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  1. 2 points
    Bonjour Amine, bienvenu parmi nous. Je te souhaite bonne chance pour ters projets. Attention tout de même à ne pas en faire de trop, à 16 ans ton corps n'est pas encore fini de former et trop de sport peu nuire à ton développement. Au plaisir.
  2. 2 points
    Connu comme étant le premier "père " de la Légion étrangère, le général Paul-Frédéric ROLLET. Paul-Frédéric Rollet (né le 20 décembre 1875 à Auxerre et décédé le 16 avril 1941 à Paris) Fils de Louis-Paul-Frédéric Rollet (1846-1905, polytechnicien, qui devint général) et d'Elisa Dezoteux. Né à Auxerre, dans l’Yonne (France), où son père servait comme officier au 46e régiment d'infanterie de ligne, il est admis à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1894. Après de brillantes études, il est affecté au 91e Régiment d'Infanterie à Mézières. Il rejoint ensuite le 1er Régiment Etranger à Sidi-Bel-Abbès (Algérie). Il sert d’abord en Algérie (1899-1902) puis à Madagascar (1902-1905), avant de revenir en Algérie (1905-1909). Promu capitaine en mars 1909, il commande la 3e compagnie montée du 1er bataillon de marche du 2e REI de 1909 à 1914. Mais la Première Guerre mondiale éclate alors qu'il est en congé en France. Comme il veut absolument être au front, il se fait affecter au 31e Régiment d'Infanterie, puis au 331e Régiment d'Infanterie. Blessé deux fois, il est promu temporairement chef de bataillon, grâce à l'appui du général Gouraud. Après plusieurs victoires, il deviendra chef de bataillon à titre définitif. Le 18 mai 1917, il retrouve la Légion étrangère et prend le commandement du Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE) comme lieutenant-colonel. Sous son commandement, le régiment se couvrira de gloire lors des combats de Hangard-en-Santerre, de la Montagne de Paris, puis en perçant la ligne Hindenburg, combat qui deviendra la fête du 3e REI, régiment héritier des traditions du RMLE. Le drapeau du régiment est alors décoré de quatre nouvelles citations (il en avait déjà cinq) ainsi que de la fourragère double, aux couleurs de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre. À la fin de la guerre 1914-1918, il participe à la pacification du Maroc avec son régiment devenu le 3e Régiment Etranger d’Infanterie. Paul-Frédéric Rollet est alors promu colonel. En 1925, il prend le commandement du 1er Régiment Etranger à Sidi-Bel-Abbès. Il y restera jusqu’à l'organisation des fêtes du « Centenaire », le 30 avril 1931. C'est 1er avril 1931 qu'il prend le commandement de l'Inspection de la Légion étrangère, poste créé tout spécialement à son intention. Après plusieurs années de combat, et de victoires, il prend sa retraite le 20 décembre 1935 Il aura effectué 41 années de service militaire, dont 33 ans à la Légion. Il a consacré les dernières années de sa carrière à l’organisation de la Légion étrangère moderne et à la réalisation d’une œuvre sociale considérable au profit des légionnaires d’active, comme des anciens. Il poursuivra son action sociale après avoir quitté le service actif. Il meurt à Paris, le 16 avril 1941. Paul-Frédéric Rollet fut une figure légendaire de la Légion étrangère, grâce à ses qualités de chef, mais aussi de soldat, d'homme de caractère et de cœur. Il est encore surnommé "Père de la Légion". Ce titre reflètera son implication dans l'organisation des unités, ainsi que l'amour qu'il donnait à ses hommes et à sa fonction. Décorations Liste des décorations Ordres et médailles français Grand officier de la Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 avec 7 palmes et une étoile de vermeil Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec 2 palmes Médaille commémorative du Maroc avec agrafes : OUDJA-MAROC-HAUT-GUIR Médaille coloniale avec agrafes SAHARA-MAROC-ALGÉRIE-MADAGASCAR Croix du combattant Médaille interalliée 1914-1918 Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Chevalier de l'ordre du Mérite agricole (1911) Médaille de la Ville de Verdun (médaille non officielle) Ordres et médailles étrangers Grand-croix de l'Ordre royal du Cambodge 14 novembre 1936 Commandeur de l’Ordre de la Couronne de chêne (Luxembourg – 1931) Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Roumanie (1917) Commandeur de la Croix rouge espagnole 1925 Commandeur de l'Ordre du prince Danilo I (Monténégro – 1917) Commandeur de l'Ordre du Mérite civil d’Espagne 1930 Grand officier de l'Ordre du Ouissam alaouite (1931) Grand officier du Nichan Iftikhar (1931) Grand officier de l'Ordre de Saint-Charles (Principauté de Monaco 1931) Grand officier de l'Ordre du Mérite militaire d'Espagne (1920) Officier de l'Ordre chérifien du Ouissan hafidien (1911) Ordre du Muniséraphon, ordre académique du Royaume du Cambodge (1936) ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Frédéric_Rollet )
  3. 2 points
    Voici un parcours d’exception, d'un homme d'exception qui fut stoppé net par un accident "bête", celui du général Diego BROSSET. Diego Brosset (Buenos Aires, Argentine, 3 octobre 1898 - Champagney, Haute-Saône, 20 novembre 1944) Né à Buenos Aires d'une famille de magistrats lyonnais, il arrive en France à l'âge de 2 ans. Pendant la Première Guerre mondiale, engagé volontaire « pour la durée de la guerre », au grade de seconde classe, le 7 septembre 1916, il combat au 28e bataillon de chasseurs alpins. Il est promu caporal le 23 février 1918 et sergent le 16 septembre. Il termine la guerre à ce grade avec quatre citations. Après la guerre, il part suivre un stage d'élève aspirant à Issoudun, et obtient ce grade le 20 avril 1919. Il devient adjudant le 13 août 1919. En 1920, il entre à l'École militaire d'infanterie, alors à Saint-Maixent, dont il sort sous-lieutenant en 1921. Il va alors servir pendant une quinzaine d'années comme officier colonial méhariste au Sahara, sillonnant la Mauritanie, le Sud algérien, le Sud marocain et ce que l'on appelle le Soudan français (aujourd'hui le Mali). Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 26 décembre 1927. Il est promu capitaine en 1930 avec cinq citations de plus. Il rentre en France et se marie avec Jacqueline Mangin (1910-2000), la fille du général Charles Mangin. De 1933 à 1937, il est officier des Affaires indigènes dans le sud marocain, commandant du secteur d'Akka. Il obtient un diplôme des Langues orientales et entre à l'École de Guerre en 1937. Il est affecté à l'état-major du corps d'armée colonial au début de la guerre mais il en est écarté à cause de son anticonformisme. Il est nommé professeur de stratégie et tactique à l'école supérieure de guerre de Bogota en Colombie en avril 1940 pendant la Drôle de guerre. Il rallie le général de Gaulle dès le 27 juin 1940 et quitte la Colombie pour l'Angleterre en octobre. Il est promu lieutenant-colonel en décembre 1940. Il sert comme officier d'état-major personnel du général de Gaulle lors de l'inspection, au printemps 1941, de la Brigade française libre d’Orient, en Érythrée. Il l'accompagne aussi dans les colonies britanniques du Tchad, d'Égypte, d'Abyssinie, de Somalie et du Kenya. En 1941, il est envoyé en mission en Éthiopie et devient ensuite chef d'état-major du général Catroux. Le 10 avril 1941, la Cour martiale du régime de Vichy, siégeant à Gannat, le condamne par contumace à la peine de mort « pour crimes et manœuvres contre l'unité et la sauvegarde de la Patrie ». En octobre 1941, il est nommé colonel et prend la charge de l'Est syrien puis, en janvier 1943, il prend le commandement de la 2e brigade coloniale. Il se bat alors en Libye puis en Tunisie, où sa brigade se distingue notamment au djebel Takrouna. Il y reprend à l'ennemi des positions fortement défendues et fait 28 000 prisonniers de la 90e division allemande et la division italienne Trieste. Il prend, le 1er août 1943, le commandement de la 1re division française libre, succédant ainsi au général Koenig, et est nommé général de brigade. Il parfait la formation de cette division pendant quelques mois avant son débarquement d'avril 1944 en Italie. En mai, il participe successivement aux batailles de la boucle de Liri, du Garigliano et de Pontecorvo puis, après avoir percé la ligne Hitler, prend part à la prise de Rome. C'est d'ailleurs dans la capitale italienne que les Alliés lui remettront la Legion of Merit américaine. Le 16 août 1944, il débarque en Provence, à Cavalaire, et participe à la prise de Toulon, et d'Hyères le 24 août. Il remonte la vallée du Rhône et rejoint les FTP de l'Azergues, les FFI du commandant Mary et les FFI commandés par son propre beau-frère, Stanislas Mangin. Ils traversent le pont de l'Homme-de-la-Roche et libèrent Lyon le 3 septembre au matin. Le général Brosset assure quelques jours l'administration de Lyon, en l'absence de maire, de préfet, et de téléphone. Puis il libère Autun le 8 septembre. Il part ensuite pour le Jura, Belfort, l'Alsace ; il est alors promu général de division. Il commande désormais sa division lors de la bataille des Vosges du 20 septembre au 19 novembre 1944. Les nombreuses batailles qu'il a menées en Afrique du nord, en Italie, et sa participation active à la libération de plusieurs villes françaises lui valent sa promotion d'officier de la Légion d'honneur par décret du 9 novembre 1944 pour prendre rang à compter du 28 août 1944. Anticonformiste, il dit de lui : « J'entraîne ma division comme une compagnie, je grimpe sur les chars en marche, j'engueule Pierre et Paul, je dis merde aux obus et ça avance. Je ne serai jamais un vrai général. Mais ma division est une vraie division !» Le 20 novembre 1944, au matin, il exhorte ses soldats avec ces quelques mots : « Dans les jours qui suivent, je compte sur vous, les plus vieilles et les plus jeunes troupes de la nouvelle armée française, pour atteindre Giromagny et le Rhin au Nord de Mulhouse ». Il se tue accidentellement le même après-midi, la Jeep qu'il conduisait dérapant sur le pont du Rahin, à Champagney, dans la Haute-Saône, et tombant dans le torrent. L'acteur Jean-Pierre Aumont ( voir plus bas ) alors lieutenant, qui était son aide de camp, réussit à sortir vivant de l'accident ainsi que le chauffeur, qui n'était donc pas au volant. La mort accidentelle du Général Diego Brosset au volant de sa Jeep, a entraîné la mise en place de chauffeurs au service des généraux, qui avaient désormais interdiction de conduire leur véhicule. Bien que cette coutume ait été abandonnée avec la disparition des chauffeurs, à la fin du service national, elle reste néanmoins en pratique. Diego Brosset a été inhumé dans la nécropole nationale de Rougemont dans le Doubs. Le 28 décembre 1944, le grand chancelier de la Légion d'honneur Paul Dassault, par un arrêté, annule la suspension de droit prononcé par Charles Brécard le 10 juin 1941 à la suite de la condamnation à mort du 10 avril de la même année par le régime de Vichy. Décorations Commandeur de la Légion d'honneur par décret du 20 janvier 1945 pour prendre rang à compter du 19 novembre 1944 (à titre posthume) Compagnon de la Libération (décret du 20 novembre 1944) Croix de guerre 1914-1918 (4 citations) Croix de guerre 1939-1945 (8 citations) Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (2 citations) Croix du combattant volontaire Médaille coloniale avec agrafes AOF, Sahara, Maroc Legion of Merit (Officier, États-Unis) Chevalier de l'ordre de l'Étoile noire (Bénin) Officier du Ouissam alaouite (Maroc) ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_Brosset ) Jean-Pierre Aumont Jean-Pierre Aumont. Acteur, french lover et soldat. À la suite de l'invasion allemande, en juin, alors qu’il était à la 3eme DC en débandade, le jeune premier réussit à gagner Cannes et à s’enfuir (ses origines juives en faisaient une belle cible...) , et put partir aux États-Unis. Redevenu acteur, il tourne un peu mais ne supporte pas sa condition et s’engage en mai 1942 aux FFL. On le pousse à tourner des films de propagande pour la cause (Un commando en Bretagne (Assignment in Brittany) de Jack Conway et La Croix de Lorraine (The Cross of Lorraine) de Tay Garnett. Enfin en décembre 1943, il peut rejoindre l’armée, et part à Alger. Ils vivent à 30 dans des hamacs dans une cale de Liberty ship. On l'envoie en Italie. Il y commande un peloton de chars Stuart puis devint aide de camp du général Brosset (1ere DFL). Il passe le Garigliano, arrive à Rome en juin 1944. Puis l’acteur devint officier de liaison (car bilingue) de la 3eme division US. Jean-Pierre Aumont débarque avec les Américains le 15 août à Cavalaire. Il est blessé lors de la libération de Marseille. Après la prise de Lyon, il devient lieutenant et redevient l'aide de camp du général Diego Brosset. Aumont dira de Brosset que c'était un homme invincible devant l'ennemi. L’acteur suit son général fou furieux et fait le coup de feu, se comportant avec humilité? Ils ont des fous rires a désembourber quotidiennement leur véhicule. Le 20 novembre 1944 au pont du Rahin, à Champagney en Haute-Saône, la jeep conduite par le général se retourne en voulant éviter un secteur miné. Brosset bascule dans la rivière et meurt. Jean-Pierre Aumont n’est que blessé. Il finira la guerre à la DFL avant de repartir à Hollywood retrouver sa femme, Maria Montes. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Aumont
  4. 2 points
    Une vidéo d'accueil au navire-école argentin ARA Libertad réalisé par le port de Dublin. Pour rappel, la ville de Boulogne-sur-Mer a réalisé une vidéo similaire pendant l'escale de l'ARA Libertad en 2017 sur son port.
  5. 1 point
    Bonjour. Oui, aux yeux de l'opinion c'est devenu intolérable. Parce que les médias orientent les avis en ce sens, parce que les réseaux sociaux orientent l'opinion en ce sens, parce que certaines familles (je pense à l'embuscade d'Uzbin) étalent leur douleur (bien compréhensible d'ailleurs) aux yeux de tous, parce que certains bien pensants poussent à intenter des procès pour fautes, etc etc... L'opinion, vous, moi, nous, est manipulée pour qu'il en soit ainsi. Alors, oui, mourir jeune est intolérable. Mais il me semble que le métier de soldat, s'il comprend dans ses aspects les plus noirs, l'acceptation de la mort, n'est pas plus dangereux que celui de chauffeur routier (un exemple au passage) ou que bien d'autres métiers dont on ne parle guère. On devrait plutôt se réjouir de voir que malgré tous les conflits dans le monde, aucun ne se déroule en France et en Europe, et que le nombre de morts est, pour nous Français, perpétuellement à la baisse.
  6. 1 point
    En ce jour du 11 novembre 2019, où nous commémorons pour la 101 fois l'armistice et la fin de la Grande guerre mais aussi tous nos soldats morts pour la France en OPEX, une question ce pose ; La mort du soldat est elle devenue intolérable ? Pour commencer ce sujet, je post un article de France Culture : Entretien | La société n'accepte plus la mort du soldat comme elle le faisait par le passé. Entre les grandes hécatombes de 14-18 et aujourd'hui, tout a changé. Professeur d'histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Hervé Drévillon analyse ces évolutions. "Douze ans d'Afghanistan équivalent à 22 minutes de la guerre de 14-18 [en nombre de morts]" : Ces mots sont ceux de l'ancien chef d'état-major de l'armée de Terre Elrick Irastorza dans un documentaire diffusé sur France 2 en 2014. L'Embuscade revenait sur l'attaque des talibans contre un détachement de l'armée française en 2008 dans la vallée d'Uzbin. Cet affrontement avait causé la mort de dix soldats français, bilan le plus lourd depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait tué 58 militaires. Dans les deux cas, ces faits ont soulevé une grande émotion. Pourtant, les bilans humains de ces attaques sont loin de ceux des grands conflits du passé. Lors de la Première Guerre mondiale, qui s'est achevée il y a 101 ans, 1,4 millions de soldats français ont été tués. Entre hier et aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé : intolérance à la violence, protection de l'individu, respect de la vie humaine, pacification de la société, nouvelles doctrines militaires, prise en compte de l'opinion publique... À l'heure où un mémorial aux soldats morts en opérations extérieures depuis 1963 est inauguré ce lundi, entretien avec l'historien Hervé Drévillon, professeur d’histoire militaire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur de l’institut des études sur la guerre et la paix. Nombre de soldats français tués lors des principaux conflits depuis 1914.• Crédits : Visactu - Visactu Le métier de soldat a toujours impliqué d'être prêt à sacrifier sa vie pour défendre son pays. Mais entre la Grande Guerre, où les pertes humaines sont considérables et consenties, et aujourd’hui, où la mort d’un militaire est considérée comme un échec, qu’est-ce qui a changé ? Deux choses ont changé et la première est l'évolution du rapport des sociétés à la mort. Au sortir de la Première Guerre mondiale, il faut rappeler un autre événement marquant : l'épidémie de grippe espagnole qui cause la mort de 20 millions de personnes, plus que la guerre, 19 millions. À l’époque, les sociétés sont encore confrontées à ce péril épidémique de morts massives et la présence de la mort dans la vie quotidienne est beaucoup plus patente qu’aujourd'hui ; l'espérance de vie est plus faible. Le deuxième critère est le changement des pratiques de guerre. Aujourd’hui, les sociétés européennes sont impliquées dans des guerres qui sont d'une nature totalement différente de tout ce que l'on a vu pendant la Première Guerre mondiale : une guerre massive, engageant ou mettant en péril la totalité de la nation, la totalité de la population... Ces perspectives là n'existent plus : aujourd’hui, les guerres menées par les puissances européennes comme la France sont des guerres d'opérations extérieures. La société n'est plus du tout impliquée de la même façon. Et donc, le rapport de ces sociétés à la mort militaire, a aussi beaucoup changé. Par ailleurs, les types de guerres qui sont menées sont des guerres limitées, qui provoquent de faibles pertes : par exemple, la contre insurrection qui mélange le registre guerrier, policier et politique. Les dernières guerres de masse vécues par les sociétés européennes remontent à la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu une résurgence avec les guerres de décolonisation, mais qui n'étaient pas vraiment des guerres de masse. Ainsi, la société française a perdu l'habitude de ce type de conflit et la mort du soldat est devenue numériquement plus faible. Les soldats de la Première et de la Seconde Guerre mondiale consentaient à leur sacrifice car ils défendaient le territoire et la Nation en péril, un cas de figure qui ne se pose plus aujourd’hui ? Exactement. On parle même de guerre totale pour désigner les deux conflits mondiaux, même si ce concept peut être discuté. Il s’agissait de conflits qui menaçaient et impliquaient l’ensemble de la société. Et cet engagement total et massif banalisait en quelque sorte les pertes militaires. Historiquement, y a-t-il une érosion du consentement au sacrifice ? Oui et on commence à voir cette érosion au lendemain de la Première Guerre mondiale, car la mémoire de ce conflit s’est construite sur le mode du sacrifice de la victime, plus que du héros. Regardez l'image archétypale du poilu telle qu'elle se construit dès les années 20. Au delà de la victoire, qui est célébrée par le défilé du 14 juillet 1919, quel est le personnage qui incarne le combattant de la Première Guerre mondiale ? C'est le soldat inconnu, qui est une victime. Il y a donc cette perspective victimaire, qui vaut aussi pour les gueules cassées, pas seulement pour les morts. Ce sont eux qui concentrent l'image du soldat de la Première Guerre mondiale, reprise par les associations d'anciens combattants, qui se sont construites dans ce module victimaire et dans une certaine forme de refus de la guerre. La Seconde Guerre mondiale n'a pas eu les mêmes effets en termes de pertes humaines mais malgré tout, le paradigme victimaire a resurgi. Et d'une certaine façon, je dirais que la Seconde Guerre mondiale a encore amplifié cette évolution qu'on a vu commencer au lendemain de la Première Guerre mondiale. L'ensemble constitue un moment décisif dans l'affirmation de cette posture victimaire, qui fait du soldat une victime plus qu'un héros. La doctrine militaire a-t-elle aussi évolué ? Effectivement, car la doctrine militaire, à la veille de la Première Guerre mondiale, intègre totalement la dimension du sacrifice. La pensée militaire de l’époque est obsédée par le constat de l'évolution des capacités de destruction et de la puissance de feu. On parle de guerre industrielle et tout le monde a parfaitement conscience que la prochaine guerre sera extrêmement sanglante, qu'elle provoquera beaucoup de victimes. Mais comment la doctrine militaire se positionne par rapport à cette problématique ? En valorisant ce que l’on appelle le facteur moral : la motivation patriotique et le culte du sacrifice. Cela apparaît comme un moyen de surmonter le développement des capacités de destruction. Mais c'est paradoxal, car la fin du XIXe siècle correspond aussi à l'affirmation de la République en France. Or, sur le plan militaire, la République s'est construite depuis la Révolution française sur le principe du