Jump to content
Search In
  • More options...
Find results that contain...
Find results in...

Leaderboard


Popular Content

Showing content with the highest reputation on 04/06/2020 in all areas

  1. 1 point
    Bonjour. Allez je démarre avec cet atelier découpage et pliage pour les enfants avec 8 images des animaux de la jungle. SOURCE : bnf.fr Deécoupage et pliage . la jungle chez moi. Un exemple ici. Deuxième idée, la série "Dos au mur" sur Arte. Série policière qui se passe au Danemark dans le milieu de la drogue et du blanchiment d'argent sale. 10 épisodes. C'est, à mon goût, une excellente série. Si vous avez un appareil de type "la pomme TV" 😄 qui vous sert de passerelle multimédia, vous pouvez visionner sur votre télé en grand écran, et à partir de l'appli Arte sur smartphone, les 10 épisodes de la série sans attendre la diffusion sur la chaine qui a commencé cette semaine avec 3 épisodes.
  2. 1 point
  3. 1 point
    Le guide du marin, la dernière édition papier date de 2018. C'est une trés bonne base sur l'ensemble de la Marine.
  4. 1 point
    Je ne crois pas pouvoir vous donner de liens sur des sites mais celui de l'agasm est assez intéressant, zone sous-marins aussi, sinon wikipédia ou le site de la Marine! Il y avait eu une émission C'est pas sorcier qui explique le fonctionnement d'un sous-marin
  5. 1 point
    Bonjour, effectivement la posture va être regardée mais c'est surtout votre parlé qui sera "jugé". N'ayez pas d'attitude trop nonchalante, ne soyez pas trop à l'aise, et dans l'inverse ne soyez pas trop stressé. Dans tous les cas ce n'est pas votre posture qui déterminera votre engagement ou pas.
  6. 1 point
    Bonjour, Après la consultation des registres des archives départementales, il s'agit bien du frère jumeau qui a émigré juste après son service militaire dans la 137e régiment d'infanterie comme indiqué dans le registre. Merci de nous avoir aiguillé sur les pistes de recherche. Bonne journée,
  7. 1 point
    Etrange analogie avec le départ du CEMA, le Général De Villiers en 2017. Viré lui aussi. Et oui les militaires sont aux ordres des politiques, même si ces derniers sont incapables de faire preuve d'humanité, à l'inverse des militaires, qui eux, sont bien loin d'être des "va t'en guerre". N'en déplaise à tous les antimilitaristes. Et je rajoute ces mots que je cite souvent lorsqu'il s'agit de défendre les militaires. Ils émanent d'une journaliste, Virginie Sandrock: " Il y a chez les soldats, une forme de don de soi, un état d'esprit très positif, un concentré d'humanité que je n'ai jamais vu ailleurs"
  8. 1 point
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-commandant-du-uss-roosevelt-vire-pour-avoir-alerte-sur-le-covid-19-acclame-par-son-equipage_fr_5e8787bbc5b6d1e920818db8?ncid=other_facebook_eucluwzme5k&utm_campaign=share_facebook&fbclid=IwAR27DXS4G-32dmiUOtxs4KYXaHHdiY39_bkKGpfhsW4l1ZNOxoYiEh86Cco
  9. 1 point
    Georges CATROUX, général d'armée. Georges Catroux est un général d'armée, ministre de la IVe République et ambassadeur français, né le 29 janvier 1877 à Limoges et mort le 21 décembre 1969 à Paris. Georges Catroux est le fils d’un officier de carrière sorti du rang (voir plus bas le chapitre sur sa famille). En corniche au Prytanée militaire de La Flèche, il intègre Saint-Cyr en 1896 (promotion « Les Grandes Manœuvres »). Une carrière militaire brillante l’emmène, dans ses jeunes années, de l’Algérie (où il fait la connaissance du père de Foucauld, puis de Lyautey), à l’Indochine. En 1915, il est chef de bataillon quand il est fait prisonnier par les Allemands. Dans les camps de prisonniers, il rencontre le capitaine de Gaulle. Après la Grande Guerre, il fait partie de la Mission Militaire française en Arabie, puis sert au Maroc, en Algérie et au Levant. En juillet 1939, il est nommé gouverneur général de l’Indochine française, un mois avant la déclaration de guerre (qui commence le premier septembre à l'occasion de l'agression allemande contre la Pologne 1939), où il succède à Jules Brévié, un haut fonctionnaire civil : à la veille de la guerre, Paris veut envoyer un signal fort en Extrême-Orient. Le 25 juin 1940, le maréchal Pétain, alors Président du Conseil en remplacement de Paul Reynaud, le remplace par l’amiral Decoux qui prend ses fonctions le 20 juillet 1940, soit 10 jours après la mise en place du régime de Vichy par l'Assemblée nationale. Cependant, l'amiral Decoux prend à son tour des décisions allant dans le sens de celles prises par Catroux. C'est donc remplacé par un gouvernement issu de la République que Catroux repart vers la France et, désavoué par Vichy, il profite de l'escale de Singapour, territoire britannique, pour rejoindre le général de Gaulle. Général 5 étoiles, il est le plus haut gradé de l’armée française à se rallier à lui (lors de leur rencontre, c'est Catroux qui a salué de Gaulle, reconnaissant ainsi en lui le chef politique et non pas le militaire au grade subalterne). Il prouve sa nouvelle allégeance en 1941 à la fin de la campagne de Syrie contre les forces de Vichy, en étant aux côtés des Britanniques, le signataire français de l'armistice de Saint-Jean-d'Acre. Il est alors nommé Haut-Commissaire au Levant par De Gaulle et c'est lui qui, au nom de la France libre, reconnaît l’indépendance du Liban et de la Syrie peu après sa nomination. Il est ensuite gouverneur général de l’Algérie (1943-1944), toujours nommé par le général de Gaulle (voir la liste des ministres français des Affaires algériennes). Compagnon de la Libération, il est ministre de l’Afrique du Nord dans le premier gouvernement de Charles de Gaulle du 9 septembre 1944 au 21 octobre 1945. Il devient ensuite Ambassadeur en Union des républiques socialistes soviétiques de 1945 à 1948. En 1954, le général Catroux est nommé grand chancelier de la Légion d'honneur. Il exerce ces fonctions jusqu'en 1969. C'est lui qui portera le projet de création de l'ordre national du Mérite (1963). Après les troubles du Maroc, c’est lui qui négocie le retour du sultan Mohammed V en 1955. Il est nommé Ministre-résident en Algérie par le gouvernement Guy Mollet en 1956 en remplacement de Jacques Soustelle. Il est obligé de démissionner avant même d'avoir pris ses fonctions, en raison de manifestations hostiles à ce remplacement qui rentreront dans l'histoire sous le nom de journée des tomates, lors de la visite à Alger du président du conseil Guy Mollet, le 6 février 1956. Il est remplacé par Robert Lacoste. Il est juge du Haut Tribunal militaire ayant jugé les généraux putschistes d’Alger de 1961. En 1953, il avait intégré le conseil culturel du Cercle culturel de Royaumont. Il meurt le 21 décembre 1969 à Paris. Ses obsèques en l’église Saint-Louis-des-Invalides, le 24 décembre 1969, furent retransmises en direct sur l’une des deux seules chaînes de télévision françaises de l’époque. Le général de Gaulle, présent, lut un long discours, où son émotion était très visible. Décorations Intitulés Décorations françaises, des colonies françaises ou interalliées Grand Chancelier de la Légion d’honneur (1954-1969). Grand-croix de la Légion d’honneur en 1961 (Chevalier en 1913, Officier en 1920, Commandeur en 1929, Grand officier en 1933) Compagnon de la Libération Médaille militaire Grand croix de l’ordre national du Mérite Croix de guerre 1914-1918 (4 citations) Croix de guerre 1939-1945 avec palme Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Médaille des évadés Médaille de l'Aéronautique Commandeur du Mérite combattant Commandeur du Mérite saharien Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres Médaille coloniale avec agrafes « Maroc 1925 », « Sahara » Médaille commémorative du Maroc avec agrafes « Haut-Guir », « Oujda » Médaille commémorative de Syrie-Cilicie Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille interalliée dite de la Victoire Grand-croix de l’ordre du Dragon d'Annam Décorations étrangères Grand-croix de l’ordre du Mérite de la République fédérale ( Allemagne de l'Ouest) Grand cordon de l’ordre de Léopold ( Belgique) Grand-croix de l’ordre royal ( Cambodge) Ordre du Mérite militaire ( Espagne) Commandeur de la Legion of Merit ( États-Unis) Grand officier de l’ordre national ( Gabon) Grand-croix de l’ordre de Georges Ier ( Grèce) Chevalier grand-croix de l’ordre du Mérite de la République italienne ( Italie) Grand-croix de l’ordre de l'Étoile ( Jordanie) Grand-croix de l'ordre du Million d'Éléphants et du Parasol blanc ( Laos) Grand-croix de l’ordre national du Cèdre ( Liban) Grand-croix du Ouissam Alaouite ( Maroc) Grand-croix de l’ordre de Saint-Olaf ( Norvège) Commandeur de l’ordre du Pakistan ( Pakistan) Chevalier grand-croix de l’ordre du Bain ( Royaume-Uni) Grand-croix de l’ordre du Mérite ( Syrie) Grand-croix de l’ordre du Nichan El Ahed ( Tunisie) Grand-croix de l’ordre national de Yougoslavie ( Yougoslavie) ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Catroux )
