuvres. Ainsi, dans la série de pamphlets à l'encontre des pays belligérants,

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Au-dessus de la mêlée, parue au Journal de Genève , Rolland dénonce avec véhémence leur quête d'une victoire totale, empêchant toute négociation d'une paix équitable. Restant « au-dessus de la mêlée », Rolland veut agir aussi bien vis-à-vis de la France que de l'Allemagne. En raison de ses idées, il est considéré par certains (fervents nationalistes ou non) comme un traître dans son pays. Apollinaire par exemple lui est hostile ; dans sa lettre du 18 juillet 1915 à Madeleine Pagès, il dénonce ses "désagréables et très déplacées manifestations presqu'en faveur de l'Allemagne". Outre-Rhin en revanche, il passe presque inaperçu.

Cependant, la publication de ses articles, à Paris, a eu un large écho dans la seconde moitié de la guerre : ils sont traduits en plusieurs langues – sauf en allemand – et ont largement contribué, avec son roman Jean-Christophe,

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à ce qu'on lui décerne le Prix Nobel de littérature en 1915. Pour avoir critiqué les deux camps à propos de leur désir de poursuivre la guerre, de leur volonté d'obtenir une victoire destructrice, Rolland devient une figure non seulement du mouvement pacifiste international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale. En avril 1917, Lénine lui propose de rentrer avec lui dans la Russie en pleine révolution, offre que Rolland décline, se voulant au-dessus des partis, ce qu'il a regretté plus tard1. En 1919, il rédige un manifeste qu'il invite tous les travailleurs de l'esprit à signer. Ce texte, la Déclaration de l'indépendance de l'Esprit cherche à tirer les leçons de la guerre, en définissant une voie libre au-delà des nations et des classes.

 

À compter de 1923, il entretient une discussion avec Sigmund Freud sur le concept de sentiment océanique que Romain Rolland puise dans la tradition indienne qu'il étudie alors avec ferveur. La même année, il préside à la fondation de la revue Europe, avec des membres du groupe de l'Abbaye, notamment René Arcos. En 1924, son livre sur Gandhi contribue beaucoup à faire connaître ce dernier, qu'il rencontre en 1931, et son engagement pour la non-violence.

Ils sont atterrés par la guerre qui commence et le 3 août 1914, Romain Rolland écrit : « Je suis accablé. Je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d'assister, impuissant, à la faillite de la civilisation. » Mais contrairement à Stefan Zweig, il se reprend vite et publie en 1915 l'un de ses textes les plus connus : Au-dessus de la mêlée. C'est l'opiniâtreté de Romain Rolland dans sa lutte contre la guerre qui sauve Stefan Zweig de la dépression et fait qu'il admire de plus en plus celui qu'il considère comme son maître. En 1921, Stefan Zweig publie une biographie de Romain Rolland.

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Entre ces deux hommes, c'est l'histoire d'une grande amitié qui va se développer à partir d'une relation de maître à disciple, même si leurs voies vont quelque peu diverger sur la fin. Stefan Zweig fait connaître Romain Rolland en Allemagne, travaillant inlassablement à sa renommée. Il fait représenter son Théâtre de la Révolution et Romain Rolland lui dédie la pièce qu'il termine en 1924 intitulée Le jeu de l'amour et de la mort avec ces mots : « À Stefan Zweig, je dédie affectueusement ce drame, qui lui doit d'être écrit. »

Durant cette période, ils se voient souvent, chaque fois qu'ils en ont l'occasion :

En 1922, Stefan Zweig est à Paris et l'année suivante, c'est Romain Rolland qui passe deux semaines au Kapuzinerberg ;

En 1924, ils sont à Vienne pour le soixantième anniversaire de Richard Strauss où Stefan Zweig présente son ami à Sigmund Freud qu'il désirait rencontrer depuis longtemps ;

En 1925, ils se retrouvent à Leipzig pour le festival Haendel puis ils partent pour Weimar visiter la maison de Goethe et consulter les archives de Nietzsche ;

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En 1926, pour les soixante ans de Romain Rolland, paraît son livre jubilaire conçu en grande partie par Stefan Zweig qui va donner dans toute l'Allemagne de nombreuses conférences sur l'oeuvre de son ami à propos de qui il a cette phrase magnifique : « La conscience parlante de l'Europe est aussi notre conscience. »

En 1927, c'est à Vienne qu'ils célèbrent ensemble le centenaire de la mort de Beethoven. À l'initiative de Stefan Zweig, Romain Rolland fait partie des personnalités invitées aux festivités et ses articles, son hommage à Beethoven paraissent dans nombre de journaux.

Mais cette grande amitié va peu à peu buter sur des divergences à propos de la situation internationale. En 1933, Romain Rolland écrit sur Stefan Zweig : « Il est trop clair que nos chemins se sont séparés. Il ménage étrangement le fascisme hitlérien qui cependant ne le ménagera pas... » Stefan Zweig de son côté, éprouve les mêmes sentiments. En 1935, il écrit à sa femme Frederike : « La visite à Rolland, décevante hélas, il a l'air vieilli et fatigué. »

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Il s'installe au bord du lac Léman pour se consacrer à son oeuvre. Sa vie est entrecoupée de problèmes de santé et de voyages à l'occasion de manifestations artistiques. Son voyage à Moscou en 1935, à l'invitation de Gorki, fait exception : il s'agissait de rencontrer Staline pour essayer d'agir un peu comme un ambassadeur des intellectuels français de l'Union soviétique. Il est l'un des fondateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel. Il participa, avec Suzanne Cointe, à la création de la chorale populaire de Paris.

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En 1937, il revient s'établir à Vézelay qui tombe en zone occupée en 1940. Pendant l'Occupation, il reste blotti dans une solitude totale et silencieuse.

