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  • Moderator

Jeudi ma section et moi même embarquions dans un Transal pour sauter une dernière foi ce jour-ci, toute la journée nous avons vu de jeunes aspirants parachutistes courir percevoir leur parachutes, faire les faisceaux, vérifier les alignement, s'équiper et voir dans leur regard cette inquiétude qui se traduit par des regards tendus et de longs silences. Qu'ils se rassurent tout le monde vis ces moments là!

 

Mais c'est quoi passer par la portière? Que ressent-on? Es-ce violent? Etc

 

Passer par la portière c'est surtout un état d'esprit. C'est la poursuite d'une histoire qui débute dans les années 30 en Russie et qui perdure de nos jours. Je ne vais pas relater ici l'histoire des parachutistes il faudrait une vie. Mais faire comprendre l'esprit du para lors de son premier saut.

 

Être para c'est faire ce premier pas qui mène vers l'inconnu.

 

Avant cela il y a une semaine de formation à l'ETAP de Pau. Tout commence par des tests TAP des pompes, tractions, abdominaux, flexions précèdent le 1500m et le 8km TAP. Chargé d'un sac à 11kg pesé par les moniteur à la fin de la course, le jeune aspirant para doit effectuer ces 8km en moins d'une heure. Au delà c'est retour à la maison.

Une foi ces formalités sportives effectuées les cours débutent. Généralités sur le parachute, compréhension des phénomènes aérologiques de base, comment s'équiper, comment plier sommairement son parachute, le fameux roulé-boulé, et des cours de positions en l'air, d’atterrissage de sortie de l'avion remplissent les journées de l'aspirant parachutiste. La fin du stage approche il est temps de passer par la "machine à poulets"! structure énorme qui simule un saut de la sortie de l'avion à l'atterrissage. Derniers conseils des moniteurs avant le passage par la portière réel.

 

Le premier pas.

 

Un soir notre aspirant para se couche avec une pointe d'appréhension au ventre : demain il saute. Pour la première foi de sa vie (ou pas!) il va passer par la portière. Après une nuit sans réel sommeil, direction l'aire de présentation. Dans un premier temps perception des "pépins" (parachute dorsal) et des "ventraux" (parachute de secours) puis formation des faisceaux et des sticks (fractionnement dans l'avion par porte) ensuite notre aspirant parachutiste s'équipe, regards latéraux pour voir si les autres font pareil. Où va cette sangle déjà? Mince j'ai vrillé! Bon sang les autres ont presque fini et moi je sais plus quoi faire de cette pince!! Vient ensuite la vérification faite par les moniteurs, moments de stress intense lorsque vient son tour. L'idée principale à ce moment là est de ne pas passer pour une truffe devant tout le monde...

Il est temps d'embarquer.

 

Les sticks sont prêt, l'avion fait tourner ses moteurs un bruit intense et l'odeur caractéristique de kérosène brulé empli l'air. La porte de la tranche arrière s'ouvre et les aspirants para embarquent après une autre vérification. Assis dans l'avion, nos aspirants para, se concentrent pas grand monde rit lors du premier saut. Enfin l'avion s'élève dans les airs et déjà la lumière rouge s'allume.

"Debout! Relevez les sièges! Accrochez sur le câble!" hurle un largueur avant de passer la dernière inspection. Les regards sont tendus, les visages crispés. Soudain un halo de lumière emplis l'avion! Les portes latérales s'ouvrent. Un vacarme assourdissant et de l'air s'engouffrent dans la carlingue et frappent les visages toujours aussi crispés! Le vide apparait. Le premier aspirant para est saisi par le largeur et se met en position dans la lumière, face à lui le vide et un paysage inoubliable. Lumière verte! Le GO énergique du largeur et sa forte claque dans le dos sont le signal du saut. Jambe en avant, mains sur la poignée du ventral, tête en avant. La chute commence, 331, 332, 333 hurle notre presque nouveau parachutiste, le vent frappe son visage. Et plus rien la voile vient de s'ouvrir dérrière lui le bruit de l'avion qui s'éloigne et éjecte ses parachutistes. Les vérifications commencent, le sol s'approche. Mais d'où vient le vent? J'ai raté quelque chose? Le sol arrive vite. Très vite. Position d'atterrissage et impact avec le sol. J'ai mal nulle part.

