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Bouchon-Gras 49

Intervention de la France au Tchad.

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07.02.2019

La France est entrée en guerre au Tchad (actualisé)

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Edouard Philippe, le Premier ministre, a informé le Parlement, mercredi soir, que les forces armées françaises conduisaient des opérations offensives au Tchad contre des groupes armés venus de Libye. Le Premier ministre a invoqué l’article 35 de la Constitution qui définit les conditions de mise en œuvre de la guerre et des interventions de forces armées à l’étranger.

L’aviation française a effectivement effectué plusieurs raids depuis le week-end dernier, dans le nord du Tchad. Ces raids ont eu lieu à l’est du massif du Tibesti, dans la région de l’Ennedi.

Dimanche, l’état-major des armées a annoncé que des Mirage 2000 avaient effectué, au matin, un show of force au-dessus d’une colonne d’un groupe armé en provenance de Libye. "La progression des pickups se poursuivant malgré cet avertissement, une seconde patrouille de Mirage 2000 a décollé dans l’après-midi pour procéder à deux frappes", précisait l’EMA.

Mercredi soir, l’EMA a annoncé que de nouvelles frappes avaient eu lieu les 5 et 6 février. "L’action des Mirage 2000, engagés depuis la base de N’Djamena, appuyés par un drone Reaper, a permis au total de mettre hors de combat une vingtaine de pickups". Les Mirage qui ont décollé de N’Djamena (sud-ouest du pays), ont largué une douzaine de bombes à guidage laser pour frapper les éléments de l’Union des forces de la résistance (UFR).

Cette annonce tardive mais visiblement importante pour le pouvoir politique, est intervenue à la veille du traditionnel point presse du ministère des Armées; elle avait de quoi surprendre. En outre, peu avant, le Premier ministre avait prévenu les parlementaires de l’intervention française.

Quel est le cadre juridique de cet engagement ?

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Dans son courrier, Edouard Philippe fait référence à l’article 35 (alinéa 2) de la Constitution. Ce texte précise que si "la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement", il suffit au Gouvernement d'informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. "Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort", dit l'article.

Techniquement, ces opérations au Tchad ne s’inscriraient donc pas dans le cadre de la lutte anti-terroriste et dans le cadre de l’opération Barkhane. "Cette annonce nous amène à nous poser des questions", estime le député François Cornut-Gentille, l’un des meilleurs spécialistes de la Défense au Parlement. Quelle est la stratégie de Paris ? Quels renforts sont envisagés ?

"La sobriété du courrier du Premier ministre est préoccupante puisque, visiblement, on sort de Barkhane. Il y a des événements qui nous obligent à aller plus loin que Barkhane", poursuit l’élu LR.

Effectivement, nulle part n’apparaît dans les communiqués officiels français la mention d’une menace terroriste. Il s’agit donc bien d’une intervention française en soutien à un régime allié, dans le respect de règles du droit international humanitaire, comme l’a bien précisé le ministère des Armées. Mais dans le cadre de quels accords de défense? 

Bien sûr, les critiques ont vite fusé. Ingérence, défense d'un régime corrompu estiment des opposants tchadiens et des élus français!

Qui est la cible des raids ?

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" Le raid de cette colonne armée dans la profondeur du territoire tchadien était de nature à déstabiliser ce pays. Les forces armées tchadiennes sont un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le terrorisme, tant au Mali, au sein de la Minusma, qu’au sein de la force conjointe du G5 Sahel qu’au travers de son engagement contre Boko Haram", a précisé l’EMA, sans citer qui était la cible.

En réalité, ces colonnes de pick-up appartiennent à un mouvement rebelle, l’Union des forces de la résistance, emmenée par le neveu du président Déby, Timan Erdimi, et composée de combattants zaghawa, l’ethnie du Président.

Selon le porte-parole de l’UFR, l’entrée de ses combattants dans le nord du Tchad était une opération prévue de longue date. Il s’agissait d’établir une base arrière dans le nord-est du Tchad ou au Soudan. Toutefois, un autre facteur est à prendre en compte. Réfugié en Libye mais sous fortes tensions depuis quelques semaines du fait d’une offensive des forces de l’homme fort de l’est libyen, Khalifa Haftar, l’UFR a donc fait mouvement vers le sud et est entré au Tchad.

"On a cru que la France n’allait pas intervenir dans les affaires intérieures du Tchad. C’est extrêmement grave. La France n’a aucune solution à offrir aux Tchadiens à part maintenir M. Deby parce que c’est son chien de chasse pour ses opérations contre Boko Haram et les islamistes", a expliqué un représentant de l’UFR.

A noter qu'un autre groupe rebelle est localisé dans le nord du Tchad : le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République. Ce CCMSR est né en Libye en 2016 d’une scission de l’UFR.

Renforcement du dispositif français

Habituellement, six Mirage 2000 stationnent dans la Bande Sahélo-Saharienne : trois à Niamey (Niger) et trois à N’Djamena. Ils ont été renforcés, au hasard d’une relève.

La force de frappe tactique française est donc considérable. L'armée française peut compter sur les moyens ISR (renseignement aérien) déployés à partir de Niamey. Un des drones Reaper français a pris part aux actions, fournissant en temps réel des informations sur la localisation et les mouvements des colonnes rebelles. Plusieurs drones ont été mobilisés pour assurer la permanence de la veille ISR au-dessus du nord tchadien.

Les Américains ont-ils apporté un coup de main ? Possible mais il semble que les trois raids ont été totalement "tricolores".

50 ans après l'opération Limousin, la France vole toujours au secours du régime tchadien.

 

( Source Ligne de Défense )

 

N'oublions pas que la France a un long passé en commun avec le Tchad.

  • Sad 1

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