  10. 1 point
    L'un des premiers militaires a avoir rejoint les Forces Françaises Libres, le général Edgar de LARMINAT. Edgard de Larminat (né le 29 novembre 1895 à Alès (Gard) et mort le 1er juillet 1962 à Paris) Admissible au concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1914, il passe les oraux, qui sont interrompus par la déclaration de la Première Guerre mondiale. Engagé à Dijon comme simple soldat au 27e RI, il est détaché au 134e RI, où il suit les cours spéciaux des élèves de Saint-Cyr. Puis, affecté en janvier 1915 au 321e RI, il est promu aspirant en août puis sous-lieutenant en décembre. Blessé par éclat d'obus au fort de Vaux, durant la bataille de Verdun, en juin 1916, alors qu'il tient sa position depuis trois jours avec sa compagnie, il refuse de se faire évacuer avant la fin des opérations. Élevé au grade de lieutenant en décembre 1916 et de capitaine en septembre 1917, il est gazé en mars 1918 et blessé par éclat d'obus en juin suivant. Larminat termine cette guerre avec quatre citations, la Légion d'honneur et le grade de capitaine. Il a 23 ans. En octobre 1919, il choisit l'infanterie coloniale et part pour deux ans et demi au Maroc. Là, il prend part au combat contre les Djebalas en avril-mai 1921. Puis il est attaché à l'état-major du gouverneur général en AOF, avant d'être nommé commandant en Mauritanie. Entre 1925 et 1928, il est successivement affecté au 1er bataillon de tirailleurs sénégalais, au 1er régiment d’infanterie coloniale (RIC) et au 22e RIC. En mai 1928, il se rend en Indochine, où il intègre le cabinet militaire du gouverneur général. Promu chef de bataillon en septembre 1929, il prend le commandement du 4e régiment de tirailleurs sénégalais à Fréjus, en février 1931. Puis, de 1933 à 1935, il étudie à l'École de guerre et en sort lieutenant-colonel. En mars 1940, il est promu colonel, alors qu'il est chef d’état-major du général commandant les troupes du Levant. En mai 1940, il est nommé chef d'état-major du général commandant le théâtre d'opérations du Moyen-Orient. En juin, refusant la défaite, il diffuse des ordres pour créer une force de volontaires destinée à rejoindre les Britanniques, ce qui lui vaut d’être arrêté et emprisonné à Damas. Il s’évade rapidement et rejoint les Forces françaises libres (FFL) en Palestine. En août 1940, il organise depuis Léopoldville le ralliement du Moyen-Congo à la France libre. Nommé gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) puis membre du Conseil de défense de l'Empire, haut-commissaire, il est nommé au grade de général de brigade en juillet 1941. De son côté, le régime de Vichy le condamne à mort par contumace. Le 18 février 1941, il publie la Position des Français libres vis-à-vis des problèmes nationaux. Il organise des bataillons africains des FFL formant la 1re division française libre et la colonne Leclerc. En décembre 1941, il est nommé adjoint du général Catroux, commandant en chef au Levant, et prend le commandement des 1re et 2e brigades FFL pendant la campagne de Libye, où il organise la défense de Bir Hakeim. En juillet 1942, il subit un grave accident de voiture sur la route du Caire à Alexandrie, en Égypte. Promu au grade de général de division en septembre 1942, il prend le commandement de la 1re DFL en janvier 1943 et se rend en Tunisie. En juin 1943, il devient chef d'état-major général des FFL. Il rejoint le corps expéditionnaire français du général Juin, où il commande, en juin 1944, un corps de poursuite composé de la 1re DFL et de la 3e DIA. Là, son sens tactique et son esprit de décision lors des combats contre les Allemands dans la région de Viterbe lui valent une nouvelle citation en juin 1944. En août 1944, il participe au débarquement en Provence à la tête du 2e corps d'armée, au sein de l'armée B, future 1re armée. En octobre 1944, il est nommé à la tête des Forces françaises de l'Ouest sur le front de l'Atlantique et chargé de réduire la résistance allemande des poches de l'Atlantique, notamment Lorient, La Rochelle, Rochefort et Royan-pointe de Grave. Il est donc parmi les principaux responsables de la destruction de Royan en janvier 1945. Pendant l'hiver 1944-1945, il réorganise les FFI en cinq divisions d'infanterie. Ainsi, en avril 1945, il prend toutes les positions allemandes de la Gironde et libère le port de Bordeaux. Après la capitulation de l'Allemagne, il prend possession de La Rochelle, Saint-Nazaire et Lorient. En novembre 1945, il est nommé inspecteur général des Troupes d'Outre-mer. Il dirige la délégation française à la conférence des experts militaires français et britanniques qui organise le départ des troupes françaises de Syrie en 1946. En juin 1947, il est mis en cause, avec les généraux Juin, Kœnig, Béthouart et Guillaudot, dans l'affaire dite du plan Bleu et relevé de son commandement le 2 juillet, avant que l'affaire ne retombe. Promu aux rang et appellation de général d'armée en 1953, il manifeste son soutien au projet de Communauté européenne de défense. Nommé Inspecteur des troupes coloniales en 1955, il est versé un an après en 2e section du cadre de réserve. Il est le premier président de l'Association des Français libres de juin 1945 à 1962. Le 15 juin 1962, le général de Gaulle le nomme président de la Cour militaire de justice chargée de juger les participants au putsch d'Alger d'avril 1961 en lieu et place du Haut Tribunal militaire. Toutefois, son état de santé se dégrade, et il est hospitalisé au Val-de-Grâce le 19 juin, suite à un malaise cardiaque ; il y reste une dizaine de jours. Le lendemain, La Nation Française, hebdomadaire royaliste, publie un article intitulé « La "cour militaire de justice" présidée par un malade mental ? » dans lequel est inséré un texte présenté comme un rapport du général Catroux du 13 septembre 1944. L'information, qui met en cause la santé mentale de Larminat, est reprise par Ernest Denis, député du Nord, dans une question écrite au ministre de la Justice Jean Foyer en date du 22 juin, puis par Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat de la défense, le 27 juin, lors du procès du lieutenant Degueldre. Les comptes-rendus de séance parus dans la presse la diffusent. Le 1er juillet, il se suicide à son domicile en se tirant une balle dans la bouche. Le général Edgard de Larminat repose au cimetière de Montain. Décorations françaises, des colonies françaises ou interalliées Grand-croix de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération- décret du 1er août 1941 Croix de guerre 1914-1918 (4 citations) Croix de guerre 1939-1945 (4 citations) Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (1 citation) Croix du combattant volontaire Médaille de la Résistance française avec rosette Commandeur de l'ordre du Mérite combattant Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille commémorative du Levant Médaille interalliée de la Victoire Médaille des évadés Insigne des blessés militaires Décorations étrangères Commandeur de la Legion of Merit (États-Unis) Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain (GB) Commandeur de l'ordre de Léopold (Belgique) Croix de guerre belge 1914-1918 (avec palme) Grand-croix du Virtuti Militari (Pologne) Grand croix de l'Étoile noire (Bénin) Grand-croix du Dragon d'Annam ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgard_de_Larminat )
