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  1. Ce matin, aux Invalides avec Geneviève Darrieussecq pour la cérémonie d’Hommage National aux Harkis, qui ont servi la France avec honneur. Reconnaissance. Les Harkis, mais qu'est ce que c'est ? Les premières harkis naissent en 1830, lorsque des tribus de pays colonisés prêtent allégeance à la France. Dès 1831, des bataillons de soldats « indigènes » sont mis sur pied et participent aux opérations de conquête de l'Algérie aux côtés des unités métropolitaines. En 1856, trois régiments de tirailleurs algériens sont créés dans chacune des provinces de l'Algérie française et font partie intégrante de l’armée française. Ces tirailleurs s’illustrent ensuite dans la plupart des campagnes du Second Empire et de la IIIe République8. C'est alors que naît le terme de « harki ». Dans certaines familles musulmanes, comme celle du bachaga Boualam, une vraie tradition militaire tournée vers la métropole se développe. Les harkis réapparaissent dans l'Aurès vers la fin de 1954, quand Jean Servier met en place des harkas pour contrer l'implantation des indépendantistes algériens. Ils sont les militaires pro-français les plus précaires et les moins rémunérés, mais aussi les plus nombreux, et leur nombre augmente fortement dès le début de la guerre d'Algérie. En janvier 1957, il n'existe encore que 70 harkas officielles, regroupant 2 186 harkis. Une définition des harkas naît en mai 1957 dans une note de service du 5e bureau de l’état-major du commandement supérieur interarmées : « La harka est une formation levée pour des opérations déterminées et pour un temps limité. […] La mise en œuvre des harkas doit normalement se situer dans le cadre local. Leur participation à des opérations extérieures à leur périmètre de recrutement doit donc être exceptionnelle et de durée limitée. En aucun cas les harkas ne doivent être engagées isolément ». Le général Challe commande les forces françaises à partir de fin 1958. Il instaure des commandos de chasse, qui incluent des harkis en petit nombre et dont la mission principale est de traquer les katibas du FLN. En un an, l'effectif passe d'environ 10 000 harkis à plus de 60 0004. Le général de Gaulle accepte la proposition de porter l’armée au niveau nécessaire pour défendre tout le territoire, en enrôlant massivement des musulmans, bien qu'il soit fermement opposé à l'intégration des musulmans dans les forces françaises. Les harkis sont une classe à part des soldats musulmans de l'armée régulière (FSNA ou Français de souche nord-africaine), qui sont 85 000 en 196010. Au total, durant la guerre, l’armée française recense 160 000 contractuels harkis, moghaznis, GMPR (devenus GMS) et un peu plus de 110 000 réguliers. Le nombre d'Algériens enrôlés ou engagés dans les supplétifs durant toute la guerre varie de 200 000 à 400 000 selon les historiens. Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, le contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy dénombre 263 000 musulmans engagés du côté français en Algérie : 60 000 militaires réguliers, 153 000 supplétifs, dont 60 000 harkis, et 50 000 notables francophiles. Avec leurs familles, ils représentent 1 500 000 personnes sur 8 millions de musulmans algériens. Selon Maurice Faivre, on compte quatre fois plus de combattants musulmans dans le camp français que du côté du FLN. Philippe Tripier, officiel du Secrétariat Général de la Défense Nationale, évalue à 3 500 le nombre des soldats musulmans morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. Motifs de l'engagement Souvent, l'engagement volontaire suit l'assassinat d'un membre de la famille du harki par les indépendantistes ou se fait pour fuir des maquisards avec qui ils ont un différend2. Dans ce cas, il s'agit d'un engagement contre le FLN, plutôt que pour la France. Une autre motivation récurrente est le besoin d'argent, un cas répandu en particulier chez les paysans peu informés du contexte politique, parfois pas même conscients que leur pays est en guerre. D'autres personnes s'engagent par fidélité à un clan, un village ou une famille. Beaucoup de jeunes hommes s'engagent dans les harkas pour être dispensés de service militaire et rester près de leurs proches. Enfin, l'armée française force l'engagement d'un grand nombre de harkis : d'abord, les anciens soldats de l'ALN qui sont capturés et torturés, puis doivent choisir entre l'engagement et l'exécution, et également à la suite de manœuvres