Jump to content
Bouchon-Gras 49

Les grands personnages de l'armée de terre.

Recommended Posts

Connu comme étant écrivain, journaliste et ancien officier parachutiste, le capitaine Erwan BERGOT.

AVT2_Sergent_9692-315x400.jpeg

Erwan Bergot, né le à Bordeaux et mort le à Paris,

 

Né de parents bretons, Erwan Bergot fait de brillantes études chez les Jésuites avant d'obtenir une licence en faculté de lettres. Son tempérament le pousse cependant vers le monde militaire et en 1951, après son service militaire comme aspirant au 11e bataillon de choc, il part pour l'Indochine où il sert au 6e bataillon de parachutistes coloniaux du futur général Bigeard, puis il est affecté à la tête de la compagnie de mortiers lourds du 1er BEP à Diên Biên Phu. Il est fait prisonnier et connaît les conditions terribles d’internement dans les camps vietnamiens. À partir de 1955, il sert en Algérie au sein du 2e REP et à nouveau du 11e choc. Il est grièvement blessé à l'œil droit lors d'un accrochage dans le Constantinois en 1961 et quitte définitivement le combat armé pour se tourner vers l'écriture et le journalisme.

En 1962, il devient le premier rédacteur en chef du magazine de l'Armée de terre, et écrit son premier roman en 1964 — Deuxième classe à Diên Biên Phu — qui remporte un succès immédiat. Il se consacre par la suite entièrement à l'écriture. Il écrit une cinquantaine d'ouvrages consacrés à ses frères d'armes. Historien, romancier, il sait recréer des ambiances fortes, des dialogues vrais dont il écrit qu'il rend « (...) hommage à tous les obscurs, les sans-grades, ceux qui n'ont jamais leur mot à dire dans l'histoire (…) ».

Écrivain récompensé par de nombreux prix littéraires dont le prix de l'Académie française et le prix Claude Farrère, commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire1, honoré par dix titres de guerre (trois blessures et sept citations à la croix de guerre des TOE et à la croix de la Valeur militaire), Erwan Bergot a également été honoré en tant que soldat.

Il est mort le à Paris et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (4e division).

P1020138.jpg

 

Décorations

Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg Croix du Combattant Volontaire 1939-1945 ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg Medaille commemorative des Operations de securite et de Maintien de l'ordre ribbon.svg Medaille (Insigne) des Blesses Militaires ribbon.svg

 

images.jpg

L'Armée de terre décerne tous les ans le prix Erwan Bergot à un ouvrage destiné à récompenser une œuvre « grand public », écrite en langue française, célébrant un exemple d'engagement au service de la France et de ses valeurs essentielles. Le prix littéraire « Erwan Bergot » affirme ainsi la reconnaissance d'un état d'esprit commun à la société et à l'Armée de terre : solidarité, dévouement, dépassement de soi, courage, adaptation.

prix-erwan-bergot-laureat.jpg

La promotion 2015-2016 du 4e bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan a choisi Erwan Bergot pour parrain, et porte donc le nom de « promotion capitaine Erwan Bergot ».

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Erwan_Bergot   )

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Grand officier ayant combattu lors des principaux conflits contemporains mais également figure de la non violence, le général Jacques de LA BOLLARDIERE.

Jacques-Paris-Bollardiere-Wikicomon_0_477_500.jpg

Jacques Pâris de Bollardière, (appelé Jacques de Bollardière par convenance) né le à Châteaubriant dans la Loire-Inférieure et mort le à Guidel (village du Vieux-Talhouët) dans le Morbihan

 

Fils de René Pâris de Bollardière, un officier d'infanterie coloniale, Jacques Pâris de Bollardière fait des études secondaires au collège Saint-Sauveur de Redon, avant de rejoindre le Prytanée national militaire de La Flèche. Il entre en 1927 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Ayant fait de Lyautey qu'il a pu rencontrer dans son enfance son idole, il se montre indiscipliné et doit redoubler. Il en sort trois ans après avec le grade de sergent-chef (c'est une sanction : les « cyrards » sortent normalement sous-lieutenants et accomplissent leur cursus en deux ans). Affecté au 103e RIA de Bastia, il est promu lieutenant en 1932. Affecté en 1935 dans la Légion étrangère, il est nommé au 1er régiment étranger d'infanterie à Saïda, en Algérie, puis rejoint Marrakech l'année suivante au sein du 4e régiment étranger d'infanterie.

 

Affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère en février 1940, il devient capitaine et prend part à la campagne de Norvège. Débarqué à Brest le 13 juin, il assiste à la débâcle et décide de rejoindre Londres. Embarqué sur un chalutier à Paimpol, il rallie les Forces françaises libres, ce qui lui vaut une condamnation à mort par le régime de Vichy.

Avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère il participe aux campagnes du Gabon, en novembre 1940, et d'Érythrée. Son rôle dans la prise de Massaoua lui vaut d'être décoré de la Croix de la Libération. Avec la 1re division légère française libre, il participe ensuite à la campagne de Syrie. Promu chef de bataillon en septembre 1941, il commande le 1er bataillon étranger en Libye, notamment à la bataille d'El Alamein, où il est blessé au bras par une bombe. La décision de repli qu'il a prise durant cette opération d'El Himeimat est jugée négativement par ses supérieurs qui décident de ne pas lui rendre son commandement à la sortie de l'hôpital. Hospitalisé huit mois, il retrouve son unité le à Sousse, en Tunisie.

En , il rejoint le BCRA et devient parachutiste. Parachuté à Mourmelon le , il commande la mission « Citronelle », qui doit organiser le maquis des Manises dans les Ardennes. Mal armés, mal organisés, mal préparés, 106 maquisards isolés dans les bois et sans secours y sont massacrés. Seuls cinquante hommes réussissent avec Bollardière à échapper à la nasse allemande. Du 20 juillet au 6 septembre, il parvient avec ses hommes à infliger des pertes sévères aux Allemands.

Rentré de mission le 20 septembre, il prend le commandement du 3e RCP/3rd SAS de la brigade SAS. Il saute sur la Hollande le , lors de l'opération Amherst. Les petits groupes sont largués sur l'arrière de l'ennemi avec pour but de saboter les communications et d'attaquer les PC. L'opération est un grand succès.

Jacques de Bollardière est l'un des Français les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale : grand officier de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération, deux fois décoré du Distinguished Service Order (DSO), etc.

 

g.jpg

Il est promu lieutenant-colonel à la fin de la guerre et prend le commandement des deux régiments (squadrons) SAS français (2e et 3e RCP), fondus ce qui deviendra le 1er RPIMa (1er régiment parachutistes d'infanterie de marine, équivalent français des SAS britanniques) en février 1946. Débarqué à Saïgon avec le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient un mois après, il rentre en France en 1948 puis commande les troupes aéroportées en Indochine de 1950 à 1953.

Il se prend alors de sympathie pour le peuple vietnamien et commence à ressentir de la répugnance envers cette guerre.

Affecté au Centre des hautes études militaires en octobre 1953 puis à l'École de guerre, où il enseigne la tactique des troupes aéroportées, il prend la tête de deux brigades en Algérie en juillet 1956. En décembre de la même année, il est promu général de brigade : il est alors le plus jeune général de l'armée française. Il exprime très tôt ses appréhensions vis-à-vis de la guerre en Algérie. Il a alors sous son commandement le lieutenant de réserve Jean-Jacques Servan-Schreiber qu’il autorise à circuler partout en Algérie et à entretenir des contacts avec des journalistes. Il met avant tout l'accent sur l'action sociale au détriment de la lutte contre les troupes rebelles.

Mais en raison de la dégradation de la situation dans le secteur dont il a la charge (186 assassinats et 56 fermes abandonnées en 1956), le général Massu diligente une enquête qui montre à la fois l'inefficacité de la répression dans ce secteur et la mauvaise tenue des troupes. Il demande d'être relevé de son commandement en raison du manque de moyens et de la structure de la hiérarchie qui le place sous les ordres de Massu.

200105072683257_low.jpg

 

 

Ce n'est qu'à son retour en France qu'il s'exprime publiquement au sujet de la torture à l'occasion de la sortie du livre de Jean-Jacques Servan-Schreiber Lieutenant en Algérie. Sa prise de position publique (dans L'Express) lui vaut une sanction de soixante jours d’arrêt de forteresse, le , à La Courneuve.

Confronté aux atrocités nazies commises au maquis des Manises où il a été responsable de la mission Citronelle, c'est là qu'il aurait acquis la conviction que la torture est le propre des régimes totalitaires.

Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur alors en fonction à avoir condamné ouvertement l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie : il dénonce à ses chefs « certains procédés » pratiqués par une partie de l'armée française dans la recherche du renseignement lors de la guerre d'Algérie.

Il écrit quelques années plus tard : « Je pense avec un respect infini à ceux de mes frères, arabes ou français, qui sont morts comme le Christ, aux mains de leurs semblables, flagellés, torturés, défigurés par le mépris des hommes ». Il soutient Jean-Jacques Servan-Schreiber dans sa dénonciation de la torture.

« La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain. »

Bénéficiant du soutien de Gaston Defferre, il est ensuite nommé adjoint du général commandant supérieur des forces armées de la zone de défense AEF-Cameroun puis à Coblence, en Allemagne, des postes honorifiques qui l'éloignent du commandement. Il démissionne au moment du putsch des généraux (), n'ayant pu obtenir de poste en Algérie, comme il le souhaitait.

Il déclare à cette occasion : « Le putsch militaire d’Alger me détermine à quitter une armée qui se dresse contre le pays. Il ne pouvait être question pour moi de devenir le complice d’une aventure totalitaire. »

 

hqdefault.jpg

 

Décédé dans sa résidence du Vieux-Talhouët le à Guidel, il est inhumé à Vannes.

 

Le-General-Jacques-Paris-De-Bollardiere-Le-Pont.jpg

 

Décorations

 

hqdefault.jpg

( Source : Wikipédia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Pâris_de_Bollardière   )

0510ee3f2791f51ddd0dc1ac85aae452-carhaix-la-statue-du-general-de-bollardiere-inauguree.jpg

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Peu connu, le général Louis DIO.

ob_fd6e29_dio-louis02.jpg

Le général Louis Dio (né le à Vannes et mort le à Toulon)

À sa sortie de Saint-Cyr en 1928, Il choisit l'armée coloniale.

En 1939, capitaine commandant le groupe nomade du Tibesti, il est muté à Douala au Cameroun, pour mettre sur pied une compagnie destinée à être envoyée en renfort en métropole. L'armistice de juin 1940 le surprend en Afrique-Équatoriale française

Le , il propose ses services au commandant Leclerc qui arrive de Londres pour faire basculer l'Afrique équatoriale française dans le camp de la France libre.

ob_f497a7_dio-louis.jpg

En 1943, alors colonel, il prend le commandement du Régiment de marche du Tchad qui vient d'être créé au Maroc par le général Leclerc. En août 1944 cette unité débarque en Normandie et participe à la libération de la France au sein de la 2e DB.

gettyimages-452552412-1024x1024.jpg

En juin 1945 Louis Dio succède au général Leclerc à la tête de la 2e DB et, en octobre de la même année, il devient le plus jeune général de brigade de l'armée française.

61AOCNuDGRL._SY500_.jpg

Après la guerre, il est nommé commandant civil et militaire du Sud Tunisien avant de servir en Extrême-Orient à partir de 1951 comme commandant des troupes et haut-commissaire de la République au Cambodge.

Il est promu au grade de général de division en 1955 et occupera ensuite le poste de commandant supérieur des Forces en Afrique-Équatoriale française, Au milieu des années 1950, il s'oppose à la doctrine de la « guerre révolutionnaire » soutenue par la plupart des hauts gradés de l'armée française, en raison des « méthodes psychologiques » qu'elle incorpore. S'appuyant sur un argumentaire fortement raciste, il décrit les Africains comme étant « des individus aux réflexes conditionnés par un sens féodal ou tribal des rapports politiques et sociaux et par un respect inné de l'autorité absolue et sans phrase », présentant « un écart encore très appréciable avec l'Européen » Son opposition à cette nouvelle doctrine lui vaut d’être remplacé par le général Louis Le Puloch .

De 1962 à 1969, il est président de l'Association des Français libres.

Le 6 juillet 1962, il prononce l'éloge funèbre du Général Edgard de Larminat.

louis-dio-grd.jpg

En 1965, il est promu au grade de général d'armée et devient inspecteur général de l'Armée de terre.

Louis Dio prend sa retraite en 1969 et se retire à Toulon où il décèdera en 1994.

 

6028-19.jpg

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Dio  )

  • Like 1
  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Nul besoin d’être maréchal ou général pour être un grand personnage de nos armées, adjudant chef Roger VANDENBERGHE.

vandenberghe-20150830.jpg

Roger Vandenberghe ( - ), surnommé Vanden, ou Le tigre noir

 

C'est le sous-officier le plus décoré de l'armée de Terre française au XXe siècle, avec dix-huit citations et huit blessures, principalement gagnées pendant la guerre d'Indochine. Il mena un grand nombre d'opérations « coup de poing » de nuit derrière les lignes vietminh, à la tête de son commando de partisans vietnamiens surnommé « les tigres noirs ». Il faisait peur aux Viet-minhs à tel point que sa tête avait été mise à prix. Il fut trahi et assassiné par un de ses hommes (ancien du Viet-minh) à l'âge de 24 ans.

 

Roger Vandenberghe naît le 26 octobre 1927 dans le 14e arrondissement de Paris. Son père invalide de guerre (gazé) d'origine belge, gravement atteint par la tuberculose. Sa mère, d'origine espagnole et de confession juive (ce qui lui vaudra par la suite la déportation à Dachau où elle décédera en 1943)

il réussit à décrocher son certificat d'études en 1938. L'année suivante, leur père décède et la guerre éclate.

Il veut s'engager dans la résistance, mais malgré sa forte carrure il est refusé car trop jeune. Enfin, le , à l'âge de 16 ans, avec son frère, il rejoint le Corps franc Pommiès lequel, d'un point de vue opérationnel, dépend directement du B.C.R.A de Londres. Il s'illustre rapidement au sein de cette troupe qui est la première à rentrer en Alsace. Le , à 17 ans, il est blessé par l'explosion d'une mine alors qu'il menait une reconnaissance pour laquelle il s'était porté volontaire. Cette action lui vaut d'être cité à l'ordre du régiment. À la fin de la guerre, Vanden, comme on le surnomme dès lors, décide de rester dans l'armée. Il est alors affecté le 12 février à la 2e compagnie du 49e régiment d'infanterie, formé des anciens du Corps franc Pommiès qui est stationné en Allemagne. Nommé caporal en 1946, il se porte volontaire avec son frère pour l'Indochine et rejoint le 2e bataillon de marche du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.

 

 

Le , Vanden embarque à Marseille. Un mois plus tard, il arrive à Tourane en Annam et tombe sous le charme de ce pays qu'il lui semble connaitre depuis toujours.

Le 6 janvier 1948 son frère aîné Albert est tué à Ha Dong lors d'un assaut ; ce deuil qui le prive de toute famille de sang sera probablement la principale source de sa motivation dans ses futurs combats.

1447_VY2.jpg

Grièvement blessé en février 1949 alors qu'il est sergent et chef d'une section de partisans du 6e Régiment d'Infanterie Coloniale il est fait Chevalier de la légion d'honneur à 21 ans. Après huit mois de convalescence il revient en Indochine. De nombreux fait d'armes sont accomplis, entre autres en mai 1951, l'attaque de Ninh Binh pour récupérer le corps du lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny tué lors de la chute de son poste dans cette région dite des calcaires.

23766c51ef4b3ef04c972b15cacec8e1.jpg

Plus tard, le Général de Lattre de Tassigny, commandant le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, décide la création de 8 commandos Nord-Vietnam, unités légères avec des supplétifs encadrés par des sous-officiers et officiers français. L'objectif est de porter des coups au viet-minh en employant les mêmes méthodes que lui. Le nombre de commando monte à 45, dont le n°24 commandé par l'adjudant-chef Vandenberghe avec deux fidèles adjoints, le sergent Puel, un Béarnais issu comme lui du 49e régiment d'infanterie et de Tran Dinh Vy, un ancien instituteur qui finira, plus tard, colonel de la Légion étrangère.

Adjudant-chef-Vandenberghe-1951.jpg

Le commando no 24 dit commando "Vandenberghe" tout de noir vêtu qu'il nommera par la suite "Les Tigres Noirs", comprenait des partisans ainsi que des ralliés, peu nombreux au départ (environ 50) ; par la suite il en augmenta le nombre ce qui ne lui permit plus de suivre tout son monde et de s'assurer de la fiabilité de chacun, ce qui est toujours un problème dans ce genre de guerre.

TONK-51-104-R27.jpg

En se faisant passer pour prisonnier de ses propres hommes grimés en soldat du Viet-minh, il attaque un PC des indépendantistes qu'il investit après une pénétration de plusieurs kilomètres en territoire non contrôlé. Il aura avec lui des hommes qui égaleront son courage et reconnaîtront sa valeur de chef et d'éminent stratège qui a su assimiler les tactiques de ses adversaires. Il avait parfaitement compris et imité la méthode de la guerilla indépendantiste d'infiltration sur les arrières de l'adversaire, et avec une grande méticulosité il décuplait l'efficacité de ses coups de main.

103768366_o.jpg

Parmi ses hommes se trouvaient le caporal Ehret, jeune Alsacien au grand sang froid; Hubert, un opérateur-radio métis; le sergent Gracelli, le sergent Puel (24 ans, médaille militaire et 6 citations, il sera tué en même temps que son chef) et le sergent vietnamien Tran Dinh Vy (qui plus tard, après un passage dans l'armée vietnamienne et la chute de Saïgon, finira comme colonel de la légion étrangère avec Légion d'honneur, médaille militaire et 20 citations tant françaises qu'américaines et vietnamiennes).

Le 5 janvier 1952, le sous-lieutenant Nguien Tinh Khoï (ancien commandant de l'unité d'assaut du régiment 36 de la brigade 308 du Viêt-minh, capturé lors de la bataille du Day en 1951) le trahit et l'assassine pendant son sommeil à Nam Định, ainsi que le sergent Puel.

image610.jpg

image810.jpg

 

Sa tombe porte le numéro 263 au cimetière de Nam Định.

 

 

 

ob_1e9cdb_vandenberghe.jpg

Décorations

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Chevalier de la Légion d'honneur (6 juillet 1949)

Medaille militaire ribbon.svg Médaille militaire (27 juin 1948)

Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Croix de guerre 1939-1945 (1 citation)

Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (17 citations dont 9 palmes)

Medaille des blesses de guerre ribbon.svg Médaille des blessés de guerre (8 étoiles)

Citations5

  • Citation à l'ordre du régiment et attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze (9 février 1945)
  • Citation à l'ordre de la brigade et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de bronze (8 juin 1947)
  • Citation à l'ordre de la brigade et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de bronze (10 juin 1948)
  • Citation à l'ordre de la division et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de d'argent (28 avril 1948)
  • Médaille militaire, citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (27 juin 1948)
  • Citation à l'ordre du corps d'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de vermeil (12 octobre 1948)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (31 janvier 1949)
  • Citation à l'ordre de la brigade et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de bronze (14 mars 1949)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (25 mars 1949)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (21 avril 1949)
  • Chevalier de la Légion d'honneur, citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (6 juillet 1949)
  • Citation à l'ordre du corps d'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de vermeil (25 août 1950)
  • Citation à l'ordre du corps d'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de vermeil (16 décembre 1950)
  • Citation à l'ordre du corps d'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec étoile de vermeil (19 septembre 1951)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (19 septembre 1951)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (13 décembre 1951)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme (22 février 1952)
  • Citation à l'ordre de l'armée et attribution de la Croix de guerre des TOE avec palme à titre posthume (10 avril 1952)

Blessures

  • Blessé par mine (4 février 1945)
  • Blessé à la cuisse droite par éclats de grenade (23 octobre 1947)
  • Blessé à la cuisse droite par balle (21 février 1948)
  • Blessé à la cuisse gauche et au bras droit par explosion de mine (12 janvier 1949)
  • Blessé au thorax par balle (18 février 1949)
  • Blessé à la cuisse droite par balle (12 février 1951)
  • Blessé aux deux jambes par balles (30 mai 1951)
  • Blessé à la cuisse gauche par balle (16 septembre 1951)

 

P1010690.JPG

( Source : Wikipédia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Vandenberghe  )

 

P1010691.JPG

Vandenberghe-6.jpg

  • Like 1
  • Thanks 2

Share this post


Link to post
Share on other sites

Maréchal à titre posthume, grand général, principal acteur des guerre de colonisation, Joseph GALLIENI, dont on ce souviendra comme étant l'instigateur des " taxis de la Marne ".

ob_37a2be_640px-joseph-gallieni-01.jpg

Joseph Simon Gallieni, né le à Saint-Béat dans la Haute-Garonne et mort le à Versailles,

Il prend une part active à l'expansion et à la consolidation de l'Empire, notamment en Afrique, au prix de méthodes dont la brutalité culmine avec le massacre des Menalamba à Madagascar. Pendant la Première Guerre mondiale, gouverneur militaire de Paris, il prend notamment la décision de réquisitionner les taxis parisiens pour apporter du renfort à la bataille de l'Ourcq. Il est fait maréchal à titre posthume, en 1921.

