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Mazeppa

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  1. En fait, la flotte française était la 4ème du monde après la Grande Bretagne, les USA et le Japon. C'est vrai qu'on était en retard d'une guerre, sans enlever la responsabilité de Gamelin qui n'est pas contestable, l'instabilité politique des 10 années précédant le deuxième conflit mondial en est également à l'origine. La responsabilité en échoit également aux anglais qui ne se sont que très rarement comportés comme des alliés avec la France. Au 30 mai 1940, seulement 35 chasseurs sur 650 possédés par la Grande Bretagne et 40 bombardiers sur 286 étaient en France. Quasiment aucun des 310 Spitfire n'intervint..... Que dire des 10 divisions envoyées par eux en 8 mois contre 94 françaises présentes aux frontières françaises !
  2. Beau sujet bien décrit. J'avais préparé aussi un post avant de me rendre compte que ce sujet existait déjà. Ce qui suit concerne surtout le général Jean Baptiste Estienne, mais malheureusement il va y avoir quelques redondances par rapport à ce qui est déjà écrit. (Ma source est un ouvrage de 1979 écrit sous la direction du colonel Ramspacher). La naissance des chars d’assaut en France est indissolublement liée à la volonté et l’imagination d’un homme : le Général Estienne (comme il est rappelé dans le premier post). Soyons juste, le Général Estienne n’a rien inventé au sens strict du terme. Le général lui-même citait les inventeurs de jadis Cyrus le grand, Démétrios, Poliorcète, Léonard de Vinci et Voltaire. Voici d’ailleurs une maquette reconstituée du char d’assaut imaginé par Léonard de Vinci vers 1485. La mobilité de l’engin étant assurée par des chevaux. Le risque de voir s’emballer ceux-ci lui fit cependant abandonner l’idée. Mais revenons un peu sur le parcours militaire du général Estienne pour nous permettre de comprendre comment on en est arrivé à la création du char d’assaut. Jean Baptiste (appelons le ainsi) est reçu à 19 ans avec le N°5 de l’école polytechnique en 1882, et remporte la même année le grand prix de mathématiques au concours général. Deux ans plus tard, il est affecté au Régiment d’artillerie de Vannes. - En 1890, il publie un livre sur les « Erreurs d’observation » qu’il présente à l’académie des sciences, préconise le tir indirect, et lutte pour l’utilisation du collimateur comme pointage à la place de la hausse, réalisations qui procurent à l’artillerie française une avance de 10 ans sur les artilleries étrangères. - En 1891, il invente le goniomètre de pointage à la lunette - En 1902, il met au point un télémètre phonétique permettant d’obtenir les éléments nécessaires au tir grâce à 2 poste reliés téléphoniquement - En 1907, et plus étonnant, il fait éditer un opuscule sur « les forces morales à la guerre » En 1911 on retrouve Jean Baptiste Estienne (alors colonel) en charge des expériences d’aviation-artillerie. Ces expériences furent concluantes, et on créa une section d’aviation-artillerie (une seule). Par la suite, il ne sera cependant pas créé de véritable aviation d’artillerie, ce que le Général Estienne regrettera toute sa vie. Les travaux du colonel Estienne ne se bornent pas à la collaboration avion-canon. Il préconise l’emploi l’avion par l’emploi des avions par fléchettes et projectiles incendiaires ; il abandonne ce système pour l’emploi d’obus explosifs munis d’une fusée provoquant l’éclatement avant que le projectile se soit enfoncé dans le sol. C’est au soir du 23 aout 1914 devant Charleroi (Belgique), au moment de la retraite que le colonel Estienne profondément impressionné par les pertes subies par l’infanterie décimée par la puissance des mitrailleuses allemandes lui suggérera cette réflexion devant quelques officiers de son régiment : « Messieurs, la victoire appartiendra dans cette guerre à celui des deux belligérants qui parviendra le premier à placer un canon de 75 sur une voiture capable de se mouvoir en tout terrain ». Mais comment réussir ? Trois jours de bataille l’avaient amené à cette idée simple : il faut assurer aux combattants de première ligne un abri sûr, permanent, donc mobile, d’où il puisse défier les moyens de feu de l’ennemi et les détruire. Il apprend en 1915 que dans un secteur voisin, l’artillerie anglaise utilise les tracteurs à chenille Holt 76 et voit tout de suite son idée prendre corps. Le 1er décembre 1915 il écrit à Joffre, en affirmant la possibilité de réaliser des véhicules à traction mécanique permettant de transporter l’infanterie à travers des obstacles et le feu de l’ennemi à une vitesse supérieure à 6 km/heure. Convoqué au Grand Quartier Général à Chantilly, il expose les caractéristiques du cuirassé terrestre et les conditions d’emploi. A l’issue de l’entrevue, Joffre se contente de lui dire : « Vous ne m’avez pas fait perdre mon temps ; ce que vous m’avez dit est prodigieusement intéressant.. Merci de votre travail, je vais voir ». Le 2 février 