volontaires pour compromettre des civils. Plusieurs cas sont recensés dans lesquels un officier fait le tour du village avec un homme dans sa voiture, à la vue de la population : le seul moyen pour cet homme d'échapper au FLN est de s'enrôler chez les harkis et d'être protégé par l'armée française. Les harkis sont toujours rattachés à des unités de l’armée française et commandés par des militaires français. Les textes de l’armée exigent qu’un commandant doit être « de souche européenne », les FSNA (militaires d’origine algérienne) ne peuvent être que jusqu’à officiers. Le commandement français refuse une structuration des supplétifs qui pourrait se transformer en « armée algérienne », doutant des motivations politiques des harkis. De Gaulle, par exemple, doute de l’intégration des musulmans d’Algérie. La défiance de l'armée française envers les combattants musulmans se traduit de plusieurs façons. Les harkis armés le sont d'abord systématiquement avec des fusils de chasse. À partir du 13 mai 1958, ils reçoivent parfois des armes qui augmentent leur potentiel offensif, comme des fusils et pistolets-mitrailleurs, chose interdite jusque-là pour éviter le vol d'armes. Les armes sont remises aux harkis pour les opérations, mais sont gardées par des unités françaises de souche européenne entre les opérations. Les harkis ne peuvent pas mener des opérations seuls, ni de leur propre initiative, pour éviter l'espionnage, le vol d'armes et la désertion. Les harkas sont toujours commandées par l'armée régulière : le critère de choix de l'encadrant n'est pas son grade, mais son origine européenne. Enfin, l'armée organise régulièrement des « tests de fidélité » auprès de harkis et de leur famille, passant par exemple frapper aux portes au milieu de la nuit en imitant les maquisards pour voir si on leur ouvrira. L'armée française tient cependant à recruter des recrues musulmanes, afin de faire appel à des personnes qui connaissent le milieu dans lequel ils évoluent. Leurs autres objectifs sont d'ordre pratique : en effet, il ne faut pas laisser des combattants potentiels s'enrôler chez les indépendantistes Enfin, il s'agit de créer une émulation de groupe. Les harkis sont rémunérés 750 F (14,94 €2012) par jour de service, comme les mokhaznis et les membres du GMPR. Ces deux derniers sont logés gratuitements et reçoivent des allocations familiales et de la sécurité sociale, ce qui n'est pas le cas des harkis. Cette différence de traitement donne d'eux une image de « soldats au rabais » auprès des autres services. La rémunération des harkis augmente et atteint 8,25 F (13,61 €2019) en 1960, ce qui reste moins élevé que les autres supplétifs. Enfin, les harkis touchent un jour et demi de congés pour chaque mois de présence, des soins gratuits en cas de blessure et une prime pour accident de travail en cas d'incapacité permanente. Les "ralliés" L'armée française recrute environ 3 000 anciens éléments du FLN et de l'ALN. Après leur capture, l'armée leur donne le choix entre l'exécution ou le service du côté français. Ils forment un groupe de harkis à part, les « ralliés » : étroitement surveillés par le commandement, ils sont surtout montrés à des fins de propagande. Ils ont la réputation d'être les plus violents, ayant le plus à perdre s'ils sont capturés par l'ALN. Pour faire pression sur eux, les officiers français les prennent en photo avec eux, ou pendant un interrogatoire, puis les menacent d'envoyer les photos à l'ALN s'ils décident de déserter. Le commando Georges, un groupe entièrement musulman sous la coupe du capitaine puis général Georges Grillot, est l'un des groupes de ralliés les plus réputés. Il est basé à Saïda et officie selon les méthodes de l'ALN. Divisé en quatre katibas, il compte 30 % de ralliés qui choisissent eux-mêmes leurs sous-officiers. Après la guerre, ils sont torturés et exécutés, sauf quelques-uns qui parviennent à quitter le pays et à rejoindre une ferme en Dordogne, achetée par André Wormser et transformée en centre pour les harkis faisant partie des commandos de chasse. Les harkis après la guerre d'Algérie Dès 1959, les rapports de l'armée relèvent une « crise du moral » chez les harkis. Afin d'éviter les défections, l'armée multiplie les déclarations et promesses, notamment au sujet de leur nationalité française. Dans les premiers mois de 1962, un grand nombre de harkis rejoint quand même le maquis avec les armes fournies par l'armée française. On dénombre 265 cas pendant le