 

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Adolf Hitler accède au pouvoir en . Pressentant la tragédie qui s'annonce, Stefan Zweig quitte l'Autriche en . Il se suicide en 1942 au Brésil. Romain Rolland termine ses Mémoires. Il met également une touche finale à ses recherches musicales avec les années de Beethoven. Enfin, il écrit Péguy, paru en 1944, dans lequel ses souvenirs personnels éclairent la réflexion d'une vie sur la religion et le socialisme.

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Romain Rolland meurt à Vézelay le .

(Source : JeSuisMort.com / Wikipédia )

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Maurice Barrès de l'Académie Française.

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Né à Charmes (Vosges), le 17 août 1862.

Maître à penser de toute une génération, Maurice Barrès le fut tout autant par son œuvre littéraire que par son style de vie. Dans les années 1880, il fréquenta à Paris le cénacle de Leconte de Lisle et les milieux symbolistes. Parallèlement à sa carrière d’écrivain qui lui assura un succès précoce — il n’a que vingt-six ans quand paraît le premier tome de sa trilogie Le culte du moi — il se lança dans la politique. Boulangiste par anticonformisme et par rébellion contre l’ordre établi, il fut élu député de Nancy en 1889. L’Affaire Dreyfus qu’il vécut comme une menace de désintégration de la communauté nationale l’incita d’emblée à se placer dans le camp des antidreyfusards dont il devint l’un des chefs de file. Dès lors, sa pensée s’orienta vers un nationalisme traditionaliste, plus lyrique et moins théorique que celui de Maurras, mais fondé sur le culte de la terre et des morts.

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Pour défendre ses idées, il fonda, en 1894, son propre journal, La Cocarde, et écrivit surtout entre 1897 et 1902 la trilogie du Roman de l’énergie nationale dans lequel le « culte du moi » se trouvait enfin transcendé dans la fidélité au sol natal.

À la suite de « l’Affaire », il ne devait plus quitter l’arène politique, assumant la présidence de la Ligue de la Patrie française puis celle de la Ligue des patriotes, à la tête de laquelle il succéda à Paul Déroulède en 1914, affichant enfin pendant toute la durée de la guerre un patriotisme cocardier qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne ».

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Dès avant la guerre cependant, l’année 1906 devait lui apporter la consécration politique et littéraire grâce à une double élection : comme député de Paris — il le resta jusqu’à sa mort — et comme académicien. Après s’être présenté en 1905 au fauteuil d’Eugène Guillaume et avoir échoué contre Étienne Lamy (qui devint le 500e « Immortel »), il avait brigué la succession du duc d’Audiffret-Pasquier mais s’inclina, étant simple député, devant la candidature du ministre Ribot. La mort du poète Heredia ouvrit alors une seconde vacance qui permit à Maurice Barrès d’être élu le 25 janvier 1906, par 25 voix contre 8 à Edmond Hauraucourt et une voix à Jean Aicard. Il fut reçu le 17 janvier 1907 par le vicomte de Vogüé. Il reçut à son tour Jean Richepin, en 1909.

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Pendant la Grande Guerre, Barrès est un acteur important de la propagande de guerre qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne ». L'écrivain se fait le champion du « jusqu'auboutisme » dans les articles qu'il écrit chaque jour pendant quatre ans à l’Écho de Paris. Il exalte les combats en cours et se voit décerner par Romain Rolland le surnom de « rossignol des carnages ». Il inaugure une campagne de presse pour la création d'une décoration pour récompenser les soldats de la Grande Guerre, qui deviendra la Croix de guerre 1914-1918. Pendant la bataille de Verdun, il nomme « Voie Sacrée » la ligne de ravitaillement menant à Verdun, en référence à l'antique Via Sacra qui menait au triomphe : « C’est la route sacrée. Elle deviendra légendaire, elle continuera à parler à jamais à cette longue plaine meusienne qui vit passer tant d’invasions. » Le pacifisme était certes devenu une opinion très minoritaire, et la lutte contre l'Allemagne impériale pangermaniste, « la guerre du droit », avait emporté l'adhésion même d'une majorité des socialistes et des anarchistes. Ses carnets montrent cependant qu'il n'était pas dupe de l'optimisme de commande qu'il affichait dans ses propres articles : ils révèlent des poussées de pessimisme et un fréquent désabusement, parfois à la limite du défaitisme.

Atténuant en partie l'expression de son antisémitisme, Maurice Barrès rend pendant la Grande Guerre un hommage aux Juifs français dans Les diverses familles spirituelles de la France (1917) où il les place au côté des traditionalistes, des protestants et des socialistes comme un des quatre éléments du génie national. Barrès rend notamment hommage aux Juifs tués pendant la Grande Guerre : Amédé Rothstein, Roger Cahen, Robert Hertz. Il immortalise la figure du rabbin Abraham Bloch, frappé à mort au moment où il tendait un crucifix à un soldat mourant.

Avec un certain nombre de chefs nationalistes et militaires tel Ferdinand Foch, il plaida pour une nouvelle frontière plus sûre sur la rive gauche du Rhin. Le , la Chambre des députés adopta son projet visant à instituer une fête nationale de Jeanne d'Arc.

 

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Quelques mois avant sa mort Maurice Barrès publie Souvenirs d'un officier de la grande armée, dans la préface duquel il a ce singulier pressentiment : « J'ai achevé ma matinée en allant au cimetière de Charmes causer avec mes parents. Les inscriptions de leurs tombes me rappellent que mon grand-père est mort à soixante-deux ans et tous les miens, en moyenne, à cet âge ; elles m'avertissent qu'il est temps que je règle mes affaires. »

Maurice Barrès meurt le , à l'âge de 61 ans, dans sa maison de Neuilly-sur-Seine, foudroyé par une congestion pulmonaire. Après des funérailles nationales célébrées à Notre-Dame de Paris en présence d'Alexandre Millerand, de Raymond Poincaré et du maréchal Foch, il est enterré au cimetière de Charmes.

(source http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/maurice-barres  )

(source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Barrès )

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Le grand Jean Giono.