1916, le général Estienne convoque le sous-lieutenant Fouché, lui confie 2 tracteurs Holt, lui constitue un petit atelier artisanal et 10 soldats avec mission de construire en 15 jours un engin capable de franchir une coupure de 1,50 m et d’écraser un réseau de fil de fer barbelé. Le 17 février, l’équipe procède aux essais, ceux-ci se révèlent satisfaisants ; le soir même la firme Schneider prend un brevet de l’engin et s’assure la commande de 400 chars. Entre-temps le général Estienne s’était mis en rapport avec Louis Renault pour la construction d’un char léger à tourelle. Invité aux essais du prototype Renault, le général Mouret (Responsable de la Direction du service automobile) refusa d’y assister et de passer la moindre commande. L’existence du Renault fut sauvée de justesse, malgré les critiques du général Mouret, une commande de 150 chars fut lancée. Dès le mois d’aout, le ministère de l’armement suscite toutes sortes de difficultés liées à la construction du Renault FT, reprochant l’enfantement douloureux de ce char en raison des retards rapportés aux essais. Et sans en informer le Grand Quartier Général, le ministre de l’armement supprime la commande de 1.000 chars. Le général Estienne protestera contre le rapport défavorable du commandant du centre d’instruction de Marly, et obtint que fut confirmée la commande de 1.000 chars. Le général Pétain rétablit les prévisions du général Estienne. En janvier 1918, le commandant de l’artillerie demande 700 chars lourds (St Chamond et Schneider), et la commande de chars légers est portée à 4.000. Le char Saint Chamond (voir ci dessus les photos réalisées au Musée des blindés de Saumur) Poids : 23 Tonnes. Un canon de 75 mm. 4 mitrailleuses de 8 mm. Equipage : 8 hommes. Construits environ 400 Le char Schneider (voir ci-dessus les photos réalisées au Musée des blindés de Saumur) Poids : 13,6 Tonnes. Un canon de 75 mm court, 2 mitrailleuses de 8 mm. Equipage : 6 hommes. Construits environ 400. Le char Renault FT 17 (Char léger) La maquette en bois Le premier prototype La version définitive (avec canon de 37 mm). Poids : 6,7 Tonnes. Un canon de 37 mm ou une mitrailleuse de 8 mm. Equipage : 2 hommes. Construits : 3.700 environ et 950 fabriqués sous licence aux USA. En parallèle, et dans le plus grand secret, les anglais avaient fabriqué des engins blindés qu’ils utilisèrent pour la première fois en 1916. Le char anglais : Mark 1. Poids : 30 tonnes. 2 canons de 57 mm. Equipage : 8 hommes. Autonomie : 40 kms. Température intérieure lors des combats : 52°C… Une centaine d’exemplaires commandés début 1916. Les Chars/Engins blindés au combat Ce sont les anglais qui utilisèrent les premiers des tanks sur le front de la Somme en septembre 1916 en dépit de la demande du général Estienne d’en différer l’emploi en attendant une production de masse. Ils alignèrent 49 de ces engins lors de la bataille de Flers-Courcelette. Seuls 32 blindés pourront atteindre leurs positions de départ. 7 d’entre eux n’arriveront pas à démarrer. Les 25 autres débutent les combats. A la fin de l’offensive, seuls 9 engins atteindront les tranchées allemandes. Le reste ayant été détruit ou étant tombé en panne. L’utilisation de ces engins n’ayant, côté anglais, apporté aucun avantage majeur. Cependant, les allemands élargiront leurs tranchées et mettront au point une balle perforante à noyau d’acier (la balle K). Les raisons de cet échec sont liées au faible nombre d’engins engagés, au manque de fiabilité des matériels, à la formation des personnels et à l’absence de doctrine d’emploi. Outre la création du char d’assaut français, on doit au Général Estienne l’organisation de l’arme blindée dénommée Artillerie d’Assaut (A.S.) et la formation des équipages. Les chars français seront engagés pour la première fois le 16 avril 1917 lors de l’offensive Nivelle. 128 chars seront alignés (St Chamond et Schneider) en accompagnement de l’infanterie. Cette offensive n’obtiendra pas les résultats escomptés et verra les unités blindées perdre 76 chars. L’utilisation des blindés va tendre à se généraliser au fur et à mesure de l’accroissement du nombre de véhicules. 467 chars sont opérationnels en mars 1918. A la fin du conflit, 308 chars lourds et 440 chars légers auront été détruits. Le 5 février 1920, le Général Estienne fait une conférence au Conservatoire National des Arts et Métiers : « Réfléchissez, Messieurs, au formidable avantage stratégique et tactique que prendrait sur les lourdes armes du plus récent passé, 100 000 hommes capables de couvrir 80 kilomètres en une nuit avec armes et bagages dans une direction et à tout moment. Ilsuffirait pour cela de 8000 camions ou de tracteurs automobiles et de 4000 chars et montés par une troupe de choc de 20 000 hommes. A la fin du conflit, l'arme blindée sera rattachée à l'infanterie et la France dans ce domaine se reposera sur ses lauriers. Mais à cette époque le pays est exsangue. Et sa dette atteint 30 milliards de Francs-or...