premier trimestre de 1961, pour 459 désertions du 15 au 30 mars 1962. La démobilisation et le désarmement des supplétifs commencent à la suite de l’infléchissement de la politique française vers l’indépendance algérienne, à partir de 1961. Le gouvernement indique que le sort des harkis sera le même que celui de « tous ceux qui se sont engagés dans la lutte armée aux côtés des forces de l’ordre ». Cependant, ils sont différenciés des Français dits « de souche européenne » et sont considérés comme des réfugiés, dont l'arrivée doit être planifiée et organisée par le gouvernement français. Début mars 1962, le général Ailleret, commandant en chef en Algérie, obtient que soit mise en place une procédure spéciale de rapatriement des harkis, qui permet aux autorités militaires d'instruire les demandes de départ en métropole, afin de gagner en temps et en discrétion pour l'arrivée des harkis en danger. Les accords d'Évian signés le 18 mars 1962 prévoient que : « Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque en raison d’opinions émises à l’occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d’autodétermination, d’actes commis à l’occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu. Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d’en sortir. » (Chapitre II, partie A, article 2) Cette clause est écrite spécifiquement pour protéger les harkis. Massacres de harkis Juste après le cessez-le-feu, le FLN tient son engagement de ne pas sanctionner physiquement les harkis, qui rentrent dans leur village sans que leur vie soit menacée. Quelques exactions sont expliquées par des règlements de compte, des vengeances mais aussi au zèle des « marsiens », ralliés FLN de mars 1962 voulant faire leurs preuves. Le Gouvernement provisoire de la République algérienne prend la directive 442 du 10 avril 1962 relative aux « harkis, goumiers et ralliés servant dans les rangs ennemis » stipule que « les égarés abandonnés doivent être surveillés dans leurs moindres gestes et inscrits sur une liste noire qu’il faudra conserver minutieusement ». Les massacres connaissent une forte augmentation entre le 5 juillet 1962 et mi-septembre de la même année. Ces personnes sont d'abord arrêtées, puis regroupées dans des centres d'interrogatoires où elles sont exécutées après avoir subi des tortures. Les populations locales participent aux représailles, en humiliant, suppliciant et lynchant des anciens supplétifs. De mi-septembre à mi-octobre 1962, les massacres s'arrêtent. Ils reprennent à la mi-octobre, avec l'arrivée de l'ANP (Armée nationale populaire, dénomination de l'armée algérienne après l'indépendance) dans les villes. Cette fois, la population ne participe pas aux massacres, et s'y oppose même souvent, en cachant les anciens harkis. Des exécutions individuelles ont lieu à toute heure, parfois sur place pendant l'arrestation, et les massacres prennent des familles entières pour cible plutôt que seulement des anciens supplétifs. La France n'intervient pas après le cessez-le-feu, en raison de l'insistance du général de Gaulle. À l'époque, les autorités françaises et algériennes considèrent les harkis comme des réfugiés. De Gaulle affirme, dans un discours au Conseil des ministres le 25 juillet 1962, que le gouvernement « ne peut pas accepter de replier tous les musulmans qui viendraient à déclarer qu’ils ne s’entendront pas avec leur gouvernement ! Le terme de rapatriés ne s’applique évidemment pas aux musulmans : ils ne retournent pas dans la terre de leurs pères. Dans leur cas, il ne saurait s’agir que de réfugiés ! Mais on ne peut les recevoir en France comme tels que s’ils couraient un danger ! ». Les anciens supplétifs sont souvent considérés comme inadaptables à la société française : le gouvernement s'inquiète qu'ils ne deviennent des charges, voire des agents de l'OAS continuant à lutter contre les accords d'Evian. Le gouvernement français, présidé par de Gaulle, s'oppose au rapatriement des harkis pour trois raisons principales. D'abord, le rapatriement des Algériens constitue à leurs yeux une menace pour l'identité nationale de la France : de Gaulle le premier refuse de distinguer le problème des supplétifs français de celui de l'immigration algérienne en France, ne considérant pas les harkis comme de vrais Français. Ensuite, il s'agit de montrer une confiance envers les Algériens, qui s'engagent par les accords d'Evian à ne pas entamer de représailles contre les combattants pro-français. Enfin, une