  11. 1 point
    Rival du général de Gaulle pour la direction des forces alliées française, Henri Giraud. Le général Henri Giraud, né le 18 janvier 1879 à Paris 13e et mort le 11 mars 1949 à Dijon Henri Honoré Giraud, d'origine alsacienne, naît à Paris dans une famille de petite bourgeoisie. Il est le fils d'un marchand de charbon. Il suit une scolarité classique brillante aux lycées Stanislas, Bossuet et Louis-le-Grand, avant de rejoindre l'École militaire de Saint-Cyr, dont il suit les cours de 1898 à 1900. Il est affecté en France métropolitaine en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, et y commande le 4e régiment de zouaves. Sérieusement blessé au combat, il est capturé le 30 août 1914 à la bataille de Guise. Deux mois plus tard, alors qu'il est soigné à l'hôpital d'Origny-Sainte-Benoite pour une pleurésie provoquée par sa blessure, il parvient à s'évader en compagnie d'un autre officier français, et gagne les Pays-Bas en vue de pouvoir ensuite revenir en France. Ayant rejoint La Haye, il se met en correspondance avec le colonel Desprez, attaché militaire français. Envoyé en Angleterre, il y rejoint un ami, le capitaine Wallner, du service de renseignements français. Les deux officiers regagnent ensuite la France, à bord du croiseur qui ramène Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères, et Piotr Bark, ministre des Finances de la Russie. Giraud reprend sa place à l'État-major de la 5e armée, aux côtés du général Franchet d'Espèrey ; il retourne au front et, en 1917, participe à la bataille du Chemin des Dames et à la prise du fort de Malmaison. Après la guerre, Giraud est en poste à Constantinople au sein des troupes de Franchet d'Espèrey, mais il est rappelé à Paris par le général Mordacq pour servir à ses côtés au ministère de la Guerre à élaborer les prochaines lois de l'organisation des armées (loi des cadres, statuts de l'État-Major général, loi du recrutement, organisation du Conseil supérieur de Guerre…) ; cependant au départ de Clemenceau en janvier 1920, Giraud est envoyé au protectorat français au Maroc sous les ordres du maréchal Lyautey, qui l'a personnellement réclamé à ses côtés. Comme lieutenant-colonel, il participe à la guerre du Rif et reçoit la reddition d'Abd el-Krim, le 27 mai 1926. Il est professeur à l'École de guerre de 1927 à 1929. Quand le gouvernement crée, le 1er mars 1930, la région militaire des confins algéro-marocains, il en confie le commandement au colonel Giraud avec mission de les pacifier. Il le nomme général de brigade en décembre 1930. Jusqu'en 1934, Giraud combat la résistance berbère aux abords du Tafilalet et dans le djebel Saghro. Ayant achevé la pacification de l'Afrique du Nord, il reçoit sa troisième étoile de général de division et est affecté en mai 1934 à Oran où il reste jusqu'en mars 1936. Promu général d'armée en 1936, il devient la même année gouverneur militaire de Metz, puis commandant de la 3e armée : à ce titre, il est le supérieur hiérarchique du colonel de Gaulle, commandant du 507e régiment de chars de combat. Les carrières des deux officiers se croisent à plusieurs reprises avant la Seconde Guerre mondiale : leurs relations sont mauvaises et, lors des exercices de stratégie, Giraud s'oppose vivement aux idées de De Gaulle en matière d'utilisation des blindés. Selon Pierre Péan, Giraud aurait reçu en novembre 1936 la visite d'Eugène Deloncle, l'un des responsables de la « Cagoule » : informé des activités de l'organisation, le général aurait promis à Deloncle son appui en cas de « soulèvement communiste ». Deloncle, quant à lui, aurait déclaré à Giraud que lui et ses hommes étaient prêts le cas échéant à se mettre sous ses ordres. En 1939, Giraud reçoit le commandement de la 7e armée. Quand la Seconde Guerre mondiale commence, Giraud est membre du Conseil supérieur de la guerre, il y figure parmi les partisans résolus de la guerre, en cas d’invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie. Il désapprouve alors la tactique, préconisée par de Gaulle, d'emploi offensif des blindés en formations groupées pour percer les lignes ennemies. Le 10 mai 1940, Giraud doit, dans le cadre du plan Dyle-Bréda, atteindre au plus vite les Pays-Bas à la tête de la 7e armée. Il parvient à retarder les troupes allemandes à Bréda le 13 mai. Mais, dès le 16 mai, Gamelin le nomme à la tête de la 9e armée, en remplacement du général Corap, après l'attaque blindée allemande par les Ardennes. Après trois jours passés à la recherche des troupes d'une armée qui n'existait plus, il est capturé le 19 mai par l'ennemi à Wassigny par le général von Kleist. Il est d'abord conduit près de Vervins, puis à Bonn avec son officier d'ordonnance, le lieutenant Tannery. Rapidement, il est envoyé seul en Silésie. Il est interné au Kœnigstein près de Dresde, utilisé comme centre d'internement de haute sécurité pour les prisonniers de guerre de marque, nommé aussi « la Bastille de Saxe ». Son logement est composé de deux pièces, au second étage d'un bâtiment dominant à pic la cour intérieure, avec de petites fenêtres grillagées. Lors de son arrivée, le commandant de la forteresse, le général Genthe, lui indique qu'il est emprisonné « en représailles, pour la conduite inqualifiable qu'a tenue en 1918 le maréchal Foch vis-à-vis du lieutenant-colonel von Gersdorf ». De sa prison, Giraud adresse des marques de sympathie au gouvernement de Pétain : en juillet 1940, il envoie à ce dernier une longue note sur les causes de la défaite de la France, à laquelle ont contribué à ses yeux la dénatalité, les congés payés, le parlementarisme, les syndicats, la faillite de l'enseignement public, et la perte de la notion d'autorité. Le 25 août 1940, Giraud, toujours emprisonné, se voit décerner la Grand-croix de la Légion d'honneur. Selon l’historien Robert Paxton, Giraud se singularise vis-à-vis d’une grande partie des officiers français, assez impressionnés par l'armée allemande ; il « [s'engage] à ne plus porter ses décorations tant qu’il ne serait pas rentré en vainqueur à Metz. » Un complot se forme pour faire évader le général Giraud. Le général Mesny (qui en 1945, peu avant la chute de la forteresse, sera tué pour avoir aidé à l'évasion du général), le général Mast (qui prévient sa femme de son intention d'évasion), son ex-chef d'état-major, le général Baurès, le général Le Bleu, le général Joseph de Verdilhac et le seul colonel de la forteresse, l'aident à s'échapper. Giraud prépare soigneusement son évasion pendant deux ans. Il pratique l'allemand et apprend par cœur une carte des abords de la forteresse. Le 17 avril 1942, il se laisse descendre le long de la falaise de la forteresse de montagne. Ayant rasé sa moustache, et s'étant coiffé d'un chapeau tyrolien, il voyage jusqu'à Schandau pour y rencontrer son contact du SOE. Par diverses ruses, il atteint la frontière suisse ; après un périple rocambolesque de 800 km en chemin de fer, il arrive en Alsace le 19 avril 1942 et par la suite se rend à Vichy, en zone libre française. Himmler ordonne à la Gestapo de le retrouver et de le tuer. Hitler, qui croit par ailleurs que Giraud est l'auteur du livre Vers l'armée de métier (en réalité publié par de Gaulle en 1934) entre dans une violente colère, reprochant à Otto Abetz, ambassadeur d'Allemagne en France, d'avoir « laissé courir » un général aussi dangereux à lui seul que « trente divisions ». La fuite de Giraud à travers l'Allemagne ayant été remarquablement organisée, l'Abwehr et la Gestapo furent continuellement sur ses talons, mais au dernier moment, alors qu'ils s’apprêtaient à l'arrêter, il leur glissait régulièrement entre les doigts. L'opération Gustav, dirigée contre sa personne, prit fin le