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Disparition d'hommes et de femmes du second conflit mondial.


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Lors du Débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, Kenneth Mayhew, avait été chargé, avec sa compagnie, de libérer Colleville-sur-Orne (aujourd'hui Colleville-Montgomery), puis Flers.

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Kenneth George Mayhew avait débarqué le 6 juin 1944 à Sword Beach. Le Britannique est décédé le 13 mai à Norfolk, en Angleterre, à l’âge de 104 ans.

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Kenneth George Mayhew, le plus vieux chevalier de l’Ordre militaire de William, est décédé paisiblement chez lui à Norfolk, en Angleterre, le 13 mai. Le Britannique avait 104 ans.

Mayhew a reçu la plus haute décoration militaire des Pays-Bas en 1946 pour ses actions héroïques lors de la libération du sud des Pays-Bas. 

Pour connaitre son parcours :

https://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_Mayhew

 

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Source https://www.ouest-france.fr/normandie/calvados/le-veteran-kenneth-mayhew-est-decede-a-104-ans-c57c35ba-bfdf-11eb-bc45-be8ba514f14e?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3aPK_5ZM0DHDGPdeFPnpYRQeSlGYWYMKyWP6X0R-a_keCFGoJzammkTZk#Echobox=1622284330

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Nous venons de perdre un de nos grands anciens, le dernier membre de l'ordre de la Libération.   Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est mort C’est la ministre des

A l'occasion des 80 ans de la disparition de Claire Roman et du centenaire de l'anniversaire de Pierre Clostermann La Poste émet un timbre et une mini-feuille de la thématique Poste-aérienne.

Bonjour, A lire si ce n'est déjà fait " L'Etoffe des Héros " de Tom Wolf avec entre autres Chuk Yeager et a voir le film du même nom " L'Etoffe des Héros " !

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C est avec une tres grande tristesse que nous vous annonçons le décès de notre ami et camarade Francis Dufour. Il y a quelques semaines nous avions fêté ses 97 ans, il était un grand humaniste, un grand syndicaliste et un grand résistant. Avec lui disparaît une part de notre mémoire qu il a su heureusement au fil du temps transmettre à ses proches et à ses camardes et amis 

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(source Anacr Aude)

 

Richard 'Dick' Klein vient de nous quitter, 77 ans presque jour pour jour après son saut au-dessus de la Normandie le 6 juin 1944. Celui qui a combattu à Carentan, en Normandie, en Belgique et aux Pays-Bas, avait été gravement blessé à Bastogne, en pleine Bataille des Ardennes. Il avait été récompensé de la Bronze Star et de la Légion d'honneur pour bravoure au combat. Adieu, Sergeant Dick.

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Richard 'Dick' Klein est né dans la ville de Huron, dans l'État d'Ohio, le 9 janvier 1923. Alors qu'il est encore au lycée, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor bouleverse sa vie : il s'engage peu après la fin de l'année scolaire, en décembre 1942. Il décide de rejoindre l'armée de terre. Mais alors qu'on lui propose une spécialisation, il se porte volontaire pour les parachutistes. Il débute son entraînement au Camp Toccoa, obtenant ses ailes de para à l'école de parachutisme de Fort Benning, en Géorgie.

Il est assigné à la Headquarters Company, qui fait partie du 3rd Battalion du 501st Parachute Infantry Regiment. Ce régiment parachutiste est rattaché à la célèbre 101st Airborne Division. C'est au sein de cette unité prestigieuse qu'il va participer au D-Day, sautant dans les premières minutes du 6 juin 1944 en Normandie.

Comme de nombreux parachutistes, Dick se rend rapidement compte qu'il n'a pas été largué à l'endroit prévu. Il se retrouve seul, après avoir sauté en dernier du C-47, sur la vingtaine de parachutistes a avoir sauté. Il touche terre à proximité d'une église : il est perdu, il n'est pas censé se trouver là ! Finalement, il tombe sur un autre soldat américain et parviennent à se situer : rejoints par d'autres paras américains, ils vont tenir un pont, empêchant les renforts ennemis de se rendre à la plage. Il se trouve alors dans les environs de Carentan.

Combattant en Normandie, Dick est retiré avec le reste de la division avant d'être déployé pour un second saut opérationnel : le 17 septembre 1944, son régiment saute lors de l'opération Market Garden, aux Pays-Bas. Le lendemain, Dick va perdre un camarade, un ami, le Sergeant Jacob 'Jake' H. Wingard. Jusqu'à sa mort, Dick parlera de lui.

Il combat ensuite lors de la terrible Bataille des Ardennes. Il est déployé à Bastogne, où il va être grièvement blessé, aux jambes, le 20 décembre 1944. Son état est tel qu'il doit être rapatrié en urgence. C'est la fin de la guerre pour le para américain. Mais dans la bataille, Dick perd un autre de ses camarades, son meilleur ami, tué par un sniper ennemi.

La blessure de Dick est grave. Les hôpitaux de campagne ne suffisent pas, alors il est rapatrié vers l'arrière. Il va passer de longs mois dans des hôpitaux militaires, jusqu'à l'été 1945. Pour son service, il va être récipiendaire de la Purple Heart, de la Bronze Star ou encore de la Légion d'honneur, remise par la France. Dick est finalement démobilisé de l'armée en novembre 1945 et peut rentrer chez lui, des semaines après ses camarades.

Après la guerre, Klein a débuté une carrière d'enseignant et d'entraîneur aux écoles de la ville d'Huron, en 1949. Il a créé le programme de baseball universitaire du système scolaire et a été le premier entraîneur-chef. Il parlera souvent de sa guerre, voulant partager avec les jeunes générations. Adieu Dick. Et merci. Pour tout.