  3. Effectivement la défense des Alpes contre les italiens (et les allemands) mériterait, dans le prolongement de ce sujet, d'être rappelée.
  4. Pour ce qui est des escarmouches ou combat, on peut quand même citer les batailles de Stonne, de Hannut de Gembloux et de Dunkerque. Pour Dunkerque, vous connaissez sûrement Dunkerque, mais je vous recommande particulièrement la lecture de la bataille de Stonne, surnommée le "Verdun de 1940".
  5. Pour tout dire, je ne sais rien du passé militaire de Paul pendant la deuxième guerre mondiale. J'espère avoir des éléments de réponse en écrivant à Pau. Mon grand père (dont je parle dans le sujet du 91e RI) n'a jamais voulu parler de sa période militaire. Il a échangé ses décorations contre de la nourriture. J'ai aussi le souvenir, étant enfant, de l'entendre crier pendant les cauchemars qu'il faisait (à plus de 70 ans). Ma grand mère me disait "c'est à cause de la guerre".
  6. Je m'intéresse également à l'histoire depuis très longtemps, et je n'ai puisé dans wikipédia que des éléments de synthèse. Effectivement nous avons dépensé énormément d'argent dans la ligne Maginot, mais mis à part les gros ouvrages de la Région Est qui pour certains ne se rendront qu'après l'armistice, tout le reste était complètement obsolète. Les dégâts provoqués par les obus anti-chars allemands, notamment le 88mm, ont rapidement eu raison des petits ouvrages tels les blockhaus ou les cloches en acier construites pour abriter des armes automatiques ou des postes d'observation. Vous avez raison, ces ouvrages ont été conçus pour protéger les soldats français derrière du béton. Il faut reconnaître que l'hécatombe de la première guerre mondiale avait marqué les esprits. La nouvelle stratégie était de se protéger et de recourir plus largement aux ressources humaines de l'Empire. A cette époque, on a perdu notre avance technologique en matière de blindés et d'aviation pour s'enterrer. Qui plus est, nos généraux étaient, comme en 1914, en retard d'une guerre. Nous n'avons pas réagi à l'occupation de la Rhénanie probablement parce que la population n'avait plus l'état d'esprit de 1914. En 1936, nous avons déjà connu 7 ans auparavant la crise de 1929, le pays est secoué par les mouvements sociaux, les présidents du conseil se succèdent à la tête du gouvernement, et le parti communiste très proche du gouvernement soviétique défend des thèses pacifistes. Par ailleurs, notre armée n'est pas très mobile et notre pays est isolé de par l'abandon par les britanniques de leur soutien. Quant à l'accord entre la France et l'URSS, il faut savoir que cette dernière a consulté l'Allemagne qui s'y est opposée. De fait, et il est vrai, nous avons dépensé un argent considérable dans la ligne Maginot. Il faut donc se réarmer dans ce qui nous manque le plus (blindés, avions et marine). Dans le domaine des blindés, on se disperse un peu car on en est resté à une doctrine remontant au premier conflit mondial. Il en sortira cependant deux chars redoutables armés d'un canon de 47 antichar : le Somua et le B1Bis (ce dernier souffrant toutefois de problème mécanique avec son système Nader). On ne saura pas les utiliser convenablement malgré une nette supériorité technique par rapport aux allemands. Dans le domaine de l'aviation c'est désastreux. On produit beaucoup de modèle différents, mais le chasseur standard est le MS406 déjà obsolète dès sa sortie. Le Dewoitine D520 sera produit en trop petit nombre pour s'illustrer. Nous serons obliger d'importer des USA des chasseurs Curtis. Je ne parle pas de l'aviation de bombardement qui est quasi inexistante. Reste la Marine. Nous avons produits quelques classes de croiseurs et de cuirassés tout à fait remarquable et disponibles à l'entrée en guerre. Néanmoins notre flotte n'est pas au point. Nous sommes en retard dans le domaine de la détection, de la fabrication de torpilles et de l'artillerie. Ne parlons même pas de la DCA de protection qui est réduite à sa plus simple expression. Pour autant, nous ferons moderniser quelques bâtiments aux USA à partir de 1943. Un exemple en passant, 2 bâtiments de la classe La Galissonnière (Le Montcalm et le Georges Leygues) seront ainsi équipés de radar et de sonar et des pièces de 20mm et de 40mm de courte portée à la place des pièces de 37mm et des mitrailleuses de 13.2mm. Pour ce qui est de baser la flotte à Toulon si ce n'était pas une bonne solution, nous n'avions pas le choix avec l'attitude des anglais (de mon point de vue).