jour où la résistance tchèque parvint à abattre Reinhard Heydrich L'évasion de Giraud, rapidement connue en France, y connaît un large retentissement. Les mouvements de la Résistance intérieure et la France libre accueillent avec enthousiasme la nouvelle de l'évasion de Giraud, en qui ils voient une recrue potentielle de choix. De Gaulle demande aux Britanniques d'essayer de le faire venir à Londres. Arrivé à Vichy le 27 avril, Giraud y rencontre Pétain deux jours plus tard, accompagné du général Aubert Frère. Le chef du gouvernement français Pierre Laval se montre quant à lui particulièrement irrité de cette évasion qui, en constituant un véritable affront pour Hitler, met en danger la politique allemande du gouvernement de Vichy. Pétain, sur la demande pressante de Laval, contraint un Giraud rétif à rencontrer son chef du gouvernement. L'entrevue entre Giraud et Laval est orageuse : ce dernier, qui souhaite affirmer son autorité qu'il juge menacée, reproche au général d'avoir, par son évasion, empêché la libération de 200 000 autres prisonniers. Il propose à Giraud de retourner « noblement » à Königstein, mais le général demande qu'Hitler libère en retour tous les prisonniers mariés. Laval pense avoir obtenu gain de cause auprès de Giraud mais ce dernier, quelques jours plus tard, refuse de retourner en Allemagne, à moins de recevoir en ce sens un ordre écrit du maréchal Pétain, message que ce dernier a peu de chances de lui adresser du fait de l'état de l'opinion. Les Allemands tentent d'obtenir un retour de Giraud en Allemagne, et envoient Scapini et Benoist-Méchin pour faire pression sur le général : mais avant que les deux intermédiaires des Allemands aient pu le rencontrer, Giraud quitte Vichy à bord d'un avion mis à sa disposition par l'amiral Darlan, chef des forces armées de Vichy. L'ambassadeur Abetz, qui juge son crédit atteint par l'affaire, exige de rencontrer Giraud. Ce dernier ayant obtenu un sauf-conduit, s'entretient avec Abetz à Moulins, à la Ligne de démarcation. Giraud affirme à nouveau qu'il n'accepterait de rentrer en Allemagne qu'à une seule condition : que le Reich libère les 600 000 prisonniers mariés et pères de famille. Abetz envisage de faire enlever ou assassiner Giraud, puis se résout finalement à le laisser repartir en zone libre. En effet, Otto Skorzeny à la tête de 2 compagnies de la division SS Hohenstaufen était installé à Cognat qui devait initialement arrêter Giraud et le chef de l’État français, Pétain, et les emmener en Allemagne. Toutefois, en représailles à l'affaire Giraud, les Allemands bloquent les libérations envisagées de prisonniers français : aucun officier, même malade, ne sera plus rapatrié, les négociations portant sur la libération de 75 000 agriculteurs emprisonnés sont suspendues, et la mission Scapini ne peut plus inspecter les camps, où la discipline est durcie. Pétain se montre affecté par la situation, mais ne fait pas davantage pression sur Giraud pour qu'il retourne en Allemagne. Laval en appelle quant à lui à l'amiral Darlan pour qu'il sévisse contre Giraud : mais Darlan, heureux de la déconvenue infligée à Laval qui vient de lui succéder à la tête du gouvernement, se contente d'abaisser à soixante ans la limite d'âge des généraux, ce qui a pour effet de mettre Giraud à la retraite. Le 4 mai 1942, sur l'insistance de Laval, Giraud adresse une lettre à Pétain, dans laquelle il affirme son loyalisme à l'égard du maréchal, en lui promettant qu'il n'ira pas à l'encontre de l'action de son gouvernement ; il se jugera cependant délié de sa promesse en juin 1942, après que Laval a proclamé dans un discours radiodiffusé souhaiter la victoire de l'Allemagne. Si les idées de Giraud en matière de politique intérieure sont très proches de celles de Pétain, il refuse la collaboration, ce qui creuse un fossé entre Vichy et lui. Entretemps, les autorités de Vichy le laissent, après l'envoi de sa lettre à Pétain, disparaître dans une « semi-clandestinité » : il bénéficie de la protection de membres du service de renseignement de l'Armée de terre. Giraud, contacté par des organisations de la Résistance intérieure qui souhaitent s'assurer de sa participation, repousse les propositions qui lui sont faites. Les raisons exactes de ce refus ne sont pas connues, Giraud ne les détaillant pas dans ses mémoires : elles semblent avoir reposé sur une méfiance vis-à-vis du camp gaulliste, ou sur une crainte du poids excessif des communistes. Giraud s'installe en zone libre, près de Lyon, au domaine de Fromente, propriété d'un ami industriel où la police de Laval le fait surveiller, ce qui ne l'empêche pas de prendre des contacts avec diverses personnalités françaises et américaines, en vue d'une reprise de la guerre par l'armée française auprès des Alliés. Envisageant un débarquement allié dans le Sud de la France, qui serait appuyé par l'armée d'armistice placée sous son autorité, il demeure notamment en liaison avec des officiers français membres de réseaux clandestins comme Cogny et Frère ; il prend également contact avec le général Weygand, revenu d'Afrique du Nord, et incite ce dernier à prendre la tête d'un mouvement de libération. Selon le témoignage de Giraud, Weygand se dit lui-même trop âgé pour pareille entreprise, mais l'incite à résister à la tête des forces françaises Lorsque les Alliés envisagent un débarquement en Afrique du Nord, leurs dirigeants, décidés à écarter de Gaulle après son échec de Dakar, et incertains de l'accueil que leur réserveraient les généraux vichystes, cherchent un général français prestigieux pour prendre le commandement de l'armée d'Afrique ; les Américains comptent sur les « comploteurs algérois » et sur Giraud « pour rallier les troupes vichystes ». Plusieurs partisans de la reprise des combats, désignés a posteriori sous le nom de « groupe des cinq » — l'industriel et ancien « cagoulard » Jacques Lemaigre Dubreuil, le journaliste Jean Rigault, le diplomate Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, le colonel Alphonse Van Hecke, commissaire régional des Chantiers de jeunesse d'Afrique du Nord, et le lieutenant et militant royaliste Henri d'Astier de La Vigerie — se sont en effet réunis dans le but de favoriser une intervention alliée en Afrique française du Nord (AFN) : ce groupe, très informel, fait cependant figure d'« état-major sans troupes » et agit essentiellement au niveau diplomatique. La liaison entre les « cinq » et les groupes de résistants présents en AFN est assurée par d'Astier de la Vigerie, qui se charge d'unifier les réseaux de la Résistance nord-africaine en partenariat avec le jeune José Aboulker. Lemaigre Dubreuil, qui avait servi sous les ordres de Giraud, prend en mai 1942 contact avec ce dernier, qui accepte de se joindre à la conspiration et apporte à la « Résistance diplomatique » le chef militaire qui lui manquait. Les contacts du général Giraud s’étaient limités jusque-là à des conversations avec des officiers qu’il avait commandés en 1940 et une entrevue avec le général de Lattre, à Montpellier, le 21 juin 1942. Il mise essentiellement sur l'appui militaire des États-Unis et apparaît à partir de l'été 1942 comme le « chef », ou du moins comme le « symbole de ralliement », des différents groupes composant une tendance, issue en partie de l'armée d'armistice, de la Résistance française. Cette forme de Résistance, qui a préexisté à l'évasion de Giraud mais se rallie ensuite à lui, est composée pour l'essentiel de personnes sympathisantes des idées de la Révolution nationale mais déçues par l'évolution de Vichy, hostiles à la collaboration et désireuses de reprendre le combat. Henri Michel, spécialiste de la Résistance, donne, « faute de mieux », le nom de « giraudisme » (guère utilisé à l'époque) à cette tendance résistante anti-gaulliste, qui « s'insinue comme un coin entre le vichysme et le gaullisme ». Le camp giraudiste, apparu comme une « sécession » du pétainisme, a comme point commun de miser sur l'aide américaine et