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Bouchon-Gras 49

Les grands personnages de l'armée de terre.

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J'ouvre ce sujet en ces jours de commémoration du débarquement de Provence et de la libération de Toulon et Marseille, par le général Joseph de MONSABERT.

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Joseph de Goislard de Monsabert (né le à Libourne - mort le à Dax)

Né au sein d'une famille de militaire, Joseph de Goislard de Monsabert, après des études au lycée Saint-François-Xavier de Vannes, est admis à Saint-Cyr en 1907. Il fait ses classes au 50e Régiment d'Infanterie de Périgueux, puis rejoint, en 1908, l'École spéciale militaire. Il appartient à la promotion du Maroc (92e promotion 1907-1910). Volontaire pour l'Armée d'Afrique, il doit cependant quitter le Maroc et le 3e Tirailleurs pour s'illustrer pendant la Grande Guerre au 1er régiment mixte de zouaves et tirailleurs puis au 9e régiment de marche de zouaves.

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Quand, après son stage à l'École supérieure de guerre, il doit quitter la troupe, c'est le plus souvent en Afrique du Nord qu'il demande à servir dans les garnisons de Tadla, Taza, Blida.

Commandant la 5e brigade de l'infanterie d'Afrique et commandant de la subdivision de Milinia, il est directement confronté aux évènements de 1942.

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Il prend alors fait et cause pour le débarquement américain en Algérie, en tentant de neutraliser les troupes hésitantes. Il se voit confier le commandement de la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA), avec mission de la mettre sur pied et de l'entraîner. Homme de contact, il acquiert auprès de ses cadres et de ses hommes, français ou musulmans, prestige et confiance, et donne ainsi à la division une âme qui se manifesta avec éclat dès les premiers combats. Il a joué un rôle important dans la création des Corps francs d'Afrique dont il prendra le commandement le 25 novembre 1942.

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Sa première tâche est de refouler les Allemands débarqués à Bizerte en Tunisie. Après six mois de combat, la division entre à Tunis au milieu des acclamations de la population. Puis c'est la campagne d'Italie

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de novembre 1943 à juillet 1944 pendant laquelle la 3e D.I.A. joue un rôle éminent au sein du corps expéditionnaire français en enlevant notamment la crête du Belvédère. Pendant dix jours, la division Monsabert retient, sur un front de 8 km, 27 bataillons allemands sur les 44 opposés à la 5e Armée américaine qui combat sur 70 km de front.

Devant Sienne, que la 3e D.I.A. s'apprête à libérer le 3 juillet, Monsabert répond à un officier qui lui demande d'approuver un plan de préparation d'artillerie « Si vous tirez en deçà du 18e siècle, je vous fais fusiller ! »

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Il prend part ensuite au débarquement de Provence, à la reconquête de Toulon, de Marseille

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et à la défense de Strasbourg, manifestant ses qualités exceptionnelles de meneur d'hommes. Nommé au commandement du 2e corps d'armée, il franchit le Rhin et s'empare de Stuttgart. Il est le premier commandant supérieur des troupes françaises d’occupation en Allemagne, entre juillet 1945 et septembre 1946.

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Le 30 septembre 1946, le général d'armée de Goislard de Monsabert prend sa retraite, mais son activité demeure grande comme en témoigne son élection comme député gaulliste du Rassemblement du peuple français pour les Basses-Pyrénées de 1951 à 1955, et sa place au sein de l'amicale des anciens de la 3eD.I.A. Au sein du RPF, il dirige la commission de la Défense nationale du Conseil national du parti et, à l'Assemblée, est membre de la commission de la Défense.

Il meurt le

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Il repose à Bordeaux.

 

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Décorations françaises

Décorations étrangères

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( Source : Wikipédia )

 

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Autre grand général nommé maréchal aux dernières minutes de sa vie, Jean de LATTRE de TASSIGNY.

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Jean de Lattre de Tassigny, né le à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le à Neuilly-sur-Seine .

Jean fréquente le collège Saint-Joseph de Poitiers et poursuit ses études à Paris3 De 1898 à 1904, il prépare (au lycée privé Sainte-Geneviève) l'École navale et Saint-Cyr, où il est reçu en 1908 quatrième sur deux cent dix. Il effectue ses classes au 29e dragons à Provins. Il est élève de Saint-Cyr de 1909 à 1911, dans la promotion « Mauritanie » dont il sort deux cent unième de promotion. Il entre en 1911 à l'École de cavalerie de Saumur.

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En 1912, il est sous-lieutenant, affecté au 12e dragons à Pont-à-Mousson puis sur le front. Il est blessé une première fois le par un éclat d'obus au cours d'une reconnaissance. Le , il est blessé d'un coup de lance d'un uhlan bavarois en chargeant à la tête de son peloton de dragons, puis rapatrié à Montauville. Affaibli par sa blessure, obligé de se cacher dans une cave à Pont-à-Mousson occupée par les Allemands, il est sauvé de la capture par un officier du 5e régiment de hussards en mission de reconnaissance, le sous-lieutenant Schmeltz.

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Maison natale à Mouilleron en Pareds - Vendée

 

Jeune lieutenant d'infanterie, il rend visite à Georges Clemenceau (1841-1929) également né à Mouilleron-en-Pareds, qui le voyant s'éloigner, dit à son fidèle Albert Boulin : « Regardez-le bien, celui-là, et souvenez-vous de lui. Il ira loin, très loin. »

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En 1915, il est capitaine au 93e régiment d'infanterie, se bat à Verdun pendant seize mois au Chemin des Dames et termine la guerre avec cinq blessures, huit citations, la Légion d'honneur (le ) et la Military Cross. Il est affecté au 2e bureau, à l'état-major de la 21e division.

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En 1919, il est affecté à la section franco-américaine à Bordeaux, puis au 49e régiment d'infanterie à Bayonne. De 1921 à 1926, il est envoyé au Maroc, où, de 1922 à 1923, il participe à des opérations en Haute Moulouya et à Taza, puis durant la guerre du Rif consécutive à la révolte d'Abdelkrim (1925-1926), devient chef d'état-major de la région de Taza. Il est de nouveau blessé en opération, reçoit trois citations et est nommé chef de bataillon.

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De 1927 à 1929, il suit les cours de l'École de guerre, où il est chef de promotion (49e promotion). Il se marie avec Simonne Calary de Lamazière en 1927, et ils ont un fils, Bernard, en 1928. En 1929, de Lattre est affecté au 5e régiment d'infanterie à Coulommiers.

Le , Jean de Lattre, ami du « Tigre » et son épouse, sont — en qualité de résidents de Mouilleron-en-Pareds — parmi les rares Vendéens catholiques à assister aux obsèques civiles de Georges Clemenceau au « Colombier » de Mouchamps (Vendée).

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Avec son fils Jean.

 

En 1931, il est au 4e bureau, à l'État-Major de l'Armée, et, au grade de lieutenant-colonel, il est nommé, en 1932, à l'État-Major, auprès du général Maxime Weygand — vice-président du Conseil supérieur de la guerre. À ce poste, il suit particulièrement la politique étrangère, dont les relations avec l'URSS et, en politique intérieure, les problèmes de budgets militaires. En , il fait partie, avec Adrien Marquet, Philippe Henriot, Georges Scapini et Xavier Vallat, d'un groupe qui complote contre la République ; à cette occasion, le maréchal Pétain, alors ministre de la Guerre, exprime, sans succès, le souhait que Weygand le « démissionne ». Au départ de Weygand, atteint par la limite d'âge, de Lattre est maintenu à l'état-major du Conseil supérieur de la guerre auprès du général Georges. En 1935, promu colonel, il commande le 151e régiment d'infanterie à Metz. Entre 1937 et 1938, il suit des cours au Centre des hautes études militaires et devient, en 1938, chef d'état-major du gouverneur militaire de Strasbourg , le général Héring.

Promu général de brigade, le — alors le plus jeune général de France —, il est chef d'état-major de la 5e armée, le . Le , il prend le commandement de la 14e division d'Infanterie, qu'il dirige pendant les affrontements avec la Wehrmacht à Rethel, où sa division résiste pendant un mois, repoussant par trois fois les Allemands devant l'Aisne, faisant 2 000 prisonniers, continue à se battre jusqu’à la Champagne, à Mourmelon, puis se replie en menant des combats de retardement, sur la Marne, l'Yonne, la Loire et Nevers. La division conserve sa cohésion militaire au milieu du chaos de la débâcle.

Après l'armistice, il reste dans l'Armée de Vichy et, de à , il est adjoint au général commandant la 13e division militaire à Clermont-Ferrand et commandant militaire du Puy-de-Dôme. Le découragement des troupes est alors profond, il s'emploie à restaurer la confiance des soldats, par la discipline. À cette époque, il pense que le régime du maréchal Pétain défend l'intérêt national et se soumet à ses directives. S'intéressant à la jeunesse, il organise, en dehors des Chantiers de jeunesse, ses propres chantiers et une école de cadres militaires dans le village et le château d'Opme (près de Clermont-Ferrand) — qu'il fait reconstruire par des étudiants alsaciens réfugiés et des soldats —, avec pour but de « produire des chefs » pour une armée apte au travail d'équipe et d'étendre cette expérience à toute l'Armée d'armistice. Promu général de division il est commandant en chef des troupes de Tunisie, où il crée une autre école de cadres, à Salammbô (quartier de Tunis). Il n'y reste que quatre mois, de fin au , rappelé alors en métropole, à la demande des Allemands, pour avoir refusé de ravitailler l'Afrika Korps. À la mort du secrétaire d'État à la Guerre dans le Gouvernement Darlan, le général Huntziger, en , de Lattre tente, sans succès, d'obtenir ce poste. Par la suite, en 1942, il commande la 16e division militaire à Montpellier, est promu général de corps d'armée et crée de nouveau une école de cadres, à Carnon. Il conserve son poste dans l'armée d'armistice, malgré l'hostilité manifestée par les Allemands à son égard et le SOL de Montpellier qui le signale comme « sympathisant gaulliste ». Contrairement à nombre de militaires de l'Armée de Vichy, de Lattre n'a jamais été décoré de la francisque et en particulier parmi les huit généraux commandants de division militaire, il est le seul à ne l'avoir pas été.

Le , le général Giraud, qui vient de s'évader de la forteresse de Königstein et qui commence à prendre des contacts pour ses projets d'avenir, rencontre de Lattre à Montpellier mais il le trouve « prudent et évasif ». En , contacté par Jean Moulin pour prendre la tête de l'Armée secrète, de Lattre refuse.

Lorsqu'en septembre-, les Alliés préparent l'établissement d'un deuxième front en Afrique du Nord, alors qu'ils sont désireux de s'entendre avec Vichy qui contrôle la région afin que les Français n'opposent pas de résistance, cherchant donc un chef avec qui traiter pour mettre sur pied les opérations, Weygand ayant refusé, le nom du général de Lattre est évoqué, parmi d'autres (militaires ou politiques) ; il n'est toutefois pas retenu.

Suite au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le , la zone libre est envahie par les troupes allemandes. Seul général en activité à le faire, il refuse l'ordre de ne pas combattre donné par le gouvernement de Vichy, en la personne du ministre Bridoux, commande à ses troupes de s'opposer aux Allemands, et est arrêté par les gendarmes. Il est interné à la prison militaire de Toulouse, puis à la prison Montluc à Lyon, il est condamné à dix ans de prison, par les juges français du tribunal d'État de la section de Lyon (juridiction d'exception, siégeant à huis clos, constituée d'un magistrat et de quatre jurés désignés par le gouvernement : deux officiers généraux, un préfet honoraire et le chef des SOL, Joseph Darnand), le , mais conserve son grade. Il a même été envisagé de le radier de l'ordre national de la Légion d'honneur

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Parvenant à s'évader de la maison d'arrêt de Riom dans la nuit du 2 au , avec le concours de sa femme, de son fils, de Louis Roetsch et l'aide de la Résistance, et après être resté caché un mois en Auvergne, à Compains, il fuit, via le Port d'Arciat et le terrain d’atterrissage clandestin « Aigle » à Manziat (Ain), au nord de Mâcon, le , pour rejoindre Londres, puis Alger où il arrive le , après avoir été promu au rang de général d'armée, le , par le général de Gaulle. Il rend ensuite visite au général Giraud, qui fut son supérieur à Metz, lequel lui réserve « un très cordial accueil » et l'assure de son soutien.

En , il commande l'armée B — qui deviendra la 1re armée française le —, constituée par l'amalgame, réalisé le , d'éléments des Forces françaises libres et de l'armée d'Afrique et de volontaires. Fidèle à ses principes, il met sur pied un centre d'entraînement de cadres, à Douera (près d'Alger). Cette armée libère l'île d'Elbe les 17 et .

Comme commandant de l'armée B, il participe aux préparatifs de l'opération Anvil-Dragoon avec les Alliés qui, liée à l'opération Overlord, fait partie des offensives à l'ouest visant à refouler les Allemands jusqu'au Rhin. Les forces prévues pour cette opération, placée sous le commandement du général Patch, sont constituées en grande partie des sept divisions de l'armée de Lattre (256 000 hommes) et de trois divisions américaines, des forces spéciales et aéroportées de la 7e armée.

Avec les Américains du 6e corps de la 7e armée, de Lattre et ses commandants de corps d'armée, les généraux Béthouart et de Larminat (remplacé par la suite par de Monsabert), débarquent en Provence, à partir du , prennent, avec la participation d'éléments des Forces françaises de l'intérieur (FFI), Toulon le et Marseille le , avec presque un mois d'avance sur les prévisions. La prise de ces deux ports, par l'augmentation des capacités d'accueil en hommes et matériel qu'elle constitue par rapport au front de Normandie, apporte un avantage décisif pour la suite des opérations sur le front de l'Ouest.

Les armées remontent ensuite la vallée du Rhône en libérant, Saint-Étienne (le ), Lyon (le ), Mâcon, Chalon-sur-Saône, Beaune et Autun ().

En incorporant à son armée nombre d'éléments issus des FFI, de Lattre parvient à augmenter notablement ses effectifs (de 137 000 hommes) ; dès lors son armée compte près de 400 000 hommes. À partir de , l'Armée de la Libération est un « heureux amalgame de l'armée d'armistice, de la France libre et des Forces françaises de l'intérieur […] ». Cet amalgame, dans la droite ligne de la formation de l'armée B est poursuivi dans la 1re armée avec les forces issues de la Résistance et s'avère être un succès.

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Après avoir effectué sa jonction avec la 2e division blindée venant de Normandie, à Montbard, Aisey-sur-Seine et Nod-sur-Seine, près de Dijon, le , la 1re armée participe, début octobre, à la bataille des Vosges, prend Montbéliard et Héricourt le , puis Gérardmer et atteint le Rhin le , avant toutes les autres armées alliées. Elle libère ensuite Mulhouse () et Belfort ().

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La contre-attaque allemande sur les Ardennes (-), qui stoppe momentanément l'avance des Alliés et les fait reculer, oblige Eisenhower à déplacer des troupes pour tenir le front et à envisager l'éventualité d'une retraite sur les Vosges en abandonnant l'Alsace et Strasbourg. Pour de Gaulle, qui considère que ce serait « un désastre national irréparable », il n'est pas question de laisser les Allemands reprendre l'Alsace et surtout Strasbourg, ville symbole, qui a été libérée par la 2e DB du général Leclerc, le . Sur le terrain, de Lattre et son supérieur américain, le général Devers, commandant du 6e groupe d'armées dont dépend la 1re armée française depuis , sont aussi d'accord pour ne se retirer de la région qu'en cas d'extrême nécessité. Pendant que de Gaulle finit de convaincre Eisenhower, le , dans une réunion à haut niveau à laquelle assiste Churchill, et malgré un ordre de repli — dont il n'a connaissance que le  — dû à une nouvelle attaque allemande, le , sur Sarreguemines, sur Bitche et depuis Colmar, de Lattre donne l'ordre de défendre Strasbourg, anticipant l'ordre de De Gaulle « avec une convergence parfaite » et l'accord d'Eisenhower, de 24 heures. La 1re armée parvient à se maintenir dans la ville et ses alentours, en dépit de lourdes pertes.

À sa demande de renforts, le général Devers décide, le , de placer les quatre divisions du 21e corps d'armée américain du général Milburn sous les ordres du général de Lattre faisant de lui le seul général français de la Seconde Guerre mondiale à commander des grandes unités américaines. L'armée de Lattre, participe, à partir du , à la réduction de la poche de Colmar. La ville est libérée le .

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Le , le général de Lattre décide la création d'une nouvelle école de cadres, à Rouffach, afin d'assurer la formation de FFI recrutés durant la campagne. Cette école, implantée à Strasbourg en 1946, deviendra l'École militaire de Strasbourg.

Les victoires du général de Lattre déclenchent alors un vent de panique à Sigmaringen où les exilés de Vichy, dont Laval, commencent à organiser leur fuite ; ce mouvement s'accélère avec l'avancée des Alliés.

De Lattre entre en Allemagne, après avoir franchi le Rhin, les 30- suivant en cela les ordres de De Gaulle, du , qui lui enjoignent de prendre Karlsruhe et Stuttgart, malgré les plans américains. La 1re armée déborde la ligne Siegfried, pénètre en Forêt-Noire, prend Karlsruhe () et Stuttgart, après de durs combats durant lesquels elle réduit quatre divisions allemandes et fait 9 000 prisonniers. Cet épisode est l'objet d'un nouvel affrontement entre Eisenhower et de Gaulle qui demande instamment à de Lattre, le , « de maintenir une garnison française à Stuttgart et d'y instituer tout de suite un gouvernement militaire, quoi que puissent dire et penser les Américains ». Devers proteste mais le général de Lattre, tout en maintenant ses troupes sur place et en laissant toutes facilités aux Américains, lui répond que la décision est du ressort des gouvernements. L'incident est clos le , le président Harry Truman ne souhaitant pas le développement de tensions entre les Alliés au moment où la capitulation de l'Allemagne approche.

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Avec son fils, Bernard.

 

L'armée de Lattre poursuit sur Sigmaringen, prise par les Français le , puis Ulm sur le Danube (), atteint la frontière suisse de Bâle à Constance. La campagne dite « Rhin et Danube » s'achève au col de l'Arlberg, en Autriche.

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Le 8 mai 1945, le général de Lattre représente la France à la signature de la capitulation allemande à Berlin, au quartier général du maréchal Joukov.

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Le , de Lattre devient haut-commissaire, commandant en chef en Indochine et commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Il arrive à Saïgon le et met sur pied une Armée nationale vietnamienne.

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Il redresse la situation au Tonkin et remporte des victoires contre le général Giap, notamment à Vinh Yen () — où il se rend personnellement —, Dong Trieu, Mao Khé (), Ninh Binh () et à la bataille du Day, en juin.

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De Lattre se rend à Saïgon en juillet pour lancer un appel à la jeunesse vietnamienne et assister, auprès de l'empereur Bao Dai, au défilé du 14 Juillet.

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En septembre, il assure des missions à Washington — où il est reçu par le président Truman et au Pentagone et répond à une entrevue télévisée dans l'émission Meet the Press sur le problème indochinois —, Londres et Rome auprès du pape Pie XII.

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Il retourne en Indochine, le , alors qu'une nouvelle attaque du Viet Minh vient d'être repoussée à Nghia Lo, en pays Taï.

De Lattre doit alors rentrer en France pour participer à la conférence des États associés et faire un compte rendu de la situation en Indochine. Il la quitte définitivement le , après être allé saluer ses soldats à Hoa Binh où une opération aéroportée vient de se dérouler la veille.

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Épuisé par le surmenage auquel il s'est astreint tout au long de sa carrière et que n'a pas arrangé sa blessure reçue en 1914, très affecté par la mort de son fils Bernard — tué au combat à Ninh Binh, le

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, et atteint d'un cancer de la hanche, il meurt à Neuilly-sur-Seine le des suites d'une opération.

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Il est élevé à la dignité de maréchal de France, à titre posthume, par le président de la République Vincent Auriol, le jour de ses funérailles nationales, célébrées le à la cathédrale Notre-Dame de Paris et aux Invalides en présence, entre autres, de Charles de Gaulle, Dwight David Eisenhower et Bernard Montgomery.

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La dignité de maréchal de France n'avait pas été décernée depuis que l'on en avait honoré les vainqueurs de la Première Guerre mondiale et, après lui, trois généraux d'armée furent élevés à cette dignité : Alphonse Juin (1888-1967), de son vivant, Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), à titre posthume et Pierre Kœnig (1898-1970), à titre posthume.

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Il est inhumé dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds (Vendée), où a été créé le « musée national des Deux Victoires » (rebaptisé par la suite : « musée national Clemenceau - De Lattre »), qui comprend la maison natale de Jean de Lattre, géré par la direction des musées de France (ministère de la Culture).

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Décorations françaises

Décorations étrangères

 

( Source : Wikipédia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Lattre_de_Tassigny  )

 

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Bonjour, 

j'apporte ma pierre à l'édifice avec une petite biographie du maréchal Juin.

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Alphonse Juin naît le 16 décembre 1888 à Bône, en Algérie. Fils de gendarme, il passe sa jeunesse à observer la mer si bien qu'à la sortie de l'enfance il n'a plus qu'un seul souhait : intégrer l'Ecole Navale. Hélas pour lui, le lycée d'Alger ne dispose pas de cours de préparation à Navale. En revanche, la "corniche", surnom donné aux cours préparatoires à Saint-Cyr, y est très réputée. C'est donc à Alger qu'il poursuivra ses études, sur les conseils de son père.

Il intègre l'Ecole Spéciale Militaire en 1909 avec la promotion de Fez, auxquels appartiennent aussi les futurs généraux De Gaulle et Béthouart. Il en sort major de promotion en 1912 et rejoint le 1er tirailleurs algériens. Sous-lieutenant, il arpente le pays avec ses hommes et participe à sa pacification.

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En août 1914, Juin, qui a entre-temps été affecté au 1er tirailleurs marocains, débarque en France et monte au front. Blessé à Château-Thierry, il refuse d'être évacué. Un jour où sa section est séparée du reste de la compagnie, il se distingue par sa résistance héroïque aux assauts ennemis et est décoré de la Légion d'Honneur ainsi qu'une citation à l'ordre de l'armée.

En 1915, nouvelle blessure, cette fois-ci au bras droit. Le règlement militaire de l'époque autorisait les militaires à saluer du bras gauche à deux conditions seulement : s'ils étaient blessés au bras droit ou... s'ils étaient maréchaux de France, étant donné que ceux-ci portent le bâton dans la main droite. Alphonse Juin doit donc être un des rares militaires à avoir rempli ces deux conditions...

Après l'armistice, il est admis à l'Ecole de Guerre puis, en 1921, est à nouveau affecté en Afrique du Nord, cette fois-ci en Tunisie, puis au Maroc. Il rencontre Lyautey, maréchal de France, avec qui il se lie d'amitié.

 

La fin de cette biographie est tirée du site http://jeanlouis.ventura.free.fr/bone/JUINl.htm :

 

 En juin 1926, il est enfin nommé commandant. Lyautey est alors rappelé à Paris, Juin l'accompagne et reste attaché pendant deux ans à son état-major, par fidélité.
   
 En 1928, il épouse Marie-Cécile Bonnefoy dont le père est agriculteur dans le Constantinois.
   
 Affecté à Rabat, en 1929. comme chef de cabinet militaire du résident général Saint, il est amené à collaborer avec le général Noguès et se lie d'amitié avec le Glaoui, pacha de Marrakech. La pacification du Maroc est en voie d'achèvement quand il reçoit ses galons de lieutenant-colonel, en 1932.
   
 En 1933, celui qu'on surnomme déjà Juin l'Africain est rappelé à Paris. Adepte de la guerre de mouvement et ennemi de l'attaque frontale, ses arguments font impression. Promu colonel en juin 1935, il est attaché à l'état-major du Conseil supérieur de la Guerre
   
 Le 26 décembre 1938, le voici élevé au grade de général de brigade. Il a tout juste cinquante ans et se retrouve enfin à un niveau d'avancement plus conforme à ses mérites.
   