 

Il est le fils d’un officier d’infanterie, né en Italie, d’origine lombarde. Après des études au Prytanée militaire de La Flèche, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1868. Le 15 juillet 1870, il est nommé sous-lieutenant dans l’infanterie de marine.

 

bataille-de-bazeilles-les-dernieres-cartouches.jpg

 

Avec le 3e régiment d’Infanterie de marine (3e RIMa), le nouveau promu participe à la guerre franco-allemande de 1870, au cours de laquelle il se bat notamment à Bazeilles, dans les rangs de la brigade Martin des Palières et de la fameuse Division Bleue. Blessé et fait prisonnier le 1er septembre, il est envoyé en captivité en Allemagne et ne rentre en France que le 11 mars 1871.

 

Promu lieutenant au 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa) le 25 avril 1873, il commence sa carrière coloniale à La Réunion, où il passe trois ans.

 

Le 11 décembre 1876, il obtient son envoi aux tirailleurs sénégalais et embarque le 20 pour Dakar, seuil de l’Afrique noire, où il prend part à diverses expéditions militaires et explorations. Il est promu capitaine en 1878.

Depuis la prise de Sabouciré, près de Logo, le 22 septembre 1878, la France affirme ses visées expansionnistes vers l'est. Gallieni est chargé par le gouverneur Brière de l'Isle d'explorer la région entre le Sénégal et le bassin du Niger, de nouer des liens avec les tributaires d'Ahmadou Tall et d'établir un poste aux frontières de l'empire toucouleur. Il part le 30 janvier 1880 en bateau de Saint-Louis à Richard-Toll (environ 100 km) sur le fleuve Sénégal. Établissant des protectorats avec des chefs locaux, il subit une déroute suite à l'attaque de guerriers bambaras et se retrouve emprisonné à Nango. Souhaitant éviter l'affrontement, l’almamy le laisse partir le 21 mars 1881 et accepte de signer un traité accordant la navigation française sur le Niger.

Galliéni.jpg

 

Après un séjour en Martinique, de 1883 à 1886, il est nommé lieutenant-colonel, et reçoit, six mois plus tard, le 20 décembre, le commandement supérieur du Haut-Fleuve (colonie du Sénégal), territoire militaire au sein de la colonie du Sénégal. Il y obtient des succès aux dépens d’Ahmadou (1887) et fait consentir à Samory Touré un traité abandonnant, entre autres, la rive gauche du Niger, après une grande défaite dans la ville de Siguiri en Guinée, où il bâtit un fort, le fort Gallieni, qui abrite un cimetière où sont enterrés des spahis et des Français. Au cours de ce commandement, il réprime durement une insurrection des autochtones. Il quitte le Sénégal en avril 1888 et son successeur sera le chef de bataillon Louis Archinard, nommé à compter du 10 mai 1888 et qui arrivera à Kayes le 28 octobre 1888.

 

De retour en France, il est promu colonel le 11 mars 1891, chef d’état-major du corps d’armée de la Marine et breveté d’état-major avec la mention « très bien ». De 1892 à 1896 il est envoyé au Tonkin (Indochine), où il commande le 3e régiment de tirailleurs tonkinois le 11 octobre 1892 puis la première brigade le 15 novembre 1892 avant la seconde division militaire du territoire. Il lutte contre les pirates chinois puis consolide la présence française en organisant l’administration du pays. Son principal collaborateur est alors le commandant Lyautey. C’est à cette époque qu’il élabore les prémices de ce qui est convenu d’appeler sa doctrine coloniale, tels que la « tache d’huile », et la « politique des races », raffinement de la politique du diviser pour régner. Il s’exprime en outre avec une brutale franchise sur la méthode à suivre pour affermir les conquêtes coloniales

 

gallieni-madagascar.jpg

 

Promu général de brigade, il est envoyé en 1896 à Madagascar en tant que résident général. Il arrive à Tananarive le 15 septembre. À la méthode diplomatique de son prédécesseur, le général M. Laroche, il préfère la méthode forte pour endiguer la montée de la résistance anti-coloniale. Il instaure le travail forcé des indigènes en imposant 50 jours de corvée par adulte. La cour royale, foyer de résistance contre la France, est placée sous surveillance.

images.jpg

Le 11 octobre 1896, lendemain du départ de l’ancien résident général Laroche, Gallieni, qui jouit des pleins pouvoirs, fait arrêter le prince Ratsimamanga et Rainandriamampandry, ministre de l’Intérieur, et les traduit devant le Conseil de guerre pour rébellion et « fahavalisme ». Le 15 octobre, à l’issue d’une parodie de procès, ils sont condamnés à mort et exécutés à titre d’exemple, souhaitant faire « forte impression sur les indigènes ». Un des membres du Conseil de guerre devait confirmer par la suite que les deux accusés avaient été « condamnés sur ordre » de Gallieni. Ce dernier détruit le procès-verbal de l’audience plutôt que de le transmettre aux archives militaires.

La reine, Ranavalona III est accusée de comploter contre l’influence française, elle est déchue le 27 février 1897 et exilée à l’île de la Réunion, proclamant la fin de la monarchie malgache et de la dynastie des Mérina. En huit ans de proconsulat, Gallieni pacifie la grande île, procédant à sa colonisation. Au total, la répression qu’il mène contre la résistance malgache à la colonisation aurait fait de 15 000 à 700 000 morts pour une population d'environ 3 millions. Ces chiffres doivent toutefois être pris avec beaucoup de précautions ; de nombreux africanistes français (Daniel Lefeuvre, Bernard Lugan), les considèrent comme étant considérablement exagérés du fait du non recensement de la population.

Selon le général Gallieni, l’action militaire devait être accompagnée d’une aide aux peuples colonisés dans différents domaines tels que l’administration, l’économie et l’enseignement. Elle nécessitait un contact permanent avec les habitants ainsi qu’une parfaite connaissance du pays et de ses langues. Sous l’impulsion de Gallieni, de nombreuses infrastructures sont mises en place : chemin de fer de Tamatave à Tananarive, Institut Pasteur, écoles laïques dispensant un enseignement en français.

ob_69bd57_gallieni1.jpg

 

Il fit appliquer la politique dite de politique des races, qui consistait dans la reconnaissance de l’identité de chaque groupe ethnique et la fin de leur subordination à un autre groupe ethnique, ceci avant tout pour mettre fin à la domination merina séculaire, les Mérinas étant les plus hostiles à la domination française. En s’appuyant sur les thèses anthropologiques racialistes de l’époque, telles que celles développées par Joseph Arthur de Gobineau, après un recensement systématique de la population utilisant la photographie, il tente de découper les circonscriptions administratives en suivant cette cartographie des races.

 

voiture-du-general-joseph-gallieni-marechal-de-france-1849-1916.jpg

Koch de 1897: c'est la voiture originale ayant appartenu au général Gallieni !Entreposée  au musée des Troupes de Marine

 

Le , il est promu général de division. Depuis son séjour au Soudan, il a gagné de nombreuses relations au sein de ce que l'on nomme le « Parti colonial », un groupe de pression qui regroupe parlementaires, journalistes et représentants de chambres de commerce. Il publie plusieurs ouvrages narrant son expérience coloniale et y gagne une réputation d'administrateur capable. Il est alors considéré comme l'un des grands chefs militaires du moment.

EBhDxvgX4AA-zXg.jpg

À son retour définitif en France, en 1905, il a encore dix années devant lui avant la retraite. Il les consacre à préparer « la Revanche ». Gouverneur militaire de Lyon et commandant du 14e corps d'armée dès son retour, grand-croix de la Légion d’honneur le , il est appelé au Conseil supérieur de la guerre le et reçoit également la présidence du Comité consultatif de défense des colonies. Pressenti pour devenir commandant en chef de l’Armée française en 1911, il décline l’offre pour la laisser à Joseph Joffre, qui avait été l'un de ses adjoints à Madagascar, en prétextant son âge et sa santé.

B9718832680Z.1_20190308163521_000+GJ1D4Q3UL.1-0.jpg

Il prend sa retraite en , mais il est rappelé en août après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le , il est nommé gouverneur militaire de Paris par Adolphe Messimy, ministre de la Guerre, pour assurer la défense de la capitale. Alors que les Allemands approchent et que le gouvernement part pour Bordeaux en catastrophe, Gallieni met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation et contribue à la victoire de la Marne, en , grâce, notamment, aux troupes, commandées par le général Edgard de Trentinian, qu’il envoie en renfort, après avoir réquisitionné les taxis parisiens,

 

7a0d8689c6ca9b5ead56bf30ce322235.jpg

à la 6e armée du général Maunoury qui se trouve sur l’Ourcq : la bataille de l’Ourcq a permis la victoire de la Marne.

 

Joffre, inquiet de l’influence et de la réputation de Gallieni, le marginalise un peu. Il l’éloigne du quartier-général, bien que l’on considère que c’est l’initiative de Gallieni, dont les taxis de la Marne sont un symbole, qui a sauvé en grande partie la situation.

general_joseph_gallieni_1849_hi.jpg

Le , il est nommé ministre de la Guerre du 5e gouvernement d’Aristide Briand. Il entre en conflit avec Joffre et évoque publiquement les erreurs commises à Verdun. Pourtant Briand ne le suit pas et il doit démissionner le (restant à son poste jusqu’au 16 mars).

l.jpg

Ayant des problèmes de santé, notamment un cancer de la prostate, il meurt le des suites de deux interventions chirurgicales dans une clinique de Versailles. Après des funérailles nationales et conformément à ses dernières volontés, il est inhumé auprès de son épouse dans le cimetière de Saint-Raphaël.

 

crbst_Galli_C3_A9ni3.jpg

Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume le . La promotion de l’École militaire de Saint-Cyr de 1927

 

10222471.jpg

( Source  : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Gallieni  )

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Nous avons tous en mémoire, l'opération de sauvetage au Zaïre, l'opération Kolwezi, le principal acteur fut le colonel Philippe ERULIN.

col_Erulin_2.jpg

Philippe Erulin est né à Dole le et mort à Paris le .

Il est fils et petit-fils d'officiers. Son grand-père le lieutenant-colonel Louis-Joseph Erulin comme son père le lieutenant-colonel André Erulin sont officiers, tous deux sortis de Saint-Cyr, ayant chacun servi dans une guerre mondiale. Son père reçoit les Croix de guerre 1939-1945 et TOE, la Médaille de la Résistance avec rosette, la cravate de commandeur de la Légion d'honneur, puis meurt en Indochine en 1951 à la tête du groupe mobile 4 sous les ordres du général de Lattre de Tassigny qui dira lors de son éloge funèbre « il nous laisse aussi un grand exemple. Car il n'était pas seulement de ceux à qui va spontanément la confiance, il était de ces rares hommes totalement vrais – qui donnent confiance en l'homme en sa grandeur, en sa vertu ».

 

Sorti de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1954, promotion Union française, Philippe Erulin suit les cours de l'École d’application de l’infanterie jusqu'en janvier 1955. Il est affecté au 1er régiment de chasseurs parachutistes de 1954 à 1959 au grade de lieutenant.

 

Il participe au sein de ce régiment à la guerre d'Algérie et à l'Opération Mousquetaire. En Algérie, il dirige une section qui combat notamment dans les Aurès et en Kabylie. Il y est blessé deux fois dont une gravement et est cité 4 fois. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur à 26 ans.

Il participe à la bataille d'Alger dans laquelle son régiment est engagé en 1957. Il est avec André Charbonnier l'un des deux officiers qui arrêtent Maurice Audin, militant communiste algérien dont le parti est engagé dans la lutte armée auprès du FLN, à son domicile le 10 juin 1957.

 

Le 9 juillet 1976, Philippe Erulin prend le commandement du 2e régiment étranger de parachutistes à Calvi avec le grade de colonel.

En 1978, au titre de chef de corps du régiment, il est entendu en tant que témoin, le 2e REP abritant le dernier bordel militaire de campagne de métropole.

Philippe_Erulin_img_3483.jpg

Le 17 mai, le président Valéry Giscard d'Estaing décide d'une opération au Zaïre où les rebelles katangais procèdent à des massacres et des prises d'otages.

XVM2bd98484-935a-11e9-bbe0-3557fdf7f672-805x453.jpg

Parti avec son régiment de Calvi le 19 mai 1978, après un transit par Kinshasa, il saute à la tête de 700 parachutistes organisés en deux vagues sur Kolwezi. La ville, qui accueillait alors près de 2000 civils européens (principalement Belges et Français), est libérée après des combats violents avec les rebelles Katangais. Le régiment perd cinq hommes, vingt légionnaires étant blessés.

Colonel-Erulin-4-1024x682.jpg

Le 6 juin, le président du Zaïre Mobutu Sese Seko donne l'accolade aux colonels Gras (attaché militaire au Zaire) et Erulin : l'intervention franco-belge a également permis de consolider son régime.

18519845_1416923124997052_3635036915696354985_n.jpg

Le 7 juin, ils rentrent à Calvi. La semaine suivante, Valéry Giscard d'Estaing leur rend visite pour les féliciter de l'opération lors d'une prise d'arme à Bastia. Sous ses ordres, lors de cette bataille, servent notamment Benoît Puga, Bruno Dary et Ante Gotovina, qui d'après L'Humanité lui sert de chauffeur.

qrglj4i08ca45a0zsxmc.jpg

Philippe Erulin meurt subitement l'année suivante, le 26 septembre 1979, d'une rupture d’anévrisme lors d'un jogging laissant une femme et 3 enfants.

IMG_1714-768x1024.jpg

 

Décorations

220px-DPE5.JPG
 
Décorations du colonel Erulin

 

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Erulin  )

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Quand on aborde l'histoire du bataillon de choc, on pense aussitôt au général Fernand GAMBIEZ.

51kwOCW+tuL.jpg

Fernand Gambiez, né à Lille le et mort le à Saint-Mandé

 

Fernand Gambiez est Saint-Cyrien. En 1935, il est officier de la Légion au Maroc, puis stagiaire à l'École supérieure de guerre, capitaine commandant de compagnie en mai-juin 1940. Puis il est chargé de créer une unité de choc. Il est alors commandant du bataillon de choc en 1943 et participe notamment aux combats de libération de la Corse.

900217GAMBIEZ.jpg

Fin octobre 1944, le bataillon de choc et les Commandos de France forment la "demi-brigade de choc" aux ordres du lieutenant-colonel Gambiez (dite "demi-brigade de choc Gambiez"). Suite à la réorganisation opérée début janvier 1945, le lieutenant-colonel Gambiez commande le 1er groupement de choc, qui comprend le 1er bataillon de choc et le 3e bataillon de choc (ex-Commandos de France) et fait partie de la 1ère armée française.

TERRE-10041-G03.jpg

Sur la commune de Bourbach-le-Haut se trouve le Monument national des troupes de choc (parfois appelé "Monument Gambiez"), dont le socle est orné d’une plaque portant l’inscription suivante : « A tous ceux qui sont morts pour la France dans les rangs des unités de choc et au général d’armée Fernand Gambiez, grand Croix de la légion d’honneur (1903-1989), père des troupes de choc / D’Afrique à ce jalon dressé par le 1er [bataillon de] Choc sur cette haute porte d’Alsace forcée le 28.11.1944, cent soixante chasseurs avaient déjà sacrifié leur vie. »

856425LtClGAMBIEZt45.jpg

Grand spécialiste des commandos et des maquis autochtones, il rejoint ensuite l'Indochine (actuel Vietnam), où le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef du corps expéditionnaire français, le place à la tête de la région à majorité catholique de Ninh Binh, avec ses évêchés de Phat Diem et de Bui Chu, à 120 km au sud de Hanoi, une région-clé car elle est le passage obligatoire entre le centre de l'Indochine (Annam) et le nord. Il est ensuite envoyé en Algérie, où il commande la 11e Division d'Infanterie en 1957-1958.

139041LtClGAMBIEZt45COLMAR.jpg

Général de corps d'armée en 1958, il est commandant en chef du corps d'armée d'Oran en 1959, général d'armée puis inspecteur général de l'infanterie en 1960, et commandant en chef des forces armées en Algérie en 1961. Il est arrêté par les généraux rebelles lors du putsch d'Alger.

91qi2pkBkQL._SY355_.jpg

Il est directeur de la Commission nationale d'histoire militaire de 1969 à 1989.

226779Servance1974GambiezetCoache.jpg

Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1974.

epye_g10.jpg

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Gambiez  )

 

et pour en savoir plus ;

https://www.france-histoire-esperance.com/general-fernand-gambiez-fondateur-1er-choc/

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Nul besoin de présenter le général Marcel BIGEARD.

methode_times_prodmigration_web_bin_8a896dd0-d5f5-33c2-b531-e7e767921d82.jpg

Marcel Bigeard, né le à Toul et mort le dans la même ville, est un militaire et homme politique français. Il a la singularité d’avoir été appelé sous les drapeaux comme homme du rang, 2e classe, en 1936 et d’avoir terminé sa carrière militaire en 1976 comme officier général quatre étoiles (général de corps d’armée). Le général Bigeard demeure à ce jour le général français le plus décoré de l'armée française au XXe siècle, avec 28 citations. Ancien résistant, son nom reste associé à la guerre d'Indochine et à celle d'Algérie.

 

Marcel Bigeard effectue son service militaire à Haguenau au sein du 23e régiment d'infanterie de forteresse. Incorporé comme soldat de deuxième classe en septembre 1936, caporal-chef, il est libéré de ses obligations militaires avec le grade de sergent de réserve en septembre 1938.

 

Six mois après sa libération, devant l'imminence du conflit, il est rappelé le au sein du 23e régiment d'infanterie de forteresse et est promu au grade de sergent.

En septembre 1939, grâce à l'arrivée de réservistes, les bataillons du 23e RIF servent chacun de noyau à la création de nouveaux régiments d'infanterie de forteresse « de mobilisation », Bigeard est affecté au 79e régiment d'infanterie de forteresse dans le sous-secteur fortifié de Hoffen de la ligne Maginot. Volontaire pour les corps francs, il prend la tête d'un groupe de combat à Trimbach en Alsace et devient rapidement sergent-chef puis adjudant à l'âge de 24 ans.

 

 

Le , il est fait prisonnier et passe 18 mois de captivité au Stalag 12A à Limbourg en Allemagne. C'est à sa troisième tentative, le , qu'il parviendra à s'évader et à rejoindre la zone libre.

Volontaire pour l'AOF, il est affecté en février 1942 au camp de Bandia près de Thiès au Sénégal, dans un régiment de tirailleurs sénégalais de l'Armée d'armistice. Nommé sous-lieutenant en octobre 1943, il est dirigé avec son régiment sur Meknès au Maroc.

Recruté comme parachutiste de l'armée française de la Libération, il effectue une formation, avec les commandos britanniques, au Club des Pins près d'Alger durant trois mois puis est affecté avec le grade fictif de chef de bataillon à la Direction générale des services spéciaux. Avec le titre de délégué militaire départemental, le commandant Aube est parachuté dans l'Ariège le avec trois camarades afin d'encadrer l'action de la Résistance intérieure française. Lors de la libération du département le , les pertes franco-espagnoles sont de 44 tués et blessés alors que les pertes allemandes comptent 1 420 prisonniers et 230 tués et blessés.

Au début de l'année 1945, Bigeard crée puis dirige pendant un semestre l'école régionale des cadres du Pyla, près de Bordeaux, destinée à former des officiers issus des Forces françaises de l'intérieur. Décoré de la Légion d'honneur et du Distinguished Service Order britannique pour ses actions en Ariège, Bigeard est nommé capitaine d'active en juin 1945.