respect de l'individu et sur le respect du soldat. On ne peut pas traiter le soldat comme de la vulgaire chair à canon car le soldat est un citoyen. Il y a un moment très particulier qui est le centenaire de la Révolution, en 1889. C'est le moment où est panthéonisé un personnage emblématique : Lazare Carnot. C'est lui qui a géré la guerre en 1793 et surtout en 1794. Et c'est lui qui a été ce gestionnaire vraiment très scrupuleux de la guerre de masse et qui a mené vraiment une guerre économique. C'est ce qu'il explique notamment dans ce qu'il appelle le système général des opérations militaires de la campagne prochaine, qu'il élabore en fin janvier 94. La Troisième République se réfère beaucoup au modèle de la Première République et à ce moment là, on voit évoluer la thématique du sacrifice et on voit se dessiner deux conceptions antagonistes du sacrifice militaire. Vous avez une conception que je qualifierais de totalitaire, même s’il s’agit d’un anachronisme car le terme n’est pas employé à l’époque. C'est la conception défendue notamment par les ligues d'extrême droite et en particulier par Maurice Barrès. Maurice Barrès dit : “L'individu n'est rien”. C'est une négation de l'individu, qui est aussi une négation de la singularité du citoyen. Et le citoyen, selon Barrès, doit se diluer dans les intérêts de la Nation, Nation qui est conçue comme une entité holiste. La Nation n'est pas la somme des individus mais une entité qui s'impose à tous les individus et c'est comme cela que cette conception se prolonge dans la dimension militaire et intègre totalement la dimension du sacrifice. Mais face à cette conception là, vous avez des théoriciens de la guerre et en particulier Jean Jaurès, qui publie en 1911 l'Armée nouvelle. Il assume pleinement la dimension sacrificielle mais il lui donne un tout autre sens. Dans cet ouvrage, il écrit (en substance) : “Comment peut-on faire pour qu'un soldat accepte de monter à l’assaut sous le déluge de feu ? Alors que ses camarades sont en train de mourir, alors que lui-même est menacé ? Cet objectif ne peut s'obtenir que par le consentement individuel”. C'est seulement par le consentement éclairé des individus qui acceptent, je le cite, de mourir pour une idée. C'est donc le principe de la République. Mais Jaurès est assassiné à la veille de l’entrée en guerre et cette idée de consentement du soldat meurt avec lui ? Par ailleurs, consentement difficilement atteignable ! À l’époque, le service militaire est obligatoire et la doctrine est celle de l’offensive à tout va, très coûteuse en vies humaines… Bien sûr, en pratique, ce principe du consentement est une abstraction. Parce que si l’on dit que le soldat doit être un individu éclairé et doit se sacrifier de façon délibérée, cela veut dire aussi qu’il doit avoir la liberté de ne pas consentir. Le fondement du consentement est d'inclure le non consentement. Sinon, c'est de la contrainte. Effectivement, il y a donc une dimension du consentement forcé et coercitive. Car il y a aussi un refus de la guerre dans la société française, mais qu’on a beaucoup occulté, notamment après la Première Guerre mondiale, à propos du sort des fusillés et des mutinés. On pense notamment aux fameuses mutineries de 1917. Donc, il y a aussi, bien sûr, un refus de la guerre. Et c'est cela le paradoxe du modèle républicain, qui réclame le consentement de l'individu sans accepter le non consentement. Car le non consentement pose un risque de déstabilisation de la République, un risque insurrectionnel, etc. Et donc, au moment de la Première Guerre mondiale, les autorités politiques et militaires, effectivement, ont eu des difficultés pour gérer cette dimension là. Et quand même, on a vu se mettre aussi en place une dimension coercitive à une dimension de, disons, de consentement forcé. Car il ne faut pas oublier que la Première Guerre mondiale a été une mise à l'épreuve de la République. Si la France avait perdu la guerre, le régime politique n’aurait probablement pas survécu. Il ne faut pas oublier que les guerres précédentes qui se sont terminées par des défaites, la guerre de 1870, les guerres napoléoniennes, ont provoqué des ruptures politiques : l'Empire s'est effondré en 1815, le Second Empire s'est effondré en 1870. Les guerres à cette époque là engageaient la totalité de la Nation. D’ailleurs, en 1940, la République ne survit pas à la défaite. En 1918, la République a finalement survécu mais elle est sortie renforcée de la Grande Guerre. Et la figure qui incarne la victoire n’est pas celle des maréchaux mais celle du soldat inconnu, ce qui est une forme d’héroïsation - et de victimisation - du citoyen individuel, du citoyen soldat. Et cela, c'est vraiment une symbolique républicaine. De la Première Guerre mondiale à nos jours, la doctrine militaire a-t-elle évolué vers l’économie des vies humaines ? On pense notamment à la guerre du Golfe. On avait beaucoup parlé à l'époque de l'objectif zéro mort de l'armée américaine. Absolument. Et il faut dire que la guerre du Golfe a été un moment décisif. En 1991, à une époque où la conscription existait encore en France, s'est posée la question d’envoyer des conscrits dans cette opération extérieure, qui allaient risquer leur vie. La guerre du Golfe a été un élément décisif dans le processus qui a amené cinq ans plus tard, en 1996, à la suspension de la conscription (et non à sa suppression) . Pourquoi ? Parce que le constat qui a été fait à cette époque a été de dire désormais, la France ne sera plus engagée que dans des guerres de type “opération extérieure”. D'une part, on n'a plus besoin de la levée en masse. Et d’autre part, ces actions ne mettent pas en jeu la survie de la Nation, ce qui fait que le pays s'en désintéresse globalement. La Nation est beaucoup moins impliquée dans les guerres d'aujourd'hui qu’elle ne l'était dans la Première Guerre mondiale. Et donc, effectivement, la doctrine militaire intègre totalement ce changement de paradigme, qui fait qu'on ne parle même plus de guerre, mais de conflit ou d’opération. En revanche, dans ce contexte là, la mort du soldat devient exceptionnelle et moins bien acceptée par la société ou acceptée différemment. Aujourd'hui, on s'aperçoit que la figure du héros militaire a totalement disparu. Le héros est le soldat qui s'est sacrifié et je dirais que l'une des figures qui incarne le plus cela est la figure du lieutenant colonel Arnaud Beltrame, qui a sacrifié sa vie pour sauver des otages (à Trèbes le 23 mars 2018). Et là, c'est un acte qui est à la fois un acte héroïque et un acte sacrificiel. Car l'héroïsme aujourd'hui est un héroïsme sacrificiel. On ne valorise pas un soldat qui aurait réalisé un fait d'armes ou qui aurait réussi à tuer plein plein d'ennemis de la France. On valorise dans la société les actions sacrificielles. De ce point de vue, la doctrine a évolué : désormais, le respect de la vie du soldat fait partie de l'équation militaire. La vie du soldat est même devenue un enjeu stratégique face au terrorisme, qui les vise directement. Alors qu'auparavant, protéger la vie des soldats était plutôt un facteur dans une donnée stratégique. Aujourd'hui, c'est un enjeu stratégique. Aujourd'hui, la mort d'un soldat est vécue comme un échec ? Exactement. La mort d'un soldat ou bien sûr aussi, la mort d'un civil. Parce que justement, c'est aussi la logique terroriste. Les terroristes savent que la mort d'un soldat a un effet social et politique. Il y a tout ce qu'on vient de dire sur le fait que désormais, la mort de soldats est moins acceptée. Et donc, du coup, le soldat devient lui aussi la cible d'actions terroristes, ce qui est quand même relativement récent. Auparavant, les soldats pouvaient être aussi la cible d'actions terroristes, mais c'était plutôt dans une perspective qui consistait à viser, à déstabiliser l'organisation militaire, etc. Il y avait des actions terroristes qui s'inséraient dans une perspective stratégique, je dirais classique. On visait des structures militaires pour affaiblir le potentiel militaire. Désormais, on vise le soldat tout simplement parce que c'est un soldat français et donc parce que l'on recherche un effet politique à travers cela. Quant aux affrontements massifs du passé, les sociétés n’y sont plus prêtes aujourd’hui ? Oui, c’est ce que l’historien John Keegan écrit dans son livre traduit en français en 1975 sous le titre Anatomie de la bataille. Il s’agit d’un livre d’histoire où il étudie les batailles d'Azincourt en 1415, de Waterloo en 1815 et de la Somme en 1916. Il montre que dans ces batailles, justement, il y a un élément qui est important, qui est le sort des individus et qui est la façon dont le soldat individuel vit le combat. Cela a été une grande innovation historiographique. John Keegan dit que le combattant est aussi quelqu'un qui souffre, qui a du mal à respirer, dont la vue est perturbée par la fumée, qui est agressé par le bruit des gémissements de ses camarades en train de mourir, qui peut avoir chaud, qui peut avoir froid. Il propose donc d'étudier les batailles à l'échelle de l'individu. Mais il explique à la fin de l'ouvrage, dans une sorte de postface, que d'une certaine façon, cette attention portée au sort de l'individu est aussi le produit de l'Histoire. Il se situe dans cette Histoire et s’interroge : où en est-on ? Dans les années 1970, au moment où il écrit, les doctrines de l'OTAN et du Pacte de Varsovie sont d'envisager un affrontement massif des armées dans les plaines d'Europe centrale, un affrontement qui se jouera dans une violence radicale. On en était même arrivé quelques années après à envisager l'usage des armes nucléaires sur le champ de bataille. C'est ce qu'on a appelé le nucléaire tactique. C'est dire à quel point on était dans une perspective de la radicalisation de la violence de guerre. John Keegan explique que cette perspective là, qui est le fondement des doctrines militaires de l'OTAN et du Pacte de Varsovie, est devenue, selon lui, totalement irréaliste parce que les sociétés ne sont plus en mesure d'accepter cette dimension de guerre de masse. Il dit bien que les sociétés ont été épuisées par l'Histoire : les batailles d'Azincourt, de Waterloo, de la Somme et toutes les autres. Cet épuisement des sociétés, ainsi que le changement socio culturel de l'individu, le développement de l'individualisme, tout cela fait que ce type de guerre est désormais devenu impossible, inacceptable. Et Keegan montre aussi très bien que dans les guerres qu'il évoque, de la fin du Moyen-Âge et de l'époque moderne, le fondement de la tactique était l'exposition du soldat. Dans une bataille de cette époque là, le soldat n'est pas protégé. Il porte un uniforme très voyant, parfois même chatoyant, il n'a aucun système de camouflage, aucun système de protection, il ne porte pas de casque… Et cette approche a duré jusqu’en 1914 : les soldats français portent un pantalon rouge garance et une casquette ou un képi sur la tête. C'est seulement en 1915 que va être introduit le casque qu'on appelle le casque Adrian. Il a donc fallu attendre 1915 pour entrer dans cette logique de protection du soldat, alors qu'auparavant, par définition, la guerre consiste à exposer le soldat à la mort. 101 ans après la Grande Guerre, la mort du soldat est devenue intolérable 11/11/2019 (mis à jour à 06:55) Par Maxime Tellier ( Source : France Culture https://www.franceculture.fr/histoire/101-ans-apres-la-grande-guerre-la-mort-du-soldat-est-devenue-intolerable?fbclid=IwAR0YE_nvoT140dQ7Kg6n5avDGq-jowCQbABiQatLMzn3WASom4t5zHTM2gc )
  7. 1 point
    Bon j'aime pas les grandes discussions qui sont faite pour meubler et je réponds à la question en disant qu'elle ne doit pas l'être. Personne ne nous oblige a signer avec un flingue sur la tempe. Lorsque l'on veux rejoindre l'armée nous connaissons le risque ultime et donc en signant nous acceptons de le prendre. Surtout qu'il ne faut pas oublier que même à l'entrainement nous sommes tous vulnérable, dans un coucou, sur un rafiot, un sous marin il y a tout autant de risque qu'en opex. Nous sommes tous des patriotes, nous aimons notre pays, nous voulons le servir, nous sommes prêt et voulons devenir des soldats. L'armée possède ses valeurs dans lesquels chacun nous ce reconnait, le sacrifice en fait partit. Je respecte nos morts et je leur dit même merci, quelle que soit la guerre sans oublier ceux qui meurent à l'entrainement et il y en a il ne faut pas les oublier eux non plus.
  8. 1 point
    Découverts ce jour, dans les Pyrénées, cette petite stèle, en souvenirs de ceux qui franchirent les Pyrénées lors de la seconde guerre mondiale afin de rejoindre les forces de la France libre, en Angleterre ou au Maroc. Ils furent aidés ici par les ouvriers d'une usine hydroélectrique qui les cachèrent et les emmenèrent franchir les cols premettant de passer en Espagne. N'hésitez pas à compléter si par des photos, si comme moi, au hasard de vos balades, vous tombez sur ce type de stèle, de monuments commémoratifs, parfois oubliés. Les publiez ici sera un moyen de se souvenir de ceux qui ont combattu pour nous et notre liberté.
  9. 1 point
    Quelques images de l'inauguration du Mémorial aux morts pour la France en OPEX à Paris. Captures d'écran de la transmission de l'Élysée.
  10. 1 point
    Bonjour à tous, je m’appelle Arnaud et j’ai 15 ans. Je souhaite intégrer la marine pour devenir commando marine. J’aimerais savoir quelle est la différence entre: intégrer les CM en tant que sous-officier ou en tant qu’officier. Est-ce que si je suis officier je serais sur le terrain en train de faire les missions comme un sous-off ou au contraire ma mission sera différente? Merci, bonne journée.
  11. 1 point
    Bonjour Bouchon Gras, Je suis passé auparavant par l'armée de terre (transmissions) et je suis désormais en DMD. Cordialement
  12. 1 point
    Et que dire des généraux tués dans un accident d'avion, comme Leclerc en 1947 et Cogny en 1968... On comprend mieux pourquoi Staline préférait voyager en train !
  13. 1 point
    Bonjour, soit le bienvenu sur le forum. L'attente semble toujours très longue, je te souhaite bonne chance, pour la session d'octobre je pense que c'est foutu, nous sommes pratiquement à la mie novembre. Ne perds pas courage, ne te démoralise pas.
  14. 1 point
    La mutuelle de référence pour les militaires est UNEO qui réunit toutes les anciennes mutuelles des différentes armées.
  15. 1 point
  16. 1 point
    Bonjour à tous, Étant actuellement à Maistrance je voudrais créer une liste des objets qu'il faut acheter pour les futurs maistranciers parce que la liste transmise par le Circa n'est pas complète : Prenez une dizaine de paires de chaussettes hautes noires et blanche Prendre 3 shorts noirs Un réveil Paire de chaussure pour extérieure et une paire pour l'intérieure Sous vêtements pour 2 semaines parce que c'est un peu la galère pour faire tourner son linge N'hésitez pas à ajouter certains éléments
  17. 1 point
    Bien sur que c'est intéressant !
  18. 1 point
  19. 1 point
    Le ARA Bouchard au appontement Milhaud à Toulon. Photos de mon ami Francis Jacquot.
  20. 1 point
    Bonjour, bienvenu parmi nous sur le forum. Je t'invite à poser tes question dans les sujets correspondants, celui-ci étant uniquement réservé à ta présentation, merci. Au plaisir d'échanger.
  21. 1 point
    Bonjour permettez-moi de vous répondre. En étant aéro les seuls embarquements qu'il pourra faire sont ceux sur le porte-avions avec les flotilles (les unités des différents avions) donc conseillez-le sur le Rafale ou le Hawkeye. Il aura d'autres possibilités d'affectation en outre-mer (Polynésie, Antilles, La Réunion, La Nouvelle Calédonie, etc...) selon ses qualifications et de mission à l'étranger.
  22. 1 point
    Bonjour, J'ai trouvé la réponse moi-même, j'ai posté sans chercher et je m'en excuse. Voici l'article qui explique tout: https://www.reserve-operationnelle.ema.defense.gouv.fr/index.php/armee-de-terre/le-reserviste/parcours-et-formation/militaires-du-rang Et je colle le passage pertinent ci-dessous au cas où quelqu'un tombe sur mon post: Devenir sous-officier ou officier Pour devenir sous-officier, deux parcours sont possibles. Le premier est un parcours progressif qui permet d’évoluer au sein de son unité en montant en grade au regard des responsabilités au sein du groupe et de l’expérience acquise. Par ce biais, il est possible de devenir sous-officier en deux ou trois ans. Le deuxième parcours est plus direct mais plus sélectif. Il nécessite d’effectuer une préparation militaire supérieure (PMS) de 19 jours à l’issue de laquelle, en cas de sélection, le réserviste signe un nouveau contrat d’engagement dans la réserve et part suivre une formation initiale élémentaire (FIE) de 19 jours à l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) à Saint-Maixent. A l’issue, au grade de sergent, le réserviste rejoint une section ou un peloton, environ 30 soldats au sein de laquelle il commande un groupe d’une dizaine de personnes, au quartier ou en mission. Chaque année, seulement 60 recrues deviennent sous-officier par ce parcours. S’il fait partie des meilleurs, le réserviste pourra ensuite devenir officier. Pour cela encore deux parcours possibles. Le premier est progressif. Le réserviste s’engage comme soldat puis en fonction de ses responsabilités et de son expérience, il devient sous-officier puis officier en faisant une formation initiale d’officier de réserve « semi-direct » (FIOR) de 12 jours suivie d’un stage de chef de section de 19 jours qui permettent d’obtenir le grade de sous-lieutenant. Par ce parcours, il est possible de devenir officier entre 3 et 5 ans. Le deuxième parcours est plus direct mais plus sélectif. Le réserviste débute par une PMS de 19 jours à l’issue de laquelle, en cas de sélection, il signe un nouveau contrat et effectue une FIOR de 21 jours suivie d’un stage chef de section de 19 jours. A l’issue, le réserviste rejoint une compagnie ou un escadron, environ 150 soldats, au sein duquel il commande une section de 3 groupes d’une dizaine de réservistes opérationnels en quartier ou en mission. Chaque année, seulement 30 recrues deviennent officier par ce parcours. Il est également possible d’opter pour la voie état-major sans préparation militaire supérieure si le volontaire est sélectionné pour effectuer une formation initiale d’officier de réserve Etat-major (FIOR) de 13 jours suivie d’un stage d’instruction aux techniques d’état-major (SITEM) de 12 jours qui permet d’obtenir le grade de sous-lieutenant et de servir ensuite en état-major.
  23. 1 point
    Ce que font les fus ( d'où leurs surnoms " gardiens de grillage "), disons qu'en ProDef c'est plus light mais pour une première approche c'est bien et ça peut servir de tremplin.
  24. 1 point
    Bonjour je permets d'intervenir, effectivement à 17 ans tu as trés peu de chances d'etre pris en FMIR fus je viens de sortir de la promo de cette année (j'étais 3eme de ma promo PMM et dans la mienne il y a eu 11 demande de FMIR pour les 3 spé et on est que 2 a avoir était retenue et on avait tous les 2 18 ans au 1er Juillet (moi en FUS lui en sémaphoriste) donc je sais pas si ils font comme mon année ou il prenne pour les 3 spé des personnes qui ont que 18 ans et aprés pour les FMIR fus tout dépend de ton affectation moi j'ai eu de la chance j'ai terminer au GFM de Toulon mais d'autres ont fini en Prodef ou au Comesna et il ne font pas trop de chose a part surveiller.
  25. 1 point
    Avec un niveau officier, non. En tant qu'officier, il y a des formations spéciales, à voir avec l'APER.
  26. 1 point
    Bonjour Jeaner, Non. Que ce soit pour l'EDM, ou en général, il n'est jamais mal vu de retenter lorsque l'on a échoué: c'est un gage de persévérance. Cela montre que tu en veux vraiment. Si t'a candidature n'a pas pu aboutir, c'est très probablement parce que les autres candidats avaient le BAC, ou un diplôme post bac, déjà validé une PMM, déjà réserviste. Donc avec tout ce que tu cites de valider, tu es déjà en meilleure position que l'an dernier. Pour les lacunes en mathématiques, pas d’inquiétudes particulières. Maîtriser le programme de Term S est confortable, mais j'ai croisé des littéraires au BAT NAVIT et ils n'avaient pas l'air en difficultés. A Maistrance, ta VA sera l'anglais, donc pas trop de stress pour les sciences, en revanche l'anglais, à fond ! Bon courage dans ton projet
  27. 1 point
    Bonjour et bienvenue.
  28. 1 point
    et voila un premier pas......cool
  29. 1 point
    Bonjour et Bienvenu sur le Forum ! Félicitations !
  30. 1 point
    salut le futur bison blanc.....n’hésite pas a partager ton expérience du CFIM d Angoulême....n'oublie pas que parfois, on est un peu déçu de son CFIM mais ce n'est que la première couche de ta formation de militaire qui est longue et exigeante, ce n'est pas un sprint mais un marathon....Force et Courage
  31. 1 point
    Bonjour Charlène Bienvenue sur le Forum ! Je te souhaite d'intégrer l'Armée de Terre !
  32. 1 point
    Assemblée Nationale. Projet de loi de finances pour 2020 (livraisons) Annexe N° 13 DÉFENSE : Rapporteur spécial : Deputé François Cornut-Gentille
  33. 1 point
    Salut bienvenue.
  34. 1 point
    Bonsoir et bienvenue Charlène. Bonne chance pour St Maixent.
  35. 1 point
    Bonsoir Charlène et bienvenue.