(Source : 101st Airborne Division (Facebook), screamingeaglesbook.com & sanduskyregister.com - Passionmilitaria)

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Nous avons appris il y a quelques jours le décès de Marcel Orhan à l'âge de 98 ans. Ce vétéran français avait combattu en Tunisie, en Italie, lors du débarquement de Provence, lors de la Campagne de France et jusqu'en Alsace. Récipiendaire de nombreuses décorations, il avait été décoré de la Légion d'honneur. 
 
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Marcel Orhan nait à Rennes le 19 juin 1924. En février 1942, alors qu'il n'a que 18 ans, Marcel, passionné de basket, décide de rejoindre l'armée française, pour servir. Il s'engage au sein du 3e Régiment de tirailleurs sénégalais, dans l'armée de Vichy, à Alger. Mais il quitte ensuite cette armée de l'armistice afin de rejoindre les Alliés : le déserteur veut devenir un soldat des forces libres. Finalement, le 2 mai 1943, il est incorporé au sein de la 1re division française libre.
 
Marcel va dès lors être de tous les combats : il fait les campagnes de Tunisie et d'Italie. Puis, il participe au débarquement de Provence, le 15 août 1944. Le Caporal-chef Orhan participe aux combats qui permettent à la 1re division française libre de remonter vers le nord de la France. Il est engagé avec son unité en Alsace. Et au lendemain d'une permission à Royan, les soldats de la 1re DFL sont déployés en urgence pour sauver Strasbourg, menacée par les Allemands après avoir été libérée par la 2e Division Blindée.
 
Dans son unité, Marcel cumule plusieurs fonctions, et notamment chauffeur d'un command-car. Il côtoie ainsi Charles Trénet. Finalement, quelques jours seulement avant la fin de la guerre, Marcel est gravement blessé : le 11 avril 1945, à la tête d'un groupe de lance-flammes, partis à l'assaut du fort de Millefourches, à la frontière italienne, Marcel Orhan est touché par un éclat d'obus à proximité du cœur. Il s'en sort de justesse. Il gardera un morceau d'éclat dans sa poitrine toute sa vie, ressentant cette douleur qui lui rappellera toujours les combats.
 
Finalement, la guerre s'arrête le 2 mai 1945 pour l'unité et Marcel : la division, repassée en Italie, doit capturer Turin, lorsque l'armée allemande en Italie signe sa réédition. Marcel, libéré de ses obligations durant le temps de la guerre, rentre à Rennes. Il décide d'embrasser finalement une carrière militaire. Marcel était titulaire de nombreuses médailles, dont la Légion d'honneur.
 
Le 15 août 2019, pour le 75ème anniversaire du débarquement de Provence, le Président de la République Emmanuel Macron a rendu hommage aux soldats ayant débarqué en aout 1944, et notamment aux Français de la 1ère DFL. Marcel Orhan avait alors été invité personnellement par le Président de la République à participer à cette commémoration pour ses états de service au service de la France.
 
Le tableau, présenté dans le montage en tête, a été peint durant la guerre par un soldat allemand que Marcel avait fait prisonnier. De sa guerre, ce dernier dira, avec son humilité, qu'il n'était pas un héros, n'ayant fait que ce qu'on lui avait demandé de faire. Humble, jusqu'au bout. Jusqu'à la fin, les gens se souviendront d'un homme discret, réservé. Marcel, ancien combattant pour la liberté, héros de la France libre. Adieu Marcel. Et merci pour tout.
Source : Ouest-France et sources privées (merci à Nicolas M.) Passionmilitaria
 
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Nous apprenons avec tristesse la disparition, à 95 ans, du Staff Sergeant Paul Martinez. Ce parachutiste, déployé au sein de la Dog Company du 2nd Battalion du célèbre 506th Parachute Infantry Regiment, s'était engagé illégalement à 16 ans. Il avait par la suite sauté le 6 juin 1944 en Normandie, combattu à Carentan avant de sauter au-dessus des Pays-Bas lors de l'opération Market Garden. 
 
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Paul Martinez nait à San Antonio, au Texans, le 13 mars 1926. Quand Paul n'a que cinq ans, son père quitte la maison. Le jeune garçon commence, dès ses 9 ans, à travailler pour aider sa mère, cirant des chaussures et vendant des journaux. Alors qu'il n'a que 15 ans et qu'il se trouve au cinéma, le 7 décembre 1941, Paul apprend l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. Il veut s'engager, mais il est bien trop jeune. Mais l'envie de se battre et le généreux salaire offert par l'armée (21 dollars par mois) finissent de le décider.
 
Paul décide alors de s'enrôler dans l'armée le 15 août 1942, après avoir menti sur son véritable âge : il n'a alors 16 ans que depuis quelques semaines ! Mais lui et un ami, Joe Varela, vont réussir l'examen physique. Ils sont envoyés à Fort Sam Houston et passent une semaine à attendre les résultats. Retenu, Paul demande à rejoindre l'arme parachutiste. Ça sera le 506th Parachute Infantry Regiment et le camp Toccoa, avec les autres paras engagés ! On l'assigne au 2nd Battalion de la Dog Company. Il va côtoyer, durant son entrainement, les hommes de la Easy Company, rendus célèbres après-guerre dans l'ouvrage et la série Band of Brothers.
 