sur une armée reformée sur le sol national, et non précairement installée à l'étranger comme les Forces françaises libres. Giraud croit Pétain entravé par l'action de son gouvernement, et envisage une action commune entre le maréchal et la Résistance : il élabore un « projet d'organisation de la lutte contre l'Allemagne », où le signal du soulèvement sur le sol français serait donné par un message codé contenu dans un discours de Pétain. Le général est approché par des agents consulaires américains, qui le rencontrent dans la forêt de Randan, près de Vichy. Il répond favorablement au message de Roosevelt qui lui propose de travailler avec les États-Unis à la libération de la France. Le 22 octobre 1942, des accords entre les États-Unis et la Résistance française sont conclus au cours d'une conférence secrète tenue à Messelmoun près de Cherchell, non loin d'Alger, le diplomate américain Robert Murphy, le général Clark (adjoint d'Eisenhower) et divers représentants militaires et civils de la Résistance, dont le colonel Jousse, le général Mast, et Bernard Karsenty (adjoint de José Aboulker), Jean Rigault et Henri d'Astier de La Vigerie. Après que la décision de débarquer en AFN a été prise, Robert Murphy négocie avec Tarbé de Saint-Hardouin sur un accord, sans en tenir informé Giraud. Ce dernier entérine tout de même finalement l'accord le 2 novembre, malgré le « manque de confiance du commandement allié ». En réalité, Murphy négocie à un niveau subalterne, car tous les contacts de Giraud en France sont alors surveillés par les Allemands qui connaissent ses plans. Giraud accepte de participer à l'Opération Torch à condition que le débarquement ait lieu simultanément dans le Sud de la France et en Afrique du Nord, et qu'il en soit le commandant en chef. Le général Eisenhower, avant de partir pour le QG allié de Gibraltar, rejette la prétention de Giraud à exercer le commandement ; Murphy, craignant que Giraud ne se retire de l'opération, laisse entendre que ses demandes seront acceptées. Giraud demande pour sa part que la France libre soit exclue des opérations, et ne puisse pénétrer en AFN qu'après entente entre les Américains et les autorités françaises locales. Dans l'ignorance des intentions précises des Alliés, Giraud élabore un plan d'offensive fondé sur un débarquement des Alliés dans le Sud de la métropole pour le printemps 1943 auquel l'armée d'armistice apporterait son soutien, grâce aux stocks d'armes camouflées, par des attaques depuis la région de Lyon, vers le nord et l'Alsace puis vers la Belgique, « afin de semer le désordre dans les arrières allemands ». Ces actions seraient appuyées par une intervention des Britanniques sur les côtes de la Manche et l'occupation des aéroports de la zone sud. Ce plan ambitieux est finalement abandonné mais, dans les derniers jours d'octobre, Giraud envisage toujours un débarquement allié à Port-Vendres et à Toulon ; ce n'est que le 31 octobre que Lemaigre-Dubreuil apprend que l'Opération Torch est enclenchée. Le 2 novembre, Giraud est à son tour informé qu'un débarquement, limité à l'Afrique du Nord, aura lieu dans les six jours qui suivent. On fait finalement admettre au général un débarquement qui aurait lieu sur le seul territoire de l'AFN. Giraud désigne comme représentants sur place le général Mast à Alger et le général Béthouart au Maroc. Il écrit, dans une lettre adressée à l'un de ses partisans, « Nous ne voulons pas que les Américains nous libèrent, nous voulons qu'ils nous aident à nous libérer ». Pour quitter secrètement la France métropolitaine et rejoindre les Alliés en vue de participer à l'opération Torch, Giraud bénéficie de l'aide du général Robert de Saint-Vincent, membre de l'Armée secrète, ainsi que de celle du réseau Alliance, qui l'exfiltre et le conduit jusqu'au sous-marin britannique HMS Seraph. Avant son départ, Giraud désigne le général Aubert Frère comme son représentant en France, en tant que chef des réseaux de résistance au sein de l'armée française. Il adresse par ailleurs une lettre, datée du 2 novembre, au maréchal Pétain, dans laquelle, arguant que la France ne saurait demeurer « spectatrice » dans le conflit, il déclare se libérer de son serment de ne pas entraver l'action du gouvernement de Vichy. De ses derniers entretiens avec Lemaigre Dubreuil, Giraud a déduit qu'il allait exercer le commandement du débarquement allié en Afrique du Nord. N'en ayant cependant pas reçu l'assurance explicite, il décide, contre l'avis de Lemaigre Dubreuil, de se rendre d'abord au quartier général allié de Gibraltar pour en discuter avec Eisenhower. Le HMS Seraph embarque Giraud au Lavandou et le transporte jusqu'à Gibraltar, le 7 novembre 1942. Une fois arrivé sur place, Giraud apprend que l'opération sera commandée par le général américain Eisenhower. Giraud impose à ce dernier une longue discussion — rendue d'autant plus difficile par la nécessité de recourir à un interprète — et réclame le commandement de l'opération Torch, arguant de son grade supérieur et du prestige de son pays. Eisenhower, qui ne sait rien des accords passés avec Murphy, veut que Giraud gagne le plus vite possible Alger pour que les troupes françaises se rallient à lui. Il explique à Giraud qu'il n'a jamais été envisagé de lui confier la responsabilité du débarquement, à la tête duquel sa présence poserait divers problèmes : en effet, les troupes alliées ne comporteront aucun militaire français et risquent fort, au contraire, de devoir affronter des troupes françaises. Ce que les Alliés attendent de Giraud est que sa présence à leurs côtés puisse convaincre les troupes et les autorités françaises d'Afrique du Nord de se joindre à eux. Giraud, irrité à l'idée de ne tenir aucun rôle dans les opérations militaires, menace de s'en tenir à un rôle de spectateur ; Eisenhower lui répond que s'il persiste dans ses demandes, les Américains prendront le parti de se passer de lui. Le lendemain, Giraud finit par se ranger aux arguments d'Eisenhower : il est convenu que ce dernier gardera le commandement en chef des troupes anglo-américaines, en cours de débarquement, jusqu'à ce que l'opération soit achevée. Les troupes françaises ne recevront ensuite d'ordres que du général Giraud (compromis qui se révèlera efficace par la suite pour toute la campagne de Tunisie). Giraud obtient également l'assurance d'être placé à la tête de l'administration française en Afrique du Nord après le débarquement. Dans le même temps, certains hauts gradés de l'armée de Vichy, dont les généraux Revers et Verneau, qui connaissent les projets de Giraud et sont en contact avec Londres, croient que les Alliés se préparent à suivre le plan initial de Giraud et sont convaincus qu'un débarquement dans le Sud de la France est imminent. La veille du débarquement, Béthouart informe au Maroc le résident général Noguès et l'amiral Michelier de l'imminence du débarquement et du fait que Giraud va prochainement arriver pour prendre le commandement de l'Armée d'Afrique : il leur demande de ne pas opposer de résistance. Noguès fait au contraire arrêter Béthouart et ordonne aux forces françaises de repousser les Alliés. En Algérie, Murphy informe le général Juin du débarquement et lui demande d'accepter le commandement de Giraud ; Juin se montre cependant réticent à accepter l'autorité de ce dernier et souhaite d'abord obtenir l'avis de l'amiral Darlan, qui se trouve fortuitement présent à Alger. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, quatre cents résistants — en grande majorité des Juifs français déchus de leur nationalité — menés par José Aboulker, occupent les points stratégiques d'Alger et arrêtent les plus hauts dirigeants civils et militaires vichystes. Juin et Darlan se trouvent momentanément mis en état d'arrestation. L'un des résistants lance depuis les studios de Radio-Alger un appel au nom du général Giraud, incitant les Français à reprendre la guerre aux côtés des Alliés et se terminant par : « Nous n'avons qu'une seule passion, la France, qu'un seul but, la victoire. Souvenez-vous que l'Armée d'Afrique tient entre ses mains le destin de la France. » L'appel est diffusé à plusieurs reprises durant le débarquement, à raison d'une fois tous les quarts d'heure, sur les ondes de Radio-Alger La phrase « Un seul but, la victoire ! » devient par la suite la devise de Giraud jusqu'à la Libération, et sert de titre à ses Mémoires. Le message radiodiffusé lancé au nom de Giraud, dont les Alliés attendaient des retombées décisives, ne produit cependant aucun effet sur la suite des opérations et ne facilite en rien l'avance des troupes de débarquement. L'absence de Giraud, retardé par son escale à Gibraltar, complique également la situation : Lemaigre Dubreuil l'attend en vain à l'aérodrome de Blida et les résistants demeurent sans nouvelle de lui ; entretemps, les autorités fidèles à Pétain entreprennent de reconquérir Alger. Alors que les régiments vichystes perdent leur temps à reconquérir Alger contre les résistants français, les forces de débarquement alliées peuvent débarquer, encercler Alger presque sans opposition, et obtenir la reddition de la garnison vichyste à 17 h 30, le même jour. L'amiral Darlan finit par transmettre un ordre de cessez-le-feu aux troupes vichystes ; les combats se poursuivent cependant à Oran et Casablanca. Parti de Gibraltar où il était resté après son entrevue avec Eisenhower, Giraud n'arrive à Alger que le 9 novembre, à 14 h 30, avec quatre jours de retard par rapport à la date prévue. Il fait préalablement redécorer le sous-marin britannique qui le transportait pour lui faire arborer des couleurs françaises. En son absence, le général Clark a commencé à traiter avec l'amiral Darlan pour obtenir la fin des combats à Oran et au Maroc, et obtenu de lui un cessez-le-feu sur toute l'AFN. Le fait d'apprendre la présence de Giraud aux côtés des Alliés semble avoir contribué à décider Darlan à négocier, afin d'éviter une prise du pouvoir à Alger par le général « félon ». Arrivé en compagnie de son fils, du capitaine Beaufre et de son ordonnance, Giraud gagne la propriété de Lemaigre Dubreuil. Darlan, mis au courant, interdit qu'on lui donne des bons d'essence et fait couper son téléphone. Isolé et mis à l'écart des premières négociations alliées avec Darlan, Giraud est, brièvement, pratiquement prisonnier : il en arrive à craindre que Darlan ne le fasse fusiller. Il découvre alors que les Américains misent désormais avant tout sur l'alliance avec l'amiral, qui fait figure de carte maîtresse. Les Américains et les Britanniques considèrent en effet que Darlan, dont personne n'avait prévu la présence en Algérie et qui a plus de poids politique que Giraud, est le seul homme capable de rallier aux Alliés les Français d'Afrique du Nord. Des pourparlers entre Français et Américains aboutissent à mettre en place une combinaison politique. Charles Noguès, résident général de France au Maroc, refuse de se mettre sous les ordres de Giraud, mais finit par accepter que ce dernier soit associé au pouvoir s'il est lui-même subordonné à l'amiral Darlan. De Gaulle reste par ailleurs exclu du jeu en AFN. Le 24 décembre 1942, Fernand Bonnier de La Chapelle assassine l'amiral Darlan ; Giraud insiste pour que Bonnier soit rapidement jugé. Après la mort de Darlan, les membres vichystes du Conseil impérial élisent, le 26 décembre, le général Giraud pour succéder à l'amiral. D'abord élu Haut-commissaire, Giraud prend, par une ordonnance du 5 février 1943, le titre de « Commandant en chef civil et militaire » ; le nom de Commandement en chef français civil et militaire se substitue par la suite à celui de Haut-commissariat pour désigner l'exécutif français en AFN et AOF. Le général Giraud conserve le même adjoint que son prédécesseur, le général Bergeret, ancien ministre de l'Air de Pétain ; dans l'ensemble, il garde à ses côtés les collaborateurs de Darlan, au détriment même de ses propres partisans. Giraud entreprend de faire connaître à la population africaine son visage, et à populariser sa devise, « Un seul but, la victoire » : cette formule lui permet également de souligner le primat qu'il accorde aux questions militaires, et d'éluder les questions politiques. Ainsi, aurait-il répondu à une question d'un journaliste : « Monsieur, je suis un soldat, je ne fais pas de politique ». Jugeant qu'il n'a aucune aptitude en matière d'affaires publiques, il écrit par la suite dans ses mémoires que son élection du 26 décembre constitue l'« un des plus mauvais souvenirs de [sa] vie ». Giraud s'abstient dans les premiers temps de toute innovation politique : sa position aboutit à cautionner les efforts effectués par Darlan pour maintenir en Afrique du Nord les principes de la Révolution nationale pétainiste. Pour l'historien Jacques Cantier, le « giraudisme », « état d'esprit plus que doctrine rigoureuse, apparaît donc comme une volonté de synthèse entre une position vigoureusement antiallemande et une allégeance maintenue aux valeurs de la Révolution nationale ». Giraud s'abstient ainsi d'abroger les lois d'exclusion de Vichy auxquelles il trouve de nouvelles applications, en interdisant par exemple l'accès des officiers et soldats juifs aux unités combattantes de l'armée d'Afrique. Il fait rapidement ouvrir une nouvelle enquête sur le meurtre de Darlan et ordonne l'arrestation le 30 décembre 1942 de vingt-sept chefs de la résistance française du 8 novembre — dont Henri d'Astier de La Vigerie — qui avaient permis le succès du débarquement allié, et sont très fortement soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat de l'amiral. Ils sont envoyés quelque temps en internement dans le Sahara. La politique de Giraud, notamment du fait de son opposition apparente à toute épuration, lui permet de rallier une partie des cadres militaires et civils de l'Afrique française libérée. Giraud se trouve dès lors à la tête de forces françaises rangées aux côtés des Alliés et plus importantes que celles de la France libre. En métropole, par ailleurs, une partie des gradés de l'armée de Vichy ont cru un temps que les Alliés allaient débarquer dans le Sud de la France comme prévu initialement par Giraud : ce débarquement n'a finalement pas lieu et l'invasion de la zone libre par les Allemands est suivie de la dissolution de l'armée d'armistice. Des officiers, parmi lesquels les généraux Verneau et Revers, constituent alors en janvier 1943 l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA), dont le général Frère prend le commandement, et qui reconnaît Giraud comme son chef ; le réseau Alliance, dirigé par Marie-Madeleine Fourcade, fait également partie de la résistance « giraudiste ». Revendiquant une approche uniquement militaire du conflit et refusant de « faire de la politique », Giraud contribue à faire sortir de l'attentisme une partie des cadres de l'armée et de l'administration, qui rejoignent dès lors le combat contre l'Axe. Les chefs des services secrets de Vichy, le colonel Rivet, et les commandants Paillole et du Crest de Villeneuve, ayant rejoint Alger, se rallient à Giraud. Ce dernier réorganise à cette occasion les services de renseignements militaires en plaçant l'ensemble de leurs branches (Air, Terre et Mer) sous l'autorité d'un nouvel organisme, la Direction des services spéciaux (DSS). Le giraudisme apparaît, au printemps 1943, nettement en position de force. La présence du général Giraud aux côtés des Alliés permet de délégitimer Vichy en le privant de ses soutiens conservateurs ; de nombreux responsables français, séduits par l'apolitisme revendiqué du général, ont ainsi la possibilité de rompre avec le régime de Pétain, tout en gardant leurs distances avec la France libre dont ils se méfient. Les Alliés, de leur côté, attendent du général Giraud qu'il fasse office de chef rassembleur, qui leur permettrait de rallier les Français. Giraud a le double avantage de paraître fournir une alternative sérieuse à la France libre et de se conformer aux