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JEAN GIONO
30 mars 1895 – 9 octobre 1970

Dans le paysage littéraire du XXe siècle, Giono, figure dominante, est pourtant à part. 
Né et mort à Manosque, il ne quitte la ville qu’épisodiquement, et contre son gré. Dès 1911, il se voit contraint de quitter le collège afin d’aider sa famille financièrement et devient employé de banque. Sa culture littéraire, il l’a créé seul en se procurant les œuvres classiques, uniques ouvrages à l’époque accessibles pour ses faibles moyens.
Jean Giono est un voyageur immobile et déteste les grandes villes, surtout Paris. L’atmosphère de l’édition l’indispose et a assez peu de relations littéraires.  Il ne se verra d’ailleurs jamais décerner un prix littéraire français important. Toutefois, il reçoit en 1929, le prix américain Brentano pour Colline, ainsi que le prix Northcliffe en 1930 pour son roman Regain

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On le décrit comme un paysan, une sorte de chauvin, alors qu’il ne parlait même pas le provençal, et même comme un écrivain régionaliste, bien que la moitié de ses livres soient situés dans les Alpes, en Italie, ou sur l’océan. Resté à l’écart des courants, se plaçant même à contre-courant et n’ayant pas cherché à exercer une influence littéraire, ni à dégager la théorie de son écriture, il est inclassable.

 

 

Venant d’une famille très modeste, il est le fils unique d’une repasseuse et d’un cordonnier. Son enfance est pauvre et heureuse. Pour lui c’est un âge d’or dont il fera revivre l’atmosphère, directement ou indirectement, tout au long de sa vie. Ce bonheur est fracassé par la guerre de 14.

 

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Jean Giono est mobilisé fin 1914. Il est envoyé comme élève aspirant à Montségur, dans la Drôme. Il ne sera jamais aspirant, n’ayant manifestement pas le sens de l’armée, ni le goût de la chose militaire. En janvier 1915, pendant la Première Guerre mondiale, il est affecté au 140e régiment d'infanterie. Il participe aux batailles les plus terribles du conflit (Artois, Champagne, Verdun, la Somme, le Chemin-des-Dames) et en ressort traumatisé. Son meilleur ami et nombre de ses camarades sont tués à ses côtés. En 1916, présent dans les tranchées, sur le front, il voit sa compagnie décimée, et il est commotionné par l'explosion d'un obus tout proche. Plus tard, en 1918, au cours de la bataille du mont Kemmel, en Belgique, il n'est que « légèrement » gazé. Il reste cependant choqué par l'horreur de la guerre, les massacres, la barbarie, l'atrocité de ce qu'il a vécu dans cet enfer, et il devient un pacifiste convaincu, comme bon nombre d’anciens poilus. Son pacifisme ne sera pas d'abord rationnel, mais tout à la fois viscéral et spirituel.

« Nous avons fait les Éparges, Verdun, la prise de Noyon, le siège de Saint-Quentin, la Somme avec les Anglais, c’est-à-dire sans les Anglais, et la boucherie en plein soleil des attaques de Nivelle au Chemin des Dames. […] J’ai 22 ans et j’ai peur. »

— Jean Giono, 1917

Démobilisé en , il aura traversé la guerre sans blessure trop grave malgré son gazage, « sans avancement, sans décoration et sans avoir tué personne » dira-t-il fièrement.

https://www.1914-1918.be/jean_giono.php

Depuis son plus jeune âge, Giono a toujours aimé inventer des histoires, et a très tôt voulu écrire. Il s’exerce d’abord avec de petits textes, puis publie des poèmes et achève son premier roman Naissance de l’Odyssée en  1925. Celui-ci sera tout d’abord refusé par la maison d’édition Grasset pour son aspect peut-être trop ludique et pas assez littéraire (publié en 1930). Giono revient alors en 1929 avec Colline , l’oeuvre qui le lança sa carrière d’écrivainIl peut alors quitter la banque et vivre de sa plume : Grasset et Gallimard se le disputent.

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De 1935 à 1939, l’éclairage change : le nazisme s’élève et la guerre menace. Pour la seule fois de sa vie, l’anarchiste Giono s’engage. D’abord pour la paix : il milite comme pacifiste intégral, et proclame que si un conflit éclate, il n’obéira pas. Proche des communistes pendant quelques mois, il s’en sépare rapidement. Un acte qu’ils ne lui pardonneront pas.

Mais son combat est plus général : il est dirigé contre la civilisation technique moderne et annonce l’écologie. L’auditoire est large. Un roman comme Que ma joie demeure (1935), un essai comme Les Vraies Richesses (1936) enthousiasment nombre de jeunes.

Autour de Giono, de septembre 1935 à l’année 1939, se tiennent au Contadour, sur les plateaux de Haute-Provence, des réunions d’esprits libres qui lui valent une réputation de gourou injustifiée.

En septembre 1939, la guerre éclate. C’est un échec pour Giono, l’effondrement de ses illusions. Il s’est cogné au réel et n’a sauvé personne. Désespéré de devoir être infidèle à son engagement, il accepte d’être mobilisé pour ne pas laisser sa famille sans ressources. Cependant à son arrivée à Marseille, il est arrêté et incarcéré pendant deux mois pour ses activités pacifistes. Libéré, il abandonnera toute action et toute prédication, et prendra ses distances avec le Contadour.

La période de la guerre est difficile. Giono ne parvient pas à finir les romans qu’il commence et est à court d’argent. Il fait de sa maison un refuge et recueille des personnes juives, communistes ou appartenant à la résistance. En 1943, il écrit une pièce de théâtre, Le Voyage en calèche, où le héros résiste à une occupation étrangère. La censure allemande interdit la représentation, mais nul ne le sait. L’opinion retient seulement qu’un hebdomadaire pro-allemand a publié un roman de lui, commencé avant-guerre et sans aucune implication politique.

