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  1. J' ouvre ce nouveau sujet, afin de partager avec vous l' Histoire de la Marine et quelques grands marins contemporains, personnages illustres, connus ou méconnus du publique. Je débuterai donc cette étude par Hubert AMYOT d' INVILLE. Hubert Amyot d'Inville est né le 1er août 1909 à Beauvais dans une famille de vieille noblesse de l'Oise. Il fait ses études à l'Institution du Saint-Esprit à Beauvais. Il entre en 1932 dans la Marine marchande à la compagnie Dreyfus. En 1939, il est capitaine au long cours sur la ligne de Madagascar des Messageries maritimes. En janvier 1940, enseigne de vaisseau de réserve, il est rappelé dans la Marine de guerre. Il reçoit le commandement du dragueur de mines La Trombe. Il prend part à la défense et à l'évacuation de Dunkerque, lorsque son bâtiment, assurant la garde des chenaux du port, est coulé. Rescapé, Hubert Amyot d'Inville est cité à l'ordre de l'Armée. Il commande ensuite au moment de l'armistice une vedette lance-torpilles et rallie Londres pour s'engager dans les Forces navales françaises libres, le 1er juillet 1940. Le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) est constitué sous le commandement du capitaine de corvette Détroyat, Hubert Amyot d'Inville devient son second. Le commandant Amyot d' Inville et " Bob ". Le Bataillon est embarqué sur le Westernland et participe l'opération de Dakar. Après l'échec de Dakar, le Bataillon prend une part active au ralliement du Gabon avant de rejoindre Suez par le Cap puis Qastina en Palestine. En juin 1941, Hubert Amyot d'Inville entre avec le 1er BFM en Syrie. Grièvement blessé devant Damas, le 17 juin, il prend, dès le mois d'août 1941, avec le grade de capitaine de corvette, le commandement du Bataillon, en remplacement de Détroyat, tué le 21 juin. Réorganisé en unité de DCA motorisée, le Bataillon est adjoint, fin 1941, à la 1ère Brigade française libre et part pour de longs mois dans le désert de Libye. De février à juin 1942 à Bir-Hakeim, il en défend le ciel attaqué journellement par des raids de 80 à 100 avions, inflige des pertes sévères à l'ennemi et abat 7 avions. Le Bataillon entre en ligne à El Alamein en octobre 1942, puis prend part à la campagne de Tunisie au sein de la 1ère Division française libre. Le 17 août 1943, grâce à l'arrivée de volontaires d'Afrique du Nord, le Bataillon devient le 1er Régiment de fusiliers marins (1er RFM) toujours commandé par le capitaine de corvette Amyot d'Inville. A partir d'avril 1944, celui que tous surnomme « l'amiral » participe brillamment à la campagne d'Italie où les fusiliers marins forment souvent l'avant-garde de la 1ère DFL. Faisant une nouvelle fois la preuve de son calme, il dirige ses escadrons avec la plus grande clairvoyance du 11 mai au 6 juin, en particulier à Pontecorvo et Tivoli. Au cours de ces combats le capitaine de frégate Amyot d'Inville trouve la mort en sautant sur une mine avec sa jeep, le 10 juin 1944 devant Montefiascone. Il a été inhumé au cimetière de Viterbe (Italie). Jacques, le frère aîné d'Hubert Amyot d'Inville, officier du 3e REI, est tué au combat en Tunisie en avril 1943 ; Gérald, son frère cadet, prêtre résistant, meurt en déportation en janvier 1945. Le seul survivant des frères Amyot d'Inville est Guy, officier de cavalerie, fait prisonnier en 1940 et libéré en 1945 • Officier de la Légion d'Honneur • Compagnon de la Libération - décret du 9 septembre 1942 • Croix de Guerre 39/45 (5 palmes) • Médaille de la Résistance avec rosette • Médaille Coloniale avec agrafe "Bir-Hakeim" ( Source : Ordre de la Libération ) ( Photos : Issus du livre de Patrick de Gmeline, Amyot d’Inville, quatre frères pour la France ) Médaille de