  36. 1 point
    Connu comme le " boucher " du Chemin des Dames, le général Robert NIVELLE. Robert Georges Nivelle, né le 15 octobre 1856 à Tulle et mort le 22 mars 1924 à Paris Artilleur de formation et diplômé de l'École polytechnique (X 1876), il sert en Indochine en tant qu'officier d'artillerie, participe au corps expéditionnaire envoyé en Chine pour réprimer la révolte des Boxers en 1900, puis sert en Afrique, en Algérie. Colonel commandant le 5e régiment d'artillerie (France) lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, promu général de brigade en même temps que Pétain, en octobre 1914, au début de la Première Guerre mondiale, il s’illustre d'abord dans la bataille de Dornach (18 août 1914), puis lors de la bataille de l’Ourcq (5-10 septembre 1914), où ses canons mettent en déroute le 4e corps de la 1re armée du général Alexander von Kluck. En 1915, commandant la 61e division d’infanterie, il a mis au point un projet d’offensive pour enlever le saillant face à la ferme de Quennevières, près de Moulin-sous-Touvent (Oise), sur le front tenu par la 6e armée du général Dubois. L'opération de diversion est lancée le 6 juin 1915 afin de soulager le front de l’Artois. Le 16 juin, après 11 jours de combats acharnés, la Bataille de Quennevières, a entrainé des pertes françaises s’élevant à 134 officiers et 7.700 hommes, tandis que 4 000 allemands ont été mis hors de combat pour des gains de terrains limités. Le 19 avril 1916, il succède à Pétain dans la charge de défendre Verdun, au commandement de la IIe armée, et reprend aux Allemands les forts de Douaumont et de Vaux aux côtés du général Mangin, opération durant laquelle la critique lui attribuera peu de considérations pour la vie humaine. Cette opinion est néanmoins aujourd'hui combattue par les travaux de Denis Rolland qui défend la thèse que cette réputation de boucher est le résultat de la construction du mythe du « sauveur de Verdun » où pour élever Pétain, il était politiquement plus facile de dévaloriser les autres généraux. Le 13 septembre 1916, tandis que la ville de Verdun reçoit la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre et plusieurs décorations étrangères, le général Nivelle reçoit la plaque de grand officier de la Légion d'honneur. Joffre note dans ces mémoires : " Je fus heureux de ce collectif hommage justement rendu à tous ceux qui avaient combattu à Verdun, et de la récompense décernée au général Nivelle. Si l'histoire me reconnaît le droit de juger les généraux qui opérèrent sous mes ordres, je tiens à affirmer que le vrai sauveur de Verdun fut Nivelle, heureusement secondé par Mangin. Le général Pétain arrivé à Verdun au moment de la désorganisation dont il héritait du général Herr, remit de l'ordre avec l'aide d'un état-major bien composé, et au moyen de troupes fraîches qui affluaient. Ce fut là son mérite, dont je ne méconnais pas la grandeur. Mais dans la conduite de la bataille et particulièrement au moment de la crise de juin, le rôle le plus important a été joué par Nivelle qui eut le mérite rare de s'élever au-dessus de son champ de bataille, de comprendre ce que j'attendais de lui dans l'ensemble de mes combinaisons, et de garder intacts son sang-froid et sa volonté au moment où son chef adressait au ministre de la Guerre les comptes rendus angoissés dont j'ai parlé à plusieurs reprises. Quant à Mangin, il commanda pendant la plus grande partie de la bataille défensive de Verdun le secteur le plus menacé, et dans la deuxième phase il fut chargé des deux attaques victorieuses qui nous rendirent Douaumont et Vaux. C'est dire quel chef et quel exécutant il était ! " À la suite de ces victoires, le 25 décembre 1916, et parce que ses promesses d'une victoire rapide séduisaient la commission de l'Armée à la Chambre, il est choisi pour remplacer comme commandant en chef des armées le général Joffre, élevé à la dignité de maréchal de France, qui depuis la bataille de la Marne n'a obtenu aucun résultat décisif et est jugé trop statique. Il décide de mettre fin à la guerre d'usure menée autour de Verdun et de revenir à « l'attaque brusquée » : il compte emporter la décision par des attaques frontales massives à l'abri d’un rideau de feu. De mère britannique, il parle couramment l'anglais. Lloyd George, à son poste depuis 2 mois, accepte, sans le soutien de son gouvernement ou de son roi, de placer des troupes britanniques sous son commandement. Nivelle ne bénéficie néanmoins pas de la liberté d'action de son prédécesseur. Autant Joffre montait ses offensives comme il l'entendait, autant Nivelle doit rendre des comptes et se voit imposer de nombreuses modifications. Il ne trouve une adhésion totale ni parmi les politiques ni parmi les militaires. Fin février 1917, la date de l'attaque conjointe avec les troupes britanniques sur le front entre Vimy et Reims est fixée pour avril. Le front a la forme d'un angle droit : entre Vimy et Soissons, le front est d'orientation nord-sud et ouest-est entre Soissons et Reims. Tandis que les Anglais attaqueront sur la ligne entre Vimy et Soissons, les Français le feront entre Soissons et Reims afin d'affronter les Allemands selon deux directions différentes. Sûrement pour prévenir une telle offensive, dont l'ampleur ne permet pas de garder le secret absolu, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la ligne Hindenburg. Leur front est réduit de 70 kilomètres, permettant d'économiser de nombreuses divisions. L'angle droit de la ligne de front est gommé : la ligne de défense s'étend désormais dans une direction nord-ouest/sud-est de Vimy à Reims en passant par le Chemin des Dames. Les Alliés mettent une semaine à se rendre compte de l'ampleur de ce retrait. Le plan initial de l'offensive est désormais caduc. Nivelle et ses généraux adaptent leur projet à cette situation nouvelle et dissocient l'attaque anglaise sur Vimy de l'attaque française qui se centrera sur le Chemin des Dames. Le 19 mars, le gouvernement Briand est remplacé par celui d'Alexandre Ribot qui prend pour ministre de la Guerre Paul Painlevé, hostile à Nivelle. Devant répondre aux critiques de militaires comme de politiques, Nivelle se sent discuté et offre sa démission début avril. Celle-ci est refusée et le pouvoir politique, inquiet d'un possible effondrement du front russe, décide de maintenir la date de l'offensive. On a prétendu que garder un secret n’était pas le fort de Nivelle, et il aurait parlé de son offensive au cours d’un dîner. Il parlait également de son projet aux journalistes (sans toutefois en exposer le plan précis). Les Allemands saisirent plusieurs exemplaires de son plan d’attaque à Sapigneul dans la sacoche d'un sergent-major) et à Maison-de-Champagne dans une tranchée qu’ils avaient conquise. Les Allemands auront donc eu le temps de se préparer à accueillir les Français et leurs alliés. Le front allemand de 60 km, entre l'Ailette et le Nord de Reims, passe de 6 à 12 divisions, il y a en outre 12 divisions de réserve prêtes à être jetées sur le Chemin des Dames. L'offensive qu'il déclenche n’a donc aucun effet de surprise contre une très forte défense le 16 avril 1917, et la bataille du Chemin des Dames, également nommée « offensive Nivelle », se solde par un échec et est très coûteuse en vies humaines : les Alliés perdent 350 000 hommes (morts ou blessés) pour un gain de terrain minime. Elle n'est pas sans résultats car les Allemands perdent beaucoup d'hommes et de matériel. Néanmoins, c'est l'opération de trop. Ce fut le début des fameuses mutineries de 1917. Painlevé, qui ne cessait de dénigrer Nivelle avec le soutien en coulisse de Pétain, le remplace très rapidement par Pétain le 15 mai 1917. Si l'échec de l'offensive d'avril est la première raison de cette disgrâce, Nivelle patit surtout du fait que chacun avait fondé ses espoirs sur lui. Surnommé dès les premiers jours de la bataille du Chemin des Dames « le boucher » du fait de son obstination, cette prétendue obstination est encore une construction a posteriori avec les manœuvres de Painlevé. Il est aujourd'hui démontré que la prise de commandement par le général Pétain a conduit à autant de pertes dans le secteur du chemin des Dames. Finalement, l'offensive du Chemin des Dames s'est soldée par moins de pertes que les offensives de Champagne 1915 (179500), Somme en 1916 (194000) ou la défense de Verdun en 1915 (348300) ; elle s'est déroulée dans un temps bien plus court aussi. Une commission d'enquête est instituée. Dirigée par le général de division Henri Joseph Brugère, elle statue sur la responsabilité du général Nivelle : « Pour la préparation comme pour l'exécution de cette offensive, le général Nivelle n'a pas été à la hauteur de la tâche écrasante qu'il avait assumée ». Nivelle voit sa disgrâce amoindrie, en décembre 1917, lorsqu'il est nommé par Clemenceau commandant en chef des troupes françaises d'Afrique du Nord. Le retour en métropole vient une fois la paix revenue, lorsqu'il est nommé le 30 janvier 1920 au Conseil supérieur de la guerre puis inspecteur du gouvernement militaire de Paris et des 14e et 15e corps d’armée coloniale. Le 28 décembre 1920, il est élevé à la dignité de Grand'croix dans l'ordre de la Légion d'honneur et décoré de la médaille militaire. En 1921, il est nommé président de la commission interalliée de Berlin. Atteint par la limite d’âge en octobre 1921, il quitte le conseil supérieur de la guerre et est maintenu en activité sans limite de durée. Mort dans son lit en 1924 aux no 33-35, rue de la Tour dans le 16e arrondissement de Paris (où une plaque lui rend hommage), son corps est inhumé au cimetière de Passy, suivi par un cortège, le 26 mars. Enfin il est transféré dans le caveau des gouverneurs aux Invalides le 7 juin 1931. Une cérémonie protestante a lieu vers 8 h 30, puis le ministre de la Guerre André Maginot prononce l'éloge funèbre. Distinctions Françaises Légion d'honneur : chevalier le 9 juillet 1895, officier le 31 décembre 1912, commandeur le 10 avril 1915, grand-officier le 13 septembre 1916, grand'croix le 28 décembre 1920 ; Médaille militaire (1921) ; Croix de guerre 1914-1918 avec trois palmes ; Médaille interalliée 1914-1918 de la Victoire ; Médaille commémorative de l'expédition de Chine (1901) ; Médaille commémorative du Maroc (1909) avec agrafes « Oudjda » et « Haut-Guir » ; Médaille commémorative de la Grande Guerre ; Commandeur de l'ordre du Dragon d'Annam. Étrangères Grand cordon de l'ordre de Léopold, division militaire (Belgique) ; Croix de guerre belge 1914-1918 ; Army Distinguished Service Medal (États-Unis d'Amérique) ; Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain, division militaire (Grande-Bretagne) ; Grand-croix de l'ordre militaire de Savoie (Italie) ; Médaille d'argent de la Valeur militaire (Italie) ; Ordre du Trésor sacré de cinquième classe (Japon) ; Grand-croix de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc) ; Ordre de Michel le Brave de deuxième classe (Roumanie) ; Ordre de Saint-Georges de quatrième classe (Russie) ; Ordre de Sainte-Anne de troisième classe avec épées (Russie) ; Grand-croix de l'ordre de l'Aigle blanc avec épées (Serbie) ; Grand-croix de l'ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie). ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Nivelle )
  37. 1 point
    Officier ayant combattu lors de la seconde guerre mondial contre l'occupant Japonais, puis lors de la guerre d'Indochine, puis en Algérie, le colonel Roger TRINQUIER. Roger Trinquier, né le 20 mars 1908 à La Beaume (Hautes-Alpes) et mort le 11 janvier 1986 à Vence Entre-deux-guerres Élève officier de réserve en 1928 lors de son service militaire, il prend le commandement d’une section de tirailleurs sénégalais à sa sortie de l’école à Fréjus dans le Var. À la fin de son service, Roger Trinquier s’engage dans l’armée et intègre l’école militaire d'infanterie et de chars de combat de Saint-Maixent d’où il sort sous-lieutenant en 1933. Affecté un temps à Toulon au 4e RTS, il embarque le 11 mai 1934 à destination de l’Indochine où il rejoint Kylua, au Tonkin, à proximité immédiate de Langson. Il prend ensuite le commandement du poste de Chi Ma, à la frontière de la Chine. Seconde Guerre mondiale En poste à Pékin à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il est replié en janvier 1940 dans la concession française de Chang-Haï, où un petit bataillon mixte (Européens et Annamites) maintient la présence militaire française malgré l'occupation de la ville par les troupes japonaises. Mais en 1940, à la suite du coup de force japonais en Indochine, le bataillon, depuis longtemps coupé de la Métropole et dont il est devenu l'adjoint du chef de corps, sera interné dans ses propres casernements, le drapeau est maintenu... Lors de la capitulation japonaise, les Français récupéreront les armes qui ont échappé aux fouilles et reprendront une certaine autonomie, vivant à crédit jusqu'à l'arrivée des autorités "gaullistes". Objet de suspicions et considérés comme "collaborateurs" des Japonais, les officiers du bataillon devront remplir un questionnaire détaillé au sujet de leurs activités durant la période 40/46... Trinquier, à la suite du suicide de son chef de corps et moralement affecté, refusera et remettra même sa démission. Le général Raoul Salan le convainc de rester et il se porte immédiatement volontaire pour l'Indochine. De ce fait son avancement sera compromis durant quelques années. Guerre d'Indochine Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, il participe, avec le grade de capitaine, à la reconquête de l'Indochine au sein du groupement parachutiste Ponchardier. Au sein du groupement, rapidement, après quelques combats et en dépit de la méfiance réciproque, l'amalgame se fait entre les Anciens (ceux de Chine) et les Nouveaux (ceux de Leclerc). En fin de séjour, le commandant Ponchardier le propose à l'avancement mais le fameux questionnaire ressort et Roger Trinquier refuse de le remplir. Il reste capitaine... Au début de l'année 1946, en Cochinchine, il dirige le commando B4 du Commando Ponchardier. À la mi-1946, il est muté à Tarbes comme adjoint du commandant Dupuis pour former le 2e BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes). Ce bataillon est engagé de 1947 à 1949 en Indochine dans des opérations de contre-guérilla. Le capitaine Trinquier en reçoit le commandement après la mort du chef de bataillon Dupuis jusqu'à son retour en métropole et sa dissolution. Enfin promu chef de bataillon, il repart en Indochine en décembre 1951 où il prend, pour le compte du SDECE, la tête du Service Action du Tonkin. Il participe alors à l'Operation Rat Killer (en) en Corée avec la CIA. À partir de mai 1953, il dirige le Service Action en Indochine et le GCMA (groupement mixte de commandos aéroportés, devenus en décembre, le GMI - groupement mixte d'intervention) qui organisait les différents maquis sur les arrières du Vietminh. Il rentre en métropole en janvier 1955. Lieutenant-colonel, il est affecté à Paris à l’état-major du général Jean Gilles, commandant les troupes aéroportées. Guerre d'Algérie En août 1956, il rejoint l’Algérie et prend le commandement de la base aéroportée d’AFN, puis devient l'adjoint du général Massu, commandant la 10e division parachutiste (10e DP), lors de la bataille d’Alger. Il est à l’origine de la création du « dispositif de protection urbaine » (DPU). De juin 1957 à mars 1958,il commande la Base École des Troupes Aéroportées (BETAP) à Pau. En mars 1958 il remplace le colonel Bigeard à la tête du 3e RPC (régiment de parachutistes coloniaux) qui deviendra 3e RPIMa (régiment de parachutistes d'infanterie de marine). Il prend part au coup d'État du 13 mai 1958 et devient membre du Comité de salut public d’Alger. Après le putsch, il reprend le combat à la tête de son régiment dans le sud et en Kabylie où il capture le commandant Azzedine. Le premier semestre 1959, il prend part aux opérations du plan Challe en Oranie et l’Ouarsenis. En juillet 1959, il prend le commandement du secteur d’El Milia dans le Constantinois avec son chef d’état-major le capitaine Dabezies. Roger Trinquier entretient une correspondance suivie avec le général Salan et fait part de son désenchantement, puis de sa défiance vis-à-vis de la politique algérienne du général de Gaulle. Après 1960 A la suite de la mutation du général Massu et de la Semaine des barricades, Roger Trinquier, en faveur de l'Algérie française, est rappelé en juillet 1960 en métropole et affecté en décembre à l’état-major du général commandant le groupe de subdivisions à Nice. En janvier 1961, selon lui, Roger Trinquier est sollicité pour une intervention au Katanga, il rend compte immédiatement et est reçu par Pierre Messmer, ministre des Armées. À la demande du ministre, il signe en blanc une demande de retraite anticipée, au cas où... Rue89 affirme que Pierre Messmer a alors donné pour mission à Trinquier de neutraliser Patrice Lumumba. Selon Trinquier en revanche, la mission était de partir pour le Katanga pour monter la première armée indépendante du nouvel État du Katanga, à la demande de son président Moïse Tshombe. L'assassinat de Patrice Lumumba par les gendarmes katangais met fin à la coopération officieuse de la France. Roger Trinquier rentre à Paris à la fin du mois avec une indemnité de départ du gouvernement katangais de 200 000 francs. Quelques officiers français resteront, on les appellera les "affreux". Le 26 janvier 1961, le ministre des Armées ressort la demande de mise à la retraite anticipée et le met d’office en position de retraite. Fin avril 1961, en route pour le Katanga par la Rhodésie, il apprend à Athènes la nouvelle du putsch des généraux à Alger. Revenu en France, il se consacre désormais à la réflexion et à l’écriture d’ouvrages inspirés de son expérience, tout en restant fidèle à ses compagnons d’armes impliqués dans le putsch des généraux. Il a participé à la création de l'Union nationale des parachutistes avec le colonel Buchoud et en est le premier président de 1963 à 1965. Il meurt de façon accidentelle le 11 janvier 1986 à Vence. Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur. Citations 14 citations dont 10 à l'ordre de l'armée. ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Trinquier ) Débat inédit entre Yacef Saadi et le colonel Trinquier sur le film la bataille d'ALGER réalisé par l'italien GILLO PONTECORVO ensemble ils évoquent des souvenirs de cette période et surtout le sujet gênant la torture .