En 1943, le 506th PIR est rattaché à la 101st Airborne Division avant d'être déployé en Angleterre, dans l'optique d'une future opération aéroportée : le 6 juin 1944, Martinez participe aux opérations du D-DAY. Il est alors l'un des plus jeunes hommes à atterrir en Normandie. Largué dès les premières heures du 6 juin, Paul combat jusqu'au D-DAY +4 : avec les membres de sa Company, ils combattent pour Carentan et vont reprendre la ville aux Allemands. L'après-midi même, les Allemands se sont regroupés et tentent de les repousser. Pendant la bataille, Paul, sous un feu concentré de mitrailleuses, est touché par un fragment de balle près d'un œil
 
Le medic appelé décide de le faire transférer sur l'arrière du front, où il est décidé de le renvoyer en Angleterre. Les médecins vont y retirer un morceau de plomb de son œil. Paul va rester quelques semaines en convalescence, rejoignant sa compagnie lors de leur retour en France après l'engagement initial de près d'un mois.
 
Paul et son unité sont par la suite largués au-dessus des Pays-Bas dans l'après-midi du 18 septembre 1944. L'opération Market Garden, une opération principalement britannique, était appuyée par les deux divisions de parachutistes américains, la 82 et 101st. La bataille a duré jusqu'à la fin novembre pour Paul et son unité, quand ils ont été relevés et envoyés en France. La fin de la carrière de Paul est peu connue, mais il ne semble pas avoir combattu dans les Ardennes. Paul Martinez est honorablement démobilisé de l'armée le 10 décembre 1945.
 
Durant la guerre et après, le Staff Sergeant Martinez recevra de nombreuses décorations et récompenses : la Purple Heart, la Bronze Star, la Good Conduct Medal ou encore la Croix de guerre française et belge. Ainsi que deux citations présidentielles pour son unité. Pourtant, jusqu'à son décès, la plus belle récompense pour Paul n'était pas les médailles, mais ses ailes de parachutistes. Adieu Paul, et merci pour tout.
Source : The Greatest GENERATIONS Foundation & Zach Coco (photo) - Passionmilitaria.
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Avec un peu de retard,

André Falardeau était l’un des derniers vétérans québécois encore en vie au début de l'année 2020. Cet ancien combattant, qui s'était engagé dès 1939, qui avait combattu les Japonais en Alaska et les Allemands en Europe, avait survécu début mai 2020 à la pandémie de Covid. Ce héros décoré de 13 médailles pendant la guerre était finalement décédé quelques jours plus tard, d'une mauvaise chute

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La Seconde Guerre mondiale n'est déclenchée que depuis deux mois lorsqu'André Falardeau annonce à ses parents, en novembre 1939, qu’il veut partir combattre où l’armée canadienne aura besoin de lui. En effet, suivant la déclaration de guerre britannique, le Canada avait déclaré la guerre à l'Allemagne le 10 septembre 1939. Pour André, combattre s'impose, au service de sa patrie.

André, qui n'a encore que 17 ans, s'engage alors en trichant sur son âge, tout comme son frère aîné, Jean-Paul. Les deux frères devancent sans le savoir la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, qui sera adoptée au Canada en 1940. Cette loi obligeait tous les hommes célibataires ou veufs, âgés de 21 ans et plus, à s’enregistrer et à occuper des emplois jugés essentiels dans l’effort de guerre.

Les deux frères sont eux volontaires et vont suivre une formation militaire. Pour André, ce sera à Mont-Joli, au Québec, à Summerside, sur l'Île-du-Prince-Édouard et enfin à Prince Rupert, en Colombie-Britannique. Fait cocasse, le jeune militaire reçoit, comme tous les militaires canadiens, des bottes produites par la manufacture de chaussures d’Alfred-Eugène Marois, son grand-père !

En 1941, après la fin de sa formation initiale, André Falardeau est déployé au service opérationnel à Kodiak, en Alaska. Il contribue à la protection des installations américaines contre les Japonais. Ceux-ci rôdent dans le coin et ont envahi deux petites îles américaines, Kiska et Attu. André reste plusieurs mois, jusqu'en 1942. Mais les Japonais ne sont pas en capacité d'attaquer l'Alaska et reculent. André est alors envoyé vers les îles Britanniques.

Il devient pilote pour le Bomber Command de la Royal Air Force britannique. Il est basé à York, au nord de l’Angleterre. Il pilote principalement des chasseurs-bombardiers légers de type Fairey Battle, des avions obsolètes pour le combat de première ligne mais régulièrement utilisés en couverture aérienne de seconde ligne. Il est plusieurs fois opposé aux chasseurs allemands. S'il ne remporte pas de victoire aérienne, il n'est jamais abattu.

Il occupe par la suite plusieurs tâches et missions au sol, notamment au près de prisonniers allemands : il sécurise les prisonniers, les fouille et les interroge. La guerre s'achève pour André, qui rentre au pays. Mais pas seul : il rencontre pendant la guerre une jeune britannique, Mavis Doreen Reed, qu'il épouse le 31 octobre 1945, à York, une fois les hostilités terminées.

Le retour au Canada d’André et de Doreen se fera à bord de paquebots de passagers réquisitionnés pour la traversée. Lui sera sur l’Ile-de-France et Doreen arrivera sur un navire réservé aux femmes, le Letitia. Il convient de préciser qu’entre 1942 et 1947, ce sont près de 48 000 jeunes femmes ayant épousé des militaires canadiens qui sont arrivées au Canada avec près de 22 000 enfants.