 En septembre 1939, alors que la Deuxième Guerre mondiale vient d'éclater, il est volontaire pour un commandement sur le front et se voit confier la 15e division motorisée. A la tête de cette valeureuse unité, il tient tête a l'ennemi dans le saillant de Valenciennes, couvrant ainsi la retraite anglaise de Dunkerque. Progressivement débordé sur les ailes, il est enfermé dans les faubourgs de Lille et fait prisonnier le 30 mai 1940, puis interné dans la forteresse de Konigstein.
   
 Rapatrié sur la demande du maréchal Pétain, il est promu général de corps d'armée et nommé commandant en chef pour l'Afrique du Nord, le 20 novembre 1941, après le rappel du général Weygand.
   
 Lors du débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, Juin pousse Darlan à proclamer le cessez-le-feu et favorise le ralliement à Giraud. Il passe des accords avec le commandement américain, ordonne la mobilisation et déclenche les hostilités sur le front tunisien, le 19 novembre.
   Nommé général d'armée en décembre 1942, il commande de mai 1943 a Juillet 1944 le corps expéditionnaire français qui va se couvrir de gloire en Italie.
   
 Vainqueur sur le Garigliano, il offre aux Américains une voie triomphale et leur ouvre les portes de Rome, le 4 juin 1944.
   
 Rappelé à Alger comme chef d'état-major de la Défense nationale, il transmet son commandement au général de Lattre de Tassigny, le 23 juillet 1944. Il assumera ensuite la haute fonction de résident général au Maroc.
   
 De 1952 à 1956, il exerce la charge de commandant interallié des forces atlantiques terrestres du secteur Centre-Europe.
   
 L'année 1952 marque pour Alphonse Juin l'apogée de sa carrière. Promu à un commandement éminent, il est, par-dessus tout, élevé le 8 mai à la dignité de maréchal de France et, comme le veut la tradition, il est élu la même année à l'Académie française.
   
 Après avoir triomphé de tous les obstacles, donné tant de gloire à la France et atteint à l'honneur suprême, Juin verra les dernière années de sa vie assombries par la guerre d'Algérie. Fidèle à ses origines, il exprime loyalement son attachement à sa terre natale et, en 1962, il fait publiquement état de ses divergences quant à la politique algérienne du président de Gaulle. Ce dernier le prive alors de toutes ses prérogatives.
   
 Le maréchal Juin s'éteint au Val-de-Grâce le 27 janvier 1967. La France lui fait des funérailles nationales et il est inhumé aux Invalides.

 

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Continuons avec Philippe LECLERC de HAUTECLOQUE maréchal à titre posthume.

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Philippe de Hauteclocque, dit « Leclerc », est un militaire français, né le au château de Belloy, dans la commune de Belloy-Saint-Léonard (Somme). Il est mort, lors d'une mission d'inspection militaire, le dans un accident d'avion près de Colomb-Béchar (territoire d'Ain Sefra, Algérie française). Il est inhumé dans un tombeau de la Crypte des Invalides.

Philippe, François, Marie de Hauteclocque, puis Leclerc de Hauteclocque, est issu de la famille de Hauteclocque, originaire de la province d'Artois, de noblesse chevaleresque, reconnue depuis l'an 1163, dont la devise est : On entend loing haulte clocque.

Il est le petit-fils du comte Gustave de Hauteclocque (Arras, 1829 – Naples, ), historien et archéologue, maire de Bermicourt et de Marie-Henriette de Morgan-Frondeville (1834-1908). Le couple a trois fils : Henry (1862-1914, mort pour la France), Adrien (1864-1945) et Wallerand (1866-1914, mort pour la France).

Il est le fils du comte Adrien de Hauteclocque (1864-1945) et de Marie-Thérèse van der Cruisse de Waziers (1870-1956), fille elle-même de Louis, comte van der Cruisse de Waziers et de Léontine du Passage.

Philippe de Hauteclocque grandit au sein d'une fratrie de six enfants,

Ses parents assurent son éducation jusqu'à l’âge de 13 ans. Il entre en quatrième en 1915 au collège de La Providence d'Amiens, évacué à Poitiers au cours de la Première Guerre mondiale, où il poursuit ses études en lycée

En 1922, après avoir préparé le concours à Sainte-Geneviève de Versailles, il est admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Metz et Strasbourg-1922-1924), dont il sort cinquième en 1924. Il entre alors à l'École d'application de la cavalerie de Saumur, dont il sort en 1925 en étant major.

Il épouse la même année, le , Thérèse de Gargan (1903-1996), fille d'Auguste de Gargan, (1861-1902) et d'Henriette d'Irumberry de Salaberry, (1866-1944). Ils auront six enfants

Depuis 1918 (et jusqu'en 1930), la Sarre est sous occupation française en conséquence du traité de Versailles faisant suite à la Première Guerre mondiale. Le jeune Philippe de Hauteclocque a pour première affectation le 5e régiment de cuirassiers à Trèves ; après y avoir passé un an, il obtient une affectation au 8e spahis, au Maroc. Il participe à la pacification du territoire au cours de la guerre du Rif, durant laquelle il se distingue. En 1929, le commandement du 38e goum lui est confié.

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Il devient instructeur à l'École de Saint-Cyr en 1931. Lors d'un exercice à cheval, sa jambe se casse sous sa monture ce qui lui vaudra d'utiliser une canne tout le reste de sa vie. Au cours d'un second séjour au Maroc, il est promu capitaine en 1934, et obtient la Légion d'honneur. En 1938, il réussit le concours d'entrée à l'École de Guerre, dont il sort major en 1939.

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Il est « issu d'une famille Action française jusqu'en 1940 ». Lui-même lit l'Action française, sans adhérer à l'ensemble de la doctrine, appréciant surtout l'exaltation des valeurs de la France monarchique contenues dans ce journal et le fait qu'il fonde sa politique sur cette notion : « Le présent vient du passé ». Chevauchant à la tête de son escadron lors de la revue du , et passant devant la tribune officielle où se tiennent Léon Blum et Édouard Daladier, il aurait brocardé ce dernier d'un « Pour le fusilleur, tête droite ! »

Il rompt avec l'Action française en 1940, jugeant que le mouvement trahit ses idées et fourvoie les élites qui le suivent. Il se défait également, à cette même époque, des préjugés antisémites des milieux maurrassiens. Après la guerre, il n'évoquera plus Charles Maurras que pour juger sa philosophie critiquable et fera détruire les exemplaires du journal conservés à Tailly.

De tradition catholique, fervent pratiquant, il a manifesté toute sa vie son attachement à sa foi.

1939-1940 : la campagne de France

En mai 1940, le capitaine Philippe de Hauteclocque est chef du 3e Bureau à l'état-major de la 4e division d'infanterie, qui fait mouvement vers la Belgique du 12 au 14 mai et dont certains éléments se trouvent encerclés dans la Poche de Lille dans les derniers jours du mois de mai. Le 28, alors que la capitulation du Groupement Molinié est proche et qu'il est devenu inutile, le capitaine de Hauteclocque obtient de son chef, le général Musse, l'autorisation de tenter de traverser les lignes allemandes pour échapper à la captivité. Il part vers la porte de Douai et récupère une bicyclette abandonnée. Il va mettre le cap au sud. Il échappe plusieurs fois à la capture, abandonne casque et ceinturon, guidé par la rage de s'échapper pour reprendre le combat.

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Le , il est capturé en vêtements pseudo-civils et à bicyclette. Fouillé, il est trahi par un certificat de paiement de l'école militaire. Il est emprisonné et réussit à récupérer son portefeuille, dans le sac où était stocké le résultat de la fouille allemande, laissé imprudemment à sa portée. Il détruit la pièce compromettante et réussit à remettre le portefeuille sans être vu. Lors de son interrogatoire à la mairie de Bohain-en-Vermandois par un officier allemand, il affirme être réformé comme père de famille de 6 enfants. Il subit la raillerie de l'officier qui s'étonne qu'à 37 ans il ne soit pas en train de défendre son « vaterland ». Certainement fatigué de ramasser des prisonniers, l'officier l'invite à décamper de façon dédaigneuse, non sans avoir affirmé que :

« Nation en décadence…(Il ajoute, l'air méprisant:) Jamais le Grand Reich allemand ne permettra à la France de se relever »

— Dronne 1970, p. 14-16.

Leclerc n'oubliera jamais cette insulte à laquelle il s'abstint de répondre. Il rejoindra les lignes françaises en traversant le canal du Nord. Il réintègre alors une unité combattante.


Le 15 juin, il participe à une contre-offensive dans la plaine de Champagne, au cours de laquelle il est blessé à la tête. Les blindés allemands ont ouvert le feu sur la maison dans laquelle il se trouvait, et une partie du plafond s'est effondrée sur lui. La blessure ne semble pas l'affecter, à tel point qu'il continue le combat, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau fait prisonnier.

Son cheval, Iris XVI, sera abattu par les troupes allemandes à l'école de Saint-Cyr le après avoir tué un soldat d'une ruade.

1940-1942 : poursuite de la lutte en Afrique

Évasion vers l'Angleterre

Le , il parvient à s'évader de l'hôpital des Sœurs de la Charité et prend le parti de continuer sa route pour poursuivre la lutte. Il traverse la France par Tailly (5/6/1940) et atteint Paris (7/6 et 21/6/1940). À bicyclette, malgré l'occupation allemande, il rejoint sa femme et leurs six enfants sur les routes de l'exode près de Libourne en Gironde. Après les avoir mis au courant de sa volonté de se battre, il se rend à Bayonne où il obtient le 8 juillet un visa pour le Portugal mais pas pour l'Espagne.

Repassant la ligne de démarcation le 10 juillet, il est le lendemain à Perpignan où il obtient son visa pour l'Espagne. Arrivé le 12 à Cerbère par le train, il est brièvement arrêté le 13 à Port-Bou par les douaniers espagnols qui le font conduire à Figueras pour interrogatoire et jugement, à cause d'un excédent de devises étrangères.

Mais, il s'échappe à nouveau et prend le train pour Madrid et de là, celui de Lisbonne où il arrive le . Embarqué le sur le SS Hilary, il arrive à Londres le .

Rencontre avec de Gaulle

Il se présente au général de Gaulle le . Afin d'éviter que des représailles ne soient dirigées contre sa famille, il a pris le pseudonyme de « François Leclerc », le patronyme étant très fréquent en Picardie et à Belloy même. Cette discussion a probablement changé sa vie. Le général de Gaulle, reconnaissant en lui un chef exceptionnel, le promeut de capitaine à chef d'escadron dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l'AEF à la France libre.

Départ pour l'Afrique

Le , il quitte l'Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Le voyage se fait à bord d'un hydravion Sunderland, le Clyde. Il atterrit à Lagos le . Dix jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d'un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s'effacer et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l’égide de Félix Éboué et du colonel de Larminat.

Jugeant son grade de commandant insuffisant, face au gouverneur général et au lieutenant-colonel Bureau, commandant les troupes à Douala, il arrache les quatre galons de sa manche gauche pour en recoudre un sur celle de droite : le voici colonel, lui qui n'était qu'un simple capitaine un mois plus tôt.

Leclerc est nommé Commissaire général du Cameroun et le , c'est toute l'Afrique-Équatoriale française, à l'exception du Gabon, qui s'est ralliée au général de Gaulle. Celui-ci, au cours d'une visite à Douala le , donne son accord à Leclerc pour qu'il tente de rallier ce dernier pays à sa cause. Avec l'aide des Forces françaises libres, repliées après l’échec de l’expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 et, le , le Gabon se joint à la France libre.

Promotion au grade de colonel

Leclerc est alors officiellement confirmé au grade de colonel par le général de Gaulle, grade qu'il s'était attribué « comme par enchantement », selon l'expression de De Gaulle, en arrivant au Cameroun pour ne pas être en infériorité hiérarchique par rapport au lieutenant-colonel Bureau en poste à Douala, et il est désigné comme commandant militaire du Tchad.

La France libre a pour la première fois une assise territoriale et stratégique significative.

À partir de ces bases, sa colonne, qui compte notamment le capitaine Massu, effectue des raids de plusieurs milliers de kilomètres au milieu du désert, avec un équipement peu adapté aux conditions climatiques et au sol sableux et se dirige vers des postes italiens. Ayant pris l'oasis de Koufra () avec un canon et 300 hommes seulement (par surprise, avec des effectifs limités et avec une grande rapidité, ce qui sera plus tard sa tactique dans ses combats sur le sol français en 1944), il fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.

Le , il est déchu de la nationalité française par un décret du gouvernement de Vichy. Le , la cour martiale de Gannat le condamne à mort par contumace et à la confiscation de ses biens pour « crimes et manœuvres contre l'unité et la sauvegarde de la patrie ».

 

Parallèlement, il est promu général de brigade dès le mois d'aout 1941 mais trouvant cette promotion prématurée il n’arborera ses nouveaux galons que plus tard, lorsque ses hommes lui offriront un képi étoilé cousu main.

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Campagne du Fezzan

En février-mars 1942, il mène une campagne dans le Fezzan italien. Nommé le commandant supérieur des troupes de l'Afrique française libre, il part pour Brazzaville, laissant le colonel François Ingold à la tête des troupes du Tchad. Le , de Gaulle lui donne l'ordre de conquérir le Fezzan et d'avancer jusqu'à Tripoli, de même qu'il prescrit l'envoi de troupes au Niger, afin de rallier à la France libre l'Afrique-Occidentale française (objectif qu'il abandonne finalement à la mi-novembre).

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Le , Leclerc est à Zouar en inspection. Il lance le l'offensive sur le Fezzan et conduit sa colonne, forte de 4 000 Africains et 600 Européens appuyés par le groupe aérien Bretagne, à Sebha le 12 janvier, Mourzouk le 13 et Tripoli le 25. Le , il rencontre à Ghadamès le général Delay, commandant le front Est du Sud algérien.

Puis, rejoint par la colonne volante de Jean Rémy, détachée des Forces françaises libres du Western Desert, il participe avec la 8e armée britannique à la campagne de Tunisie contre l'Afrika Korps. Après la bataille de Ksar Ghilane, où la Force L (L pour Leclerc) résiste victorieusement à une attaque allemande, il s'empare de Gabès, puis entre à Kairouan le 12 avril. Huit jours plus tard, il participe, à Tunis, au défilé de la victoire à la tête de ses troupes (au sein des troupes anglo-américaines et non avec les Français de l'Armée d'Afrique, que les FFL ont parfois combattu, notamment à Dakar).

« Tirailleurs africains ou coloniaux et soldats de France métropolitaine venus du cœur de l'Afrique à travers le Sahara, fraternellement unis, debout dans leurs étonnantes voitures bardées de filets de camouflage, de tôles de désensablement, de guerbas avaient un halo de légende. Ils furent frénétiquement applaudis. »

— Raymond Dronne (1970) p. 291

Leclerc se consacra dès lors à forger l'outil du renouveau de l'Armée française.

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1943-1945 : Libération de la France et fin de la guerre

Maroc : l'outil se forge

Leclerc est nommé général de division le , la Force L devenant 2e division française libre (2e DFL) le 30 sur le sol africain. Renvoyée par le général Giraud en Libye le 10 juin, sa division reçoit le renfort d'évadés de France par l'Espagne et d'unités issues des troupes vichystes ralliées de l'Armée d'Afrique. Rebaptisée 2e division blindée (2e DB) le 24 août 1943 , elle est réorganisée sur le modèle américain, et rejoint, en septembre 1943, le camp de Temara, au Maroc, où elle demeure jusqu'en avril 1944 pour y parfaire son entraînement et compléter ses effectifs. Il reçoit enfin l'affectation d'un régiment de chasseurs de chars, le RBFM, qui lui avait été promis.

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Le , la 2e DB au complet entame son embarquement pour l'Angleterre, où elle est affectée à la 3e armée américaine du général Patton. Une grande unité française, armée, équipée et structurée à l'américaine, va combattre sous commandement américain.

 

Débarquement en Normandie

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Envoyée en Normandie, la 2e DB débarque le dans la Manche, sur la plage de Saint-Martin-de-Varreville, et va établir son premier camp à Vesly, dans un champ dénommé « champ Robert », où elle séjourne dix jours, le temps de s'organiser avant de faire route sur Argentan et Alençon, tout en ayant au passage prêté main-forte, lors de la fermeture de la poche de Falaise, à Chambois-Mont-Ormel.

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Faisant partie de la 3e armée du général Patton, la division de Leclerc, ou « division Croix de Lorraine », devient parfois même le fer de lance des attaques américaines. Sa division libère, le 12 août, Alençon, s'illustre dans la forêt d'Écouves mais bute, le 13 août, à Argentan, qu'elle ne peut investir, gênant, en fait, les mouvements américains. Leclerc demande alors l'autorisation de quitter le théâtre des opérations en Normandie, pour : « Ne plus perdre un seul homme ici et libérer Paris, la capitale de la France. ».

Il a à sa disposition un char PC de commandement armé d'un simulacre de canon en bois, le Tailly.

Il peut, au passage, le 2 août 1944, s'arrêter chez ses cousins à Prétot-Sainte-Suzanne, chez Françoise de Hautecloque. Il en repart accompagné des deux premiers engagés sur le sol de France (un neveu et son ami).

Marche sur Paris

 

Après les demandes répétées du général de Gaulle aux alliés, le général Marie-Pierre Kœnig porte le 22 août 1944 une seconde lettre de De Gaulle au général Eisenhower. Celui-ci informe alors le général Marshall, chef d'état-major de Roosevelt qu'il a donné l'ordre de libérer Paris, car l’insurrection ayant démarré le 19 août, la situation était grave dans la capitale. Dans la soirée, le général Omar Bradley autorise le général Leclerc à marcher sur Paris

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La 2e DB fonce pour la libération de Paris dans une attaque audacieuse et, le , le général Leclerc reçoit la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de Paris, à la gare de Paris-Montparnasse, négociée préalablement par le chef résistant parisien Rol Tanguy. La capitale a été libérée en deux jours, en particulier par l'action menée de l'intérieur par ces mêmes forces résistantes sous les ordres de Rol Tanguy, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les blindés de Leclerc ont exercé une pression supplémentaire sur les forces nazies. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent alors côte à côte l'avenue des Champs-Élysées le 26 août alors qu'éclatent encore des accrochages sporadiques.

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Autorisé à prendre une courte permission chez lui à Tailly où il se rend en avion, il retrouve sa famille qu'il n'avait pas vue depuis quatre années. Il rentre après deux jours de séjour accompagné de ses deux fils ainés, Henri (18 ans) et Hubert (17 ans) qui s'engagent dans les unités de la 2e DB. Le combat reprend, en famille.

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Marche sur Strasbourg

Partie de Paris le , la 2e DB se dirige vers l'Est pour des combats contre le général von Manteuffel durant lesquels la 112e Panzer Brigade est écrasée à Dompaire le 13 septembre perdant 59 chars. Après une pause imposée par le commandement américain, l'axe de marche est dirigé sur Strasbourg.

 

Pendant la pause face à la Vor Vogensen Stellung (1re ligne de défense), Leclerc a connaissance d'exactions allemandes. Il adresse une lettre de mise en garde au Kampfkommandant de Baccarat :

« L'armée allemande n'obéit plus, vis-à-vis des populations civiles, aux lois de la guerre. Des villages sont systématiquement brûlés, les habitants fusillés ou déportés… L'ordre de déportation de la population de Baccarat et de celle de Raon-l'Étape vient d'être donné… J'avertis officiellement le commandement allemand que je vais faire, au fur et à mesure, des constats et que je relève, chaque fois, les noms des officiers responsables. Quel que soit le nombre de semaines, de mois pendant lesquels l'Allemagne réussira encore à prolonger la guerre, elle devra bientôt s'incliner. J'emploierai tout mon poids à ce que justice soit faite. »

— Général Leclerc au Général Feuchtinger

Le général Feuchtinger n'exécute pas la déportation prévue, et part avant l'attaque du 29 octobre.

Avant la fin de l'année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg, à l'issue d'une charge partie de Baccarat, ville libérée le 31 octobre, et traversant des cols des Vosges difficilement praticables et barrés. C'est l'occasion d'une prise d'armes à Strasbourg pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu.

Cependant, Leclerc est cloué en Alsace et doit se battre contre sa hiérarchie. Sa division est bloquée dans la plaine d'Alsace inondée, en position défensive. Il travaille à la réduction de la poche de Colmar puis à celle de Royan. Ses relations sont difficiles avec le général de Monsabert. Leurs conceptions militaires s'affrontent.

En Allemagne

Dans les premiers jours de mai, passés en Allemagne, les soldats de la 2e DB découvrent les horreurs des camps de concentration et portent secours à des Français rescapés de Dachau. Ils s'emparent brièvement, dans la nuit du 4 au , du Kehlsteinhaus, le « nid d'aigle » d'Adolf Hitler, à Berchtesgaden, en Bavière, et le tiennent jusqu'au 10 mai, date à laquelle ils sont remplacés par des troupes américaines.

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En réalité, plusieurs unités revendiquent le fait que leurs hommes aient atteint les premiers le « Nid d'aigle », notamment :

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Extrême-Orient

Le 21 juin 1945, Leclerc fait ses adieux avec solennité à sa division. Il la quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, mis sur pied pour intervenir en Indochine française, que l'Empire du Japon occupe depuis 1940 et contrôle totalement depuis le coup de force du 9 mars 1945. Leclerc prend en charge l'entraînement du Corps expéditionnaire, mais le Japon annonce finalement sa capitulation en août. Leclerc arrive le 22 août à la base alliée de Kandy (Ceylan) pour préparer l'entrée de ses troupes en Indochine, où différents groupes indépendantistes prennent le pouvoir, tandis qu'une partie des Français demeurent prisonniers des Japonais.

Leclerc apprend de la bouche du commandant britannique Louis Mountbatten que Britanniques et Chinois, en vertu des accords de Potsdam négociés sans la France, vont pénétrer les premiers en Indochine française et que les troupes françaises n'ont pas encore l'autorisation d'y débarquer. Leclerc, bloqué à Ceylan et empêché de secourir les populations françaises, alerte de Gaulle pour qu'il fasse pression sur le président Truman mais les États-Unis s'abstiennent d'intervenir pour ne pas mécontenter le président chinois Tchang Kaï-chek .

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Le , Leclerc signe, au nom de la France, les actes de capitulation du Japon à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo. Le , il est présent à la signature de la reddition japonaise à Singapour

 

Après-guerre

Ce n'est que le 5 octobre que Leclerc, après avoir enfin reçu l'autorisation des Alliés, peut débarquer en Indochine pour en entamer la reconquête et participer au désarmement des troupes japonaises : la destruction de l'administration coloniale par les Japonais en mars 1945, puis la reddition des Japonais en août, ont laissé le territoire indochinois en plein chaos, les indépendantistes vietnamiens, cambodgiens et laotiens ayant les mains libres. Hô Chi Minh, chef du Việt Minh communiste, a notamment proclamé le l'indépendance du Viêt Nam. La reprise en main du Cambodge est aisée : le roi Norodom Sihanouk ayant invité les Français à rétablir leur protectorat, Leclerc peut arrêter sans difficultés le premier ministre indépendantiste Son Ngoc Thanh. La situation est nettement plus complexe en territoire vietnamien, où les hommes de Leclerc parviennent progressivement, entre octobre 1945 et janvier 1946, à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine, puis dans le Sud-Annam, tandis que le nord de l'Annam et tout le Tonkin demeurent sous le contrôle du Việt Minh. Les accords Hô-Sainteny permettent finalement de débloquer la situation en lançant un processus de négociations avec les indépendantistes communistes vietnamiens : le , le Corps expéditionnaire commandé par Leclerc peut enfin faire son entrée dans Hanoï. Le 26 mars, Leclerc rencontre Hô Chi Minh ; leur prise de contact se passe bien, Leclerc étant favorable à une résolution par la voie politique de la crise qui secoue la colonie française. En mai 1946, les troupes de Leclerc achèvent de reprendre le contrôle de l'Indochine en s'assurant celui du Laos .