compagnon de l' Ordre de la Libération. Le 1er Régiment de fusiliers marins Le 1er Bataillon de fusiliers marins Le 5 juillet 1940, l'amiral Muselier, nommé par le général de Gaulle au commandement des Forces navales françaises libres, décide de constituer une unité de fusiliers marins. L'arrivée à Londres depuis la fin juin 40 d'instructeurs et d'élèves de l'Ecole des fusiliers marins de Lorient facilite cette décision. Parmi eux, le maître-fusilier Le Goffic qui apporte avec lui la fourragère du drapeau de Dixmude et les fusiliers Colmay, Le Sant, Guaffi, Rey, Frémeaux, Przybylski, Roger.... Malgré la faiblesse des effectifs et la nécessité de compléter au plus vite les équipages des navires ayant rallié la France libre, le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) prend corps, le 17 juillet, à bord du cuirassé Courbet à Portsmouth sous les ordres du lieutenant de vaisseau Détroyat. L'effectif est d'environ 250 hommes, officiers inclus, parmi lesquels les enseignes de vaisseau des Moutis, Amyot d'Inville, Touchaleaume, Le Bourgeois. Après quelques semaines d'entraînement au camp d'Aldershot, le Bataillon embarque à Liverpool à destination de Dakar (opération Menace) dans le but de rallier l'Afrique occidentale française à la France libre. Après l'échec de cette tentative, le 1er BFM débarque à Douala au Cameroun avant de participer activement aux opérations de ralliement du Gabon et à la prise de Lambaréné en novembre 1940. L'unité organise ensuite la défense de Port-Gentil et de Brazzaville au Congo, prenant en charge l'administration générale du secteur, la levée et l'instruction de troupes africaines pour la France libre. Le 23 avril 1941, au terme d'un long périple qui l'oblige à faire le tour de l'Afrique, le bataillon arrive au camp de Qastina en Palestine où se regroupent les forces terrestres françaises qui se préparent à entrer en Syrie aux côtés des forces britanniques. A partir du 13 juin, le 1er BFM prend part aux opérations jusqu'à la prise de Damas le 20. Le bilan est lourd : les pertes s'élèvent à 40% des effectifs engagés et le commandant Détroyat a été tué (le lieutenant de vaisseau des Moutis le remplace), Amyot d'Inville et Touchaleaume sont blessés. Promu capitaine de corvette, Amyot d'Inville prend à son tour le commandement du Bataillon qu'il transforme en unité de DCA, équipé dans un premier temps de matériel récupéré en Syrie puis en canons Bofors. Le Bataillon est ainsi chargé de la défense aérienne de la 1ère Brigade française libre du général Koenig, intégrée à la VIIIe Armée britannique. Le Bataillon participe à tous combats de la Brigade dans les déserts libyen et égyptien : Halfaya (janvier 1942), Bir-Hakeim (mai-juin 1942), El Alamein (octobre l942). À Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, au cours de quinze jours de combats ininterrompus, les fusiliers marins tirent 47 200 obus de DCA sur des avions ennemis, abattent 7 avions allemands et détruisent de nombreux véhicules de l'Afrika Korps. Après la sortie de vive force de Bir-Hakeim, le Bataillon est replié sur El Daba, puis envoyé au repos du Caire. Le 1er BFM reçoit une citation à l'ordre de l'armée alors que la croix de la Libération est attribuée à Hubert Amyot d'Inville et à l'enseigne de vaisseau Pierre Lehlé. Fin octobre, le Bataillon, prend position à l'extrême sud de la ligne d'El Alamein avec la 1ère Division française libre chargée d'une attaque de "diversion" sur le massif de l'Himeimat qui lui fait face ; opération au cours de laquelle l'infanterie, aventurée dans un secteur où ni les canons antichars ni les blindés ne peuvent l'appuyer, subit le lourdes pertes. A l'issue de la bataille remportée par les Alliés, le Bataillon assure la couverture