 

ill_1374912_dd64_921133.jpg

Au milieu de l'année 1945, le capitaine Bigeard est chargé du commandement de la 6e compagnie du 23e régiment d'infanterie coloniale à Villingen en Allemagne. Désigné pour participer au corps expéditionnaire en Indochine, le régiment débarque à Saigon le et participe jusqu'en mars 1946 aux opérations de pacification en Cochinchine.

C'est à cette époque que l'on commence à lui donner le surnom de « Bruno » qui est son indicatif radio.

Le 8 mars 1946, un détachement de la 2e DB et un de la 9e DIC, dont fait partie le 23e RIC, débarquent à Haiphong au Tonkin.

Le , Bigeard quitte le 23e RIC et forme à Thuan Chau, au sud-est de Dien Bien Phu, une unité constituée de quatre commandos de 25 volontaires chacun au sein du bataillon autonome thaï du lieutenant-colonel Quilichini. Au retour de ses hommes en métropole, mi-octobre 1946, il prend le commandement de la 3e compagnie, constituée de 400 hommes environ. Il quittera l'Indochine le et atterrira trois jours plus tard à Orly.

Volontaire pour un second séjour en Indochine, Bigeard est affecté le au 3e bataillon colonial de commandos parachutistes, sous les ordres du commandant Ayrolles, à Saint-Brieuc et prend le commandement du groupement de commandos parachutistes n° 2. Quand le 3e para débarque à Saïgon en novembre 1948, Bigeard, qui ne s'entend pas avec son supérieur, parvient à faire détacher son groupement au détachement Amarante du commandant Romain-Desfossé à Haiphong.

Le , Bigeard met sur pied à Son La le 3e bataillon thaï, comprenant 2 530 hommes répartis en cinq compagnies régulières et neuf compagnies de gardes civils et de supplétifs militaires. Relevé de son commandement à la suite d'un différend avec l'administrateur de la province, Bigeard est muté à Haïduong et prend le le commandement du bataillon de marche indochinois qui reçoit, en août, le drapeau du 1er régiment de tirailleurs tonkinois décoré de la croix de guerre avec palme. Le , Bigeard embarque à Saigon sur le paquebot La Marseillaise et quitte une nouvelle fois l'Indochine.

 

162188-algerie-guerre-bigeard.jpg

Au printemps 1951, Bigeard est affecté à Vannes à la demi brigade coloniale du colonel Gilles et se voit confier le bataillon de passage. En septembre 1951, il obtient le commandement du 6e bataillon de parachutistes coloniaux à Saint-Brieuc. Il a le grade de chef de bataillon en janvier 1952.

botell2.jpg

Le , Bigeard, à la tête du 6e BPC, débarque à Haiphong pour un troisième séjour en Indochine et prend ses quartiers à Hanoï. Le 16 octobre 1952, le bataillon est parachuté sur Tu Lê  et affronte durant huit jours les régiments des divisions Viet Minh 308 et 312. L'unité se distingue à nouveau lors de la bataille de Na San (parachutage dans la cuvette de Ban Som le ), lors de l'opération Hirondelle sur Lang Son le et lors de l'opération Castor sur Dien Bien Phu le .

Le , il prend le commandement du GAP n° 4, constitué du II/1er RCP et du 6e BPC, et intervient au moyen Laos entre Thakhek et Savannakhet vers lesquelles deux divisions Viet Minh se dirigent.

Parachuté, le , alors que le sort de la bataille de Dien Bien Phu est scellé, le commandant Bigeard est nommé lieutenant-colonel lors des combats et devient l'un des héros de la cuvette en combattant avec son bataillon sur les points d'appuis Éliane 1 et 2, mais surtout en codirigeant les troupes d'intervention du camp retranché avec le colonel Langlais.

bigeard2.jpg

Le lieutenant-colonel Marcel Bigeard est fait prisonnier le lors de la chute du camp. Libéré quatre mois plus tard, il quitte définitivement l'Indochine le 25 septembre 1954.

j.jpg

Le 25 octobre 1955, Bigeard débarque en Algérie et prend le commandement du 3e BPC dans la région de Constantine. Le 21 février 1956, le bataillon, devenu entre-temps le 3e RPC, réalise la première opération héliportée de l'histoire lors de l'opération 744 en Kabylie. Cette méthode est à nouveau employée en mars 1956 pour la capture des déserteurs de la 3e compagnie du 3e RTA.

Le 16 juin 1956, dans les Nemenchas, Bigeard, qui donne l'assaut aux indépendantistes, est grièvement blessé d'une balle au thorax. Rapatrié en métropole, il est décoré le par le président Coty et reçoit la plaque de grand officier de la Légion d'honneur. De retour en Algérie, il échappe le 5 septembre à un attentat et est blessé de deux balles dans l'humérus et une dans le foie.

bigeard-20100618.jpg

Bataille d'Alger

Au début de l'année 1957, le régiment participe au sein de la 10e DP du général Massu à la bataille d'Alger. La mission des parachutistes est de ramener la sécurité dans la ville et de neutraliser les cellules du FLN de Larbi Ben M'hidi, qui ont organisé plusieurs séries d'attentats à la bombe contre des civils dans divers lieux publics d'Alger entre l'automne 1956 et l'été 1957.

En mars 1957, le 3e RPC se rend dans les massifs au sud de Blida et participe aux opérations Atlas et Agounnenda. Durant l'été, le 3e para arrête 90 % des combattants du FLN, dont Taleb Abderrahmane, le chimiste des attentats du Milk Bar, de la Cafétéria et de l'Otomatic.

bigeard0001-640x480-400x318.jpg

Le régiment relève le 1er RCP en juillet 1957 à Alger. La capture de Hassène Guandriche dit Zerrouk, adjoint chef de la région II de la Zone autonome d'Alger retourné par le GRE, aboutit à la neutralisation des deux responsables de la Zone 2, Mourad et Ramel, mais surtout à celle d'Ali la Pointe et à la capture de Yacef Saadi, chef militaire FLN de l'ensemble zone autonome d'Alger.

Nommé colonel en janvier 1958, il dirige le 3e RPC qui avec d'autres participe à la « Bataille des frontières » (janvier-juin). Le 1er avril le colonel Trinquier le remplace à la tête du 3e RPC. Il rejoint Paris où Chaban-Delmas, ministre des Armées, lui demande de créer le Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla qui voit le jour fin avril près de Philippeville. Bigeard ne participe pas aux événements du 13 mai 1958, mais dans une interview à Paris-Presse il confie ses états d'âme à Jean Lartéguy, ce qui lui vaut le courroux du général Salan et son retour en métropole.

Après quatre mois passés à Toul, Bigeard repart pour l'Algérie et prend le commandement du secteur de Saida en Oranie le 25 janvier 1959. Il a sous ses ordres environ 5 000 hommes répartis dans le 8e RIM, le 14e BTA, le 23e RSM, un groupe de DCA, un régiment d'artillerie, deux groupes mobiles de supplétifs, quelques avions de reconnaissance et deux hélicoptères.

À la suite d'une rencontre avec de Gaulle le , il se voit confier le 1er décembre le commandement du secteur de Ain-Sefra, soit un effectif de 15 000 hommes.

 

67031d56202d535e4cb76ab4a23be4bf.jpg

De juillet 1960 à janvier 1963, Bigeard prend le commandement du 6e RIAOM à Bouar en République centrafricaine.

Après un bref passage à l'école supérieure de guerre de juin 1963 à juin 1964, il prend le commandement de la 25e brigade parachutiste à Pau le 31 août 1964, puis celui de la 20e brigade parachutiste à Toulouse. Il accède au grade de général de brigade le .

Après une entrevue avec le général de Gaulle, il est nommé au poste de commandant supérieur des forces terrestres au Sénégal et rejoint Dakar le 7 février 1968.

hqdefault.jpg

En juillet 1970, Bigeard retrouve Paris et est affecté pendant dix mois à l'état-major du CEMAT.

Le 7 août 1971, il prend le commandement des forces françaises présentes dans l'océan Indien à Tananarive et obtient le sa troisième étoile. À la suite des manifestations qui secouèrent Madagascar en mai 1972 et qui conduisirent au départ de son président Philibert Tsiranana et à son remplacement par le général Gabriel Ramanantsoa, il quitte Madagascar le 31 juillet 1973 avec l'ensemble des forces françaises du secteur.

À son retour en France, il devient de septembre 1973 à février 1974 le deuxième adjoint du gouverneur militaire de Paris. Promu général de corps d'armée le , il prend le commandement de la 4e Région Militaire à Bordeaux, soit 40 000 hommes dont 10 000 parachutistes.

 

52E70154-6A20-4D0E-B405-1C415A81C8D0.jpg

Convoqué par l'Élysée, il rencontre le 30 janvier 1975 le président Valéry Giscard d'Estaing qui lui propose le poste de secrétaire d'État à la Défense rattaché au ministre Yvon Bourges. Il occupe ce poste de février 1975 à août 1976, date à laquelle il remet sa démission.

original.jpg

Après une courte retraite à Toul et à la suite du décès accidentel de la candidate UDF, il se présente aux élections et devient député de Meurthe-et-Moselle de 1978 à 1981. Durant cette première législature, il occupera également la fonction de président de la commission de défense. Il est réélu au premier tour en juin 1981 puis à la proportionnelle en mars 1986. En 1988, à la suite de la dissolution de l'assemblée, il est finalement battu de 411 voix par le candidat socialiste .

le-general-marcel-bigeard-decede-vendredi-a-l-age-de-94-ans-(photo-afp)-1418791460.jpg

Il se retire ensuite dans sa maison de Toul, dans laquelle il écrit des livres sur sa carrière militaire et propose ses réflexions sur l'évolution de la France. Quelque temps avant sa mort, il déclare : « Je suis le dernier des cons glorieux ». Il meurt à son domicile de Toul le à l’âge de 94 ans. Ses funérailles ont lieu en la cathédrale de Toul le 21 juin en présence de l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing et du ministre de la Défense, Hervé Morin .

aleqm510.jpg

Le cercueil du général Bigeard a été exposé dans la nuit du au dans une chapelle ardente dressée en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Après une messe célébrée par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises, les honneurs militaires sont rendus au général dans la cour d'honneur de l'hôtel national des Invalides par le Premier ministre, François Fillon.

 

DSC00607.jpg

En , de son vivant, un internaute qui consacre un blog tout à sa gloire, fait la demande au président de la République, Nicolas Sarkozy, d'élever le général Bigeard à la dignité de maréchal de France.

Par courrier en date du , le commissaire en chef de la Marine Philippe Jacob, adjoint au chef d'état-major particulier du président, indique que cette élévation ne peut être envisagée au motif que le général n'aurait jamais « commandé en chef » une armée devant l'ennemi.

 

le-general-bigeard.jpg

Décorations

 

Legion Honneur GC ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg

Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg Medaille de la Resistance ribbon.svg Medaille des Evades ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg

Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg LAO Order of the a Million Elephants and the White Parasol - Officer BAR.png SEN Order of the Lion - Commander BAR.png Ordre national du Tchad - Commandeur.svg

Barrette de Grand Croix du Merite civil Tai .png Ordre du Dragon d'Annam (par le Gouvernement Francais) Commandeur ribbon.svg GAB Order of the Equatorial Star - Officer BAR.png Medaille des blesses de guerre (avec 5 etoiles) ribbon.svg

TGO Order of Mono - Officer BAR.png

Spange des König-Abdulaziz-Ordens.png Dso-ribbon.png

 

Intitulés des décorations françaises

Intitulés des décorations étrangères

Honorariat

 

 

ob_6b983a_resized-20171019-133010.jpg

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Bigeard   )

 

 

  • Like 1
  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Lorsque l'on aborde la Grande guerre on pense forcément au maréchal Ferdinand FOCH.

big.jpg

Ferdinand Foch est né le à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, et mort le à Paris.

La dernière année du premier conflit mondial, au printemps 1918, il est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front de l'Ouest.

Peu avant la fin de la guerre, en , il est élevé à la dignité de maréchal de France puis, après la guerre, à celles de maréchal du Royaume-Uni (en 1919) et de Pologne (en 1923).

b.jpg

il effectue sa scolarité à Tarbes, Rodez puis Lyon. Il fréquente les collèges jésuites de Saint-Michel à Saint-Étienne et Saint-Clément de Metz. Il est évacué de ce dernier établissement pendant la guerre de 1870, le collège étant occupé par un bataillon de Poméraniens. Il s'engage au 4e régiment d'infanterie qui ne combat pas. Après la guerre, il passe les concours d’entrée aux grandes écoles scientifiques à Nancy et, en , intègre l'École polytechnique. À sa sortie de Polytechnique, il choisit l'École d'application de l'artillerie et du génie dont il sort en 1873 comme officier d'artillerie. Il est affecté comme lieutenant au 24e régiment d'artillerie à Tarbes. En 1876, il suit au sein de l'École de cavalerie de Saumur le stage des officiers d'artillerie montée. Le , il devient capitaine. Il arrive à Paris le comme adjoint au service du personnel du dépôt central de l'artillerie.

Il entre à l'École supérieure militaire comme élève, effectue en 1885 le stage de l'école au 16e corps d'armée et devient lui-même professeur à cette école de 1895 à 1901. Il y est professeur d'histoire militaire, de stratégie et tactique générale, et devient l'un des théoriciens français de l'offensive. Il se fait connaître par ses analyses critiques de la guerre franco-allemande de 1870 et des guerres napoléoniennes. Il poursuit son ascension dans l'armée : promu lieutenant-colonel en 1898, il est nommé colonel en 1903, chef de corps du 35e régiment d'artillerie à Vannes, puis général de brigade (1907).

Nommé par Georges Clemenceau à la tête de l'École de guerre en grâce à l'intervention du commandant Mordacq, il y reste jusqu'en . Il devient général de division cette même année ; puis en 1913, général commandant de corps d'armée, à la tête du 20e corps d'armée de Nancy.

 

foch.jpg

Au début de la Grande Guerre, il commande le 20e corps d'armée de Nancy, appartenant à la IIe armée du général de Castelnau. Le , alors que se prépare la bataille de Lorraine, son corps avance vers la ligne Sarrebourg-Morhange, subissant de lourdes[évasif] pertes. Tenant toujours l'offensive, il est surpris par l'ordre de retrait général prescrit, en milieu de matinée le , par le général de Castelnau, mais de violents feux d'artillerie lourde, la contre-attaque allemande, l'échec du 15e corps à sa droite, enfin l'ordre exprès de repli expédié au 20e corps, à 21 h 45, par le général de Castelnau le contraignent à son tour à la retraite, ce qui coûte la vie à cinq mille hommes. Il empêche ensuite les Allemands de traverser la Meurthe puis parvient à bien gérer la situation en couvrant la retraite pour livrer la bataille du Grand-Couronné qui couvre Nancy.

produit_image2_12544_1361532535.JPG

 

C'est pour son culte de l'offensive qu'il est choisi pour commander la IXe armée lors de la bataille de la Marne. Il coordonne les armées britannique, française et belge durant la course à la mer. Avec le chef de l'état-major, Maxime Weygand, Foch doit gérer la retraite de la Marne, alors qu'il vient à peine d'être nommé à son poste. Il aurait eu alors ces mots restés célèbres : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j'attaque. ». Sa contre-attaque est la mise en pratique d'idées qu'il avait développées en tant qu'enseignant, elle lui permet de mettre un terme à l'offensive de l'armée allemande. Ce succès lui vaut une nouvelle promotion et le , il est nommé commandant en chef - adjoint de la zone nord, avec le général Joffre. Le , les Allemands lancent une nouvelle offensive, contenue au prix de pertes très lourdes ; situation qui se reproduit à nouveau lors de la première bataille d'Ypres. À chaque fois, Foch parvient à sortir les troupes françaises de situations très difficiles.

À l'origine de la bataille de l'Artois en 1915 (192 000 morts ou blessés français) et de celle de la Somme en 1916 (204 253 pertes françaises), il tombe en disgrâce provisoire, conséquence de sanglants échecs. En , le général Joffre le relève du commandement du groupe d'armées du Nord (GAN), sa doctrine de l'offensive à outrance ayant engendré de lourdes pertes 10. Lucien Lacaze, ministre de la Marine et par intérim de l'Armée, le réconforte : « au moment où l'état de votre santé vous oblige à abandonner provisoirement un commandement actif, le gouvernement tient à témoigner, une fois de plus par la plus haute des distinctions militaires (médaille militaire) la reconnaissance du pays ». Joffre est lui-même limogé quelques jours plus tard.

Paul_Michaux_reçoit_la_Légion_d%u2019honneur_du_Maréchal_Foch.jpg

La disgrâce de Foch est assez relative, car le général Lyautey, nouveau ministre de la Guerre, lui fait obtenir un commandement provisoire du groupe d'armées de l'Est (GAE), le , le général Curières de Castelnau étant alors en tournée en Russie. Il lui est également confié la tâche de réfléchir à l'éventualité d'une violation de la neutralité de la Suisse ; il a son poste à Senlis.

Le , se tient la première séance de la commission d'enquête (le général Joseph Brugère en est le président, le général Gouraud et Foch y siègent) « chargée d'étudier les conditions dans lesquelles s'est effectuée l'offensive dans la région de l'Aisne du 16 au (bataille du Chemin des Dames) et de déterminer le rôle des généraux qui ont exercé le commandement dans cette offensive ». C'est une mission délicate : « qu'il condamne et il sera accusé par les militaires d'ignorance… qu'il excuse, et il lui sera reproché par les politiques indulgence et esprit de clan ». La commission préfère faire muter le général Nivelle, et remplacer Mazel et Mangin. Leurs postes respectifs sont occupés par Pétain, Micheler et Maistre.

PlentyCoups_Foch.jpg

Foch est ensuite envoyé en Italie pour rétablir la situation après le désastre de la bataille de Caporetto. Le , deux divisions françaises, deux divisions britanniques, de l'artillerie lourde et un quartier général sont dirigés vers l'Italie. Le , le général Duchêne commande sur place une aide franco-britannique sur le front italien. Foch arrive le à Trévise. Il reste en poste de nombreux mois.

wp94174939_05_06.jpg

 

Le , le Conseil suprême de Guerre, où chaque pays est représenté par le chef de son gouvernement et un membre de celui-ci, est instauré « en vue d'assurer une meilleure coordination de l'action militaire sur le front occidental [… et] de veiller à la conduite générale de la guerre. » Ce conseil a son siège à Versailles.

Le , à Doullens, « le général Foch est chargé par les gouvernements britannique et français de coordonner l'action des armées alliées sur le front de l'Ouest ». Le président du Conseil Georges Clemenceau justifie ensuite ce choix : « Je me suis dit : essayons Foch ! Au moins, nous mourrons le fusil à la main ! J'ai laissé cet homme sensé, plein de raison qu'était Pétain ; j'ai adopté ce fou qu'était Foch. C'est le fou qui nous a tirés de là ! ».

À Beauvais, le , il obtient la « direction stratégique » des opérations militaires.

Le il reçoit officiellement le titre de « général en chef des armées alliées en France » ou généralissime.

Le , la deuxième conférence d'Abbeville étend les pouvoirs de Foch au-delà des Alpes. Foch a désormais la charge de coordonner l'action des Alliés sur tout le front occidental depuis la mer du Nord jusqu'à l'Adriatique.

Bien qu'il ait été surpris par l'offensive allemande au Chemin des Dames, il parvient à bloquer les dernières offensives allemandes de l'année 1918.

Le , le Comité de guerre retire au commandant en chef des armées françaises en titre, le général Pétain, son droit d'en appeler au gouvernement en cas de désaccord avec le général Foch, commandant en chef des armées alliées. Les refus de Pétain d'appliquer les directives de Foch mettaient en péril l'action militaire des alliés et les relations avec la Grande-Bretagne. Foch cumule désormais les fonctions de commandant en chef des armées françaises et alliées.

Par Décret du , il est élevé à la dignité de maréchal de France, et c'est avec cette distinction qu'il planifie et mène l'offensive générale qui force l'Allemagne à demander l'armistice, le . Il est le seul maréchal de France de la Grande Guerre à recevoir cette distinction en exercice avant l'armistice.

foch1.jpg

Il fait partie des signataires alliés de l'armistice de 1918 conclu dans la clairière de Rethondes. Le jour de l'armistice, il est nommé à l'Académie des sciences, et dix jours plus tard il est élu à l'Académie française, au fauteuil no 18. Il a également été membre de l'académie de Stanislas.