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Le , Leclerc est nommé inspecteur des forces terrestres en Afrique du Nord. Pour qu'il accepte plus facilement ce poste moins prestigieux, il est promu général d'armée deux jours plus tard .

Mort et controverse sur ses circonstances

Article détaillé : Accident d'avion du général Leclerc.

Le , au cours d'une tournée d'inspection en Afrique du Nord, l'avion de Leclerc, un B-25 Mitchell est pris dans une tempête de sable. On suppose que le pilote est descendu à basse altitude pour trouver des repères géographiques, mais l'avion a percuté le remblai de la voie ferrée, à côté du Djebel Aïssa, non loin de Colomb-Béchar. Les douze occupants de l'appareil sont tués sur le coup. Un treizième cadavre aurait été retrouvé dans la carcasse de l'avion. Selon le général Vézinet, il ne s'agirait que de vertèbres cervicales . Ce treizième corps, jamais identifié, a alimenté l'idée d'un complot.

Conrad Kilian, mort le dans des circonstances controversées, est le premier à lancer l'idée : l'Angleterre aurait fait assassiner Leclerc à cause de la guerre secrète du pétrole dans le Fezzan, dans la partie ouest de la Libye. Cette théorie est reprise par la suite par d'autres sources. Aucune preuve n'a permis toutefois de confirmer cette thèse.

A contrario, Jean-Christophe Notin apporte des pistes de réflexion montrant que l'avion, modifié pour accueillir des passagers et déséquilibré par l'ajout d'une couchette à l'arrière, aurait simplement décroché alors qu'il volait à basse altitude, ainsi qu'il avait tendance à le faire à la suite de ces modifications. Selon la même source, qui cite plusieurs exemples, Leclerc avait à de nombreuses reprises durant la Seconde Guerre mondiale forcé des équipages à voler dans des conditions plus que défavorables, ce qui provoqua plusieurs accidents.

Les légionnaires bâtiront en 1957 le « monument Leclerc » sur le lieu de l'accident.

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Obsèques nationales

La nouvelle de ce décès est un choc pour une France qui se relève difficilement d'une terrible guerre, et qui voyait en cet homme le libérateur de Paris et de Strasbourg, celui qui avait lavé l'affront de la défaite de 1940.

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée nationale vote à l'unanimité les obsèques nationales, sur une résolution déposée par le député René Pleven. Après un hommage national à Notre-Dame, la 2e DB escorte son chef vers l'Arc de Triomphe, où une foule de Français viennent s'incliner devant le cercueil du général. Il est inhumé dans la crypte des Invalides, dans le caveau des gouverneurs.

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Décorations françaises

Décorations étrangères

(dans l'ordre alphabétique des pays)

 

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Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume par décret du (Avant lui, deux autres généraux d'armée s'étant illustrés au cours de la Seconde Guerre mondiale avaient été élevés à la dignité de maréchal de France : Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), à titre posthume, par décret du 15 janvier 1952 et Alphonse Juin (1888-1967), de son vivant, par décret du 7 mai 1952. Après lui, un autre général d'armée est fait maréchal : Pierre Kœnig (1898-1970), à titre posthume, par décret du 6 juin 1984).

 

( Source ; Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Leclerc_de_Hauteclocque  )

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Continuons avec le général Pierre KOENIG, maréchal de France à titre posthume.

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Marie-Pierre Kœnig, plus connu en France sous le nom de Pierre Kœnig, est un militaire et homme politique français, maréchal de France et compagnon de la Libération, né le à Caen et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Issu d'une famille d'origine alsacienne, Marie, Joseph, Pierre, François Kœnig étudie au collège Saint Joseph, puis au lycée Malherbe à Caen. Il participe alors aux activités sportives à l'Avant-Garde caennaise, un patronage paroissial affilié à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) à laquelle il reste très attaché. Il obtient son baccalauréat et s'engage en 1917. Il sert dans le 36e régiment d'infanterie. Il est nommé aspirant en février 1918 et rejoint son unité sur le front. Décoré de la médaille militaire, il est promu sous-lieutenant le 3 septembre 1918 .

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Après la guerre, il sert en Silésie comme adjoint du capitaine Adrien Henry, dans les Alpes, en Allemagne, puis au Maroc, à l'état-major de la division de Marrakech. Il est capitaine et adjoint du lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey dans la 13e demi-brigade de Légion étrangère quand il décide de s'engager dans la France libre, en juillet 1940. Il participe à la tentative de ralliement de Dakar, puis au ralliement du Gabon, et à celle du Levant. Il est promu colonel début 1941.

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C'est cette même année lors de sa visite de la Palestine et des kibboutzim que naît son amitié pour Israël. Il est promu général de brigade en juillet 1941. Le général Kœnig commande les Français libres lors de la bataille de Bir Hakeim (26 mai au 11 juin 1942), puis lors de la seconde bataille d'El Alamein.

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Il est le général en chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) en 1944. Promu général de corps d'armée en juin 1944, il est nommé gouverneur militaire de Paris le 21 août, peu avant la libération de la ville.

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Le 24 avril 1945, il est chargé de l'arrestation du maréchal Pétain à Vallorbe, à la frontière suisse, et de l'escorter jusqu'au fort de Montrouge, son lieu de détention. De juillet 1945 au 21 septembre 1949, il est nommé commandant en chef de la zone d'occupation française en Allemagne. Il est remplacé par un haut-commissaire de République française en Allemagne, l'ambassadeur André François-Poncet.

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Optant ensuite pour la carrière parlementaire, il prend la tête d'une liste du Rassemblement du peuple français (RPF) dans le Bas-Rhin, qui remporte 31 % des suffrages le 17 juin 1951 avec 94 970 voix sur 305 890 et trois sièges sur neuf. Pressenti par le groupe gaulliste (l'Union des républicains d'action sociale (URAS) depuis la mise en sommeil du RPF par le général de Gaulle) comme candidat de recours lors de l'élection présidentielle de décembre 1953, il renonce à se lancer, malgré l'accord de de Gaulle.

 

Il est ministre de la Défense nationale et des Forces armées du au dans le gouvernement Pierre Mendès France et du 23 février au 6 octobre 1955 dans le gouvernement Edgar Faure (2). Le 2 janvier 1956, il est réélu dans le Bas-Rhin, à la tête d'une liste d'Union démocratique des Républicains sociaux qui n'obtient que 7,1 % des voix, grâce à un apparentement avec le Mouvement républicain populaire (MRP) et l'Union des Indépendants et paysans, apparentement majoritaire en voix.

 

Il meurt le , à 71 ans, puis est enterré au cimetière de Montmartre. Il est élevé à la dignité de maréchal de France le à titre posthume par le président François Mitterrand, devenant ainsi le quatrième et dernier général français élevé à cette dignité depuis la Libération, après Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), à titre posthume, en 1952, Alphonse Juin (1888-1967), de son vivant, en 1952 et Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), à titre posthume, en 1952.

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Décorations françaises

Décorations étrangères

 

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( Source : Wikipédia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Pierre_Kœnig   )

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Continuons avec le général Jacques MASSU.

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Jacques Massu (né le à Châlons-sur-Marne et mort le à Conflans-sur-Loing (Loiret))

Arrière-petit-neveu du maréchal Michel Ney, Jacques Massu est né à Chalons-sur-Marne dans une famille d'officiers militaires français. Il fait ses études au lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris, au collège libre de Gien (1919-1925) puis au Prytanée national militaire (1926-1928) de La Flèche. Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, il en sort en 1930 (promotion maréchal Foch) et commence sa carrière militaire comme sous-lieutenant de l'infanterie coloniale, dans les colonies françaises du Maroc, du Togo et du Tchad.

Seconde Guerre mondiale

Il est capitaine en Afrique équatoriale, à la tête de la 3e compagnie du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad et de la subdivision militaire du Tibesti, quand en juin 1940, le capitaine Massu répond à l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle et rejoint la France libre, aux côtés du gouverneur Félix Éboué.

Il participe à la bataille du Fezzan avec la colonne Leclerc. Méhariste au Tibesti, il a transformé son « vaisseau du désert » en « pétrolier » pour un rendez-vous de ravitaillement avec les camions de Bagnold du Long Range Desert Group qui prenaient les Forces françaises libres (FFL) de Leclerc comme passagers.

En 1941, il est à la tête du bataillon de marche du Tchad. Comme lieutenant-colonel à la 2e DB, il participe aux batailles du théâtre de l'Ouest européen qui le mène au cœur de l'Allemagne nazie après avoir participé à la libération de Paris en août 1944.

Guerre d'Indochine

En septembre 1945, le lieutenant-colonel Massu est placé à la tête du détachement précurseur qui débarque à Saïgon et participe au dégagement de la ville et du Sud de l'Indochine. Le , le Viêt-minh s'empare d'Hanoï. Le général Leclerc envoie alors au Tonkin le groupement du colonel Massu qui reprend la ville à l'issue d'une action très brutale. Il inflige de lourdes pertes au Viêt-minh qui ne pouvait lutter contre une troupe parfaitement aguerrie par ses campagnes antérieures, les soldats ayant pour la plupart déjà combattu au sein des FFL ou de l'Armée de la Libération durant la Seconde Guerre mondiale. L'empereur Bao Dai avait exigé de Leclerc que le groupement Massu fût renvoyé à Saïgon et que le colonel – qui ne s'était pas embarrassé de faire des prisonniers – fût immédiatement rapatrié en France.

Expédition de Suez

Jacques Massu quitte l'Indochine pour devenir parachutiste. Il prend d'abord la tête de la 1re demi-brigade coloniale de commandos parachutistes en Bretagne de 1947 à 1949. En 1951 il prend le commandement de la 4e brigade d'AOF à Niamey où est construit sous son autorité, le fort Massu près de Timia au cœur de l’Aïr. En 1954, il est affecté en Tunisie comme adjoint au commandant de la 11e DI puis comme commandant de la zone opérationnelle nord, au Kef. En juin 1955, devenu général de brigade, il commande le Groupe parachutiste d'intervention devenu en 1956 la 10e division parachutiste, connue par la suite sous le nom de division Massu[Par qui ?] avec laquelle il débarque le à Port-Saïd (Égypte), lors de l'opération de Suez. Après avoir pris la ville, il combat aux côtés des Britanniques qu'il rejoint pour prendre Ismaïlia. L'opération tourne court à la suite du rappel des troupes par les gouvernements français et britanniques sous la pression conjointe des États-Unis et de l'URSS.

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Guerre d'Algérie

Il est alors affecté en Algérie, à la tête de la 10e division parachutiste. Le , le ministre-résident dans la colonie française, Robert Lacoste, confie tous les pouvoirs de police à l'armée afin de faire cesser les activités du Front de libération nationale (FLN) dans la capitale algérienne. Les quatre régiments de la 10e division parachutiste quadrillent alors la ville, employant tous les moyens pour éradiquer le réseau bombes de Yacef Saadi et trouver ses caches. C'est la bataille d'Alger qu'il remporte avec des méthodes brutales. Sous ses ordres officient notamment Roger Trinquier (théoricien de la guerre subversive dans son ouvrage La Guerre moderne) et Paul Aussaresses. Ce dernier supervise la mise en place du système de renseignement qui comprend l'usage de la torture et les exécutions sommaires. Le général Massu raconte avoir fait sur lui-même l'expérience de la gégène.

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Le , des manifestations éclatent en Algérie faisant suite à l'exécution de trois soldats français par le FLN. Lors de l'invasion par la foule du siège du gouvernement général, Massu est le seul, grâce à sa popularité, à pouvoir se faire entendre. Faute de pouvoir enrayer le mouvement, il en prend la tête et fonde un comité de salut public dont il se nomme président et qui exige du président René Coty la création d'un gouvernement de salut public. Cet épisode accélère le retour au pouvoir de Charles de Gaulle afin de mettre fin à la crise de mai 1958.

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En juillet 1958, Jacques Massu reçoit ses étoiles de général de division et prend, en décembre, la tête du corps d'armée d'Alger en exerçant simultanément les fonctions de préfet régional pour l'Algérois.

En janvier 1960, Massu critique la politique du président de la République en Algérie, dans un entretien accordé au Süddeutsche Zeitung de Munich. Bien qu'il démente les propos tenus, il est rappelé à Paris et est démis de son poste de commandant du corps d'armée d'Alger. La nouvelle provoque une réaction violente concrétisée par la semaine des barricades à Alger.

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Il ne participe pas au putsch des généraux du , conduit par quatre généraux de l'armée française (Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller). En septembre 1961, il est nommé gouverneur militaire de Metz et commandant de la 6e région militaire.

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En mars 1966, il est nommé commandant en chef des forces françaises en Allemagne, en résidence à Baden-Baden où, le , Charles de Gaulle vient le consulter en pleine tourmente de Mai 68. Son rôle politique à cette occasion est controversé. En juillet 1969, il quitte ses fonctions dans l'armée d'active et entre dans la 2e section des officiers généraux.

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Vivant retiré, à partir de , dans sa demeure gâtinaise de Conflans-sur-Loing, Jacques Massu consacra de nombreuses années à l'écriture de ses mémoires. Il meurt le à 94 ans.

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Décorations

Legion Honneur GC ribbon.svg Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg
Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg
Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Medaille commemorative des Services Volontaires dans la France Libre ribbon.svg Dso-ribbon.png
Ordre du Nichan el-Anouar GO ribbon.svg Ordre de l'Etoile Noire GO ribbon.svg GER Bundesverdienstkreuz 6 GrVK Stern Band.svg
U.S. Army and U.S. Air Force Presidential Unit Citation ribbon.svg

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( Source : Wikipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Massu  )

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Connu pour sa participation au " putsch des généraux ", le général Raoul SALAN.

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Raoul Salan, né le à Roquecourbe (Tarn) et mort le à Paris

Il va entrer à Saint-Cyr avec une dispense d'âge en 1917.

Engagé pour la durée de la guerre le , il est admis à École spéciale militaire de Saint-Cyr le dans la promotion La Fayette. Sorti aspirant le , il est affecté au 5e régiment d’infanterie coloniale (RIC) à Lyon le .

Chef de section à la 11e compagnie, il participe aux combats dans la région de Verdun (Saint-Mihiel, Les Éparges, Fort de Bois-Bourru, Côte de l’Oie, Cumières-le-Mort-Homme). Il est cité à l’ordre de la brigade par l’ordre en date du 29 décembre 1918.

 

Il est affecté à l’armée d’occupation en Allemagne jusqu’en mai 1919, puis il retourne à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le 7 mai 1919. Il est nommé sous-lieutenant à titre définitif le 21 septembre 1919 et affecté au régiment d’infanterie coloniale du Maroc (actuel régiment d'infanterie-chars de marine), à Landau, dans le sud-ouest de l'Allemagne, le 3 décembre 1919.

Sur sa demande, il est envoyé au Levant au 17e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS), en tant que chef de poste à Radjou, en Syrie mandataire sur la frontière avec la Turquie. Il est promu lieutenant le 11 septembre 1921, grièvement blessé au combat d’Accham le 24 octobre 1921.

Il est à nouveau cité, à l’ordre de l’armée et nommé chevalier de la Légion d'honneur, il est décoré sur son lit d’hôpital, à Alep, par le général Gouraud, haut-commissaire au Levant.

 

Il fait l'objet d'un rapatriement sanitaire le 25 janvier 1922, est soigné à l’hôpital Sainte-Anne à Toulon, puis au Val-de-Grâce à Paris, est affecté pendant sa convalescence au 23e RIC à Paris et désigné sur sa demande pour l’Indochine le 2 janvier 1924.

Il est alors affecté au 3e régiment de tirailleurs tonkinois comme adjoint au chef de poste de Nguyen-Binh (Tonkin) qu’il rejoint le 15 avril 1924. Détaché hors-cadre le 14 décembre 1924, il est délégué administratif du Commissaire du gouvernement chef de la province du Haut-Mékong, à Muong Sing, aux confins de la Chine, de la Birmanie et du Siam, du 15 avril 1925 au 26 mai 1928. Après un retour en métropole du 6 juillet 1928 au 2 août 1929, il assure, en position hors-cadre, l’intérim du Commissaire du Gouvernement, Lapeyronie, pour la province du Haut-Mékong, à Houei Sai. Il est promu capitaine le 25 mars 1930 et retourne à Muong Sing en mars 1931, rédige un Manuel de lecture de la langue « Lu » et « Youne » avec traduction correspondante en langue laotienne ». Il quitte l’Indochine pour la métropole le 28 avril 1933.

Il prend le commandement de la Compagnie d'essais techniques le et participe avec cette unité à des manœuvres au Larzac au printemps 1934, puis est renvoyé en Indochine le , où il prend le commandement comme capitaine de la 6e compagnie du 19e régiment mixte d’infanterie coloniale tout en assumant les fonctions de délégué administratif de Dinh-Lap au Tonkin.

Avec son fils Victor âgé de cinq ans, il revient le 8 avril 1937 en métropole Il est détaché au ministère des Colonies le 1er septembre 1937, comme adjoint au chef du 2e bureau (renseignement), est promu au grade de commandant le 22 mars 1938, devient chef du Service de renseignement intercolonial et est en relation quotidienne avec Georges Mandel, ministre des Colonies à partir d’avril 1938.

 

Il mène à l’automne 1939, après la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, une mission secrète au Caire et à Khartoum d’aide à la résistance abyssine contre l’occupation de l’Éthiopie par les troupes italiennes.

 

Il revient à Paris le 19 novembre 1939. En janvier 1940 il prend la tête d’un bataillon du 44e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais.

Le 5 juin 1940, Salan est avec son bataillon en première ligne sur la Somme lorsque les Allemands déclenchent leur offensive après l’encerclement et la défaite des forces françaises et britanniques dans la poche de Dunkerque. Il se replie sur ordre avec les restes de son bataillon en menant des actions retardatrices sur la Seine puis sur la Loire.

Il est cité deux fois à l’ordre du régiment par ordres des 12 et 13 juillet 1940, puis à l’ordre de l’armée et promu officier de la Légion d'honneur le 21 août 1940.

Il est ensuite détaché à l’état-major général des Colonies, au Secrétariat d’État aux Colonies à Vichy, le 16 juillet 1940. Il est promu lieutenant-colonel le 25 juin 1941.

Il est désigné pour servir en Afrique-Occidentale française (AOF) le 24 septembre 1941.Le 8 mars 1942 après un séjour à Alger,il rejoint Dakar où il est affecté comme chef du 2e bureau (renseignements) à l’état-major du général Barrau, commandant supérieur en AOF. En sa compagnie, il effectue une tournée du Sénégal, du Soudan français et de la Guinée. Il rédige avec son équipe et celle du 3e bureau une « Instruction sur la conduite de la guerre sur les arrières de l’ennemi » diffusée jusqu’à l’échelon de la compagnie. Il est promu colonel le 25 juin 1943.

Il est désigné pour continuer ses services en Afrique du Nord et arrive à Alger le 31 août 1943 où il est affecté au 2e bureau de l’état-major de l’armée de terre, chargé de l’action psychologique et de la direction du journal Combattant 43 dont l’un des collaborateurs est le peintre André Hambourg. Évincé de son poste par André Le Troquer, commissaire à la Guerre et à l’Air, pour avoir refusé de publier le compte rendu d’une conférence de celui-ci mettant en cause l’honneur des cadres de l’armée de 1939-1940, il est mis à la disposition de la 9e division d’infanterie coloniale (DIC) sous les ordres du général Magnan le 4 mai 1944.

Il prend le commandement du 6e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS), en Corse, le 30 mai 1944. Il rencontre pour la première fois à Bastia, le 16 juin 1944, le général de Lattre de Tassigny qui a demandé à voir le 6e RTS et son colonel.

Il participe au débarquement de Provence à la tête de son régiment avec lequel il débarque le 19 août 1944 au matin sur la plage de La Nartelle dans le Var. Il atteint Toulon le 26 août 1944, après six jours de combats intenses sur l’axe Solliès-Pont, La Farlède, La Valette-du-Var et Toulon. Le 6e RTS déplore 587 tués, blessés et disparus. Une citation à l’ordre de l’armée rend hommage à ces actions.

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Il quitte Toulon le 9 septembre avec son régiment reconstitué par incorporation d'éléments des Forces françaises de l'intérieur (FFI) qui « blanchissent » progressivement le régiment. Par note du 13 octobre 1944, le 6e RTS devient le 6e régiment d’infanterie coloniale (RIC).

Le 14 novembre 1944, le 6e RIC démantèle la résistance allemande dans la poche du Doubs. Le 23 novembre, le régiment est à Blotzheim, dans le sud du Haut-Rhin, alors que les Allemands tiennent de solides têtes de pont sur la rive française du Rhin ; par la suite, il libère Village-Neuf, Huningue, Loechle et l’usine hydro-électrique de Kembs.

Il est appelé au commandement de l’infanterie de la 9e DIC. Raoul Salan est promu général de brigade le 25 décembre 1944. Il a 45 ans. Il participe à la réduction de la poche de Colmar à la fin de janvier et au début de février 1945. Il est cité à l’ordre de l’Armée et promu commandeur de la Légion d'honneur.

Le 20 février 1945, il prend le commandement de la 14e division d’infanterie, l’ancienne division du général de Lattre reconstituée à partir d’unités issues des FFI et de FTP (Francs tireurs et partisans), dont la brigade Alsace-Lorraine aux ordres d’André Malraux. Il termine la guerre sur le front européen près de Donaueschingen dans la Forêt-Noire.

Il est cité deux fois à l’ordre de l’Armée, les 29 avril et 2 décembre 1945 pour son action à la tête du 6e RIC et à la tête de l’infanterie de la 9e DIC.

 

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Octobre 1945 : retour en Indochine en tant que Commandant des forces françaises de Chine et d’Indochine du Nord.

Janvier 1946 : participe aux négociations concernant le départ des troupes chinoises, du Tonkin.

Février 1946 : fait la connaissance d'Hô Chi Minh.

Avril-mai 1946 : participe aux négociations avec Hô Chi Minh à Đà Lạt.

Juillet-septembre 1946 : accompagne Hô Chi Minh aux négociations de Fontainebleau.

Mai 1947 : commande les troupes françaises dans le Nord du Viêt-Nam.

 : général de division.

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Février-avril 1948 : assure l'intérim du général Valluy remplacé par le général Blaizot comme commandant en chef en Indochine.

6 décembre 1950 - 5 janvier 1952 : adjoint militaire du général de Lattre de Tassigny, haut commissaire en Indochine.

 : général de corps d'armée.

11 janvier 1952 : mort du général de Lattre.

6 janvier 1952 - 8 mai 1953 : commandant en chef en Indochine.

Juin - octobre 1954 : adjoint militaire du général Ely, haut commissaire en Indochine.

20 septembre : en désaccord avec le général Ely il demande et obtient son rappel en France.

9 octobre : il quitte l'Indochine. Il est remplacé par le général Pierre-Élie Jacquot.

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Guerre d'Algérie (1956-1958)

Après un intermède parisien de 1954 à 1955, le général Salan est nommé, le , commandant supérieur Interarmées de l'Algérie (10e région militaire) en remplacement du général Henri Lorillot. Il prend ses fonctions à Alger le .

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Crise de mai 1958

Le 13 mai 1958, après la mise à sac du bâtiment de la Délégation générale en Algérie par des manifestants, il donne son accord au général Massu pour que celui-ci entre dans le Comité de salut public alors formé à Alger. Dans la soirée, le président du conseil démissionnaire, Félix Gaillard, lui délègue les pouvoirs civils et militaires en Algérie. Dans la nuit, Pierre Pflimlin, qui vient d'être investi président du Conseil par l'Assemblée nationale, confirme cette délégation.
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Le 15 mai, Raoul Salan termine, devant une foule rassemblée à Alger, un discours par « Vive la France ! Vive l’Algérie française ! » puis, poussé par le gaulliste Léon Delbecque, il ajoute « Vive de Gaulle ! ». Cette intervention contribue au retour du général de Gaulle, qui est nommé président du conseil le 29 mai et investi par l'Assemblée nationale le 1er juin.