 

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Suite à la Libération, en septembre 1944, Giono est à nouveau arrêté et passe cinq mois en détention sans aucun motif précis. Le Comité national des écrivains le met sur la liste noire des écrivains, lui interdisant toute publication. Il est classé, à tort, parmi les « collaborateurs », lui dont on ne peut citer un seul mot pour le nazisme ou pour Vichy. Il refuse de répondre aux accusations. Sa seule défense sera d’écrire pour remonter la pente. Il ne sera retiré de la liste qu’en 1947.

Pendant sept ans, il suit sa voie primordiale, le roman, en se refusant à « faire du Giono ». Il centre plus ses livres sur la nature, mais sur les hommes et leur véritable nature.

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Avec le succès du Hussard sur le toit en 1951, Giono reprend sa place d’écrivain de premier plan. Il est élu à l’Académie Goncourt en 1954. Il est devenu un sage, un lettré plein d’humour. Il se change du roman en écrivant des livres de voyage, de compte-rendu judiciaire, d’histoire, auxquels il impose sa marque personnelle. Il donne des chroniques d’humeur à des journaux de province et se permet désormais de voyager – Ecosse, Espagne, surtout Italie – et de faire des séjours à Majorque.

Giono s’oriente également vers le cinéma, écrivant des scénarios, des dialogues, faisant même de la mise en scène. Ses romans, plus espacés, gardent leur intensité, leur poésie, leur vivacité de narration (Ennemonde, 1964, Le Déserteur, 1966, L’Iris de Suse, 1970).

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Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1970, l’auteur Jean Giono meurt dans son sommeil. Sur sa table de travail, il laisse le manuscrit  De certains parfums, un texte retraçant à travers l’odorat, l’histoire des cinq sens dont il avait toute sa vie célébrés les délices.

 
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De l'autre coté du Rhin, les artistes, tel l'écrivain Erich Maria Remarque est envoyé au front.

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Erich Maria Remarque, né Erich Paul Remark le  à Osnabrück (Allemagne) et mort le  à Locarno (Suisse), est un écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande par le régime nazi en .

Son livre À l'Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), un roman pacifiste sur la Première Guerre mondiale, connut, dès sa parution en 1929, un succès mondial retentissant et reste un ouvrage-phare sur le premier conflit mondial. À l'instar de Catherine soldat (Die Katrin wird Soldat) d'Adrienne Thomas, ce livre fut brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne. E.M. Remarque s'exila en Suisse, puis aux États-Unis où il obtint sa naturalisation.

 

Erich Paul Remark est le fils de Peter Franz Remark (relieur) et d'Anna Maria, son épouse (née Stallknecht). À la suite des années (1904-1912) passées à la Volksschule (école publique obligatoire), il fréquente le séminaire catholique de formation des maîtres.

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Après avoir passé ses examens dans l'urgence, il est incorporé dans l'armée en 1916 et envoyé sur le front de l'Ouest en , où il est blessé dès la fin  par des éclats de grenade, au cou et aux membres.

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Bien que dans son célèbre roman À l'Ouest, rien de nouveau le héros Paul Bäumer soit un engagé volontaire, Remark est mobilisé et non pas volontaire.

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À la fin de la guerre, en 1918, il se retrouve à l'hôpital militaire de Duisbourg. Le , il est démobilisé et renonce officiellement à toute médaille ou décoration. Le , son père se remarie avec Maria Anna Henrika Bahlmann. E.P. Remark passe son habilitation à l'enseignement et, le , commence une carrière d'instituteur qui le mène à Lohne (près de Lingen), puis à Klein Berßen (Emsland) dès , et enfin à Nahne (qui depuis 1972 fait partie d'Osnabrück) en . Cette carrière s'achève le  de la même année. Son premier roman, La Baraque de rêve (Die Traumbude), est un échec. Il s'essaie alors à divers emplois à Osnabrück : comptable, vendeur de pierres tombales, professeur de piano, organiste, libraire.

Il se fait appeler Erich Maria Remarque dès 1924, le changement de prénom, pour « Maria », datant de . Ce changement de prénom est un hommage à sa mère, bien que sa belle-mère prenne cet hommage pour elle. Il aurait cependant avoué à d'anciens amis de collège que c'était un hommage à Rainer Maria Rilke.

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Le , il quitte l'Église catholique et se sépare de sa femme Ilse Jutta Zambona. Vers la fin de l'année, il commence l'écriture de son roman À l'Ouest, rien de nouveau (en allemand Im Westen nichts Neues). En , l'éditeur S. Fischer refuse de publier le roman, mais en  Ullstein l'accepte et signe un contrat avec E.M. Remarque qui est alors responsable du contenu éditorial de Sport im Bild, qu'il quitte le . Le , E.M. Remarque s'installe à Davos, où il séjourne jusqu'en  ; c'est alors que la presse nationaliste allemande prétend qu'il est juif et que son vrai nom est Kramer (anagramme de Remark). Le Polonais Sigismond Cybichowski suggère le nom de E.M. Remarque pour le prix Nobel de littérature. Cette même année, il entreprend l'écriture d’Après (Der Weg zurück).

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En  L'Ennemi (Der Feind) est publié. Le , c'est la première aux États-Unis de l'adaptation cinématographique d’À l'Ouest, rien de nouveau par Lewis Milestone. Le film sort le  en Allemagne, des émeutes dans les cinémas sont organisées par Joseph Goebbels et les sympathisants du parti nazi. Le , le film est interdit en Allemagne par la Film-Oberprüfstelle , le comité de censure cinématographique de l'époque. Lewis Milestone est récompensé par deux oscars (celui du meilleur réalisateur et du meilleur film) la même année.

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n 1933, après quelques démêlés judiciaires orchestrés par les nazis en 1932, E.M. Remarque quitte l'Allemagne. Il offre l'asile dans sa maison de Porto Ronco, en Suisse à ceux qui fuient l'Allemagne nazie, comme Hans Sochaczewer. En , on retrouve dans sa propriété le cadavre du journaliste juif Felix Manuel Mendelssohn. On soupçonne les nazis de cet assassinat. À Berlin, les livres de Remarque sont brûlés sur la place publique comme ceux d'Adrienne Thomas et de Heinrich Heine. Il commence à écrire Trois camarades en 1934 ; l'année suivante un envoyé de Hermann Göring lui rend visite à Porto Ronco pour le convaincre de rentrer en Allemagne, ce qu'il refuse.