  7. J'ai un petit problème technique pour insérer les photos, donc je fais un deuxième post. Voici Simon en Allemagne avec sa jeep Entre autres choses, il sillonnera la zone d'occupation française en Allemagne comme l'indiquent les panneaux (Ebersteinburg près de Baden-Baden) Ici la pancarte du 610ème Groupe de la 180ème Compagnie L'armée Française est en reconstruction et est, comme on peut le voir, fortement "américanisée" Simon sera démobilisé en janvier 1946.
  8. Eté 1970 à Louviers (27), un vieux monsieur est assis dans un fauteuil et fume sa pipe. On peut dire que cet accessoire ne l'a jamais quitté car il a commencé à fumer à 20 ans et il en a maintenant 75. La fumée reste en suspension dans la pièce créant une atmosphère irréelle dans cette salle à manger/salon modeste. Le mobilier qui la garnit date du début des années 30. S'il est fonctionnel, il reste massif et sans originalité. Un buffet, une table, des chaises, 2 fauteuils constituent l'essentiel de ce qui garnit la pièce. Une exception toutefois avec un vieux meuble phonographe, mais aussi de la même époque. Au-dessus du phonographe, un cadre assez ouvragé et une photo. Celle de son fils unique Simon. Le regard du vieux monsieur s'attarde sur cette photo, et les souvenirs de la deuxième guerre mondiale lui reviennent. 1939. A cette époque il est charbonnier. Depuis plusieurs années, installé en proche banlieue parisienne, il livre le charbon aux ménagères que ce soit dans Paris ou alentours. Métier difficile où il n'est pas rare de devoir porter au sixième étage d'un immeuble sans ascenseur un sac de charbon de 40 kgs. Lors de la déclaration de guerre il ressent beaucoup de tristesse. Il pensait tout comme d'autres hommes de sa génération qu'ils avaient vécu et participé à la dernière des grandes guerres. La Der des Der. En 1940, lui qui avait vécu l'enfer des tranchées pendant 4 ans est rappelé une seconde fois. Il a 45 ans. Sur la photo avec des lunettes (et la blague à tabac dans la main....... bien sûr) S'il n'est pas affecté en première ligne, il est envoyé avec d'autres hommes de sa génération à Moulins pour travailler dans une mine de salpêtre (nitrate de potassium utilisé dans l'indutrie de l'armement -poudre noire-). Par chance, il se fait rapidement affecter aux cuisines évitant ainsi les pathologies liées à l'extraction du salpêtre. Comme on peut le lire ci-dessus, il sera démobilisé en novembre 1940 au bout de 8 mois et retournera chez lui. Rapidement, son activité décline faute de matières premières. Quasiment plus de charbon, plus d'essence pour faire rouler le camion, juste du charbon de bois. Et c'est donc la mise au point du gazogène par Georges Imbert en 1920 qui solutionnera, a minima, la pénurie d'essence. Et on utilisera le charbon de bois à cette fin. Sur cette photo, on distingue derrière l'homme assis sur le passage de roue du camion le gazogène, gros cylindre vertical dans lequel on chargeait le combustible, et l'adaptation de l'échappement. En 1942, c'est l'époque du S.T.O. Dans sa forme initiale, et sur la base du volontariat, seuls 70.000 français rejoindront l'industrie de guerre allemande. Devant cet échec, l'Allemagne nazie imposa à l'Etat français en février 1943 la réquisition de la main d'oeuvre française âgée de 21 à 23 ans. Ce qui fit porter à 600.000 le nombre de travailleurs au profit de l'Allemagne. A cette date, notre vieux Monsieur cherche immédiatement à soustraire son fils à la réquisition allemande. Il contacte aussitôt un de ses amis/fournisseur à Rion des Landes (40) pour qu'il emploie Simon comme bûcheron-carbonisateur (fabrication du charbon de bois). Tout cela se fait rapidement, et en mars 1943, Simon est sur place. Pendant 22 mois, il habitera à Rion et fabriquera du charbon de bois. Pour faire simple, la fabrication du charbon de bois s'effectue à l'étouffé et très lentement. Bien évidemment, il eut quand même affaire avec le commissariat général au STO. Il ne fut pas requis pour le STO, mais du cependant se présenter aux convocations allemandes Traduction : Certificat. Simon, conducteur, est autorisé à entrer à la caserne Bosquet à Mont de Marsan. A la libération, Simon retourne à Paris. Il est appelé sous les drapeaux le 01.02.1945 dans l'Armée Rhin et Danube et au sein d'une Compagnie de Transport de la 10ème D.I. Le 550ème Groupe, puis le 610ème. La 10ème D.I