Le 6 juin, Raoul Salan reçoit du général de Gaulle la charge et les attributions de délégué général du gouvernement en Algérie cumulées avec celles de commandant en chef des forces en Algérie.

Le , Paul Delouvrier est nommé délégué général, et le lendemain, le général Maurice Challe succède au général Salan comme commandant en chef ayant reçu délégation de pouvoirs du gouvernement. De Gaulle, voulant réduire le pouvoir de l'armée coloniale qui a été pétainiste et a presque tous les pouvoirs, nomme Salan comme inspecteur général de la Défense nationale, poste honorifique puis gouverneur militaire de Paris le 5 février 1959.

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Le général Salan quitte le service actif le 10 juin 1960.

Il s’installe à Alger avec sa famille le 30 juillet 1960.

Le 11 septembre 1960, de passage à Paris, il se voit notifier l'interdiction de retourner à Alger.

Le 26 octobre 1960, il donne une conférence de presse à l'hôtel de la gare d’Orsay pour réaffirmer son attachement à l’Algérie française.

À la fin du mois d’octobre 1960, menacé d’arrestation, il s'exile volontairement en Espagne.

 

Putsch des généraux et OAS (1961-1962)

Partisan de l'Algérie française, Salan dirige l'OAS après l'échec du putsch des généraux en 1961. Il est arrêté à Alger le vendredi après un an de clandestinité et le , après avoir revendiqué ses responsabilités à la tête de l’OAS, est condamné par le Haut Tribunal militaire à la peine de détention criminelle à vie, verdict que le chef de l’État — souhaitant que Salan soit fusillé — considérait trop clément, ce qui entraînera la dissolution du tribunal par le général de Gaulle le , alors que le général Jouhaud avait été condamné à mort par le même tribunal le 13 avril précédent. Le , il est transféré en même temps que le général Jouhaud à la prison de Tulle où sont incarcérés les officiers généraux et supérieurs impliqués dans les combats pour l’Algérie française.

Le , dernier occupant de la prison de Tulle, il est libéré par grâce présidentielle à la suite des événements de mai 1968.

 

Entre 1970 et 1974, il publie ses Mémoires couvrant la période 1918-1960, sous le titre Fin d’un Empire. En 1975, il publie Indochine Rouge, le message d’Hô Chi Minh.

À la suite de l’amnistie votée par le Parlement en 1982, il est réintégré dans ses prérogatives de général d’armée et de grand-croix de la Légion d'honneur.

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Malade à partir de mai 1984, il meurt le 3 juillet 1984 à l’hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce.

 

Il repose au cimetière de Vichy. L'inscription sur sa tombe porte seulement, en plus de son prénom, de son nom et des années de naissance et de mort, la mention : « Soldat de la Grande Guerre ».

 

 

 

Décorations

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Décorations françaises

Décorations étrangères

 

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( Source :    Wikipédia       https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Salan      )   

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Merci pour toutes ces biographies Bouchon-Gras, mais ne devrait-on pas plutôt mettre le général Challe dans un sujet sur les grands personnages de l'Armée de l'Air ?

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Tu as raison, partis dans l’enthousiasme du sujet, j'ai totalement omis cette différence d'arme.

Tu as raison, je vais ouvrir un second sujet.

 

Je reprends donc avec le colonel Pierre CHATEAU-JAUBERT alias Conan.

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Pierre Yvon Alexandre Jean Chateau-Jobert (alias Conan) est un officier supérieur de l'armée française, combattant de la Seconde Guerre mondiale (et à ce titre, compagnon de la Libération) et des guerres d'Indochine et d'Algérie, né à Morlaix le , et décédé à Caumont-l'Éventé dans le Calvados le à l'âge de 93 ans.

( Je découvre qu'il est décédé à quelques kilomètres de chez mes parents... )

Son père ayant été tué au front en 1915, il est pupille de la Nation, il fait ses études à Morlaix, au collège Stanislas à Paris et au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc où deux pleurésies successives l’empêchent de préparer l’École navale. Après son service militaire qu’il effectue en 1934-1935, il reste dans l’armée et suit, comme sous-lieutenant, les cours de l’École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau. Affecté au 154e régiment d’artillerie, il suit les cours de l’école d’observateurs en avion de Dinan. Blessé durant la bataille de France, il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres, à Londres, le , sous le nom de Conan, afin que sa famille ne souffre pas de représailles des Allemands. Ce surnom lui restera toute sa vie. Marié a Douala a Noel 1940 avec l'infirmière militaire et résistante Lucienne Delcuze .

Lieutenant à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE), il se bat en Érythrée, en Syrie et en Libye où il est blessé en . Le , capitaine, il prend le commandement du 3e SAS qui devient, en , le 3e régiment de chasseurs parachutistes (RCP). Le 3e RCP opère sur les arrières de l’ennemi, par petites unités, dans des régions non encore libérées du territoire métropolitain, du Poitou à la Bourgogne. Chef de bataillon en , il transmet le commandement du régiment au lieutenant-colonel de Bollardière.

Il crée, par la suite, le Centre École de parachutisme militaire, basé à Lannion, puis à Pau-Idron.

Indochine

Adjoint du colonel de Bollardière, puis commandant de la Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes SAS, il est engagé à la fin de 1947 et en 1948, au Cambodge, en Cochinchine et en Annam. Après un séjour à Vannes-Meucon où il commande en second la 1re DBCCP auprès du colonel Gilles, il retourne en Indochine en 1950, comme lieutenant-colonel, à la tête de la 2e DBCCP, pour se battre au Tonkin et en Cochinchine jusqu’en . Le , alors que Château-Jobert s'apprête à quitter l’Indochine, à la fin de son deuxième séjour, le général Salan, commandant en chef des forces en Extrême-Orient préside la cérémonie d’adieux.

Algérie

Après un passage en métropole, il est affecté à l’état-major des Forces terrestres, maritimes et aériennes à Alger de 1953 à 1955, puis, en , au commandement du 2e régiment de parachutistes coloniaux (RPC).

Suez

Colonel, lors de l’affaire de Suez, le , il est parachuté au sud de Port-Saïd à la tête d’une partie de son régiment renforcée de commandos du 11e Choc et y atteint tous ses objectifs jusqu’à l’ordre du cessez-le-feu. L'autre partie du régiment commandée par le lieutenant colonel Albert Fossey-François saute avec succès sur Port-Fouad le même jour.

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Dans les premiers jours de 1957, le colonel Château-Jobert, après l’affaire de Suez, de retour en Algérie vient se présenter au général Salan, commandant supérieur interarmes. Il lui fait part de sa déception de ne pas avoir reçu l’ordre de pousser ses parachutistes au-delà de Port-Saïd et de Port-Fouad, jusqu’au Caire et à Suez. En 1957, il commande à Bayonne la Brigade de parachutistes coloniaux où il succède au général Jean Gracieux.

Dans les semaines qui suivent le , il est en liaison avec des délégués d’Alger, tel le commandant Robert Vitasse.

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OAS

En 1959-1960, il est auditeur à l’IHEDN et suit les cours du CHEM. Affecté au Niger en , il se solidarise avec les officiers qui, le , autour du général Maurice Challe, ont pris le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d’arrêts de forteresse. Le , alors qu’il est affecté à l’état-major de l’amiral préfet maritime de Cherbourg, il rejoint clandestinement l’Algérie et se met aux ordres du général Salan, chef de l’OAS.

À la fin du mois de janvier 1962, à son arrivée à Alger, Pierre Château-Jobert est d'abord reçu par Jean-Jacques Susini, puis par le général Salan qui lui confie le commandement de l’OAS du Constantinois qui manque chroniquement de cadres supérieurs. Cette nomination est officialisée par une note de service du général Salan diffusée largement en Algérie. Responsable du Constantinois, il y retrouve le lieutenant Michel Alibert et y noue, en vue de leur ralliement, de nombreux contacts avec des officiers supérieurs et subalternes des régiments qui y sont stationnés, 13e Dragons, 6e Cuirassiers et 2e REC - (Le général Michel Multrier, commandant de la zone Est Constantinois dira : « l’OAS progresse vite dans le Constantinois quand Château-Jobert en prend la tête »).

 

Désapprouvant les « Accords Susini-Mostefaï », il quitte l’Algérie le à bord d’un cargo qui le ramène en métropole. Clandestin, en France et en Espagne, il continue son combat ; en 1965, il est condamné à mort par contumace pour son action au sein de l'OAS. Il réapparaît à Morlaix le , après la première amnistie de .

Il met à profit ses années de clandestinité pour étudier les idées de la Contre-révolution catholique.

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Gracié en 1968, Chateau-Jobert retourne, dans le Finistère, à sa ville natale de Morlaix en 1969  où il se consacra à l'écriture de livres de doctrine d'action politique, et publie plusieurs ouvrages d'analyse et de réflexion, basés sur son vécu militaire personnel, ayant toujours cherché à comprendre les guerres qu'il faisait.

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Un buste à son effigie a été inauguré le dans l'enceinte de l'École des Troupes Aéroportées de Pau.

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Distinctions

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( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Chateau-Jobert    )

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Pour revenir aux membres du putsch d'Alger, le général André ZELLER.

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André Zeller, né le à Besançon et mort à Paris le

Né le à Besançon, André Zeller entre en classe préparatoire au collège Stanislas, à Paris, pour préparer le concours de l’École polytechnique quand la Première Guerre mondiale est déclarée.

Il s'engage pour la durée du conflit en mai 1915, à seulement 17 ans, ayant fini par obtenir de guerre lasse l'autorisation de son père. Il fait ses classes de canonnier à Maisons-Alfort au dépôt du 59e régiment d’artillerie. Il est reçu au concours d'élève officier et rentre à l'école de l'artillerie de Fontainebleau le 25 juin.

A la fin octobre il est affecté au 8e régiment d’artillerie. Il participe aux combats de Verdun. Ainsi son groupe s'installe du 1er au 6 juin 1916 au calvaire d'Esnes à 1 500 m des Allemands en vue du Mort-Homme et y subit un incessant bombardement allemand. Il y gagne une citation à l'ordre du régiment. Il prend part à la front de la Somme au coté du 20e corps d'armée avant d'être renvoyé six semaines en cours à Fontainebleau.

Promu sous-lieutenant, André Zeller est affecté au 27e régiment d’artillerie qui fait partie du 1er corps d'armée. Il est désigné comme officier de liaison avec l'infanterie. De novembre 1916 à février 1917, il séjourne dans le secteur de Champagne. Transporté dans l'Aisne il assiste le 16 avril au début désastreux de la bataille du chemin des dames (anéantissement de deux des trois bataillons du 208e régiment d’infanterie, destruction en quelques minutes d'un groupe du 13e régiment d’artillerie ayant avancé fidèlement à l'ordre d'opération, incendie des chars du commandant Bossut à Berry-au-Bac).

Il participe à quatre batailles de l'offensive des Flandres entre le 31 juillet et le 23 octobre 1917. Le 1er décembre il est de nouveau envoyé à Fontainebleau pour y suivre durant trois mois un cours de "commandants de batterie de la victoire".

De retour le 23 mars 1918 au 27e régiment d’artillerie dans l'Aisne il est dépité d'être désigné à l'état-major du régiment comme officier de transmissions du régiment. Entre les 5 et 15 avril 1918 son régiment est mis à la disposition de la 151e division d’infanterie du général des Vallières engagée au nord de l'Ailette pour protéger son repli au sud de la rivière. Dans les derniers jours d'avril André Zeller est nommé lieutenant.

Cantonné dans la région de Beauvais, il participe à des manœuvres de division. A la fin de celles-ci le 23 mai, le général Mignot commandant la 2e division d’infanterie explique que les Allemands s'essoufflent, qu'ils ne pourront renouveler leurs efforts de mars et d'avril, que la grippe met leurs unités sur le flanc, que le point critique est dépassé. Le 27 mai, les Allemands rompent le front français dans le secteur du chemin des dames tenu par la 6e armée. Le général des Vallières est tué. Le général Duchêne est limogé. C'est le début de la Seconde bataille de la Marne.

Du 28 mai au 2 juin, André Zeller découvre la guerre de mouvements et la pagaille des ordres successifs son unité ayant pour mission de barrer la route de Paris aux allemands. Il doit vite économiser le fil téléphonique, celui-ci étant abandonné à chaque mouvement du régiment. Installé avec le PC du régiment au château de Bourneville à Marolles pour faire face aux allemands maintenant sur l'Ourcq, André Zeller attrape la grippe espagnole. A moitié inconscient pendant trois jours, il mettra plusieurs semaines avant de s'en remettre complétement.

Après l'échec de l'ultime offensive allemande du 15 juillet en Champagne et sur la Marne, il participe du 18 au 28 juillet à la contre-offensive alliée victorieuse. Entretemps le 23 juillet, il quitte ses vingt téléphonistes pour être nommé commandant de batterie. Son unité passe ensuite à la 10e armée et erre au gré des ordres pendant une quinzaine de jours. Elle est engagée à partir du 15 août dans les violents combats de la bataille de l'Aisne à l'Ailette.

Le 12 septembre son régiment est embarqué pour un secteur calme dans le Territoire de Belfort où il retrouve les paysages de sa jeunesse. Il obtient une permission de 8 jours pour assister aux obsèques de la plus jeune de ses sœurs emportée par la grippe espagnole. André Zeller retrouve son régiment en route pour le front de Lorraine et a la mauvaise surprise d'apprendre qu'il doit céder sa place de commandant de la 3e batterie à un lieutenant plus âgé. Le jour de l'armistice son régiment traverse Nancy devant une population en apparence indifférente.

Le 19 novembre, il s'échappe en carriole avec deux lieutenants pour assister à l'entrée officielle à Metz et voir en début d'après-midi des troupes de la 10e armée, acclamées par une foule en liesse, défiler devant le général Pétain, nommé maréchal à midi, impassible sur son cheval blanc suivi du général Buat et de vingt-cinq officiers du GQG.

André Zeller entre avec son régiment en Allemagne par la Sarre et défile le 14 décembre 1918 devant le général Mangin à Mayence puis passe sur la rive droite du Rhin et séjourne deux mois dans de petits villages du Taunus.

 

Campagne de Cilicie

Le 20 février 1919 il rejoint, à contre-cœur, le centre de préparation à Polytechnique mis sur place à Strasbourg. A l'été, il échoue à l'examen d'entrée, mais reste dans l'armée et rejoint son régiment en garnison à Saint-Omer puis à Bailleul. Il est ensuite affecté au 60e régiment d’artillerie à Strasbourg.

En juillet 1920, il est désigné pour un théâtre d'opération extérieur. Il choisit le Levant de préférence au Maroc. Avant de partir, il assiste en Basse-Alsace aux cérémonies du cinquantenaire des combats de 1870.

André Zeller s'embarque le 22 novembre 1920 sur le cargo Jérusalem manœuvré par un équipage russe blanc. Huit jours plus tard il débarque à Beyrouth siège du quartier général de l'Armée du Levant. Il reçoit sans plaisir son ordre d'affectation à la 2e section mixte de munitions. Après une semaine de conférences au cercle militaire, il prend le train et rejoint le 8 décembre le quartier général de la deuxième division du Levant à Alep, puis le 12 décembre la station de chemin de fer de l'oued Sadjour.

Au sein du convoi-navette qui approvisionne les troupes du colonel Andréa engagées dans le siège d'Aïntab, il a sous son commandement pour le transport des munitions : 250 hommes, 100 voitures araba et 350 chevaux et mulets.

Après le départ du général Goubeau et des éléments de la quatrième division du Levant qui ont pendant trois semaines renforcé le siège d'Aïntab, André Zeller est nommé au commandement d'une batterie de 75, la 3e batterie du 273e régiment d'artillerie.

Il participe au début de l'année 1921 au siège et à la prise aux Turcs d'Aïntab. Dans la suite de l'année 1921, il mène diverses opérations le long de l'Euphrate.

Entre-deux-guerres

Promu au grade de capitaine en 1928, il est admis à l'École supérieure de Guerre en 1931. Il sert à l'état-major du 19e corps à Alger en 1935. Commandant en 1938, il est chef de la mission française des transports en Belgique auprès du roi des Belges.

Seconde Guerre mondiale

Il est à Bruges le 27 mai 1940, au moment de la reddition de l’armée belge. Échappant à l'encerclement à Dunkerque, il embarque le 29 mai 1940 sur un chasseur de sous-marins français à La Panne, entre Dunkerque et Nieuport. Après un bref séjour à Londres et revenu en France, il est nommé « régulateur général » de la VIIe armée (général Frère) au début de juin.

Muté sur sa demande en Afrique du Nord, il arrive à Alger le 26 septembre 1940 comme « Directeur militaire des transports ». Promu Lieutenant-colonel en août 1942, il devient chef d’état-major du général Mast, commandant la division d’Alger, quelques jours avant le débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Chef de l’état-major de la Division de marche d’Alger, il participe à la campagne de Tunisie de novembre 1942 à mai 1943.

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De décembre 1943 à juillet 1944, il est sous-chef d’état-major du Corps expéditionnaire français en Italie commandé par le général Juin. Le 16 août 1944, à l’état-major du général de Lattre, commandant de l’armée B, il débarque sur les côtes de Provence et prend peu après le commandement de l’artillerie de la 3e D.I.A. puis de la 1re D.B. avec laquelle il mène les combats des Vosges, participe à la « course au Rhin » et à la réduction, au début de 1945, de la poche de Colmar.

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Guerre d'Algérie

Directeur de l’Artillerie et commandant en second l’École de guerre, il est promu général de brigade en 1946, puis nommé inspecteur de l’artillerie. Général de division en 1950, commandant la 3e région militaire à Rennes de 1951 à 1955, il est appelé au poste de chef d’état-major de l’armée par le général Koenig, ministre de la Défense et des Forces armées, en 1955, et prend rang de général de corps d’armée.

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Il démissionne de son poste en février 1956 pour protester contre une diminution d’effectifs en Algérie décidée par le gouvernement. Le 19 décembre 1957, il est nommé général d’armée dans la 2e section des officiers généraux de l’armée de terre.

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Réintégré dans la 1re section le 1er juillet 1958, après le retour au pouvoir du général de Gaulle, il reprend ses fonctions de chef d’état-major de l’armée qu’il conserve jusqu’au 1er octobre 1959, date à laquelle il passe définitivement en deuxième section.

 

Putsch des généraux

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Il participe au Coup d'État d'Alger du 21 au 25 avril 1961 avec les généraux Challe et Jouhaud, bientôt rejoints par le général Salan2. Chargé des affaires économiques et financières, il n'a tout au plus qu'un mois de ressources pour payer les soldes des putschistes3. Caché un moment à Alger après son échec, destitué, il se rend le 6 mai 1961 au général de Belenet, à Alger, est incarcéré à la prison de la Santé. Comme le général Challe, il est condamné à quinze ans de détention criminelle et à la privation de ses droits civiques par le Haut tribunal militaire après que le procureur de la République, Antonin Besson, eut refusé de requérir la peine de mort exigée par Edmond Michelet, ministre de la Justice. Interné à la maison de détention de Clairvaux puis à celle de Tulle, il est libéré en juillet 1966 et amnistié en 1968.

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Il meurt à Paris le 18 septembre 1979. Sa tombe se trouve à Menetou-Salon.

 

 

Décorations

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' Source : Wikipédia     https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Zeller  )

 

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Autre acteur du putsch, grand officier, Hélie de SAINT MARC.

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Hélie Denoix de Saint Marc, dit Hélie de Saint Marc, né le à Bordeaux et mort le à La Garde-Adhémar (Drôme)

 

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Il bénéficie de l'éducation des Jésuites. Poussé par le directeur de son collège, le père Bernard de Gorostarzu, il entre dans la Résistance (réseau Jade-Amicol) en février 1941, à l'âge de dix-neuf ans après avoir assisté à Bordeaux à l'arrivée de l'armée et des autorités françaises d'un pays alors en pleine débâcle. Arrêté le à la frontière espagnole à la suite d'une dénonciation, il est déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald.

Envoyé au camp satellite de Langenstein-Zwieberge où la mortalité dépasse les 90 %, il frôle la mort à deux reprises, au moins, mais bénéficie pour une première fois de l'aide d'un infirmier français qui parvient à obtenir des médicaments pour le soigner et une seconde fois, de la protection d'un mineur letton qui le sauve d'une mort certaine. Ce dernier partage avec lui la nourriture qu'il vole et assume l'essentiel du travail auquel ils sont soumis tous les deux. Lorsque le camp est libéré par les Américains, Hélie de Saint Marc gît inconscient dans la baraque des mourants. Il a perdu la mémoire et oublié jusqu’à son propre nom. Il est parmi les trente survivants d'un convoi qui comportait plus de 1 000 déportés.

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À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, âgé de vingt-trois ans, il effectue sa scolarité à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion Nouveau Bahut (1945-1947) .

 

 

Hélie de Saint Marc part en Indochine française en 1948 avec la Légion étrangère, affecté au 4e REM puis au 3e REI. Il vit comme les partisans vietnamiens, apprend leur langue et parle de longues heures avec les prisonniers Viêt-minh pour comprendre leur motivation et leur manière de se battre. Commandant de la Compagnie d’Intervention en Haute-Région, c'est-à-dire le Tonkin, il est en effet chargé de recruter, de former et de commander des partisans autochtones à la frontière avec la Chine : opération de contre-guérilla et protection des populations hostiles au Viet-Minh.

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Affecté au poste-frontière de Tà Lùng, au milieu du peuple minoritaire Tho, il voit le poste qui lui fait face, à la frontière, pris par les communistes chinois. En Chine, les troupes de Mao viennent de vaincre les nationalistes et vont bientôt ravitailler et dominer leurs voisins vietnamiens. La guerre est à un tournant majeur. La situation militaire est précaire, l'armée française connaît de lourdes pertes. Après dix-huit mois, Hélie de Saint Marc et les militaires français sont évacués, comme presque tous les partisans, mais pas les villageois. « Il y a un ordre, on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs », lui répond-on quand il interroge sur le sort des villageois.

Son groupe est obligé de donner des coups de crosse sur les doigts des villageois et partisans voulant monter dans les camions. « Nous les avons abandonnés ». Les survivants arrivant à les rejoindre leur racontent le massacre de ceux qui avaient aidé les Français. Il appelle ce souvenir des coups de crosse sur les doigts de leurs alliés sa blessure jaune et reste très marqué par l'abandon de ses partisans vietnamiens sur ordre du haut-commandement.

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Il retourne une seconde fois en Indochine en 1951, au sein du 2e BEP (Bataillon étranger de parachutistes) basé à Hanoï, peu de temps après le désastre de la RC4, en octobre 1950, qui voit l'anéantissement du 1er BEP. Il commande alors au sein de ce bataillon la 2e CIPLE (Compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère) constituée principalement de volontaires vietnamiens. Son unité intervient dans l'ensemble des secteurs de l'Indochine française : la Rivière Noire, Bataille de Na San, Plaine des Jarres, Nghia Lo, Tonkin, etc. Ce séjour en Indochine est l'occasion de rencontrer le chef de bataillon Raffalli, chef de corps du 2e BEP, l'adjudant Bonnin et le général de Lattre de Tassigny, chef civil et militaire de l'Indochine, qui meurent à quelques mois d'intervalle.

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En 1953, Saint-Marc intègre brièvement le 11e régiment parachutiste de choc, service action du SDECE (services secrets français). Le secret défense interdisant toute communication sur les actions de ces unités, il n'existe aucune information sur ce passage, mais il est probable qu'il ait alors continué à servir en Indochine lors de cette période.