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La première de The Road Back de James Whale, d'après son roman Der Weg zurück, a lieu le . Il reçoit un passeport de la république de Panama pour lui-même et Ilse Jutta Zambona. En , il rencontre Marlene Dietrich à Venise et se lie d'amitié avec Josef von Sternberg. Il passe ensuite quelques mois à Paris et part pour Vienne en .

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En 1938, il  entreprend l'écriture de Liebe Deinen Nächsten. La première de Trois camarades, adaptation de son roman Drei Kameraden, a lieu le . En , il est déchu de sa nationalité allemande. À Porto Ronco, il entreprend l'écriture d’Arc de Triomphe en . 

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À la fin d', il repart pour les États-Unis, à bord du Queen Mary puis se rend à Los Angeles, auprès de Marlene Dietrich, il se lie d'amitié avec Elisabeth Bergner, Paul Czinner, Orson Welles, Igor Stravinsky, Arthur Rubinstein et Bertolt Brecht. En 1940 il fait la connaissance des actrices Paulette Goddard et Greta Garbo, mais se brouille avec Marlene Dietrich. Dès lors, E.M. Remarque travaille intensément pour le cinéma. Il rencontre également des représentants du gouvernement américain pour discuter d'un possible ouvrage contre le fascisme. En 1944, l'Office of Strategic Services (OSS) tente de le convaincre de s'engager dans la propagande en Europe, alors que les Alliés convergent vers l'Allemagne.

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L'année précédente, une de ses sœurs, Elfriede Scholz (de), condamnée à mort en Allemagne pour « atteinte au moral de l'armée », avait été décapitée à la prison de Plötzensee le .

Après guerre, les films réalisés d’après les œuvres de Remarque se succèdent. Il revient en Europe en 1948, se rend à Paris, Porto Ronco et Rome avant de rentrer aux États-Unis.

En 1958, E.M. Remarque apparaît dans un des films dont le scénario est inspiré par l’un de ses romans (Le Temps d'aimer et le Temps de mourir) : il y joue le rôle du professeur Pohlmann qui, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, propose au héros de fuir l’Allemagne plutôt que de retourner sur le front de l’Est où une mort probable l’attend ; il s’agit de la seule apparition de l’écrivain au cinéma.

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Dès le début des années 1960, il rentre en Europe et ne retourne aux États-Unis qu'épisodiquement. Il voyage beaucoup, écrit et est fréquemment interviewé par des journalistes. Il meurt le  à Locarno, et repose dans le cimetière de Ronco sopra Ascona (Porto Ronco).

(source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_Maria_Remarque  )

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Peintre immensément connu, précurseur du Cubisme avec Pablo Picasso, Georges Braque fut grièvement blessé durant la Grande Guerre. 

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Georges Braque, né à Argenteuil (Seine-et-Oise, actuellement Val-d'Oise) le 

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D'abord engagé dans le sillage des fauves, influencé par Henri Matisse, André Derain et Othon Friesz, il aboutit, à l'été 1906 aux paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes que Matisse qualifie de « cubistes », particulièrement typées dans le tableau Maisons à l'Estaque. Cette simplification est censée être la marque du cubisme, dont l'origine reste controversée .

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C'est en étudiant méthodiquement, dès 1906, les lignes de contour de Paul Cézanne, que Braque a abouti progressivement à des compositions qui utilisent de légères interruptions dans les lignes, comme dans Nature morte aux pichets. Puis avec une série de nus comme le Nu debout, et Le Grand Nu, il s'oriente, après 1908, vers une rupture avec la vision classique, l'éclatement des volumes, une période communément appelée cubiste, qui dure de 1911 jusqu'en 1914. Il utilise alors des formes géométriques principalement pour des natures mortes, introduit les lettres au pochoir dans ses tableaux, invente des papiers collés. En véritable « penseur » du cubisme, il élabore des lois de la perspective et de la couleur. Il invente aussi les sculptures en papier en 1912, toutes disparues, dont il ne subsiste qu'une photographie d'un contre-relief.

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Il existe plusieurs versions sur l'origine du mot cubiste et sur les « pères » du mouvement. Beaucoup de critiques d'art désignent en particulier Braque et Picasso comme « les fondateurs du cubisme ». D'autres y associent Fernand Léger et Juan Gris, tout en créditant Louis Vauxcelles, critique d'art au journal Gil Blas de l'invention du mot, lorsqu'il qualifie les Maisons à l'Estaque de Braque de « petits cubes ». Ce tableau est alors considéré comme « l'acte de naissance du cubisme ». D'autres encore apportent une version différente. Selon Bernard Zurcher, c'est Henri Matisse qui a qualifié de « cubistes » les Maisons de l'Estaque, tout en refusant ces sites et schémas géométriques au Salon d'automne de 1908.

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En réalité, ces « cubes » ne représentent pour Braque et Picasso qu'une réponse provisoire au problème posé par la construction d'un espace pictural qui doit s'écarter de la notion de perspective établie depuis la Renaissance. La « cordée Braque Picasso » est un atelier de recherches des deux artistes, avec des œuvres menées simultanément par des hommes passionnés auxquels se joignent Derain et Dufy. C'est une aventure exaltante qui a jeté les bases de l'art moderne.

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La mobilisation de Braque sur le front en 1914 interrompt brutalement la carrière du peintre. Il est affecté au 224e régiment d'Infanterie comme sergent et envoyé dans la Somme à Maricourt secteur où le régiment de Braque (devenu lieutenant Braque) restera trois mois avant d'être déplacé en Artois, au nord d'Arras, pour préparer une offensive à grande échelle contre les villages qui protègent la crête de Vimy.

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George Braque (1882-1963), Portrait de Picasso portant l’uniforme de Braque, Paris, 1911. Paris, Musée national Picasso-Paris. © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Franck Raux / Adagp, Paris 2019 / Succession Picasso 2019.