  38. 1 point
    Compagnon de la Libération pour ses action au sein de la Resistance, le lieutenant colonel Albert FOSSEY-FRANCOIS. Albert Fossey-François né le 23 septembre 1909 à Juaye-Mondaye, mort le 15 septembre 1958 à l'hôpital militaire Robert-Piquet de Villenave-d'Ornon près de Bordeaux, victime d'un traumatisme crânien lors d'un saut en parachute au cours d'un meeting aérien sur la base de Mérignac. Issu d'une modeste famille de meunier du Calvados, Albert Fossey poursuit d'abord des études au séminaire de Caen (institution Sainte Marie), puis à la faculté de lettre de la ville, avant de travailler dans l'imprimerie et l'édition (Éditions Aubier-Montaigne et Presses universitaires de France). À partir des années 1930, il milite en région parisienne au sein de la SFIO et du Syndicat du Livre. Il est également président du comité du Front Populaire d'Orsay. Il devient en 1939 directeur commercial des Presses universitaires du Massif Central à Guéret (Creuse). Mobilisé, il participe à la campagne de France, échappe à la captivité et revient à Guéret. Il entre en résistance très vite après son retour du front en 1940. Affilié au mouvement Libération-Sud en novembre 1941 (alias "François"), il en devient le responsable départemental adjoint en 1942 (Adjoint de Roger Cerclier alias "Jean Pierre"). Il est nommé responsable départemental du noyautage des administrations publiques (NAP) en septembre 1943. Il est ensuite chef départemental des maquis de l'Armée secrète (décembre 1943), puis chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher zone sud (R5/D2) en mai 1944. Il est nommé lieutenant-colonel FFI en août 1944. Il est fait Compagnon de la Libération par décret le 28 décembre 1945. Intégré à l'armée d'active, il participe aux opérations du front de l'Ouest et aux opérations en Algérie (mai 1945), il part ensuite pour l'Indochine comme officier parachutiste, puis combat en Algérie et à Suez. Il a notamment commandé le 2e régiment de parachutistes coloniaux (2eRPC) en 1957-1958. 1928 : devance l'appel 1939 : mobilisation au sein d'une compagnie anti-char avec le grade de sergent-chef il reste mobilisé jusqu'au 25 juin 1940 et se bat de la Somme à la Vienne 7 novembre 1941 : affiliation au mouvement Libération-Sud Début 1943 : chef départemental adjoint des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de la Creuse Fin 1943 : chef départemental des maquis de l'Armée secrète de la Creuse avec le grade de commandant. Il installe son PC au Pont à la Dauge (commune de Sainte-Feyre) puis en avril 1944 au village du Coux (commune de Lépinas). 1944 : chef départemental des FFI de la Creuse avec le grade de lieutenant-colonel 7 juin 1944 : libère la ville de Guéret à la tête des FFI de la Creuse après une audacieuse opération visant à rallier l'école de la Garde à la Résistance août 1944 : chef de la 2e brigade FFI de la 12e région militaire (ancienne R5) janvier-mai 1945 : adjoint du chef de corps du 13e régiment d'infanterie sur le front de l'Atlantique dirigé par le général Larminat 1er juin 1945 : Intègre l'armée d'active avec le grade de chef de bataillon 27 décembre 1945 : nommé Compagnon de la Libération mai à décembre 1945 : séjour en Algérie comme chef de bataillon du 26e régiment d'infanterie puis en Tunisie au sein du 8e régiment de tirailleurs tunisiens 1946 : breveté parachutiste, adjoint du chef de corps du 2e régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) 1947 - 1948 : premier séjour en Indochine comme chef de corps du 3e bataillon du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) 1948 : chef d'état major du Sud tunisien 1951-1952 : deuxième séjour en Indochine comme chef d'état major de secteur (Tonkin) 1953-1954 : troisième séjour en Indochine comme chef du bureau d'action psychologique auprès de l'état major d'Extrême Orient Juin 1955 : chef du bureau régional d'action psychologique de la Xe Région militaire (Alger) 1er décembre 1955-1er mai 1956 : commandant du secteur de Palestro (Algérie) 1956 : nommé Lieutenant-colonel et second du chef de corps (colonel Château-Jobert) du 2e régiment de parachutistes coloniaux (2e RPC) 1957 : nommé chef de corps du 2e RPC (Koléa) 1958 : nommé chef de corps de la Brigade École des Parachutistes Coloniaux à Bayonne. Décorations Décorations du lieutenant-colonel Albert Fossey-François. Commandeur de la Légion d'honneur Croix de la Libération - décret du 27 décembre 1945 Médaille de la Résistance Croix du combattant volontaire de la Résistance Croix de guerre 1939-1945 (2 citations) Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (7 citations) Croix de la Valeur militaire Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 avec la barrette "Libération" Médaille commémorative de la campagne d'Indochine Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord Croix du combattant Médaille d'outre mer Chevalier de l'Empire Britannique Croix de la vaillance (Vietnam) Chevalier de l'Ordre national du Vietnam ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Fossey-François )
  39. 1 point
    Issus de la cavalerie, le général Jean TOUZET DU VIGIER. Jean, Louis, Alain Touzet du Vigier (10 octobre 1888 à Chambéry - 16 août 1980 à Paris) Jean Louis Alain Touzet du Vigier est né le 10 octobre 1888 à Chambéry, en Savoie. Il est le fils d'Alain Pierre Touzet du Vigier, (1849-1912), chef d'escadron de cavalerie au 4e régiment de dragons de Chambéry, chevalier de la légion d'Honneur, et de Louise Lochtemberg. Son grand-père, Jean Antoine Bertrand Touzet du Vigier, (1805-1868), officier de cavalerie, était commandeur de la Légion d'Honneur. Jean Touzet du Vigier, prépare sa future carrière d'officier dans la Corniche du Lycée Janson-de-Sailly à Paris, au cours de l'année scolaire 1909-1910. Reçu au concours d'entrée, il intègre le 10 octobre 1910 l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il fait partie de la promotion La Moskova , (1910-1913). À cette époque, les jeunes Saint-Cyriens effectuaient une année de service militaire dans la troupe avant d'être intégrés définitivement à l'École des officiers de Saint-Cyr. Il débute donc sa carrière en 1910 au 33e régiment d'infanterie d'Arras, sous le commandement du colonel Pétain, en succédant à l'élève-officier Charles de Gaulle, son ancien de la promotion de Fès (1909-1912), au 5e Bataillon de cette unité. Il sort de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le 11 octobre 1913 avec le grade de Sous-lieutenant. Il est classé 135e sur 249 et il est admis dans l'arme de la Cavalerie. Après l'École d'application de Saumur, il est affecté au 4e escadron du 9e Régiment de Cuirassiers qui sera transféré de Noyon à Douai. Première Guerre mondiale (3 août 1914-11 novembre 1918) Quand l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, le 3 août 1914, le 9e Régiment de cuirassiers, stationné à Douai, fait mouvement vers la Belgique, que les Armées allemandes viennent d'envahir. Dès le 20 août se déroule la Bataille des Frontières, au cours de laquelle le 4e Escadron du 9e Cuirassiers est victorieusement confronté à l'ennemi dans les environs de la ville belge de Gembloux : Ce sera pour le sous-lieutenant Touzet du Vigier un baptême du feu où il aura l'occasion d'appliquer les méthodes de charge de cavalerie inculquées à l'École d'application de Saumur. Mais, devant l'avancée foudroyante des troupes allemandes, l'Armée française doit effectuer un repli stratégique d'environ deux cents kilomètres. La Bataille de la Marne du 4 au 10 septembre 1914 permet de stopper la progression ennemie entre Verdun et Paris: c'est le début de l'enlisement du conflit. Pour sa part, le 9e Cuirassiers est engagé à partir du 10 septembre 1914, au cours de la Bataille de l'Aisne, dans la région de Villers-Cotterêts-Vaumoise, jusqu'au nord de l'Aisne. Alors que l'ennemi se replie sur ce terrain, le Haut-Commandement français cherche à déterminer quelles sont les intentions de l'Armée allemande en retraite, avant que commence la Course à la mer. Le 11 septembre 1914, lorsque son régiment se prépare à quitter Vaucelles-et-Beffecourt pour reprendre sa marche vers le nord, le sous-lieutenant Touzet du Vigier reçoit l'ordre de rejoindre le Q.G de la VIe Armée, sur l'axe Villers-Cotterêts-Cœuvres-Ambleny, afin de préparer une mission de reconnaissance dans les territoires occupés par l'Armée allemande. À la tête d'un peloton de sept cavaliers, il va effectuer cette mission, hautement périlleuse, dans les lignes ennemies et rapporter à l'État major français, au bout de cinq jours, des renseignements précieux sur les mouvements et les positions des Allemands. Au cours de cette mission, sont survenus des épisodes qui auraient pu être tragiques, face aux patrouilles allemandes rencontrées en cours de route. Mais le sous-lieutenant Touzet du Vigier a parfaitement maitrisé la situation, après s'être battu sabre au poing contre les Uhlans. Il a réussi à ramener trois des héroïques Cavaliers de son peloton, et il eut le bonheur d'apprendre par la suite que les quatre autres, dont un blessé, sont rentrés sains et saufs au sortir de la guerre. Le 20 septembre 1914, Jean Touzet du Vigier et ses hommes font l'objet d'une citation à l'ordre de l'Armée de la part du général Maunoury, commandant la VIe Armée:« Le sous-lieutenant Touzet du Vigier, du 9e Cuirassiers, a fait une reconnaissance de plusieurs jours au milieu des lignes ennemies et a fait preuve à cette occasion de beaucoup d'entrain, d'endurance et de coup d'œil. Il n'a pas hésité à courir sus à des détachements ennemis, supérieurs au sien, pour y prendre des chevaux destinés à remplacer les siens trop fatigués. Messieurs Disseaux, Deschamps et Charlet, ont pris part à une reconnaissance de plusieurs jours au milieu des lignes ennemies et ont fait preuve à cette occasion de beaucoup d'entrain et d'endurance" ». Jean Touzet du Vigier est promu au grade de lieutenant, à compter du Ier octobre 1914 et reçoit la croix de Guerre. Lorsque la Course à la mer marque pour le Corps de Cavalerie la fin de la guerre de mouvement, le 9e Cuirassier va devoir abandonner ses chevaux, dès le mois d'octobre 1914, le combat à cheval étant dorénavant incompatible avec la guerre de tranchée. Les Cuirassiers démontés vont jouer le rôle de fantassins, dans le courant de 1915 et participer par roulements à la tenue des tranchées en Artois. Le Ier mai 1915, le lieutenant Touzet du Vigier est nommé commandant de la section de mitrailleuses du 9e Cuirassiers. Il met au point un système de déclenchement automatique nocturne de tir de mitrailleuse dans les no mans lands, lorsque les patrouilles ennemies accrochent dans l'obscurité les fils électriques branchés sur un électro-aimant, placés aux abords des tranchées. Le 30 mai 1916, les uniformes des cavaliers, composés de pantalons garance, vestes bleu roi et de casques à plumet, sont remplacés par des uniformes bleu horizon adaptés à l'infanterie. Le 9e Régiment de Cuirassiers à cheval devient officiellement le 9e Régiment de Cuirassiers à pied. Jean Touzet du Vigier reçoit le commandement de deux sections de mitrailleuses. Il est préparé au combat d'infanterie pour avoir passé un an au 33e Régiment d'infanterie d'Arras en 1910. Son Unité est engagée dans la bataille des armées franco-britanniques opposées aux troupes allemandes dans la Somme, au cours de l'été 1916. Et de l'automne 1916 au printemps 1917, le 9e Cuirassiers tient les tranchées de Tracy-le-Val. Jean Touzet du Vigier se distingue à la tête des sections de mitrailleuses dans l'attaque de Cléry-sur-Somme, le 3 septembre 1916, lors de la Bataille de la Somme. Mais il déplore la perte de plusieurs de ses hommes et la mort de son ami, le lieutenant Martin. En mai 1917, l'offensive déclenchée dans l'Aisne, au Chemin des Dames par le général Nivelle entraine de lourdes pertes dans les rangs de l'armée française et dans ceux du 9e Régiment de Cuirassiers. Au cours de l'attaque des 5 et 6 mai 1917 du Moulin de Laffaux, le lieutenant Touzet du Vigier, qui avait pris la tête d'une formation de grenadiers, pour venir en remplacement de ses officiers hors de combat, est grièvement blessé au cours de l'assaut. Ce n'est que le 10 septembre 1917 que le lieutenant Touzet du Vigier rejoint son corps après son hospitalisation. Le 24 mars 1918, il participe à la défense de Noyon et fait l'objet d'une citation. Il est nommé capitaine le 4 avril 1918 et prend le commandement de la Ire compagnie de son régiment. Mais, victime d'une nouvelle blessure le 9 juin 1918, au combat d'Élincourt, il est de nouveau hospitalisé. Il reçoit la Légion d'honneur accompagnée d'une nouvelle citation. Il ne rallie son Unité que le 15 novembre 1918, juste après l'Armistice et prend le commandement du 4e escadron à cheval du 9e Cuirassiers. Il est le seul officier survivant des cinq officiers de l'escadron du 9e Régiment de Cuirassiers qui avaient rallié la frontière belge au début des hostilités. Le capitaine Touzet du Vigier, soucieux de vivre pleinement sa vocation dans l'action, sur un théâtre d'opération extérieur, se porte volontaire pour le Maroc. En avril 1919, il obtient son affectation au 2e régiment de chasseurs d'Afrique (2°R.C.A), unité de cavalerie, dont il prend le commandement du 5e escadron de chasseurs (à pied), à Taza, qui participe aux opérations de maintien de l'Ordre. Il sera aussi désigné comme adjoint du Commandant du secteur Est de Taza Son séjour au Maroc sera de courte durée : dès le mois de septembre 1919, il est rappelé comme instructeur à l'École d'application de Saumur. Dans cette école de cavalerie, il développe ses qualités d'instructeur et aborde déjà les premières notions de ce qui deviendra son thème favori : la mécanisation de la cavalerie et la guerre de mouvement. Réclamé par le général Niessel, il part au mois de décembre 1920 à Varsovie pour rejoindre la Mission militaire française en Pologne. Il est nommé adjoint du chef de bataillon Charles de Gaulle, son ancien de Saint-Cyr et du 33e RI d'Arras. Il va y rester du 2 décembre 1920 au 15 avril 1922, alternant les cours de cavalerie aux Polonais et des activités d'état-major. Pendant de longues heures, les deux officiers vont échanger leur conception sur la motorisation indispensable de la Cavalerie et sur l'emploi de l'arme blindée. Le 6 mai 1922, le capitaine Touzet du Vigier rejoint à Haguenau le 18e régiment de chasseurs à cheval. Il est reçu à l'École supérieure de guerre le 19 octobre 1923. Au mois d'octobre 1925, il est affecté à Lille,au 2e Bureau de l'état-major du 1er Corps d'Armée. Il occupe par intermittence le poste d'aide de camp du général Lacapelle, commandant de la Région militaire. Puis, au mois de mars 1928, il rejoint l'État-Major du général Gouraud, gouverneur de Paris. Il est chargé des opérations de mobilisation au Ier Bureau. À ce poste, il constate que l'arme de la Cavalerie est placée devant les plus graves difficultés pour recruter les chevaux de guerre dans les centres de remonte. De surcroît, les chevaux ne sont plus adaptés à la guerre moderne. Il préconise l'emploi intensif de véhicules automobiles blindés et la création de nouvelles unités mécaniques de Cavalerie équipées d'armes, de véhicules et de matériels adéquats. En septembre 1930, il est désigné pour arbitrer les opérations, sur le terrain des Manœuvres de Lorraine, devant le général Weygand, chef d'État-Major de l'Armée. Ce dernier le fera désigner pour le poste de Directeur du Cours de Cavalerie à Saumur en 1931. Au mois de septembre 1931, Jean Touzet du Vigier est affecté en tant que Directeur du Cours de Cavalerie à l'École de cavalerie de Saumur. Si ses cours et conférences traitent toujours de la cavalerie à cheval, les cours sur la motorisation et la mécanisation de son Arme prennent la place principale de son enseignement. Il est nommé Chef d'escadrons le 25 décembre 1932. La plupart des lieutenants assistant aux cours d'instruction du commandant Touzet du Vigier lui témoigneront leur estime. Ce fut le cas du lieutenant de Hauteclocque (futur maréchal Leclerc). Au cours des années 1931 à 1934, le commandant Touzet du Vigier participe aux grandes manœuvres dans les fonctions de chef d'État-Major d'une Brigade motorisée, puis d'une Brigade de chars de cavalerie et enfin, d'un groupement mécanique. Il fait l'objet de l'éloge de ses chefs Il rejoint le 18e régiment de dragons le 1er septembre 1934 à Reims, là où se prépare l'avenir de la cavalerie française car on y forme la 1re division légère mécanique. Il y multiplie les conférences interarmes et captive son auditoire. Le 5 octobre 1936, le commandant Touzet du Vigier est affecté, sous les ordres du général Daille, au Centre d'études tactiques interarmes de Versailles. Dans ce laboratoire, où il est à la tête de la section cavalerie, se multiplient les expériences de matériels, de tactique de cavalerie, tendant à montrer sur chaque manœuvre au Camp de Mourmelon ou au Camp du Valdahon, que l'avenir de la cavalerie réside dans les blindés. Les travaux du commandant Touzet du Vigier prennent de l'ampleur. Il participe au niveau le plus élevé, en collaboration avec les Centres d'études militaires et le Conseil Supérieur de la Guerre, à l'élaboration de la doctrine d'emploi de l'Armée française, toutes armes confondues, et en particulier des règlements d'emploi des grandes Unités. Jean Touzet du Vigier est promu lieutenant-colonel le 25 décembre 1938. Il aura passé les deux dernières années de l'entre-deux-guerres à lutter de vitesse, face à la préparation frénétique de l'Armée allemande. Seconde Guerre mondiale (3 septembre 1939-9 mai 1945) La Seconde Guerre mondiale se déroule depuis le 3 septembre 1939, date de la déclaration de Guerre à l'Allemagne par la France et la Grande-Bretagne, jusqu'au 9 mai 1945, date de la capitulation allemande à Berlin. Le 3 septembre 1939, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier, qui se trouvait en permission avec sa famille dans son pays natal, la Savoie, rallie aussitôt son poste de mobilisation, l'État-Major du Corps de Cavalerie, à Saint-Quentin, dans le département de l'Aisne. Il est nommé chef du 3e Bureau, chargé de la planification et de la conduite des opérations, sous les ordres du général Prioux, commandant le Corps de Cavalerie. Cette Unité était loin d'être au complet : elle devait être composée de trois Divisions Légères Mécaniques (1re, 2e et 3e D.L.M), mais la troisième D.L.M n'était pas encore constituée et manquait de chars de combats. Jean Touzet du Vigier reçoit la mission de se rendre à Fontevrault pour accélérer la formation de ce corps de Blindés et, après deux mois d'activité intense, obtient le résultat escompté: la 3e Division Légère Mécanique est en ordre de marche. Dans le cadre de la 5e Brigade Légère Mécanique (Cette 5e B.L.M. est un des éléments de la 3e D.L.M), aux ordre du général de La Font, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier prend le commandement de l'un de ses régiments de combat, le 2e Régiment de Cuirassiers, le 1er janvier 1940 et rallie le camp d'entrainement de Sissonne, dans l'Aisne, le 28 février 1940, à la tête de quatre-vingt-sept chars en état de combattre, prêt à toutes les missions de guerre. Le lieutenant-colonel Touzet du Vigier conduit le 2e régiment de cuirassiers, le 14 avril 1940 vers la frontière de Belgique, afin de participer au combat dans le cadre du Plan Dyle-Breda concocté par l'État-Major du général Gamelin. Son régiment compte trente-sept officiers, cent vingt sous-officiers et sept-cent-deux Hommes de Troupe. Il dispose de quatre-vingt-sept chars de combat (45 chars Somua S35 et 42 Hotchkiss H39), d'une centaine de véhicules divers et de cent quarante motos ou side-cars. Le 10 mai 1940, l'alerte est déclenchée : L'Armée française doit faire face à l'invasion foudroyante des forces allemandes, supérieures en nombre de combattants et en matériel. Elles sont notamment composées des Panzerdivisions du général Guderian et des puissantes forces aériennes allemandes du feldmarshall Goering. Nos Unités subissent les bombardements des redoutables chasseurs Stukas et des bombardiers Junkers. Le 2° régiment de cuirassiers est confronté au Panzer-Korps allemand du generaloberst Erich Hoepner. Quelques chars moyens du type Panzerkampfwagen IV accompagnent la masse des divisions blindées allemandes. Ils sont munis de canons de soixante-quinze mm, alors que les chars moyens français Somua ne comportaient que des canons de 47 mm. Lors de la Bataille de Hannut, l'arrivée massive des chars allemands est précédée par une préparation puissante d'artillerie et d'avions Stukas d'appui au sol en piqué. Les escadrons du 2e cuirassiers parviennent à retarder les attaquants pendant quatre jours pour permettre au 4e Corps d'Armée de s'installer défensivement sur la ligne Wavre-Gembloux-Namur. Mais cela ne fut obtenu qu'au prix de pertes très importantes et grâce à l'héroïsme des équipages. Dès le soir du 15 mai, le régiment avait perdu de nombreux combattants et la moitié de ses chars, après avoir détruit ou mis hors de combat autant de chars allemands. Le Haut-Commandement Français ordonne le 24 mai, de faire rallier le 2e Cuirassiers à Boeschepe. Le 26 mai 1940, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier reçoit l'ordre de prendre le commandement de la 5e B.L.M et de faire rapatrier en France les éléments encore susceptibles de combattre en position de défense. Sous les bombardements, deux détachements sont embarqués sur le Douaisien et sur le Cérons depuis Malo-les-Bains, en direction des côtes françaises. Après bien des vicissitudes, ils parviennent à débarquer à Cherbourg, après avoir transité par Douvres en Angleterre24, afin de continuer le combat en France. Au 2e Cuirassiers, douze officiers et cent soixante sous-officiers et Hommes de Troupe, ont été tués ou portés disparus. Les sept chars Somua et les huit chars Hotchkiss, rescapés de la Bataille de Belgique, ont combattu jusqu'au bout, avant d'être sabordés pour ne pas être récupérés par l'ennemi. Le 9 juin 1940, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier prend le commandement de quelques éléments susceptibles de participer aux combats pour la Défense de la Loire. Il les fait transporter par chemin de fer jusqu'à Saumur où est réorganisée la 5e B.L.M. qu'il va associer dans un groupement de défense composé d'unités hétéroclites, munies de faibles moyens. Il prend contact d'abord le 13 juin avec le général Pichon, commandant adjoint de Région, qui va scinder la défense de la Loire en quatre groupements dont il assumera le commandement en chef. Dans le premier Groupement, le colonel Charles Michon, commandant l'École de cavalerie de Saumur entend faire participer directement les élèves officiers à la défense de la Loire sous son commandement, assisté par son adjoint, le chef d'escadrons Pierre Lemoyne. Les élèves officiers seront placés en défense de Saumur, dans une mission de sacrifice. Ils seront victimes de nombreuses pertes. Connus historiquement sous le nom de Cadets de Saumur, ils seront cités pour leur héroïsme, face aux troupes allemandes. Dans le deuxième Groupement, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier reçoit l'ordre de défendre la Loire sur une quarantaine de kilomètres, entre Candes et Tours, mais son groupement n'a pas les moyens de se battre. Il se rend au camp du Ruchard pour récupérer -d' autorité!