Après la guerre, André Falardeau travaillera pour le gouvernement du Canada pendant 37 ans. De son union avec Doreen, décédée en 2008, il aura eu quatre enfants, deux garçons et deux filles. Devenu âgé, il sera confié à la Maison Paul-Triquet, à Québec, une résidence spécialisée destinée aux anciens combattants

En 2012, les anciens combattants du Bomber Command ont été honorés à Londres par la reine Elizabeth II et le gouvernement du Canada a annoncé que, pour reconnaître les services rendus par les anciens combattants du Bomber Command, il les autorisait à porter une barrette spéciale sur le ruban de leur Médaille canadienne du volontaire. C’est donc un honneur supplémentaire qui a été reconnu à André Falardeau

Le 12 avril 2020, André reçoit un test positif à la COVID-19. Il est gravement malade pendant plusieurs semaines, mais parvient à survivre. Début mai 2020, il est officiellement tiré d'affaire ! Mais André Falardeau décédera le 18 mai qui suit, des suites d’une mauvaise chute. Nous pensons à lui et à sa famille.

Source : blog.falardeau.ca & lesoleil.com et Passionmilitaria

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C'est avec tristesse que nous avons appris, il y a quelques jours, le décès à 95 ans de Jean Luciani, Grand officier de la Légion d'honneur, titulaire de dix citations et quatorze titres de guerre comme parachutiste au sein de la Légion étrangère. Il avait été nommé capitaine au feu durant la bataille de Dien Bien Phu, durant laquelle il avait été blessé avant d'être fait prisonnier. Libéré, il avait ensuite combattu en Algérie. 

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Jean Luciani est né en 1926. Issu d’une famille de militaires, il a quatorze ans en 1940, et quand les Allemands rentrent dans Lyon, il est avec son père. Il rejoint le maquis, dans l’Ain, à dix-sept ans, et de là, un régiment FFI, étant trop jeune pour intégrer la 1re Division Française Libre. Ça sera le Bataillon du Rhône, bientôt versé au sein de la 27e Division d’infanterie alpine afin de participer à la neutralisation des dernières troupes allemandes dans les environs de Modane.

La guerre terminée, il prépare le concours pour entrer à Saint-Cyr Coëtquidan, qu’il intègre en mars 1946 (promotion « Indochine »). Après une année à Coëtquidan, il choisit l’infanterie, mais la Légion lui est refusée, car il est jugé trop jeune. C’est donc au 4e Tirailleurs algériens qu’il se retrouvera. Finalement, en 1948, il rejoint la Légion et le 2e régiment étranger d'infanterie. Il est déployé en Indochine début 1949. En 1951, c’est la fin du séjour et le retour à Sidi Bel Abbès où il est affecté à Saïda, pour la formation des gradés.

Il se porte volontaire pour la Corée mais sa demande est refusée. Il est alors muté au 1er bataillon étranger de parachutistes, considéré comme l'une des meilleurs unités de l'armée française. Il part pour le Laos en mars 1953, comme officier adjoint du chef du Bataillon, le commandant Guiraud. Le 21 novembre, c’est l’opération Castor : Jean participe à la prise de la cuvette de Diên Biên Phu et à l’installation du camp retranché avec les différents points d’appui aux prénoms féminins qui l’entourent.

Jean est blessé en janvier 1954 mais revient très vite. Il va participer à la terrible bataille de Dien Bien Phu, où il va jouer un rôle essentiel lors de la « bataille des 5 collines », entre le 30 mars et le 4 avril 1954. Il est d'ailleurs nommé capitaine au feu : début mars, il commande la 1ère compagnie. Il assiste impuissant à la chute de Béatrice le 13 mars, à l'échec de la contre-attaque sur Gabrielle ou encore aux opérations contre les attaques sur Éliane 2 avec les Tirailleurs marocains. Il est gravement blessé à plusieurs reprises, mais notamment à un oeil le 31 mars : il reste 3 semaines à l’infirmerie du 8e BPC et rejoint le BEP fin avril.

Mais le 2 mai, c’est l’assaut Viet : Luciani est blessé puis, épuisé, est fait prisonnier. Alors commence la longue marche vers les camps de prisonnier. Blessé au poumon, il doit la vie au lieutenant Jauze qui, à ses côtés, l’aide à marcher. Mais son état empire : il ne doit la vie qu'à des camarades, qui portent l'officier blessé sur un brancard ! Le jeune capitaine est détenu avec d'autres soldats.

Fin août 1954, les nouvelles d'une prochaine libération remonte le moral des prisonniers français : début septembre, c'est la liberté enfin retrouvée. Après l’Indochine, Jean Luchiani va servir en Algérie, au sein de la 11e demi-brigade de choc. Mais en 1968, l'officier a vu trop de combat : il quitte l’armée et devient entrepreneur, avant de s’engager dans la vie politique. Il est également Secrétaire général de l’Association nationale des anciens prisonniers d’Indochine.

Il publiera un livre d’entretiens avec le général Philippe de Maleissye sur ses combats en Indochine sous le titre "Qui es-tu ? Où vas-tu ?". Il sera récompensé de nombreuses médailles et décorations durant toute sa vie, et notamment comme Grand officier de la Légion d'honneur.

Source : @victoria_pinget, Jonathan Alpeyrie (photographie) & unc.fr - passionmilitaria

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Bob Stoodley, 95 ans, a été l'un des premiers Pathfinder à sauter dans la nuit du 5 au 6 juin avec « la 22nd Independent Parachute Company » appartenant à la 6ème division britannique aéroportée.

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Bob Stoodley a sauté dans le noir, à 00h20, depuis un avion d'Albermarle, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 vers Touffreville afin d'y mettre en oeuvre une balise Eureka, qui a servi à guider les autres parachutistes, largués un peu plus tard, dans le cadre de l'opération "coup de main".