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Il intègre le 1er régiment étranger de parachutistes en 1954 et livre les derniers combats de la guerre près d’Haïphong, Tourane et Hué. Commandant de compagnie, il a sous ses ordres le lieutenant Jean-Marie Le Pen. Le 1er REP est rapatrié et s'installe sur une base à Zéralda, dans les départements d'Algérie. Saint-Marc, toujours commandant de compagnie, intervient dans tout le pays lors des premiers troubles marquant les débuts de la guerre d'Algérie.

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En 1956, il participe avec le 1er REP à l'expédition de Suez.

 

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Après les opérations de Suez, Hélie de Saint Marc, ainsi que son unité, reprennent leur action en Algérie, avant de devenir le directeur de cabinet du général Massu et officier de presse pendant la bataille d'Alger. De la torture systématisée par le gouvernement militaire qu'il représente, il la justifiera par la prévention des attentats en déclarant des années plus tard « accepter certains moyens condamnables pour éviter le pire ».

En avril 1961, il participe – à la tête du 1er Régiment étranger de parachutistes qu'il commande par intérim – au putsch des généraux, recruté par le général Challe qui dirige le coup de force à Alger. Cette tentative de coup d'État échoue après quelques jours et Hélie de Saint-Marc se constitue prisonnier.

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Il explique devant le Haut Tribunal militaire, le 5 juin 1961, que sa décision de basculer dans l'illégalité était essentiellement motivée par la volonté de ne pas abandonner les harkis, recrutés par l'armée française pour lutter contre le FLN, et ne pas revivre ainsi sa difficile expérience indochinoise. Hélie de Saint-Marc est condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passe cinq ans dans la prison de Tulle avant d'être amnistié par le général de Gaulle, et libéré le 25 décembre 1965 ou 1966

 

Après sa libération, il s'installe à Lyon avec l'aide d'André Laroche, le président de la Fédération des déportés et commence une carrière civile dans l'industrie. Jusqu'en 1988, il fut directeur du personnel dans une entreprise de métallurgie.

En 1978, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires.

En 1979 à 57 ans, il est fait commandeur de la Légion d'honneur, le 23 juin 1979, par le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.

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En septembre 1982, réintégré dans ses droits, il se voit restituer toutes ses décorations, par la volonté du président de la République François Mitterrand

 

En 2002 à 80 ans, il est fait grand officier de la Légion d'honneur, le 28 novembre 2002, par le président de la République, Jacques Chirac.

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En 2011 à 89 ans, il est fait grand-croix de la Légion d'honneur, le 25 novembre 2011, par le président de la République, Nicolas Sarkozy.

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Il meurt le . Ses obsèques sont célébrées le 30 août par Mgr Philippe Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon, en la primatiale Saint-Jean de Lyon, concélébrées en particulier par l'abbé Jérôme Billioud (curé de l'Église Saint-Denis-de-la-Croix-Rousse de Lyon) et le révérend père Louis-Marie de Geyer d'Orth, en présence du maire de Lyon, Gérard Collomb, du général d'armée Bertrand Ract-Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre, représentant le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, du préfet du Rhône, Jean-François Carenco, de l'ancien ministre et maire de Lyon, Michel Noir, de l'ancien ministre de la Défense, Charles Millon. Les honneurs militaires, durant lesquels le général Bruno Dary prononce son éloge funèbre, lui sont rendus sur la place Saint-Jean. Il est inhumé au cimetière de la Garde-Adhémar (Drôme), le 30 août.

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Décorations

Rubans

Legion Honneur GC ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945.png Croix de Guerre des toe 8 citations.png CVM 4 citation ribbon.png
Medaille des Evades ribbon.svg Medaille de la Resistance ribbon.svg Croix du Combattant Volontaire de la Resistance ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg
Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Medaille commemorative de la Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille de l'Internement pour faits de Resistance ribbon.svg Medaille de la Deportation pour faits de Resistance ribbon.svg
Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg Medaille commemorative des Operations du Moyen-Orient ribbon.svg Medaille commemorative des Operations de securite et de Maintien de l'ordre ribbon.svg Medaille (Insigne) des Blesses Militaires ribbon avec deux blessures.png
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Intitulés

 

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( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hélie_de_Saint_Marc  )

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Bonjour,

Bonne idée que de créer ce sujet comme celui sur l'armée de l'air ^_^!.

Cela permet de regrouper/retrouver tous ces portraits dans un seul endroit ( même si c'est aussi sympa de chercher dans les différentes pages du forum ! ). 

Perso, c'est en lisant des récits sur l'Armée d'Afrique que j'ai découvert encore d'autres noms. Beaucoup, donc m'étaient inconnus car redevenus anonymes, hélas !     

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Le 27/08/2019 à 18:04, Heïdi a dit :

Cela permet de regrouper/retrouver tous ces portraits dans un seul endroit ( même si c'est aussi sympa de chercher dans les différentes pages du forum ! ). 

 

Certains sont connus, d'autres moins.

 

Général Pierre LANGLAIS,

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Pierre Charles Albert Marie Langlais (né le à Pontivy dans le Morbihan, mort le à Vannes)

Originaire de Pontivy, sorti de Saint-Cyr en 1930, il choisit l'infanterie coloniale et est Lieutenant aux méharistes soudanais.

Il fait la campagne de France de 1939-1940 puis se bat en Tunisie, en Italie, dans les Vosges et en Allemagne dans la 1re Armée du général de Lattre de Tassigny.

Il part en Indochine en octobre 1945 avec la 9e Division d'Infanterie Coloniale (9e DIC) dans laquelle il commande un bataillon. Il combat au cours de la Première Guerre d'Indochine et notamment lors de la Bataille d'Hanoï en décembre 1946.

Il se bat en Centre Annam et au Nord-Laos lors d'un second séjour de deux ans en 1949.

Il commande ensuite en France en octobre 1951 la 1re demi-brigade de commandos parachutistes (1° DBCCP) avant de repartir pour un troisième séjour en Indochine en juin 1953.

 

Opération Castor

Article détaillé : Opération Castor.

Lieutenant-colonel, il commande le GAP 2, l'un des deux groupements aéroportés parachutistes sous les ordres du général Gilles qui sautent sur Dien Bien Phu le 20 novembre 1953.

Son GAP 2 comprend:

  • le 1er BEP (Bataillon étranger de parachutistes) de Guiraud
  • le 5e BPVN (Bataillon de parachutistes vietnamiens) de Bouvery
  • le 8e BPC (Bataillon de parachutistes de choc) de Tourret

(Le GAP 1 de Fourcade comprend quant à lui le 6e BPC de Bigeard, le 1er BPC et le 2/1er RCP. Ses bataillons sont relevés rapidement après leurs parachutages).

Langlais saute avec le 1er BEP, le 21 novembre, mais se foule la cheville à l'atterrissage et se fait évacuer à Hanoï. Il revient à Dien Bien Phu quelques semaines plus tard, avec le colonel de Castries qui succède au général Gilles, comme commandant de la base aéroterrestre.

Dien Bien Phu

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« Le chef d'état-major, le colonel Keller, est dépressif (on l'évacue par avion) et le colonel Piroth, commandant l'artillerie, se suicide. Heureusement, la position centrale est dirigée par le lieutenant-colonel Langlais. »

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Promu colonel le 16 avril 1954, durant la bataille, Langlais reçoit ses épaulettes des mains du général de Castries. Comme elles sont rouges (Castries est spahi), il les teint en noir à l'encre de chine. Langlais croit ferme en la victoire ; le 1er mai il expédie une dernière demande à Hanoï qu'il termine avec une insolence plus que justifiée[non neutre] : « Malgré vous, nous gagnerons cette Bataille ! »

Il est fait prisonnier le 7 mai comme toute la garnison du camp.

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Officiers et soldats, 16 000 hommes ont fait partie de la garnison : on comptera 1 726 tués, 1 694 disparus, 5 234 blessés et 10 823 prisonniers, dont à peine 3 290 reviendront vivants. Côté Vietminh, le bilan est estimé à environ 15 à 20 000 tués et 20 à 25 000 blessés.

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Pierre Langlais est ensuite commandant d’une brigade aéroportée en Algérie puis du 22e RIMa et du secteur de Marnia de 1955 à 1959.

Il termine sa carrière général de division en 1968 après avoir été promu commandant en chef au Sénégal puis commandant de la 20e Brigade Aéroportée à Pau.

De 1969 à 1984, il est président de l’Association Nationale des Combattants de Dien Bien Phu.

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Marqué à vie par la tragédie de son expérience de Dien Bien Phu et par sa captivité dans les camps de concentration Viet-Minh, et souffrant d'une sévère dépression, Pierre Langlais se défenestre de son appartement sur le port de Vannes le 17 juillet 1986

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Rubans

 

( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Langlais    )

 

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Grande figure de la Légion, le colonel Pierre Paul JEANPIERRE dit "soleil".

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Pierre Paul Jeanpierre (1912-1958)

Engagé au 131e Régiment d'infanterie comme homme du rang, il prépare et réussit le concours d'officier et est nommé sous-lieutenant en 1937 au 1er régiment étranger (Légion étrangère), puis lieutenant en octobre 1938. En 1939, il est au Levant avec le 6e régiment étranger.

Après la campagne de Syrie-Liban, il refuse de rejoindre les rangs des FFL et retourne dans les rangs de la Légion étrangère à Marseille. De là, il gagne la Résistance (réseau Vengeance) sous le nom de Jardin, lors de l'invasion de la zone libre. En 1944, il est fait prisonnier et interné au camp de Mauthausen. Souffrant d'une pleurésie, affaibli et amaigri, il sera libéré par les Alliés en mai 1945.

À la fin de la guerre, il retrouve les rangs de la Légion et se porte volontaire pour servir au sein des unités parachutistes de la Légion. Le chef de bataillon Pierre Segrétain, formant en Algérie, le 1er BEP, se souvient d'un officier qu'il a connu au Levant, le capitaine Jeanpierre et lui demande d'être son adjoint. Sous les ordres de Segrétain, le BEP et Jeanpierre rejoignent l'Indochine en 1948. En 1950, lors de l’évacuation de Cao Bằng par la RC4, sous les ordres du colonel Lepage, le 1er BEP saute sur That Khé le 17 septembre 1950 pour renforcer la colonne Charton, partie de Lạng Sơn. Les légionnaires sont poursuivis par 30 000 soldats de Giap. Les rares survivants de la nuit de fusillade à Coc-Xa retrouvent ceux de la colonne Charton. Alors que le commandant Segrétain est grièvement blessé, que le bataillon est décimé, Jeanpierre décide de rejoindre That Khé. Il franchit les lignes d'embuscades Vietminh, emmenant une dizaine de légionnaires, avec des éléments du 3e Tabor marocain commandés par le sous-lieutenant Beucler.

 

Rapatrié en Algérie, il repart pour l’Indochine en 1954 après la chute du camp retranché de Điện Biên Phủ. Il prend alors le commandement du 1er bataillon étranger de parachutistes. Lorsque cette unité prend l'appellation de “régiment”, il cède sa place au colonel Brothier, à qui il succédera en 1957, au retour de l'expédition de Suez.

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Sous son commandement, le régiment livre la bataille d'Alger. Il fut blessé par des éclats de grenade lancée par Yacef Saadi chef de la Zone autonome d'Alger peu avant son arrestation. Il aligna les succès dans la bataille des Frontières face aux combattants de l'ALN. Dans l'après-midi du 29 mai 1958, dans la région de Guelma, alors que le 1er REP accroche une katiba de l'ALN sur les pentes du djebel Mermera, l’Alouette depuis lequel il commande son régiment est abattue. Son nom de code radio était Soleil. Le régiment est frappé de stupeur. Le 31 mai, un suprême hommage lui est rendu à Guelma puis des obsèques religieuses sont célébrées en la cathédrale de Nevers.

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Le colonel Pierre-Paul Jeanpierre repose désormais au “carré Légion” du cimetière de Puyloubier.

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Ce chef de guerre, vétéran de plusieurs conflits, était craint en raison de sa dureté et de son exigence au combat, faisant parfois passer le bilan des opérations avant la vie de ses légionnaires. Toutefois, il était admiré de ses hommes. Son portrait est exposé parmi ceux des plus prestigieux officiers de la Légion dans la salle honneur du musée de la Légion étrangère à Camp Major à Aubagne.

 

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Décorations

Le lieutenant-colonel Jeanpierre totalise 9 citations dont 6 palmes (à l'ordre de l'armée).

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( Source : Wikipédia     https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Paul_Jeanpierre )

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Surtout connu à tord ou à raison comme un des "responsables" de la défaite de 40, Maxime WEYGAND.

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Maxime Weygand, né à Bruxelles le et mort à Paris le

c'est sous le nom de Maxime de Nimal qu'il est reçu en 1885 à l’École militaire de Saint-Cyr comme élève à titre étranger (belge). Il fait partie de la promotion de l'Annam (1885-1887). il est classé vingtième de sa promotion lorsque sa formation s'achève en 1887. Il choisit la cavalerie et intègre, toujours à titre étranger, l'École de cavalerie de Saumur. Il la quitte le , no 9 sur 78 élèves. Il est affecté avec le grade de sous-lieutenant au 4e régiment de dragons, à Chambéry, en Savoie, sous les ordres du capitaine Alain Pierre Touzet du Vigier.

Peu de temps après, le , Maxime de Nimal est reconnu comme son fils naturel par François-Joseph Weygand (1846-1915), issu d'une vieille famille alsacienne de Rhinau. Cet acte de reconnaissance dote le jeune homme du nom de Weygand et lui permet, selon son vœu, d'acquérir presque aussitôt la nationalité française (le décret de naturalisation intervient en effet le 3 décembre de la même année).

 

Sa carrière militaire va se poursuivre dès lors à Chambéry, Saint-Étienne, Lunéville, Saumur, Niort et Nancy.

Lieutenant en 1891, il est nommé capitaine en septembre 1896. Il choisit à cette époque de ne pas préparer l’École de guerre, en invoquant sa volonté de rester au contact de ses hommes.

Au moment de l’affaire Dreyfus, il se signale comme antidreyfusard en participant, en 1898, à la souscription nationale ouverte par le journal antisémite, La Libre Parole, d'Édouard Drumont, au profit de la veuve de l'auteur du faux document, le colonel Henry, qui s'était suicidé lorsque fut révélée sa falsification du bordereau accusant Dreyfus. Cette entreprise vaut d'ailleurs à Weygand l'unique sanction qu'il ait jamais subie : quatre jours d'arrêt simple, infligés sur l'ordre du ministre de la Guerre, Charles de Freycinet, « pour avoir pris part à une souscription pouvant prendre un caractère politique ».

Deux années plus tard, le 12 novembre 1900, alors qu'il est capitaine au 9e régiment de dragons à Vitry-le-François,

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De 1902 à 1907 et de 1910 à 1912, périodes pendant lesquelles il est promu chef d'escadrons (mai 1907) puis lieutenant-colonel (mai 1912), Maxime Weygand est instructeur à l'École de cavalerie de Saumur. En 1913, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et entre au Centre des hautes études militaires, où le général Joffre le remarque.

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Au début de la Première Guerre mondiale, Weygand est lieutenant-colonel et commandant en second du 5e régiment de hussards, à Nancy, avec lequel il participe à la bataille de Morhange. Cependant, à la suite de la rapide réorganisation du commandement français voulue par le général Joffre pour éviter une probable débâcle, il est promu colonel le et nommé aussitôt chef d'état-major à la IXe armée. Promu général de brigade le il remplit les mêmes fonctions au groupe des armées du Nord puis au groupement du général Foch et est enfin adjoint au major-général de l'armée. Weygand doit malgré tout se résoudre à suivre Foch dans sa disgrâce provisoire pendant les premiers mois de 1917

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En mai 1917, après l'échec du général Nivelle, Pétain, nouveau commandant en chef, rappelle Foch en tant que chef d'État-Major général. Weygand devient l'un des sous-chefs d'État-Major et est promu général de division (à titre temporaire).

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Weygand est ainsi un rare exemple dans l'histoire de l'armée française de l'ascension aux plus hauts degrés de la hiérarchie d'un officier n'ayant pas commandé en chef au front, ce qui sera souligné par le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre.

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En 1920, Weygand est fait général de corps d'armée et général d'armée en 1923. Il succède en Syrie et au Liban au général Gouraud, au titre de haut-commissaire de France. En 1924, il entre au Conseil supérieur de la guerre. En 1925, il dirige le Centre des hautes études militaires.

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Weygand est promu chef d'État-Major général de l'armée en 1930. Il est vice-président du Conseil supérieur de la guerre, et à ce titre, dénonce le danger hitlérien et condamne le désarmement.

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Il se retire du Conseil supérieur de la guerre le 21 janvier 1935, laissant place au général Gamelin, mais est maintenu en activité sans limite d'âge. En 1938, il exprime un optimisme de façade sur la capacité de l'armée française à vaincre en cas de conflit

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Le , en même temps que le romancier Pierre Benoit, il est élu à l’Académie française à l'unanimité des votants pour succéder au maréchal Joffre au 35e fauteuil.

Sur sa demande, Weygand est rappelé au service actif par le président Édouard Daladier en août 1939 pour diriger les forces françaises au Moyen-Orient. Il est nommé chef du Théâtre d'opérations de la Méditerranée orientale

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En mai 1940, la situation militaire en France est si compromise que le commandant suprême, le général Maurice Gamelin, jugé trop passif, est écarté. Weygand, alors en Syrie, est alors appelé le 17 mai par Paul Reynaud pour le remplacer.

Le 25 mai, un conseil de guerre se déroule à l’Élysée, réunissant le président de la République Albert Lebrun, le président du Conseil Paul Reynaud, Philippe Pétain, César Campinchi, ministre de la Marine, et Weygand. C'est à cette réunion que l'hypothèse d'un armistice est évoquée pour la première fois, par le président Lebrun. Paul Reynaud rejette cette idée et se montre partisan d'une poursuite de la guerre aux côtés des Britanniques. À cette réunion, Weygand ne se pose pas encore ouvertement en partisan de l'armistice, bien qu'il le juge inéluctable : comme le maréchal Pétain, il estime qu'il faut attendre l'issue de la future bataille de la Somme et de l'Aisne pour demander l'armistice, et ne l'exiger qu'une fois l'honneur de l'armée sauf.

Aussi bien Winston Churchill que le général de Gaulle décriront dans leurs mémoires un Weygand défaitiste, anglophobe et antirépublicain. Churchill remarque que le seul membre du Gouvernement français à ne pas sombrer dans le pessimisme total est Charles de Gaulle, dont Weygand a signé fin mai la promotion au grade de général (à titre temporaire). Comme Churchill, de Gaulle raisonne en termes planétaires et ne limite pas ce conflit, qu'il conçoit mondial, à un simple enjeu franco-allemand. Weygand croit, au contraire, n'assister qu'à un nouvel épisode d'un cycle historique commencé en 1870, et, comme le maréchal Pétain, il s'en tient à une vision purement hexagonale, étrangère par ailleurs à la nature du nazisme et au danger de voir la France asservie durablement dans le cadre d'une Europe hitlérienne.

Lors des Conseils des ministres qui se déroulent du 12 au 16 juin, Weygand est le premier à exiger un armistice avec l'Allemagne, et il en défend avec virulence la nécessité, pour des raisons militaires et civiles. Avec la déroute des armées françaises, accompagnée de l'exode des populations belge et française, Weygand craint que le désordre ne se répande dans la totalité du pays. Pour lui, la classe politique est responsable d'une défaite.

Le 15 juin, à Bordeaux, Paul Reynaud, appuyé par Georges Mandel évoque une possibilité de poursuivre la lutte aux côtés du Royaume-Uni : l'armée capitulerait en métropole pendant que Gouvernement et Parlement gagneraient l'Afrique du Nord. Weygand refuse violemment cette solution qu'il juge contraire à l'honneur militaire.

Après-guerre le président Lebrun dira de lui :

« Ah ! Quel malheur quand, dans l'extrême péril, ce sont les généraux qui se refusent à combattre ! ».

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Le 19 juin, Weygand ordonne au général de Gaulle de revenir de Londres, ignorant l'invitation à poursuivre le combat que ce dernier lui adresse.

Peu après, Weygand rétrograde de Gaulle du rang de général provisoire à celui de colonel, puis convoque successivement deux tribunaux militaires, le premier n'ayant prononcé qu'une peine symbolique. Le second condamnera à mort le chef de la France Libre le .

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Weygand occupe le poste de ministre de la Défense nationale dans le Gouvernement de Vichy, pendant trois mois (juin 1940 à septembre 1940).

il est nommé Délégué général en Afrique française.

En particulier, il fait appliquer les lois raciales décidées par le gouvernement de Vichy, notamment celles qui excluent les Juifs de la fonction publique, de presque toutes les activités privées et de l'université, et qui placent leurs biens sous séquestre.

Mais il va plus loin que Vichy, en excluant, sans aucune loi, les enfants juifs des écoles et lycées

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Le , après l’invasion alliée de l'Afrique du Nord et l'occupation totale de la métropole, Weygand est fait prisonnier par les Allemands et placé en résidence surveillée dans le Tyrol autrichien, au château d'Itter (dépendant administrativement du camp de concentration de Dachau mais sans comparaison des conditions de détention). Sa détention va durer trente mois. La dernière année, il partage sa captivité avec Paul Reynaud, Édouard Daladier et Maurice Gamelin, avec qui les rapports sont tendus, ainsi qu'avec Albert Lebrun, le colonel François de La Rocque et Jean Borotra.

En mai 1945, les prisonniers sont libérés par les Américains et Weygand est reçu avec tous les honneurs dus à son rang au QG de la VIIe armée américaine à Augsbourg où il est l'hôte du général Patch. Ayant reçu un télégramme de Paris lui enjoignant de s'assurer de la personne de Weygand et de le garder sous surveillance américaine jusqu'à nouvel ordre, Patch, indigné, fait conduire avec égard le général au QG de la Ire armée française à Lindau. À leur arrivée, le général de Lattre reçoit l'ordre de de Gaulle d'arrêter les personnalités ayant eu des fonctions auprès du gouvernement de Vichy, ordre qui concerne Weygand et Jean Borotra, ministre de Pétain. De Lattre exécute avec répugnance cet ordre et arrête son « vieux chef », non sans lui avoir fait rendre les honneurs militaires et mis sa voiture personnelle à disposition.

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Renvoyé en France, Weygand est d’abord interné comme prévenu de collaboration au Val-de-Grâce, puis finalement libéré en mai 1946 et dégagé de toute responsabilité en 1948, en bénéficiant d'un non-lieu sur tous les chefs d'accusation par la Haute Cour de Justice.

En 1951, il refuse d'être inscrit dans la proposition de loi concernant la promotion de généraux au maréchalat, son nom ayant été proposé par le député Guy Jarrosson, auteur du projet de loi, au côté des généraux Jean de Lattre de Tassigny et Alphonse Juin. À ce sujet, il déclara : « un bâton de maréchal se gagne sur le Rhin, non sur la Garonne ! »

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À sa mort en 1965, il est le doyen d'âge et d'élection de l'Académie française. Désavouant son ministre, le général de Gaulle refuse qu'une cérémonie solennelle se tienne aux Invalides.

Une foule immense afflue à ses obsèques en l'église Saint-Philippe-du-Roule (8e arrondissement de Paris), le 2 février, conduite par les trois épouses et veuves des maréchaux Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny, en présence d'une quarantaine de généraux, dont le gouverneur militaire de Paris, — mais aucun des quatre chefs d'état-major généraux

 

L’année suivante, cependant, ce refus des Invalides fut réparé. Le ministre des Armées autorisa l’accès à l’église Saint-Louis des Invalides pour une messe de requiem, célébrée le , et présidée par Mgr. Brot, évêque auxiliaire de Paris.