Après la guerre, il est élevé à la dignité de maréchal du Royaume-Uni en 1919, puis à celle de maréchal de Pologne en 1923.

 

Par le traité de Versailles (signé le ), l'Allemagne est forcée de reconnaître sa responsabilité dans la guerre (article 231 du traité). Alors que les Allemands refusent de signer le traité de Versailles, le maréchal Foch menace de reprendre l'offensive. Malgré cela, Foch ne semble pas dupe de l'iniquité du traité, ce qui lui fait dire plus tard, non sans une certaine prescience, que « ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans ». Les différents traités de paix font perdre à l'Allemagne un septième de son territoire et toutes ses colonies, qui sont attribuées à la France et à l'Angleterre.

51i+xQ1xstL._SX368_BO1,204,203,200_.jpg

En 1919, il devient le président du Conseil supérieur de la guerre. La même année, l'hôtel de Noirmoutier, au 138, rue de Grenelle à Paris, lui est attribué.

À partir de 1927, sa santé décline. Il limite ses sorties et les réceptions. Le à six heures moins le quart dans sa résidence de l'hôtel de Noirmoutier, alors qu'il se repose dans son fauteuil, sa fille, Mme Becourt, et l'interne Jean Falaize lui rappellent qu'il est temps de regagner le lit. Le maréchal lance son interjection favorite « Allons-y » (interjection caractéristique de son langage fier et énergique qui l'a rendu fameux dans les états-majors), se lève et s'effondre. Il meurt sans agonie d'une foudroyante syncope cardiaque.

Des obsèques nationales ont lieu le .

480px-Graf_van_Ferdinand_Foch_-_Dôme_des_Invalides_-_Parijs_23-8-2017_13-17-14.JPG

Le maréchal Foch repose depuis 1937 sous le dôme des Invalides à Paris parmi les grands maréchaux de France qui ont servi la nation. Son tombeau est l’œuvre de Paul Landowski, sculpteur officiel de l’entre-deux-guerres et membre de l’Académie des beaux-arts.

mai11_tombeau_001f.jpg

 

Décorations

 

f.jpg

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Foch  )

 

frpi008.jpg

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le 26/09/2019 à 20:39, Bouchon-Gras 49 a dit :

Jacques Pâris de Bollardière, (appelé Jacques de Bollardière par convenance) né le 16 décembre 1907 à Châteaubriant dans la Loire-Inférieure et mort le 22 février 1986 à Guidel (village du Vieux-Talhouët) dans le Morbihan

J'ai connu l'épouse du général du Pâris de Bolladière et je lm suis entretenu par courrier par la suite sur les activités de son époux, entre autre sur l'Indochine et ses relations avec le général Massu son supérieur direct. .Il y a plein d'anecdotes car en Indochine elle chassait le Tigre avec un couple habitant par la suite dans ma résidence actuelle et voisin direct. Femme adorant l'humour

Voici ce que j'ai écrit sur général du Pâris de Bolladière en m'inscrivant sur notre ancien forum =

Bonjour,
Je suis Janmary et je viens tout juste de m'inscrire suite à votre question !
Les commandos noirs ont été crées par le Colonel Roger Barberot sous l'autorité du Général Pâris de Bollardière !
Ces commandos par unité de 5 membres ou multiple avaient pour but de "nomadiser" et de rester en contact avec la population !

 

Le célèbre créateur de la revue "l'Express" , Jean-Jacques Servan Schreiber fut lieutenant en Algérie à la tête d'une unité de commando noir ! Son livre, aujourd'hui introuvable, est un peu romancé !
 

Par contre, le Colonel Roger Barberot à écrit un ouvrage :
MALAVENTURE EN ALGERIE avec le Général Pâris de Bollardière
Chez PLON 1957
On peut trouver cet ouvrage chez www.chapitre.com qui possèdent encore un petit stock !

 

Les renseignements donnés ici sont issus de ce livre et de mes conversations avec Madame veuve Pâris de Bolladiére avec qui je fus en relation quelque temps ! Par contre, je n’ai pas connu le général : j'ai été en Algérie qu'en 1962 ( service militaire de 1961 à 1963 ) en tant que commando de chasse régimentaire pour une brève période !
 

J'espère avoir répondu à votre question !
A plus
Janmary

  • Like 2

Share this post


Link to post
Share on other sites

Lorsque l'on parle de Foch, on ne peut dissocier le maréchal Joseph JOFFRE.

a.jpg

Joseph Joffre est un officier général français de la Première Guerre mondiale, né le à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et mort le à Paris 7e.

 

Après un début de carrière marqué par les expéditions coloniales (Tonkin, Soudan français et Madagascar), il est nommé en 1911 chef d'État-Major général de l'Armée, notamment parce qu'il est un spécialiste de la logistique ferroviaire. En 1914, en tant que commandant en chef des armées, il met en œuvre le plan de mobilisation et de concentration (le plan XVII), puis fait appliquer le principe de l'« offensive à outrance », alors enseigné à l'École de guerre, qui se révèle extrêmement coûteux en vies humaines, notamment lors de la bataille des Frontières. Il est ensuite l'artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne.

Confronté à l'impasse de la guerre de position sur le front Ouest, ses offensives de l'hiver 1914-1915 (en Champagne), du printemps 1915 (en Artois), de l'automne 1915 (de nouveau en Artois et en Champagne) et de l'été 1916 (sur la Somme) échouent. Fin 1916, il est élevé à la dignité de maréchal de France et remplacé par le général Nivelle. En avril 1917, il conduit avec Viviani la délégation française envoyée aux États-Unis et convainc le président Wilson de hâter la formation et l'envoi de l'armée américaine sur le front. En 1918, il est élu à l'Académie française.

 

general-joffre-polytechnique-17ans.jpg

Classé 14e sur 132 au concours d’entrée à l'École polytechnique de , il est le benjamin de sa promotion car il n'a que dix-sept ans. Un de ses amis dira de lui : « Il avait vraiment bon air, sous le frac, avec ses galons d'or tout neufs ».

Il suit l'instruction militaire depuis quelques mois quand la guerre franco-prussienne éclate durant l’été 1870. Il est aussitôt affecté au bastion 39, près de La Villette. Il est déçu par la médiocrité de la défense française. Joseph Joffre participe à la guerre comme sous-lieutenant des 8e, 4e et enfin 21e régiments d'artillerie. En seulement, il retrouve l'École polytechnique avec ses camarades. Durant la Semaine sanglante, Joffre se montre hostile à la Commune de Paris6.

En , il retrouve une nouvelle fois l'École. À sa sortie de Polytechnique, il choisit le génie militaire et est affecté au 2e régiment à Montpellier en . Promu lieutenant en 1872, il est détaché à l'École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau.

 

Joffre est affecté au 1er régiment à Versailles au cours du printemps 1874. Il participe à la reconstruction de l'enceinte fortifiée de Paris puis il dirige la construction du fort de Montlignon (Seine-et-Oise, 1874).

Nommé capitaine, le jeune officier part pour Pontarlier travailler aux fortifications du Jura en 1876, puis à celles de Mont-Louis et Villefranche-de-Conflent dans les Pyrénées-Orientales de 1883 à 1884.

Sa demande de partir en Extrême-Orient est acceptée quelques mois après son dépôt, à la fin de l'année 1884.

 

 

De retour à Paris, le capitaine Joffre reçoit sa mutation en Extrême-Orient, où la France cherche depuis plusieurs années à accroître son emprise économique et militaire. En , il embarque à Marseille et arrive sur l'île de Formose un mois et demi plus tard. Là-bas, il est nommé chef du génie sous les ordres de l'amiral Amédée Courbet. Chargé de fortifier la base de Chilung (organiser la communication, fortifier et loger), Joffre suit l'objectif de remporter la mainmise sur le Tonkin dans la guerre franco-chinoise.

Deux ans plus tôt, en , l'Annam avait accordé un protectorat français sur le Tonkin contre l'avis de la Chine. Nommé chef du génie à Hanoï, Joseph Joffre organise les postes de défense du Tonkin septentrional en . Il tente d'améliorer les hôpitaux, d'ouvrir de nouvelles routes, des digues et des bureaux pour l'armée française.

Au mois de suivant, la Chine abandonne toute prétention sur le Tonkin. Très satisfait de son subalterne, Courbet fait décorer l'officier du génie de la Légion d'honneur le . En , le capitaine Joffre obtient sa première citation pour sa participation, au sein de la colonne Brissaud, aux opérations contre la position retranchée de Ba Dinh. Il y dirige les travaux de sape contre la citadelle assiégée et joue un rôle dans la victoire : il est cité à l'ordre de la division du Tonkin (). En , il quitte le Tonkin pour faire le tour du monde (Chine, Japon et États-Unis).

De retour en France en , il est attaché au cabinet du directeur du génie et promu au grade de commandant l'année suivante. Chef de bataillon, il est affecté au 5e régiment du génie à Versailles où il se spécialise dans la logistique ferroviaire. En 1891, on le retrouve chargé de cours à l'École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau. En , le commandant Joffre est envoyé en Afrique dans la région du Soudan français (aujourd'hui le Mali) réclamé par le colonel Louis Archinard. Là, son objectif est de diriger la construction d'une ligne de chemin de fer entre Kayes, la capitale de la région depuis 1892, et Bamako.

En , Louis Albert Grodet succède au général Archinard comme gouverneur du Soudan français. Paris lui demande d'étendre la conquête française, mais de manière pacifique à la différence de son prédécesseur. En déplacement à Tombouctou avec son secrétaire le lieutenant Boiteux en , Grodet est irrité par les officiers français. Prétextant un danger réel et malgré le refus du gouverneur, le lieutenant-colonel Bonnier envoie deux colonnes de troupes, terrestre et navale, pour les protéger. La colonne terrestre est confiée au commandant Joffre alors mêlé à « la campagne de 1894 ». Bonnier ayant péri au cours d'une bataille contre les Touaregs, ce sont les hommes de Joffre qui prennent avec succès Tombouctou le . Le commandant supérieur du Soudan français déclare : « D'un esprit élevé, d'un caractère conciliant et très droit, Joseph Joffre a su mettre de côté toutes les questions de peu d'importance qui auraient pu soulever quelques difficultés et compromettre la bonne entente avec les chefs de service […] . »

Après la prise et la pacification de Tombouctou, Joffre est promu commandant de la région de Kayes-Tombouctou avec le grade de lieutenant-colonel en . À son départ, la région semble pacifiée. En , il est affecté à l'état-major du génie et devient secrétaire de la commission d'examen des inventions pour l'Armée. Il revoit une ancienne connaissance, Henriette Penon, mariée, avec qui il a une liaison. Un enfant, Germaine, nait le : nul ne saura jamais si l'enfant est bien de Joffre ou du mari de sa maîtresse. Nommé colonel deux ans plus tard, il participe sous les ordres du général Joseph Gallieni, gouverneur général de Madagascar, à la campagne de colonisation de l'île lancée depuis les années 1895 et 1896. Joffre est alors chargé de la fortification du port de Diego-Suarez pour lutter contre la poche de résistance malgache qui irrite beaucoup Gallieni. À cause d'intrigues politiques, il est contraint de repartir en métropole en c. Entre-temps, il est promu général de brigade et rappelé par Gallieni. Joffre est de retour à Madagascar pour achever sa mission en . Son travail exécuté, il retourne en France au cours du printemps 1903 ; il est fait commandeur de la Légion d'honneur.

 

Après un bref passage comme commandant de la 19e brigade de cavalerie à Vincennes, il est nommé directeur du génie au ministère de la Guerre en . Le , âgé de cinquante-trois ans, il épouse civilement Henriette Penon. La même année, il obtient sa troisième étoile de général de division et devient en 1906 le nouveau chef de la 6e division d'infanterie à Paris, puis il est nommé inspecteur permanent des écoles militaires en 6. En , le divisionnaire prend en charge le commandement d'un corps d'armée : le 2e corps d'armée à Amiens. C'est de ce poste qu'il est chargé par le gouvernement Clemenceau de réprimer, à la tête de 50 pelotons de cavalerie, en 1909, la grève des boutonniers de l'Oise, notamment dans le canton de Méru.

Le général Joffre devient membre du Conseil supérieur de la guerre en . Il prend une part active dans l'élaboration des plans de mobilisation, qui induisent les opérations militaires à mener contre l'Allemagne.

 

Le , le général Victor-Constant Michel, chef d'État-Major et président du Conseil supérieur de la Guerre, présente son plan XVI. Celui-ci propose une attente défensive et un élargissement du front jusqu'à la Belgique en mobilisant tous les réservistes. Il est rejeté à l'unanimité par les membres du Conseil. Le , qualifié d'« incapable » par le ministre de la Guerre Adolphe Messimy, il est destitué de ses fonctions en Conseil des ministres.

Messimy réforme alors le haut commandement militaire français. Les fonctions de chef d'État-Major général et de généralissime ne font plus qu'une. Dans un premier temps, le général Joseph Gallieni, 62 ans, est consulté pour prendre la tête de l'Armée ; mais il refuse en faisant état de la limite d'âge (64 ans) et de sa santé fragile. Deux autres généraux sont proposés : Paul Pau et Joseph Joffre. Le général Pau refuse pour deux raisons : son âge également de 62 ans et le fait que le gouvernement aura son mot à dire sur la nomination de ses officiers généraux. Par défaut, c'est Joffre qui est nommé le .

À 59 ans, il est un des plus jeunes généraux de l'époque, également un des rares officiers de haut rang à avoir une expérience internationale (Formose en 1885 et le Japon en 1888) et enfin il a été un des brillants artisans de l'enracinement de la France dans tous les territoires d'outre-mer (Tonkin, Soudan français et Madagascar). Le , le généralissime exige la nomination du remuant général Édouard de Castelnau pour le seconder à la tête de l'État-Major.

 

9593.JPG

Conscient des risques de conflit avec l'Allemagne, Joffre réorganise l'Armée. Il obtient des financements importants, met en place les aspects logistiques, les infrastructures indispensables et enfin il mise sur de nouvelles unités : l'artillerie lourde et l'aviation. En dernier lieu, le généralissime consolide durant l’année 1913 les rapports avec l'Empire russe et le Royaume-Uni, avec qui la France s'est engagée militairement au sein de la Triple-Entente depuis . Au cours de l’été 1914, l'Armée française achève de combler une partie de son handicap face au puissant voisin grâce à l'organisation du généralissime Joffre. Le , le généralissime est fait grand-croix de la Légion d'honneur.

60eb715732548c8f6541aa34a46424d1.jpg

Le , l'Allemagne et la France décrètent la mobilisation générale. Le , l'ambassadeur d'Allemagne Wilhelm von Schoen se présente au président du Conseil René Viviani pour lui remettre la déclaration par laquelle l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le , l'Allemagne lance un ultimatum à la Belgique d'avoir à laisser passer ses troupes (qui vont attaquer la France suivant le plan Schlieffen). Le , le roi des Belges Albert 1er et le gouvernement belge soutenus par le Parlement, rejettent l'ultimatum et annoncent que la Belgique se défendra. Le Royaume-Uni annonce le lendemain son intention de se battre aux côtés de la Belgique pour honorer sa garantie de la neutralité belge. Dans le nuit du 5 au , six brigades allemandes tentent un coup de main sur Liège, prennent le fort de la Chartreuse, puis la ville et sa citadelle mais échouent face aux autres forts. Le , Joffre, qui ne vole pas au secours des Belges, mis à part en envoyant le corps de cavalerie Sordet tenter la liaison, laisse les Allemands dérouler leur stratégie et ordonne aux 1re et 2e armées françaises de passer à l'offensive en Lorraine et en Alsace pour attaquer de front les troupes allemandes : c'est la bataille des Frontières. Quant aux Britanniques, ils entrent en Belgique et placent à Mons leur armée limitée à quatre divisions car ils ne sont pas en force pour s'aventurer plus à l'est et au nord pour aider les Belges.

ob_7e3cff_marechal-joffre005.jpg

Joffre confie le commandement de l'armée d'Alsace à l'un de ses proches collaborateurs, le général Pau, dont l'objectif est de libérer en quelques semaines la province perdue. Une partie de la 1re armée dirigée par le général Augustin Dubail entre en Alsace par Belfort puis s'établit sur le bord du Rhin le . Le VIIe corps d'armée entre à Thann le et à Mulhouse le e. À Paris on félicite Joffre

Cependant, la contre-offensive allemande est terrible et rapide, le général Pau est contraint d'évacuer l'ensemble de l'armée d'Alsace le . Seules Thann et sa région restent françaises jusqu'à la fin de la guerre. Cette nouvelle provoque un vent d'inquiétude dans toute la France.

joffre1-copie-750x400.jpg

La Lorraine française est quadrillée d'un réseau de places fortifiées conçu par le général Séré de Rivières au lendemain de la guerre de 1870 (places de Verdun, de Toul, d'Épinal et de Belfort). Joffre ordonne à la 3e armée d'avancer jusqu'à Sarrebruck puis de lancer une offensive sur le Luxembourg. La 2e armée dirigée par Castelnau s'engage sur le secteur de Morhange le . C'est un véritable « carnage » : l'infanterie française perd 8 000 hommes en deux jours (bataille de Morhange). Le , Castelnau ordonne le repli sur Lunéville.

L'autre partie de la 1re armée de Dubail est impliquée dans la bataille de Sarrebourg, où le commandant parvient à maintenir ses positions ; mais faute de renfort à l'ouest par la 2e armée, il doit se replier également. Forts de leurs contre-offensives, les Allemands se lancent sur Nancy, où ils sont repoussés par le 20e corps d'armée dirigé par le général Foch.

Joseph-Joffre.jpg

 

Lorsque Joffre apprend que les troupes allemandes pénètrent en Belgique, il réoriente la 5e armée du général Lanrezac vers le nord pour couvrir les autres armées du mouvement tournant sud-sud-ouest prévu par le plan Schlieffenf. Joffre ordonne à la 5e armée d'attendre devant Mézières et d'affronter la IIe armée de Bülow à son arrivée. Plus à l'ouest, le corps expéditionnaire britannique affronte la Ire armée allemande de Kluck à Mons. Cependant manquant d'hommes, Lanrezac fait appel à une division de réserve, qui arrive trop tard. Le , Lanrezac rencontre Joffre en personne et lui expose une seconde fois sa crainte d'une grosse offensive allemande sur l'ouest. Le généralissime rétorque : « Nous avons le sentiment que les Allemands n'ont rien de prêt par là. »

Les Belges, quant à eux, qui ne peuvent compter, à ce stade de la guerre, sur l'arrivée des Britanniques et des Français, se replient sur Anvers le après des combats d'arrière-garde sur la Gette (bataille de Haelen). Quant aux Britanniques, n'étant pas en nombre suffisant pour participer offensivement à la bataille commune avec quatre divisions, ils tentent d'affronter l'armée allemande à Mons le . C'est au soir de ce même jour que Lanrezac ordonne, de son propre chef, la retraite de son armée vers Maubeuge pour éviter un « nouveau Sedan », c'est-à-dire un enveloppement complet de son armée par l'ennemi. Joffre est furieux.

Le bilan à la fin du mois d’ est lourd pour l'État-Major français. Ses différentes attaques se sont révélées inutiles et surtout désastreuses : on estime les victimes à plus de 100 000 morts côté français, des soldats en capote bleue et au pantalon rouge qui attaquent de front face aux mitrailleuses allemandes. Quasiment toutes les armées françaises battent en retraite et sont dans l'ensemble désordonnées. Joffre ordonne qu'on pourchasse et qu'on exécute non seulement les fuyards mais également tout officier faisant preuve « d'insuffisance et de faiblesse, mais encore d'incapacité ou de lâcheté manifeste devant l'ennemi ». Depuis le , le gouvernement autorise le commandement militaire à faire exécuter les sentences de mort. Devant ce qui peut laisser augurer une défaite française, l'État-Major allemand décide de se diriger sans tarder sur Paris, pensant que la prise de la capitale pourrait entraîner l'effondrement de la France.

musee-du-marechal-joffre.jpg

 

La bataille de Guise

Bataille de la Marne

La bataille de l’Aisne (13 septembre - 24 septembre 1914)

De Noyon à Dunkerque (24 septembre - 4 novembre 1914)

La bataille des Flandres (mi-octobre – mi-novembre 1914)

L'opération en Artois (17 décembre 1914 - 15 janvier 1915)

Les opérations en Champagne (20 décembre 1914 - 9 janvier 1915)

Les offensives secondaires (Flandres et La Boisselle)

La troisième offensive de Champagne (24-29 septembre 1915)

La préparation de 1916 : une nouvelle année offensive

La bataille de Verdun : le début de la fin pour Joffre

L’offensive sur la Somme

De la disgrâce à la fin de la guerre

Maréchal de France malgré lui

 

chasse-142-copie.jpg

Joffre impute à Pétain le défaitisme ambiant qui règne à Paris à la suite des résultats des batailles de 1916. Selon lui, ce ne serait pas Pétain le « sauveur de Verdun » ; pour lui c'est Nivelle le véritable génie. Dans tous les cas, l'opinion devient hostile contre le généralissime et dès le mois de juin 1916, le Parlement s'est réuni secrètement afin d'envisager la réorganisation du haut commandement français.