inquiétude subsiste : celle d'une manœuvre de l'OAS qui pourrait vouloir infiltrer des forces en métropole pour y continuer une guerre civile. Des francophiles notables, personnalités politiques et militaires de carrière, sont cependant rapatriés sans encombre. Le 8 mars 1962, Pierre Messmer, ministre des armées, met en place un « contrat provisoire de 6 mois non renouvelable qui donne aux harkis la possibilité de demeurer sous la protection de l’armée pendant la période intermédiaire ». L'objectif est de limiter au maximum les arrivées en métropole : « la difficulté d’une adaptation brutale en France d’un harki avec sa famille doit être clairement exposée aux intéressés », mais les demandes ne doivent en aucun cas être refusées. Messmer propose trois options aux réfugiés harkis : s’engager dans l’armée régulière si leur condition physique le permet, être licenciés et recevoir une prime, ou bien signer un contrat de six mois avec l’armée française. Les harkis n'ont cependant que rarement ces trois options : les consignes visant à limiter les départs ont pour conséquence le licenciement d'office de beaucoup d'entre eux, et le transfert des meilleurs éléments dans l'armée française, sans présentation des autres options. Entre le premier mars et le premier mai 1962, 80 % des harkis sont libérés avec prime. À partir de mars 1962, le FLN enchaîne menaces auprès des déserteurs et promesses de pardon, parfois en échange de la prime de licenciement des harkis. Ses membres circulent librement en Algérie : toute personne vue au poste militaire français s'expose donc à des représailles, ce qui rend le rapatriement encore plus difficile. Le général de Brébisson ordonne le 24 août 1962 de « cesser de donner asile [dans les casernes en Algérie] à des Algériens sauf dans des cas très exceptionnels », ceux de personnalités politiques francophiles. Le but de la manœuvre est d’éviter que « tout ancien supplétif puisse s’estimer plus ou moins menacé et envisage facilement l’exode vers la France ». Les premiers rapatriements de harkis sont effectués entre mars et juillet 1962, à l’initiative de quelques officiers, souvent anciens responsables d'unités harkis. Comme les directives officielles interdisent ces rapatriements, des filières clandestines sont mises en place dans le Sud de la France, en bordure du Massif Central, dans l’agglomération lyonnaise et vers Roubaix. Le formulaire n'est qu'en français, ce qui rend difficile son remplissage par des hommes qui ne le lisent et l'écrivent que très rarement. Les dossiers sont ensuite étudiés au cas par cas afin d'éliminer les éventuels proches du FLN, mais aussi les personnes qui ne parviendront pas à s'intégrer en France. Les personnes les plus âgées, ainsi que les personnes qui ne sont pas « considérées […] aptes physiquement et moralement à s’implanter en métropole » sont éliminées de la procédure. Le 25 mai 1962, Louis Joxe annonce le renvoi en Algérie des « supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement » et demande « d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure ». Statut des harkis rapatriés En 1963, un Comité national pour les Musulmans-Français est créé et présidé par Alexandre Parodi, président du Conseil d'État. Traitant à la fois la question des harkis et celle de tous les autres musulmans arrivés en France à la fin de la guerre, il mène à l'amalgame entre Français musulmans et harkis. Le terme de harkis devient donc, par abus de langage, une catégorie sociale de Français qui n'ont pas les mêmes droits que les Français de souche européenne. Par exemple, le 31 janvier 1964, le ministre des Rapatriés François Missoffe enjoint aux préfets de ne reloger des harkis dans les HLM qu'une fois tous les rapatriés d'origine européennes installés. Les notables musulmans ne vivent pas les mêmes choses que les anciens auxiliaires : le 7 juillet 1965, un télégramme identifie les « « musulmans de qualité » devant être traités exactement comme des Européens ». En 1965, une procédure spéciale de rapatriement est mise au point entre les gouvernements français et algérien pour les harkis emprisonnés par le FLN. Leurs noms sont inscrits sur une liste noire, et ils sont interdits de séjour sur le territoire algérien. De juin 1962 à mai 1963, la France accueille 23 721 personnes sur son territoire par la voie officielle, dont une majorité d'anciens supplétifs. En parallèle, de 25 000 à 40 000 anciens supplétifs arrivent en métropole par leurs