instructions des Américains. Bien que dénoncé comme traître par le gouvernement de Vichy, et déchu de sa nationalité par Pétain, Giraud continue initialement de reconnaître la légitimité de ce dernier. Malgré une certaine indifférence de principe aux questions politiques, Giraud n'en garde pas moins des préférences pour l'idéologie de la Révolution nationale : bien que constituant une « dissidence » du pétainisme, le « giraudisme » se traduit par la permanence, en AFN, d'un régime autoritaire. Dans les faits, Giraud concentre entre ses mains des pouvoirs « dictatoriaux » : l'exécutif, le législatif et le judiciaire sont confondus et il n'est nulle part prévu que le commandant en chef civil et militaire doive répondre de ses actes devant quiconque. Le général maintient en outre l'essentiel de l'appareil administratif précédent et s'entoure d'anciens cadres du régime de Pétain : Marcel Peyrouton, ancien ministre de l'Intérieur de Vichy, est ainsi nommé gouverneur général de l'Algérie, Giraud respectant le vœu de Darlan en ce sens. Soucieux de rallier les vichystes « repentis », Giraud se montre hostile à toute épuration et s'emploie à trouver des portes de sortie honorables aux personnages trop controversés pour être maintenus dans leurs fonctions : l'ancien gouverneur général de l'Algérie, Yves Châtel, remplacé par Peyrouton, est ainsi envoyé au Portugal pour mener une mission auprès de la Croix-Rouge. Pierre Pucheu, ancien ministre de l'Intérieur de Pétain, ayant fui la France à travers l'Espagne, écrit à Giraud, qu'il avait préalablement rencontré à Lyon, pour demander à venir au Maroc s'engager comme officier de réserve dans une unité combattante. Giraud lui donne son accord par une lettre du 15 février 1943, à condition que Pucheu prenne un nom d'emprunt et s'abstienne de toute activité politique. Il lui fait adresser à cet effet un sauf-conduit par l'un de ses collaborateurs, le colonel Malaise. C'est ainsi que Pucheu arrive, au début de mai 1943, en Afrique du Nord. À la suite du non-respect des deux conditions formelles posées par Giraud à l'ancien ministre, et afin d'empêcher toute agitation en Afrique du Nord alors que la campagne de Tunisie se termine, le général le fait placer en résidence surveillée le 12 mai 1943. Pucheu lui adresse alors une seconde lettre, de protestation cette fois, à laquelle il n'obtient pas de réponse. Au début de 1943, après l'assassinat de Darlan, des premiers contacts s'établissent entre Giraud et de Gaulle : les deux hommes sont conviés, au mois de janvier, à participer à la conférence alliée de Casablanca. Si les deux généraux acceptent de se serrer la main devant les photographes, ils campent sur leurs positions respectives et ne parviennent pas à s'entendre sur l'organisation politique à mettre en place. L'envoi de missions de liaison chargées de négocier le rapprochement entre Alger et Londres est néanmoins décidé : le général Catroux est chargé de représenter la France libre à Alger. Lors de la conférence et par la suite, Giraud se fait auprès des Américains l'avocat de l'Armée d'Afrique, qu'il juge capable de fournir une aide décisive aux Alliés pourvu qu'elle soit correctement équipée ; il demande au général Marshall de lui fournir des armes modernes permettant d'équiper 12 divisions, dont 3 blindées, afin de constituer un corps expéditionnaire de 300 000 hommes, ainsi qu'un nombre important d'avions de chasse (500), de bombardiers (300) et d'avions de transports (200). Bien que peu convaincus par les capacités politiques de Giraud, Eisenhower et Roosevelt lui maintiennent leur appui. La politique menée par Giraud en Afrique du Nord, qui se traduit par le maintien des lois antisémites et l'absence de démocratisation dans un territoire libéré, met cependant vite les Alliés dans l'embarras, surtout le président américain : aux États-Unis, une campagne de presse dénonce dès le début de 1943 la situation dans les camps d'internement français. Le maintien en place de Noguès est également critiqué, du fait de son attitude lors du débarquement. Les interlocuteurs américains de Giraud s'efforcent alors de convaincre ce dernier qu'une libéralisation du régime en vigueur ne peut que servir sa cause auprès des Alliés et encourager le gouvernement américain à augmenter l'aide au réarmement français. Giraud esquisse alors des gestes de bonne volonté et, au début du mois de février, fait libérer les douze gaullistes arrêtés en décembre 1942 et les vingt-sept députés communistes internés. Les conditions de vie dans les centres de séjour surveillés sont nettement améliorées. Des mesures symboliques commencent à marquer une prise de distance avec Vichy : les effigies de Pétain et les allusions à l'État français dans les documents officiels sont progressivement retirées, pour ne disparaître tout à fait qu'au mois de mai. Entretemps, la politique menée par Giraud, vue comme une « renaissance » du pétainisme, est condamnée par une grande partie des organisations de la Résistance intérieure, qui se rapprochent dès lors du général de Gaulle Loin d'avoir les effets rassembleurs escomptés par les Alliés, l'action de Giraud tend à diviser les Français, y compris au sein des organisations de Résistance. L'évolution de la politique menée par Giraud est accélérée au début de mars 1943, quant Roosevelt envoie Jean Monnet à Alger. Chargé officiellement de représenter le Bureau de répartition des armements, Monnet est en réalité chargé de conseiller le commandant en chef civil et militaire. Rapidement, il gagne la confiance de ce dernier, le convainc que l'aide militaire des Américains dépend de la démocratisation de son administration, et le mène à l'abandon progressif de la législation de Vichy. Le 14 mars 1943, Giraud prononce, à la salle Pierre-Bordes d'Alger, une allocution radiodiffusée dont le texte a été écrit par Monnet sous l'étroit contrôle de Robert Murphy et du britannique Harold Macmillan, et qu'il qualifie lui-même ironiquement de « premier discours démocratique de sa vie » ; dans cette allocution, qui constitue un tournant, Giraud renonce à la fiction du pouvoir exercé au nom de Pétain : il rompt en effet avec Vichy en annonçant que l'armistice du 22 juin 1940 n'a pas engagé la France et que la législation promulguée depuis est sans effet. Giraud annonce que la victoire s'accompagnera d'un retour à la démocratie : il déclare « Je suis le serviteur du peuple français, je ne suis pas son chef. [...] Quand le peuple de France redeviendra maître de ses destinées, il formera alors son gouvernement provisoire d'après les lois constitutionnelles de la République ». La tonalité du discours de Giraud provoque un séisme dans son entourage : Lemaigre Dubreuil, Bergeret et Rigault démissionnent. Le discours de Giraud est suivi d'effets : le 18 mars, une série d'ordonnances rétablit le régime républicain en annonçant la fin des conseils nommés et le rétablissement en AFN des assemblées élues qui siégeaient avant 1940 ; les biens confisqués aux Juifs leur sont par ailleurs restitués. Si Giraud rétablit les libertés individuelles et annonce la fin des lois de discrimination raciale, il se montre en revanche intraitable sur le décret Crémieux, qu'il refuse de rétablir. Sur décision du général, une des ordonnances prises le 18 mars confirme la fin du décret Crémieux : l'ordonnance est mise en application par Peyrouton, qui avait déjà aboli le décret en tant que ministre de l'Intérieur de Vichy. Le texte se trouve donc abrogé deux fois de suite par le même homme, et les Juifs d'Algérie demeurent par conséquent privés de la nationalité française : Giraud souhaite en effet « éliminer toute discrimination entre indigènes musulmans et israélites », jugeant qu'« en Afrique du Nord les Juifs ne doivent pas être considérés autrement que les Musulmans. Ce sont des indigènes pratiquant une religion différente de celle de leurs voisins, pas autre chose ». Le statut imposé aux Juifs n'est aboli qu'en ce qui concerne la possession de