- des armes, des munitions et des véhicules, malgré l'opposition administrative du 4e Bureau de l'État-Major de région qui entendait les conserver en réserve. Les moyens mis en œuvre pour la défense de la Loire sous son commandement sont les suivants: * 1er Cuirassiers à trois escadrons de trois pelotons portés. * 2e Cuirassiers à trois patrouilles sur voitures légères et sur motos. * 11e Dragons à un demi-Escadron porté. * Section d'EOR de l'École d'Infanterie de Saint-Maixent. * Section d'EOR de l'École d'Artillerie de Poitiers, avec deux pièces de soixante-quinze mm. * Un détachement du 3e Groupe franc motorisé de la valeur d'un Escadron Porté. * Deux Groupes de Tirailleurs de la valeur chacun d'une forte Compagnie. * Un groupe d'autos-mitrailleuses White... Les restes du détachement de la 3e DLM avaient été dirigés sur la région de Montauban. Le Groupement de défense va tenir quarante kilomètres de Loire, entre Candes et Tours. Le lieutenant-colonel Touzet du Vigier dispose le 2e Cuirassiers à l'est, les Tirailleurs, dans l'île de La Savonnière, le Ier Cuirassiers devant Langeais. Il place un Escadron à l'ouest, les E.O.R de Saint-Maixent devant Port-Boulet et il garde quelques éléments en réserve dans la région d'Azay-le-Rideau. Le 18 juin au soir, les ponts sautent devant les premiers éléments ennemis, sauf à Port-Boulet où les services du Génie étaient absents. Les EOR de Saint-Maixant et ceux de Poitiers se battent avec héroïsme, comme l'ensemble de la formation aux ordre de Jean Touzet du Vigier. Sur l'ordre du Haut État-Major, le Groupement de la Loire se replie dans la nuit du 21 juin, à la faveur d'un violent orage qui interdit l'intervention de l'aviation ennemie, et passe aux ordres du général Bougrain. Pour sa part, le lieutenant-colonel Touzet du Vigier, à la tête des quelques éléments encore combatifs de la 5e B.L.M., est placé en protection sur le flanc de l'Armée de Paris commandée par le général Héring, au cours des derniers soubresauts de la Bataille de France, dans son mouvement de repli stratégique. C'est à Saint-Sulpice-d'Excideuil que parvient le 26 juin 1940, l'avis officiel de Cessez le Feu ordonné par le Traité d'Armistice ratifié par les représentants du maréchal Pétain dans la forêt de Compiègne. Le Groupement Touzet du Vigier est dissous, cependant que les restes de la 3e et de la 5e B.L.M sont stationnés dans la région de Riberac. Ainsi se terminent ces six semaines de combats, depuis la Bataille de Belgique jusqu'à la Défense de la Loire, qui aboutirent à une des plus cuisantes défaites de l'Histoire de France. Mais les héros qui se sont sacrifiés sur la rive sud de la Loire ont sauvé l'honneur de la Patrie. En quittant le 15 juillet 1940 sa chère 5e B.L.M. en cours de dissolution, Jean Touzet du Vigier n'a qu'une idée en tête: préparer la revanche dans le cadre de l'Armée d'Armistice. À la fin du mois de septembre 1940, il est nommé chef du 3e Bureau de l'État-Major de l'Armée. Promu au grade de colonel, le 25 décembre 1940,, il constitue un bureau d'études comprenant un cercle fermé d'officiers d'état-major , chargés d'élaborer des plans d'action prévisionnels en vue d'une future guerre de libération: ils sont voués au secret . Il va aussi s'attacher, en relation avec René Carmille, à mettre au point un fichier qui devait clandestinement permettre de recruter des volontaires pour les unités constituées en groupes d'auto-défense (GAD), chargés de surveiller les mouvements des troupes allemandes en zone occupée . Il participe, en outre, aux opérations de camouflage de matériel militaire, en liaison avec les Services Secrets de l'Armée d'Armistice. Ultérieurement, l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) et les Forces françaises de l'intérieur, utiliseront une partie de ce matériel pour combattre les troupes allemandes d'occupation. Les activités de résistance du colonel du Vigier n'échappent pas à la vigilance des observateurs à la solde de l'occupant: « L'Allemand demande la tête du colonel Baril, comme il exigera bientôt celle du colonel du Vigier, dont on entendra reparler... ». Le général Juin, commandant la place d'Alger réclame sa présence en Algérie, afin de prendre la tête d'une nouvelle B.L.M. qui, à sa mise sur pied, devait recevoir des chars et des véhicules blindés soustraits à l'attention des Commissions d'Armistice. Au début de 1942, le colonel Touzet du Vigier quitte Marseille pour Oran sur le paquebot Gouverneur Général Tirman. Le colonel Touzet du Vigier prend le commandement de la Subdivision de Mascara au début de l'année 1942. Il prépare la formation d'une unité de combat en prélevant des engins blindés usagés à la barbe de la commission de contrôle germano-italienne et il procède à l'instruction des nouvelle recrues. Il se tient éloigné de la zone de débarquement américain du 8 novembre et limite autant qu'il le peut une confrontation avec les forces américaines, bien que ses troupes aient à subir des bombardements et des attaques de chars qui font quelques victimes. Obligée de riposter, sur ordre du Haut Commandement, la Ire B.L.M en cours de formation parvient à détruire une dizaine d'avions au sol-sans pertes en vies humaines- sur le terrain de Tafaraoui. Ces actions seront ultérieurement déplorées de part et d'autre, mais sans conséquence grave, compte tenu des circonstances exceptionnelles de ce baroud historique qui ne durera que deux jours. Les Français ont spontanément fraternisé avec leurs alliés américains. Jean Touzet du Vigier sera même décoré de la Croix du mérite américain (Legion of Merit) en 1943. Après le débarquement allié du 8 novembre 1942, les opérations vont s'accélérer. Le général Juin, Commandant en Chef des Forces Terrestres en A.F.N. ordonne la constitution de la Brigade Légère Mécanique qu'il va confier au colonel Touzet du Vigier. Les directives du Haut État-Major d'Alger précisent que son premier emploi est d'assurer le renforcement des forces alliées en Tunisie. À Mascara, le colonel Touzet du Vigier rassemble les blindés et les autos-mitrailleuses qu'il a récupérés sur les vieux stocks de l'Armée et forme les escadrons qui constituent la 1re B.L.M française d'Algérie. Cette Unité, bien que disposant de matériel vétuste, tire sa force de la valeur de ses cadres et de l'endurance de la troupe. Cette 1re B.L.M. est placée sous son commandement. L'ensemble des forces françaises qui participent aux côtés des alliés à la Campagne de Tunisie est placé le 25 novembre 1942 sous le commandement du général Juin et de son adjoint, le général Koeltz, commandant le 19e corps d'armée. Les combats de la 1re B.L.M. venue en Tunisie en appui des Unités alliées sont décisifs et le colonel Touzet du Vigier, dont le PC est basé à Pichon, (aujourd'hui Haffouz), renoue avec son expérience acquise lors de la campagne de Belgique, face aux Forces allemandes. L'activité inlassable du chef de la 1re B.L.M, est renforcée puissamment par son chef d'état-major, le commandant Lehr. Jean Touzet du Vigier est promu au grade de général de brigade le 25 décembre 1942. Il reçoit l'ordre du Haut Commandement de se rendre en Algérie pour fonder la future 1re division blindée (1re DB) dont il assumera le commandement. Mais il quitte la Tunisie avec un sentiment attristé: car, au cours des violents combats de Pichon, de Fondouk el Okbi, du Kef el Ahmar, la 1re B.L.M. a perdu vingt-trois officiers et huit-cent-dix Sous-Officiers et Hommes de Troupe sur un effectif total de quatre-vingt-dix officiers et cinq mille Sous-Officiers et Hommes de Troupe. Pour mettre sur pied l'Armée française de la libération, l'Armée américaine met à la disposition du Haut Commandement Français des chars et véhicules blindés américains, conformément aux Accords d'Anfa. Le général Juin confie au général Touzet du Vigier la responsabilité de la rédaction des notes d'orientation de ce nouvel armement. Les principes de liaison efficace entre les Armes (Infanterie, Cavalerie, Artillerie , Aviation, Génie, Train) sont élaborés à cette occasion. Le général Giraud exprime sa satisfaction en ces termes : ...« Je vous félicite pour l'œuvre importante ainsi réalisée et qui n'a pu l'être que grâce à votre remarquable compétence et à l'esprit d'équipe que vous avez su insuffler à vos collaborateurs, et je vous en exprime ma vive satisfaction ». Après avoir formé la 1re division blindée, le général Touzet du Vigier est convoqué à Naples pour y recevoir du Commandement Allié les instructions pour le Débarquement de Provence. Et le 15 août 1944 au matin, le commandant de la Ire DB et son État-Major partis d'Oran sont en vue de la Côte de Provence. Le général Touzet du Vigier donne pour insigne la Croix de Saint-Louis à sa 1re DB et la conduit dans la Libération de la France au sein de la 1re armée française du Général Jean de Lattre de Tassigny. Le 15 août 1944, les trois divisions d'infanterie américaine, (3°-45°-36° DI), sous la protection de la 1re DB, participent au Débarquement de Provence, dans la zone de Cavalaire. La 1re DB remonte ensuite la vallée du Rhône et livre de durs combats. Toujours avec un esprit cavalier, fait de rapidité et d'audace, la 1re D.B libère Mulhouse le 20 novembre 1944. Au cours de l'attaque décisive de Mulhouse par le Combat Command No 3 (C.C.3) du Colonel Jean-Charles Caldairou, à la tête de ses chars Sherman.Le lieutenant Carrelet de Loisy qui, à la pointe du combat, venait de détruire à Oberdorf de nombreux chars allemands et fait quelque trois-cents prisonniers, est mortellement atteint par l'ennemi Tournant les forces allemandes, les unités de la Ire D.B. longent la frontière suisse, par Pfetterhouse et Kembs. C'est ainsi que la 1re Division Blindée est la première unité alliée à atteindre le Rhin. Le général Touzet du Vigier est promu au grade de général de division le 25 août 1944. Il est nommé Gouverneur militaire de Strasbourg le 8 janvier 1945 et il transmet le poste de commandement de sa chère 1re D.B. à son adjoint, le général Sudre. Le 8 janvier 1945, le général Touzet du Vigier est nommé commandant de la 10e région militaire et gouverneur de Strasbourg dans un moment critique : la ville risque de retomber aux mains des Allemands. La 7e armée américaine ne pouvant tenir tout le nord de l'Alsace, pendant que la 3e armée de George Patton contre-attaque à Bastogne, le Haut-Commandement Allié décide de reculer face à l'offensive allemande dans le Bas-Rhin. Le général Touzet du Vigier vient rendre compte de cette situation à Paris auprès du général de Gaulle et sollicite un renfort immédiat pour sauver la capitale alsacienne de l'invasion ennemie. Le général de Gaulle déclare : « L'Alsace est une terre sacrée, l'abandonner serait pour la France un désastre national, car l'Alsace lui est sacrée ». Il intervient auprès du Général Eisenhower, de Winston Churchill, sans pouvoir obtenir le moindre renfort. C'est finalement sur l'ordre du général de Lattre de Tassigny, commandant la 1re Armée Française, que le Général de Monsabert, commandant le 2e Corps d'Armée, va intervenir : il se porte au secours de Strasbourg en détachant deux divisions de combat qui vont rejoindre la Brigade Alsace-Lorraine du colonel Berger (André Malraux). Cette brigade, déjà en place depuis le 2 janvier 1945, va prendre part au combat sous les ordres du lieutenant-colonel, (futur général), Jacquot. Le général Touzet du Vigier est désigné comme adjoint du général de Montsabert. En tant que gouverneur militaire de Strasbourg, il coordonne les interventions des Généraux Garbay, commandant la 1re division française libre (1re D.F.L) et Guillaume, commandant la 3e division d'infanterie algérienne (3e D.I.A) qui vont engager un combat victorieux contre l'envahisseur allemand. Ces généraux français, sortis chacun de l'École militaire de Saint-Cyr, anciens camarades de combat, ont bien assumé la Défense de Strasbourg, face aux attaques des armées allemandes, et notamment des Unités SS, qui ont tout tenté pour reprendre cette ville symbole, dans le cadre de l'Opération Nordwind mise au point par Adolf Hitler. Les historiens militaires rendent hommage aux combattants de la 1re Armée française et à ses Unités des Forces Françaises Libres (1re D.F.L.) et de l'Armée d'Afrique (3e D.I.A.), qui ont défendu Strasbourg avec héroïsme, et en particulier lors des combats d'Obenheim. Le général de Lattre de Tassigny, commandant la Ire armée française, fait appel au général Touzet du Vigier pour participer à la réduction de la poche de Colmar et à sa Libération, dans une action qui va se dérouler du 22 au 29 janvier 1945. Voici le texte de la citation à l'ordre de l'Armée qui lui est décernée : « Officier général de la plus haute valeur. Appelé à assurer pendant la période du 22 au 29 janvier 1945, au moment de l'offensive sur le flanc nord de la poche de Colmar, la coordination de deux divisions françaises, dont une blindée, et d'une division américaine, a fait preuve, au moment le plus difficile de l'attaque, d'une remarquable activité et d'un sens avisé de la manœuvre. Par son action personnelle auprès des généraux commandant les Grandes Unités, autant par son ascendant sur les exécutants, et sa présence sur la ligne de feu, a été un des meilleurs artisans de la rupture du front ennemi, prélude de l'exploitation en direction du Rhin ». Le général Touzet du Vigier fait face à tous les problèmes qui se présentent à Strasbourg et dans la Xe Région militaire dont il assume le commandement. Il s'agit de réduire les poches de résistance allemandes et collaborationnistes qui subsistent encore après la Libération, de détecter les champs de mines et de les éradiquer, d'assurer le contrôle du ravitaillement, et d'accueillir les ouvriers du S.T.O, ainsi que les déportés de retour des Camps de concentration ou des militaires de retour des camps de prisonniers de guerre. Mais, de tous les problèmes qui se sont posés à l'Alsace, l'un des plus poignants fut celui du retour des Malgré nous, c'est-à-dire des jeunes Alsaciens incorporés de force dans l'armée allemande. Pour traiter ce problème dramatique, le général Touzet du Vigier fait preuve d'intelligence et de cœur, et il a le caractère de proposer des solutions humaines acceptables dont les Alsaciens lui sont reconnaissants. Un décret paraît le 29 novembre 1945, signé du général de Gaulle, nommant le général Touzet du Vigier chef de l'État-Major de l'Armée de Terre à Paris. Général de corps d'armée le 25 juin 1945, Jean Touzet du Vigier est nommé chef d'état-major de l'armée le 29 novembre 1945 avec la lourde tâche d'impulser la réorganisation de l'armée française. Il est nommé adjoint du général de Lattre de Tassigny, alors chef d'état-major général et Inspecteur de l'armée de terre le 12 février 1946. Membre de la Commission de réforme de l'Armée de terre puis vice-président de cette commission, il prend sa retraite le 10 octobre 1947. Il intègre le conseil d'administration de la Saint-Cyrienne en 1948, à l'appel de son président, le général Henri Colin, et préside cette association des officiers français issus de l'Ecole de Saint-Cyr en 1960-61. Il préside aussi d'autres amicales: 1re DB, Rhin et Danube, Union de la cavalerie, de l'arme blindée et des chars, Union des amicales régimentaires. En 1951, il devient le directeur général d’un lobby colonial, le Comité central de la France d’outre-mer ( CCFOM ), héritier de l’Union coloniale française et lié aux milieux d’affaires coloniaux, mais en nette perte de vitesse. Jean Touzet du Vigier, né en 1888, s'est éteint au Val de Grâce à Paris, le 15 août 1980. Décorations Chevalier de la Légion d'honneur le 20/7/1918 Officier de la Légion d'honneur le 19/12/1934-JO des 26 et 27/12/34 Commandeur de la Légion d'honneur par Dt du 5/9/39-JO du 15/9/39 Grand Officier de la Légion d'honneur le 8/5/45-Dt du 10/5/45-JO du 24/6/45 Grand Croix de la Légion d'honneur le 5/10/47-Dt du 3/10/47-JO du 24/6/47 Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1939-1945 Officier d'Académie le 13/7/47 Chevalier de l'Ordre de Polonia Restituta Croix du Mérite Américain (1943) ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Touzet_du_Vigier )
  40. 1 point
    Pas de livrée noire pour le prototype Rafale CO1 placé à Balard comme stèle, une mauvaise décision. Le prototype Rafale CO1 exposé dans l'EAR 279 de Châteaudun
  41. 1 point
    Officier général des plus décoré, connu sous le pseudo Ralph Monclar, Raoul MANGIN-VERNEREY. Raoul Charles Magrin-Vernerey, (Budapest, 7 février 1892 – Paris, 3 juin 1964) il est élevé par sa grand-mère maternelle dans le Doubs. il a seize ans lorsqu'il se présente pour s'engager dans la Légion étrangère. En raison de son jeune âge, il n'est pas admis et reprend ses études et entre à Saint-Cyr en 1912, il en sort en 1914 avec la promotion de Montmirail, et le grade de sous-lieutenant. Le 5 août 1914, il rejoint le 60e régiment d'infanterie , il combat au sein de ce régiment et au sein du 260e et termine la guerre avec le grade de capitaine, chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de 11 citations. Blessé sept fois et réformé avec une invalidité de 90 % : cuisse fracturée par balle, bras droit brisé par l'explosion d'une grenade, deux blessures à la tête imposant deux trépanations, les yeux brûlés par des gaz. Après l'armistice du 11 novembre 1918, mis à la disposition du commandant en chef des armées alliées en Orient, il rejoint l’état-major comme chef du 1er bureau au début de 1919. Il est alors administré par le 1er régiment de tirailleurs marocains (RTM). Le 25 septembre, il est désigné pour effectuer un stage au centre d’aviation du 415e RI de San Stefano où il est formé comme observateur avion. À l’issue, il rejoint les services administratifs du Levant à Beyrouth, en qualité d’adjoint à l’administrateur. Il est nommé conseiller administratif de Caza de Sayoun, le 1er mars 1920, puis inspecteur des milices du territoire des Alaouites, le 19 octobre. À ce poste, il mérite une citation à l’ordre de l’armée. Le 11 mai 1921, il est désigné pour encadrer la légion syrienne. Il est affecté à la 4e compagnie du 1er escadron, escadron dont il prend le commandement le 1er juillet. Il cumule cette fonction avec celle d’adjoint au chef de corps. Le 1er mars 1924, il obtient enfin de rejoindre la Légion étrangère dont il rêve depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au 1er REI, il est affecté au 3e REI et prend part à la campagne du Rif au Maroc jusqu'en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient où il est promu au grade de chef de bataillon en 1928. Le 14 octobre 1930, il est désigné pour prendre le commandement du 16e bataillon de chasseurs à pied. Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme qu'en octobre 1941. Affecté au 2e REI, il séjourne au Maroc puis rejoint le 5e REI au Tonkin. Rentrant d'Extrême-Orient, il prend en janvier 1938 le commandement du bataillon d'instruction de Saïda, il est promu au grade de lieutenant-colonel le 25 juin de la même année, avant de repartir au Maroc avec le 4e REI. Le 23 février 1940, il rejoint le 3e REI qui forme un groupement de bataillons de marche de type montagne. Il est désigné comme chef de corps des deux bataillons de Légion qui forment la 13e demi-brigade légère de montagne de Légion étrangère (DBLE). Regroupée d’abord au camp du Larzac puis à Sathonay, son unité se prépare à une campagne dont la destination n’est pas fixée. Ce sera le début de l'épopée de la 13e DBLE, la longue route ne fait que commencer. Le 13 mai, à Bjervik en Norvège, la 13e DBLE livre son premier combat, conquiert quatre objectifs, force l'ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu'à dix avions bimoteurs. Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent à Narvik ce que l'on a appelé « la seule victoire française de 1939-1940 », victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre de l'Armée, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeil, pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel. À peine revenu en Bretagne, le 16 juin , avec 500 de ses hommes, il embarque le 19 juin à Saint-Jacut-de-la-Mer où via Jersey, il rejoint le 21 juin, avec la moitié de sa demi-brigade, les Forces françaises libres en Angleterre et adopte alors le pseudonyme de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne, d'où sa famille est originaire). Il est promu au grade de colonel. Fin août 1940, il est envoyé en Afrique avec la 13e DBLE (Dakar, Freetown puis le Cameroun), il refuse de participer aux combats de ralliement au Gabon pour ne pas avoir à combattre des Français. Participant aux opérations menées contre les forces de l'Axe en Afrique, c'est lui qui, à la tête de la brigade française libre d'Orient en Érythrée, prend Massaoua dans le cadre de la bataille de Keren en mars 1941, une opération qu'il a préparée et menée. Il entre dans la ville avec une section d'éclaireurs motocyclistes et fait prisonniers l'amiral Bonatti, commandant des forces italiennes en Afrique orientale, 8 autres officiers généraux, 440 officiers et 14 000 soldats des forces italiennes. En juin 1941, il refuse de combattre en Syrie contre d'autres Français, en particulier les légionnaires du 6e REI. Il est remplacé à la tête de la 13e DBLE par le lieutenant-colonel et prince Amilakvari. En octobre 1941, il nommé délégué et commandant des troupes pour le territoire des Alaouites et deux mois plus tard, en Seconde Guerre mondiale : décembre 1941, il est promu général de brigade. Il retourne à Londres en décembre 1942 et devient Commandant des Forces terrestres françaises en Grande-Bretagne. En novembre 1943 et jusqu'à la fin de la guerre, il est adjoint au général commandant supérieur des troupes du Levant3 et participe à la pacification du nord de la Syrie où se déroulent des troubles violents en mai et juin 1945. Promu général de division en 1946, il devient adjoint au commandant supérieur des troupes d'Algérie. Il est, en 1948, « chargé de mission permanente d'inspection des unités de Légion ». Pendant près de 2 ans, il effectue d'incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en Algérie, au Maroc, à Madagascar, en Indochine où il participe aux combats de Cochinchine et du Tonkin. En 1950, général de corps d'armée, à la veille de sa retraite, il se porte volontaire pour commander le Bataillon français de l'ONU en cours de formation pour intervenir en Corée et échange ses étoiles contre les galons panachés de lieutenant-colonel pour pouvoir le faire. Atteint par la limite d'âge, il rentre en France en 1951. En 1962, succédant au général Kientz, il devient gouverneur des Invalides. A ce titre il est désigné président d'honneur de l'association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire. C'est à ce poste d'honneur, qu'il meurt le 3 juin 1964 au Val-de-Grâce à Paris. Il est inhumé dans le caveau des gouverneurs, dans la crypte de l'église Saint-Louis-des-Invalides. Il a été le président fondateur de l'Association nationale des anciens des forces françaises de l'ONU et du régiment de Corée. Décorations françaises Grand-croix de la Légion d'honneur. Compagnon de la Libération (décret du 1er juin 1943). Médaille militaire. Croix de guerre 1914-1918 (11 citations : 7 palmes, 1 étoile de vermeil, 2 étoiles d’argent et 1 étoile de bronze). Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (7 citations : 5 palmes et 2 étoiles de vermeil). Croix de guerre 1939-1945 (3 citations : 3 palmes). Médaille de la Résistance française, avec rosette. Médaille des évadés. Insigne des blessés militaires (7 blessures). Croix du combattant volontaire 1914-1918. Médaille coloniale (avec agrafes Maroc 25-26 et Érythrée). Médaille commémorative de Syrie-Cilicie. Médaille commémorative de la guerre 1914-1918. Médaille interalliée de la Victoire. Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945. Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre. Médaille commémorative française des opérations de l'Organisation des Nations unies en Corée. Médaille commémorative pour le Liban (1926). Décorations étrangères Grand officier de l'ordre du Dragon d'Annam (Annam). Commandeur de l'ordre de la Couronne (Belgique). Croix de guerre 1914-1918 (Belgique). Grand-croix de l'ordre royal (Cambodge). Grand-croix de l'ordre de l'Étoile d'Anjouan (Comores). Cordon Taegeuk avec étoile d'argent de l'ordre du mérite militaire (Corée du sud). Silver Star (États-Unis). Officier de la Legion of Merit (États-Unis). Croix de guerre (Grèce). Ordre du mérite (Liban). Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc). Grand-croix de l'ordre de Saint-Olaf (Norvège). Croix de guerre avec glaive (Norvège). Ordre militaire de Virtuti Militari (Pologne). Officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie avec glaives (Roumanie). Ordre de l'Empire britannique (Royaume-Uni). Croix militaire (Royaume-Uni). ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Magrin-Vernerey )