aérienne de la 1ère DFL au cours de la poursuite de l'Afrika Korps qui s'achève par la libération de la Tunisie en mai 1943. Le 1er Régiment de fusiliers marins Le 24 septembre 1943, le 1er BFM, ses effectifs gonflés par des volontaires provenant de la marine d'Afrique du Nord (en particulier radios et mécaniciens), devient le 1er Régiment de fusiliers marins (1er RFM), unité blindée de reconnaissance de la 1ère DFL sous le commandement du capitaine de corvette Amyot d'Inville. Rééquipé sur matériel américain, il comprend 885 hommes dont 30 officiers répartis en quatre escadrons de combat commandés respectivement par Barberot, Savary, Brasseur-Kermadec, Langlois puis Cadéac d'Arbaud et l'escadron hors rang par Sekutowitch. Le 22 avril 1944, après un entraînement soutenu, le 1er RFM débarque à Naples au sein de la 1ère DFL, et s'insère dans le plan de bataille qui va, dès le 12 mai, entreprendre de rompre le front allemand qui barre toute l'Italie au sud de Rome. Après les violents combats sur le Garigliano, le RFM - qui est en avant garde de la Division sur trois axes - combat brillamment à Montefiascone et Radicofani. Il compte 61 tués dont Amyot d'Inville et 140 blessés. Le 16 août 1944, sous le commandement du capitaine de corvette de Morsier, le Régiment débarque en Provence à Cavalaire, à la tête de la 1ère DFL. Après les combats pour la libération de Toulon et d'Hyères, l'unité remonte le Rhône, atteint Lyon évacuée par les troupes allemandes, puis Autun où l'escadron Savary entre après un dur accrochage au cours duquel cinq hommes sont tués et quatre blessés. Savary fait, à ce moment en Côte d'Or, la liaison avec des unités de la 2e DB (Leclerc) débarquée en Normandie. Le RFM poursuit son avance en direction des Vosges. Le 27 septembre, l'escadron de chars mène l'attaque sur Clairegoutte avant de prendre Ronchamp le 8 octobre, puis Vescemont, Rougegoutte, Romagny et Rougemont-le Château le mois suivant. Se distinguent particulièrement dans ces opérations : l'enseigne de vaisseau Bokanowski, l'aspirant Vasseur et, aux côtés des marins, les hommes du 11e Cuir-Vercors qui ont été mis sous les ordres du 1er RFM. Après la campagne Vosges, la 1ère DFL est envoyée sur le front de l'Atlantique pour réduire la poche de Royan, mais est rappelée d'urgence sur le front de l'Est pour faire face à l'offensive allemande de von Rundstedt en décembre 1944. En janvier 1945, les fusiliers marins se distinguent à nouveau en Alsace, à Herbsheim et Rossfeld, avant de poursuivre leur marche en avant victorieuse vers le Rhin. Retirée du front d'Alsace, la Division est affectée au détachement de l'armée des Alpes en avril 1945, dans le massif de l'Authion où le 1er escadron se distingue perdant dans l'offensive 5 officiers sur 6 et près de 50% des effectifs engagés Entre octobre 1940 et mai 1945, l'ensemble 1er BFM / 1er RFM a perdu 195 hommes dont 12 officiers parmi lesquels 2 de ses commandants ; 200 croix de guerre, 70 médailles militaires, 32 Légion d'honneur et 31 croix de la Libération ont été décernés à ses hommes. Parmi ses morts, le matelot mécanicien GeorgesBrière, tué à Giromagny, été choisi pour reposer dans le caveau n° 8 de la crypte du Mémorial de la France combattante auMont Valérien, où il représente le sacrifice de tous les marins morts pour la Libération de la France. Le drapeau du 1er RFM compte 5 citations à l'ordre l'armée obtenues pour 1939-1945 avec attribution de la croix de la Libération, de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre. En août 1945, le 1er RFM est remis à la disposition des autorités navales. Le drapeau, la mémoire et la tradition du 1er Régiment de fusiliers marins sont aujourd'hui confiés à l'Ecole des fusiliers de Lorient. Croix