occupe la région de Coblence à la suite des troupes américaines et une de ses missions est notamment d'assurer l'approvisionnement en nourriture des populations civiles. Mais laissons Simon continuer ce récit :" Lorsque les allemands voient arriver des troupes françaises c'est un mélange de peur et de stupéfaction. Et dans leur esprit, les français vont vouloir se venger de ce qu'ils ont subi pendant 4 ans. Assez rapidement, les français remettent en route une boulangerie et assurent la distribution des denrées de premières nécessité. Ce sont d'abord, et exclusivement, de vieilles femmes qui viennent chercher le ravitaillement, quelques temps après des hommes âgés viendront à leur tour à la distribution. Bien plus tard ce sera au tour des jeunes filles dont la plupart ont connu le sort funeste réservé aux femmes dans les pays conquis (à l'instar des troupes soviétiques, mais sans les meurtres et les exécutions sommaires...). Deux prisonniers allemands seront affectés au 610ème du fait de leur connaissance en mécanique. Ils jouiront d'une relative liberté pendant cette période.
  9. Paul retournera à Fismes et y restera jusqu'à son décès en 1974. Si la commune où il réside est essentiellement agricole, vigne et betteraves, on y exploite également une belle pierre blanche qui sert à la construction. Nombre de bâtiments cossus de la ville de Nancy ont notamment été édifiés avec de la pierre champenoise. Sur cette vue du début du 20ème siècle on peut noter la blancheur de la pierre. Paul est issu d'un milieu modeste, et son père est carrier. Paul continuera à la suite de son père ce métier pratiqué dans la famille depuis 7 générations. Il se mariera en 1928 à Fismes, et il aura 2 enfants. Josiane et René Léopold. Ce dernier concourra pour la France aux jeux olympiques de Londres en 1948 et sera médaillé de bronze en natation.
  10. Bonjour, J'ai lu, pour la première fois, et il y a très longtemps, cet épisode tragique de la deuxième guerre mondiale qu'est Mers El Kébir. Avant de donner quelques informations ce sujet, je voudrais simplement faire une remarque sur la ligne Maginot. Voila ce qu'on trouve sur Wikipédia, mais on peut également se référer aux livres de Roger Bruge sur la ligne Maginot : Frontière franco-belge En 1927, la commission avait estimé que la défense du Nord devait se faire sur le territoire belge (alors allié). Entre 1931 et 1934 ne sont donc construites que quelques casemates d'infanterie dans les forêts de Raismes (douze casemates CORFet de Mormal (treize casemates). À partir de 1934 sont aménagés les tronçons « nouveaux fronts » des secteurs fortifiés de l'Escaut (qui compte deux casemates CORF et un petit ouvrage : Eth) et de Maubeuge (sept casemates et quatre petits ouvrages : Les Sarts, Bersillies, La Salmagne et Boussois). Le retour à la neutralité de la Belgique le 14 octobre 1936 va rendre inquiétante l'absence de couverture fortifiée. Cela entraîne la construction de 1937 jusqu'à 1940 d'un front continu le long de la frontière, composé de casemates STG et d'une foule de petits blockhaus MOM Le préalable à Mers El Kébir Il faut d'abord rappeler que la France et l'Angleterre sont alliées depuis 1904 dans ce qu'on a appelé l'entente cordiale. Il s'agit simplement du partage et de la reconnaissance mutuelle de leurs colonies respectives. Au début de 1914, il y eut un second protocole entre la France et l'Angleterre, qui met fin à l'antagonisme entre les deux nations. C'est la montée en puissance de la marine impériale allemande qui conduit l'Angleterre à se rapprocher de la France. Le sabordage de la flotte allemande à Scapa Flow en 1919 (74 bateaux) fit changer d'avis l'Angleterre sur son alliance avec la France. N'ayant plus de rival européen sur les mers, ils abandonnèrent leur soutien à la France. Les deux priorités de l'Angleterre : La marine anglaise et l'empire colonial. En 1935, l'Angleterre signe avec le 3ème reich un traité naval autorisant les allemands à construire une flotte navale dans la limite de 35% de la flotte britannique. Ceci ayant été fait par l'Angleterre sans en informer la France. En septembre 1939, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. Au 10 mai 1940, date de l'invasion de la Belgique, la France aligne 86 divisions, la Belgique 22, et l'Angleterre ...........13. De même pour le matériel où la France aligne 7 fois plus de