(Source : Good Morning Army)

 

 

Isaac Curtis Phillips,s'est éteint à l'âge de 97 ans le 28 août.

Il débarqua à Utah Beach le 6 juin 1944 avec la 4th Infantry Division, 22nd Regiment, Company D.

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Dès l'annonce par les Etats-Unis de la mobilisation pour libérer l'Europe du joug nazi, le soldat Isaac Curtis Phillips s'est engagé à Fort Mac Pherson, en Géorgie, en novembre 1943. Il débarqua le 6 juin 1944 sur la plage d'Utah Beach, lors de la seconde vague d'assaut. A Cherbourg, encerclé au cours d'une mission de reconnaissance, il doit se cacher quatre jours dans une cave. Il fut alors porté disparu. Vers Aix-la-Chapelle, il fut pris sous un bombardement avec 250 de ses camarades. Il fait partie des cinq survivants de cette attaque. Il resta plusieurs semaines dans le coma. Il fut ensuite affecté dans une unité de soutien, et chargé d'approvisionner la ligne de front en munitions. Il décida de s'établir en Belgique pour rester aux côtés de sa femme Arlette, rencontrée à Binche.

(Source : Good Morning Army)

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J'avais zappé la disparition de cette grande Dame.

 

Geneviève Asse, figure éminente de la scène artistique française de l’après-Guerre, s’était engagée auprès des FFI pendant la Seconde Guerre mondiale, bravant des conditions de vie extrêmes. Une personnalité de tous les combats que Philippe de Poulpiquet a immortalisée dans son exposition Invalides. Mémoires de guerre.

Peintre, graveuse et dessinatrice, Geneviève Asse est une figure éminente de la scène artistique française de l’après-guerre. Ses modulations infinies autour du bleu – le bleu Asse – sont une invitation à l’évasion et à l’exploration abstraite de l’espace. La Seconde Guerre mondiale a joué un rôle fondateur dans la vie et les engagements de l’artiste.

C’est pendant l’Occupation qu’elle se forme à l’École nationale des Arts Décoratifs.

Élevée dans une famille progressiste, patriote et marquée par le souvenir de la Grande Guerre, Geneviève Asse est bouleversée par la défaite de 1940, qui la pousse sur les routes de l’exode. Revenue à Paris, elle travaille pour la Croix-Rouge et y effectue un stage de conductrice ambulancière.

En 1944, à vingt et un ans, elle s’engage dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI) où elle sert en tant qu’agent de liaison pendant la libération de Paris.

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Geneviève Asse (née en 1923) et sa Grand Croix de la Légion d'honneur, photo : Philippe de Poulpiquet

 

Sollicitée pour intégrer les Rochambelles – les conductrices ambulancières de la 2e division blindée du général Leclerc – elle choisit de s’engager en faveur de la 1re armée du général de Lattre, attirée par le mélange de cultures de cette unité formée en Afrique.

Geneviève Asse fait partie des nombreuses volontaires issues des FFI ou de la Croix-Rouge qui rejoignent le 15e bataillon médical de la 1re division blindée. Elle est de tous les combats et intervient en première ligne afin d’évacuer les blessés vers les premiers postes de secours.

Secourant les blessés dans les chars en flammes, mitraillée dans son véhicule, piégée dans un dépôt d’essence pris pour cible des tirs ennemis, transie de froid pendant l’hiver 1944-1945, elle subit, autant que les combattants, les conditions extrêmes ainsi que la violence du champ de bataille.

Depuis Belfort, la guerre la mène à travers les Vosges, l’Alsace, Stuttgart puis Karlsruhe où elle est décorée de la Croix de guerre. Au printemps 1945, elle se porte volontaire pour l’évacuation du camp de concentration de Theresienstadt (Terezin).

Sous une chaleur étouffante, elle affronte son ultime expérience de guerre et confiera en 2010 en avoir ressenti une « peine terrible ». Les déportés, abandonnés par leurs geôliers, en loques et rongés par le typhus se jettent sur les ambulancières à la recherche de nourriture et leur révèlent l’horreur du système concentrationnaire nazi.

En juin 1945, Geneviève Asse demande à être démobilisée et se consacre à son art, à la lumière, au silence et à la couleur.

(Source : Musée des Armée, Texte rédigé par Anthony Petiteau, photo Philippe de Poulpiquet)

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Nous venons de perdre un de nos grands anciens, le dernier membre de l'ordre de la Libération.

 

Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est mort

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C’est la ministre des Armées qui l’a annoncé ce mardi aux sénateurs : Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est mort à l’âge de 101 ans. Le 18 juin dernier, il avait rassemblé ses dernières forces pour commémorer avec Emmanuel Macron l’appel du général de Gaulle au Mont Valerien. Il s’était alors recueilli avec le chef de l’Etat dans la crypte où ce résistant de la première heure parti à Londres fin juin 1940, sera enterré.

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Légionnaire pendant la Seconde Guerre mondiale, Hubert Germain a combattu en Syrie, en Libye où il a participé à la bataille de Bir-Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 1944 en Italie, le vétéran est aujourd’hui pensionnaire des Invalides.

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Seules 1 038 personnes ont reçu le titre de compagnon de la Libération. En tant que dernier de ses représentants, Hubert Germain doit être inhumé au Mont-Valérien. Le dernier Compagnon devrait être inhumé dans le caveau N°9 au Mont-Valérien, entre George Brière, matelot au 1er régiment de fusiliers-marins, tué dans les Vosges en novembre 1944 et Alfred Touny (« Colonel Guérin ») fusillé en avril 1944, également Compagnon de la Libération légendaire.