 

 

Décorations françaises

Décorations étrangères

 

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( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Weygand  )

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Son nom est aussi resté marqué par la défaite de 40, le général Maurice Gamelin.

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Maurice Gustave Gamelin (ParisParis)

Maurice Gamelin est né le à Paris 7e où il vécut son enfance au no 262 du boulevard Saint-Germain, en face du ministère de la Guerre. Son père Zéphyrin, contrôleur général des Armées, s'était distingué au service de Napoléon III et fut blessé à la bataille de Solférino en 1859. Sa famille maternelle – les Uhrich – est de souche alsacienne.

il intègre Saint-Cyr le et en sort major de promotion en 1893.

C'est en Afrique du Nord qu'il commence sa carrière d'officier, d'abord au 3e régiment de tirailleurs algériens, puis à la brigade topographique de Tunisie, où il peut mettre à profit ses dons pour le dessin et l’observation. Revenu en métropole en 1897, il prépare le concours d’entrée à l’École supérieure de guerre. Huitième au concours d'entrée, il en sort deuxième. Esprit fin, cultivé, travailleur et doué pour les études de tactique militaire, il se fait remarquer par le futur général Lanrezac, alors commandant en second de l’école. Il poursuit ensuite comme stagiaire à l’état-major du 15e corps une carrière qui s’annonce d’ores et déjà brillante. Passé en 1904 du service d’état-major à la troupe (en tant que commandant de compagnie au 15e bataillon de chasseurs), il se montre toujours aussi efficace et fait l’admiration de ses supérieurs.

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L’année 1906 marque le tournant de la vie de Gamelin. Cette année-là, en effet, il est nommé officier d’ordonnance du général Joffre qui commande alors la 6e division d’infanterie. Cette nomination doit beaucoup à l’entremise du lieutenant-colonel Foch, qui était alors professeur à l’École de guerre et qui avait eu l’occasion d’apprécier les hautes qualités de son ancien élève. Dès lors, la carrière du jeune capitaine breveté se confond avec celle de Joffre. En 1908, il le suit à l’état-major du 2e corps d’armée, puis en 1910 au Conseil supérieur de la guerre. Il est nommé chef de bataillon en 1911 et doit se séparer provisoirement de son chef pour prendre le commandement du 11e bataillon de chasseurs, à Annecy. Mais cette séparation est de courte durée puisque, le 23 mars 1914, Joffre le rappelle à son service à l’État-Major général.

 

Gamelin est toujours le collaborateur dévoué de Joffre lorsque commence la Première Guerre mondiale. À ce poste, il fait preuve d’un zèle et d’une efficacité de premier ordre, surtout lors de la bataille de la Marne où il rédigea les instructions qui allaient conduire à la victoire. C’est également à cette époque qu’il se rend compte de l’imbrication étroite du politique et du militaire pour la conduite des opérations. Le 1er novembre 1914, il est nommé lieutenant-colonel et quitte le Grand Quartier général (G.Q.G.) pour prendre le commandement de la 2e demi-brigade de chasseurs à pied. Avec elle, il combat en Alsace (sur le Linge notamment) puis dans la Somme. Nommé colonel en avril 1916, il poursuit son ascension et fait sans cesse l’admiration de ses supérieurs : au feu, comme dans un bureau d’état-major, Gamelin semble décidément un officier de très grande envergure. Le 8 décembre 1916, il est nommé général de brigade à titre temporaire : il ne sera resté colonel que huit mois. Après un bref retour au G.Q.G., il devient chef d’état-major du groupe d’armées de réserve du général Joseph Alfred Micheler. Le 11 , il reçoit son dernier commandement de la guerre, celui de la 9e division d’infanterie, dont il garde la tête jusqu'à l’armistice. Soucieux d’économiser la vie de ses hommes, il n’en témoigne pas moins d’une grande habileté tactique, comme en attestent ses combats dans la région de Noyon, durant le printemps 1918.

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Soutenu tout au long de sa carrière par Édouard Daladier, il succède en 1931 au général Weygand au poste de chef d'État-Major général. Il est chargé de la direction du Grand Quartier général des forces terrestres françaises. À partir de 1935, il cumule cette fonction avec celle d'inspecteur général de l'Armée. Avant lui, seul Joffre avait eu autant de pouvoir. Il devient ensuite le premier titulaire du poste de chef d'État-Major de la Défense nationale, avec une mission de coordination entre les trois armées (terre, air, mer), à la suite du décret du 21 janvier 1938.

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Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1913, il est nommé grand-croix de l’ordre le 8 juillet 1932.

 

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Le généralissime des Forces armées françaises au cours de la Seconde Guerre mondiale était un des généraux les plus intellectuels de son époque. Il était respecté, même en Allemagne, pour son intelligence et sa subtilité. Malgré cette finesse et ses brillants états de service pendant la Première Guerre mondiale, son commandement des armées françaises jusqu'à la bataille de France en mai 1940 fut un désastre.

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Au rang des nombreuses erreurs de Gamelin, caractérisant son incompétence, on peut citer :

  • Une faible capacité à mener les hommes ainsi qu'à les organiser, et un manque de charisme général. Ses subordonnés, dit-on, l'avaient surnommé « Baudelaire », car on disait que toute sa doctrine se résumait dans le vers : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes ».
  • Des conceptions obsolètes de l'emploi de l'aviation, des chars, des éléments motorisés, de l'artillerie, des fortifications. Il ne tint aucun compte des développements modernes et ne tira guère d'enseignements de la rapidité de la campagne de Pologne, restant attaché à l'expérience du conflit de 1914-1918, et arguant que « la Pologne n'est pas la France ». S'il adhérait à cette doctrine conservatrice, force est d'observer que le gouvernement et la plupart des officiers de l'époque y souscrivaient également.
  • La mauvaise organisation du plus haut niveau de l'armée, se caractérisant par une dilution des responsabilités sur un front crucial ; en Belgique, on ne sut trop qui commandait la coalition interalliée : était-ce le général Billotte, chef du 1er groupe d'armées, le général Georges, commandant du front Nord-Est, ou le généralissime lui-même ? L'envoi d'un officier de liaison auprès du roi des Belges Léopold III, le 10 mai, ne pouvait être que trop tardif pour permettre une coordination efficace entre Belges et Alliés. Cependant, dans son livre de mémoire Servir paru en 1946, il souligne qu'il avait voulu empêcher un déroulement fatal aux événements de la campagne de 1940 en entretenant des rapports secrets avec le roi Léopold III, commandant en chef de l'armée belge, ce qui lui avait révélé le plan allemand d'offensive par les Ardennes connu des services belges de contre-espionnage.
  • Un commandement privilégiant les contacts avec les hommes politiques parisiens — depuis son quartier général de Vincennes — plutôt que la proximité du front. Ce point était encore exacerbé par la réticence de Gamelin à employer la radio pour transmettre ses directives, préférant le téléphone filaire ou les coursiers. Le processus de décision français était ainsi plus lent que celui des Allemands. En ce qui concerne le choix de rester à Vincennes, il s'explique par la loi de 1938 sur la direction de la guerre. La responsabilité de la direction de la guerre incombe au gouvernement. C'est écrit en toutes lettres et c'est cette loi qui s'applique dès le 2 septembre 1939.
  • Une vision du théâtre d'opérations qui lui fit regarder le secteur des Ardennes comme impénétrable (malgré les avertissements qu'il a reconnu avoir reçus de Belgique), au grand dam du général Corap, commandant la 9e armée française dans ce secteur, qui ne cessa de signaler en vain l'insuffisance en hommes et en matériel sur ce front et sa perméabilité de fait ; de même le maintien de forces importantes derrière la ligne Maginot excessivement gourmande en personnel alors que celle-ci aurait dû permettre une grande économie de troupes.

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Après la défaite, il fut arrêté le , puis inculpé au procès de Riom, aux côtés de Léon Blum, Édouard Daladier et Paul Reynaud. S'il garda le silence dignement en présence de ses accusateurs, il en alla tout autrement de ses co-inculpés et le procès fut prématurément ajourné. Il fut emprisonné par le régime de Vichy au fort du Portalet dans les Pyrénées avec Léon Blum et Édouard Daladier.  Lors de l'occupation de la zone libre par les Allemands en novembre 1942, il fut interné en Allemagne près du camp de concentration de Buchenwald où il fut logé dans un baraquement réservé et chauffé, avec Léon Blum et Léon Jouhaux. Gamelin et Jouhaux seront rapidement transférés au château d'Itter en Autriche, où ils seront rejoints par Paul Reynaud et Jean Borotra puis plus tard par Albert Lebrun, le général Weygand et le colonel de La Rocque. Les Américains les libéreront le .

 

De retour en France, Gamelin choisit de se poser en victime, bien qu'on ne lui demandât que peu de comptes.

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Décédé au Val-de-Grâce (Paris 5e) le , il est inhumé au cimetière de Passy (Paris 16e) dans la plus grande simplicité. En effet, le gouvernement a refusé une veillée par ses compagnons d'armes et la messe à Saint-Louis-des-Invalides. Aucune garde d'honneur ne sera fournie autour du cercueil, seulement les honneurs habituellement rendus à un titulaire de la grand-croix de la Légion d'honneur.

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( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Gamelin   )

 

 

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Figure emblématique de la colonisation, son physique nous marque, car amputé du bras droit il salut du bras gauche, le général Henry GOURAUD.

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Henri Gouraud, né le 17 novembre 1867 à Paris et mort le 16 septembre 1946 dans la même ville,

Né à Paris, Henri Joseph Eugène Gouraud fait ses études au collège Stanislas où il reçoit une éducation marquée par la foi. Il se trouve rapidement une vocation coloniale.

Il réussit le concours d'entrée à Saint-Cyr en 1888 avec la promotion de « Grand Triomphe ». À sa sortie de l'école, Gouraud espère partir outremer ; mais son père s'y oppose et Henri Gouraud est d'abord affecté au 21e bataillon de chasseurs à pied à Montbéliard.

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En Afrique

Soutenu dans son projet par sa mère, Henri Gouraud part en 1894 au Soudan. Il s'y révèle être un chef de guerre efficace mais surtout chanceux. En 1898, il parvient à mettre la main, difficilement, sur Samory Touré, chef mandingue, qui s'opposait aux Français depuis plus d'une décennie. Il était parvenu à conquérir un empire au Sud du fleuve Niger et disposait de nombreuses forces armées. L'arrestation de septembre 1898 fait d'Henri Gouraud une célébrité au moment même où la France doit laver l'affront de Fachoda. Le jeune capitaine est alors invité dans le-tout-Paris colonial où il fait la connaissance des personnes impliquées ou intéressées par la colonisation de l'Afrique, Auguste d'Arenberg et Eugène Étienne, futurs fondateurs du « parti colonial ». Grâce à l'actif soutien du parti colonial et de son chef Eugène Étienne, Henri Gouraud mène une belle carrière en sillonnant l'Afrique durant encore quinze ans (Niger, Tchad, Mauritanie).

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En 1907, il est promu colonel et commissaire du Gouvernement général en Mauritanie, et mène, à son initiative, une grande campagne contre des guerriers qui lancent des razzias. Par sa campagne de Mauritanie, il assure au moins partiellement la sécurité des transports entre le Maroc et la Mauritanie. Il participe ainsi au grand projet colonial français de constitution d'un vaste empire français en Afrique de l'Ouest. Après avoir suivi les cours du centre des Hautes études militaires, le colonel Gouraud part en 1911 au Maroc. Il mène des combats victorieux qui lui valent de recevoir les étoiles de général de brigade. Il est alors chargé du commandement de la région de Fez. Il est nommé en 1914 au commandement des troupes du Maroc occidental.

 

Première Guerre mondiale

En 1914, la guerre éclate en France et il est à la tête de la 4e brigade marocaine envoyée en renfort sur le front français. Il est nommé général de division et reçoit le 15 septembre le commandement de la 10e division d'infanterie coloniale. En 1915, le général Gouraud est nommé au commandement du Corps d'Armée colonial. Il dirige notamment des combats en forêt d'Argonne, et y est blessé par une balle le 7 janvier 1915, en se rendant sur une position du front, où les soldats français viennent de repousser une attaque allemande, mais subissent encore des tirs de mitrailleuses. Quelques mois plus tard, il est nommé au commandement du Corps expéditionnaire français aux Dardanelles.

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Fin juin, il est grièvement blessé par un obus. Sur le navire hôpital qui le ramène en France, la gangrène se déclare ; il faut l'amputer du bras droit. Poincaré le décore de la médaille militaire sur son lit d'hôpital.

Gouraud se rétablit rapidement. À la fin de 1915, il est nommé au commandement de la IVe Armée en Champagne. En 1916, son frère Pierre Gouraud meurt au champ d'honneur. Il retourne quelques mois au Maroc (de décembre 1916 à mars 1917) pour remplacer le résident général Lyautey qui devenait ministre de la guerre, mais revient en juin 1917 au commandement de la IVe Armée.

 

 

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Jusqu'au 11 novembre 1918 date de l'armistice, il lance ses hommes dans des batailles acharnées comme la bataille des monts de Champagne en 1917 et à la contre-offensive victorieuse du 15 juillet 1918. Sa mère meurt quelques jours plus tard.

 

Il est choisi parmi les militaires vainqueurs pour faire une entrée triomphale dans Strasbourg en novembre 1918. Le mois suivant, en décembre, le général Pétain lui remet la grand-croix de la Légion d'honneur.

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Au Proche-Orient

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Le général Gouraud est envoyé par Clemenceau comme haut-commissaire de la République en Syrie et au Liban et commandant en chef de l'armée du Levant. Gouraud débarque à Beyrouth en novembre 1919. Il doit, selon les ordres qu'il a reçus de Clemenceau, accompagner la mise en place d'une Syrie autonome sous la direction de Fayçal, fils du chérif de La Mecque.

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Alain Tami rapporte une anecdote apocryphe selon laquelle, en juillet 1920, le premier geste symbolique d'Henri Gouraud, en tant que Haut-commissaire de la République en Syrie aurait été, lorsqu'il entra dans Damas, d'aller visiter le tombeau de Saladin (alā al-dīn al-Ayyūbī) devant lequel il aurait déclaré : « Réveille-toi, Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant. ». Cette phrase est rapportée dès 1926 par Pierre La Mazière.

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À la fin de l'année 1920, après la bataille de Khan Meyssaloun qui a mis fin au royaume arabe de Damas rêvé par Fayçal (juillet 1920), la situation s'est effectivement dégradée avec les nationalistes arabes emmenés par Abdallah, le frère de Fayçal. Mais les Hachémites ne représentent pas complètement tous les Arabes de Syrie. D'autres oppositions internes - comme celle entre les villes de Damas et d'Alep - sont à prendre en compte dans l'instauration du mandat. L'histoire retient que Gouraud est la cible d'un attentat.

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Le 23 juin 1921, il tombe dans une embuscade sur la route de Damas, à Kuneitra. L'un de ses officiers est tué, mais Gouraud s'en sort indemne. Les agresseurs ont été mis en fuite par le général Mariano Goybet et le consul général Carlier, secrétaire général adjoint du haut-commissariat de France en Syrie et au Liban, eux-mêmes attaqués, qui suivaient dans une deuxième voiture. L'enquête de son service de renseignement remonte jusqu'à Abdallah et Ibrahim Hanano (1869-1935), nationaliste syrien fondateur du bloc national hostile à la présence française, réfugié dans la zone mandataire anglaise. Gouraud se tourne du côté des Britanniques pour châtier les coupables, mais n'obtient d'eux que de vagues promesses. Les relations entre les Anglais et les Français en Orient se dégradent alors encore davantage tandis que le haut-commissariat français regarde désormais avec une grande méfiance l'ensemble de la famille hachémite, Fayçal compris. Il met cependant en place en 1922 une Fédération syrienne à la tête de laquelle il place Soubhi bey Barakat. Issu d'une grande famille de notables d'Antioche, cet ancien responsable militaire proche de Fayçal a été l'ennemi des Français au moment de la prise de Damas. Gracié par Gouraud, il est élu à la présidence de la Fédération en 1923.

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Il rentre définitivement à Paris en 1923. Nommé membre du Conseil supérieur de la guerre, il devient membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris. Au cours d'un voyage en 1923 aux États-Unis, il apprend sa nomination au poste de gouverneur militaire de Paris, poste qui le place désormais dans des fonctions éminemment représentatives et de nature diplomatiques. Le président des États-Unis étant mort, il représente à ses obsèques le Gouvernement de la République en tant qu'ambassadeur extraordinaire. Après avoir inauguré la crypte et les plaques commémoratives du Monument aux Morts des Armées de Champagne à Navarin en septembre 1925, il se préoccupe de soutenir l'action de l'Association du Souvenir aux Morts des Armées de Champagne.

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Dès l'association créée, il demande et obtient l'agrément du ministère de la Guerre pour la Fondation du Monument aux Morts des Armées de Champagne et Ossuaire de Navarin et sa reconnaissance comme association d'utilité publique (mai 1933). Toujours prêt à présider une cérémonie, incarnation de l'ancien combattant du fait de sa manche droite vide, le peuple de Paris lui témoigne une véritable vénération. Il fait alors de nombreux voyages : la Pologne en 1925, les Indes et les États-Unis en 1929, la Turquie en 1930, l'Afrique-Occidentale française en 1933.

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En 1937, à l'âge de 70 ans, il quitte le gouvernement militaire de Paris. Il quitte Paris pour Royat et revient en mai 1945. Il y meurt le 16 septembre 1946, quelques mois après la fin du mandat français en Syrie.

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Le Gouvernement lui rend un dernier hommage par des obsèques nationales le 26 septembre 1946 devant le monument de Navarin. Conformément à ses dernières volontés, le général Gouraud est inhumé dans la crypte du Monument-Ossuaire de la ferme de Navarin entre les villages de Souain-Perthes-les-Hurlus et Sommepy-Tahure, « au milieu des soldats qu'il a tant aimés », son képi et sa montre sont en dépôt au fort de la Pompelle, clef de la défense de Reims.

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Décorations

 

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( Source : Wikipédia    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Gouraud_(général)   )

 

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Pour l'anecdote, le général Gouraud a donné son nom à la corniche Gouraud (prépa aux écoles d'officiers) du lycée Stanislas, à Paris. Elle existe encore aujourd'hui et a eu pour élèves Guynemer, l'amiral d'Argenlieu et de Gaulle.

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Grand officier des guerres coloniales, le maréchal Hubert LIAUTEY.

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Hubert Lyautey, né le à Nancy (dans la Meurthe, aujourd'hui Meurthe-et-Moselle) et mort le à Thorey (Meurthe-et-Moselle)

Louis Hubert Gonzalve Lyautey est issu d'une famille d'origine franc-comtoise (commune de Vellefaux), qui s'était illustrée lors des campagnes du Premier Empire.

En mai 1856, à l'âge de dix-huit mois, il fait une chute du balcon du premier étage de l'hôtel de la Reine à Nancy, où habite alors sa famille maternelle. La blessure qu'il s'était faite à la tête ayant détourné l'attention, on ne s'aperçoit hélas qu'en 1859 que la colonne vertébrale est atteinte7. Heureusement soigné par le chirurgien Velpeau, Hubert Lyautey doit cependant rester alité pendant deux ans, subir plusieurs interventions chirurgicales et porter des béquilles et un corset de fer garni de cuir pendant dix ans, ce qui l'oblige à rester fréquemment alité mais lui donne le goût des livres. Cet accident - ou cette maladie, car l'hypothèse a été émise que l'atteinte de la colonne vertébrale n'était pas directement la conséquence de l'accident mais un mal de Pott - a des conséquences à la fois sur son tempérament et sur sa psychologie. Immobilisé, il passe son temps à lire des livres d'histoire et est grisé par l'épopée napoléonienne mais aussi par les récits des explorateurs, des voyageurs et des missionnaires.

son père l'inscrit au lycée Sainte Geneviève, tenu par des jésuites et situé alors à Paris dans le 5e arrondissement, pour qu'il y prépare le concours d'entrée à l'École polytechnique et qu'il devienne ingénieur. Marqué, comme la plupart des jeunes gens de sa génération, par la défaite française de 1870 et l'invasion prussienne - qu'il avait vue de près à Dijon - et doué d'une volonté tenace, Lyautey réussit en octobre 1873 à intégrer l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion archiduc Albert (1873-1875). Bien que ses résultats y soient excellents, Lyautey ne s'y plaît pas et nourrit sa réflexion de rêves de grandeur et d'une profonde recherche spirituelle.

En 1875, classé 29e sur 281, il sort de Saint-Cyr et est admis en janvier 1876 à l'École d'application d'État-major, installée à Paris. Deux ans plus tard, il devient lieutenant et, à l'occasion d'un congé, il part deux mois en Algérie avec ses camarades de promotion Prosper Keller et Louis Silhol. Cette première découverte de l'Algérie le passionne. De retour en France, il est affecté au 2e régiment de hussards en juin 1880 et le suit quand il est transféré en Algérie à la fin de l'année. Il y passe deux ans, d'abord à Orléansville, puis à Alger. Il critique la politique coloniale française et prône un « système plus civilisé et plus humain ».

En 1882, promu capitaine, il est muté au 4e régiment de chasseurs à cheval à Bruyères, dans les Vosges. Envoyé en Italie pour rédiger un rapport sur la cavalerie de ce pays, il voyage vers Rome en faisant un détour par Göritz en Autriche, lieu de l'exil du comte de Chambord. Celui-ci, averti des rumeurs de prochain ralliement du Pape à la République, charge Lyautey d'une mission auprès de Léon XIII qui le reçoit en audience le 18 mars 1883. Lyautey en sort visiblement déçu, pressentant que l'opinion du pape est déjà faite.

Lyautey rencontre bientôt, à l'occasion d'une revue militaire, le général L'Hotte, inspecteur de la cavalerie en résidence à Tours et ancien écuyer en chef du Cadre noir, qui, séduit par la personnalité du jeune officier, le choisit comme aide de camp. Pendant les quatre années passées auprès du général L'Hotte, Lyautey voyage beaucoup à travers la France et ses villes de garnison et s'initie à la tactique militaire, alors en complet renouvellement, au prix d'un travail harassant.

 

Si à cette époque Lyautey se laisse gagner peu à peu par le scepticisme religieux, ses années passées en garnison et son retour au contact de la troupe, avec son affectation en 1887 au 4e régiment de chasseurs à cheval, alors à Saint-Germain-en-Laye, ont suffisamment nourri son esprit qui mûrit des idées novatrices sur la fonction de l'armée. Au 1er escadron qu'il commande, il bouleverse les habitudes et, avec l'accord de son chef de corps, le colonel Donop, il décide de créer :

  • un réfectoire, alors que jusque-là les soldats n'avaient aucun endroit pour manger,
  • un foyer pour les soldats avec bibliothèque, billard et jeux,
  • des cours pour illettrés,
  • une commission consultative pour permettre aux soldats de donner leur avis.

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Nommé chef d'escadrons au printemps 1893, il est affecté au 12e hussards, à Gray, dans la Haute-Saône, puis, à l'automne, à l'état-major de la 7e division de cavalerie. En août 1894, sur instruction du général de Boisdeffre qui veut le faire changer d'air après les remous causés par son article, il part pour l'Indochine. Il est désabusé, car il s'attend à trouver une garnison de plus, l'exotisme en prime. Dès les escales de Suez et de Singapour, il remarque l'activité que déploient les troupes anglaises et l'état d'esprit de leurs officiers. À Saïgon, il est reçu par le gouverneur général Lanessan et le courant passe tout de suite. Ce dernier lui explique qu'il ne faut pas détruire les cadres du pays conquis mais ici gouverner avec le mandarin, non contre le mandarin, qu'il faut respecter les traditions et s'efforcer de se rallier les élites. Il esquisse pour Lyautey tout un pan de la doctrine que ce dernier appliquera plus tard au Maroc. Il rejoint l'état-major du corps d'occupation à Hanoï, au Tonkin. C'est là qu'il fait une deuxième rencontre décisive, celle de Gallieni. Fort de ses vingt ans de colonies, Gallieni lui expose sa doctrine : « la conquête civilisatrice ». Pour lui, le succès militaire est nécessaire, mais il n'est rien si on ne lui unit un travail simultané d'organisation : routes, télégraphe, marchés, cultures, de sorte qu'avec la pacification avance, comme une tache d'huile, une grande bande de civilisation. Lyautey le suit en campagne, le voit pacifier des régions frontalières et construire des villes. Gallieni doit partir pour Madagascar où la situation est mauvaise. Le gouvernement l'a nommé Gouverneur général. En 1896, il rend à Armand Rousseau, alors gouverneur du Tonkin, un rapport issu de son expérience assignant un triple rôle à tout officier colonial : diplomatique, politique et militaire.