canons et de blindés que l'Angleterre et 2 fois plus d'avions. Les armées françaises et anglaises entrent en Belgique durant la Campagne des 18 jours Le front belge de la Lys est percé au milieu de la journée du 27 mai, au bout de cinq jours de combats. D'autre part, les troupes anglaises abandonnent la droite de l'armée belge pour retraiter précipitamment en vue de se rembarquer à Dunkerque. Dès ce moment, le roi et l'État-major belges se sentent abandonnés, ainsi que le relatera l'attaché militaire anglais auprès du roi Léopold III, l'amiral Sir Roger Keyes. Celui-ci attestera qu'il s'est agi d'une manœuvre imposée au général en chef, Lord Gort par une décision du gouvernement anglais. Et Keyes de citer une phrase de Lord Gort qui mérite d'être appelée une parole historique : « Les Belges vont-ils nous prendre pour des salauds ? » Le 28 mai, le roi Léopold décide donc de capituler ! Ensuite c'est Dunkerque L'évacuation de Dunkerque, l’opération Dynamo, commence le 26 mai, avec l'espoir de sauver jusqu'à 45 000 hommes… 338 226 sont évacués lorsque le dernier navire quitte Dunkerque, à 3h 00, le 4 juin. Lord Gort avait reçu l'ordre de ne pas informer les généraux français et belge du début de l'évacuation, conduisant d'ailleurs à la retraite des troupes britanniques au sud-est de Dunkerque, laissant sept divisions françaises seules face aux troupes allemandes. Elle combattirent, comme les Belges, jusqu'à l'épuisement de leurs munitions, clouant sur place les forces adverses et retardant l'assaut final sur Dunkerque. L'amiral Abrial, mis devant le fait accompli, déclarera que comme il ne lui était plus possible, désormais, de compter sur l'appui anglais, il mènerait à bien la mission qui lui avait été confiée, en combattant, si nécessaire jusqu'à la mort, pour permettre le rembarquement d'autant de troupes que possible. Le 27 mai, le casino de Cassel abrite une réunion de l'état-major britannique préparant le lancement de l'opération Dynamo pour évacuer ses troupes à Dunkerque. Deux officiers, dont un général, y sont tués par une bombe allemande. L’embarquement des troupes sur les navires se fait dans le plus grand désordre, les Britanniques privilégiant leurs propres troupes. Dans la panique, les scènes les plus regrettables5 et les actes de bravoure se côtoient, mais le nombre de morts augmente d’heure en heure autant par noyade que sous le feu de l’ennemi. Dans les faits, si les troupes belges et françaises ne purent embarquer qu'après que le contingent britannique l'eut été, cela a permis de sauver 140 000 soldats belges et français, qui seront presque tous renvoyés sur le continent pour continuer la guerre. Théoriquement du moins, puisque l'armistice les surprendra le 22 juin dans leur retraite ou leur cantonnement. Source : wikipédia Nos armées n'étant plus en mesure de contrer les allemands, le président du conseil français, Paul Reynaud, demande le consentement de Churchill en vue de discuter des conditions d'armistice. Celui-ci répond : "A condition, mais seulement à condition que la flotte française soit aussitôt dirigée sur les ports britanniques"..... Les clauses de l'armistice du 22 juin 1940 Avant son départ pour Rethondes, le général Huntziger, chef de la délégation française, est reçu par Pétain en présence de membres du gouvernement : le nouveau ministre de la Défense, le général Weygand et le ministre des Affaires étrangères, Paul Baudouin ; au cours de cet entretien, le chef du Gouvernement fait part de ses « instructions formelles » qui sont de rompre immédiatement la négociation si l'Allemagne exige la remise totale ou partielle de la flotte, La délégation française considère que les conditions qui sont imposées à la France par l'Allemagne, bien que dures, sont toutefois acceptables car elle garde sa flotte et ses colonies — conformément aux souhaits de Pétain — et n'est pas entièrement occupée. En fait, au moment de la signature de l'armistice, les Allemands n'exigent aucune des trois conditions qui, selon les instructions de Pétain, auraient été susceptibles de provoquer la rupture des négociations : « En effet, le territoire ne serait pas occupé dans sa totalité puisqu'une ligne de démarcation définirait la délimitation de la zone sous contrôle allemand. Mais au cours des négociations, cette ligne ne fut pas présentée comme intangible ». La flotte serait simplement désarmée et la question de l'Empire ne fut pas l'objet de ces négociations. Dès le 20 juin, Darlan avait envoyé des instructions contenant ce passage : "Quels que soient les ordres reçus, ne jamais abandonner à l'ennemi un navire intact. 