propres moyens à partir de juin 1962. On estime à 15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, qui s'établissent en France de 1962 à 1968 et demandent la nationalité française. Jean Lacouture écrit dans Le Monde, le 13 novembre 1962 : « on croit pouvoir avancer que sur une centaine de milliers de musulmans algériens ayant fait partie entre 1954 et 1962 de l’une ou l’autre des huit cents harkas qui furent levées, cinq mille environ ont gagné la France, accompagnés de leurs familles, ce qui fait un ensemble de trente mille personnes environ, plus de dix mille autres auraient été entre le 19 mars et le 1er novembre, exécutés ou assassinés ; les autres ont subi des sorts divers ». De juin 1962 à mai 1963, la France accueille 23 721 personnes dans des camps d'hébergement militaires. Fin novembre 1963, le ministère des Rapatriés estime avoir fait transiter 42 000 harkis dans les centres d'accueil, et 91 000 personnes au total, en comptant leurs familles, sont rapatriées entre 1962 et 1968. Un premier camp de transit, celui du Larzac, accueille 1 700 personnes fin mai 1962. Il est suivi par le camp de transit de Bourg-Lastic. Ces camps servent à héberger temporairement les réfugiés avant leur redistribution vers d'autres lieux. L'armée française cherche à disperser les familles originaires d'un même village afin d'éviter la reconstitution de structures communautaires. Plusieurs camps sont installés dans des anciennes prisons qui ont servi pour d'autres populations : républicains espagnols, militants du FLN, Indochinois ou encore Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est par exemple le cas au camp de Rivesaltes. À son ouverture en juin 1962, des FSNA, accompagnés de leur famille, sont hébergés dans des baraquements en dur. En septembre, des supplétifs et leur famille arrivent, beaucoup plus nombreux : ils sont pour la plupart hébergés sous des grandes tentes fournies par l'armée. Pendant l'hiver, qui est très rigoureux et durant lequel les tentes ne sont pas chauffées, des dizaines d'enfants en bas âge meurent de froid. À la fin de l'année 1962, avec 12 000 habitants du camp, Rivesaltes est la deuxième ville la plus peuplée du département. 44 classes y sont ouvertes, pouvant accueillir plus de 1 300 élèves ; un dispensaire et une maternité sont ouverts, ainsi qu'une Poste, et des bâtiments sont affectés à l'apprentissage professionnel. Le camp est divisé en villages de 25 familles : à la tête de chaque village, on compte un capitaine et deux adjoints, dont un d'origine rapatrié. En 1963, les effectifs du camp diminuent et les familles sont progressivement relogées des tentes aux bâtiments en dur, mal restaurés et peu chauffés. Le Secours catholique et les Quakers de la Young Men Christian Association sont présents dans le camp et apportent entre autres des vêtements chauds. Le camp de Rivesaltes ferme en décembre 1964. Nationalité française En février 1962, Jean Morin assure que « La République française maintiendra la nationalité française à tous ceux qui, en Algérie, la possèdent actuellement et ne manifesteront pas la volonté de ne plus l’avoir ». Le 13 mars 1962, Michel Debré annonce que les Français musulmans d'Algérie perdront automatiquement la citoyenneté française s'ils restent en Algérie, mais pourront la reprendre s'ils viennent en métropole après la proclamation de l'indépendance algérienne. Pour obtenir la nationalité française, il faut donc vivre en France et faire une demande de réintégration devant un tribunal français. L'article 2 de l'ordonnance no 62-825 du 21 juillet 1962 prévoit qu'à compter du 1er janvier 1963, « les personnes de statut de droit local originaires d'Algérie, ainsi que leurs enfants peuvent, en France, se faire reconnaître la nationalité française ». Une loi du 20 décembre 1966 précise que « les personnes de statut civil de droit local, originaires d'Algérie, conservent de plein droit la nationalité française si une autre nationalité ne leur a pas été conférée postérieurement au 3 juillet 1962 ». Les harkis reçoivent le statut d'anciens combattants en 1974. Après 1975 La Loi no 94-488 du 11 juin 1994, portée par le gouvernement de Édouard Balladur et promulguée sous la présidence de François Mitterrand, en faveur des anciens supplétifs et leur famille, dispose dans l'article premier : « La République française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu’ils ont consentis ». La loi du 23 février 2005 fixe les conditions de