« Je pars faire la guerre »

Ancien député gaulliste et ministre de Georges Pompidou, ce résistant avait fêté le 6 août son 101e anniversaire. Fils d’un général des troupes coloniales, Hubert Germain passait le concours d’entrée de l’école navale à Bordeaux au moment de la débâcle du printemps 1940. « Au bout de cinq minutes, je me suis dit: +Mais qu’est-ce que tu fais là?+ », expliquait-il en 2018 à l’AFP. « Je me suis levé en disant à l’examinateur: Je pars faire la guerre ».

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Il embarque à Saint-Jean-de-Luz, à bord d’un navire transportant des soldats polonais à destination de l’Angleterre et arrive à Londres le 24 juin 1940. Il intègre la Légion étrangère et combat en Syrie, en Libye où il est engagé dans les combats de Bir Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Il est blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 44 en Italie.

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Le président Emmanuel Macron présidera la cérémonie d’inhumation d’Hubert Germain le 11 novembre prochain à l’Arc de Triomphe et au Mont Valérien.

(Source https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/hubert-germain-dernier-compagnon-de-la-libération-est-mort/ar-AAPqifo?ocid=msedgntp#image=1 )

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Libérateur de Port-en-Bessin en juin 1944, le vétéran Chuck Harris est décédé

Vétéran du 47th Royal Marines Commando, C. Harris est décédé à l'âge de 99 ans. Avec ses camarades, il avait débarqué à Asnelles le 6 juin 1944 et libéré Port-en-Bessin le 8 juin.

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Ken Parker, Chuck Harris (au centre), Harry Prescott appartenaient au 47th Royal Marines Commando qui a libéré Port-en-Bessin au matin du 8 juin 1944. (©Archives Frédéric Bourgeois/La Renaissance le Bessin)

 

Ils étaient présents tous les trois à Port-en-Bessin (Calvados) le 6 juin 2016, pour rendre hommage aux hommes tombés à Asnelles le 6 juin 1944 et dans les combats qui ont suivi le 7 juin pour libérer Port-en-Bessin. Ken Parker, Chuck Harris, Harry Prescott appartenaient au 47th Royal Marines Commando (RMC) qui a libéré Port-en-Bessin au matin du 8 juin 1944. 

La ville, férocement défendue par une compagnie de grenadiers allemands, avait un intérêt stratégique pour l’approvisionnement en carburant. Elle a été reprise par les alliés le 8 juin 1944. Le 47th Royal Marines Commando comptait 400 hommes. 88 ont survécu à la guerre.

Ces trois frères d’arme étaient de ceux-là. Ken Parker est décédé en 2018. Harry Prescott en 2019. Chuck Harris a rejoint ses camarades le 19 octobre 2021. Il aurait eu 99 ans le 14 décembre 2021. Il reste à ce jour deux survivants du 47th Royal Marines Commando.

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Chuck Harris a rejoint les Royal Marines dès avril 1941. Il a suivi plusieurs entraînements avant de rejoindre, en décembre 1943, le camp d’Achnacarry, où il sera attaché au 47th RMC. Il fait partie de la troupe HQ (Head quater).

Il a débarqué le 6 juin 1944 avec les membres du 47 Royal Marine Commando devant le Hamel, sur la plage d’Asnelles. Pris sous le feu nourri de l’ennemi, les hommes du 47e RMC parviennent à Port-en-Bessin pour reprendre la ville au matin du 8 juin. Blessé lors des combats, Chuck Harris a été soigné dans une ferme où il a découvert les propriétés antalgique du calvados. Quelques années plus tard, il a partagé un verre de cet alcool bien normand avec la famille qui avait pris soin de lui, dans la ferme d’Henri Cairon, dont le fils, Michel, participe chaque année aux commémorations du Débarquement et de la libération de Port-en-Bessin. 

« Nous n’oublierons pas sa gentillesse et son engagement auprès de ses camarades qu’il ne manquait jamais honorer lors des hommages dans notre commune », promet Christophe Van Roye, le maire de Port-en-Bessin.

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Après la guerre, Chuck Harris rejoint la Metropolitan Police le 27 mai 1947. Il y a effectué une brillante carrière. Il a notamment eu le privilège d’escorter en moto la Princesse Margaret le jour de son mariage. Il a travaillé le jour des funérailles du roi Georges V, lors du couronnement de la reine et lors des funérailles de Winston Churchill. En 1967, Chuck Harris devient instructeur, métier qu’il exercera jusqu’à sa départ en retraite le16 octobre 1972.

(source https://actu.fr/normandie/port-en-bessin-huppain_14515/liberateur-de-port-en-bessin-en-juin-1944-le-veteran-chuck-harris-est-decede_45887083.html?fbclid=IwAR3WvBRPETGi2aqyE_IpkCLyqxuSlmyrmaXFdVrtQoGADB2kW5JvHVun2Z4  )