Il ne tarde pas à faire appel à Lyautey qui arrive à Tananarive en mars 1897. Sa première mission est de pacifier la zone dissidente du nord. Une fois les paysans rassurés et remis au travail, il lui faut organiser le pays où tout manque. Il a carte blanche de Gallieni et en profite pour construire des routes ou créer des villes (sa passion d'enfance) comme Ankazobe. Un chef rebelle dont il a épargné la vie lui offre une sagaie d'honneur dans laquelle est incrusté un thaler à l'effigie de Marie-Thérèse, avec la devise des Habsbourg. Cinq ans de proconsulat le comblent, surtout quand il compare avec la situation qu'il retrouve en France à chaque permission, alors que le scandale de l'affaire Dreyfus ne fait que s'étendre. En décembre 1899, à l'occasion d'une de ces permissions, il tient une conférence sur le thème de la politique coloniale, qui paraît aussi dans la Revue des Deux-Mondes sous le titre « Du rôle colonial de l'armée », où il insiste sur l'importance d'une bonne administration des territoires conquis. En 1900, Lyautey est nommé colonel et Gallieni lui confie le commandement de la province du sud, avec pour mission de la pacifier. Le voilà de nouveau en campagne pendant deux ans. Sa tâche accomplie, il rentre en France début 1902 pour prendre le commandement du 14e hussards, basé à Alençon.

On lui a aimablement conseillé de se faire oublier. Il ronge donc son frein quand, à l'été 1903, invité chez son ami Jules Charles-Roux, il y rencontre le gouverneur général de l'Algérie, Charles Jonnart. Ce dernier lui parle longuement de l'insécurité qui règne à la frontière algéro-marocaine, avec des tribus dissidentes qui lancent des razzias en Algérie et retournent se mettre à l'abri au Maroc. À sa demande, Lyautey lui expose les méthodes qu'il a utilisées à Madagascar. Jonnart approuve. Peu après, de nouvelles attaques meurtrières ont lieu et le poste d'Aïn Sefra est menacé. Lyautey est informé en septembre qu'il est nommé en Algérie, réclamé par le gouverneur général. La longue amitié qui le lie avec Eugène Étienne, député d'Oran, franc-maçon et plusieurs fois ministre a dû jouer. À peine installé à Aïn Sefra, il apprend qu'il est promu général de brigade. Il constate que de nombreux services lui échappent : artillerie, convois, intendance. Il réclame de les avoir tous sous ses ordres et le droit de correspondre directement avec le ministre en cas d'urgence, sans passer par la hiérarchie. Il obtient satisfaction. Au cours de l'hiver 1903-1904, il fait connaissance avec les traditions berbères et les décors du bled, à Figuig et ailleurs. Ce qu'il découvre l'enchante mais l'immobilisme lui pèse. Décidé à crever l'abcès, il installe un camp à Berguent (Aïn Beni Mathar) et quand Paris, qui n'admet pas qu'il ait franchi la frontière, lui donne, le 30 juillet 1904, l'ordre de se replier, il demande un sursis à exécution, le temps de s'expliquer car il a donné sa parole aux tribus locales qu'il les protégerait. Il met sa démission dans la balance. Sur fond de crise ministérielle (car les Affaires étrangères sont vent debout), Jonnart finit par faire admettre la solution proposée par Lyautey : ajouter à ses forces un détachement marocain pour sauver la face vis-à-vis des grandes puissances.

Après la conférence d'Algésiras qui n'accorde à la France que des droits limités au Maroc, Lyautey est nommé à la tête de la division d'Oran en 1907. Sur ordre de Paris, il occupe Oujda, puis réprime un soulèvement des Beni Snassen et parvient à pacifier la zone frontière. Début 1908, les tribus se sont soulevées au Maroc à l'instigation de Moulay Hafid. Le général d'Amade fait face avec difficulté, bloqué à Casablanca. Clemenceau, dont l'opinion à l'égard de Lyautey a changé, l'envoie en mission sur place. À son retour, ce dernier plaide la cause de d'Amade devant Clemenceau. Il dit au chef du gouvernement qu'il lui a conseillé d'attendre avant de procéder à l'évacuation de Settat qui lui avait été prescrite. Lyautey explique au chef du gouvernement l'importance de cette position et Clemenceau, subjugué, cède et annule l'ordre. Il est rappelé fin 1910, pour prendre le commandement du corps d'armée de Rennes.

En Algérie il a rencontré à plusieurs reprises Charles de Foucauld et Isabelle Eberhardt. Il appréciait cette dernière pour son non-conformisme et sa liberté d'esprit. Il fait en sorte que sa dépouille et ses manuscrits soient cherchés et retrouvés dans la maison d'Aïn Sefra, où elle avait trouvé la mort le 21 octobre 1904 à la suite d'une crue. Quant à Charles de Foucauld, qu'il avait connu jeune officier lors de son premier séjour en Algérie, il l'a reçu à Aïn Sefra et été le voir à Beni Abbès. Ce fut un choc pour lui de retrouver en ermite détaché de toutes les contingences celui qu'il avait connu en joyeux fêtard, on peut même dire débauché. Ils avaient naturellement beaucoup de choses à se dire en raison de la parfaite connaissance du terrain et des hommes acquise par Charles de Foucauld lors de son exploration clandestine du Maroc dans les années 1880. C'est surtout l'aboutissement de la quête spirituelle du père de Foucauld qui le renvoyait à ses propres interrogations, au point qu'au soir de sa vie, il se demandait s'il n'aurait pas dû suivre la même voie ; mais pour cela, il lui aurait fallu plusieurs vies! Il a également en Algérie fait la connaissance d'Henry de Castries, explorateur et géographe, qui avait eu des expériences voisines de celles du père de Foucauld, la sainteté en moins : il avait en effet cartographié les confins du Maroc et commencé à écrire sur l'histoire du pays. Lyautey l'a fait nommer colonel dans la territoriale, affecté en 1910 à Tanger, avec mission de continuer ses recherches.

 

Résident général au Maroc (1912-1916)

 

Lyautey reste moins de deux ans à Rennes, le temps de suivre les cours du Centre des hautes études militaires, et de participer à des manœuvres avec Joffre, qui envisage de lui confier de hautes responsabilités. En novembre 1911, suite au coup d'Agadir, Joseph Caillaux et Jules Cambon négocient un accord avec l'Allemagne pour avoir les mains libres au Maroc. Cet accord est ratifié en janvier 1912. On ne doit plus traîner pour établir le protectorat car les tribus se sont soulevées quand le sultan Moulay Hafid a confié le poste de grand vizir au Glaoui. Ce dernier a bien été destitué en 1911 mais la révolte continue et les troupes françaises ont bien du mal à la contenir. En mars 1912, le ministre de France à Tanger, Eugène Regnault, que l'on destinait à être le premier Résident, fait signer au sultan Moulay Hafid un traité de protectorat, en échange d'un appui de la France contre les dangers qui pourraient le menacer. Ce traité reconnaît implicitement la souveraineté du Sultan, mais il n'a pas l'initiative des lois, seulement le droit de s'y opposer en refusant de signer les dahirs. En outre, le maintien de l'ordre, la défense, les finances, les relations extérieures lui échappent. En avril de la même année, une révolte des troupes marocaines à Fès oblige le gouvernement français à changer ses plans et à envisager un Résident militaire plutôt qu'un civil. Le choix se porte sur Lyautey qui, par un décret du , devient le premier résident général de France au Maroc.

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Il débarque le 13 mai à Casablanca en compagnie de sa nouvelle recrue, Henry de Castries, et est accueilli par le colonel Gouraud. Direction Fès, où il doit se présenter au sultan. En cours de route, il rencontre l'architecte Maurice Tranchant de Lunel, aquarelliste de talent, qu'il embauche sur le champ pour en faire son directeur des Antiquités, Beaux-Arts et Monuments historiques du Maroc. À Fès, il trouve une ville en révolution et s'attend au pire, car une attaque des tribus est imminente. Ses officiers réussissent à desserrer l'étau et à mettre en fuite les tribus. Le Sultan veut quitter la ville où il s'est senti prisonnier pour Rabat et Lyautey acquiesce. Le sort en est jeté : la nouvelle capitale du Maroc, le siège de la Résidence, devient Rabat, une ville ouverte sur l'océan, verdoyante et disposant de larges espaces, rien à voir avec Fès, minérale, resserrée dans ses remparts et enserrée dans les montagnes. Ce transfert n'a pas calmé Moulay Hafid, qui traverse une crise de dépression et finit par démissionner. Il est remplacé par son demi-frère, Moulay Youssef. La continuité de l'administration du Sultan est assurée par le grand vizir El Mokri, nommé en 1911, qui sert toute la dynastie alaouite jusqu'en 1955.

Les premiers problèmes que Lyautey doit affronter sont territoriaux : trois zones de dissidence échappent à son contrôle et menacent la stabilité du pays : à l'est, la poche de Taza, qui bloque l'accès à l'Algérie et finira par lui coûter son poste ; au centre, une autre rébellion, celle des Zaïans, autour de Khenifra ; au sud, le prétendant El Hiba, qui vient d'entrer dans Marrakech et de prendre des otages français. Après avoir reçu des assurances du Glaoui, Lyautey envoie le colonel Mangin affronter les dix mille guerriers d'El Hiba le 6 septembre. Il parvient avec l'aide de l'artillerie à les mettre en déroute. Le 1er octobre, Lyautey fait son entrée triomphale à Marrakech et découvre les délices de ses palais et de ses jardins. Cependant le Glaoui, autoproclamé grand ami de la France mais personnage retors, deviendra un allié encombrant pendant près d'un demi-siècle.

Pour Lyautey, il y avait urgence à intervenir, car le prétendant El Hiba, en contestant la nomination du Sultan, remettait en cause un des piliers de sa politique : s'appuyer sur les autorités légales et obtenir leur adhésion en montrant qu'il les respectait et les protégeait. La protection était dans le texte même du traité signé en début d'année. Quant au respect, Lyautey va jusqu'à porter une attention méticuleuse à recréer la dignité du sultan Moulay Youssef, mise à mal par ses prédécesseurs : « J'ai écarté soigneusement de lui toutes les promiscuités européennes, les automobiles et les dîners au champagne. Je l'ai entouré de vieux Marocains rituels. Son tempérament de bon musulman et d'honnête homme a fait le reste. Il a restauré la grande prière du vendredi, avec le cérémonial antique. Il a célébré les fêtes de l'Aïd el-Seghir avec une pompe et un respect des traditions inconnus depuis Moulay Hassan... »

À la suite de ces hauts faits, les honneurs pleuvent, élection (de maréchal) à l'Académie française le 31 octobre et grand-croix de la Légion d'Honneur l'année suivante. Le succès de Lyautey a aussi un résultat paradoxal : les hommes politiques français le pressent d'en finir avec les autres rébellions. Il se raidit et refuse. D'abord, il est économe du sang de ses soldats, ce qui le distingue de bien de ses collègues, surtout, il préfère de beaucoup, quand il n'y a pas urgence, user de patience et de persuasion pour obtenir le ralliement des rebelles, qui sera d'autant plus solide qu'il n'aura pas été obtenu par la force : « Ce pays-ci ne doit pas se traiter par la force seule... Je me garderais bien d'aller m'attaquer à des régions qui sont “en sommeil”, qui se mettraient en feu si j'y pénétrais en me coûtant beaucoup de monde et de peine... Si l'opinion impatiente préfère les coups d'éclat prématurés à cette méthode plus lente mais si sûre, on n'avait qu'à ne pas m'envoyer ici ». Voilà un deuxième fondement de la doctrine de Lyautey énoncé. Un moyen de pacification privilégié est l'utilisation des goums, créés en 1908 et recrutés dans les tribus marocaines, dont Lyautey fixe le statut en 1913. Ces formations militaires doivent faire le lien avec la population indigène, faciliter l'administration des tribus, voire aider à établir des contacts avec les tribus rebelles.

L'adhésion des populations, il compte l'obtenir par le développement des régions pacifiées. C'est pourquoi la tâche prioritaire en 1913 est l'équipement du pays, la construction de routes, de voies de chemin de fer, de ports et de villes. Il compte aussi l'obtenir grâce à l'appui des organismes indigènes qu'il consulte, informe et auxquels il souhaite donner un vrai pouvoir. On retrouve ici encore la doctrine Lyautey. C'est ainsi qu'il consacre des journées entières à s'entretenir avec les chefs des communautés religieuses, les commerçants, les notables, qu'il séduit par la franchise de son accueil et par l'attention bienveillante avec laquelle il les écoute. Néanmoins, quand il le faut et qu'il ne peut pas faire autrement, il recourt à la force. Son projet de liaison ferroviaire avec l'Algérie se heurte au verrou de la poche de Taza. Il faut engager l'armée pour sécuriser le parcours. C'est à Gouraud qu'il revient en mai 1914 de commander les troupes. Il réussit au prix de durs combats et est rejoint par les forces venues d'Algérie que commande le général Baumgarten. Dans la foulée, en juin, le général Henrys réduit le bastion zaïan et libère Khenifra. Alors qu'en juillet, Gouraud poursuit les opérations autour de Taza, il est stoppé net par Lyautey qui le rappelle à Rabat pour lui annoncer que la guerre est déclarée.

Après avoir été informé par Paris, Lyautey pique une crise : « Mais ils sont fous ! Une guerre entre Européens, c'est une guerre civile... C'est la plus énorme ânerie que le monde ait jamais faite !». Puis il se calme et fait face. L'entrée en guerre de la France implique du Maroc un effort particulier pour la soutenir, d'abord par l'envoi de troupes, ensuite par des fournitures agricoles massives, pour pallier les déficits nés de l'occupation d'une partie du territoire et du manque de bras dans les autres régions agricoles du pays. Lyautey s'engage à envoyer immédiatement vingt bataillons et six batteries. Il assure que le reste suivra, sans dégarnir le pays et se replier sur la côte comme on le lui suggérait, ce qui surprend l'état-major, mais il laisse faire. Lyautey sait en effet le risque d'embrasement qui pourrait suivre le retrait total des troupes au contact des rebelles, à Taza et autour de Khenifra. Il adopte donc la stratégie de la « coquille d'œuf » : une armature légère pour donner l'impression que les forces sont toujours là. Cette armature est souvent faite de territoriaux venus de France ou de colons auxquels on a distribué à la hâte des uniformes de légionnaires ou de zouaves. Quant aux fournitures agricoles, les chiffres sont éloquents : 100 000 quintaux de blé en 1915, 235 000 en 1916, plus encore pour l'orge et la laine.

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Paradoxalement, ces contraintes laissent plus de liberté à Lyautey pour mener à bien ses projets architecturaux. En effet, l'administration de la métropole, si tatillonne, mais absorbée par la guerre, relâche son contrôle, mieux, elle cède sans discuter à ses demandes de crédits. Lyautey s'est constitué une belle équipe placée sous la houlette d'Henri Prost, architecte urbaniste, chargé des plans des villes nouvelles, à Rabat (à partir de 1914) et à Casablanca (à partir de 1917). Lyautey tient essentiellement à respecter les cœurs de ville anciens et lui a donné des ordres stricts à ce sujet. Et même, quand on le peut, les plans mettent en valeur les monuments anciens ; ainsi pour la tour Hassan à Rabat, dégagée et mise en perspective. Dans l'équipe, on trouve aussi Tranchant de Lunel, déjà cité, Jean-Claude Forestier, architecte-paysagiste chargé plus particulièrement d'implanter des jardins, Albert Laprade, constructeur de la Résidence (actuel ministère marocain de l'Intérieur) et de la poste à Rabat, Adrien Laforgue (frère de Jules), à qui l'on doit la gare, la cathédrale Saint-Pierre de Rabat aux tours en forme de minaret, le palais de justice (actuel Parlement) et bien d'autres immeubles à Casablanca et à Rabat, Antoine Marchisio, futur constructeur avec Prost de l'hôtel de la Mamounia à Marrakech, ou Joseph Marrast, concepteur du Palais de Justice de Casablanca.

L'entrée en guerre a eu un autre avantage : elle a fait sauter les contraintes imposées par la conférence d'Algésiras, telles que l'interdiction de construire des chemins de fer à voie normale (en outre, ceux à voie étroite devaient être réservés aux usages militaires) ou l'obligation de lancer des adjudications internationales pour les achats de matériels ou les grands travaux, avec un consulat d'Allemagne très vigilant sur place. Lyautey a par ailleurs bien compris que pour éviter des troubles à une période où la présence militaire est si réduite, il faut occuper les populations en multipliant les chantiers. Libre d'acheter ses matériels comme il l'entend, doté de crédits, disposant d'une large main d'œuvre, il lance d'impressionnants programmes de construction de routes, entre les villes impériales, le long de la côte et en direction du grand sud. Les ports sont aussi prioritaires, d'autant qu'on a découvert des gisements de phosphate qui nécessitent des infrastructures à la dimension de l'enjeu. Le port de Casablanca est en chantier depuis 1900, mais chaque tempête démolit les digues péniblement construites. Un consortium est formé en 1913 pour résoudre définitivement le problème, il comprend Schneider, la Compagnie marocaine et la société de travaux publics des frères Jean et Georges Hersent. Une énorme digue parallèle à la côte, le brise-lames, est construite qui délimite un plan d'eau accessible aux plus gros cargos de l'époque, ainsi qu'aux navires à passagers de la Compagnie Paquet. Lyautey suit les travaux de près mais le port n'est inauguré qu'en 1923. Les Hersent construisent parallèlement celui de Fedala (depuis, Mohammedia). À Kenitra, au nord de Rabat et à l'embouchure du Sebou, un port fluvial est créé, et une ville moderne édifiée, qui porte le nom de Port-Lyautey par la suite. C'est encore à lui que l'on doit le début de l'électrification du pays par des centrales thermiques, en attendant les premiers barrages.

Pour mener à bien sa tâche, Lyautey s'appuie sur les institutions du Maroc traditionnel : administration du sultan (Makhzen), administration des Habous, assemblées de notables et tribus. Il développe le corps des officiers des Affaires indigènes, héritiers des Bureaux arabes d'Algérie, qui ont des tâches civiles et de renseignement. Surtout, s'inspirant d'une expérience tunisienne, il implante au Maroc le corps des contrôleurs civils (appelés par les Marocains sidi el Hakem), un poste doté d'un prestige certain (beaucoup finissent préfets ou ambassadeurs). En fait, ce sont deux administrations qui coexistent, l'une militaire, l'autre civile, selon un découpage du Maroc en zone militaire (zone tribale et confins), et zone civile (Rabat et le Rharb, Casablanca et la Chaouia). Les officiers des affaires indigènes opèrent en zone militaire, les contrôleurs civils dans les grandes régions centrales. La mise en place de leur corps se fait en 1913. Lyautey précise qu'ils ont pour mission d'adapter graduellement le pays aux formes modernes de civilisation. Il insiste sur le fait qu'il s'agit d'une mission de conseil et d'assistance, pas d'administration directe. Ils doivent travailler en coopération avec les autorités locales, pachas et caïds, qui ont des compétences étendues en matière de justice et d'impôts. D'où une source de conflit avec les partisans d'une administration directe, et Lyautey a du mal à imposer sa vision des choses.

La civilisation marocaine est une civilisation millénaire, qui a connu de brillants échanges avec celle d'Al Andalus, et de belles périodes sous les Almohades, Mérinides, Saadiens et Alaouites. Depuis la mort du sultan Moulay Ismaïl en 1727, elle est quelque peu assoupie. Lyautey veut la réveiller et donner au pays la fierté de son héritage. Il crée donc en novembre 1912 le Service des Beaux-Arts, Antiquités et Monuments historiques, confié à sa récente recrue, Tranchant de Lunel. Il est composé d'architectes et de peintres. Ses missions :

  • la sauvegarde des monuments historiques de l'antiquité (essentiellement romaine) et de la période islamique
  • le relevé des inscriptions historiques
  • la sauvegarde des objets d'art et d'ameublement
  • la conduite des fouilles archéologiques.

Pour accomplir ces missions, le service est aidé par les militaires des services topographiques et du génie, mais aussi par des artisans locaux recrutés et formés spécialement aux styles anciens (almohades, mérinides, etc.) dans des ateliers d'art indigène. Tranchant est aidé par son confrère Maurice Mantout, futur architecte de la Grande Mosquée de Paris, et Prosper Ricard, qui est chargé de l'enseignement des arts indigènes. Pendant la guerre, des territoriaux, des blessés, des mobilisés réclamés par Lyautey arrivent en nombre : les peintres Joseph de La Nézière, Henri Avelot et Gabriel Rousseau, les photographes Jean Rhoné et Lucien Vogel, les architectes Georges Beaumet, Marcel Rougemont et Léon Dumas, l'archéologue Maurice Pillet. Les premiers monuments à bénéficier du classement et d'un programme de restauration sont les médersas, de Meknès, Marrakech (médersa Ben Youssef) et Fès (médersas Bou Inania et Attarine). Préoccupé de la sauvegarde de ce patrimoine architectural, Lyautey impose une consultation du service des Beaux-Arts sur tous les projets de construction dans ou hors des médinas, et pour ces dernières, le respect des règles ancestrales. Outre l'action en faveur des artisans marocains à travers les ateliers d'art indigène, il s'est intéressé personnellement à sauvegarder les branches d'activité non concernées par la restauration des monuments. Ainsi, après s'être aperçu qu'il ne restait plus que deux vieux relieurs à Fès, il les a incités à former des apprentis pour perpétuer leur métier, qui a de la sorte été sauvé. La sauvegarde des objets d'art et d'ameublement implique la création de musées. Il fait donc acheter diverses collections ethnographiques et dès 1915, deux musées voient le jour : celui des Oudaïas à Rabat, dirigé par Prosper Ricard, et le musée du Batha à Fès.

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L'arrivée de Lyautey a provoqué un formidable appel d'air en France et en Afrique du Nord : les colons sont arrivés par milliers chaque mois avant la guerre. C'est un souci pour lui, car au début les infrastructures et les logements manquent. En outre, il est résolument contre la colonisation de peuplement car il veut éviter l'accaparement des terres ; il fait à cet égard tout pour rendre difficile leur acquisition par les colons, avec notamment le dahir (décret royal) du 7 juillet 1914 qui interdit l'aliénation des terres collectives. Il est aussi contre ces arrivées massives car il ne veut pas que les nouveaux venus accaparent les postes dans l'administration et les entreprises, qu'il souhaite réserver en priorité aux Marocains pour assurer leur promotion. Il se heurte à des résistances considérables et cette politique est largement abandonnée par la suite. Il lui faut bien faire face à cet afflux et assurer le développement économique du pays. En agriculture, il suit une double politique : encourager pour des raisons d'efficacité les grosses exploitations confiées à des colons qui rendent le pays autosuffisant et pour la première fois à l'abri des famines, mais aussi fournir des aides sous forme de prêts sans intérêt aux petits agriculteurs et éleveurs marocains. Dès 1912, il crée le service forestier, porté à bout de bras pendant des décennies par Paul Boudy. L'industrie de transformation prend le relais avec la création de cotonneries, huileries, minoteries, conserveries et scieries. À l'entrée en guerre, on découvre dans le consulat allemand abandonné les éléments d'une remarquable organisation commerciale : des échantillons de tout ce que pouvait produire le Reich..., des échantillons aussi des produits souhaités par le Maroc. Lyautey considère que c'est un exemple à suivre et décide de promouvoir la production locale et nationale dans une grande foire qui a lieu à Casablanca en 1915. Cette manifestation a une conséquence très inattendue : des chefs de tribus rebelles demandent des sauf-conduits et sont tellement séduits qu'ils se soumettent. Même réaction ou presque à la foire d'échantillons de Fès en 1916, d'autres se soumettent pour pouvoir monter sur les chevaux de bois de la foire!