versement d’indemnités en reconnaissance des services rendus et des souffrances endurées par les harkis. Des associations de harkis, dont l'association Harkis et Droits de l'Homme, contestent ces déclarations car les indemnisations s'apparentent seulement à une retraite militaire et non à des indemnités supplémentaires. Elles contestent aussi les « aspects positifs » de la colonisation mentionnés dans l’article 4 de la loi : l'article est abrogé en janvier 2006. Par un arrêt Comité Harkis et Vérité c/ gouvernement français du 6 avril 2007, le Conseil d'État juge les articles 6 et 9 de la loi du 23 février 2005 comme contraires à la Convention européenne des droits de l'homme. Ces deux articles opèrent une discrimination des familles de harkis en fonction du mode d'acquisition de la nationalité du harki demandeur. La loi est modifiée en décembre 2017 pour prendre en compte les harkis habitant en France, mais n'ayant pas demandé la nationalité française. Hommages et reconnaissance Jacques Chirac est le premier président français à affirmer que l'État français n'avait « pas su empêcher » les massacres de harkis restés en Algérie. Le 31 mars 2007, Nicolas Sarkozy s'engage au cours de la campagne présidentielle à « reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de Harkis ». Le 5 décembre 2007, il reçoit des représentants des harkis à l'Élysée au retour d'une visite officielle à Alger et annonce des dispositions pour améliorer l'intégration des harkis en France. Le 14 avril 2012, il réitère sa promesse pendant une nouvelle campagne électorale dans le camp de Rivesaltes, près de Perpignan : « La France se devait de protéger les harkis de l'Histoire, elle ne l'a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l'Histoire ». En juillet 2015, le secrétariat d'état aux anciens combattants lance l'installation de plaques mémorielles dans chaque ancien hameau de forestage à l'initiative de François Hollande. Le 25 septembre 2016, lors de la Journée nationale d'hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives des armées françaises, il reconnaît « les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, des massacres de ceux restés en Algérie, et des conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France ». Le 20 septembre 2021, le président de la République Emmanuel Macron déclare qu'« après la guerre d’Algérie, la France a manqué à ses devoirs envers les harkis, leurs femmes, leurs enfants » et demande « pardon » au nom de la France. Il annonce une loi de « reconnaissance et de réparation ». Journée d'hommage aux harkis Le 25 septembre 2001, une journée d'hommage unique reconnaît officiellement le drame des harkis. Le président de la République, Jacques Chirac, inaugure une plaque, dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, reprenant l'article premier de la loi du 11 juin 1994. Dans vingt-sept sites de France, les préfets posent la même plaque, tandis que dans tous les départements, une cérémonie est organisée en l'honneur des harkis. Chirac affirme : « Notre premier devoir, c'est la vérité. Les anciens des forces supplétives, les Harkis et leurs familles, ont été les victimes d'une terrible tragédie. Les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l'empreinte irréparable de la barbarie. Ils doivent être reconnus. La France, en quittant le sol algérien, n'a pas su les empêcher. Elle n'a pas su sauver ses enfants. Les Harkis ne sauraient demeurer les oubliés d'une histoire enfouie. Ils doivent désormais prendre toute leur place dans notre mémoire. La mission des historiens doit se poursuivre. Elle doit être menée avec conscience et impartialité. La connaissance du passé, parce qu'elle permet de rendre justice aux victimes de l'histoire ne peut que servir l'approfondissement de notre concorde nationale. Ce devoir de vérité trouve son prolongement naturel dans un devoir de reconnaissance. » Le 31 mars 2003, le Président de la République, Jacques Chirac instaure une « Journée nationale d'hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives des armées françaises », le 25 septembre de chaque année. Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'État aux anciens combattants, commente : « Pour leur courage et leur fidélité à la France, tous [les combattants musulmans] méritent la reconnaissance de la République. C'est pourquoi le président de la République a décidé de pérenniser et d'inscrire dans le calendrier officiel des commémorations nationales la Journée d'hommage aux harkis qu'il a présidée pour la première fois en 2001 et qui avait été reconduite l'année dernière. Plus qu'une simple officialisation, le décret du 31 mars 2003, qui instaure une Journée nationale d'hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, est la marque forte et tangible de la gratitude des autorités de l'État et de la Nation tout entière, envers ces hommes et ces familles qui ont payé d'un prix souvent terrible leur attachement à la France ». (Source : Chef d'état major des armée, https://fr.wikipedia.org/wiki/Harki )