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    • Bonjour. J'ai 18 ans, je peux faire 45 pompes d'affilés, j'ai un luc leger a 10, je fais 59 squats a la minute mais je n'arrive qu'a enchainer 6 tractions propres, vous pensez que j'ai mes chances ? Cordialement.
    • Bonsoir, Moi aussi J'incorpore le 28 novembre à querqueville 🙂
    • La question sera donc à revoir une fois que vous aurez quitté l'ENSOA et rejoint votre 1ère affectation. Si ce n'est pas Paris/RP ce sera célibat géographique pour vous. Selon certaines conditions vous pourrez bénéficier de la MICM. Par contre vous vous dirigez out droit vers une situation complexe car vous serez très probablement éloigné de votre famille pendant de longues et/ou nombreuses périodes.
    • Les divers demandes d'aptitudes dans la Marine 2021, suivant les spécialités et les brevets et certificats : joe_20211005_0232_0007.pdf
    • Le dimanche 23 octobre 1983 à Beyrouth (Liban), l’armée française a payé son plus lourd tribut à la nation depuis la guerre d’Algérie. 58 fils de France, servant dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité de Beyrouth (FMSB), sont morts dans l'attentat du poste français "Drakkar". 6h20, une camionnette contenant 250 kg d’explosif force le barrage d’entrée du poste située dans le quartier Mar Elias au sud-ouest de la capitale libanaise. Le conducteur de la camionnette piégée précipite son véhicule contre le rez-de-chaussée du bâtiment, un ancien hôtel de neuf étages où sont alors postés 96 militaires français. L’attentat suicide fait s’effondrer le bâtiment, ne laissant qu’un amoncellement de débris de cinq mètres de haut. L’attaque visant le poste « Drakkar » a tué 58 militaires français, dont 55 provenaient du 1er Régiment de Chasseur Parachutiste (RCP), et trois du 9ème RCP. Outre les Français, l’épouse du concierge libanais de l’immeuble ainsi que ses cinq enfants sont également décédés dans l’effondrement du bâtiment. Les efforts des secouristes et des soldats français et libanais ont néanmoins permis de sauver 41 parachutistes et d’extraire les cadavres des décombres. L’attentat du Drakkar a provoqué un choc considérable en France car le pays n’avait pas connu de perte militaire aussi lourde depuis la guerre d’Algérie. Dès le lendemain, le Président de la République, François Mitterrand, s’est rendu sur place.   Le 2 novembre 1983, un Hommage national a été rendu aux 58 militaires décédés dans la cour des Invalides, en présence du Président de la République et des plus hautes autorités. Le chef de l’État avait alors décoré les victimes de la Médaille militaire à titre posthume. Une stèle commémorative a été apposée sur les lieux de l’attentat, qui est aujourd’hui un terrain vague situé dans un quartier résidentiel. (Source : ECPAD - Génération OPEX)     Rappel du contexte historique  En juin 1982, Israël lance l’opération « Paix en Galilée », envahit le Sud-Liban et entreprend fin juin-début juillet l’assaut de Beyrouth-Ouest où les Palestiniens sont encerclés dans une nasse, les Syriens refusant de les accueillir sur leur territoire. Un cessez-le-feu est appliqué début août. La communauté internationale, soucieuse d’éviter des affrontements sanglants, décide d’intervenir. Sous la protection des parachutistes français, soutenus par les soldats américains et italiens, les forces palestiniennes sont exfiltrées en douceur. De 500.000 à 600.000 Palestiniens restent dans les camps. Le 23 août, Béchir Gemayel est élu Président du Liban. Le 15 septembre, il est assassiné. Israël investit Beyrouth-Ouest. Du 16 au 18 septembre ont lieu les massacres de populations civiles dans les camps de Sabra et Chatila, où des centaines de civils palestiniens sont tués. Le 21 septembre, Amine Gemayel, frère aîné de Béchir, est élu président. Le 24 septembre, pour répondre à une opinion internationale scandalisée par les tueries dont les Palestiniens ont été victimes, une Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth est créée, intégrant des contingents français, américains, italiens et une poignée d’Anglais. Dès lors, au Liban, la situation ne cesse de se dégrader. Massacres de populations civiles et attentats se multiplient. Les soldats de la Force Multinationale sont victimes d’innombrables attaques et de bombardements. Si les Américains sont cantonnés à l’aéroport et les Italiens en périphérie de la ville, si les Anglais se contentent de mener des missions de renseignement avec un escadron spécialisé, les Français, eux, reçoivent la mission la plus délicate, au cœur même de Beyrouth. Tous les quatre mois, les contingents sont relevés, souvent avec des pertes sévères. En septembre 1983 a lieu la relève pour les légionnaires français installés à Beyrouth, remplacés par les parachutistes de la 11e division parachutiste. C’est l’opération Diodon IV, qui deviendra l’engagement le plus sanglant pour l’armée française depuis les guerres coloniales. Le 3e RPIMa s’installe en secteur chrétien, dans la perspective d’une offensive face au «Chouf », pour pacifier la montagne où les Druzes s’en prennent violemment aux chrétiens. Des éléments du GAP, 1er RHP, 17e RGP, 12e RA, 35e RAP, 7e RPCS et le commando marine Montfort sont également à pied d’œuvre. Le secteur le plus dangereux, celui de Beyrouth-Ouest, est dévolu à un régiment de marche, le 6e RIP, régiment d’infanterie parachutiste, qui a pour mission principale la protection des populations civiles palestiniennes traumatisées des camps de Sabra et Chatila. Ce régiment, placé sous le commandement du colonel Urwald, a été formé spécialement pour cette opération, et est constitué de quatre compagnies de parachutistes : deux compagnies du 6e régiment de parachutistes