 

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Ministre de la Guerre

 

Le 11 décembre 1916, Lyautey reçoit un télégramme d'Aristide Briand, alors président du Conseil, qui lui propose le poste de ministre de la Guerre. C'est Philippe Berthelot qui lui a suggéré son nom, alors que le gouvernement, en butte aux critiques, ne sait plus quelle solution adopter. Lyautey hésite beaucoup : d'une part la situation s'est tendue au Maroc avec l'arrivée par sous-marin d'émissaires allemands auprès d'El Hiba, de l'autre la situation du front est catastrophique avec des pertes énormes ; Lyautey, économe en vies humaines, avait déjà pu mesurer l'ampleur des pertes lors d'une permission en 1915 ; il a parlé à ce propos de « gaspillage effréné et désordonné » en raison de l'éparpillement des responsabilités et de l'absence de direction d'ensemble. Il a en outre des doutes sur les capacités de certains de ses collègues et sait que l'appui des politiques lui sera compté avec parcimonie. Il finit par accepter quand Briand lui propose de faire revenir au Maroc, pour le remplacer, Gouraud, en qui il a toute confiance. Il quitte le Maroc le , passe par Madrid saluer le roi Alphonse XIII, et arrive à Paris le 22.

Deux mauvaises nouvelles l'attendent : alors qu'il réclame l'unité de commandement, on a créé un comité de guerre de cinq membres et on a détaché du ministère de la Guerre, le Ravitaillement confié à Herriot, les Fabrications de Guerre confiées à Albert Thomas, les Transports et le Service de Santé transformés en sous-secrétariats d'État. On a par ailleurs choisi de remplacer Joffre par Nivelle, qui a séduit par son optimisme, face à un Pétain plus réservé. Dès le 23, Lyautey reçoit Nivelle qui lui soumet son plan d'attaque. Il ne dit rien, mais plus tard déclare au colonel Renouard, envoyé par Nivelle : « Voyons mon petit, c'est un plan pour l'armée de la Grande-duchesse de Gérolstein ». Le 25, il reçoit Joffre, qui parle de démission mais qu'il réussit à calmer de l'amertume de son éviction. Le 3 janvier, il part pour Rome, assister à une importante conférence interalliée sur le front d'Orient. Geste symbolique, malgré les interdits, Lyautey tient à revoir le comte de Linange, Autrichien, en résidence surveillée en tant qu'ennemi ; c'est un vieil ami de Lyautey qui se souvient de ses attaches lorraines... De même, il va prier à Saint-Pierre pour, confie-t-il à Wladimir d'Ormesson, protester contre la fermeture de l'ambassade de France auprès du Saint-Siège ! Mais la conférence n'aboutit à rien.

Fin janvier, il tente de remédier à l'éparpillement des pouvoirs qu'il a pu constater : l'état-major n'est plus au ministère, rue Saint-Dominique à Paris, mais au Grand Quartier Général basé à Chantilly, qui se comporte comme un second ministère. Le G.Q.G. formule ainsi directement ses demandes d'approvisionnement et de transport aux directions concernées, sans aucune coordination avec la rue Saint-Dominique. Lyautey s'efforce de mettre sur pied un pilotage centralisé de l'administration de la guerre : « Avant toute chose, ne fallait-il pas connaître l'ensemble des besoins, apprécier l'urgence relative de ces besoins, réduire, au besoin, tel ou tel transport ? Il en allait de même des questions relatives à l'utilisation des effectifs, et surtout de celles qui s'appliquaient au ravitaillement général des armées et de la nation ». Contrairement à d'autres, il ne considère pas les problèmes économiques comme secondaires.

C'est le 1er février que Lyautey reçoit rue Saint-Dominique le colonel Renouard, chargé de lui expliquer dans le détail le plan de l'offensive Nivelle. Cette mémorable entrevue a été décrite par Maurois et reprise par tous les biographes de Lyautey. Ce dernier connaît bien Renouard, qu'il a eu sous ses ordres dans le Sud-Oranais. Il l'interpelle : « Je te demande de me répondre ; je ne suis plus le ministre de la Guerre, tu n'es plus le colonel Renouard ; nous sommes deux Français face à face, et il s'agit du salut de la France. Qu'est-ce que tu penses, toi, du plan que tu m'apportes ? » Renouard se raidit et se dérobe. Lyautey le prend aux épaules et le secoue : « Regarde-moi dans les yeux, remets-toi un instant dans la peau de mon officier de confiance d'Aïn Sefra et dis-moi la vérité ». Alors le masque tombe et Renouard avoue, les larmes aux yeux, qu'il ne croit pas plus que son ministre à ce plan. Lyautey en arrive même à envisager le renvoi de Nivelle et son remplacement par Foch mais y renonce devant l'opposition de Briand, qui ne veut pas changer d'attelage en cours de route.

En janvier et février, il procède à de nombreuses inspections du front. Le , il assiste à un exercice de tanks près de Compiègne avec Nivelle et Franchet d'Espèrey. Le , il se rend à Dunkerque visiter l'armée belge et saluer le « roi-soldat », Albert Ier, qui réside à La Panne, seule portion de la Belgique encore libre. Le soir, il dîne avec le Premier ministre belge, Charles de Broqueville. Le , il part pour le front, remettre à Foch la médaille militaire et à Guynemer une décoration anglaise. Il passe rapidement au milieu des ruines de Crévic. Le 23 et le 24, il parcourt le front britannique, rencontre le maréchal Douglas Haig et le Prince de Galles. Le 26, il est à Calais pour une importante conférence franco-anglaise, en présence de Briand et Lloyd George. Comme la défection de l'allié russe est de plus en plus évidente, Lyautey reporte ses espoirs sur l'entrée en guerre de l'ami américain, dont il attend beaucoup. Il se fait tenir étroitement au courant par l'importante mission militaire que la France entretient aux États-Unis pour assurer ses approvisionnements, mais aussi par des amis sûrs tels que Max Lazard, qui à chaque retour de voyage lui fait des rapports détaillés. Ce n'est que le 5 avril, alors qu'il n'est plus ministre, qu'il obtient par des contacts secrets la confirmation d'une entrée en guerre imminente des États-Unis.

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Depuis son arrivée à Paris, Lyautey a été l'objet d'une campagne insidieuse menée par les parlementaires de gauche qui le présentent comme une sorte de Bonaparte au retour d'Égypte, prêt à fomenter un coup d'État. Il les irrite d'autant plus qu'il brouille les cartes : il passe pour de droite mais affiche des préoccupations sociales et refuse de mettre au pas le Maroc, un conflit qui sera récurrent jusqu'à son départ en 1925. Le débat qui a lieu à partir du précipite sa démission. Lyautey n'en veut pas car il s'agit d'un sujet sensible, l'aviation, et même s'il a été décidé qu'il se tiendrait en comité secret, il sait que le résultat de ces réunions est connu des Allemands. Ce débat a été voulu par l'opposition, rendue furieuse par la nomination du général Guillemin à la tête de la direction de l'Aviation que Lyautey vient de créer, à la place du sous-secrétariat d'État espéré par les politiques. Du 11 au 14 au matin, il est à Londres où il a de fructueuses discussions avec les Anglais sur la nécessité de l'unité de commandement. L'après-midi du 14, devant les députés réunis en comité secret (tribunes évacuées), il commence son discours par : « Je regarde, en pleine responsabilité, que c'est exposer la défense nationale à des risques pleins de périls... » Il est aussitôt interrompu par une bronca de grande ampleur : « On n'a qu'à supprimer le Parlement ! » crie un député. Le vacarme est tel qu'il doit quitter la tribune. Il démissionne le soir même après avoir dit à Guillaume de Tarde : « Tu avais raison, je n'ai jamais rien compris à cette race ». Lyautey envoie tout de même le texte du discours qu'il n'a pas pu prononcer aux responsables politiques ; seul Gaston Doumergue répond qu'il l'approuve entièrement. Deux jours après, c'est Briand lui-même qui démissionne, remplacé par Alexandre Ribot, avec Paul Painlevé comme ministre de la Guerre.

Le , le nouveau chef du gouvernement demande à Lyautey de reprendre son poste au Maroc. Ce dernier part en cure à Vichy. L'offensive Nivelle, déclenchée en avril, est, comme il l'avait prévu, un désastre et Painlevé finit par décider, à la fin du mois, d'appliquer ses idées sur l'unité de commandement, en appelant Foch au commandement suprême des armées et Pétain au poste de chef d'état-major général chargé de faire le lien avec les Alliés. On avait pourtant en janvier refusé à Lyautey la création de ce poste de chef d'état-major général, sans doute parce que le candidat qu'il proposait, Castelnau, ne plaisait pas à la gauche. De retour à Paris début mai, Lyautey est pleinement associé à la nouvelle donne : il voit Ribot, Painlevé, Poincaré, Foch et Pétain. Clemenceau, revenu au pouvoir à la fin de l'année et dont les relations avec Lyautey ont le plus souvent été conflictuelles, avalise ces décisions et pour certaines les renforce.

 

Lyautey quitte Paris le 20 mai. Il s'arrête à Madrid pour des conversations approfondies avec le roi et le chef du gouvernement. Alphonse XIII lui fait discrètement savoir qu'il aimerait le voir soutenir l'idée d'une paix séparée avec l'Autriche pour laquelle l'empereur Charles Ier et l'impératrice Zita œuvrent, mais il refuse de s'engager. Le 29 mai, après avoir échappé de peu à une torpille lancée par inadvertance par un navire d'escorte anglais, il arrive à Casablanca, prêt à reprendre le travail de développement du Maroc où il l'avait laissé.

Pour l'aider, une équipe de fidèles qu'il a choisis et auxquels il fait confiance. Elle a joué un rôle essentiel. Wladimir d'Ormesson dit que « Lyautey créait autour de lui une atmosphère faite à la fois d'intelligence et de confiance ». Sur la photo de 1925, on peut voir, debout de gauche à droite : le capitaine Pélier, le colonel Huot (l'homme de l'ombre est dans l'ombre), le Maréchal, Pierre de Sorbier, le commandant Ract-Brancaz, le capitaine Fouques-Duparc, Émile Vatin-Pérignon, le capitaine Deschanel, le comte de Saint-Quentin, le capitaine Bourgin. Dans ceux qui sont assis, à l'extrême-gauche, le lieutenant Durosoy et au premier plan au centre, Gaston Palewski. Dans le premier cercle et sur toute la durée, on trouve, côté militaires :

  • le général Poeymirau, le chef militaire, mort en 1924
  • le général Gueydon de Dives, chef d'état-major en 1914, suivi du colonel Jean Delmas, mort en 1921
  • le capitaine Bénédic, futur colonel, chef du cabinet militaire
  • le colonel Berriau, chef des affaires indigènes et du renseignement, mort en 1918, suivi du colonel Huot
  • Maurice Durosoy, arrivé en 1924 comme aide de camp, puis chef de cabinet du maréchal, futur général

S'y rajoutent, les officiers d'ordonnance, Wladimir d'Ormesson, Édouard Champion (l'éditeur), Joseph Pélier, Yves de Boisboissel, Louis Guillon, Fouques-Duparc, etc., et les membres de son cabinet militaire, le commandant Ract-Brancaz (du service du renseignement), Georges Spillmann (du même service, futur général), le commandant Cellier, Aimery Blacque-Belair (le lieutenant des Dialogues sur le commandement de Maurois), Étienne de Felcourt, chargé des renseignements extérieurs, Alfred Droin, l'officier poète, François de La Rocque, à l'état-major de Lyautey de 1913 à 1916, puis brièvement en 1925 comme lieutenant-colonel chargé du deuxième bureau. Parmi les trois militaires qui ont succédé à Lyautey comme résident général, deux l'ont servi au plus près : Charles Noguès et Alphonse Juin. Ce dernier a même poussé l'attachement jusqu'à le suivre en France en 1925, pour continuer à le servir au sein du Conseil supérieur de la guerre. Un troisième futur résident, Augustin Guillaume, n'a que brièvement été au cabinet de Lyautey ; il était néanmoins tout à fait à même d'apprécier ses méthodes. Les trois feront tout le contraire, une fois au pouvoir...

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L'économie du Maroc est stimulée après guerre par une découverte fortuite faite en 1917 à l'occasion de travaux d'une ligne de chemin de fer : les phosphates de Khouribga. Déjà, depuis 1908, on sait qu'il y a des phosphates au Maroc et c'est une des raisons de l'intérêt des Allemands pour le pays. L'importance du gisement de Khouribga est considérable et on prévoit que la quasi-totalité de la production devra être exportée. Lyautey prend deux décisions : d'abord, l'exploitation sera confiée non à des intérêts privés mais à l'Office chérifien des phosphates, créé en 1920, une décision qui n'est pas celle d'un homme de droite. Ensuite, les travaux (pharaoniques) du port de Casablanca, toujours en cours, sont modifiés avec la création d'un quai des phosphates, doté de larges surfaces d'entrepôts, de grues dédiées et de liaisons ferroviaires. L'exploitation commence en 1921 et est une manne pour le pays. La Banque de Paris et des Pays-Bas, évincée de l'exploitation des phosphates, se rattrape en obtenant, toujours en 1920, la concession du transport ferroviaire au Maroc. Elle crée à cet effet la Compagnie des chemins de fer du Maroc (CFM), dont les débuts sont très lents, tant que la traction électrique n'a pas été adoptée (1925). Cette compagnie devient célèbre dans le monde entier quand elle construit un hôtel de luxe à Marrakech en 1923 : la Mamounia , bientôt suivi des hôtels rachetés à la Compagnie Générale Transatlantique (Palais Jamaï à Fès, Transatlantique de Casablanca, Meknès et Agadir). La concession de l'électricité suit celle des chemins de fer ; elle est accordée en mai 1923 et autorise, entre autres, la construction de plusieurs barrages sur l'Oum Er-Rbia. Une société est créée en janvier 1924 : Énergie électrique du Maroc (EEM), chapeautée encore par la Banque de Paris et des Pays-Bas, qui la contrôle directement ou via la CFM. Dès septembre 1924, une grosse centrale thermique entre en service sur le site des Roches Noires à Casablanca. Il faut attendre encore un an pour voir démarrer les travaux des premiers barrages.

Si le Maroc a naturellement été en retard sur la métropole pour les chemins de fer, il n'en va pas de même pour l'aviation, dont Lyautey a vite compris le potentiel. Déjà, pendant la guerre, il a obtenu en 1916 l'envoi de deux escadrilles pour parer au déficit de troupes au sol, qui servent à la reconnaissance et au bombardement. Elles sont équipées de Voisin et de Farman, et servent en particulier dans la région de Taza et celle du Tafilalet. C'est en 1918 que l'industriel Pierre-Georges Latécoère décide de développer les liaisons aériennes avec le Maroc, et au-delà l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud ; il crée à cet effet la CEMA (Compagnie Espagne-Maroc-Algérie) avec laquelle le gouvernement signe un contrat pour le transport du courrier, comprenant une subvention annuelle de Lyautey. Le 9 mars 1919, Latécoère est à bord du vol d'essai du Salmson 2A2 qui relie Toulouse à Casablanca, vol effectué en 11h45. À son arrivée, il remet à Lyautey le journal de la veille et à la générale un bouquet de violettes fraichement cueilli. Le 1er septembre 1919, vol inaugural de la ligne postale sur Breguet XIV avec aux commandes Didier Daurat, qui est par la suite le patron de la ligne du Maroc. En juin 1921, le roi Albert Ier de Belgique en visite à Rabat exprime le souhait de revenir en France en avion et Lyautey organise son voyage, mais tout le monde tremble, y compris le pilote. De 1919 à 1921, il y a eu de nombreux accidents mortels, au point que Lyautey a dû interdire aux membres de son cabinet de prendre l'avion. À l'été 1922, Latécoère demande à Lyautey son aide pour définir les escales de la future ligne vers Dakar. Lyautey confie les reconnaissances nécessaires au capitaine Joseph Roig108, le chef d'escale de Latécoère au Maroc, et à un officier de goumiers qui sert d'interprète. En mai 1923, premier vol vers Dakar. En 1924, Latécoère transporte 2 000 passagers et des millions de lettres sur la ligne du Maroc. Cependant, durant toutes les années 1920, les escales du sud, Cap Juby (Tarfaya) et Villa Cisneros (Dakhla) posent un problème majeur d'insécurité, avec de nombreux équipages capturés, blessés, ou même tués (voir les aventures de Jean Mermoz et de Saint-Exupéry), les Espagnols étant incapables de pacifier la région et Lyautey se voyant interdire d'y intervenir.

La colonisation officielle des terres s'est faite sous Lyautey par :

  • rachat de terres guich. Puisque la protection du sultan est assurée par la France, ce statut devient obsolète,
  • rachat de biens habous,
  • rachat de 50 000 ha à de grandes sociétés foncières,
  • confiscation de 30 000 ha appartenant à des Allemands ou Austro-Hongrois,

soit au total quelque 200 000 ha de lots de colonisation officielle, auxquels il faut ajouter les achats privés. Trois corps sont créés pour développer l'agriculture : officiers des eaux et forêts, ingénieurs du génie rural et inspecteurs de l'agriculture. Le service des forêts est confié à Paul Boudy et celui du génie rural à Jacques Nacivet, qui obtient en 1923 que l'hydraulique agricole, si importante au Maroc, soit détachée de la direction des travaux publics et placée sous sa coupe. Quant aux inspecteurs de l'agriculture, ils ont entre autres pour mission la vulgarisation des techniques agricoles, et la distribution d'engrais et de semences. Les cultures passent dans la Chaouia entre 1915 et 1923 de 201 000 ha à 422 000, dont de 16 000 à 31 000 ha pour les lots de colonisation. Quant à la production globale, elle passe de 1915 à 1924 pour les céréales de 13,8 à 22,2 millions de quintaux, et pour les bovins de 548 000 têtes à 1 568 000. Fin cavalier et passionné d'équitation, Lyautey ne manque pas d'imprimer sa patte dans ce domaine. Il a repéré dès 1912 un vétérinaire militaire, le colonel Théophile Monod. Il lui confie le service de l'élevage nouvellement créé, avec en ligne de mire les pur-sang arabes. Ce dernier crée en 1914 le haras de Meknès, qui a pour première tâche les remontes militaires, puis après la guerre l'amélioration génétique et la promotion du jumping.

À son retour en 1917, Lyautey a continué de plus belle à récupérer les spécialistes dont il avait besoin et qui étaient au front, qu'ils soient réaffectés ou réformés ; c'est ainsi qu'il invite le Lorrain Jacques Majorelle à venir. Henry de Castries, il y a peu dans l'Oise, retrouve son service historique qui est érigé en Institut historique du Maroc. Plusieurs architectes arrivent, dont Auguste Cadet. Bernard Boutet de Monvel, affecté en 1917 à la base aérienne de Fès, est incité par Lyautey à reprendre ses pinceaux. Le service des Beaux-Arts est la même année à l'origine d'une découverte majeure : les tombeaux saadiens de Marrakech, murés depuis deux siècles, qu'il étudie et publie. Ce service est étoffé en 1918 avec la création d'un Office des arts indigènes, confié à Joseph de La Nézière. En 1919, il est rattaché à la direction de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Monuments historiques à la tête de laquelle vient d'être nommé Georges Hardy. Puis en 1920, l'ensemble du service des Beaux-Arts est réorganisé en trois sections :

  • monuments historiques, palais et résidences, confiée à Edmond Pauty
  • arts indigènes (ateliers, enseignement, musées) confiée à Prosper Ricard et Joseph de La Nézière, épaulés par des ethnographes comme Jean Gallotti et une cohorte de peintres, dont fait partie Azouaou Mammeri
  • antiquités, confiée au spécialiste de Volubilis, Louis Chatelain

En 1923, le service est en crise : Lyautey doit renvoyer son chef, Tranchant de Lunel, pris dans des affaires de mœurs et de drogue. Il n'est remplacé qu'en 1924, par Jules Borély. Cadeau de départ du service au maréchal en 1925 : le beau livre de Jean Gallotti Le Jardin et la maison arabes (deux tomes) illustré par Albert Laprade, avec une lettre-préface de Lyautey lui-même : « Vous avez écrit un livre non seulement d'artiste et d'érudit, mais d'amoureux. Un soir de cet été [1925], j'ai pu feuilleter votre manuscrit resté longtemps sur ma table, au milieu des préoccupations que vous savez. C'était comme lorsqu'on pénètre, à la fin d'une journée accablante, derrière les murs hostiles d'une casbah, dans un jardin de cyprès, où vous assaillent la fraicheur des fontaines, le parfum des roses et le vol des colombes ».

Jusqu'à la fin de la guerre, Lyautey avait mobilisé les peintres pour des relevés des monuments à sauver. Ce travail achevé, il incite les artistes de passage (tels que Raoul Dufy) à rester au Maroc en mettant des ateliers à leur disposition et s'occuper activement de la promotion des peintres et sculpteurs, en parrainant de nombreuses expositions au Maroc, à Marseille et à Paris, avec l'aide en particulier de la galerie Georges Petit. Il les structure également. Il y a bien une association des peintres orientalistes en France, mais il veut faire émerger une école proprement marocaine. L'Association des peintres et sculpteurs du Maroc est créée en 1922, placée sous la tutelle de Georges Hardy. Elle comprend au départ douze membres : Jean Baldaoui, Jean Hainaut, Raphaël Pinatel, Paul Lafond, Édouard Brindeau de Jarny, Marcel Vicaire, André Lenoir, Mattéo Brondy, Edmond Pauty, Albert Laprade, Gabriel Rousseau, Blanche Laurent-Berbudeau. Autour d'eux, on peut encore citer : Jules Galand et Bernard Boutet de Monvel, deux officiers-peintres, Tranchant de Lunel, André Suréda, Henri Derche, Charles Duvent (honoré de plusieurs commandes officielles), Camille Josso, Azouaou Mammeri et bien sûr Jacques Majorelle, qui s'installe à Marrakech en 1922. Leurs thèmes favoris sont les médinas, les fantasias et les kasbahs de l'Atlas. Pour accueillir leurs œuvres, un musée d'art moderne est créé en 1923 à Rabat. Il porte le nom du grand ancien, Eugène Delacroix, dont les carnets du Maroc sont célèbres.

De 1917 à 1925, un nouveau contingent d'architectes arrive au Maroc : Marius Boyer, Edmond Brion, Auguste Cadet, Jean Balois, Albert Greslin, dont le principal centre d'intérêt est la ville de Casablanca en pleine expansion. Leur style est foisonnant et fait appel à toutes les références, du néo-mauresque à l'art déco, avec souvent des créations très personnelles qui font la richesse de la ville. Certains ont été appelés par Lyautey lui-même.

 

Le programme de pacification, laissé entre parenthèses pendant la guerre, est repris ensuite, car des tribus sont à nouveau entrées en rébellion dans le Rif, vers Taza, dans le Moyen-Atlas et dans le Sud. Lyautey veut certes pacifier mais aussi rêve de reformer l'empire chérifien du temps de Moulay Ismaïl, de la Méditerranée au Sénégal. Les caïds alliés, Goundafi et Glaoui, sont mis à contribution pour la rébellion du Souss où des tribus sont restées fidèles à El Hiba. Le général Aubert sécurise (prov