leurs biens, la profession et l'instruction : les élus juifs demeurent exclus des Conseils généraux rétablis. À la fin du mois de mai, plusieurs pans de la législation de Vichy sont abrogés, notamment la charte du travail et la loi sur la presse. Selon Alfred Salinas, Giraud se serait montré perplexe sur le décret Crémieux, son ordonnance qui en édictait la fin prévoyait que l'abrogation serait subordonnée à la parution dans les trois mois de décrets d'application, mais aucun décret d'application ne fut pris dans ce délai. Le discours prononcé par Giraud le 14 mars 1943 lève le principal obstacle à un rapprochement avec de Gaulle : au lendemain de son allocution, Giraud invite ce dernier à rejoindre Alger. Dès lors, les forces françaises entreprennent de trouver une formule permettant leur fusion. La situation semble, sur le plan politique, nettement basculer en faveur du camp gaulliste lorsque Jean Moulin, délégué général en France du général de Gaulle, transmet à Londres un télégramme (daté du 8 mai 1943, il est reçu le 14) dans lequel il annonce la création du Conseil national de la Résistance. Celui-ci confirme que l'ensemble des mouvements de résistance reconnaissent le général de Gaulle comme chef de la Résistance, n’admettront jamais sa subordination au général Giraud, et réclament l’installation rapide d’un gouvernement provisoire, sous la présidence du général de Gaulle, le général Giraud devant en être le chef militaire Après d'âpres négociations entre le général Catroux, Giraud et Jean Monnet — ce dernier poussant à la réconciliation entre les camps gaulliste et giraudiste — un compromis est trouvé pour former entre les forces françaises une alliance qui reposerait sur un principe de coprésidence. De Gaulle arrive le 30 mai 1943 à Alger pour mener à leur terme les négociations avec Giraud. Les rapports entre les deux généraux — Giraud soupçonnant de Gaulle d'aspirer à une dictature personnelle — sont encore très tendus, au point que des rumeurs de coup d'État militaire circulent dans Alger durant les négociations Progressivement, de Gaulle mine l'autorité de Giraud : les proches de ce dernier, ou les cadres de son administration, sont écartés, contraints à la démission, voire arrêtés quand ils sont trop compromis avec Vichy. Giraud ne réussit guère à garantir leur protection, ce qui affaiblit son autorité et son image. Chaque giraudiste démissionnaire est remplacé par un partisan de De Gaulle, tandis que ce dernier s'emploie à donner le plus de publicité possible à chaque défection ou départ dans le camp de Giraud. Une partie de l'entourage de Giraud passe peu à peu dans le camp gaulliste Giraud conserve par ailleurs à son usage l'ex-service de renseignements de Vichy, le Service de surveillance militaire (SSM). La dualité avec le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) de la France libre rend bientôt intenable l'antagonisme entre services secrets, et envenime considérablement la querelle entre de Gaulle et Giraud. La controverse porte non seulement sur le fait de savoir qui, du Commandant en chef ou du chef du gouvernement, doit prendre la direction des services secrets réunifiés, mais sur la forme des actions de résistance à mener. Au fil des mois, les chefs du BCRA entreprennent de priver ceux du SSM de leurs prérogatives, tandis que les membres des Forces françaises libres incitent ceux de l'Armée d'Afrique à changer de camp Dès novembre 1942, les services spéciaux de la Défense nationale à Alger mettent en place une mission pour préparer un débarquement pour libérer la Corse de l'occupant avec l'appui du sous-marin Casabianca, sous les ordres du commandant L'Herminier. De Gaulle et son entourage sont, quant à eux, laissés dans l'ignorance des préparatifs de débarquement en Corse. Giraud vise non seulement à éviter les fuites, mais également à prendre, par une opération victorieuse, une revanche politique sur de Gaulle dont il juge le palmarès militaire plus modeste que le sien De Gaulle, prévenu par le général Chambe du débarquement en Corse alors que l'opération a déjà commencé, se montre particulièrement irrité d'avoir été tenu à l'écart des préparatifs : il a avec Giraud un entretien orageux, au cours duquel il lui reproche notamment d'avoir laissé le « monopole » aux chefs communistes. La manière dont la libération de la Corse a été organisée a en effet permis aux communistes de s'emparer des pouvoirs publics sur l'île. De Gaulle entreprend dès lors, en s'appuyant notamment sur l'affaire du débarquement en Corse, de retirer à Giraud ce qui lui reste d'autorité au sein du CFLN. Le 25 septembre, une large majorité du CFLN réduit les pouvoirs de Giraud ; ce dernier refuse tout d'abord d'accepter cette décision, puis s'incline au bout d'une semaine, ne conservant le contreseing que pour les ordonnances et les décrets. Le 28 août 1944, alors que le CFLN, devenu Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), s'est installé en métropole, Giraud est victime, dans la villa de Mazagran (près de Mostaganem, département d'Oran) où il était entouré de sa famille, d'une tentative d'assassinat de la part de l'un des tirailleurs marocains affectés à sa garde. Touché au visage, Giraud n'a la vie sauve que parce qu'il s'était brusquement baissé pour se pencher sur le landau de son petit-fils. L'enquête, hâtivement menée, ne permet pas d'élucider clairement les mobiles de cette tentative de meurtre. Le tirailleur, un certain Bouali Miloud Ould Ahmed, que l'on dit avoir été victime d'un accès de démence mystique, est fusillé, bien que Giraud ait demandé sa grâce. Un mois plus tard, remis de sa blessure, Giraud rentre en France libérée. Sans se retirer totalement des affaires, il refuse la grande chancellerie de la Légion d'honneur que lui propose de Gaulle. Il entre le 26 novembre 1944 dans Metz, qui a été libérée le 22 par la 3e armée de Patton. L'après-guerre Giraud se présente aux élections constituantes de 1946, sous l'étiquette du Parti républicain de la liberté : il est élu député de la Moselle à la IIe Assemblée nationale constituante. Il participe activement aux discussions sur l'élaboration de la Constitution de la Quatrième République Gravement malade, il reçoit le 10 mars 1949 sur son lit d'hôpital la médaille militaire, pour son évasion et ses états de service à Alger de 1942 à 1944. Henri Giraud meurt le lendemain, à Dijon, à l'âge de 70 ans ; le 17 mars, il reçoit des obsèques nationales, en présence du président de la République Vincent Auriol. Il repose aux Invalides. Selon ses vœux, les décorations du général Giraud sont données au musée de l'Infanterie. Décorations françaises Grand-croix de la Légion d'honneur Médaille militaire Croix de guerre 1914-1918, étoile de bronze Croix de guerre 1939-1945 (deux palmes) Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (huit palmes) Médaille des évadés (avec étoile, c'est-à-dire attribuée au moins une fois pour chaque guerre mondiale) Croix du combattant Médaille coloniale (avec agrafes « Sahara », « Maroc » et « Maroc 1925 ») Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 (avec agrafes « France », « Afrique » et « Libération ») médaille des blessés de guerre Décorations étrangères Grand-Croix de la Legion of Merit (États-Unis d'Amérique) Grand-croix de l'ordre de la Couronne (Belgique) Croix de guerre 1914-1918 (une palme) (Belgique) Croix de guerre 1940-1945 (une palme) (Belgique) Médaille du Mérite militaire chérifien (Maroc) Grand-croix de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc) Médaille de l'Ordre de l'Aigle blanc (Serbie) ( Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Giraud_(militaire) ) L'amiral Giraud parle de son grand-père, général d'armée en 1939 https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/marmande_47157/lamiral-giraud-parle-de-son-grand-pere-general-darmee-en-1939_13662879.html
  • Newsletter

    Want to keep up to date with all our latest news and information?

    Sign Up
×
×
  • Create New...