 

C'est bon c'est fait! Enfin presque encore 5!

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  • Moderator

Après le passage initiatique, la récompense.

 

Le droit au port de la coiffe du para le béret amarante. Il nous vient des para de la seconde guerre mondiale qui furent autorisé à le porter par les anglais après leur bravoure au combat. Au début seul les para colo arboraient cette coiffe de couleur, les métros conservaient le béret bleu. C'est durant la guerre d'Indochine que son port est généralisé à tous les para excepté ceux de la Légion Étrangère.

Cette coiffe est un symbole qui marque au delà des frontières. A sa seule vue il fut un temps où l'ambiance se détendait... Le béret véhicule cet esprit de sacrifice de dont de soi et d'adoration du combat. Le para trépigne de rester dans sa caserne. Il aime la bagarre.

Certains le trouvent irrespectueux, grande chetron mais c'est un guerrier avant d'être un soldat. La camaraderie est primordiale, comme partout ailleurs, mais un para n'est camarade qu'avec un para. Normal! Le mythe para née principalement en Indochine où ces hommes se battaient loin dérrière les lignes ennemies, seuls, ils ne pouvaient compter que sur eux. Alors les autres... Z'ont qu'a passer par la portière!

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  • Administrateur

En parlant de béret, Tobonarine, quelle signification y a t' il pour les deux lanières à l' arrière du béret ?

J' ai entendu quelque part quelles pouvaient être surnommés " les veuves ".

Certains y font des nœuds !

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  • 2 weeks later...
  • Moderator

Une foi les 6 (voire 5 parfois...) saut effectués vient la remise du brevet en lui même!

 

Brevet_Parachutiste.jpg

Appelé familièrement la "Plaque à vélo" en référence à sa taille, celui-ci est remis au tout nouveau parachutiste par son moniteur ou un parrain déjà breveté!

C’est en juin 1946 que fût créé le brevet militaire de parachutisme,pour remplacer les différents brevets portés jusqu’alors : brevet d’infanterie de l’air, brevet para FFL, brevet britannique, brevet commandos de France, ailes opérationnelles SAS et brevet Polonais. Son héraldique est la suivante:


- Le parachute te porte,

-Les ailes du grand Saint Michel te supportent,

- L’étoile te guide,

- Les lauriers te rappellent la gloire des anciens,

- La couronne de chêne, c’est la force qui caractérise les paras,

- Mais la mort te guette et elle est représentée par le noir entre les suspentes.

 

 

Voici le diplôme que reçoit notre jeune breveté. Y figure le fameux numéro!

 

image003.jpg

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Magnifique témoignage Tobo, j'ai fait un saut il n'y a pas longtemps en stage para et en effet la première fois, il y a cette peur dans le regard, la tension, l'appréhension... et les silences qui en disent beaucoup plus qu'un long speech.

 

En tant que moniteurs, vous motivez les aspirants paras avant le saut ?

 

Car je suis belge, et ici à la base lors de nos premiers sauts les moniteurs cassent complètement psychologiquement, pour expliquer après le saut réussi que c'est un dernier test, briser pour construire, ça renforce.

 

Comment ça se passe pour les aspirants paras et les moniteurs ailleurs dans le monde (chez vous en France par ex) au niveau de la préparation psy avant le "pas final" ?

 

FOX

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  • Moderator

Aucune pression en France, il suffit de sauter (ça suffit d'ailleurs...) Les moniteurs rassurent mais le bistouri dans le ventre existe quand même...

 

L'ambiance est différente en Belgique peut être aussi car c'est un saut depuis un ballon?

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Non non, depuis des Trans.