Grièvement blessé le  à Neuville-Saint-Vaast, Braque est laissé pour mort sur le champ de bataille. Il est relevé par les brancardiers qui ont trébuché sur son corps le lendemain, dans ce charnier où 17 000 hommes ont été broyés. Trépané, le peintre ne reprend connaissance qu'après deux jours de coma. Il ne se remet pas avant 1917. Deux fois cité, il reçoit la Croix de guerre. Après un banquet organisé pour fêter sa guérison à Paris, il part en convalescence à Sorgues.

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Mais désormais, les nouvelles toiles de Braque offrent une palette plus vive et sensuelle, comme dans La Femme à la mandoline, 1922-1923, huile sur carton (41 × 33 cm), Centre Pompidou, Paris. Au début des années 1920, le peintre varie encore sa production à la demande de Serge de Diaghilev, en composant les décors et costumes pour les Ballets russes. Entre 1922 et 1926, il fait les décors et costumes de Les Fâcheux adaptation de la comédie-ballet de Molière, de Salade, de Zéphire et Flore et aussi les décors des Sylphides ballet de Michel Fokine. 

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Le style et les recherches du peintre évoluent 1919 et 1939. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue, le développement des objets sur le même plan, et l'inversion de l'espace. Il utilise toujours le noir en fond pour suggérer la profondeur, et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. En cela Guitare et nature morte sur la cheminée , 1925, huile et sable sur toile (130,5 × 74,6 cm), Metropolitan Museum of Art et Fruits sur une nappe et compotier, huile sur toile (130,5 × 75 cm), Centre Pompidou, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires à la composition, tout son effort porte sur la couleur, ainsi que le remarque Georges Charensol lors de l'exposition Braque chez Paul Rosenberg, en 1926, où se trouvait Fruits sur une nappe et compotier. Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette, 1927, huile sur toile (55,9 × 75 cm), The Phillips Collection avec des formes qualifiées de « naturalistes » par Christian Zervos.

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Entre 1940 et 1945, les Braque ont résidé d'abord dans le Limousin, puis dans les Pyrénées et sont finalement revenus à Paris. Ils ne retournent à Varengeville qu'en 1945, En 1941, un grand nombre des peintures de Braque déposées à Libourne sont confisquées par les autorités allemandes.

Braque ne participe pas au voyage à Berlin organisé en 1941 par Arno Breker et Otto Abetz dont André Derain, Othon Friesz, Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen, André Dunoyer de Segonzac font partie.

De même, il se tient très à l'écart du régime de Vichy pendant toute la guerre. Pourtant, les avances de l'occupant ne manquent pas, ses tableaux déchaînent l'enthousiasme de Pierre Drieu la Rochelle lors de l'exposition de vingt de ses toiles au Salon d'automne 1943. Les officiers allemands qui visitent son atelier, le jugeant trop froid, proposent de lui livrer du charbon, ce que Braque refuse avec finesse. Il refuse également de créer un emblème pour le gouvernement de Vichy, alors que Gertrude Stein s'est proposée pour traduire les discours de Pétain. Braque a le défaut inverse : il ne se laisse pas acheter. Sa position est claire : pas de compromis, pas de compromission. Ce qui ne l'empêche pas de recevoir Ernst Jünger dans son atelier le . Écrivain et poète en uniforme d'occupant cette année-là, Jünger, qui recevra le prix Goethe en 1982 et qui entre dans la Pléiade en 2008, apprécie les peintures « dégénérées » d'Edvard Munch, de James Ensor, du Douanier Rousseau, de Picasso auquel il a rendu visite cette même année et aussi de Braque, dont il a vu les peintures au Salon d'automne 1943, et qu'il trouve « réconfortantes, parce qu'elles représentent l'instant où nous sortons du nihilisme ». Leur force, tant dans les formes que dans les tons représentent pour lui le moment où se rassemblent en nous la matière de la création nouvelle.

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Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la guerre, Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. La guerre est pour Georges Braque synonyme d'austérité et d'accablement. À ce moment-là, « il n'y a guère de place pour l'émulation dans la vie de Braque : ni concours, ni discussion, ni travail en commun. C'est dans le secret qu'il entreprend ». Une femme assise devant un jeu de cartes, vue de profil, titrée La Patience, huile sur toile (146 × 114 cm), illustre son état d'esprit.

Pendant cette période, Braque poursuit son sujet fétiche : les instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908, parce que : « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique. » 1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare, 1942-1961 (130 × 97 cm), huile sur toile, collection particulière.

Braque se tient à l'écart de l'épuration et rejoint Varengeville. Il n'adhère pas non plus au Parti communiste français malgré les démarches répétées de Picasso et de Simone Signoret

 

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Paulhan note que Braque est un des très rares peintres à n'avoir pas fait son autoportrait, et il s'étonne que l'on en sache si peu sur l'homme qui a reçu à l'unanimité la légion d'honneur en tant qu'officier puis commandeur en 1951. « Il accepte la gloire avec calme […]. C'est maigre, je le vois bien, toutes ces anecdotes. Oui, mais c'est aussi qu'en Braque, l'homme anecdotique est assez mince. L'homme est ailleurs. »

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Il meurt le  en son domicile dans le 14e arrondissement de Paris. Alberto Giacometti, qui est venu dessiner son portrait funéraire, écrit : « Ce soir tout l'œuvre de Braque redevient pour moi actuel […]. De tout cette œuvre, je regarde avec le plus d'intérêt, de curiosité et d'émotion les petits paysages, les natures mortes, les modestes bouquets des dernières années, des toutes dernières années. » Des funérailles nationales ont lieu pour l'artiste le . André Malraux prononce son éloge funèbre devant la Colonnade du Louvre.