  2. Le 4 novembre 2020, disparaissait le général Maurice Faivre , officier Dragons-parachutistes en Algérie au début des années 1960, défenseur emblématique des Harkis, dont il s'est occupé après la cessation des combats, sauvant des dizaines de familles. Un héros oublié. Il y a des histoires inconnues du grand public qui méritent d'être partagées. Celle de Maurice Faivre est l'une d'elles. Maurice nait le 19 mars 1926 à Morteau, dans le Doubs. Il est, entre 1947 et 1949, élève à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il va sortir Major de promotion de la promotion Rhin et Danube. À l'issue de sa formation, il décide de s'orienter vers la Cavalerie et la Légion étrangère. Mais l'État-major ne le voit pas comme ça et lui propose de rejoindre la branche des Renseignements militaires. Entre 1949 et 1950, Maurice suit les cours de l'École d'application de l'Arme blindée-Cavalerie installée à Saumur. Et le 20 août 1955, il est déployé pour la première fois en Algérie, basé à Constantine où il constate les conditions très difficiles des populations locales. À la tête d'un escadron d'appelés, le capitaine Faivre est chargé de la construction, en banlieue de Constantine, d'un village destiné à reloger les habitants des bidonvilles, puis à la construction de maisons pour les ouvriers agricoles de Guettar-el-Aiech. En 1958, il retourne à l'École d'application de l'Arme blindée-Cavalerie de Saumur. Il est alors retenu pour partir une seconde fois en Algérie, en 1960. Il doit notamment, à la tête de son escadron, protéger une région comprenant trois villages. Pour cette tâche, il s'adjoint une soixantaine de harkis. Une équipe médicale, menée par son épouse Monique, soigne gratuitement les populations, en soutien des forces armées. En octobre 1960, après l'assassinat d'un harki, il décide d'intensifier les relations entre eux et l'armée française. Ses hommes construisent de nouvelles infrastructures, dont une nouvelle école et une route. Maurice organise même un pèlerinage traditionnel au marabout de Taftis, en soutien à la population. L'officier, désormais commandant, est très lié aux habitants de l'oued Berd. Mais en octobre 1961, son régiment est dissous et rappelé : Maurice Faivre doit quitter l'Algérie dans les semaines qui suivirent pour rentrer en France. Il rejoint dans un premier temps l’École Supérieure de Guerre à Paris (1964 à 1966). Mais dans le même temps, il reçoit de nombreux appels de la préfecture de police de Paris : des harkis de l'oued Berd ont réussi à rentrer en France après les accords d'Évian de 1962 et l'indépendance algérienne, pour s'installer à Choisy-le-Roi. Ils vivent dans des conditions très difficiles et manquent de tout : l'officier décide, avec l'aide de ses officiers de l'époque, de les aider, achetant tout ce qu'il peut et se battant pour rapatrier les familles des harkis en France. Il est l'un des rares officiers a ignorer l'interdiction d'aide mise en place par le Ministre de l'intérieur de l'époque, Roger Frey, qui exigeait des forces armées le refus d'aide aux membres des armées supplétives dont la vie était pourtant directement menacée. Au total, Maurice aide une cinquantaine de familles et plusieurs centaines de personnes, qui déménagent pour s'installer à Dreux, en Eure-et-Loir. La carrière de l'officier continue en parallèle et n'est pas directement affectée par sa désobéissance. Il devient en 1966 officier parachutiste à Tarbes, devenant le chef du 13e régiment de dragons parachutistes, installé à Dieuze, en Moselle, quelques années plus tard. Cette unité était alors la meilleure de l'armée française dans la recherche du renseignement. En 1975, une fois terminé son temps de commandement au 13e RDP, il devient chef du Deuxième bureau à Baden, au IIe corps d’armée, quelques années avant de prendre sa retraite. Il deviendra par la suite écrivain, historien et politologue. Aujourd'hui encore, le nom de Maurice Faivre est sacré dans la ville de Dreux : il a permis que ces familles puissent s'installer et trouver une sécurité, chose impossible en Algérie d'alors. Ils pleurent, comme nous, la disparition de Maurice Faivre. (Source : Passionmilitaria) Distinctions Croix de la Valeur militaire (1957) Ordre national du Mérite Commandeur de la Légion d'honneur (2016) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Faivre