de la Libération - décret du 12 juin 1945 Croix de Guerre 39/45 (5 palmes) Médaille de la Résistance avec rosette Le drapeau du 1er RFM qui est exposé au musée de l'Ordre de la Libération a une histoire particulière. Un premier drapeau a été remis à l'unité le 26 janvier 1944 au camp de Bou Ficha en Tunisie. Le lieutenant de vaisseau Barberot, également dessinateur de la maquette de l'insigne du 1er RFM, le juge inapproprié et décide de monter une expédition pour en faire réaliser un autre. Un marin part de Bou Ficha pour rallier Beyrouth, où il confie le dessin de Barberot et Le Bourgeois à des soeurs afin qu'elles confectionnent un nouveau drapeau. Sur ce drapeau, les couronnes de laurier et les initiales RF sont remplacées par des hippocampes (comme sur l'insigne qu'ils ont créé) et deux ancres entrecroisées. Ce drapeau a été celui du régiment pendant les campagnes d'Italie et de France. Le drapeau d'origine du 1er RFM a été confié à l'Ecole des fusiliers de Lorient (voir album). Ce drapeau exposé au musée de l'Ordre de la Libération porte les noms de huit batailles où se sont illustrés la Brigade, puis le Bataillon de fusiliers marins pendant la Première Guerre mondiale, le 1er Régiment de fusiliers marins au cours de la Seconde (la Première et la Seconde Guerre mondiale étant séparées par une croix de Lorraine rouge) : Dixmude (1914) Yser (1914) Longewaede (1917) Hailles (1918) Moulin de Laffaux (1918) Bir-Hakeim (1942) Garigliano (1944) Montefiascone (1944) Celui exposé à Lorient (voir album) porte en plus les inscriptions sur la partie bleue du drapeau : Toulon (1944) Vosges (1944) L'Ill (1945) Sur la cravate du drapeau exposé au musée de l'ordre de la Libératio sont fixées les décorations suivantes : la Croix de Compagnon de la Libération ; la Croix de chevalier de la Légion d'honneur ; la médaille militaire ; la Médaille de la Résistance ; 10 Croix de guerre 1939-1945 ; ainsi que deux fourragères aux couleurs de la Légion d'honneur et de la médaille militaire. La présence de ces Croix de guerre 1939-1945 peut s'expliquer par le fait que les soeurs qui l'ont fabriqué à Beyrouth ne pouvaient pas se procurer de Croix de guerre 1914-1918. Elles ont donc remplacées les cinq Croix de guerre 1914-1918 qui devaient figurer sur le drapeau par des Croix de guerre 1939-1945. Chaque Croix de guerre correspondant à une citation et donc à l'une des inscriptions du drapeau. Sur la cravate du drapeau exposé à Lorient sont fixées les décorations suivantes : la Croix de chevalier de la Légion d'honneur ; la Croix de Compagnon de la Libération ; la Croix de guerre 1914-1918, avec 6 citations à l'ordre de l'Armée ; la Croix de guerre 1939-1945, avec 5 citations à l'ordre de l'Armée ; la Médaille de la Résistance avec rosette, décernée le 31 mars 1947 ; la médaille coloniale avec 4 agrafes (Libye, Tripolitaine, Tunisie 42/43, Extrême-Orient). Le drapeau porte les fourragères aux couleurs de la Légion d'honneur (1914-1918) et de la Médaille militaire (1939-1945). Auteur : Fabrice Bourrée Sources : Musée de l'Ordre de la Libération Drapeau conservé à Lorient à l' école des fusiliers marins.
  2. Je vous propose quelques clichés de nos marins lors des différents défilés du 14 juillet 2015 : Tout d' abord à Paris, sur les Champs-Élysées : ( source : Marine Nationale ) A Perros-Guirrec : ( source Marine Nationale ) A Cherbourg : ( source Marine Nationale ) En Martinique : ( source Marine Nationale ) A Brest : ( source Marine Nationale ) ( source : Musée des fusiliers marins et commandos / Yoann Vergos ) A Ajaccio : ( source Marine Nationale ) A Toulon : ( source : FJ Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges )
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