 

Psychologiquement c'est assez dur, seuls les meilleurs (qui ne se laissent pas/plus déstabiliser) gagnent leur béret. Et juste après le premier saut les moniteurs redeviennent sympa, ils sourient et sont fiers. On boit un coup, on mange, on boit un coup (encore !), on dort (épuisement car pas des masses de sommeil), mais tout cela dans la gaieté. Je crois que les moniteurs sont ultra sévères avant le premier saut simplement pour tester et forger.

 

Lors du saut, en fait, c'est bête à dire mais le saut suffit au niveau mental. On a beau répéter de ne pas avoir peur, on A peur ! Et celui qui dit le contraire avant le premier saut est un menteur.

 

Encore merci pour ce topic Tobo.

 

Fox

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  • Spécialiste

En plus de la fierté de recevoir le brevet, c'est ensuite le regard des autres paras qui m'a honoré.

De réserviste non breveté respecté et reconnu dans le régiment, je suis passé à camarade dès la remise du brevet (qui s'est fait à peine 2 heure après avoir touché le sol).

2 grands moment ce jours là pour moi.

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Oui c'est une grande fierté. Un honneur.

 

Ce qui a été le mieux pour moi... c'est le regard des autres. La fierté des supérieurs et des camarades, ainsi que le brevet, et enfin la remise du béret. De grands moments, comme dirait Pendemonium.

 

Ce qui m'a aidé pendant le premier saut, c'est le chant des paras... dans ma tête. Le chant des commandos aussi, la prière des paras et "le volontaire".

 

Fox

 

PS: voulez-vous voir le béret des PCdo belges ?

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Voilà !

 

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676075911.jpg

 

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Dernièrement (2009 - 2010) nous étions en déploiement : mission OTAN "ISAF XXI " en Afghanistan. Depuis 2010 nous n'informons personne de nos opérations.

 

Bises à tous, et fierté les gars ! Une petite chope (bière) sur le compte d'un belge ? ;)

 

Fox

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  • Spécialiste

Vous utilisez toujours l'insigne SAS ?

 

C'est marrant je n'aurais pas pensé.

 

Les para-commando ont l'air d'être une très belle unité en tous cas.

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  • Posts

    Sophia42

    Posted

    Bonjour ! Ce sujet s'adresse surtout aux femmes, mais je prends toutes les réponses J'ai effectué une réduction mammaire de ma poitrine il y a quelques années car elle était handicapante.  Je me demandais si cela pouvait être un souci pendant la visite médicale, car je compte le préciser évidemment. Et aussi, est-ce que le médecin palpe / regarde la poitrine ? Merci beaucoup !

    berogeitabi

    Posted

    Bonjour. Vos années de service débutent le jour où vous avez été incorporé. Donc pas forcément le jour de la signature du contrat. Mais vous avez forcément votre contrat avec vous, il suffit de le lire.

    Trydore

    Posted

    Bonjour, Je suis entrée à l'école de Maistrance il y a maintenant un an (j'ai signé mon contrat de 10 ans, à l'entrée, le 23 aout 2021), et j'ai une question concernant la comptabilisation des années de services au sein de l'armée : est-ce que l'année que j'ai passé (jusque mai 2022) en formation à Maistrance, puis à mon BAT, est comptabilisée comme année de service au sein de l'institution (c'est à dire : est-ce qu'officiellement, cela fait bien un an que je suis Marin), ou faut-il compter à partir du début de mon affectation, Mai 2022 donc (et donc que j'ai fais un an du contrat signé) ? En vous remerciant par avance pour vos réponses,

    HernanF

    Posted

    Le trois-mâts ARA Libertad, navire-école de la Marine argentine, dans la rade du Toulon , troisième escale européenne dans son 50e Voyage de formation.   Ici hier au large de Bormes-Les-Mimosas, dans le Var, lieu de naissance du marin argentine Hippolyte Bouchard.  

    frmepervine

    Posted

    Hello !  J'ai une petite question à poser à une féminine qui aurait passé les examens au cso dernièrement  Merci ! 
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