  3. Nous apprenons la disparition de Robert Bayle. Cet officier de carrière va rejoindre l'armée dès 1950. Il sera déployé dans le Sahara, en Tunisie puis lors de la guerre d'Algérie, entre 1954 et 1962, soit la totalité de la guerre. Gravement blessé, il est rapatrié en France. Cet amoureux des peuples nord-africains et de l'Algérie française connait alors une seconde carrière administrative, avant de quitter l'armée. Robert avait 93 ans Robert nait dans une famille de pieds noirs le 17 octobre 1927. Son père est alors administrateur en chef des Services Civils. En 1950, alors âgé de 23 ans, Robert décide de s'engager dans l'armée : il rejoint comme officier, après sa formation, le corps des Affaires militaires musulmanes. Ce corps d'officiers spécialisé, créé en 1938, vise à apporter des solutions aux problèmes particuliers rencontrés par l'armée au sein du monde musulman. Robert est ainsi déployé pour la première fois dans le Sahara : il participe aux premiers combats dans le sud de la Tunisie dès 1952. Puis il est appelé en Algérie en 1954 : il va participer à l'intégralité du conflit franco-algérien, entre 1954 à 1962. Ainsi, entre 1959 et 1961, il est en charge de la création et du fonctionnement du Centre d'information de Kabylie à Dellys, une structure non officielle ayant pour objectif de former les futurs conseillers municipaux tout en cherchant à recruter certains membres du Front de libération nationale, le FLN, alors opposé à la France coloniale et luttant pour l'indépendance de l'Algérie. Mais que faire de cet homme, partisan de l'Algérie française et anti-FLN ? La Sécurité Militaire ne désire pas qu'il revienne en France alors que la situation en Algérie est toujours tendue. À la suite du putsch des généraux, fin avril 1961, sa position devient précaire et sa fonction, au sein du Centre d'information, lui est retirée. Début 1962, Robert est nommé chef du 2° bureau de la célèbre 27° Division d'infanterie Alpine, sous les ordres du général Alain Le Ray, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale. Mais cette nouvelle affectation place Roger Bayle sous le feu des projecteurs ennemis : il devient une cible pour le FLN, qui le condamné à mort à 3 reprises. Il est placé, par l'armée française, sur la liste des officiers en danger de mort, à rapatrier d'urgence. Il est même grièvement blessé au ventre lors d'un attentat à Ghardaia cette époque, attaque terroriste qui lui luisse une invalidité permanente. Mais Robert possède des états de service exceptionnels et il est apprécié par sa hiérarchie : en octobre 1962, après son rapatriement en France, il est nommé, à Agde, comme sous-directeur de l'antenne du Groupement des Contrôles Radioélectriques, organisme placé directement sous l'autorité du Premier Ministre. Il crée une cellule d'écoute et de traduction des émissions arabes hostiles à la France, surveillant notamment Alger, Tunis, Pékin, Le Caire ou encore Moscou. Mais son passé lui colle à la peau : en 1965, le Président de la République, Charles de Gaulle, se rend à Montpellier. Robert est alors éloigné par ses officiers supérieurs, qui ont peur qu'il invective De Gaulle s'il le croise ! Il est envoyé en congés forcés, à l'île Rousse, en Corse, par mesure de sécurité ! Cette histoire en est trop pour Robert, qui décide de démissionner en 1968. Dans le civil, il devient agent d'assurances puis agent immobilier mais reste très engagé auprès des anciens combattants. Durant sa carrière militaire, il fut décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec 3 citations. En 1984, Il est nommé à titre militaire Chevalier de la Légion d'honneur. Le 27 septembre 2009, il est élevé au titre d'officier de la Légion d'honneur. Enfin, en 2013, il devient Administrateur National de l'association La légion d'Honneur des Décorés au péril de leur vie pour faits de guerre ou d'héroïsme civil. Il était particulièrement actif à Agde, où il sera regretté. (Source : herault-direct.fr - Passionmilitaria)
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