4 jours plus tard après la signature de l'armistice, il confirmait ces ordres en y ajoutant celui de tout préparer pour saborder les bâtiments au cas où ils risqueraient d'être capturés. D'ailleurs, les autorités navales avaient évacué des ports de la Manche et de l'atlantique à destination de l'Afrique du Nord et de l'Afrique occidentale tous les bâtiments, civils ou militaires. Mers El Kébir Après avoir parlé du contexte, revenons au drame. Il a lieu le 3 juillet 1940. Côté anglais, l'opération de Mers El Kébir avait été calculée pour coïncider avec la saisie des navires de guerre français dans les ports britanniques. A 15h40, ce même jour, des détachements de marins britanniques abordèrent silencieusement les bâtiments ancrés à Portsmouth et Plymouth. L'opération avait été préparée soigneusement pour obtenir l'effet de surprise. Les officiers et matelots des bâtiments français furent internés dans des camps séparés dans l'île de Man et près de Liverpool, où on les traita pratiquement en prisonniers de guerre. Seul un petit nombre se joignit aux Forces Française Libres. La majorité finit par être rapatriée à Casablanca. A Mers El Kébir, l'amiral Gensoul commandant la flotte française reçoit un ultimatum de Sommerville (commandant la flotte britannique) : 4 solutions : se joindre à la flotte britannique pour continuer le combat, partir avec des équipages réduits pour gagner un port britannique, désarmer les navires sous contrôle britannique, les saborder sur place. Beaucoup d'officiers de marine britanniques étaient opposés à une action de force contre une marine disciplinée et qui, la veille encore, avait pris sa part contre l'ennemi commun. Sommerville fut impressionné par l'unanimité des vues de son état-major tant sur la nécessité d'éviter la menace d'agir par la force que sur le fait qu'aucun amiral français, confronté à un tel ultimatum ne pouvait faire autrement que se défendre. Ayant rendu compte de ces vues à l'amirauté, ils reçut la réponse suivante que si les français refusaient, "il était de la ferme intention du gouvernement de sa majesté de détruire les bâtiments". Une des conséquences immédiates de Mers El Kébir fut que les allemands permirent aux bâtiments français de rester complètement armés. Ceux qui étaient en Afrique du Nord furent rappelés à Toulon où ils étaient plus à l'abri d'une attaque éventuelle des anglais. Par le Capitaine de frégate Malcolm G Saunders
  11. Dans ce sujet on va parler de Paul (Paul Alphonse pour être précis). Il a 20 ans et il est né à Fismes dans le département de la Marne. Province de la Champagne. Fismes ça ne parle pas vraiment, mais Reims qui est à proximité interpelle davantage. Fismes est un village comme il y en a tant d'autres en France, mais il est sur la route des grandes invasions... 2 vues datées de 1910 Durant la première guerre mondiale, en août 1918, ce village sera le théâtre de combats d'une extrême violence où périront plus de 13.600 soldats américains. La bataille de Fismes et Fismette Les Allemands n'ont pas réussi à percer la ligne alliée et ont reçu l'ordre de se retirer le 20 juillet. Le 22 juillet, la 7e armée Allemande (7 Armee Oberkommando) avait établi une nouvelle ligne allant de la partie supérieure de l'Ourcq à Marfaux. Mais elle avait été obligée de se replier à nouveau pour s'installer le 3 août sur les rives de la Vesle. Là, ils ont préparé une nouvelle position défensive dans l’Aisne Les rives de la Vesle constituaient le nouveau front : au nord, les forces allemandes Wichura et au sud, le 3e corps américain, qui avait remplacé le 1er corps d'armée Les deux premiers jours de la bataille, la 32e division américaine perdit 2 000 hommes dans ses efforts pour traverser la rivière Vesle et atteindre Fismes. Cette division est relevée par la 28e division d'infanterie. Pendant un mois, la bataille se poursuivit dans les quartiers entourant Fismes et Fismette. La bataille de Fismes et Fismette est unique dans l'histoire de la Première Guerre mondiale en raison de la violence extrême ; des combats de rue, de la présence d'attaques de troupes d'assaut et de lance-flammes. Tout