Le généralissime est aussi en conflit avec Londres. Les Britanniques lui rappellent que, étant donné leur poids dans l'armée alliée, ils pourraient très bien prendre la tête du commandement interallié. L'organisateur de la Somme, le général Foch, est sujet à une vive polémique. Le ministre de la Guerre, le général Roques, dit de lui qu'il est trop vieux et le député Augagneur affirme qu'il sacrifie ses troupes. Enfin, le Parlement fait remarquer à Joffre qu'il n'a pas donné tous les moyens nécessaires à l'armée d'Orient de Sarrail.

Le président du Conseil, Aristide Briand, propose de confier au général Nivelle, un proche de Poincaré, le commandement en chef des armées et de conférer à Joffre le titre honorifique de général en chef des armées françaises, comme conseiller technique du gouvernement. Le généralissime comprend qu'on veuille le mettre dans l'ombre, mais pour lui seul Foch peut lui succéder. Le , Briand annonce à la Chambre (Assemblée nationale), que le GQG va être réorganisé prochainement. Joffre et Foch sont remplacés. Une véritable intrigue se met en place, orchestrée par Poincaré et Briand.

Au même moment, le président du Conseil contacte le général Lyautey (gouverneur du Maroc) pour lui proposer le ministère de la Guerre. Véritable ennemi de Joffre, Lyautey n'accepte pas que ce dernier soit nommé conseiller au sein du ministère de la Guerre. Le , Briand informe Joffre qu'il doit renoncer à toute fonction au gouvernement. L'ancien généralissime est contraint de s'incliner. En échange, il est fait maréchal de France. Ce titre honorifique lui est conféré pour éviter tout scandale politique.

 

À la suite de la déclaration de guerre du Congrès américain à l'Allemagne, le ministre de la Guerre Alexandre Ribot propose à Joffre de prêter « son inégalable prestige » et d'accompagner Viviani aux États-Unis. Après avoir hésité, Joffre accepte. En effet, n'ayant pas d'ennemis et n'étant plus en guerre depuis la fin de la guerre de Sécession, les Américains n'ont qu'une armée balbutiante de 120 000 hommes. L'objectif donné à Joffre est de convaincre le président Woodrow Wilson de préparer son armée à la guerre. La mission embarque à bord du Lorraine II le à Brest.

f.jpg

 

Au bout de neuf jours de mer, la mission arrive à New York le . L'amiral Mayo, chef de la flotte américaine de l'Atlantique s'exclame : « Sir, votre présence ici est le plus grand honneur qui puisse être rendu à mon pays ! » Dans les rues, la foule crie « Joffre ! Joffre ! » L'homme est accueilli en héros national. Tous les journaux américains rendent hommage au « vainqueur de la Marne » et on va jusqu'à le comparer à La Fayette. Joffre donne une conférence à l'École de guerre sur la situation militaire de l'Europe : il demande les moyens les plus rapides pour une intervention américaine. À Mount Vernon, il dépose sur la tombe de George Washington la palme offerte aux soldats morts pour la patrie.

Enfin, il désire convaincre le président Wilson qu'il rencontre longuement. Avec lui, il passe en revue chaque détail du conflit : les effectifs français et allemands, l'organisation de l'armée américaine, le transport et le débarquement, l'organisation du commandement… Au ministère de la Guerre, on lui présente le commandant des forces américaines, le général John Pershing. Au total, dans un premier temps, une division composée de quatre régiments d'infanterie, de douze batteries de campagne et de six batteries lourdes s'embarquent début . Le , le maréchal Joffre est de retour en France ; il est nommé inspecteur général des troupes américaines. Une nouvelle polémique émerge : contrairement à ce qui était prévu, c'est-à-dire que les Américains servent dans leur armée, le gouvernement Painlevé veut placer des paquets de soldats américains dans les armées franco-britanniques. Joffre refuse et énonce que la parole de la France aux États-Unis est en jeu. Le , Pershing est accueilli par Joffre à Paris ; les deux officiers sont reçus triomphalement par les Parisiens.

lpdp_27099-1.jpg

Cependant, il y a toujours énormément de tensions entre les commandements français et anglais. Certains regrettent le départ de Joffre. En , Painlevé accuse le maréchal de vouloir prendre le pouvoir. Ailleurs en Europe, les Russes se décomposent définitivement et cherchent à signer la paix avec les Allemands, l'armée d'Orient est figée à Salonique et les Italiens sont écrasés à Caporetto (novembre 1917). Face à une situation politique intérieure et extérieure délicate, Poincaré décide de nommer, malgré lui, son rival Georges Clemenceau à la tête du Conseil des ministres.

Le maréchal n'a plus de rôle dans le commandement militaire français, mais on lui demande son avis sur le nom du futur commandant en chef : choisir entre Pétain le défensif et Foch l'offensif. Admirant les deux généraux, Joffre choisit Foch, car il estime que la France ne peut pas rester les bras croisés. Autre point important, le commandement unique. Depuis le départ de Joffre à la tête du commandement français, les Alliés franco-anglais ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le sort de l'Europe ennemie : les empires ottoman et austro-hongrois, la Pologne et l'Allemagne. Le , le président Wilson présente ses quatorze points.

En mars 1918, la situation devient préoccupante avec la signature d'un traité de paix entre la Russie et l'Allemagne. Hindenburg peut désormais déplacer toutes ses troupes sur le front occidental : 192 divisions d'infanterie contre 172 chez des Alliés (France, Grande-Bretagne, Belgique, Portugal et États-Unis) sans commandement uni. Le , Hindenburg et Ludendorff lancent une série d'offensives ; ils sont rapidement à Ham et Péronne. À Amiens, les Britanniques sont en déroute et Clemenceau pense quitter Paris. De son côté, Joffre supplie la présidence de faire nommer Foch généralissime. Trois conférences se tiennent au cours de la fin  : les Alliés ne se mettent pas d'accord et enfin lors d'une quatrième à Beauvais le , le général Foch est nommé généralissime de toutes les armées alliées.

75e532ac-f06a-11e1-bc73-007d86cb0b70-493x328.jpg

Clemenceau ne souhaite pas inviter Joffre parmi les personnalités présentes lors de l'entrée officielle des troupes françaises à Metz et Strasbourg. Mais Pétain parvient à le faire venir. Quelques mois plus tôt, le maréchal Joffre avait été élu à l’Académie française le au fauteuil de Jules Claretie. Cependant il est reçu, en uniforme de général, à la Coupole le et les présidents Wilson et Poincaré sont présents pour l'occasion. Dans son discours, il commence par faire l'éloge de l'Armée, de ses chefs, de Foch, des soldats français, des Alliés, des soldats britanniques, des soldats russes

000_arp3446434.jpg

 

De retour à Paris en , il doit partir en Roumanie remettre la médaille militaire au roi Ferdinand Ier et la croix de guerre à la ville de Bucarest. À cette occasion, un pâtissier roumain nomme « Joffre » un gâteau au chocolat qu'il a créé, en l'honneur du maréchal. Le maréchal représente aussi la France à Belgrade et à Lisbonne, où il inaugure le monument du Soldat inconnu portugais. Puis il se rend à Madrid où est remise la médaille militaire au roi Alphonse XIII. Il termine son périple par Barcelone, où il est pris en porte-à-faux lors de manifestations catalanes et anti-espagnoles : il doit écourter son séjour et part le .

 

D31-01-25.jpg

Le de l’année suivante, il embarque sur le paquebot Porthos à Marseille. Joffre débarque d'abord aux États-Unis, où il a pour mission de renouer l'amitié franco-américaine. Début , il accoste à Saïgon, puis visite les ruines d'Angkor et, le Jour de l'an 1922, il arrive en Annam où il revient à Ba-Dinh, là-même où il fit un siège en 1887, lorsqu'il était officier du génie en Extrême-Orient. Quelques jours plus tard, le maréchal entre à Hanoï, où il remet la croix de grand officier de la Légion d'honneur au général Puypéroux. Il termine son tour du monde par le Japon — à Yokohama puis Tokyo, où il rencontre le prince impérial Hirohito — et enfin la Chine à Pékin et Shanghai. Selon l'historien Joy, partout où il passe, il est accueilli triomphalement par la foule

 

p.jpg

Il rentre en France, au début de l'année 1922 pour terminer tranquillement une vie bien chargée, âgé de 70 ans. Joffre achète avec sa femme et sa fille une châtaigneraie à Louveciennes (à l'ouest de Paris), où il fait bâtir un bungalow – type colonial – précédé d'une façade aux colonnades blanches à la manière du Mount Vernon de Washington. En 1928, il termine ses Mémoires entamés huit ans auparavant, où il raconte ses responsabilités de 1910 à 1917 en deux tomes qui seront édités post mortem selon sa volonté. C'est à cette époque qu'il perd deux de ses amis : le maréchal Fayolle le et le maréchal Foch le . Il vit pendant 10 ans au 115 rue de la Pompe (16e arrondissement de Paris). Une plaque lui rend hommage.

Le , le maréchal Joffre fait sa dernière apparition publique à l'occasion de l'inauguration de sa statue à Chantilly, où il a tenu son QG pendant la Grande Guerre. Il est très affaibli, car depuis plusieurs mois il a une artérite des membres inférieurs et peine à se déplacer. Le , d'atroces douleurs aux jambes l'emmènent à l'hôpital : les médecins, René Leriche et René Fontaine, doivent l'amputer de la jambe droite. Quelques jours plus tard il tombe dans le coma. Le à h 0, il aurait prononcé ces derniers mots : « J'ai beaucoup aimé ma femme » et « je n'ai jamais fait de mal à personne », puis il s'éteint à h 23 à 78 ans à la clinique des frères de Saint-Jean-de-Dieu au 19 rue Oudinot dans le 7e arrondissement de Paris.

Le_maréchal_Joffre_sur_son_lit_de_mort_en_1931.jpg

Des obsèques nationales lui sont organisées le . Le service religieux est célébré en l'église Saint-Louis-des-Invalides à Paris, ainsi qu'en l'église Saint-Louis-des-Français de Rome et en l'église Saint-Polycarpe de Smyrne. Quelques jours plus tard, le , le Parlement vote une loi déclarant que « Joseph Joffre, maréchal de France, a bien mérité de la Patrie. » Il repose dans un mausolée situé dans sa propriété de La Châtaigneraie à Louveciennes (Yvelines).

PI2285-hr.jpg

17104582.gif

 

Distinctions françaises

Distinctions étrangères

 

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Joffre  )

148818__joffre.jpg

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Parmi les grands vainqueur de la guerre 14-18, on ne peut oublier le maréchal Philippe PETAIN.

Malheureusement lors du second conflit mondial, son engagement comme chef du gouvernement de Vichy, prônant la collaboration, son rôle dans l'arrestation puis la déportation de juifs Français, lui fit perdre son honneur et celui de la France.

Je précise que cet article n'a pas pour but de faire l'apologie de crime et je rappel que le maréchal Pétain fut jugé, condamné et qu'il mourut en détention.

 Philippe Pétain, né le à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort en captivité le sur l'île d'Yeu (Vendée),

Pétain-Baschet-mai_1940-A.jpg

Son oncle, l'abbé Legrand, le présente au châtelain du village de Bomy, Édouard Moullart de Vilmarest, qui souhaitait financer les études d'un jeune villageois se destinant à une carrière militaire. Philippe Pétain prépare, au collège des Dominicains d'Arcueil (1875), l'école de Saint-Cyr, qu'il intègre en 1876.

 

À l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est de la promotion Plewna, avec le vicomte Charles de Foucauld, futur bienheureux, et Antoine Manca de Vallombrosa, futur célèbre aventurier. Entré parmi les derniers (403e sur 412), il sort en milieu de classement (229e sur 336).

Cinq ans sous-lieutenant, sept ans lieutenant, dix ans capitaine (promu en 1890), il gravit lentement les échelons militaires. Il est admis en 1888 à l'École supérieure de guerre et en sort breveté d'état-major deux ans plus tard au 56e rang.

petain3.png

Sa carrière est lente dans l'armée assez aristocratique des années 1890. Lors de l’affaire Dreyfus, le capitaine Pétain n'est pas antidreyfusard : ultérieurement, il affirme à son chef de cabinet civil Henry du Moulin de Labarthète « J'ai toujours cru, pour ma part, à l'innocence de Dreyfus » mais juge que Dreyfus s’était mal défendu et que sa condamnation était logique

Philippe Pétain est promu dans la période de « républicanisation de l'armée » qui suit l'affaire Dreyfus : aide de camp de Joseph Brugère, général républicain nommé gouverneur militaire de Paris par le gouvernement de défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau pour réduire l'influence antidreyfusarde dans l'armée

170px-Philippe_Pétain_jeune_officier.jpg

Au début de sa carrière militaire, Philippe Pétain est affecté à différentes garnisons, mais ne participe à aucune des campagnes coloniales.

En 1900, chef de bataillon, il est nommé instructeur à l’École normale de tir du camp de Châlons-sur-Marne . Il s’oppose à la doctrine officielle de l'époque qui veut que l'intensité du tir prime la précision et qui privilégie les attaques à la baïonnette pour l'infanterie et la poursuite à outrance pour la cavalerie. Il préconise au contraire l'utilisation des canons pour les préparations et les barrages d'artillerie, afin de permettre la progression de l'infanterie, laquelle doit pouvoir tirer précisément sur des cibles individuelles. Le directeur de l'école signale la « puissance de dialectique […] et l'ardeur […] » « avec lesquelles il défend des thèses aussi aventurées ».

En 1901, il occupe un poste de professeur adjoint à l’École supérieure de guerre, à Paris, où il se distingue par des idées tactiques originales. Il y est de nouveau de 1904 à 1907, puis de 1908 à 1911 reprenant sans ménagement le poste de titulaire de la chaire de tactique de l’infanterie à Adolphe Guillaumat.

Il s’élève alors violemment contre le dogme de la défensive prescrit par l’instruction de 1867, « l’offensive seule pouvant conduire à la victoire ». Mais il critique aussi le code d’instruction militaire de 1901 prônant la charge en grandes unités, baïonnette au canon, tactique en partie responsable des milliers de morts d’août et septembre 1914. Humiliés par la défaite de 1870, les états-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. À partir de 1911, l'État-major prône l'offensive à outrance. Pétain, lui, préconise la manœuvre, la puissance matérielle, le mouvement, l’initiative : « le feu tue ». Ainsi, il déclare à un élève officier : « Accomplissez votre mission coûte que coûte. Faites-vous tuer s'il le faut, mais si vous pouvez remplir votre devoir tout en restant en vie, j'aime mieux cela. » Parmi les officiers rangés sous ses ordres, il est le , premier chef de corps de Charles de Gaulle, alors sous-lieutenant au 33e régiment d'infanterie stationnée à Arras.

En , devant commenter, devant les officiers réunis, un exercice conçu par le général Gallet, qui, lors de manœuvres, a fait charger à la baïonnette des nids de mitrailleuses, qui naturellement tiraient à blanc, le colonel Pétain répond que le général commandant la 1e division d'infanterie vient de montrer, afin de frapper les esprits, toutes les erreurs qu'une armée moderne ne doit plus commettre. Après avoir détaillé la puissance de feu des armes allemandes, il conclut par : « C’est par le feu qu’il faut détruire l’objectif avant de s’en emparer. Messieurs n’oubliez jamais que le feu tue ! »

Franchet d'Esperey est nommé en novembre 1913 commandant du 1er Corps d'Armée à Lille en remplacement du général anticlérical Henri Crémer. En janvier 1914, Franchet d'Esperey nomme le colonel Pétain pour assurer la vacance du général de Préval commandant la 3e brigade d'infanterie à Arras qui quitte l'armée d'active pour des problèmes de santé.

Le 28 mars 1914, par permution avec le général Deligny , Philippe Pétain est nommé au commandement de la 4e brigade d’infanterie qui est composée de deux régiments, le 8e régiment d'infanterie en garnison à Saint-Omer, Calais et Boulogne et le 110e régiment d'infanterie en garnison à Dunkerque, Bergues et Gravelines. Le commandement du 33e régiment d'infanterie est repris par le lieutenant-colonel Stirn.

Arrivé à Saint-Omer, Philippe Pétain, pourtant excellent cavalier, fait une mauvaise chute de cheval. Le docteur Louis Ménétrel (père de Bernard Ménétrel) interdit l'amputation de la jambe gauche et sauve Pétain.

Adolphe Messimy, qui est redevenu ministre de la Guerre le 12 juin et qui a pris pour chef de cabinet militaire le général Guillaumat, adresse le 24 juillet un refus au général Anthoine, venu solliciter la nomination de Pétain au grade de général.

Ses biographes identifient ce manque de reconnaissance comme un des éléments structurant la personnalité de Pétain. À 58 ans, en , le colonel Philippe Pétain s’apprête à prendre sa retraite après une carrière relativement modeste

397857.jpg

 

Dès le début de la Première Guerre mondiale, le 3 août 1914, il se distingue à la tête de la 4e brigade d’infanterie en couvrant la retraite du général Lanrezac en Belgique. Il fait partie des officiers rapidement promus au début de la guerre pour remplacer ceux qui ont échoué : général de brigade le il commande la 6e division d'infanterie à la tête de laquelle il participe à la bataille de la Marne (durant laquelle il conseille l'usage de l'artillerie et de l'aviation).

Il devient général de division le 14 septembre.

Nommé le 20 octobre 1914 général commandant de corps d'armée, il prend le commandement du 33e corps et réalise des actions d’éclat lors de l'offensive en Artois, affecté sur le secteur du front où il avait grandi ; ayant pourtant désapprouvé ouvertement l'offensive de Joffre en Champagne, il est cependant l'auteur de la seule percée (9 mai 1915), qu'il ne peut exploiter en raison de l'absence de renforts ; son souci d’épargner leurs vies le rend populaire parmi ses hommes. En juin 1915, promu, il commande la IIe armée.

 

ea7c34ea20d0a9c255386574c4b86a95.jpg

Sous les ordres du futur maréchal Joffre et du général de Castelnau, il est l'un des 8 commandants à la bataille de Verdun, en poste du au . Son sens de l'organisation, soutenu par un réel charisme ne sont pas étrangers à l’issue victorieuse du combat, huit mois plus tard, même si la ténacité de ses troupes, comme celle du commandant Raynal au fort de Vaux, en a été le facteur décisif. Sa vision stratégique de la bataille lui fait comprendre que le meilleur soldat du monde, s’il n’est pas ravitaillé, évacué en cas de blessure, ou relevé après de durs combats, est finalement vaincu.

topelement.jpg

Pétain met en place une noria de troupes, d’ambulances, de camions de munitions et de ravitaillement sur ce qui devient la «voie sacrée ». Comprenant la valeur de l’aviation dans les combats, il crée en mars 1916 la première division de chasse aérienne pour dégager le ciel au-dessus de Verdun. Il réaffirme cette vision dans une instruction de  : « L’aviation doit assurer une protection aérienne de la zone d’action des chars contre l’observation et les bombardements des avions ennemis […] ».

Il a tiré de cette période le titre de « vainqueur de Verdun », même si cette appellation a été surtout exploitée plus tard, sous le régime de Vichy. Ce célibataire reçoit plus de 4 500 lettres d'admiratrices durant le premier conflit mondial.

Toutefois, Joffre, Foch et Clemenceau attribuent la victoire de Verdun à Mangin et à Nivelle, et ont reproché à Pétain son pessimisme. En fait, comme la réputation de Pétain s'affirme auprès des soldats après les erreurs de Nivelle (en 1917), il existe deux traditions de la victoire de Verdun, comme l'écrit Marc Ferro, biographe de Pétain, « celle des chefs militaires et politiques, qui la mettent au crédit de Nivelle, et celle des combattants, qui ne connaissent que Pétain ».