Georges Braque est enterré le lendemain au cimetière marin de Varengeville-sur-Mer. Son épouse, Marcelle Lapré, née le  à Paris, avait trois ans de plus que le peintre. Elle est morte deux ans après lui mais, auparavant, « en 1965, peu de temps avant sa disparition, et conformément au souhait de son mari, madame Braque a effectué une donation de […] quatorze peintures et cinq sculptures que le peintre ne voulait pas voir sortir de France». Elle est enterrée aux côtés de son époux dans le cimetière marin de Varengeville.

( Source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Braque  )

 

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Je vous invite si un jour vous en avez l'occasion de pousser les portes d'un musée ou d'une exposition afin d'aller voir les toiles de cet artiste en vrai !

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    • By Bouchon-Gras 49
      Un grand Monsieur vient de disparaitre, René Bail.

      16.12.2016
      Le reporter-photographe et auteur René Bail s'est éteint

      L'auteur de "Corsaires en béret vert" (publié en 1976) est mort, annonce l'Amicale nationale des fusiliers marins et commandos.

      René Bail est né en 1931 à Bar sur Aube. Photographe de la marine nationale, il a suivi les opérations en Algérie pendant 7 ans. "Engagé dans la Marine, je n’y ai effectué qu’un court passage. Embarqué pour des reportages musclés, je me suis débrouillé pour opérer avec les Bérets Verts, les Commandos-Marine, la Légion Etrangère, les Paras, puis les Commandos musulmans et les Harkis dont je revois encore certains. J’ai aussi passé un certain temps au 2ème Bureau en Algérie, pour traquer les trafiquants d’armes", expliquait-il en 2007. On lira ici  ( lire plus bas ) cet entretien publié dans La Ruche n°15, de janvier 2007, par Edith Varet.
      Il a écrit de nombreux ouvrages d'histoire militaire, ainsi qu'une bio de Jean Gabin.
      Ses obsèques auront lieu demain samedi 17 décembre, à 9h30, à Neuvic sur Isle (24190).
       
      ( Source : Ligne de Défense )
       

      Pour démarrer l’année, honneur aux Anciens, ceux dont le parcours atypique et le tempérament bien trempé ont marqué leur génération.
      La Ruche, par l’intermédiaire d’Edith Varet, a décidé d’interviewer René Bail, baroudeur, reporter photographe, écrivain, qui reconnaît que son passage dans l’Institution fut déterminant dans ses choix de vie.

       
      2003 à Paris.
       

      La Ruche : René Bail, qui êtes-vous ?
      R.Bail : Je suis né en 1931. Photographe d’abord dans la Marine, parfois cameraman et reporter de guerre, je fus aussi journaliste en Extrême Orient. Depuis, je sévis dans l’édition où j’ai produit une trentaine d’ouvrages, albums ou livres, parfois en collaboration ou seul.
      Ceux-ci traitent en général de la Marine, l’aéronautique navale, les campagnes d’Indochine et d’Algérie ; toutes les guerres de la décolonisation. Je suis considéré comme étant sans détours, soucieux de l’exactitude des faits, par respect du lecteur. Je tiens à être irréprochable sur le fond et il est vrai que je ne m’embarrasse guère des formes. Je suis également sensible à certains problèmes de société , comme la protection de la faune et de la nature.






       
      La Ruche : Vous êtes un ancien élève des Dunes, quel fut votre parcours scolaire, quel enfant étiez-vous ?
      R.Bail : Provenant de l’école primaire de Malo Les Bains puis de celle de Saint Pol sur Mer à cause de la guerre, je suis arrivé en 1942 aux « Dunes » , avec Melle Desmidt, une femme formidable. J’étais un garçon dissipé, dilettante, souvent sauvé par sa mémoire, mais si le Français et l’Histoire-Géographie me plaisaient, les Maths, comme la discipline se dressaient comme des obstacles insurmontables ! Par obligation professionnelle de mon père, nous avons quitté la région dunkerquoise en 1948, j’avais 17 ans, pour la Moselle.
       
      La Ruche : Un personnage, professeur ou autre vous-a-t-il marqué au cours de votre scolarité ? Dans quelles circonstances ?
      R.Bail : La plupart étaient des hommes généreux et très consciencieux. L’abbé Deroo, dont l’accent flamand imprégnait la langue anglaise, le calme abbé Vandewalle, la grandeur en taille et en présence de l’abbé Lemaire ; son crâne dégarni lui valut d’ailleurs un surnom ! Et ce cher professeur de Maths, l’abbé Debreu, qui disait « moué » en signe
      d’acquiescement. Longueval, qui prépara tellement ses cours , la nuit, qu’une hémorragie cérébrale l’emporta. Le cher abbé Delva, préfet d’une discipline du cœur… L’abbé Noteau, personnage haut en couleurs, surveillant lors des récréations, qui fredonnait toujours «  La chapelle au clair de lune », Mr rené Legrand, à son retour d’Allemagne, qui resta un ami. Et Mr le Supérieur, personnage d’exception, sur lequel il y aurait tant à dire. Je ne peux oublier les jeunes abbés de l’époque : Devos, Héquet, Villette et tous ceux qui nous ont donné bien plus que les 35 heures !
       
      La Ruche : Quel fut votre meilleur ou votre pire moment aux Dunes ?
      R.Bail : Malgré la guerre, ce furent de bons moments. Hormis ce vendredi matin de janvier 1944 lorsque le Supérieur reçut la visite d’officiers allemands qui lui signifièrent que le collège devait quitter Dunkerque…ce fut l’épisode de Mecquignies !
       
      La Ruche : Avec le recul, la formation dispensée vous-a-t-elle été utile ?
      R.Bail : Même si je n’ai pas toujours répondu aux espoirs de mes parents, je peux dire, sans restriction, que mon éducation et mon esprit volontaire m’ont été inculqués aux Dunes. Les épreuves endurées par la suite furent ainsi considérées comme des expériences profitables.
       