  42. 1 point
    Parmi les grands vainqueur de la guerre 14-18, on ne peut oublier le maréchal Philippe PETAIN. Malheureusement lors du second conflit mondial, son engagement comme chef du gouvernement de Vichy, prônant la collaboration, son rôle dans l'arrestation puis la déportation de juifs Français, lui fit perdre son honneur et celui de la France. Je précise que cet article n'a pas pour but de faire l'apologie de crime et je rappel que le maréchal Pétain fut jugé, condamné et qu'il mourut en détention. Philippe Pétain, né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort en captivité le 23 juillet 1951 sur l'île d'Yeu (Vendée), Son oncle, l'abbé Legrand, le présente au châtelain du village de Bomy, Édouard Moullart de Vilmarest, qui souhaitait financer les études d'un jeune villageois se destinant à une carrière militaire. Philippe Pétain prépare, au collège des Dominicains d'Arcueil (1875), l'école de Saint-Cyr, qu'il intègre en 1876. À l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est de la promotion Plewna, avec le vicomte Charles de Foucauld, futur bienheureux, et Antoine Manca de Vallombrosa, futur célèbre aventurier. Entré parmi les derniers (403e sur 412), il sort en milieu de classement (229e sur 336). Cinq ans sous-lieutenant, sept ans lieutenant, dix ans capitaine (promu en 1890), il gravit lentement les échelons militaires. Il est admis en 1888 à l'École supérieure de guerre et en sort breveté d'état-major deux ans plus tard au 56e rang. Sa carrière est lente dans l'armée assez aristocratique des années 1890. Lors de l’affaire Dreyfus, le capitaine Pétain n'est pas antidreyfusard : ultérieurement, il affirme à son chef de cabinet civil Henry du Moulin de Labarthète « J'ai toujours cru, pour ma part, à l'innocence de Dreyfus » mais juge que Dreyfus s’était mal défendu et que sa condamnation était logique Philippe Pétain est promu dans la période de « républicanisation de l'armée » qui suit l'affaire Dreyfus : aide de camp de Joseph Brugère, général républicain nommé gouverneur militaire de Paris par le gouvernement de défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau pour réduire l'influence antidreyfusarde dans l'armée Au début de sa carrière militaire, Philippe Pétain est affecté à différentes garnisons, mais ne participe à aucune des campagnes coloniales. En 1900, chef de bataillon, il est nommé instructeur à l’École normale de tir du camp de Châlons-sur-Marne . Il s’oppose à la doctrine officielle de l'époque qui veut que l'intensité du tir prime la précision et qui privilégie les attaques à la baïonnette pour l'infanterie et la poursuite à outrance pour la cavalerie. Il préconise au contraire l'utilisation des canons pour les préparations et les barrages d'artillerie, afin de permettre la progression de l'infanterie, laquelle doit pouvoir tirer précisément sur des cibles individuelles. Le directeur de l'école signale la « puissance de dialectique […] et l'ardeur […] » « avec lesquelles il défend des thèses aussi aventurées ». En 1901, il occupe un poste de professeur adjoint à l’École supérieure de guerre, à Paris, où il se distingue par des idées tactiques originales. Il y est de nouveau de 1904 à 1907, puis de 1908 à 1911 reprenant sans ménagement le poste de titulaire de la chaire de tactique de l’infanterie à Adolphe Guillaumat. Il s’élève alors violemment contre le dogme de la défensive prescrit par l’instruction de 1867, « l’offensive seule pouvant conduire à la victoire ». Mais il critique aussi le code d’instruction militaire de 1901 prônant la charge en grandes unités, baïonnette au canon, tactique en partie responsable des milliers de morts d’août et septembre 1914. Humiliés par la défaite de 1870, les états-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. À partir de 1911, l'État-major prône l'offensive à outrance. Pétain, lui, préconise la manœuvre, la puissance matérielle, le mouvement, l’initiative : « le feu tue ». Ainsi, il déclare à un élève officier : « Accomplissez votre mission coûte que coûte. Faites-vous tuer s'il le faut, mais si vous pouvez remplir votre devoir tout en restant en vie, j'aime mieux cela. » Parmi les officiers rangés sous ses ordres, il est le 20 octobre 1912, premier chef de corps de Charles de Gaulle, alors sous-lieutenant au 33e régiment d'infanterie stationnée à Arras. En septembre 1913, devant commenter, devant les officiers réunis, un exercice conçu par le général Gallet, qui, lors de manœuvres, a fait charger à la baïonnette des nids de mitrailleuses, qui naturellement tiraient à blanc, le colonel Pétain répond que le général commandant la 1e division d'infanterie vient de montrer, afin de frapper les esprits, toutes les erreurs qu'une armée moderne ne doit plus commettre. Après avoir détaillé la puissance de feu des armes allemandes, il conclut par : « C’est par le feu qu’il faut détruire l’objectif avant de s’en emparer. Messieurs n’oubliez jamais que le feu tue ! » Franchet d'Esperey est nommé en novembre 1913 commandant du 1er Corps d'Armée à Lille en remplacement du général anticlérical Henri Crémer. En janvier 1914, Franchet d'Esperey nomme le colonel Pétain pour assurer la vacance du général de Préval commandant la 3e brigade d'infanterie à Arras qui quitte l'armée d'active pour des problèmes de santé. Le 28 mars 1914, par permution avec le général Deligny , Philippe Pétain est nommé au commandement de la 4e brigade d’infanterie qui est composée de deux régiments, le 8e régiment d'infanterie en garnison à Saint-Omer, Calais et Boulogne et le 110e régiment d'infanterie en garnison à Dunkerque, Bergues et Gravelines. Le commandement du 33e régiment d'infanterie est repris par le lieutenant-colonel Stirn. Arrivé à Saint-Omer, Philippe Pétain, pourtant excellent cavalier, fait une mauvaise chute de cheval. Le docteur Louis Ménétrel (père de Bernard Ménétrel) interdit l'amputation de la jambe gauche et sauve Pétain. Adolphe Messimy, qui est redevenu ministre de la Guerre le 12 juin et qui a pris pour chef de cabinet militaire le général Guillaumat, adresse le 24 juillet un refus au général Anthoine, venu solliciter la nomination de Pétain au grade de général. Ses biographes identifient ce manque de reconnaissance comme un des éléments structurant la personnalité de Pétain. À 58 ans, en juillet 1914, le colonel Philippe Pétain s’apprête à prendre sa retraite après une carrière relativement modeste Dès le début de la Première Guerre mondiale, le 3 août 1914, il se distingue à la tête de la 4e brigade d’infanterie en couvrant la retraite du général Lanrezac en Belgique. Il fait partie des officiers rapidement promus au début de la guerre pour remplacer ceux qui ont échoué : général de brigade le 31 août 1914 il commande la 6e division d'infanterie à la tête de laquelle il participe à la bataille de la Marne (durant laquelle il conseille l'usage de l'artillerie et de l'aviation). Il devient général de division le 14 septembre. Nommé le 20 octobre 1914 général commandant de corps d'armée, il prend le commandement du 33e corps et réalise des actions d’éclat lors de l'offensive en Artois, affecté sur le secteur du front où il avait grandi ; ayant pourtant désapprouvé ouvertement l'offensive de Joffre en Champagne, il est cependant l'auteur de la seule percée (9 mai 1915), qu'il ne peut exploiter en raison de l'absence de renforts ; son souci d’épargner leurs vies le rend populaire parmi ses hommes. En juin 1915, promu, il commande la IIe armée. Sous les ordres du futur maréchal Joffre et du général de Castelnau, il est l'un des 8 commandants à la bataille de Verdun, en poste du 25 février au 19 avril 1916. Son sens de l'organisation, soutenu par un réel charisme ne sont pas étrangers à l’issue victorieuse du combat, huit mois plus tard, même si la ténacité de ses troupes, comme celle du commandant Raynal au fort de Vaux, en a été le facteur décisif. Sa vision stratégique de la bataille lui fait comprendre que le meilleur soldat du monde, s’il n’est pas ravitaillé, évacué en cas de blessure, ou relevé après de durs combats, est finalement vaincu. Pétain met en place une noria de troupes, d’ambulances, de camions de munitions et de ravitaillement sur ce qui devient la «voie sacrée ». Comprenant la valeur de l’aviation dans les combats, il crée en mars 1916 la première division de chasse aérienne pour dégager le ciel au-dessus de Verdun. Il réaffirme cette vision dans une instruction de décembre 1917 : « L’aviation doit assurer une protection aérienne de la zone d’action des chars contre l’observation et les bombardements des avions ennemis […] ». Il a tiré de cette période le titre de « vainqueur de Verdun », même si cette appellation a été surtout exploitée plus tard, sous le régime de Vichy. Ce célibataire reçoit plus de 4 500 lettres d'admiratrices durant le premier conflit mondial. Toutefois, Joffre, Foch et Clemenceau attribuent la victoire de Verdun à Mangin et à Nivelle, et ont reproché à Pétain son pessimisme. En fait, comme la réputation de Pétain s'affirme auprès des soldats après les erreurs de Nivelle (en 1917), il existe deux traditions de la victoire de Verdun, comme l'écrit Marc Ferro, biographe de Pétain, « celle des chefs militaires et politiques, qui la mettent au crédit de Nivelle, et celle des combattants, qui ne connaissent que Pétain ». En 1917, le général Nivelle prend la tête des armées françaises, alors que Joffre n’était que le chef du front du Nord-Est. Le général Pétain est nommé chef d'état-major général, poste spécialement recréé pour lui. Il s’oppose à Nivelle, peu économe du sang de ses hommes, dont la stratégie d’offensive à outrance contraste avec le pragmatisme de Pétain Le commandement de Nivelle aboutit à la bataille du Chemin des Dames, à la mi-avril 1917 : 100 000 hommes sont mis hors de combat du côté français en une semaine. Bien que les Français, à défaut de percer, aient tenu, le mécontentement gronde, provoquant des mutineries dans de nombreuses unités. Nivelle est renvoyé, et Pétain se trouve en situation de lui succéder, par sa réputation à Verdun et ses prises de positions visant à limiter les pertes. Le 15 mai 1917, il est nommé commandant en chef des armées françaises. Son commandement cherche à redonner confiance aux troupes en améliorant les conditions de vie des soldats, en accordant plus libéralement des permissions, en mettant fin aux offensives mal préparées, et en faisant condamner les mutins, dont seule une minorité seront fusillés, malgré les exigences d'une partie des hommes politiques. Pour ne pas gaspiller la vie des soldats, il lance des offensives plus limitées, et toutes victorieuses. Il reprend aux Allemands lors de la deuxième bataille de Verdun en août 1917 tout le terrain perdu en 1916. Il reprend la crête du Chemin des Dames lors de la bataille de la Malmaison, en octobre 1917. Mais, le 21 mars 1918, les Allemands rompent le front en Picardie, menaçant Amiens. Pétain est un candidat possible au titre de généralissime des troupes alliées, mais, avec l'appui des Britanniques, Clemenceau, qui le juge trop porté à la défensive et trop pessimiste, lui préfère Foch, partisan de l'offensive, lors de la conférence de Doullens du 26 mars. Foch, à l’origine de la coordination des troupes alliées, en est désormais le chef suprême. Pétain conserve son rôle de général en chef des armées françaises, mais, de fait, il passe sous les ordres de Foch. Pendant l'offensive allemande de 1918, il conseille la prudence, là où Foch choisit la contre-offensive (victorieuse). Le 22 juin 1918, le Comité de guerre lui retire son droit d'en appeler au gouvernement en cas de désaccord avec Foch. En août 1918, la médaille militaire lui est attribuée : « Soldat dans l’âme, n’a cessé de donner des preuves éclatantes du plus pur esprit du devoir et de haute abnégation. Vient de s’acquérir des titres impérissables à la reconnaissance nationale en brisant la ruée allemande et en la refoulant victorieusement ». En octobre 1918, il prépare une grande offensive qui aurait mené les troupes franco-américaines jusqu’en Allemagne. Cette grande offensive, prévue à partir du 13 novembre, n’a pas lieu : contre son avis, Foch et Clemenceau ont accepté de signer le 11 novembre l’armistice demandé par les Allemands. À la demande des officiers du GQG, le maréchal Foch fait, le 17 novembre 1918, une démarche auprès du président du conseil Georges Clémenceau. Le 19 novembre 1918, le général Pétain apprend à midi par téléphone qu'il va obtenir le bâton de maréchal puis, en début d'après-midi, assiste, impassible sur son cheval blanc suivi du général Buat et de vingt-cinq officiers du GQG, au défilé des troupes de la 10e armée entrant officiellement à Metz par la porte Serpenoise sous les vivats d'une foule en liesse. Pétain est élevé à la dignité de maréchal de France par décret du 21 novembre 1918 (publié au Journal officiel le 22. Il reçoit à Metz son bâton de maréchal, le 8 décembre 1918. Il est l'un des très rares acteurs militaires de premier plan de la Grande Guerre à n'avoir jamais voulu publier ses mémoires de guerre. En 2014 est publié un manuscrit inédit de Philippe Pétain qui retrace le conflit tel que Pétain l'avait vécu. Les différents témoignages à son sujet, « au-delà des inévitables références au grand soldat soucieux de la vie de ses hommes, soulignent son caractère secret, son manque d'humour, sa froideur, son apparence marmoréenne, terme qui revient souvent sous la plume des différents auteurs ». L'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac rappelle que « Pétain était, dès 1914-1918, un chef d'un pessimisme que Clemenceau jugeait intolérable, bien qu'il l'ait toujours couvert ». Populaire, couvert d'honneurs, (le 12 avril 1919, il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques), marié (le 14 septembre 1920, à 64 ans, avec Eugénie Hardon, 42 ans sans descendance) Pétain devient progressivement la référence principale pour les anciens combattants pendant l'entre deux guerres, profitant de la mise à l'écart et des décès des autres maréchaux. Il reste jusqu'en 1931 chef de l'armée, (écartant Joffre puis Foch auquel il succède à l'académie Française), quel que soit le régime politique en place (en 1924, au moment du cartel des gauches il se serait opposé à l'hypothèse d'un coup d'État militaire envisagée par Lyautey qu'il écarte du Maroc en intervenant personnellement lors de la guerre du Rif en soutien à Franco). Il a une influence majeure sur la réorganisation de l'armée entouré d'un cabinet dont De Gaulle est une des plumes. Toutefois à partir de 1929, son opposition à Maginot l'écarte de la tête des armées au profit de la génération des collaborateurs de Foch (Weygand). Il s'appuie sur sa popularité auprès des ligues pour accepter après le 6 février 1934, le ministère de la guerre, auquel il ne peut revenir en 1935 ni pendant le Front Populaire. Le cabinet Chautemps le choisit comme ambassadeur auprès de Franco après la fin de la guerre d'Espagne jusqu'en juin 1940. Général en chef de l’Armée française (il le reste jusqu’au 9 février 1931), il estime en 1919 à 6 875 le nombre de chars nécessaires à la défense du territoire (3 075 chars en régiment de première ligne, 3 000 chars en réserve à la disposition du commandant en chef et 800 chars pour le remplacement des unités endommagées). Il écrit : « C’est lourd, mais l’avenir est au maximum d’hommes sous la cuirasse ». De 1919 à 1929, avec la présence d'un ami au poste de chef d'état-major des armées (le général Buat jusqu'en 1923, puis après sa mort le général Debeney), il s'oppose à la construction de fortifications défensives, préconisant au contraire la constitution d'un puissant corps de bataille mécanisé capable de porter le combat le plus loin possible sur le territoire ennemi dès les premiers jours de la guerre. Il parvient à rester l'instigateur principal de la stratégie, obtenant, en juin 1922, la démission du maréchal Joffre de la présidence de la Commission d'étude de l'organisation de la défense du territoire créée quinze jours plus tôt, et s'opposant, lors de la séance du Conseil supérieur de la guerre du 15 décembre 1925, à la construction d’une ligne défensive continue. Il y prône des môles défensifs sur les voies d’invasion. Lors de la séance du 19 mars 1926, et contre l’avis de Foch, qui estime que Pétain donne à tort aux chars une importance capitale, il préconise et obtient l’étude de trois prototypes de chars (léger, moyen et lourd). Il doit, cependant, finir par s'incliner et accepter la construction de la ligne Maginot, lorsque André Maginot, alors ministre de la Guerre, déclare, lors du débat parlementaire du 28 décembre 1929 : « ce n'est pas Pétain qui commande, mais le ministre de la Guerre ». En 1925 et 1926, Pétain combat la révolte des forces d’Abd el-Krim, chef de la très jeune république du Rif, au Maroc contre les voisins espagnols. Pétain remplace avec peu d'égards le maréchal Lyautey, et a des troupes françaises sous son commandement, en campagne avec une armée espagnole (450 000 hommes au total), dans laquelle se trouve aussi Franco, mènent une campagne victorieuse, en partie grâce à l'emploi par les Espagnols d'armes chimiques sur les populations civiles. Abd el-Krim se plaignit à la Société des Nations de l'utilisation par l'aviation française de gaz moutarde sur les douars et les villages Le 20 juin 1929, il est élu à l’unanimité membre de l’Académie française, au 18e fauteuil, où il succède au maréchal Foch. Le 22 janvier 1931, il est reçu à l'Académie française par Paul Valéry, dont le discours de réception, qui retrace sa biographie, rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain, « le feu tue » et comporte des considérations sur la façon dont « la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre » et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre. Le discours de réception du maréchal Pétain est un hommage au maréchal Foch auquel il succède. Le 9 février 1931, il est remplacé par le général Weygand au poste de vice-président du Conseil supérieur de la guerre (correspondant à la fonction de commandant suprême de l’Armée), et nommé inspecteur général de la défense aérienne du territoire. Après le 6 février 1934, le 9 février 1934, Philippe Pétain est nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue de tendance radicale, fonction qu’il occupe jusqu’au renversement du cabinet le 8 novembre 1934. Il participe par la suite au Conseil supérieur de la guerre, où il soutient la politique de guerre offensive promue par le colonel de Gaulle, qui fut un temps son « porte-plume », préconisant la concentration de chars dans des divisions blindées. La France reconnaît officiellement le nouveau gouvernement franquiste le 27 février 1939. Le 2 mars 1939, Pétain est nommé ambassadeur de France en Espagne. Chef du régime de Vichy https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Pétain Procès et condamnation Le procès du maréchal Pétain débute le 23 juillet 1945 devant la Haute Cour de justice créée le 18 novembre 1944. Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par Paul Mongibeaux, promu à cette occasion par le gouvernement provisoire du général De Gaulle, premier président de la Cour de cassation, assisté du président de la chambre criminelle à la Cour de cassation Donat-Guigne, et Picard, premier président de la Cour d'appel. Tous trois avaient prêté serment de fidélité au maréchal. Le ministère public est représenté par le procureur général André Mornet, président honoraire de la Cour de cassation. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment Robert Pimienta et Lucie Aubrac. Après récusations de la défense, les jurés sont : pour les parlementaires : Gabriel Delattre, Émile Bender, Georges Lévy-Alphandéry, Michel Tony-Révillon, Émile Bèche, Adrien Mabrut, Louis Prot, René Renoult, Jean Pierre-Bloch, Pétrus Faure, Paul Sion, Léandre Dupré, Camille Catalan (suppléant), Jammy Schmidt (suppléant), Joseph Rous (suppléant) et Eugène Chassaing (suppléant) pour les non-parlementaires : Henri Seignon, Jacques Lecompte-Boinet, Lorignet, Roger Lescuyer, Roger Gervolino, Maurice Guérin, Jean Guy, Ernest Perney, Pierre Meunier, Pierre Stibbe, Dr Porcher, Marcel Bergeron, Georges Poupon (suppléant), Jean Worms dit Germinal (suppléant), Marcel Levêque (suppléant), Gilbert Destouches (suppléant) Défendu par Jacques Isorni, Jean Lemaire et le bâtonnier Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du général de Gaulle et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français qui l’avaient désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard Daladier, Paul Reynaud, Léon Blum, Pierre Laval, soit à décharge : le général Weygand, le pasteur Marc Boegner, ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre Jean Rodhain, seul homme d'Église à témoigner à décharge. Le procès s’achève le 15 août 1945 à l’aube. La cour déclare Pétain coupable, notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. La condamnation a été votée à une voix de majorité. Le verdict de la Haute Cour de justice reconnaît Philippe Pétain coupable d'indignité nationale et le condamne à la dégradation nationale ; cette décision, interprétée stricto sensu, « lui retire son rang dans les forces armées et son droit à porter ses décorations ». Le titre de maréchal de France étant une dignité et non un grade, ses partisans considèrent que Philippe Pétain conserva ce titre après sa condamnation. À la fin du procès, il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951. Cependant, certains considèrent qu’il fut, de facto, déchu de sa dignité et qu’il convient, comme le font les historiens d'aujourd'hui, de le nommer simplement « Philippe Pétain », en particulier à partir de sa condamnation le 15 août 1945, ou encore l’« ex-maréchal Pétain ». Accomplissant le vœu de la Haute Cour de justice, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République, commue la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité le 17 août 1945. Compte tenu de la peine de dégradation nationale (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944), Philippe Pétain est exclu automatiquement de l'Académie française (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'Institut). Toutefois, celle-ci s’abstint d’élire un remplaçant de son vivant au 18e fauteuil, égard dont bénéficia également Charles Maurras (tandis qu’Abel Bonnard et Abel Hermant sont remplacés dès 1946). Emprisonnement Philippe Pétain est emprisonné au fort du Portalet, un fort de montagne, dans les Pyrénées-Atlantiques (alors les Basses-Pyrénées), du 15 août au 16 novembre 1945. Pendant le régime de Vichy, ce fort avait servi de lieu de détention pour plusieurs personnalités politiques. Il est ensuite transféré au fort de la Citadelle sur l'île d'Yeu, au large de la Vendée. Il sera, hormis ses gardiens, le seul occupant du fort. Son épouse installée à son tour dans l’île, bénéficie d’un droit de visite quotidien. Au cours de ces années, les avocats de Philippe Pétain et plusieurs dignitaires étrangers, parmi lesquels l'ancien roi Édouard VIII et la reine Mary, réclament sa libération auprès des gouvernements successifs. Ceux-ci, emmêlés dans l'instabilité politique de la Quatrième République, préfèrent cependant ne pas prendre de risque sur un sujet sensible pour l'opinion publique. Début juin 1946, le président américain Harry Truman intervient sans succès pour réclamer sa libération, proposant de lui accorder l'asile politique aux États-Unis. La santé mentale de Philippe Pétain décline à partir de la fin des années 1940, les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Après avoir pris position en ce sens dès 1949, le général de Gaulle déclare le 26 mai 1951 à Oran, dans un discours prononcé place d'Armes devant une foule d'environ 8 000 personnes, qu'« il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu'on laisse mourir en prison le dernier Maréchal ». Eu égard à cette situation, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorise le 8 juin 1951 « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville a lieu le 29 juin 1951, où Philippe Pétain meurt le 23 juillet 1951. Veillé par Jean Rodhain, il est inhumé le surlendemain dans le cimetière de Port-Joinville, sur l’île d’Yeu. La translation de la dépouille du maréchal Pétain à la nécropole de Douaumont à côté de Verdun est réclamée à plusieurs reprises par l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) à partir de 1951, au nom de la « réconciliation nationale ». Ce transfert correspond à un souhait de Pétain, tel qu’écrit dans son testament de 1938, qui souhaitait reposer auprès des centaines de milliers de soldats français qui sont tombés pendant la bataille de Verdun. L'association organise notamment une pétition en ce sens en mai 1954, soutenue par de très nombreuses associations d'anciens combattants de 1914-1918, qui recueille près de 70 000 signatures. Les gouvernements français successifs s'opposeront toujours à cette demande. Il s'agit en fait avec celle-ci, selon l'analyse d'Henry Rousso, « d'oublier le maréchal de 1940 au profit du général de 1916, d'utiliser la mémoire des anciens combattants de la Grande Guerre, pour qui Pétain reste l'homme du « On les aura ! », au profit d'une idéologie ». Le 19 février 1973, à 2 h du matin, le cercueil du maréchal Pétain est enlevé par des membres de l’extrême droite, à l'instigation de l'avocat et homme politique Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien de l’OAS, afin d’opérer le transfert de sa dépouille à Douaumont. Malgré les précautions prises, l'enlèvement est découvert quelques heures plus tard ; il fait rapidement la une des médias français et mobilise les autorités. Le commando abandonne alors sa route vers Verdun, trop risquée, et remonte sur Paris. Le cercueil est ensuite dissimulé dans un garage de Saint-Ouen tandis que Tixier-Vignancour tente de négocier un transfert de la dépouille aux Invalides. Hubert Massol, le chef du commando, se rend finalement le 21 février après l'arrestation de ses complices et indique où se trouve le cercueil. Celui-ci est ramené à l'île d'Yeu dès le lendemain et réinhumé après une brève cérémonie. La tombe est cette fois bétonnée. La tombe de Philippe Pétain est fleurie au nom de la présidence de la République le 10 novembre 1968 (sous le général de Gaulle, à l'occasion du 50e anniversaire de l'armistice de 1918)204,205,206, le 22 février 1973 (sous Georges Pompidou, à la suite de la réinhumation suivant le vol du cercueil) et en 1978 (sous Valéry Giscard d'Estaing, 60e commémoration de la victoire de 1918)206. Pendant la présidence de François Mitterrand, elle est fleurie le 22 septembre 1984 (jour de la rencontre avec le chancelier Helmut Kohl à Verdun), puis le 15 juin 1986 (70e anniversaire de la bataille de Verdun), puis chaque 11 novembre entre 1987 et 1992. Cette pratique ne cesse qu’après de nombreuses protestations dont celles de la communauté juive. François Mitterrand ayant déclaré qu’il honorait simplement la mémoire de l’homme de Verdun et nullement celle du chef de l’État français, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius fit remarquer que, lorsque l’on juge un homme, on le fait sur l’ensemble de sa vie. Selon l’historien André Kaspi, une telle distinction est artificielle : « Le Pétain collaborateur de 1940-1944 n’a pu égarer les Français et en convaincre bon nombre de le suivre que parce qu’il bénéficiait du prestige du Pétain de 1914-1918. L’un n’aurait pas existé sans l’autre ». Pour le général de Gaulle, « Si, par malheur, en d’autres temps, dans l’extrême hiver de sa vie et au milieu d’événements excessifs, l’usure de l’âge mena le maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie ». Sa sépulture fut de nouveau profanée en 2007, 2017 et en 2018. ( Source : Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Pétain )
  43. 1 point
    Lorsque l'on parle de Foch, on ne peut dissocier le maréchal Joseph JOFFRE. Joseph Joffre est un officier général français de la Première Guerre mondiale, né le 12 janvier 1852 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et mort le 3 janvier 1931 à Paris 7e. Après un début de carrière marqué par les expéditions coloniales (Tonkin, Soudan français et Madagascar), il est nommé en 1911 chef d'État-Major général de l'Armée, notamment parce qu'il est un spécialiste de la logistique ferroviaire. En 1914, en tant que commandant en chef des armées, il met en œuvre le plan de mobilisation et de concentration (le plan XVII), puis fait appliquer le principe de l'« offensive à outrance », alors enseigné à l'École de guerre, qui se révèle extrêmement coûteux en vies humaines, notamment lors de la bataille des Frontières. Il est ensuite l'artisan de la victoire alliée lors de la bataille de la Marne. Confronté à l'impasse de la guerre de position sur le front Ouest, ses offensives de l'hiver 1914-1915 (en Champagne), du printemps 1915 (en Artois), de l'automne 1915 (de nouveau en Artois et en Champagne) et de l'été 1916 (sur la Somme) échouent. Fin 1916, il est élevé à la dignité de maréchal de France et remplacé par le général Nivelle. En avril 1917, il conduit avec Viviani la délégation française envoyée aux États-Unis et convainc le président Wilson de hâter la formation et l'envoi de l'armée américaine sur le front. En 1918, il est élu à l'Académie française. Classé 14e sur 132 au concours d’entrée à l'École polytechnique de juillet 1869, il est le benjamin de sa promotion car il n'a que dix-sept ans. Un de ses amis dira de lui : « Il avait vraiment bon air, sous le frac, avec ses galons d'or tout neufs ». Il suit l'instruction militaire depuis quelques mois quand la guerre franco-prussienne éclate durant l’été 1870. Il est aussitôt affecté au bastion 39, près de La Villette. Il est déçu par la médiocrité de la défense française. Joseph Joffre participe à la guerre comme sous-lieutenant des 8e, 4e et enfin 21e régiments d'artillerie. En mars 1871 seulement, il retrouve l'École polytechnique avec ses camarades. Durant la Semaine sanglante, Joffre se montre hostile à la Commune de Paris6. En juillet 1871, il retrouve une nouvelle fois l'École. À sa sortie de Polytechnique, il choisit le génie militaire et est affecté au 2e régiment à Montpellier en novembre 1871. Promu lieutenant en 1872, il est détaché à l'École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau. Joffre est affecté au 1er régiment à Versailles au cours du printemps 1874. Il participe à la reconstruction de l'enceinte fortifiée de Paris puis il dirige la construction du fort de Montlignon (Seine-et-Oise, 1874). Nommé capitaine, le jeune officier part pour Pontarlier travailler aux fortifications du Jura en 1876, puis à celles de Mont-Louis et Villefranche-de-Conflent dans les Pyrénées-Orientales de 1883 à 1884. Sa demande de partir en Extrême-Orient est acceptée quelques mois après son dépôt, à la fin de l'année 1884. De retour à Paris, le capitaine Joffre reçoit sa mutation en Extrême-Orient, où la France cherche depuis plusieurs années à accroître son emprise économique et militaire. En janvier 1885, il embarque à Marseille et arrive sur l'île de Formose un mois et demi plus tard. Là-bas, il est nommé chef du génie sous les ordres de l'amiral Amédée Courbet. Chargé de fortifier la base de Chilung (organiser la communication, fortifier et loger), Joffre suit l'objectif de remporter la mainmise sur le Tonkin dans la guerre franco-chinoise. Deux ans plus tôt, en avril 1883, l'Annam avait accordé un protectorat français sur le Tonkin contre l'avis de la Chine. Nommé chef du génie à Hanoï, Joseph Joffre organise les postes de défense du Tonkin septentrional en juillet 1885. Il tente d'améliorer les hôpitaux, d'ouvrir de nouvelles routes, des digues et des bureaux pour l'armée française. Au mois de septembre suivant, la Chine abandonne toute prétention sur le Tonkin. Très satisfait de son subalterne, Courbet fait décorer l'officier du génie de la Légion d'honneur le 7 septembre. En janvier 1887, le capitaine Joffre obtient sa première citation pour sa participation, au sein de la colonne Brissaud, aux opérations contre la position retranchée de Ba Dinh. Il y dirige les travaux de sape contre la citadelle assiégée et joue un rôle dans la victoire : il est cité à l'ordre de la division du Tonkin (mars 1887). En janvier 1888, il quitte le Tonkin pour faire le tour du monde (Chine, Japon et États-Unis). De retour en France en octobre 1888, il est attaché au cabinet du directeur du génie et promu au grade de commandant l'année suivante. Chef de bataillon, il est affecté au 5e régiment du génie à Versailles où il se spécialise dans la logistique ferroviaire. En 1891, on le retrouve chargé de cours à l'École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau. En octobre 1892, le commandant Joffre est envoyé en Afrique dans la région du Soudan français (aujourd'hui le Mali) réclamé par le colonel Louis Archinard. Là, son objectif est de diriger la construction d'une ligne de chemin de fer entre Kayes, la capitale de la région depuis 1892, et Bamako. En décembre 1893, Louis Albert Grodet succède au général Archinard comme gouverneur du Soudan français. Paris lui demande d'étendre la conquête française, mais de manière pacifique à la différence de son prédécesseur. En déplacement à Tombouctou avec son secrétaire le lieutenant Boiteux en janvier 1894, Grodet est irrité par les officiers français. Prétextant un danger réel et malgré le refus du gouverneur, le lieutenant-colonel Bonnier envoie deux colonnes de troupes, terrestre et navale, pour les protéger. La colonne terrestre est confiée au commandant Joffre alors mêlé à « la campagne de 1894 ». Bonnier ayant péri au cours d'une bataille contre les Touaregs, ce sont les hommes de Joffre qui prennent avec succès Tombouctou le 12 février. Le commandant supérieur du Soudan français déclare : « D'un esprit élevé, d'un caractère conciliant et très droit, Joseph Joffre a su mettre de côté toutes les questions de peu d'importance qui auraient pu soulever quelques difficultés et compromettre la bonne entente avec les chefs de service […] . » Après la prise et la pacification de Tombouctou, Joffre est promu commandant de la région de Kayes-Tombouctou avec le grade de lieutenant-colonel en mars 1894. À son départ, la région semble pacifiée. En mars 1895, il est affecté à l'état-major du génie et devient secrétaire de la commission d'examen des inventions pour l'Armée. Il revoit une ancienne connaissance, Henriette Penon, mariée, avec qui il a une liaison. Un enfant, Germaine, nait le 1er janvier 1898 : nul ne saura jamais si l'enfant est bien de Joffre ou du mari de sa maîtresse. Nommé colonel deux ans plus tard, il participe sous les ordres du général Joseph Gallieni, gouverneur général de Madagascar, à la campagne de colonisation de l'île lancée depuis les années 1895 et 1896. Joffre est alors chargé de la fortification du port de Diego-Suarez pour lutter contre la poche de résistance malgache qui irrite beaucoup Gallieni. À cause d'intrigues politiques, il est contraint de repartir en métropole en janvier 1901c. Entre-temps, il est promu général de brigade et rappelé par Gallieni. Joffre est de retour à Madagascar pour achever sa mission en avril 1902. Son travail exécuté, il retourne en France au cours du printemps 1903 ; il est fait commandeur de la Légion d'honneur. Après un bref passage comme commandant de la 19e brigade de cavalerie à Vincennes, il est nommé directeur du génie au ministère de la Guerre en janvier 1904. Le 26 avril 1905, âgé de cinquante-trois ans, il épouse civilement Henriette Penon. La même année, il obtient sa troisième étoile de général de division et devient en 1906 le nouveau chef de la 6e division d'infanterie à Paris, puis il est nommé inspecteur permanent des écoles militaires en janvier 19076. En mai 1908, le divisionnaire prend en charge le commandement d'un corps d'armée : le 2e corps d'armée à Amiens. C'est de ce poste qu'il est chargé par le gouvernement Clemenceau de réprimer, à la tête de 50 pelotons de cavalerie, en 1909, la grève des boutonniers de l'Oise, notamment dans le canton de Méru. Le général Joffre devient membre du Conseil supérieur de la guerre en mars 1910. Il prend une part active dans l'élaboration des plans de mobilisation, qui induisent les opérations militaires à mener contre l'Allemagne. Le 19 juillet 1911, le général Victor-Constant Michel, chef d'État-Major et président du Conseil supérieur de la Guerre, présente son plan XVI. Celui-ci propose une attente défensive et un élargissement du front jusqu'à la Belgique en mobilisant tous les réservistes. Il est rejeté à l'unanimité par les membres du Conseil. Le 28 juillet, qualifié d'« incapable » par le ministre de la Guerre Adolphe Messimy, il est destitué de ses fonctions en Conseil des ministres. Messimy réforme alors le haut commandement militaire français. Les fonctions de chef d'État-Major général et de généralissime ne font plus qu'une. Dans un premier temps, le général Joseph Gallieni, 62 ans, est consulté pour prendre la tête de l'Armée ; mais il refuse en faisant état de la limite d'âge (64 ans) et de sa santé fragile. Deux autres généraux sont proposés : Paul Pau et Joseph Joffre. Le général Pau refuse pour deux raisons : son âge également de 62 ans et le fait que le gouvernement aura son mot à dire sur la nomination de ses officiers généraux. Par défaut, c'est Joffre qui est nommé le 28 juillet 1911. À 59 ans, il est un des plus jeunes généraux de l'époque, également un des rares officiers de haut rang à avoir une expérience internationale (Formose en 1885 et le Japon en 1888) et enfin il a été un des brillants artisans de l'enracinement de la France dans tous les territoires d'outre-mer (Tonkin, Soudan français et Madagascar). Le 2 août 1911, le généralissime exige la nomination du remuant général Édouard de Castelnau pour le seconder à la tête de l'État-Major. Conscient des risques de conflit avec l'Allemagne, Joffre réorganise l'Armée. Il obtient des financements importants, met en place les aspects logistiques, les infrastructures indispensables et enfin il mise sur de nouvelles unités : l'artillerie lourde et l'aviation. En dernier lieu, le généralissime consolide durant l’année 1913 les rapports avec l'Empire russe et le Royaume-Uni, avec qui la France s'est engagée militairement au sein de la Triple-Entente depuis août 1907. Au cours de l’été 1914, l'Armée française achève de combler une partie de son handicap face au puissant voisin grâce à l'organisation du généralissime Joffre. Le 11 juillet 1914, le généralissime est fait grand-croix de la Légion d'honneur. Le 1er août 1914, l'Allemagne et la France décrètent la mobilisation générale. Le 3 août 1914, l'ambassadeur d'Allemagne Wilhelm von Schoen se présente au président du Conseil René Viviani pour lui remettre la déclaration par laquelle l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le 3 août, l'Allemagne lance un ultimatum à la Belgique d'avoir à laisser passer ses troupes (qui vont attaquer la France suivant le plan Schlieffen). Le 4 août, le roi des Belges Albert 1er et le gouvernement belge soutenus par le Parlement, rejettent l'ultimatum et annoncent que la Belgique se défendra. Le Royaume-Uni annonce le lendemain son intention de se battre aux côtés de la Belgique pour honorer sa garantie de la neutralité belge. Dans le nuit du 5 au 6 août, six brigades allemandes tentent un coup de main sur Liège, prennent le fort de la Chartreuse, puis la ville et sa citadelle mais échouent face aux autres forts. Le 8 août, Joffre, qui ne vole pas au secours des Belges, mis à part en envoyant le corps de cavalerie Sordet tenter la liaison, laisse les Allemands dérouler leur stratégie et ordonne aux 1re et 2e armées françaises de passer à l'offensive en Lorraine et en Alsace pour attaquer de front les troupes allemandes : c'est la bataille des Frontières. Quant aux Britanniques, ils entrent en Belgique et placent à Mons leur armée limitée à quatre divisions car ils ne sont pas en force pour s'aventurer plus à l'est et au nord pour aider les Belges. Joffre confie le commandement de l'armée d'Alsace à l'un de ses proches collaborateurs, le général Pau, dont l'objectif est de libérer en quelques semaines la province perdue. Une partie de la 1re armée dirigée par le général Augustin Dubail entre en Alsace par Belfort puis s'établit sur le bord du Rhin le 4 août 1914. Le VIIe corps d'armée entre à Thann le 7 et à Mulhouse le 8e. À Paris on félicite Joffre Cependant, la contre-offensive allemande est terrible et rapide, le général Pau est contraint d'évacuer l'ensemble de l'armée d'Alsace le 25 août. Seules Thann et sa région restent françaises jusqu'à la fin de la guerre. Cette nouvelle provoque un vent d'inquiétude dans toute la France. La Lorraine française est quadrillée d'un réseau de places fortifiées conçu par le général Séré de Rivières au lendemain de la guerre de 1870 (places de Verdun, de Toul, d'Épinal et de Belfort). Joffre ordonne à la 3e armée d'avancer jusqu'à Sarrebruck puis de lancer une offensive sur le Luxembourg. La 2e armée dirigée par Castelnau s'engage sur le secteur de Morhange le 19 août. C'est un véritable « carnage » : l'infanterie française perd 8 000 hommes en deux jours (bataille de Morhange). Le 20 août, Castelnau ordonne le repli sur Lunéville. L'autre partie de la 1re armée de Dubail est impliquée dans la bataille de Sarrebourg, où le commandant parvient à maintenir ses positions ; mais faute de renfort à l'ouest par la 2e armée, il doit se replier également. Forts de leurs contre-offensives, les Allemands se lancent sur Nancy, où ils sont repoussés par le 20e corps d'armée dirigé par le général Foch. Lorsque Joffre apprend que les troupes allemandes pénètrent en Belgique, il réoriente la 5e armée du général Lanrezac vers le nord pour couvrir les autres armées du mouvement tournant sud-sud-ouest prévu par le plan Schlieffenf. Joffre ordonne à la 5e armée d'attendre devant Mézières et d'affronter la IIe armée de Bülow à son arrivée. Plus à l'ouest, le corps expéditionnaire britannique affronte la Ire armée allemande de Kluck à Mons. Cependant manquant d'hommes, Lanrezac fait appel à une division de réserve, qui arrive trop tard. Le 14 août, Lanrezac rencontre Joffre en personne et lui expose une seconde fois sa crainte d'une grosse offensive allemande sur l'ouest. Le généralissime rétorque : « Nous avons le sentiment que les Allemands n'ont rien de prêt par là. » Les Belges, quant à eux, qui ne peuvent compter, à ce stade de la guerre, sur l'arrivée des Britanniques et des Français, se replient sur Anvers le 19 août après des combats d'arrière-garde sur la Gette (bataille de Haelen). Quant aux Britanniques, n'étant pas en nombre suffisant pour participer offensivement à la bataille commune avec quatre divisions, ils tentent d'affronter l'armée allemande à Mons le 23 août. C'est au soir de ce même jour que Lanrezac ordonne, de son propre chef, la retraite de son armée vers Maubeuge pour éviter un « nouveau Sedan », c'est-à-dire un enveloppement complet de son armée par l'ennemi. Joffre est furieux. Le bilan à la fin du mois d’août 1914 est lourd pour l'État-Major français. Ses différentes attaques se sont révélées inutiles et surtout désastreuses : on estime les victimes à plus de 100 000 morts côté français, des soldats en capote bleue et au pantalon rouge qui attaquent de front face aux mitrailleuses allemandes. Quasiment toutes les armées françaises battent en retraite et sont dans l'ensemble désordonnées. Joffre ordonne qu'on pourchasse et qu'on exécute non seulement les fuyards mais également tout officier faisant preuve « d'insuffisance et de faiblesse, mais encore d'incapacité ou de lâcheté manifeste devant l'ennemi ». Depuis le 3 août, le gouvernement autorise le commandement militaire à faire exécuter les sentences de mort. Devant ce qui peut laisser augurer une défaite française, l'État-Major allemand décide de se diriger sans tarder sur Paris, pensant que la prise de la capitale pourrait entraîner l'effondrement de la France. La bataille de Guise Bataille