En 1917, le général Nivelle prend la tête des armées françaises, alors que Joffre n’était que le chef du front du Nord-Est. Le général Pétain est nommé chef d'état-major général, poste spécialement recréé pour lui. Il s’oppose à Nivelle, peu économe du sang de ses hommes, dont la stratégie d’offensive à outrance contraste avec le pragmatisme de Pétain

5952-fp322-75-dpi-Foch-Petain-Haig-Pershing.jpg

 

Le commandement de Nivelle aboutit à la bataille du Chemin des Dames, à la mi-avril 1917 : 100 000 hommes sont mis hors de combat du côté français en une semaine. Bien que les Français, à défaut de percer, aient tenu, le mécontentement gronde, provoquant des mutineries dans de nombreuses unités. Nivelle est renvoyé, et Pétain se trouve en situation de lui succéder, par sa réputation à Verdun et ses prises de positions visant à limiter les pertes. Le 15 mai 1917, il est nommé commandant en chef des armées françaises. Son commandement cherche à redonner confiance aux troupes en améliorant les conditions de vie des soldats, en accordant plus libéralement des permissions, en mettant fin aux offensives mal préparées, et en faisant condamner les mutins, dont seule une minorité seront fusillés, malgré les exigences d'une partie des hommes politiques.

Pour ne pas gaspiller la vie des soldats, il lance des offensives plus limitées, et toutes victorieuses. Il reprend aux Allemands lors de la deuxième bataille de Verdun en août 1917 tout le terrain perdu en 1916. Il reprend la crête du Chemin des Dames lors de la bataille de la Malmaison, en octobre 1917.

ca_jpg.jpg

Mais, le 21 mars 1918, les Allemands rompent le front en Picardie, menaçant Amiens. Pétain est un candidat possible au titre de généralissime des troupes alliées, mais, avec l'appui des Britanniques, Clemenceau, qui le juge trop porté à la défensive et trop pessimiste, lui préfère Foch, partisan de l'offensive, lors de la conférence de Doullens du 26 mars. Foch, à l’origine de la coordination des troupes alliées, en est désormais le chef suprême. Pétain conserve son rôle de général en chef des armées françaises, mais, de fait, il passe sous les ordres de Foch. Pendant l'offensive allemande de 1918, il conseille la prudence, là où Foch choisit la contre-offensive (victorieuse). Le 22 juin 1918, le Comité de guerre lui retire son droit d'en appeler au gouvernement en cas de désaccord avec Foch.

En août 1918, la médaille militaire lui est attribuée : « Soldat dans l’âme, n’a cessé de donner des preuves éclatantes du plus pur esprit du devoir et de haute abnégation. Vient de s’acquérir des titres impérissables à la reconnaissance nationale en brisant la ruée allemande et en la refoulant victorieusement ».

n.jpg

En octobre 1918, il prépare une grande offensive qui aurait mené les troupes franco-américaines jusqu’en Allemagne. Cette grande offensive, prévue à partir du 13 novembre, n’a pas lieu : contre son avis, Foch et Clemenceau ont accepté de signer le 11 novembre l’armistice demandé par les Allemands.

 

p.jpg

À la demande des officiers du GQG, le maréchal Foch fait, le , une démarche auprès du président du conseil Georges Clémenceau. Le , le général Pétain apprend à midi par téléphone qu'il va obtenir le bâton de maréchal puis, en début d'après-midi, assiste, impassible sur son cheval blanc suivi du général Buat et de vingt-cinq officiers du GQG, au défilé des troupes de la 10e armée entrant officiellement à Metz par la porte Serpenoise sous les vivats d'une foule en liesse.

Pétain est élevé à la dignité de maréchal de France par décret du (publié au Journal officiel le 22. Il reçoit à Metz son bâton de maréchal, le 8 décembre 1918.

Il est l'un des très rares acteurs militaires de premier plan de la Grande Guerre à n'avoir jamais voulu publier ses mémoires de guerre. En 2014 est publié un manuscrit inédit de Philippe Pétain qui retrace le conflit tel que Pétain l'avait vécu. Les différents témoignages à son sujet, « au-delà des inévitables références au grand soldat soucieux de la vie de ses hommes, soulignent son caractère secret, son manque d'humour, sa froideur, son apparence marmoréenne, terme qui revient souvent sous la plume des différents auteurs ». L'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac rappelle que « Pétain était, dès 1914-1918, un chef d'un pessimisme que Clemenceau jugeait intolérable, bien qu'il l'ait toujours couvert ».

231.jpg

 

Populaire, couvert d'honneurs, (le , il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques), marié (le , à 64 ans, avec Eugénie Hardon, 42 ans sans descendance) Pétain devient progressivement la référence principale pour les anciens combattants pendant l'entre deux guerres, profitant de la mise à l'écart et des décès des autres maréchaux.

Il reste jusqu'en 1931 chef de l'armée, (écartant Joffre puis Foch auquel il succède à l'académie Française), quel que soit le régime politique en place (en 1924, au moment du cartel des gauches il se serait opposé à l'hypothèse d'un coup d'État militaire envisagée par Lyautey qu'il écarte du Maroc en intervenant personnellement lors de la guerre du Rif en soutien à Franco). Il a une influence majeure sur la réorganisation de l'armée entouré d'un cabinet dont De Gaulle est une des plumes.

Toutefois à partir de 1929, son opposition à Maginot l'écarte de la tête des armées au profit de la génération des collaborateurs de Foch (Weygand). Il s'appuie sur sa popularité auprès des ligues pour accepter après le 6 février 1934, le ministère de la guerre, auquel il ne peut revenir en 1935 ni pendant le Front Populaire. Le cabinet Chautemps le choisit comme ambassadeur auprès de Franco après la fin de la guerre d'Espagne jusqu'en juin 1940.

 

34604146344_3fc5a1caa2_b.jpg

Général en chef de l’Armée française (il le reste jusqu’au ), il estime en 1919 à 6 875 le nombre de chars nécessaires à la défense du territoire (3 075 chars en régiment de première ligne, 3 000 chars en réserve à la disposition du commandant en chef et 800 chars pour le remplacement des unités endommagées).

Il écrit : « C’est lourd, mais l’avenir est au maximum d’hommes sous la cuirasse ».

De 1919 à 1929, avec la présence d'un ami au poste de chef d'état-major des armées (le général Buat jusqu'en 1923, puis après sa mort le général Debeney), il s'oppose à la construction de fortifications défensives, préconisant au contraire la constitution d'un puissant corps de bataille mécanisé capable de porter le combat le plus loin possible sur le territoire ennemi dès les premiers jours de la guerre. Il parvient à rester l'instigateur principal de la stratégie, obtenant, en , la démission du maréchal Joffre de la présidence de la Commission d'étude de l'organisation de la défense du territoire créée quinze jours plus tôt, et s'opposant, lors de la séance du Conseil supérieur de la guerre du , à la construction d’une ligne défensive continue. Il y prône des môles défensifs sur les voies d’invasion.

Lors de la séance du , et contre l’avis de Foch, qui estime que Pétain donne à tort aux chars une importance capitale, il préconise et obtient l’étude de trois prototypes de chars (léger, moyen et lourd).

Il doit, cependant, finir par s'incliner et accepter la construction de la ligne Maginot, lorsque André Maginot, alors ministre de la Guerre, déclare, lors du débat parlementaire du  : « ce n'est pas Pétain qui commande, mais le ministre de la Guerre ».

gettyimages-162645962.jpg

 

En 1925 et 1926, Pétain combat la révolte des forces d’Abd el-Krim, chef de la très jeune république du Rif, au Maroc contre les voisins espagnols. Pétain remplace avec peu d'égards le maréchal Lyautey, et a des troupes françaises sous son commandement, en campagne avec une armée espagnole (450 000 hommes au total), dans laquelle se trouve aussi Franco, mènent une campagne victorieuse, en partie grâce à l'emploi par les Espagnols d'armes chimiques sur les populations civiles. Abd el-Krim se plaignit à la Société des Nations de l'utilisation par l'aviation française de gaz moutarde sur les douars et les villages

 

Le , il est élu à l’unanimité membre de l’Académie française, au 18e fauteuil, où il succède au maréchal Foch.

Le , il est reçu à l'Académie française par Paul Valéry, dont le discours de réception, qui retrace sa biographie, rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain, « le feu tue » et comporte des considérations sur la façon dont « la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre » et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre. Le discours de réception du maréchal Pétain est un hommage au maréchal Foch auquel il succède.

1314940-Philippe_Pétain.jpg

 

Le , il est remplacé par le général Weygand au poste de vice-président du Conseil supérieur de la guerre (correspondant à la fonction de commandant suprême de l’Armée), et nommé inspecteur général de la défense aérienne du territoire.

Après le 6 février 1934, le , Philippe Pétain est nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue de tendance radicale, fonction qu’il occupe jusqu’au renversement du cabinet le .

 

Il participe par la suite au Conseil supérieur de la guerre, où il soutient la politique de guerre offensive promue par le colonel de Gaulle, qui fut un temps son « porte-plume », préconisant la concentration de chars dans des divisions blindées.

 

La France reconnaît officiellement le nouveau gouvernement franquiste le . Le , Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne.

 

b813306_38b077d108d447a9b63d184446cdaf2d-38b077d108d447a9b63d184446cdaf2d-0.jpg

 

Chef du régime de Vichy

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Pétain

Procès et condamnation

 

i.jpg

Le procès du maréchal Pétain débute le devant la Haute Cour de justice créée le . Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par Paul Mongibeaux, promu à cette occasion par le gouvernement provisoire du général De Gaulle, premier président de la Cour de cassation, assisté du président de la chambre criminelle à la Cour de cassation Donat-Guigne, et Picard, premier président de la Cour d'appel. Tous trois avaient prêté serment de fidélité au maréchal. Le ministère public est représenté par le procureur général André Mornet, président honoraire de la Cour de cassation. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment Robert Pimienta et Lucie Aubrac.

640_000_arp1387215.jpg

Après récusations de la défense, les jurés sont :

Défendu par Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français qui l’avaient désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, soit à décharge : le général Weygand, le pasteur Marc Boegner, ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre Jean Rodhain, seul homme d'Église à témoigner à décharge.

Le procès s’achève le à l’aube. La cour déclare Pétain coupable, notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. La condamnation a été votée à une voix de majorité.

c789edb_23722-18wquc0.jpg

Le verdict de la Haute Cour de justice reconnaît Philippe Pétain coupable d'indignité nationale et le condamne à la dégradation nationale  ; cette décision, interprétée stricto sensu, « lui retire son rang dans les forces armées et son droit à porter ses décorations ». Le titre de maréchal de France étant une dignité et non un grade, ses partisans considèrent que Philippe Pétain conserva ce titre après sa condamnation. À la fin du procès, il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951.

images.jpg

Cependant, certains considèrent qu’il fut, de facto, déchu de sa dignité et qu’il convient, comme le font les historiens d'aujourd'hui, de le nommer simplement « Philippe Pétain », en particulier à partir de sa condamnation le 15 août 1945, ou encore l’« ex-maréchal Pétain ».

Accomplissant le vœu de la Haute Cour de justice, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République, commue la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité le . Compte tenu de la peine de dégradation nationale (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944), Philippe Pétain est exclu automatiquement de l'Académie française (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'Institut). Toutefois, celle-ci s’abstint d’élire un remplaçant de son vivant au 18e fauteuil, égard dont bénéficia également Charles Maurras (tandis qu’Abel Bonnard et Abel Hermant sont remplacés dès 1946).

 

D0y10K4NnBiFw-MhLzo4T88mXdI.jpg

Emprisonnement

Philippe Pétain est emprisonné au fort du Portalet, un fort de montagne, dans les Pyrénées-Atlantiques (alors les Basses-Pyrénées), du 15 août au . Pendant le régime de Vichy, ce fort avait servi de lieu de détention pour plusieurs personnalités politiques. Il est ensuite transféré au fort de la Citadelle sur l'île d'Yeu, au large de la Vendée. Il sera, hormis ses gardiens, le seul occupant du fort. Son épouse installée à son tour dans l’île, bénéficie d’un droit de visite quotidien.

Au cours de ces années, les avocats de Philippe Pétain et plusieurs dignitaires étrangers, parmi lesquels l'ancien roi Édouard VIII et la reine Mary, réclament sa libération auprès des gouvernements successifs. Ceux-ci, emmêlés dans l'instabilité politique de la Quatrième République, préfèrent cependant ne pas prendre de risque sur un sujet sensible pour l'opinion publique. Début juin 1946, le président américain Harry Truman intervient sans succès pour réclamer sa libération, proposant de lui accorder l'asile politique aux États-Unis.

La santé mentale de Philippe Pétain décline à partir de la fin des années 1940, les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Après avoir pris position en ce sens dès 1949, le général de Gaulle déclare le à Oran, dans un discours prononcé place d'Armes devant une foule d'environ 8 000 personnes, qu'« il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu'on laisse mourir en prison le dernier Maréchal ». Eu égard à cette situation, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorise le « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville a lieu le ,

e81a65d263120e6b859a5fe65af90ebd.jpg

où Philippe Pétain meurt le . Veillé par Jean Rodhain, il est inhumé le surlendemain dans le cimetière de Port-Joinville, sur l’île d’Yeu.

 

images.jpg

La translation de la dépouille du maréchal Pétain à la nécropole de Douaumont à côté de Verdun est réclamée à plusieurs reprises par l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) à partir de 1951, au nom de la « réconciliation nationale ». Ce transfert correspond à un souhait de Pétain, tel qu’écrit dans son testament de 1938, qui souhaitait reposer auprès des centaines de milliers de soldats français qui sont tombés pendant la bataille de Verdun. L'association organise notamment une pétition en ce sens en mai 1954, soutenue par de très nombreuses associations d'anciens combattants de 1914-1918, qui recueille près de 70 000 signatures. Les gouvernements français successifs s'opposeront toujours à cette demande. Il s'agit en fait avec celle-ci, selon l'analyse d'Henry Rousso, « d'oublier le maréchal de 1940 au profit du général de 1916, d'utiliser la mémoire des anciens combattants de la Grande Guerre, pour qui Pétain reste l'homme du « On les aura ! », au profit d'une idéologie ».

Le , à h du matin, le cercueil du maréchal Pétain est enlevé par des membres de l’extrême droite, à l'instigation de l'avocat et homme politique Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien de l’OAS, afin d’opérer le transfert de sa dépouille à Douaumont. Malgré les précautions prises, l'enlèvement est découvert quelques heures plus tard ; il fait rapidement la une des médias français et mobilise les autorités. Le commando abandonne alors sa route vers Verdun, trop risquée, et remonte sur Paris. Le cercueil est ensuite dissimulé dans un garage de Saint-Ouen tandis que Tixier-Vignancour tente de négocier un transfert de la dépouille aux Invalides. Hubert Massol, le chef du commando, se rend finalement le 21 février après l'arrestation de ses complices et indique où se trouve le cercueil. Celui-ci est ramené à l'île d'Yeu dès le lendemain et réinhumé après une brève cérémonie. La tombe est cette fois bétonnée.

 

La tombe de Philippe Pétain est fleurie au nom de la présidence de la République le (sous le général de Gaulle, à l'occasion du 50e anniversaire de l'armistice de 1918)204,205,206, le (sous Georges Pompidou, à la suite de la réinhumation suivant le vol du cercueil) et en 1978 (sous Valéry Giscard d'Estaing, 60e commémoration de la victoire de 1918)206. Pendant la présidence de François Mitterrand, elle est fleurie le (jour de la rencontre avec le chancelier Helmut Kohl à Verdun), puis le (70e anniversaire de la bataille de Verdun), puis chaque 11 novembre entre 1987 et 1992. Cette pratique ne cesse qu’après de nombreuses protestations dont celles de la communauté juive.

François Mitterrand ayant déclaré qu’il honorait simplement la mémoire de l’homme de Verdun et nullement celle du chef de l’État français, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius fit remarquer que, lorsque l’on juge un homme, on le fait sur l’ensemble de sa vie. Selon l’historien André Kaspi, une telle distinction est artificielle : « Le Pétain collaborateur de 1940-1944 n’a pu égarer les Français et en convaincre bon nombre de le suivre que parce qu’il bénéficiait du prestige du Pétain de 1914-1918. L’un n’aurait pas existé sans l’autre ». Pour le général de Gaulle, « Si, par malheur, en d’autres temps, dans l’extrême hiver de sa vie et au milieu d’événements excessifs, l’usure de l’âge mena le maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie ». Sa sépulture fut de nouveau profanée en 2007, 2017 et en 2018.

 

 

( Source : Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Pétain  )

 

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Officier général des plus décoré, connu sous le pseudo Ralph Monclar, Raoul MANGIN-VERNEREY.

087519cf-83d4-4a0a-b634-3a0263639496.jpg

Raoul Charles Magrin-Vernerey, (BudapestParis)

il est élevé par sa grand-mère maternelle dans le Doubs. il a seize ans lorsqu'il se présente pour s'engager dans la Légion étrangère. En raison de son jeune âge, il n'est pas admis et reprend ses études et entre à Saint-Cyr en 1912, il en sort en 1914 avec la promotion de Montmirail, et le grade de sous-lieutenant.

Monclar500.jpg

Le 5 août 1914, il rejoint le 60e régiment d'infanterie , il combat au sein de ce régiment et au sein du 260e et termine la guerre avec le grade de capitaine, chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de 11 citations. Blessé sept fois et réformé avec une invalidité de 90 % : cuisse fracturée par balle, bras droit brisé par l'explosion d'une grenade, deux blessures à la tête imposant deux trépanations, les yeux brûlés par des gaz.

 

Après l'armistice du 11 novembre 1918, mis à la disposition du commandant en chef des armées alliées en Orient, il rejoint l’état-major comme chef du 1er bureau au début de 1919. Il est alors administré par le 1er régiment de tirailleurs marocains (RTM). Le 25 septembre, il est désigné pour effectuer un stage au centre d’aviation du 415e RI de San Stefano où il est formé comme observateur avion. À l’issue, il rejoint les services administratifs du Levant à Beyrouth, en qualité d’adjoint à l’administrateur. Il est nommé conseiller administratif de Caza de Sayoun, le 1er mars 1920, puis inspecteur des milices du territoire des Alaouites, le 19 octobre. À ce poste, il mérite une citation à l’ordre de l’armée. Le 11 mai 1921, il est désigné pour encadrer la légion syrienne. Il est affecté à la 4e compagnie du 1er escadron, escadron dont il prend le commandement le 1er juillet. Il cumule cette fonction avec celle d’adjoint au chef de corps.

Le 1er mars 1924, il obtient enfin de rejoindre la Légion étrangère dont il rêve depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au 1er REI, il est affecté au 3e REI et prend part à la campagne du Rif au Maroc jusqu'en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient où il est promu au grade de chef de bataillon en 1928.

Le 14 octobre 1930, il est désigné pour prendre le commandement du 16e bataillon de chasseurs à pied.

Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme qu'en octobre 1941. Affecté au 2e REI, il séjourne au Maroc puis rejoint le 5e REI au Tonkin.

Rentrant d'Extrême-Orient, il prend en janvier 1938 le commandement du bataillon d'instruction de Saïda, il est promu au grade de lieutenant-colonel le 25 juin de la même année, avant de repartir au Maroc avec le 4e REI.

 

index.jpg

Le 23 février 1940, il rejoint le 3e REI qui forme un groupement de bataillons de marche de type montagne. Il est désigné comme chef de corps des deux bataillons de Légion qui forment la 13e demi-brigade légère de montagne de Légion étrangère (DBLE). Regroupée d’abord au camp du Larzac puis à Sathonay, son unité se prépare à une campagne dont la destination n’est pas fixée. Ce sera le début de l'épopée de la 13e DBLE, la longue route ne fait que commencer.

Le 13 mai, à Bjervik en Norvège, la 13e DBLE livre son premier combat, conquiert quatre objectifs, force l'ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu'à dix avions bimoteurs.

Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent à Narvik ce que l'on a appelé « la seule victoire française de 1939-1940 », victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre de l'Armée, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeil, pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.

À peine revenu en Bretagne, le 16 juin , avec 500 de ses hommes, il embarque le 19 juin à Saint-Jacut-de-la-Mer où via Jersey, il rejoint le 21 juin, avec la moitié de sa demi-brigade, les Forces françaises libres en Angleterre et adopte alors le pseudonyme de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne, d'où sa famille est originaire). Il est promu au grade de colonel.