      La Ruche : Votre parcours professionnel est particulièrement atypique…Racontez-nous.
      R.Bail : Engagé dans la Marine, je n’y ai effectué qu’un court passage. Embarqué pour des reportages « musclés », je me suis débrouillé pour « opérer» avec les Bérets Verts, les Commandos-Marine, la Légion Etrangère, les Paras, puis les Commandos musulmans et les Harkis dont je revois encore certains. J’ai aussi passé un certain temps au 2ème Bureau en Algérie, pour traquer les trafiquants d’armes. Les faits les plus marquants dans mon esprit concernant cette époque restent le 13 mai 1958 et le putsch du 21 avril 1961.
       
      La Ruche : Dans cette vie trépidante, vous avez dû faire des rencontres exceptionnelles.
      Quelles sont celles qui vous ont le plus marqué ?
      R.Bail : Au cinéma des Armées, j’ai eu l’honneur d’accompagner le Général de Gaulle, M.Debré, P.Messmer etc… J’ai pu rencontrer aussi des artistes connus comme Jean Gabin, Maurice Ronet. Lors du mariage  princier en Autriche de la princesse Anita de Hohenberg, nièce du Grand Duc de Luxembourg, j’ai été présenté à la comtesse Sophie de Nostitz, dernière fille vivante de l’Empereur François-Ferdinand d’Autriche. C’était en 1976.
       
      La Ruche : Qu’est ce qui vous choque dans notre monde actuel ?
      R.Bail : Ma vie est aussi un parcours en Afrique ou dans l’Océan Indien. J’ai très souvent photographié des animaux splendides, de toutes sortes, parfois d’un hélicoptère mais aussi presque à  leur contact…Le Monde ne sait pas gérer la nature et ses bienfaits : le pire est peut-être devant nous, par l’inconscience de ceux qui nous dirigent, sans étiquette particulière : ils sont tous coupables. Prenons l’exemple des marées noires, si on ne prend pas de sanctions au niveau européen , on court à la catastrophe…mais il y a trop d’intérêts mondiaux en jeu !
       
      La Ruche : Si c’était à refaire ?
      R.Bail : Je ne regrette rien, si ce n’est, peut-être d’avoir pu perdre plus de temps que je ne l’aurai voulu ou d’avoir loupé de beaux scoops !
       
      La Ruche : Vous sentez-vous bien dans notre époque ? Qu’en attendez-vous ? Comment la jugez-vous ?
      R.Bail : Je passe à travers le temps et les lieux sans en être trop marqué. Je n’attends que ce que j’ai pu provoquer et si cela va mal, j’en serai en partie responsable.
       
      La Ruche : Que diriez-vous à de jeunes lycéens qui s’interrogent sur leur avenir ?
      R.Bail : Il faut surtout éviter de leur dire : « De mon temps… » , car rien n’est pareil aujourd’hui et nous, nous avons eu de la chance. L’avenir sera sans doute difficile et il leur faudra faire le choix d’une carrière, sinon d’une vocation…Alors, bon vent et bonne mer !

      Interview de la Ruche n°15, janvier 2007: rené Bail par Edith Varet 
       
       
      ( Source : La Ruche )
       
      René Bail a écrit n' innombrables livres :





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    • Bonjour, je suis Eusebie, j'ai 30 ans. Je suis dans le domaine de la sécurité public et je voudrai vous demander en quoi consiste ce site Regroupement de prêt immo et est-ce vraiment fiable ? merci 
    • Bonjour. Ce n'est pas une nouveauté pour nous sur le forum. Mais nous avons régulièrement des jeunes ou moins jeunes femmes qui viennent pour nous demander si leur contact avec (souvent) un légionnaire en opex n'est pas une tromperie, du fait que ce dernier lui demande de l'argent.  Nous répondons toujours la même chose : "FUYEZ, ARNAQUE!"  Dans les faits une jeune femme débute une relation sur les réseaux sociaux bien connus avec une personne se disant militaire français en opex, et avec des photos volées de militaire en guise de profil. 2000 faux profils sur Instagram, 300 sur Facebook. En fait il s'agit de personnes mal intentionnées, se trouvant très souvent en Côte d'Ivoire et qui cherchent à arnaquer des jeunes femmes en France, en leur demandant de l'argent pour des soins, pouvoir téléphoner, améliorer leur repas etc etc.... Pour mieux comprendre ce phénomène bien connu des autorités militaires, voici deux liens vers des articles tirés du site francetvinfo.fr  Des arnaqueurs usurpent l'identité de militaires français sur les réseaux sociaux   la Côte d'Ivoire capitale de l'arnaque sur les réseaux   Alors bien sûr, cela me pousse à insister aussi, comme nous le faisons souvent ici sur le forum, sur la discrétion nécessaire sur le net. Pour les militaires, anciens militaires, nouveaux et jeunes candidats. Bien sûr nous laisserons toujours des traces, mais il est important, notamment pour vous les jeunes qui êtes des utilisateurs quotidiens des réseaux, de veiller à un maximum de discrétion, et ce particulièrement parce que vous serez amenés à évoluer en Opex dans des activités nécessitant beaucoup de discrétion.  Alors ayez déjà cela à l'esprit en tant que candidat. Et mettez le en pratique dès maintenant.   
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    • Non j'essayerai de repondre a tes questions. Sauf si avec le covid cela change, les rentrées sont fevriers et octobre. Il y a entre 14 et 18 places pour chaque rentrée.  Il y a vraiment beaucoup de dossiers pour cette spécialité oui. Il y a environ 1 personne sur 4 de prise, environ.  Ce n'est pas aussi sélectif que pilote mais plus sélectif que les spécialités type SITEL, DETEC,... Il faut te préparer au maximum.
    • Merci à toi, félicitation pour ta sélection ! J'espère qu'ils ne se sont pas trompé et que la rentrée sera en Aout, je commence à me préparer aux épreuves actuellement, je reviendrais vers vous lorsque j'aurai plus de questions si cela ne vous dérange pas évidement. On m'a dit qu'il y avait 16 places PNTAC par rentrée, sais-tu si la spé est vraiment beaucoup demandé ? savoir à peu près à quel niveau d'exigence me préparer.