de la Marne La bataille de l’Aisne (13 septembre - 24 septembre 1914) De Noyon à Dunkerque (24 septembre - 4 novembre 1914) La bataille des Flandres (mi-octobre – mi-novembre 1914) L'opération en Artois (17 décembre 1914 - 15 janvier 1915) Les opérations en Champagne (20 décembre 1914 - 9 janvier 1915) Les offensives secondaires (Flandres et La Boisselle) La troisième offensive de Champagne (24-29 septembre 1915) La préparation de 1916 : une nouvelle année offensive La bataille de Verdun : le début de la fin pour Joffre L’offensive sur la Somme De la disgrâce à la fin de la guerre Maréchal de France malgré lui Joffre impute à Pétain le défaitisme ambiant qui règne à Paris à la suite des résultats des batailles de 1916. Selon lui, ce ne serait pas Pétain le « sauveur de Verdun » ; pour lui c'est Nivelle le véritable génie. Dans tous les cas, l'opinion devient hostile contre le généralissime et dès le mois de juin 1916, le Parlement s'est réuni secrètement afin d'envisager la réorganisation du haut commandement français. Le généralissime est aussi en conflit avec Londres. Les Britanniques lui rappellent que, étant donné leur poids dans l'armée alliée, ils pourraient très bien prendre la tête du commandement interallié. L'organisateur de la Somme, le général Foch, est sujet à une vive polémique. Le ministre de la Guerre, le général Roques, dit de lui qu'il est trop vieux et le député Augagneur affirme qu'il sacrifie ses troupes. Enfin, le Parlement fait remarquer à Joffre qu'il n'a pas donné tous les moyens nécessaires à l'armée d'Orient de Sarrail. Le président du Conseil, Aristide Briand, propose de confier au général Nivelle, un proche de Poincaré, le commandement en chef des armées et de conférer à Joffre le titre honorifique de général en chef des armées françaises, comme conseiller technique du gouvernement. Le généralissime comprend qu'on veuille le mettre dans l'ombre, mais pour lui seul Foch peut lui succéder. Le 7 décembre 1916, Briand annonce à la Chambre (Assemblée nationale), que le GQG va être réorganisé prochainement. Joffre et Foch sont remplacés. Une véritable intrigue se met en place, orchestrée par Poincaré et Briand. Au même moment, le président du Conseil contacte le général Lyautey (gouverneur du Maroc) pour lui proposer le ministère de la Guerre. Véritable ennemi de Joffre, Lyautey n'accepte pas que ce dernier soit nommé conseiller au sein du ministère de la Guerre. Le 26 décembre, Briand informe Joffre qu'il doit renoncer à toute fonction au gouvernement. L'ancien généralissime est contraint de s'incliner. En échange, il est fait maréchal de France. Ce titre honorifique lui est conféré pour éviter tout scandale politique. À la suite de la déclaration de guerre du Congrès américain à l'Allemagne, le ministre de la Guerre Alexandre Ribot propose à Joffre de prêter « son inégalable prestige » et d'accompagner Viviani aux États-Unis. Après avoir hésité, Joffre accepte. En effet, n'ayant pas d'ennemis et n'étant plus en guerre depuis la fin de la guerre de Sécession, les Américains n'ont qu'une armée balbutiante de 120 000 hommes. L'objectif donné à Joffre est de convaincre le président Woodrow Wilson de préparer son armée à la guerre. La mission embarque à bord du Lorraine II le 15 avril 1917 à Brest. Au bout de neuf jours de mer, la mission arrive à New York le 24 avril. L'amiral Mayo, chef de la flotte américaine de l'Atlantique s'exclame : « Sir, votre présence ici est le plus grand honneur qui puisse être rendu à mon pays ! » Dans les rues, la foule crie « Joffre ! Joffre ! » L'homme est accueilli en héros national. Tous les journaux américains rendent hommage au « vainqueur de la Marne » et on va jusqu'à le comparer à La Fayette. Joffre donne une conférence à l'École de guerre sur la situation militaire de l'Europe : il demande les moyens les plus rapides pour une intervention américaine. À Mount Vernon, il dépose sur la tombe de George Washington la palme offerte aux soldats morts pour la patrie. Enfin, il désire convaincre le président Wilson qu'il rencontre longuement. Avec lui, il passe en revue chaque détail du conflit : les effectifs français et allemands, l'organisation de l'armée américaine, le transport et le débarquement, l'organisation du commandement… Au ministère de la Guerre, on lui présente le commandant des forces américaines, le général John Pershing. Au total, dans un premier temps, une division composée de quatre régiments d'infanterie, de douze batteries de campagne et de six batteries lourdes s'embarquent début juin. Le 24 mai, le maréchal Joffre est de retour en France ; il est nommé inspecteur général des troupes américaines. Une nouvelle polémique émerge : contrairement à ce qui était prévu, c'est-à-dire que les Américains servent dans leur armée, le gouvernement Painlevé veut placer des paquets de soldats américains dans les armées franco-britanniques. Joffre refuse et énonce que la parole de la France aux États-Unis est en jeu. Le 13 juin, Pershing est accueilli par Joffre à Paris ; les deux officiers sont reçus triomphalement par les Parisiens. Cependant, il y a toujours énormément de tensions entre les commandements français et anglais. Certains regrettent le départ de Joffre. En août 1917, Painlevé accuse le maréchal de vouloir prendre le pouvoir. Ailleurs en Europe, les Russes se décomposent définitivement et cherchent à signer la paix avec les Allemands, l'armée d'Orient est figée à Salonique et les Italiens sont écrasés à Caporetto (novembre 1917). Face à une situation politique intérieure et extérieure délicate, Poincaré décide de nommer, malgré lui, son rival Georges Clemenceau à la tête du Conseil des ministres. Le maréchal n'a plus de rôle dans le commandement militaire français, mais on lui demande son avis sur le nom du futur commandant en chef : choisir entre Pétain le défensif et Foch l'offensif. Admirant les deux généraux, Joffre choisit Foch, car il estime que la France ne peut pas rester les bras croisés. Autre point important, le commandement unique. Depuis le départ de Joffre à la tête du commandement français, les Alliés franco-anglais ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le sort de l'Europe ennemie : les empires ottoman et austro-hongrois, la Pologne et l'Allemagne. Le 8 janvier 1918, le président Wilson présente ses quatorze points. En mars 1918, la situation devient préoccupante avec la signature d'un traité de paix entre la Russie et l'Allemagne. Hindenburg peut désormais déplacer toutes ses troupes sur le front occidental : 192 divisions d'infanterie contre 172 chez des Alliés (France, Grande-Bretagne, Belgique, Portugal et États-Unis) sans commandement uni. Le 21 mars, Hindenburg et Ludendorff lancent une série d'offensives ; ils sont rapidement à Ham et Péronne. À Amiens, les Britanniques sont en déroute et Clemenceau pense quitter Paris. De son côté, Joffre supplie la présidence de faire nommer Foch généralissime. Trois conférences se tiennent au cours de la fin mars : les Alliés ne se mettent pas d'accord et enfin lors d'une quatrième à Beauvais le 15 avril, le général Foch est nommé généralissime de toutes les armées alliées. Clemenceau ne souhaite pas inviter Joffre parmi les personnalités présentes lors de l'entrée officielle des troupes françaises à Metz et Strasbourg. Mais Pétain parvient à le faire venir. Quelques mois plus tôt, le maréchal Joffre avait été élu à l’Académie française le 14 février 1918 au fauteuil de Jules Claretie. Cependant il est reçu, en uniforme de général, à la Coupole le 19 décembre et les présidents Wilson et Poincaré sont présents pour l'occasion. Dans son discours, il commence par faire l'éloge de l'Armée, de ses chefs, de Foch, des soldats français, des Alliés, des soldats britanniques, des soldats russes De retour à Paris en janvier 1920, il doit partir en Roumanie remettre la médaille militaire au roi Ferdinand Ier et la croix de guerre à la ville de Bucarest. À cette occasion, un pâtissier roumain nomme « Joffre » un gâteau au chocolat qu'il a créé, en l'honneur du maréchal. Le maréchal représente aussi la France à Belgrade et à Lisbonne, où il inaugure le monument du Soldat inconnu portugais. Puis il se rend à Madrid où est remise la médaille militaire au roi Alphonse XIII. Il termine son périple par Barcelone, où il est pris en porte-à-faux lors de manifestations catalanes et anti-espagnoles : il doit écourter son séjour et part le 7 mai. Le 11 novembre de l’année suivante, il embarque sur le paquebot Porthos à Marseille. Joffre débarque d'abord aux États-Unis, où il a pour mission de renouer l'amitié franco-américaine. Début décembre 1921, il accoste à Saïgon, puis visite les ruines d'Angkor et, le Jour de l'an 1922, il arrive en Annam où il revient à Ba-Dinh, là-même où il fit un siège en 1887, lorsqu'il était officier du génie en Extrême-Orient. Quelques jours plus tard, le maréchal entre à Hanoï, où il remet la croix de grand officier de la Légion d'honneur au général Puypéroux. Il termine son tour du monde par le Japon — à Yokohama puis Tokyo, où il rencontre le prince impérial Hirohito — et enfin la Chine à Pékin et Shanghai. Selon l'historien Joy, partout où il passe, il est accueilli triomphalement par la foule Il rentre en France, au début de l'année 1922 pour terminer tranquillement une vie bien chargée, âgé de 70 ans. Joffre achète avec sa femme et sa fille une châtaigneraie à Louveciennes (à l'ouest de Paris), où il fait bâtir un bungalow – type colonial – précédé d'une façade aux colonnades blanches à la manière du Mount Vernon de Washington. En 1928, il termine ses Mémoires entamés huit ans auparavant, où il raconte ses responsabilités de 1910 à 1917 en deux tomes qui seront édités post mortem selon sa volonté. C'est à cette époque qu'il perd deux de ses amis : le maréchal Fayolle le 27 août 1928 et le maréchal Foch le 20 mars 1929. Il vit pendant 10 ans au 115 rue de la Pompe (16e arrondissement de Paris). Une plaque lui rend hommage. Le 21 juin 1930, le maréchal Joffre fait sa dernière apparition publique à l'occasion de l'inauguration de sa statue à Chantilly, où il a tenu son QG pendant la Grande Guerre. Il est très affaibli, car depuis plusieurs mois il a une artérite des membres inférieurs et peine à se déplacer. Le 19 décembre, d'atroces douleurs aux jambes l'emmènent à l'hôpital : les médecins, René Leriche et René Fontaine, doivent l'amputer de la jambe droite. Quelques jours plus tard il tombe dans le coma. Le 3 janvier 1931 à 8 h 0, il aurait prononcé ces derniers mots : « J'ai beaucoup aimé ma femme » et « je n'ai jamais fait de mal à personne », puis il s'éteint à 8 h 23 à 78 ans à la clinique des frères de Saint-Jean-de-Dieu au 19 rue Oudinot dans le 7e arrondissement de Paris. Des obsèques nationales lui sont organisées le 7 janvier. Le service religieux est célébré en l'église Saint-Louis-des-Invalides à Paris, ainsi qu'en l'église Saint-Louis-des-Français de Rome et en l'église Saint-Polycarpe de Smyrne. Quelques jours plus tard, le 11, le Parlement vote une loi déclarant que « Joseph Joffre, maréchal de France, a bien mérité de la Patrie. » Il repose dans un mausolée situé dans sa propriété de La Châtaigneraie à Louveciennes (Yvelines). Distinctions françaises Chevalier de la Légion d'honneur (7 septembre 1885) Officier de la Légion d'honneur (26 décembre 1895) Commandeur de la Légion d'honneur (11 juillet 1903) Grand officier de la Légion d'honneur (11 juillet 1909) Grand-croix de la Légion d'honneur (11 juillet 1914) Médaille militaire (26 novembre 1914) Croix de guerre 1914-1918 avec une palme Médaille coloniale avec agrafe « Sénégal-Soudan » (1894) Médaille commémorative de l'expédition du Tonkin (mars 1887) Officier de l'ordre du Dragon d'Annam (1887) Médaille commémorative de la guerre 1870-1871 (1871) Distinctions étrangères Distinguished Service Medal (États-Unis) Doctor honoris causa des universités de Harvard (États-Unis), de Porto (Portugal) et de Coimbra (Portugal) Grand-croix du Ouissam alaouite chérifien (Maroc) Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain (Royaume-Uni) Sceptre de Jade de l'empereur Khai-Dinh (Annam, 1922) Grand-croix de l'ordre royal du Cambodge ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Joffre )
  44. 1 point
    Maréchal à titre posthume, grand général, principal acteur des guerre de colonisation, Joseph GALLIENI, dont on ce souviendra comme étant l'instigateur des " taxis de la Marne ". Joseph Simon Gallieni, né le 24 avril 1849 à Saint-Béat dans la Haute-Garonne et mort le 27 mai 1916 à Versailles, Il prend une part active à l'expansion et à la consolidation de l'Empire, notamment en Afrique, au prix de méthodes dont la brutalité culmine avec le massacre des Menalamba à Madagascar. Pendant la Première Guerre mondiale, gouverneur militaire de Paris, il prend notamment la décision de réquisitionner les taxis parisiens pour apporter du renfort à la bataille de l'Ourcq. Il est fait maréchal à titre posthume, en 1921. Il est le fils d’un officier d’infanterie, né en Italie, d’origine lombarde. Après des études au Prytanée militaire de La Flèche, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1868. Le 15 juillet 1870, il est nommé sous-lieutenant dans l’infanterie de marine. Avec le 3e régiment d’Infanterie de marine (3e RIMa), le nouveau promu participe à la guerre franco-allemande de 1870, au cours de laquelle il se bat notamment à Bazeilles, dans les rangs de la brigade Martin des Palières et de la fameuse Division Bleue. Blessé et fait prisonnier le 1er septembre, il est envoyé en captivité en Allemagne et ne rentre en France que le 11 mars 1871. Promu lieutenant au 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa) le 25 avril 1873, il commence sa carrière coloniale à La Réunion, où il passe trois ans. Le 11 décembre 1876, il obtient son envoi aux tirailleurs sénégalais et embarque le 20 pour Dakar, seuil de l’Afrique noire, où il prend part à diverses expéditions militaires et explorations. Il est promu capitaine en 1878. Depuis la prise de Sabouciré, près de Logo, le 22 septembre 1878, la France affirme ses visées expansionnistes vers l'est. Gallieni est chargé par le gouverneur Brière de l'Isle d'explorer la région entre le Sénégal et le bassin du Niger, de nouer des liens avec les tributaires d'Ahmadou Tall et d'établir un poste aux frontières de l'empire toucouleur. Il part le 30 janvier 1880 en bateau de Saint-Louis à Richard-Toll (environ 100 km) sur le fleuve Sénégal. Établissant des protectorats avec des chefs locaux, il subit une déroute suite à l'attaque de guerriers bambaras et se retrouve emprisonné à Nango. Souhaitant éviter l'affrontement, l’almamy le laisse partir le 21 mars 1881 et accepte de signer un traité accordant la navigation française sur le Niger. Après un séjour en Martinique, de 1883 à 1886, il est nommé lieutenant-colonel, et reçoit, six mois plus tard, le 20 décembre, le commandement supérieur du Haut-Fleuve (colonie du Sénégal), territoire militaire au sein de la colonie du Sénégal. Il y obtient des succès aux dépens d’Ahmadou (1887) et fait consentir à Samory Touré un traité abandonnant, entre autres, la rive gauche du Niger, après une grande défaite dans la ville de Siguiri en Guinée, où il bâtit un fort, le fort Gallieni, qui abrite un cimetière où sont enterrés des spahis et des Français. Au cours de ce commandement, il réprime durement une insurrection des autochtones. Il quitte le Sénégal en avril 1888 et son successeur sera le chef de bataillon Louis Archinard, nommé à compter du 10 mai 1888 et qui arrivera à Kayes le 28 octobre 1888. De retour en France, il est promu colonel le 11 mars 1891, chef d’état-major du corps d’armée de la Marine et breveté d’état-major avec la mention « très bien ». De 1892 à 1896 il est envoyé au Tonkin (Indochine), où il commande le 3e régiment de tirailleurs tonkinois le 11 octobre 1892 puis la première brigade le 15 novembre 1892 avant la seconde division militaire du territoire. Il lutte contre les pirates chinois puis consolide la présence française en organisant l’administration du pays. Son principal collaborateur est alors le commandant Lyautey. C’est à cette époque qu’il élabore les prémices de ce qui est convenu d’appeler sa doctrine coloniale, tels que la « tache d’huile », et la « politique des races », raffinement de la politique du diviser pour régner. Il s’exprime en outre avec une brutale franchise sur la méthode à suivre pour affermir les conquêtes coloniales Promu général de brigade, il est envoyé en 1896 à Madagascar en tant que résident général. Il arrive à Tananarive le 15 septembre. À la méthode diplomatique de son prédécesseur, le général M. Laroche, il préfère la méthode forte pour endiguer la montée de la résistance anti-coloniale. Il instaure le travail forcé des indigènes en imposant 50 jours de corvée par adulte. La cour royale, foyer de résistance contre la France, est placée sous surveillance. Le 11 octobre 1896, lendemain du départ de l’ancien résident général Laroche, Gallieni, qui jouit des pleins pouvoirs, fait arrêter le prince Ratsimamanga et Rainandriamampandry, ministre de l’Intérieur, et les traduit devant le Conseil de guerre pour rébellion et « fahavalisme ». Le 15 octobre, à l’issue d’une parodie de procès, ils sont condamnés à mort et exécutés à titre d’exemple, souhaitant faire « forte impression sur les indigènes ». Un des membres du Conseil de guerre devait confirmer par la suite que les deux accusés avaient été « condamnés sur ordre » de Gallieni. Ce dernier détruit le procès-verbal de l’audience plutôt que de le transmettre aux archives militaires. La reine, Ranavalona III est accusée de comploter contre l’influence française, elle est déchue le 27 février 1897 et exilée à l’île de la Réunion, proclamant la fin de la monarchie malgache et de la dynastie des Mérina. En huit ans de proconsulat, Gallieni pacifie la grande île, procédant à sa colonisation. Au total, la répression qu’il mène contre la résistance malgache à la colonisation aurait fait de 15 000 à 700 000 morts pour une population d'environ 3 millions. Ces chiffres doivent toutefois être pris avec beaucoup de précautions ; de nombreux africanistes français (Daniel Lefeuvre, Bernard Lugan), les considèrent comme étant considérablement exagérés du fait du non recensement de la population. Selon le général Gallieni, l’action militaire devait être accompagnée d’une aide aux peuples colonisés dans différents domaines tels que l’administration, l’économie et l’enseignement. Elle nécessitait un contact permanent avec les habitants ainsi qu’une parfaite connaissance du pays et de ses langues. Sous l’impulsion de Gallieni, de nombreuses infrastructures sont mises en place : chemin de fer de Tamatave à Tananarive, Institut Pasteur, écoles laïques dispensant un enseignement en français. Il fit appliquer la politique dite de politique des races, qui consistait dans la reconnaissance de l’identité de chaque groupe ethnique et la fin de leur subordination à un autre groupe ethnique, ceci avant tout pour mettre fin à la domination merina séculaire, les Mérinas étant les plus hostiles à la domination française. En s’appuyant sur les thèses anthropologiques racialistes de l’époque, telles que celles développées par Joseph Arthur de Gobineau, après un recensement systématique de la population utilisant la photographie, il tente de découper les circonscriptions administratives en suivant cette cartographie des races. Koch de 1897: c'est la voiture originale ayant appartenu au général Gallieni !Entreposée au musée des Troupes de Marine Le 9 août 1899, il est promu général de division. Depuis son séjour au Soudan, il a gagné de nombreuses relations au sein de ce que l'on nomme le « Parti colonial », un groupe de pression qui regroupe parlementaires, journalistes et représentants de chambres de commerce. Il publie plusieurs ouvrages narrant son expérience coloniale et y gagne une réputation d'administrateur capable. Il est alors considéré comme l'un des grands chefs militaires du moment. À son retour définitif en France, en 1905, il a encore dix années devant lui avant la retraite. Il les consacre à préparer « la Revanche ». Gouverneur militaire de Lyon et commandant du 14e corps d'armée dès son retour, grand-croix de la Légion d’honneur le 6 novembre 1905, il est appelé au Conseil supérieur de la guerre le 7 août 1908 et reçoit également la présidence du Comité consultatif de défense des colonies. Pressenti pour devenir commandant en chef de l’Armée française en 1911, il décline l’offre pour la laisser à Joseph Joffre, qui avait été l'un de ses adjoints à Madagascar, en prétextant son âge et sa santé. Il prend sa retraite en avril 1914, mais il est rappelé en août après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le 26 août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris par Adolphe Messimy, ministre de la Guerre, pour assurer la défense de la capitale. Alors que les Allemands approchent et que le gouvernement part pour Bordeaux en catastrophe, Gallieni met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation et contribue à la victoire de la Marne, en septembre 1914, grâce, notamment, aux troupes, commandées par le général Edgard de Trentinian, qu’il envoie en renfort, après avoir réquisitionné les taxis parisiens, à la 6e armée du général Maunoury qui se trouve sur l’Ourcq : la bataille de l’Ourcq a permis la victoire de la Marne. Joffre, inquiet de l’influence et de la réputation de Gallieni, le marginalise un peu. Il l’éloigne du quartier-général, bien que l’on considère que c’est l’initiative de Gallieni, dont les taxis de la Marne sont un symbole, qui a sauvé en grande partie la situation. Le 29 octobre 1915, il est nommé ministre de la Guerre du 5e gouvernement d’Aristide Briand. Il entre en conflit avec Joffre et évoque publiquement les erreurs commises à Verdun. Pourtant Briand ne le suit pas et il doit démissionner le 10 mars 1916 (restant à son poste jusqu’au 16 mars). Ayant des problèmes de santé, notamment un cancer de la prostate, il meurt le 27 mai 1916 des suites de deux interventions chirurgicales dans une clinique de Versailles. Après des funérailles nationales et conformément à ses dernières volontés, il est inhumé auprès de son épouse dans le cimetière de Saint-Raphaël. Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1921. La promotion de l’École militaire de Saint-Cyr de 1927 ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Gallieni )
  45. 1 point
    Bonjour Séraphin Bienvenu sur le Forum ! Je te souhaite de réaliser ton projet !
  46. 1 point
    Bonjour à tous, J'ai appris hier par mon conseiller que j'étais reçu à l'EDM pour la spécialité GESTRH pour la prochaine session à savoir septembre. Apparemment, je serai surement à Saint-Mandrier. Y-à-t'il des futurs collègues de promotion sur ce forum ?
  47. 1 point
    Bonjour, J'intègre normalement Maistrance (surement Saint-Mandrier d'après mon conseiller) en septembre en spé GESTRH. J'ai eu la réponse fin mai alors que j'avais passé mes tests fin avril.
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