Fin août 1940, il est envoyé en Afrique avec la 13e DBLE (Dakar, Freetown puis le Cameroun), il refuse de participer aux combats de ralliement au Gabon pour ne pas avoir à combattre des Français.

Participant aux opérations menées contre les forces de l'Axe en Afrique, c'est lui qui, à la tête de la brigade française libre d'Orient en Érythrée, prend Massaoua dans le cadre de la bataille de Keren en mars 1941, une opération qu'il a préparée et menée. Il entre dans la ville avec une section d'éclaireurs motocyclistes et fait prisonniers l'amiral Bonatti, commandant des forces italiennes en Afrique orientale, 8 autres officiers généraux, 440 officiers et 14 000 soldats des forces italiennes.

En juin 1941, il refuse de combattre en Syrie contre d'autres Français, en particulier les légionnaires du 6e REI. Il est remplacé à la tête de la 13e DBLE par le lieutenant-colonel et prince Amilakvari.

En octobre 1941, il nommé délégué et commandant des troupes pour le territoire des Alaouites et deux mois plus tard, en Seconde Guerre mondiale : décembre 1941, il est promu général de brigade. Il retourne à Londres en décembre 1942 et devient Commandant des Forces terrestres françaises en Grande-Bretagne.

En novembre 1943 et jusqu'à la fin de la guerre, il est adjoint au général commandant supérieur des troupes du Levant3 et participe à la pacification du nord de la Syrie où se déroulent des troubles violents en mai et juin 1945.

 

1_gana10.jpg

Promu général de division en 1946, il devient adjoint au commandant supérieur des troupes d'Algérie. Il est, en 1948, « chargé de mission permanente d'inspection des unités de Légion ». Pendant près de 2 ans, il effectue d'incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en Algérie, au Maroc, à Madagascar, en Indochine où il participe aux combats de Cochinchine et du Tonkin.

ganara10.jpg

En 1950, général de corps d'armée, à la veille de sa retraite, il se porte volontaire pour commander le Bataillon français de l'ONU en cours de formation pour intervenir en Corée et échange ses étoiles contre les galons panachés de lieutenant-colonel pour pouvoir le faire.

monclar.jpg

colonel_moclar_2_8aa3f7e5c4e9172d2d8d17aec316a598.jpg

Atteint par la limite d'âge, il rentre en France en 1951. En 1962, succédant au général Kientz, il devient gouverneur des Invalides. A ce titre il est désigné président d'honneur de l'association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire.

26426710.jpg

C'est à ce poste d'honneur, qu'il meurt le 3 juin 1964 au Val-de-Grâce à Paris. Il est inhumé dans le caveau des gouverneurs, dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides.

Il a été le président fondateur de l'Association nationale des anciens des forces françaises de l'ONU et du régiment de Corée.

1454174868_123212...299810_n-539e9f4.jpg

 

Décorations françaises

Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur.
Ordre de la Libération Compagnon de la Libération (décret du 1er juin 1943).
Médaille militaire Médaille militaire.
Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1914-1918 (11 citations : 7 palmes, 1 étoile de vermeil, 2 étoiles d’argent et 1 étoile de bronze).
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (7 citations : 5 palmes et 2 étoiles de vermeil).
Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945 (3 citations : 3 palmes).
Médaille de la Résistance française Médaille de la Résistance française, avec rosette.
Médaille des évadés Médaille des évadés.
Insigne des blessés militaires Insigne des blessés militaires (7 blessures).
Croix du combattant volontaire 1914-1918 Croix du combattant volontaire 1914-1918.
Médaille Coloniale Médaille coloniale (avec agrafes Maroc 25-26 et Érythrée).
Médaille commémorative de Syrie-Cilicie Médaille commémorative de Syrie-Cilicie.
Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille commémorative de la guerre 1914-1918.
Médaille interalliée de la Victoire Médaille interalliée de la Victoire.
Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre.
Medaille commemorative des Operations des Nations Unies en Coree ribbon.svg Médaille commémorative française des opérations de l'Organisation des Nations unies en Corée.
Médaille commémorative pour le Liban (1926).

Décorations étrangères

Ordre du Dragon d'Annam (par le Gouvernement Francais) GO ribbon.svg Grand officier de l'ordre du Dragon d'Annam (Annam).
Commandeur de l'ordre de la Couronne (Belgique) Commandeur de l'ordre de la Couronne (Belgique).
BEL Croix de Guerre WW1 ribbon.svg Croix de guerre 1914-1918 (Belgique).
Ordre Royal du Cambodge GC ribbon.svg Grand-croix de l'ordre royal (Cambodge).
Ordre de l'Etoile d'Anjouan GC ribbon.svg Grand-croix de l'ordre de l'Étoile d'Anjouan (Comores).
Taeguk Cordon Medal.png Cordon Taegeuk avec étoile d'argent de l'ordre du mérite militaire (Corée du sud).
Silver Star Medal ribbon.svg Silver Star (États-Unis).
Us legion of merit officer rib.png Officier de la Legion of Merit (États-Unis).
Greek War Cross 1940 3rd class ribbon.png Croix de guerre (Grèce).
LBN Order of Merit of Lebanon 4th class BAR.svg Ordre du mérite (Liban).
MAR Order of the Ouissam Alaouite - Grand Officer (1913-1956) BAR.png Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc).
St Olavs Orden storkors stripe.svg Grand-croix de l'ordre de Saint-Olaf (Norvège).
Krigskorset stripe.svg Croix de guerre avec glaive (Norvège).
POL Virtuti Militari Srebrny BAR.svg Ordre militaire de Virtuti Militari (Pologne).
Ro3osr.gif Officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie avec glaives (Roumanie).
Ordre de l'Empire britannique Ordre de l'Empire britannique (Royaume-Uni).
Croix militaire (Royaume-Uni) Croix militaire (Royaume-Uni).

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Magrin-Vernerey  )

 

 

 

  • Like 1
  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Issus de la cavalerie, le général Jean TOUZET DU VIGIER.

a.jpg

Jean, Louis, Alain Touzet du Vigier ( à Chambéry - à Paris)

Jean Louis Alain Touzet du Vigier est né le 10 octobre 1888 à Chambéry, en Savoie. Il est le fils d'Alain Pierre Touzet du Vigier, (1849-1912), chef d'escadron de cavalerie au 4e régiment de dragons de Chambéry, chevalier de la légion d'Honneur, et de Louise Lochtemberg. Son grand-père, Jean Antoine Bertrand Touzet du Vigier, (1805-1868), officier de cavalerie, était commandeur de la Légion d'Honneur.

Jean Touzet du Vigier, prépare sa future carrière d'officier dans la Corniche du Lycée Janson-de-Sailly à Paris, au cours de l'année scolaire 1909-1910.

Reçu au concours d'entrée, il intègre le 10 octobre 1910 l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il fait partie de la promotion La Moskova , (1910-1913). À cette époque, les jeunes Saint-Cyriens effectuaient une année de service militaire dans la troupe avant d'être intégrés définitivement à l'École des officiers de Saint-Cyr. Il débute donc sa carrière en 1910 au 33e régiment d'infanterie d'Arras, sous le commandement du colonel Pétain, en succédant à l'élève-officier Charles de Gaulle, son ancien de la promotion de Fès (1909-1912), au 5e Bataillon de cette unité.

Il sort de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le avec le grade de Sous-lieutenant. Il est classé 135e sur 249 et il est admis dans l'arme de la Cavalerie. Après l'École d'application de Saumur, il est affecté au 4e escadron du 9e Régiment de Cuirassiers qui sera transféré de Noyon à Douai.

 

 

Première Guerre mondiale (3 août 1914-11 novembre 1918)

Quand l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, le 3 août 1914, le 9e Régiment de cuirassiers, stationné à Douai, fait mouvement vers la Belgique, que les Armées allemandes viennent d'envahir. Dès le 20 août se déroule la Bataille des Frontières, au cours de laquelle le 4e Escadron du 9e Cuirassiers est victorieusement confronté à l'ennemi dans les environs de la ville belge de Gembloux : Ce sera pour le sous-lieutenant Touzet du Vigier un baptême du feu où il aura l'occasion d'appliquer les méthodes de charge de cavalerie inculquées à l'École d'application de Saumur.

Mais, devant l'avancée foudroyante des troupes allemandes, l'Armée française doit effectuer un repli stratégique d'environ deux cents kilomètres. La Bataille de la Marne du 4 au 10 septembre 1914 permet de stopper la progression ennemie entre Verdun et Paris: c'est le début de l'enlisement du conflit.

Pour sa part, le 9e Cuirassiers est engagé à partir du 10 septembre 1914, au cours de la Bataille de l'Aisne, dans la région de Villers-Cotterêts-Vaumoise, jusqu'au nord de l'Aisne. Alors que l'ennemi se replie sur ce terrain, le Haut-Commandement français cherche à déterminer quelles sont les intentions de l'Armée allemande en retraite, avant que commence la Course à la mer. Le 11 septembre 1914, lorsque son régiment se prépare à quitter Vaucelles-et-Beffecourt pour reprendre sa marche vers le nord, le sous-lieutenant Touzet du Vigier reçoit l'ordre de rejoindre le Q.G de la VIe Armée, sur l'axe Villers-Cotterêts-Cœuvres-Ambleny, afin de préparer une mission de reconnaissance dans les territoires occupés par l'Armée allemande. À la tête d'un peloton de sept cavaliers, il va effectuer cette mission, hautement périlleuse, dans les lignes ennemies et rapporter à l'État major français, au bout de cinq jours, des renseignements précieux sur les mouvements et les positions des Allemands. Au cours de cette mission, sont survenus des épisodes qui auraient pu être tragiques, face aux patrouilles allemandes rencontrées en cours de route. Mais le sous-lieutenant Touzet du Vigier a parfaitement maitrisé la situation, après s'être battu sabre au poing contre les Uhlans. Il a réussi à ramener trois des héroïques Cavaliers de son peloton, et il eut le bonheur d'apprendre par la suite que les quatre autres, dont un blessé, sont rentrés sains et saufs au sortir de la guerre.

Le 20 septembre 1914, Jean Touzet du Vigier et ses hommes font l'objet d'une citation à l'ordre de l'Armée de la part du général Maunoury, commandant la VIe Armée:« Le sous-lieutenant Touzet du Vigier, du 9e Cuirassiers, a fait une reconnaissance de plusieurs jours au milieu des lignes ennemies et a fait preuve à cette occasion de beaucoup d'entrain, d'endurance et de coup d'œil. Il n'a pas hésité à courir sus à des détachements ennemis, supérieurs au sien, pour y prendre des chevaux destinés à remplacer les siens trop fatigués. Messieurs Disseaux, Deschamps et Charlet, ont pris part à une reconnaissance de plusieurs jours au milieu des lignes ennemies et ont fait preuve à cette occasion de beaucoup d'entrain et d'endurance" ».

Jean Touzet du Vigier est promu au grade de lieutenant, à compter du Ier octobre 1914 et reçoit la croix de Guerre.

 

Lorsque la Course à la mer marque pour le Corps de Cavalerie la fin de la guerre de mouvement, le 9e Cuirassier va devoir abandonner ses chevaux, dès le mois d'octobre 1914, le combat à cheval étant dorénavant incompatible avec la guerre de tranchée. Les Cuirassiers démontés vont jouer le rôle de fantassins, dans le courant de 1915 et participer par roulements à la tenue des tranchées en Artois.

Le Ier mai 1915, le lieutenant Touzet du Vigier est nommé commandant de la section de mitrailleuses du 9e Cuirassiers. Il met au point un système de déclenchement automatique nocturne de tir de mitrailleuse dans les no mans lands, lorsque les patrouilles ennemies accrochent dans l'obscurité les fils électriques branchés sur un électro-aimant, placés aux abords des tranchées.

Le 30 mai 1916, les uniformes des cavaliers, composés de pantalons garance, vestes bleu roi et de casques à plumet, sont remplacés par des uniformes bleu horizon adaptés à l'infanterie. Le 9e Régiment de Cuirassiers à cheval devient officiellement le 9e Régiment de Cuirassiers à pied. Jean Touzet du Vigier reçoit le commandement de deux sections de mitrailleuses. Il est préparé au combat d'infanterie pour avoir passé un an au 33e Régiment d'infanterie d'Arras en 1910. Son Unité est engagée dans la bataille des armées franco-britanniques opposées aux troupes allemandes dans la Somme, au cours de l'été 1916. Et de l'automne 1916 au printemps 1917, le 9e Cuirassiers tient les tranchées de Tracy-le-Val. Jean Touzet du Vigier se distingue à la tête des sections de mitrailleuses dans l'attaque de Cléry-sur-Somme, le 3 septembre 1916, lors de la Bataille de la Somme. Mais il déplore la perte de plusieurs de ses hommes et la mort de son ami, le lieutenant Martin.

En mai 1917, l'offensive déclenchée dans l'Aisne, au Chemin des Dames par le général Nivelle entraine de lourdes pertes dans les rangs de l'armée française et dans ceux du 9e Régiment de Cuirassiers.

Au cours de l'attaque des 5 et 6 mai 1917 du Moulin de Laffaux, le lieutenant Touzet du Vigier, qui avait pris la tête d'une formation de grenadiers, pour venir en remplacement de ses officiers hors de combat, est grièvement blessé au cours de l'assaut.

Ce n'est que le 10 septembre 1917 que le lieutenant Touzet du Vigier rejoint son corps après son hospitalisation.

Le 24 mars 1918, il participe à la défense de Noyon et fait l'objet d'une citation. Il est nommé capitaine le 4 avril 1918 et prend le commandement de la Ire compagnie de son régiment. Mais, victime d'une nouvelle blessure le 9 juin 1918, au combat d'Élincourt, il est de nouveau hospitalisé. Il reçoit la Légion d'honneur accompagnée d'une nouvelle citation.

Il ne rallie son Unité que le 15 novembre 1918, juste après l'Armistice et prend le commandement du 4e escadron à cheval du 9e Cuirassiers. Il est le seul officier survivant des cinq officiers de l'escadron du 9e Régiment de Cuirassiers qui avaient rallié la frontière belge au début des hostilités.

 

 

Le capitaine Touzet du Vigier, soucieux de vivre pleinement sa vocation dans l'action, sur un théâtre d'opération extérieur, se porte volontaire pour le Maroc. En avril 1919, il obtient son affectation au 2e régiment de chasseurs d'Afrique (2°R.C.A), unité de cavalerie, dont il prend le commandement du 5e escadron de chasseurs (à pied), à Taza, qui participe aux opérations de maintien de l'Ordre. Il sera aussi désigné comme adjoint du Commandant du secteur Est de Taza

Son séjour au Maroc sera de courte durée : dès le mois de septembre 1919, il est rappelé comme instructeur à l'École d'application de Saumur. Dans cette école de cavalerie, il développe ses qualités d'instructeur et aborde déjà les premières notions de ce qui deviendra son thème favori : la mécanisation de la cavalerie et la guerre de mouvement.

Réclamé par le général Niessel, il part au mois de décembre 1920 à Varsovie pour rejoindre la Mission militaire française en Pologne. Il est nommé adjoint du chef de bataillon Charles de Gaulle, son ancien de Saint-Cyr et du 33e RI d'Arras. Il va y rester du au , alternant les cours de cavalerie aux Polonais et des activités d'état-major. Pendant de longues heures, les deux officiers vont échanger leur conception sur la motorisation indispensable de la Cavalerie et sur l'emploi de l'arme blindée.

Le 6 mai 1922, le capitaine Touzet du Vigier rejoint à Haguenau le 18e régiment de chasseurs à cheval. Il est reçu à l'École supérieure de guerre le 19 octobre 1923.

Au mois d'octobre 1925, il est affecté à Lille,au 2e Bureau de l'état-major du 1er Corps d'Armée. Il occupe par intermittence le poste d'aide de camp du général Lacapelle, commandant de la Région militaire. Puis, au mois de mars 1928, il rejoint l'État-Major du général Gouraud, gouverneur de Paris. Il est chargé des opérations de mobilisation au Ier Bureau. À ce poste, il constate que l'arme de la Cavalerie est placée devant les plus graves difficultés pour recruter les chevaux de guerre dans les centres de remonte. De surcroît, les chevaux ne sont plus adaptés à la guerre moderne. Il préconise l'emploi intensif de véhicules automobiles blindés et la création de nouvelles unités mécaniques de Cavalerie équipées d'armes, de véhicules et de matériels adéquats.

En septembre 1930, il est désigné pour arbitrer les opérations, sur le terrain des Manœuvres de Lorraine, devant le général Weygand, chef d'État-Major de l'Armée. Ce dernier le fera désigner pour le poste de Directeur du Cours de Cavalerie à Saumur en 1931.

Cercledesgénérauxderéserve1937.jpg

Au mois de septembre 1931, Jean Touzet du Vigier est affecté en tant que Directeur du Cours de Cavalerie à l'École de cavalerie de Saumur. Si ses cours et conférences traitent toujours de la cavalerie à cheval, les cours sur la motorisation et la mécanisation de son Arme prennent la place principale de son enseignement. Il est nommé Chef d'escadrons le 25 décembre 1932. La plupart des lieutenants assistant aux cours d'instruction du commandant Touzet du Vigier lui témoigneront leur estime. Ce fut le cas du lieutenant de Hauteclocque (futur maréchal Leclerc).

Au cours des années 1931 à 1934, le commandant Touzet du Vigier participe aux grandes manœuvres dans les fonctions de chef d'État-Major d'une Brigade motorisée, puis d'une Brigade de chars de cavalerie et enfin, d'un groupement mécanique. Il fait l'objet de l'éloge de ses chefs

Il rejoint le 18e régiment de dragons le 1er septembre 1934 à Reims, là où se prépare l'avenir de la cavalerie française car on y forme la 1re division légère mécanique. Il y multiplie les conférences interarmes et captive son auditoire.

Le 5 octobre 1936, le commandant Touzet du Vigier est affecté, sous les ordres du général Daille, au Centre d'études tactiques interarmes de Versailles. Dans ce laboratoire, où il est à la tête de la section cavalerie, se multiplient les expériences de matériels, de tactique de cavalerie, tendant à montrer sur chaque manœuvre au Camp de Mourmelon ou au Camp du Valdahon, que l'avenir de la cavalerie réside dans les blindés. Les travaux du commandant Touzet du Vigier prennent de l'ampleur. Il participe au niveau le plus élevé, en collaboration avec les Centres d'études militaires et le Conseil Supérieur de la Guerre, à l'élaboration de la doctrine d'emploi de l'Armée française, toutes armes confondues, et en particulier des règlements d'emploi des grandes Unités.

Jean Touzet du Vigier est promu lieutenant-colonel le 25 décembre 1938. Il aura passé les deux dernières années de l'entre-deux-guerres à lutter de vitesse, face à la préparation frénétique de l'Armée allemande.

 

 

Seconde Guerre mondiale (3 septembre 1939-9 mai 1945)

La Seconde Guerre mondiale se déroule depuis le 3 septembre 1939, date de la déclaration de Guerre à l'Allemagne par la France et la Grande-Bretagne, jusqu'au 9 mai 1945, date de la capitulation allemande à Berlin.

Le 3 septembre 1939, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier, qui se trouvait en permission avec sa famille dans son pays natal, la Savoie, rallie aussitôt son poste de mobilisation, l'État-Major du Corps de Cavalerie, à Saint-Quentin, dans le département de l'Aisne. Il est nommé chef du 3e Bureau, chargé de la planification et de la conduite des opérations, sous les ordres du général Prioux, commandant le Corps de Cavalerie. Cette Unité était loin d'être au complet : elle devait être composée de trois Divisions Légères Mécaniques (1re, 2e et 3e D.L.M), mais la troisième D.L.M n'était pas encore constituée et manquait de chars de combats. Jean Touzet du Vigier reçoit la mission de se rendre à Fontevrault pour accélérer la formation de ce corps de Blindés et, après deux mois d'activité intense, obtient le résultat escompté: la 3e Division Légère Mécanique est en ordre de marche.

Dans le cadre de la 5e Brigade Légère Mécanique (Cette 5e B.L.M. est un des éléments de la 3e D.L.M), aux ordre du général de La Font, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier prend le commandement de l'un de ses régiments de combat, le 2e Régiment de Cuirassiers, le 1er janvier 1940 et rallie le camp d'entrainement de Sissonne, dans l'Aisne, le 28 février 1940, à la tête de quatre-vingt-sept chars en état de combattre, prêt à toutes les missions de guerre.