d’infanterie de Marine basé à Mont-de-Marsan, une compagnie du 1er régiment de chasseurs parachutistes basé à Pau, une compagnie du 9e régiment de chasseurs parachutistes basé à Pamiers. Dimanche 23 octobre 1983, 6h30 du matin. L’aube se lève. D’un coup, une explosion terrible, une lourde colonne de fumée qui s’élève plein sud dans le silence du dimanche matin. L’aéroport et les Américains sont mortellement touchés. Puis une minute après, encore une autre, plus proche cette fois, d’une puissance tout aussi ahurissante. On entend en direct sur la radio régimentaire que Drakkar a été rayé de la carte. Ce poste était occupé par la compagnie du 1er RCP commandée par le capitaine Thomas, dont heureusement un détachement était de garde à la Résidence des Pins, le QG français. Bilan des deux attentats : 241 marines et 58 paras français sont tués, sans compter d’innombrables soldats grièvement blessés, évacués en urgence en Europe. Dès la première explosion, chacun a bondi à son poste. On comprend d’emblée que c’est terrible. Les ordres fusent à toute vitesse. Des équipes partent pour le lieu de l’attentat, les autres sécurisent les postes. Chacun sait ce qu’il a à faire. On est sous le choc, mais le professionnalisme l’emporte. La mécanique parachutiste, répétée inlassablement à l’entraînement, montre ses vertus en grandeur réelle. On va faire l’impossible pour sauver les camarades. Malheureusement, beaucoup sont déjà morts, déchiquetés, en lambeaux, que l’on ramasse jour après jour, nuit après nuit. On a entendu certains d’entre eux râler sous les ruines, alors que nous étions impuissants à les dégager des amas de gravats. Ils sont là, pris dans l’étreinte mortelle de l’acier et du béton, ceux pour lesquels nous sommes arrivés trop tard, ceux avec lesquels hier on riait, on plaisantait, on rivalisait. Aucun des paras qui va relever ses camarades en cette semaine d’octobre n’oubliera ces pauvres corps, « tués par personne », nobles et dignes jusque dans la mort, magnifiques soldats équipés et prêts pour le combat, parfois la main crispée sur leur Famas. Sans doute est-ce parce qu’ils ont rejoint les légions de Saint-Michel que leur souvenir semble éternel. Le mythe para en tous cas l’est. Maintenant plus que jamais. Et tous, nous communions alors dans une espèce de rêve étrange et éveillé, où la mort étonnamment proche se mêle inextricablement à la vie, en un jeu dont les règles nous échappent. Un nouveau jalon funèbre est posé après les combats des paras de la Seconde Guerre mondiale et bien sûr ceux des grands anciens d’Indochine et d’Algérie. Le piège fatal En signe de solidarité avec nos hommes, le Président de la République, François Mitterrand, vient rendre un hommage aux morts le 24 octobre. Les paras savent déjà qu’ils sont pris dans un traquenard monstrueux. Jour après jour, ils sont victimes de nouveaux attentats, dans un secteur totalement incontrôlable, où pullulent les milices, les mafias et les « services ». Personne ne sait réellement qui fait quoi, les informations sont sous influence, rien n’est sûr, tout est mouvant. Sans ordres ni moyens légaux, les paras sont contraints de se battre au quotidien pour assurer la survie de leurs postes et continuer à protéger les populations. Aucun renfort notable n’est envoyé de métropole, hormis une compagnie de courageux volontaires du 1er RCP venus prendre la place de leurs prédécesseurs. En dépit des nombreux morts et blessés qu’ils vont relever dans leurs rangs, les paras ne doivent compter que sur leur savoir-faire, leur calme et leur professionnalisme pour se défendre tout en évitant de répondre aux provocations, refusant parfois de tirer pour préserver les civils. A ce titre, la mission aura certes été remplie, mais nombreux sont les soldats français qui reviendront avec l’amer sentiment d’avoir perdu leurs camarades sans les avoir vengés. Chacun sait alors que nous vivons un moment unique de notre vie, dont l’intensité et la profondeur nous bouleversent. L’aumônier, le père Lallemand, a le don de savoir parler aux soldats. Que l’on soit croyant pratiquant ou athée, agnostique ou païen, il sait trouver les mots qui apaisent et réconfortent. Paradoxalement, Drakkar ne va pas briser les paras, mais les souder. Les semaines à venir vont être infernales. Et cependant, tous font face avec une abnégation sublime. Le plus humble des parachutistes joue consciencieusement son rôle dans un chaudron où se multiplient les attentats. Bien des nôtres vont encore tomber, assassinés lâchement la plupart du temps. Mais tous accomplissent leur devoir avec fierté et discrétion. Nous recevons des mots et des cadeaux de métropole, comme ces Landais qui nous envoient du foie gras à foison pour Noël, ou encore ces enfants qui nous dédient des dessins touchants. Les paras sont soudés, et même la mort ne peut les séparer. Dans la nuit du 25 décembre, les postes de Beyrouth-Ouest devenus indéfendables dans la configuration géopolitique de l’époque sont évacués. Fin janvier-début février, les paras  exténués sont rapatriés sur la France. Le contingent de « Marsouins » qui les remplace ne restera pas longtemps. Américains et Italiens quittent le Liban fin février. En mars, le contingent français rembarque, ne laissant sur place que des observateurs. Bruno Racouchot était alors officier au 6e RPIMa. Il  a aimablement autorisé à reproduire le texte d’hommage en annexe, initialement paru dans le cadre du très confidentiel « Club des chefs de section paras au feu ».  (Source : https://www.asafrance.fr/item/histoire-23-octobre-1983-beyrouth-06h30-drakkar-est-raye-de-la-carte-3.html?fbclid=IwAR1I7bnRKjuo-v-wSUNPqECiC9tj8unWBjt8N3lLSNAWad92Q9AOpwUqA94  )   N'oublions pas !