cela a abouti à la destruction totale de Fismes (environ 90%), plus que dans la région voisine de Reims. En l'espace d'un mois, Fismes sera perdu et gagnée cinq fois par les forces alliées Source : Wikipédia Pour se donner une idée : La Rue de la Huchette en 1910 La même en 1918 et bien d'autres.... Revenons donc à Paul. Il est le plus jeune d'une famille qui compte 4 enfants. Des garçons (Eugène, Lucien, Georges et Paul). Les 2 plus âgés, Eugène et Lucien ont combattu durant le premier conflit mondial et ont survécu sans même avoir été blessés (l'un au 3e Régiment d'artillerie à pied, l'autre au 74e R.I.) Ah, j'allais oublier de vous présenter Paul dans son bel uniforme du 16ème BCP : Il n'a pas eu loin à aller pour rejoindre son lieu d'incorporation : Metz Comme on l'aura compris au travers des évènements relatés dans la première partie de ce sujet, Paul n'a pas eu beaucoup l'occasion de fréquenter l'école, mais il écrit dès son arrivée pour livrer ses premières impressions : "Je suis arrivé à bon port, je n'ai pas encore becté, il y a 2 jours qu'on nous fait pas à souper" Le 16e BCP, comme on a pu le voir, est cantonné à Metz. Comme d'autres régiments français, il occupe la Rhénanie en Allemagne conformément aux clauses du traité de Versailles en 1919. Nous le voyons donc partir pour l'Allemagne et à destination de la ville de Euskirchen. C'est l'occasion de pénétrer dans la gare de Metz inaugurée en 1908 Une fois arrivé à destination, il faut repérer l'endroit stratégique : Le foyer La ville par elle-même ne manque pas de charme (la couleur y contribue) Les journées sont malgré tout occupées par les exercices comme l'indique ce témoignage "à chaud" "Je vous dirais que c'est moi qui ai lancé le poids et la grenade le plus loin. Voyez que je suis bon. "Le jet de grenade à 47 mètres." Il vient ensuite le temps de quitter Euskirchen pour retourner à Metz et rendre les effets militaires. Le temps de préparer son barda et d'envoyer les dernières cartes postales Si l'administrateur veut commenter les uniformes, il est le bienvenu.
  12. Je suis allé aussi au musée des blindés de Saumur. Je suis plus à l'aise pour parler des matériels que les uniformes. Pour le Renault FT17, la peinture de camouflage me laisse perplexe, et de savoir qu'on l'utilisait encore en 1940 bien davantage . Il n'empêche que ce vénérable blindé est l'ancêtre du char. Les anglais considérant leur MK1 comme le premier mais c'est inexact (car pas de tourelle). Ce blindé construit en grand nombre grâce à l'opiniâtreté du Général Estienne et au génie de Louis Renault a connu un succès international, notamment aux USA avec une production locale sous licence. Pour l'anecdote, le général Patton a découvert le char en utilisant un Renault FT17.
  13. Merci beaucoup pour ces analyses et cette documentation. Je vais sur cette base compléter mes recherches et essayer, en synthèse de ce sujet, de vous en donner les résultats.
  14. Voici un sujet d'analyse et de commentaires au travers du parcours d'un conscrit natif du Département de l'Aisne et affecté au 509ème Régiment de chars de combat. Un extrait de son livret militaire pour ce qui concerne la partie en relation avec le sujet. A titre de précisions, il est né au début de l'année 1900 et, anachronisme en regard de son affectation, il mesure 1m76 ce qui pour l'époque est une taille supérieure à la moyenne de celle des français. Ce qui n'est pas indiqué, c'est que ce régiment a vraisemblablement participé à l'occupation de la Rhénanie puisque dans une de ses correspondances il "regrette l'Allemagne". Apparemment, ce Régiment est présent à Lille au début des années 1920. Sur cette photo datée de 1921, on a une idée de l'équipement et de l'uniforme du Régiment. Notre conscrit est assis sur la pièce du char Renault FT17. J'ai effectué quelques zoom pour les commentaires (à venir ?) La trappe à l'avant La tourelle et la pièce L'uniforme d'un conscrit Ci-après, le recto d'une carte écrite en 1921 Quelques zoom En septembre 1922, il est en manoeuvre avec son Régiment au Camp de Mailly. A cette occasion, il envoie une carte d'une pièce d'artillerie lourde sur voie ferrée. Quelques zoom rendus difficiles du fait du grain de la carte. Plaise à l'administrateur de commenter.
  15. Merci déjà pour ces précieux renseignements.
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