 

Le lieutenant-colonel Touzet du Vigier conduit le 2e régiment de cuirassiers, le 14 avril 1940 vers la frontière de Belgique, afin de participer au combat dans le cadre du Plan Dyle-Breda concocté par l'État-Major du général Gamelin. Son régiment compte trente-sept officiers, cent vingt sous-officiers et sept-cent-deux Hommes de Troupe. Il dispose de quatre-vingt-sept chars de combat (45 chars Somua S35 et 42 Hotchkiss H39), d'une centaine de véhicules divers et de cent quarante motos ou side-cars.

Le 10 mai 1940, l'alerte est déclenchée : L'Armée française doit faire face à l'invasion foudroyante des forces allemandes, supérieures en nombre de combattants et en matériel. Elles sont notamment composées des Panzerdivisions du général Guderian et des puissantes forces aériennes allemandes du feldmarshall Goering. Nos Unités subissent les bombardements des redoutables chasseurs Stukas et des bombardiers Junkers. Le 2° régiment de cuirassiers est confronté au Panzer-Korps allemand du generaloberst Erich Hoepner. Quelques chars moyens du type Panzerkampfwagen IV accompagnent la masse des divisions blindées allemandes. Ils sont munis de canons de soixante-quinze mm, alors que les chars moyens français Somua ne comportaient que des canons de 47 mm.

Lors de la Bataille de Hannut, l'arrivée massive des chars allemands est précédée par une préparation puissante d'artillerie et d'avions Stukas d'appui au sol en piqué. Les escadrons du 2e cuirassiers parviennent à retarder les attaquants pendant quatre jours pour permettre au 4e Corps d'Armée de s'installer défensivement sur la ligne Wavre-Gembloux-Namur. Mais cela ne fut obtenu qu'au prix de pertes très importantes et grâce à l'héroïsme des équipages. Dès le soir du 15 mai, le régiment avait perdu de nombreux combattants et la moitié de ses chars, après avoir détruit ou mis hors de combat autant de chars allemands. Le Haut-Commandement Français ordonne le 24 mai, de faire rallier le 2e Cuirassiers à Boeschepe.

Le 26 mai 1940, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier reçoit l'ordre de prendre le commandement de la 5e B.L.M et de faire rapatrier en France les éléments encore susceptibles de combattre en position de défense. Sous les bombardements, deux détachements sont embarqués sur le Douaisien et sur le Cérons depuis Malo-les-Bains, en direction des côtes françaises. Après bien des vicissitudes, ils parviennent à débarquer à Cherbourg, après avoir transité par Douvres en Angleterre24, afin de continuer le combat en France.

Au 2e Cuirassiers, douze officiers et cent soixante sous-officiers et Hommes de Troupe, ont été tués ou portés disparus. Les sept chars Somua et les huit chars Hotchkiss, rescapés de la Bataille de Belgique, ont combattu jusqu'au bout, avant d'être sabordés pour ne pas être récupérés par l'ennemi.

 

Le 9 juin 1940, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier prend le commandement de quelques éléments susceptibles de participer aux combats pour la Défense de la Loire. Il les fait transporter par chemin de fer jusqu'à Saumur où est réorganisée la 5e B.L.M. qu'il va associer dans un groupement de défense composé d'unités hétéroclites, munies de faibles moyens. Il prend contact d'abord le 13 juin avec le général Pichon, commandant adjoint de Région, qui va scinder la défense de la Loire en quatre groupements dont il assumera le commandement en chef.

Dans le premier Groupement, le colonel Charles Michon, commandant l'École de cavalerie de Saumur entend faire participer directement les élèves officiers à la défense de la Loire sous son commandement, assisté par son adjoint, le chef d'escadrons Pierre Lemoyne. Les élèves officiers seront placés en défense de Saumur, dans une mission de sacrifice. Ils seront victimes de nombreuses pertes. Connus historiquement sous le nom de Cadets de Saumur, ils seront cités pour leur héroïsme, face aux troupes allemandes.

Dans le deuxième Groupement, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier reçoit l'ordre de défendre la Loire sur une quarantaine de kilomètres, entre Candes et Tours, mais son groupement n'a pas les moyens de se battre. Il se rend au camp du Ruchard pour récupérer -d' autorité!- des armes, des munitions et des véhicules, malgré l'opposition administrative du 4e Bureau de l'État-Major de région qui entendait les conserver en réserve.

Les moyens mis en œuvre pour la défense de la Loire sous son commandement sont les suivants: * 1er Cuirassiers à trois escadrons de trois pelotons portés. * 2e Cuirassiers à trois patrouilles sur voitures légères et sur motos. * 11e Dragons à un demi-Escadron porté. * Section d'EOR de l'École d'Infanterie de Saint-Maixent. * Section d'EOR de l'École d'Artillerie de Poitiers, avec deux pièces de soixante-quinze mm. * Un détachement du 3e Groupe franc motorisé de la valeur d'un Escadron Porté. * Deux Groupes de Tirailleurs de la valeur chacun d'une forte Compagnie. * Un groupe d'autos-mitrailleuses White... Les restes du détachement de la 3e DLM avaient été dirigés sur la région de Montauban.

Le Groupement de défense va tenir quarante kilomètres de Loire, entre Candes et Tours. Le lieutenant-colonel Touzet du Vigier dispose le 2e Cuirassiers à l'est, les Tirailleurs, dans l'île de La Savonnière, le Ier Cuirassiers devant Langeais. Il place un Escadron à l'ouest, les E.O.R de Saint-Maixent devant Port-Boulet et il garde quelques éléments en réserve dans la région d'Azay-le-Rideau.

Le 18 juin au soir, les ponts sautent devant les premiers éléments ennemis, sauf à Port-Boulet où les services du Génie étaient absents. Les EOR de Saint-Maixant et ceux de Poitiers se battent avec héroïsme, comme l'ensemble de la formation aux ordre de Jean Touzet du Vigier. Sur l'ordre du Haut État-Major, le Groupement de la Loire se replie dans la nuit du 21 juin, à la faveur d'un violent orage qui interdit l'intervention de l'aviation ennemie, et passe aux ordres du général Bougrain.

Pour sa part, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier, à la tête des quelques éléments encore combatifs de la 5e B.L.M., est placé en protection sur le flanc de l'Armée de Paris commandée par le général Héring, au cours des derniers soubresauts de la Bataille de France, dans son mouvement de repli stratégique. C'est à Saint-Sulpice-d'Excideuil que parvient le 26 juin 1940, l'avis officiel de Cessez le Feu ordonné par le Traité d'Armistice ratifié par les représentants du maréchal Pétain dans la forêt de Compiègne. Le Groupement Touzet du Vigier est dissous, cependant que les restes de la 3e et de la 5e B.L.M sont stationnés dans la région de Riberac.

Ainsi se terminent ces six semaines de combats, depuis la Bataille de Belgique jusqu'à la Défense de la Loire, qui aboutirent à une des plus cuisantes défaites de l'Histoire de France. Mais les héros qui se sont sacrifiés sur la rive sud de la Loire ont sauvé l'honneur de la Patrie.

 

 

En quittant le 15 juillet 1940 sa chère 5e B.L.M. en cours de dissolution, Jean Touzet du Vigier n'a qu'une idée en tête: préparer la revanche dans le cadre de l'Armée d'Armistice. À la fin du mois de septembre 1940, il est nommé chef du 3e Bureau de l'État-Major de l'Armée. Promu au grade de colonel, le 25 décembre 1940,, il constitue un bureau d'études comprenant un cercle fermé d'officiers d'état-major , chargés d'élaborer des plans d'action prévisionnels en vue d'une future guerre de libération: ils sont voués au secret . Il va aussi s'attacher, en relation avec René Carmille, à mettre au point un fichier qui devait clandestinement permettre de recruter des volontaires pour les unités constituées en groupes d'auto-défense (GAD), chargés de surveiller les mouvements des troupes allemandes en zone occupée . Il participe, en outre, aux opérations de camouflage de matériel militaire, en liaison avec les Services Secrets de l'Armée d'Armistice. Ultérieurement, l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) et les Forces françaises de l'intérieur, utiliseront une partie de ce matériel pour combattre les troupes allemandes d'occupation.

Les activités de résistance du colonel du Vigier n'échappent pas à la vigilance des observateurs à la solde de l'occupant: « L'Allemand demande la tête du colonel Baril, comme il exigera bientôt celle du colonel du Vigier, dont on entendra reparler... ».

Le général Juin, commandant la place d'Alger réclame sa présence en Algérie, afin de prendre la tête d'une nouvelle B.L.M. qui, à sa mise sur pied, devait recevoir des chars et des véhicules blindés soustraits à l'attention des Commissions d'Armistice. Au début de 1942, le colonel Touzet du Vigier quitte Marseille pour Oran sur le paquebot Gouverneur Général Tirman.

 

 

Le colonel Touzet du Vigier prend le commandement de la Subdivision de Mascara au début de l'année 1942. Il prépare la formation d'une unité de combat en prélevant des engins blindés usagés à la barbe de la commission de contrôle germano-italienne et il procède à l'instruction des nouvelle recrues.

Il se tient éloigné de la zone de débarquement américain du 8 novembre et limite autant qu'il le peut une confrontation avec les forces américaines, bien que ses troupes aient à subir des bombardements et des attaques de chars qui font quelques victimes. Obligée de riposter, sur ordre du Haut Commandement, la Ire B.L.M en cours de formation parvient à détruire une dizaine d'avions au sol-sans pertes en vies humaines- sur le terrain de Tafaraoui. Ces actions seront ultérieurement déplorées de part et d'autre, mais sans conséquence grave, compte tenu des circonstances exceptionnelles de ce baroud historique qui ne durera que deux jours.

Les Français ont spontanément fraternisé avec leurs alliés américains. Jean Touzet du Vigier sera même décoré de la Croix du mérite américain (Legion of Merit) en 1943.

Après le débarquement allié du 8 novembre 1942, les opérations vont s'accélérer. Le général Juin, Commandant en Chef des Forces Terrestres en A.F.N. ordonne la constitution de la Brigade Légère Mécanique qu'il va confier au colonel Touzet du Vigier. Les directives du Haut État-Major d'Alger précisent que son premier emploi est d'assurer le renforcement des forces alliées en Tunisie.

À Mascara, le colonel Touzet du Vigier rassemble les blindés et les autos-mitrailleuses qu'il a récupérés sur les vieux stocks de l'Armée et forme les escadrons qui constituent la 1re B.L.M française d'Algérie. Cette Unité, bien que disposant de matériel vétuste, tire sa force de la valeur de ses cadres et de l'endurance de la troupe. Cette 1re B.L.M. est placée sous son commandement. L'ensemble des forces françaises qui participent aux côtés des alliés à la Campagne de Tunisie est placé le 25 novembre 1942 sous le commandement du général Juin et de son adjoint, le général Koeltz, commandant le 19e corps d'armée.

Les combats de la 1re B.L.M. venue en Tunisie en appui des Unités alliées sont décisifs et le colonel Touzet du Vigier, dont le PC est basé à Pichon, (aujourd'hui Haffouz), renoue avec son expérience acquise lors de la campagne de Belgique, face aux Forces allemandes. L'activité inlassable du chef de la 1re B.L.M, est renforcée puissamment par son chef d'état-major, le commandant Lehr.

Jean Touzet du Vigier est promu au grade de général de brigade le 25 décembre 1942. Il reçoit l'ordre du Haut Commandement de se rendre en Algérie pour fonder la future 1re division blindée (1re DB) dont il assumera le commandement. Mais il quitte la Tunisie avec un sentiment attristé: car, au cours des violents combats de Pichon, de Fondouk el Okbi, du Kef el Ahmar, la 1re B.L.M. a perdu vingt-trois officiers et huit-cent-dix Sous-Officiers et Hommes de Troupe sur un effectif total de quatre-vingt-dix officiers et cinq mille Sous-Officiers et Hommes de Troupe.

Pour mettre sur pied l'Armée française de la libération, l'Armée américaine met à la disposition du Haut Commandement Français des chars et véhicules blindés américains, conformément aux Accords d'Anfa. Le général Juin confie au général Touzet du Vigier la responsabilité de la rédaction des notes d'orientation de ce nouvel armement. Les principes de liaison efficace entre les Armes (Infanterie, Cavalerie, Artillerie , Aviation, Génie, Train) sont élaborés à cette occasion. Le général Giraud exprime sa satisfaction en ces termes : ...« Je vous félicite pour l'œuvre importante ainsi réalisée et qui n'a pu l'être que grâce à votre remarquable compétence et à l'esprit d'équipe que vous avez su insuffler à vos collaborateurs, et je vous en exprime ma vive satisfaction ».

Après avoir formé la 1re division blindée, le général Touzet du Vigier est convoqué à Naples pour y recevoir du Commandement Allié les instructions pour le Débarquement de Provence. Et le 15 août 1944 au matin, le commandant de la Ire DB et son État-Major partis d'Oran sont en vue de la Côte de Provence.

 

 

Le général Touzet du Vigier donne pour insigne la Croix de Saint-Louis à sa 1re DB et la conduit dans la Libération de la France au sein de la 1re armée française du Général Jean de Lattre de Tassigny.

Le , les trois divisions d'infanterie américaine, (3°-45°-36° DI), sous la protection de la 1re DB, participent au Débarquement de Provence, dans la zone de Cavalaire. La 1re DB remonte ensuite la vallée du Rhône et livre de durs combats.

Toujours avec un esprit cavalier, fait de rapidité et d'audace, la 1re D.B libère Mulhouse le 20 novembre 1944. Au cours de l'attaque décisive de Mulhouse par le Combat Command No 3 (C.C.3) du Colonel Jean-Charles Caldairou, à la tête de ses chars Sherman.Le lieutenant Carrelet de Loisy qui, à la pointe du combat, venait de détruire à Oberdorf de nombreux chars allemands et fait quelque trois-cents prisonniers, est mortellement atteint par l'ennemi

Tournant les forces allemandes, les unités de la Ire D.B. longent la frontière suisse, par Pfetterhouse et Kembs. C'est ainsi que la 1re Division Blindée est la première unité alliée à atteindre le Rhin.

Le général Touzet du Vigier est promu au grade de général de division le 25 août 1944. Il est nommé Gouverneur militaire de Strasbourg le 8 janvier 1945 et il transmet le poste de commandement de sa chère 1re D.B. à son adjoint, le général Sudre.

1200px-Du_vigier_gveur_de_strasbourg.jpg

 

Le 8 janvier 1945, le général Touzet du Vigier est nommé commandant de la 10e région militaire et gouverneur de Strasbourg dans un moment critique : la ville risque de retomber aux mains des Allemands. La 7e armée américaine ne pouvant tenir tout le nord de l'Alsace, pendant que la 3e armée de George Patton contre-attaque à Bastogne, le Haut-Commandement Allié décide de reculer face à l'offensive allemande dans le Bas-Rhin.

Le général Touzet du Vigier vient rendre compte de cette situation à Paris auprès du général de Gaulle et sollicite un renfort immédiat pour sauver la capitale alsacienne de l'invasion ennemie. Le général de Gaulle déclare : « L'Alsace est une terre sacrée, l'abandonner serait pour la France un désastre national, car l'Alsace lui est sacrée ». Il intervient auprès du Général Eisenhower, de Winston Churchill, sans pouvoir obtenir le moindre renfort. C'est finalement sur l'ordre du général de Lattre de Tassigny, commandant la 1re Armée Française, que le Général de Monsabert, commandant le 2e Corps d'Armée, va intervenir : il se porte au secours de Strasbourg en détachant deux divisions de combat qui vont rejoindre la Brigade Alsace-Lorraine du colonel Berger (André Malraux). Cette brigade, déjà en place depuis le 2 janvier 1945, va prendre part au combat sous les ordres du lieutenant-colonel, (futur général), Jacquot.

Le général Touzet du Vigier est désigné comme adjoint du général de Montsabert. En tant que gouverneur militaire de Strasbourg, il coordonne les interventions des Généraux Garbay, commandant la 1re division française libre (1re D.F.L) et Guillaume, commandant la 3e division d'infanterie algérienne (3e D.I.A) qui vont engager un combat victorieux contre l'envahisseur allemand.

Ces généraux français, sortis chacun de l'École militaire de Saint-Cyr, anciens camarades de combat, ont bien assumé la Défense de Strasbourg, face aux attaques des armées allemandes, et notamment des Unités SS, qui ont tout tenté pour reprendre cette ville symbole, dans le cadre de l'Opération Nordwind mise au point par Adolf Hitler.

Les historiens militaires rendent hommage aux combattants de la 1re Armée française et à ses Unités des Forces Françaises Libres (1re D.F.L.) et de l'Armée d'Afrique (3e D.I.A.), qui ont défendu Strasbourg avec héroïsme, et en particulier lors des combats d'Obenheim.

 

z.jpg

Le général de Lattre de Tassigny, commandant la Ire armée française, fait appel au général Touzet du Vigier pour participer à la réduction de la poche de Colmar et à sa Libération, dans une action qui va se dérouler du 22 au 29 janvier 1945.

Voici le texte de la citation à l'ordre de l'Armée qui lui est décernée :

« Officier général de la plus haute valeur. Appelé à assurer pendant la période du 22 au 29 janvier 1945, au moment de l'offensive sur le flanc nord de la poche de Colmar, la coordination de deux divisions françaises, dont une blindée, et d'une division américaine, a fait preuve, au moment le plus difficile de l'attaque, d'une remarquable activité et d'un sens avisé de la manœuvre. Par son action personnelle auprès des généraux commandant les Grandes Unités, autant par son ascendant sur les exécutants, et sa présence sur la ligne de feu, a été un des meilleurs artisans de la rupture du front ennemi, prélude de l'exploitation en direction du Rhin ».

index.jpg

 

Le général Touzet du Vigier fait face à tous les problèmes qui se présentent à Strasbourg et dans la Xe Région militaire dont il assume le commandement. Il s'agit de réduire les poches de résistance allemandes et collaborationnistes qui subsistent encore après la Libération, de détecter les champs de mines et de les éradiquer, d'assurer le contrôle du ravitaillement, et d'accueillir les ouvriers du S.T.O, ainsi que les déportés de retour des Camps de concentration ou des militaires de retour des camps de prisonniers de guerre.

Mais, de tous les problèmes qui se sont posés à l'Alsace, l'un des plus poignants fut celui du retour des Malgré nous, c'est-à-dire des jeunes Alsaciens incorporés de force dans l'armée allemande. Pour traiter ce problème dramatique, le général Touzet du Vigier fait preuve d'intelligence et de cœur, et il a le caractère de proposer des solutions humaines acceptables dont les Alsaciens lui sont reconnaissants.

Un décret paraît le 29 novembre 1945, signé du général de Gaulle, nommant le général Touzet du Vigier chef de l'État-Major de l'Armée de Terre à Paris.

 

 

Général de corps d'armée le 25 juin 1945, Jean Touzet du Vigier est nommé chef d'état-major de l'armée le 29 novembre 1945 avec la lourde tâche d'impulser la réorganisation de l'armée française.

Il est nommé adjoint du général de Lattre de Tassigny, alors chef d'état-major général et Inspecteur de l'armée de terre le 12 février 1946. Membre de la Commission de réforme de l'Armée de terre puis vice-président de cette commission, il prend sa retraite le 10 octobre 1947.

 

 

Il intègre le conseil d'administration de la Saint-Cyrienne en 1948, à l'appel de son président, le général Henri Colin, et préside cette association des officiers français issus de l'Ecole de Saint-Cyr en 1960-61. Il préside aussi d'autres amicales: 1re DB, Rhin et Danube, Union de la cavalerie, de l'arme blindée et des chars, Union des amicales régimentaires.

 

En 1951, il devient le directeur général d’un lobby colonial, le Comité central de la France d’outre-mer ( CCFOM ), héritier de l’Union coloniale française et lié aux milieux d’affaires coloniaux, mais en nette perte de vitesse.

 

Jean Touzet du Vigier, né en 1888, s'est éteint au Val de Grâce à Paris, le 15 août 1980.

 

Décorations

291.jpg

  • Croix du Mérite Américain (1943)

 

Legionnaire_of_the_Legion_of_Merit.jpg

 

 

 

( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Touzet_du_Vigier  )

 

s-l300.jpg

 

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites